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Full text of "L'Algérie en 1848; tableau géographique et statistique ... avec un calendier approprié au pays"










^a2p' 



L'ALGÉRIE 

EN 1848 



A LA MÊME LIBRAIRIE. 



Atlas de l'Algérie, composé de onze cartes, dressées sur les documents le» 
plus récents empruntés aux cartes publiées par le dépôt de la guerre et aux tra- 
vaux de MM. Renou , Caretle et Warnier, membres de la commission scientifique 
de PAIgérie, par M. L. Bouflard. 1 trés-joli volume grand in-8°. Prix, cartonné 
élégamment 6 fr. 

Carte topographiqne de FAlgérie. dressée par M. L. BouOard, sur les 
documents les plus récents, empruntés aux cartes publiées par le dépôt de la 
guerre et aux travaux de MM. Carette , Warnier et Renou , membres de la com- 
mission scientifique de PAIgérie. Une feuille Jésus coloriée, accompagnée d'une 
brochure de MM. Carette et Warnier, intitulée : Description et division de l'Al- 
gérie. Prix de la carte , accompagnée de la brochure. .. . . , 2 fr. 50 c. 

La brochure se Tend séparément 50 c. 

Carte de l'Algérie, dressée par M. L. BoufTard , indiquant les points occupés 
par les Français et les territoires décolonisation; avec les plans dus environs 
d'Oran, d'Alger, de Blidah et de Bone , et une notice sommaire de M. Mac-Carthy 
sur les principaux événements qui se sont pawés en Algérie depuis 1830. Une 
feuille grand-raisin coloriée. Prix t fr. 

Fondatioa de la régence d'Alger t Histoire des Barberousso , chronique 
arabe du xvi^ siècle , publiée sur un manuscrit de la Bibliothèque nationale , avec 
un appendice et des notes; Expédition de Charles-Quint; suivie d'un aperçu his- 
torique et statistique du port d'Alger, par MM. Ferd. Denis et Sander Rang. 
2 vol. in-8o. Prix , brochés 7 fr. 

Kabylle (là grande), études historiques, par MM. Daumas, .colonel do spahis, 
ex-directeur central des aflaires arabes à Alger, et Fabar, capitaine d'artillerie , 
ancien élève de l'École polytechnique, t vol. grand in-S". Prix, br.. . 7 fr. 50 c. 

Manuel des aspirants aux emplois de l'administration eiviie on 
Algérie. Ouvrage publié sur les documents législatifs et avec l'autorisation du 
ministère de la guerre ; avec une carte coloriée, l vol. in-12. Prix , br. . . 5 fr. 



Pirii. — Typograpllie Pahe1l<Hieki>, rtn' de» Poiicrlus . r^ 



L'ALGÉRIE 

mm 1S48 

TABLEAU GÉOGRAPHIQUE ET STATISTIQUE 



Les détails les plus essentiels sur le climat , 
les productions naturelles du sol , les mines , la population , le commerce ; 

une analyse des lois, ordonnances, arrêtés, etc., qui régissent ce pays; 
l'organisation et le personnel de l'armée d'Âfriciue et des différents services; '{ 
l'adresse des principaux négociants , industriels 
et propriétaires habitant l'Algérie 

AVEC UN G4LENQKIBH AmOPllé AC PAYS 



PAR I?I. BE^IIET 

ANCIEN CHEF DE BUREAU A LA DIRECTION DES AFFAIRES CIVILES A ALGER 



PARIS 

LIBRAIRIE DE L. HACHETTE ET C" 

RUE PIHRRB-SARHAZIN, N° 12 

( Quartier de l'Kcol» de médeciae ) 

ALGER 

LIBRAIRIE CENTRALE DE LA MÉUITERRANÉE 

lUa- de la Marine, ii" U7 



18^8 






8^P 



-JT^T 



ERRATA. 



Page 128 : après les mots seraient reconnus comme , ajoutez la 
ligne suivante qui a été omise : membres de l'université , et assi- 
milés aux régents des collèges communaux de premier ordre. 

Page 161 , article 4, dessèchements, au lieu de 5,750,000 fr. 
lisez 750,000 fr. 

Page 351 , au lieu de : dans les vallées situées à Xouest de la 
ville : lisez , au sud-est de la ville. 




Vl A -v A tk \î A 



f 



AVlNt-PROPOS. 



L'Algérie a pris aujourd'hui une place trop im- 
portante dans les affaires de la France, pour que le 
public n'accueille pas avec faveur une publication 
qui présente le tableau exact de la situation de ce 
pays, et contient des renseignements aussi délaillës 
que Pon peut le désirer. Les dix-huit années bientôt 
écoulées depuis le débarquement de l'armée fran- 
çaise ont produit des faits considérables, des résul- 
tats inattendus. Une société nouvelle s'est formée 
sur la côte d'Afrique; cette société a aujourd'hui 
une législation, une administration, en un mot, 
une existence toute spéciale. Des intérêts très-nom- 
breux, très-divers, se sont formés; ils tendent 
chaque jour à se développer, comme ils cherchent 
à s'affermir. 

C'est précisément l'ensemble des faits résultant de 
cette situation nouvelle, que nous avons voulu faire 
connaître, en les classant dans leur ordre le plus 
naturel , et en les analysant avec le soin le plus scru- 
puleux jusque dans leurs moindres détails. 

Notre plan est fort simple. 

Il comprend 1" une description sommaire de l'Ai- 



à 



VI AVANT-PROPOS. 

gérie dans laquelle on s'est efforcé de réunir les no- 
tions générales aujourd'hui acquises sur la configu- 
ration de ce pays; son étendue, sa division par pro- 
vinces, ses produits naturels de tout genre; comme 
aussi, sur les populations qui l'habitent, leur ori- 
gine, leurs forces respectives, etc.; 

2*. Une analyse raisonnée de la législation et des 
institutions civiles, administratives, judiciaires, qui 
régissent l'Algérie; 

3". iDes tableaux complets et détaillés- quj/ font 
connaître le personnel des autorités civiles et. mili- 
taires, celui des administrations centrales, provin- 
ciales ou municipales, ainsi que les attributions res-v 
sertissant à chacune de ces administrations; 

ni'î. Un .chapitrée [spécial sur» les indigènes et; siu' 
l'administration des affaires arabes. ij r-Àtuv^U ao-tlimo^ 

5^. Un précis de tous les faits relatifs à l'Algérie 
qui se sont accomplis depuis le,.?4 Ij^iY.'li^T, JMTrfl^''*^^ 
l«r noveipbre J848, ; iiipi-iU'Iv «ito-^ el ,, 

Tout le monde «ai|t combien , en Algérie , indé- 
pendamment des progrès qui sont continuels, les 
mutations en tout genre sont rapides et fréquentes.. 

Le public accueillera donc arec indulgence une 
œuvre qui, malgré son imperfection, contient tfpus 
les renseignements et toutes les indications qui peu- 
veot riùléuesser ou,iuiiiêU'6>util0«. i( Ml luniavi 
M'I j »! 'nino uni rtriub liir;.</'cl) ♦'..ol «•) , oi 

I ' enlq 9I nioe 9I 9i)vi; Jansi^ificis «toi nois , '. 

.«lict^ji) i» >iî)(iiocîr^in')l «ficb 9Up,n[ xi/9liiq 

I / i »l I « iii:ifiiii iiii ' I Imi-. ' 



''TABLE DES M4TJ[|;pS. 



it.iL/ 



Page». 

vant-propos ....I...... v 

Calendrier.. .,. ,,^^.4»^. . , ... . , ,,.♦,,,,■,._. .^fy,,.,,., . •••».. ^ ;••',:• " 

Service des postes. — Navires à vapeur. — Messageries ....,....!. xvi 

CHAPITRE I«^ 

Description sommaire de l'Algérie. 

Limites, étendue, montagnes, rivière, etc. — Climat, productions 
naturelles, substances métalliques et autres. — Populations 1 

CHAPITRE II. 
Gouvernement. — Adminiihation générale. 

Conquête. — Organisation administrative. — Système mimicipal. — ' 
Justice. — Cultes, — Instruction publique. — Travaux publics. — 

Service télégraphique. — Finances, revenus, budget, domaines. 

Concessions, colonisation. — Forêts. — Pépinières. — Douanes. — 
Service du trésor. — Banque 63 

CHAPITRE 111. 
Gouvernement général de l'Algérie. 

Personnel. — Ministère de la guerre. — Gouvernement général. — 
Conseil supérieur. — Direction générale des affaires civiles. — Ser- 
vices divers, mines, forêts, justice, cultes, instruction publique. 
— Armée , son effectif. — Etat-major général. — Etat-major des 
différentes armes. — Direction centrale des affaires arabes. — Corps 
consulaire 23.3 



lABLE UES MATIÈRES. 

CHAPITRE IV. 
Province d'Alger. 

1 imites et divisions. - Autorités et administrations cenlraies de U 
' province. — Personnel des différents services. — Milice. — Division 
militaire. - Ville d'Alger. Arrondissement d'Alger. — Sous-direction 
de Blidah. — Territoires mixtes de la province d'Alger -•>•> 

CHAPITRE V. 
Province d'Oran. 

Administration et autorités centrales. VUle d'Oran. - Arrondissement 
d'Oran. - Cercle de Mostaganem. — Territoires mixtes , etc JO* 

CHAPITRE VI. 
Province de Constanline. 

Administration et autorités centrales. Constantine. — PhilippeviUc. - 
Bône. — Territoires mixtes 

CHAPITRE VH. 

Affaires arabes. 

Affaires arabes. — Culte musulman. - Justice. — Administration. - 
Liste des khalifats, agha, etc.. dans les trois provinces. — Liste des ^^^ 
principaux cadis et muphtis. 

SUPPLÉMENT. 
Précis des faits relatifs à l'Algérie depuis le 24 février jusq^u'au i" no- ^^^^ 

vembrc 1848 

Adrmses et phofbssior» des principaux habitants de l'Algérie '•«» 



FIN, 



FOUR L'ANNÉE 1848. 



— ag^HD 9 Bi «■>■ 



0AISO1VS* 

Printemps, 20 mars , 11 heures 30 minutes du matin. 
Été, 21 juin , 8 tieures 26 minutes du matin. 
Automne f 22 septembre, 10 heures 53 minutes du soir. 
Iliver , 21 décembre, 4 heures 13 minutes du soir. 

VÊTES IHOBULK*. 

Septuagésime , 20 février. 
Les Cendres , 8 mars. 
Pâques, 23 avril. 
Les Rogations, 29 , 30 et 31 mai. 
Ascension, l»"" juin. 
Pentecôte, 11 juin. 
La Trinité , 18 juin. 
La Fête-Dieu , 22 juin. 
Le lei- Dimanche de VAvent , 3 décembre. 

Les Fêtes des Israélites et celles des Arabes , sont indiquées par un asté- 
risque (*). 

CALBIVDBIEIt JVI.IEN» 

Ce Calendrier, en. usage chez les Grecs et les Russes, est en retard de 
13 jours sur le Calendrier grégorien , qui est suivi par tous les autres peu- 
ples chrétiens. 

ÉCLIPSES. 

Des quatre éclipses de soleil qui auront lieu en 1848, aucune ne sera vi- 
sible en Algérie. 

Éclipse totale de lune le 19 mars, de 7 heures du soir à 11 heures 20 mi- 
nutes; immersion totale, de 8 heures 33 minutes à 10 heures 15 minutes. 
Visible à Alger. 

Éclipse totale de lune le 13 septembre , de 4 heures 44 minutes du matin 
à 8 heures 19 minutes; immersion totale, de 5 heures 42 minutes à 7 heures 
21 minutes. — Visible 5 Alger, à partir du lever de la lune, qui commen- 
cera à 6 heures 6 minutes. 



CALENDUIER. 



^4iSî^aaa, 



CHRÉTIEN. 



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lun. 
mar. 
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D. 
luu. 



Circoncis. 
s. Basile, 
se Genev iève 
s. M a ville. 
s. Félix. 

ÉPIl'lIANIE. 

s. Théodore, 
s. Théophile. 
s« Marcienne 
s. Vilalien. 
s. Salvius. 
s. Modeste. 
Bap. deN.S. 
sEupbrasius 
s. Paul. 
s. Mêlas, 
s. Antoine, 
s. Viclorin. 
s. Géronce. 
s. Fabien. 
s«e Agnès, 
s. Janvier, 
s. Jean, 
s. Epicltite. 
Conv. S.Paul 
s. Théogène, 
s. Avite. 
s. Léonidc. 
s. Franc, de S. 
s. Félicien, 
s. Victor, 



ISR. 



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18 

19 

20 

21 

22 

23 

24 



sïâ^yïa52asi. 



PhaHrA (le la Lune. 

N. L. lo 0. P. L. le 20. 

P. Q. le 13. 1). Q. lo 28. 



Lever du Soleil. 

T. rrat, T. moyen. 

I*" janvier... 7 h. 13' 7 h. 17' 
15 Id ... 7 h. 07' 7 h. 17' 

Courlier <lu Soleil. 
l"jan\lcr... 4 h. 47' 4 h. 51' 
15 Id ... 4 h. 53' 6 h. OS- 



CHRÉTIEN. 



ISR. 



mar. 

mer. 

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ven. 

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D. 
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mar. 
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mar. 
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sam. 

D. 
lun. 
mar. 
mer. 
jeu. 
ven. 
sam. 

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lun. 
mar. 



se Vincence. 

PURIFICATIO.N 

s. Célerin. 
s. Pbiléas. 
s. Révocat. 
se Dorothée, 
s. Moïse, 
se Cointhe. 
se Apollonie. 
se Scolastiq. 
s. Saturnin, 
s. Damien. 
s. Polyeucte. 
s. Valentin. 
s. Fauslin, 
s. Maxime, 
s. Théodule. 
s. Siméon. 
s. Julien. 
Septuagés. 
s. Fortunat. 
s. Abilius. 
s. Lucien, 
s. Monlan. 
s. Malhias. 
s. Nicéphore 

SEXAdl'.SIMi:. 

s. Ilèse. 
s. Sérapion. 



27 
28 
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23 

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PbaseB de la Lune. 

N. L. le 5. P. L. le 19. 

P. Q. le 11. 1). U. le 27. 



Lever du Soleil. 

T. vrai. T. wio|/cr». 

1er février... 6 h. 54' 7 h. 08' 
15 id ... 6 h. 38' 6 h. 62' 

Coucher du Soleil. 
1er février ... 5 h, («i* r> h. 20' 
15 Id ... 5 h. 22' 5 h. 30' 



CALENDRIER. 



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CHRI5TIEN. 



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D. 
lun. 
mar. 
mer. 
jeu. 
ven. 



se Eudoxie 
s. Juvin. 
s. Fiorian. 
s. Casimir. 

QCINQIIACÉS. 

s. Conon. 
se Perpétue. 
Cendiies. 
s. Philippe. 
40 Mari, de S 
s. lléraclius. 

QUADRAGÉS. 

s. Sabin. 
s. Pierre. 
s. Nicandre. 
s. Abraham. 
s. Patrice. 
s. Timothée. 
Reminiscere 
s. Joachim. 
s. Uenoit. 
s. Ralissc. 
s. Fidèle. 
s. Romule. 

AWOiNCIAT. 

Ociîi.i. 
s. Marulc. 
s. Rogat. 
s. Satur. 
s. Jean Clim. 
s. Athénée. 



ISR. 



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D. 



s. Éiionne. 

LûF.TARE. 

s. Richard. 
s. Isidore. 
s. Vincent F, 
s. Xyste. 
s. Epiphanc. 
s» Maxime. 
Passion. 
s. Pompée. 
s. Léon, 
s. 8aba. 
s. Hermén. 
s. Fronton. 
s. Crescenl. 
Rameaux. 
s. Anicet. 
s. Turémon. 
s. Hellade. 
s* Cornélie. 
s. Anselme. 
s. Soter. 
PAQCES. 
s. Va 1ère. 
s. Marc, 
s. Clet. 
s. Anastase. 
s. Vital, 
s. Agapius. 

QUASIMODO. 



ISR. 



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19 


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21 


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22 


24 


23 


25 


24 


26 


23 


27 


26 



Phases de la Lune. 

N. L. le 5. P. L. le 19. 

P. Q. le 12. D. Q. le 28. 



Phases de la Lune. 

N. L. le 3. P. L. le 18. 

P. Q. le 10. D. Q. le 26. 



Lever du Soleil. 

T. trai. T. moyen. 

l" mars. . . 6 h. 22' 6 h. 35' 
13 id. . . 6 h. 05* 6 h. 14' 

Coucher du Soleil. 
1" mars. . . 5 h. 38' 5 h. 51' 
15 id. . , 5 h. 55' 6 h. 04' 



Lever du Soleil. 

T. vrai. T. moyen. 

1" avril. . . 5 h. 46' 5 h. 50' 
13 id. . . 5 h. 30' 5 h. 30' 

Coucher du Soleil. 
1" avril. . . 6 11. 14' G h. 18' 
13 id. . . 6 h. 50' 6 h. 30* 



XII 



CALENDRIER. 



saiia. 






«îj^asr» 






CHRÉTIEN. 


ISR. 


MUS. 


CHRÉTIEN. 


ISR. 


MUS. 




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lun. 


s. PUILIPPE. 


28 


27 


1 


jeu. 


Ascension. 


29 


28 




2 


niar. 


s. Alhanase. 


29 


28 


2 


ven. 


s. Marcellin. 


2î 1 


29 




S 


mer. 


Inv. se Croix. 


30 


29 


3 


sa m. 


se Clotilde. 


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4 


jeu. 


se Monique. 


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30 


4 


D. 


s. Optât, 


g. 2 




5 


ven. 


Conv. s Augn 


^ 2 


3. 1 


5 


lun. 


s. Nicanor. 


4 


9- 3 




6 


sara. 


s. Marien. 


^ 3 


3 2 


6 


mar. 


s. Norbert. 


5 


4 




7 


D. 


s» FausUne. 


4 


S ^ 


7 


mer. 


s. iiycarion. 


• 6 


5 




8 


lun. 


s. Eulique. 


5 


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8 jeu. 


s. Maximin. 


• 7 


6 




9 


inar. 


s. Grégoire. 


6 


h 5 


9 


ven. 


s. Vindémial 


8 


7 




10 


mer. 


se Thècle. 


7 


g* 6 


10 


sain. 


se Marguerite 


9 


8 




11 


jeu. 


s. Ma mer t. 


8 


5. 7 


11 


D. 


Pentecôte. 


10 


9 




12 


ven. 


s. Mérée. 


9 


■ 8 


12 


lun. 


s. 


Onuphre. 


11 


10 




13 


sara. 


s. Crescenti. 


10 


9 


13 


mar. 


s. 


Ant. de P. 


12 


11 




14 


D. 


s. Pacôme. 


11 


10 


14 


mer. 


s. 


Cyrus. 


13 


12 




15 


lun. 


s. Torquat. 


12 


11 


15 


jeu. 


s. 


Florent. 


14 


13 




16 


mar. 


s« Valérie. 


13 


12 


16 


ven. 


s. 


Ferréol. 


15 


14 




17 


mer. 


se Reslilute. 


14 


13 


17 


sam. 


s. 


Bessarion. 


16 


15 




18 


jeu. 


s. Venant. 


15 


14 


18 


D. 


TlllNlTÉ. 


17 


16 




19 


ven. 


s. Pierre Cél. 


16 


15 


19 


lun. 


s. Uonilace. 


18 


17 




20 


sain. 


s. Dernardin. 


17 


16 


20 


mar. 


s, Silvère. 


19 


18 




21 


D. 


s Apollinaire 


18 


17 


21 


mer. 


s. Louis de G 


20 


19 




22 


lun. 


s. Emile. 


19 


18 


22 


jeu. 


Ff.TE-DiElI. 


21 


20 




23 


mar. 


s. Quinclion. 


20 


19 


23 


veif. 


se Agrippine 


22 


21 




24 


mer. 


s. Jean de Pr. 


21 


20 


24 


sam. 


N.dcs.J.-B. 


23 


22 




25 


jeu. 


sCrégoirevii 


22 


21 


25 


D. 


s. (lallican. 


24 


23 




26 


ven. 


s. Caudence. 


23 


22 


26 


lun. 


sJeans.Paul 


25 


24 




37 


saro. 


s» Madeleine 


24 


23 


27 


mar. 


s. Sampson. 


26 


25 




28 


D. 


s. Just. 


25 


24 


28 


mer. 


s. Plulanpie 


27 


26 




29 


lun. 


Rogations. 


26 


25 


29 


jeu. 


s Picr. sPaul 


28 


27 




30 


mar. 


s Raimond L 


27 


26 


30 


ven. 


Com. s. Paul 


29 


28 




31 


mer. 


s'Pétroniile. 


28 


27 














PliaHCH de la L 


une. 




PliaMeH de lu Li 


me. 




N 


. L. le 5. 1». 


L. le 


18. 


N. L. le l»' P. 


L. le 16. 




I 


. 0. le 10. 1). 


g. le 


25. 


P. Q. le 8. D, 


Q. le 24. 








il. 




N. 


L. le 30. 
il. 








Le" 






Lever du Sole 


ver du Soir 




r. vrai 


T. m 


oyen. 


r. rrai. 


T. moyen. 




1" mal.. . . 5 il. 13 
1» id. . . . a II. 00 


' n II 
' 4 h 


. 10' 
56' 


l'^f juin. ... 4 II. 49 
15 id. ... 4 II. 44 


' 4 II. 46' 
' 4 h. 44" 




Cooclier du So 


rll. 




Oouclier du Ko 


Hl. 




f« mal.. . . G h. 47 
IS id. . . . 6 il. (K) 


' 6 h 
• 7 II 


44' 

56' 


iw juin.. . . 7 II. 11' 
15 id. ... 7 II. 10 


7 II. 08' 
7 II. 16' 





CALENDRIER. 



mu 



<3W2aîii3ï?, 



CHRÉTIEN. 



6 
7 
8 
9 
10 

a 

12 

lô 

14 

15 
16 

n 

18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 
31 



sani. 
D. 
lun. 
mar. 
mer. 
jeu. 
veii. 
su m. 

D. 
lun, 
inar. 
nier, 
jeu. 
ven. 
sara. 

D. 
lun. 
mar. 
mer. 
jeu. 
ven. 
sam. 

D. 
lun. 
mar, 
mer. 
jeu. 
ven. 
sam. 

D. 
lun. 



s. Aaron; 
Vis. de N. 1), 
s. Trypiion. 
s. Jocondien 
se Zoé. 
s. Tran(]uill 
s. Panlène. 
s" Kiisabelli. 
s. Paleimut. 
se Félicité, 
s. Pie. 
s.J.Gualbert 
s. Eugène, 
s. Bonavenl. 
s. Catulin. 
N-D.cluM.C. 
ss. Mart. Soi. 
s. A<iuillin. 
s. Vinc.de P. 
s. Amable. 
s» Praxède. 
s«MarieMad. 
s. Liboire. 
S'' Christine, 
s. Jacques. 
se Anne. 
s.PanlaléoD. 
s. Innocent. 
se Marthe. 
seDonalille. 
s. Ignace. 



ISR. 



30 

nj 1 



o 4 
en 5 

6 
7 
8 
8 
10 
11 
la 
15 
14 
13 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
?5 
26 
27 
28 
29 
> 1 



MUS. 



«^®^î?. 



CHRÉTIEN. 



29 
30 

g\ 

6> o 

P 4 

5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

13 

14 

•15 

16 

17 

18 

19 

20 

21 

22 

23 

24 

25 

26 

27 

28 

29 



mar. 
mer. 
jeu. 
ven. 
sam. 

D. 
lun. 
mar. 
mer. 
jeu. 
ven. 
sam. 

D. 
lun. 
mar. 
mer. 
jeu. 
ven. 
sam. 

D. 
lun. 
mar. 
mer. 
jeu. 
ven. 
sam. 

D. 
lun. 
mar, 
mer. 
jeu. 



s. Pierre es 1. 
s. Rutile. 
Inv.s.Eticn. 
s. Dominique 
s. Ganlidius. 
La Translig. 
s. Cajclan. 
s. Cyriaque. 
s.Numidique 
s. Laurent. 
se Digne, 
se Claire, 
s. Cassien. 
s. Démétrius 
Assomption. 
s. Alype. 
s. Libérât. 
se Hélène, 
s. Jules, 
s. Bernard, 
se Françoise, 
s. Hippolyle. 
s. Victor. 
s.Barlhélemi 
s. Louis, 
s. Zéphirin. 
s. Césaire. 
s. Augustin. 
Dec. s. J.-B 
s» Rose de L. 
s. Raymond. 



ISR. 



3 

4 
5 
6 
7 
8 
• 9 
10 
11 
12 
13 
14 
15 
16 
17 
18 
19 
20 
21 
22 
23 
24 
25 
26 
27 
28 
29 
30 

S 1 

s 2 



MUS. 



so 1 

3 2 

S. 5 

§• 4 

P 5 

6 

7 

8 

9 

10 

11 

12 

15 

14 

15 

16 

17 

18 

19 

20 

21 

22 

23 

24 

23 

26 

•27 

28 

r:29 

£ 30 

5.-1 



Phases de la Lune. 



P. Q. le 9. 
P. L. le 16. 



D. Q. le 23. 
N. L. le 30. 



Lever du Soleil. 

T. vrai. T. moyen. 
le' juillet . . 4 h. 44' 4 h. 47' 
13 id. . . 4 h. 30' 4 h. 36' 

Coucher du Soleil. 
1er juillet , . 7 1). 16' 7 h. 19' 
15 id. . . 7 h. 10' 7 h. 16' 



Phases de la Lune. 

P. Q. le 7. D. Q. le 21. 



P. L. le 14. 



N. L. le 2a. 



Lever du Soleil. 

T. vrai. T, moyen. 
1er août. . . 5 h. 02' 5 h. 08' 
15 id. . . . 5 h. 13' 3 h. 19' 

Coucher du Soleil. 
1er août. . . 6 h. 58' 7 h. 04' 
15 id. ... 6 h. 43' 6 h. 49' 



2. 



XIV 



CALEKMIER. 



MUS. 




s. Auguste, 
s. Etienne, 
s. Aristée. 
se Rosalie. 
S.Laurent J. 
s. LSDtUS. 
s. Jean. 
Nat. (leN.D. 
se Dorothée, 
s. Némésien. 
s.Hjacinlbe 
s.Hiéronyrae 
s. Euloge. 
Exalt. se Cp. 
s. Nicomède. 
s. Cyprien. 
s. Justin, 
se Sopliie. 

s. Janvier. 
i s. Eustache. 

s. Mathieu. 

sThom. (leV 
|s». Andrée. 

s. Paphnuce. 

s. l'irnii». 

sf Justine. 

s'CùuK! etD 

s. Mai liai. 

s. Fraterne. 

s. Jérôme. 



Pbate» «te la Lune. 

I'- M- **^ "• »[ 1 I,, 1.21. 

V. L. le n. ^- ^- '" " 

l,cver il« H«lc»- 

T. vrai. T. mo|/<>.i. 



T28 



s. Rcniy. 
ssAng.Gard. 
s. Maxiniien. 
s. François. 
s. Placide. 
s. l'runo. 
s. Marc. 
se Brigitte, 
s. Denis, 
s. Eust'bc. 
s. Sarmale. 
49"6MsetC. 
s. Edouard. 
s. Calliste. 
se Tliértise. 
s. Martiuien 
s. Ninus. 

s. Luc. 

s. Pierre d' Al 

s. Georges 

s. llllarion 

s. Marc. 

s.Séverin. 

s. Septiuie. 

s. Flavioii. 

s. Qnodvult. 

s. Elishaan. 

s Si m. sJudi 

s. Narcisse. 

s. Vital. 

s. Régalien. 



P 



PliaHCH de lu Lune. 

Q. le 5. I)- Q- 1«*^- 

L. le 12. 



N. L. le 21. 



Lever du Soleil. 

r. rrai- T' 

ior octobre . <> •>• "''' 
15 Id. . . C h. 24 

C.ouclier du Soleil. 
i.r octobre., .'i 1'. '-'i \ l' f^ 



fno|//!»i. 

r. h. ru 
G h. 10" 











CALENDRIER. 






XV 






5iî(£>'\ya3aaaa» 




ajâ(2asaiBiaa<» 








CHRÉTIEN. 


iSB. 


MUS. 


CHRETIEN. 


ISR. 


MUS. 




1 


mer. 


1 

TOUSSAINT. 1 


5 


4 


•1 


ven. 


s. Natalique. 


6 


5 






2 


jeu. 


s. Polien. 


6 


5 


2 


sain. 


s. Candide. 


7 


6 






3 


ven. 


s. Hubert. 


7 


(} 


3 


D. 


AVENT. 


8 


7 






4 


sa m. 


s. Charles B. 


8 


7 


4 


lun. 


s. Pierre Chr. 


9 


8 






5 


D. 


s. Zacharie. 


9 


8 


5 


mar. 


s. Crispin. 


10 


9 






6 


lui). 


s. Balsame. 


10 


9 


6 


mer. 


8. Nicolas. 


11 


10 






7 


mar. 


s. Achille. 


11 


10 


7 


jeu. 


g. Ambroise. 


12 


11 






8 


mer. 


s. Amaranlbe. 


12 


11 


8 


ven. 


Conc. de N. D. 


13 


12 






9 


jeu. 


s. Oreste. 


13 


12 


» 


sam. 


s. Urbain. 


14 


13 






10 


ven. 


s. Annius. 


14 


13 


10 


D. 


s. Ueriiiogéne. 


15 


14 






11 


sam. 


s. Marlin. 


15 


14 


il 


lun. 


s. Damaze. 


16 


15 






12 


D. 


s. Maurule. 


16 


15 


12 


mar. 


s. Ëpimaque. 


17 


16 






13 


lun. 


s. Arcade. 


17 


16 


13 


mer. 


s* Lucie. 


18 


17 






14 


mar. 


s. Bertrand. 


18 


17 


14 


jeu. 


s. Arsène. 


19 


18 






15 


mer. 


s. Prinnigène. 


19 


18 


15 


ven. 


s. Cécilien. 


20 


19 






Irt 


jeu. 


s. Rulin. 


20 


19 


16 


sam. 


S" V. et M. 


21 


20 






17 


ven. 


8. Grégoire T. 


21 


20 


17 


D. 


s* Victoire. 


22 


21 






18 


$am. 


s. Romain. 


22 


21 


18 


lun. 


s. Privât. 


23 


22 






19 


D. 


S' Elisabeth. 


23 


22 


19 


mar. 


s. Némèse. 


24 


23 






20 


lun. 


s. Félix de V. 


24 


23 


20 


mer. 


IV TEMPS. 


25 


2i 






21 


mar. 


Prés. N. D. 


25 


24 


21 


jeu. 


S. Thomas. 


26 


25 






22 


mer 


se Cécile. 


26 


25 


•22 


ven. 


s. Chérémon. 


27 


26 






23 


jeu. 


s. Clément. 


27 


>26 


23 


sam. 


s. Eupore. 


28 


27 




'k 


24 


ven. 


s. Jean de la C. 


28 


g27 


2i 


D. 


s. Téotine. 


2.» 


28 




1 


25 


sam. 


s« Catherine. 


29 


c28 


25 


lun. 


NOBL. 


30 


29 






26 


D. 


s. Pierre d'A. 


5 1 


|29 


26 


mar 


s. Etienne. 


1 


i 30 






27 


lun. 


s. Virgile. 


i-2 


3 1 


27 


mer. 


s Jean. 


2 


: ^ ^ 






28 


mar. 


s. Papinien. 


l' 3 


3 2 


28 


jeu. 


ss. Innoceiis. 


^ 3 


1 Z, 2 






29 


mer. 


s. Saturnin. 


4 


i ^ 


29 


ven. 


s. Thom. de C 


i-4 


i " 3 






30 


jeu. 


s. André. 


5 


50 


sam. 


s. Mansuétus. 


5-5 


i ^ 














31 


D. 


s. Sylvestre. 


6 


5 






Pbases de la Li 


lue. 




Pliases de la Lu 


me. 








P. Q. le 4. E 


y Q. le 


17. 


P. Q. le 3. D. 


Q. le 


17. 






P. L. 


le 17. ^ 


i. L. le 


25. 


P. L. 


le 10. N. 


L. le 
II. 


25. 




Lever do Sole 


il. 


Lever du Sole 






r. vrat 


T. 


moyen. 


r. vrai 


r. n 


toytn 






1" novemb.. 6 h. 4: 


r 6 1 


. 2ti' 


i" décemb. 7 h. 09 


' 6 h 


. 58- 




■ 


15 id. 6 h. 5' 


V 6 1 


. 42" 


15 id 7 h. 15 


7 h 


. 10' 




Ir 


Coacher du So 


len. 




Concber do Sol 


ell. 








1^'' novemb. 5 h. H 


i' 5 i 


». 02' 


l'f décemb.. 4 h. 51 


• 4 11 


. 40" 






15 id. 5 h. 


y 4 1 


1. 48' 


15 id . .. 4 h. 45 


• 4 1 


. 40' 






Nota. — L'année 


1848 


correspond avec l'année 


56C 


8 des 




Hé 


breu 


X et avec l'an 


née 1 


264(1 


BS 


Arab 


es. 









XVI POSTES. 

ADMINISTRATION DES POSTES. 

Départs des coarrlers d'Alger. 
Pour MARSEILLE : les 5, 10, 15, 20, 25 et 30. - Dernière 
levée des lettres au Bureau, 10 heures 1/2 du matin.— Départ, midi. 
Pour TOULON : les 3 , 13 et 23. — Dernière levée, 10 heures 1/2 
du matin. — Départ, midi. 

Pour CETTE : les 7 et 22. — Dernière levée, 2 heures 1/2 du soir. 
— Départ , 4 heures du soir. 

Pour ORAN : tous les mardis. — Dernière levée, 6 heures 1/2 du 
soir. — Départ, 8 heures du soir. 

Pour BONE : les 1", 11 et 21. — Dernière levée , 6 heures 1/2 du 
matin. — Départ, 8 heures du matin. 

Pour BLIDAH, BOUFFARIK, COLÉAll et DOUERA : tous les 
jours. — Dernière levée, 5 heures du matin. — Départ, 6 heures du 
mutin. 

Pour AUMALE , BOGHAR et MÉDÉAH : tous les jours pairs en 
été, et impairs en hiver. — Dernière levée, 5 heures du matin. — 
Départ, 6 heures du matin. 

Pour MILIANA et TENIET-EL-HAAD : tous les trois jours, i, 
4^ 7^ etc. — Dernière levée, 5 heures du malin. — Départ , 6 heures 
du matin. 

Pour DÉLY-IBRAHIM, CHÉRAGAS, DRARIAH, EL-ACHOUR, 
OUI E!)-FAYET, SAOULA et STAOUELI : tous les jours. — Der- 
nière levée , 5 heures du matin. - Départ , 6 heures du matin. 

Facteurs raraax. 

Pour l'AGA et pour MUSTAPHA : tous les jours. - Dernière 
levée, 6 heures du matin. 

l»our HUSSEIN-DEY, KOUBA, BIRMANDRAIS, BIRKADEM, 
EL-BIAR, B()IIl)JAUl>An .1 la l»OINTE-PESCAI)E : tous les deu.T 
jours. — Dernière levée, 5 heures du malin. 

Pour la MAISON-CARREE et le FONDOUCK : tous les qualrtt 
jours. — Dernière levée, 5 heures du malin. 

LiM» facteur» ruraux reiilieiil au bureau vers 4 heures du soir. 



I 



POSTES. XVII 

Arrivées des courriers à Alger. 

De MARSEILLE : les 2, 7, 12, 17, 22 et 27. 

Oe TOULON : les 9, 19 et 29. 

De CETTE : les 4 et 19. 

D'OR AN : tous les lundis. 

De BONE : les 8, 18 et 28. 

De RLIDAH : tous les jours , à midi. 

De MÉDÉAH : tous les deux jours , à midi. 

De MILIANA : tous les trois jours, à midi. 

DÉLY-IBRAHIM : tous les jours, à midi. 

Dlstrlbntion des lettres eo ville. 

La distribution des Courriers de France a lieu les 2, 9, 19, 29, une 
heure 1/2 après l'arrivée des dépêches au Bureau. — Et les 7, 17 
et 27, trois heures après. 

Trois distributions sont faites, tous les jours, à 8 heures du matin, 
à midi et à 2 heures du soir. 

ACrrancblssements. 

La clôture des affranchissements a lieu pour la France, il 9 heures 1/2 
du matin: pour tonte l'Algérie, à 5 heures du soir. — L'affranchisse- 
ment est facultatif pour tout le continent. — L'affranchissement est 
obligatoire pour l'Espagne , le Portugal, l'Asie, l'Afrique (l'Algérie, 
Tunis et Tanger, exceptés), l'Amérique, et toutes les îles, colonies 
et pays d'outre mer. 

Lettres cbargées et lettres reconunandées. 

Les lettres chargées, c'est-à-dire les lettres dont on demande à la 
Poste la formalité du chargement, doivent être présentées sous enve- 
loppe , fermées sur tous les plis par des cachets en cire fine avec em- 
preinte* Ces lettres payent une taxe double et doivent toujours être af- 
franchies. L'Administration accorde 50 francs d'indemnité, en cas de 
perte. 

Les lettres recommandées sont soumises aux mêmes formalités que 
les lettres chargées : elles ne payent que la taxe ordinaire, et l'affran- 
cbissenient en est facultatif. L'administration n'accorde aucune in- 
demnité en cas de perte. 

Poste restante et réclamations. 
Le guichet est ouvert tous les jours , de 8 heures du matin ii 6 heures 



XVllI POSTES. 

du soir. — Les lettres poste restante ne sont remises que sur le vu des 
pièces constatant ridentilc du réclamant. 

Payement des articles d'Argent. 

Tous les jours (le dimanche excepté), de 8 heures du matin k 10 
heures , et de midi à 5 heures du soir. 
Même formalité pour constater l'identité du destinataire. 

RenselKnenients à demander aux facteurs. 

Le public trouvera les Facteurs au Bureau , tous les jours , de 1 1 
heures 3/4 à midi, et de 1 heure 3/4 a 2 heures du soir. 

Trésor. 

La caisse des payements est ouverte tous les jours, les Dimanches 
exceptés , de 8 à 10 heures du matin et de midi a 4 heures du soir. 

La caisse des recettes se ferme une heure plus tôt dans la séance du 
soir. 

Les traites du Trésor sont délivrées tous les jours aux mêmes heures 
que pour la caisse des recettes. 



SERVICE DBS NAVIRE» A VAPEUR DE L'ÉTAT. 

De TOULON à ALGER, et vice versa. Traversée en 44 heures. 
— Départ de Todlon : les 7 , 17 et 27, à nndi ; — d'AtcER, les 3, 13 
et 23, à midi. — Prix des places . Avec cabine, 105 fr. — Sur le 
pont, 73 Ir. 50 c. 

D'ALC.ER à BONE , Traversée en 48 heures. — Par Dellys, Bou- 
gie, Gigelly , Philippeville, en 48 heures. — On s'arrête une heure 
dans chacun de ces ports. — Départs : les 1", 11 et 21 , h 8 heures 
du matin. — Prix des places . Pour Dellys, 12 fr. 60 c. et 8 fr. 
40 c. — Pour liougie, 23 fr. 10 c. et 15 fr. 75 c. — Pour Gigelly, 
34 fr. 65 c. et 23 fr. 10 c. — Pour Philippeville , 46 fr. 20 c. et 30 fr. 
50 c. — Pour Bône, 58 fr. 80 c. et 38 fr. 85 c. 

De BONE il ALGEU, Traversée en 50 heures. — On séjourne à 
Philippeville, 3 heures ; a Gigelly, Bougie et Dellys, 1 heure. — Dé- 
parts : les 5, 15 et 25, à 8 heures du soir. — Prix des places : Voir 
ri deKHUs le service d'Alger i» Bùiie. 

D'ALGEll ix OBAN, Traversée en 46 heures. — On s'arrête a 
Chercht'l, 1 heure; a Téné:, 2 lieiu'o»; à MotUujanrm , 4 heures; a 



POSTES. XIX 

Arzew , 1 heure. — Départs : les mardis , à 8 heures du soir. — Prix 
des places ; Pour Cherchel, 12 fr. 60 c. et 8 fr. 40 c. — Pour Tenez , 
22 fr. 50 c. et 14 fr. 70 c. — Pour Moslaganem , 37 fr. 80 c. et 25 fr. 
20 c. — Pour Arzew, 44 fr. 10 c. et 29 fr. 40 c. -^ Pour Mers-el- 
Kébir {Oran), 50 fr. 40 c. et 33 fr. 60 c. 

D'ORAN a ALGER, Traversée en 40 heures. — On séjourne à 
Arzew, 1 heure; à Moslaganetn , 2 heures; à Tenez et a Cherchel, 
1 heure. — Départ : les samedis , à 8 heures du soir. Prix des places .• 
Voir ci-dessus le service d'Alger à Oran. 

Avis. 

1". Les places à bord des paquebots de l'Étal se délivrent au Bureau 
de la Poste. 

2". Les passagers et les colis ne seront reçus à bord des paquebots 
que lorsque les états d'embarquement auront été visés par l'autorité 
maritime. 

3°. Dans chaque localité, les passagers et les colis arrivant, sont 
transportés à terre par les soins du Directeur du port. 



BATEAUX A VAPEUR DE LA COMPAGNIE BAZIN ET PÉBIER 

(de Marseille) 
Pour l'AlgCrle et Tools. 

S'adresser .- à Marseille, rue Canebière , 33; à Alger, rue des Consuls. 

De MARSEILLE à ALGER, et vice versa. Traversée en 48 heo- 
HES. — Départs des deux villes, les 5, 10, 15, 20, 25 et 30, à midi. 

— Prix des places .- 80 fr., 60 fr., 35 fr. 

De MARSEILLE h ORAN, et vice versa. Traversée en 60 heores. 

— Départs de Marseille , les 3 et 18 , il midi; iVOran, les 10 et 25 à 
midi. — Prix des places . 125 fr., 100 fr., 60 fr. 

De MARSEILLE a TUNIS, Par Stora et Bone, Traversée en 7 
JOURS. — Départs de Marseille, les 8 et 23, à midi; — de Slora, les 
12 et 27 , a 8 heures du soir; — de Bône, les 14 et 29, à 6 heures du 
matin. — Prix des places : De Marseille à Stora, 115 fr., 90 fr., 
55 fr.; — h Bône, 125 fr., 100 fr., 60 fr.; — à Tunis , 150 fr., 120 fr., 
75 fr.; — do Slora à Bône , 15 fr., 10 fr., 6 fr.; — a la Calle , 25 fr.. 



XX POSTES. 

15 fr., 10 fr.; — à Ta barque , 30 fr., 20 fr., 12 fr.; — a Tunis, 
60 fr., 40 fr., 25 fr.; — de Bône a la Calle, 10 fr., 6 fr. 50 c, 4 fr. 

De TUNIS à MARSEILLE, Traversée en 7 joors. — Départs de 
Tunis, les 4 et 19 h midi; — de Bône, les 6 et 21 , à 8 heures du 
soir; — de Siora , les 8 et 23 , h midi. — Prix des places .- De lunis 
à Tabarque, 30 fr., 18 fr., 12 fr.; — à la Calle, 35 fr., 22 fr., 15 fr.; 

— à Bône, 45 fr., 30 fr., 19 fr.; — h Stora, 60 fr., 40 fr., 25 fr.; 

— à Marseille, 150 fr., 120 fr., 75 fr.; — de Bùne à Slora, 15 fr., 
10 fr., 6 fr. 



BATEAUX A VAPEtR DE CETTE A ALGER 

et vice versa. 
TraversCe en <kO beores. 

Départs de Cette, le 2 et le 17 de chaque mois , à 4 heures du soir; 
— A' Alger, le 7 et le 22, à 4 heures du soir; — Prix des places .• 
80 fr., 60 fr., 35 fr. 

L'Administration des Postes ne remet encore aux bateaux de Cette 
que les lettres de cette destination à Alger, et d'Alger à destination de 
Cette. Néanmoins ils sont autorisés à recevoir à leur bord les lotlres 
pour toute destination qui seront déposées une heure et demie avant 
celle du départ dans une botte placée ù la Marine, h Alger. 



MESSAGERIES GÉNÉRALES. 

Service d'Alfer * Blldab, et vice versa. . 

Départs é'Àlger et de Blidah , h 6 heures du malin ; 7 heures 1/2 
du malin ; 1 heure du soir ; 3 heures du soir. — Prix des places .• 
Herlinc ou Kanquette, 6 fr.; Coupé, 8 fr. — Trajet en 4 heures 1/2. 
— Par Birkadcm , la plaine, Uouffarick, Beni-Mered. — Ucheau. 



L'ALGÉRIE 

EN 1848. 



CHAPITRE PREMIER. 
Mfeêcription matntnaitre été t'AMfférie. 



LIMITES. 

L'Algérie s'étend , de l'est à l'ouest , sur la côte 
septentrionale du continent de l'Afrique. Elle est 
bornée au nord par la mer Méditerranée; à l'est, par 
la régence de Tunis ; à l'ouest , par l'empire de Maroc ; 
au sud , par le désert du Sahara. 

Du côté de Tunis , les limites des deux États ont été 
réglées par des conventions spéciales entre le comman- 
dant supérieur de la province de Bône et des officiers 
du Bey. 

Il en est de même à l'égard du Maroc. Le traité du 
18 mars 1845, conclu par M. le général De La Rue et 
les ambassadeurs de Muley-Abd-er-Rahman , a fixé 
d'une manière précise la frontière des deux territoires; 

1 



2 DESCRIPTION SOMMAIRE 

cette frontière, c'est la rivière de la Moulouïa (l'an- 
cienne Moulucha), prolongée jusqu'au désert par une 
ligne dont les points principaux ont été déterminés 
géographiquement. 

Mais au sud , l'Algérie n'a point de limites précises , 
et l'on peut même dire que ces limites se reculeront, 
suivant que les convenances de notre politique ou de 
notre commerce pourront l'exiger. Nous ne trouvons , 
en effet, sur cette frontière du désert, aucun chef, 
aucune population même , assez importante , pour pou- 
voir conclure des traités réguliers , comme on vient de 
voir que cela avait eu lieu pour l'est et pour l'ouest. 

En l'état, et puisque l'on ne peut encore s'arrêter 
à aucune donnée bien positive, il convient de con- 
sidérer provisoirement, comme limites de l'Algérie 
du côté du Sahara, les points extrêmes où nos co- 
lonnes ont pénétré , et sur lesquels notre autorité est 
reconnue. 

Ces points sont : 

Pour la province d'Alger ; 

Le Djebel-Amour et Aïn-Madhi , situés par le 34* de- 
gré de latitude ; 

Pour la province de Constantine (1 ) : 

Biskara , situé par le 35' degré de latitude ; 



(1) Pendant le cours de cet 6l6, des relations ont él6 établies avec 
l'oasis de Tiig^urt, qui est à 280 liiloniMres de Hiskara, et, par coiis/'- 
qncnt ii iHO kilonièlres do la nier. HiMi-Djclla, le clicf' acHici d(; coite 
population , a reconnu la souvorainolo do la France ot envoya quol- 
quos présents, comme marque de soumission. Mais cela est encore 
trop précflire pour pouvoir y attacher une imporlanec sérieuse. 



I)B L'ALGÉItl!!:. 3 

Pour la province d'Oran (1): 

Le pays des Oulid-Sidi-Chigr, situé par le 33" 
degré de latitude. 

Les espaces qui s'étendent au-delà nous sont encore 
à peu près inconnus. L'excellent ouvrage de MM. 
Daumas et Chancel sur les tribus sahariennes fournit 
sans doute des indications dans lesquelles on peut avoir 
toute confiance ; mais ce n'est encore là , à vrai dire, 
qu'une question de curiosité, et si l'on veut, de poli- 
tique , et notre Annuaire n'a pas à s'en occuper. 

ÉTENDUE 

Cela posé , rien de plus facile que de déterminer 
exactement l'étendue de l'Algérie achielle. 

On vient de voir que les limites sud des trois pro- 
vinces devaient être portées : 

Pour celle d'Alger au 54° latitude. 

Pour celle de Constantine .... au So** » 

Pour celle d'Oran au 53<» » 

Au NORD , la mer qui forme limite, et la côte qu'elle 
baigne , présentent l'aspect d'une ligne presque droite, 
et située sous le ST® degré de latitude , ou peu s'en 
faut. 

Ainsi, Alger est sous le 57°; 

Bône et Philippeville (province de Constantine) , 57*; 

Oran , 50° 50. 



(1) Le récit d'une expédilion de M. le général Renault, inséré 
dans VAkhbar du 15 juin, fail menlion d'une razia faile à liO kilo- 
mètres au sud de Berzina , l'un des principaux bourgs des Oulid> 
Sidi-Chigr : si ce chiffre est exact , celle colonne aurait pénétré jus- 
qu'au 32» degré, c'est-à-dire à 400 kilomètres d'Oran. 



4 DKSCKIPTIOn SOMMAIRE 

D'où il résulte que, du nord au sud , l' Algérie occupe 
une longueur moyenne d'environ 5 degrés du méridien, 
c'est-à-dire de 550 kilomètres. 

Mais dans la direction de l'est à l'ouest , les dis- 
tances sont bien plus considérables. 

Les points extrêmes sont : 

A l'est , le cap Roux ; 

A l'ouest , le cap Milonia ; 

Situés , le premier à 540 kilomètres est d'Alger ; 

Le deuxième, à 480 kilomètres ouest d'Alger; 

Soit 1 ,020 kilomètres lesquels multipliés par le cbiffre 
représentant la distance du nord au sud , c'est-à-dire 
350 kilomètres environ, donnent à l'Algérienne surface 
de 578,000 kilomètres; ce qui forme une superficie 
égale, ou peu s'en faut , aux quatre cinquièmes de celle 
DE LA France (i). 

CONFIGURATION. 

L'Algérie, prise dans son aspect général , présente 
la figure d'un rectangle dont la mer Méditerrannée , 
par une disposition avantageuse au pays , forme l'un 
des grands côtés ; le grand désert du Sahara , ou , 
comme l'appellent les Arabes, la Mer de Sable , forme 



(1) M. Carcllo, dans V Allas de l'Algérie, dont nous «tvons déj^ 
parlé dans iiolrc avant-propos, porte celte même étendue à 390,000 
kilomèlre!'. On comprend coinl)icn une diirérence , môme inipor- 
lante, peut se produire dans des évaluations tout-à-Tait arbitraires, cl 
avec des Itnaites aussi incertaines : ainsi M. Carelte compte l'oasis 
des Beni-MzaI), que nous ne pouvons encore comprendre dans le 
Icrriloirc algéricu. 



ï 



DE LALGÉUIE. 5 

l'autre; et les frontières de Tunis et de Maroc, les 
deux côtés les moins étendus. 

Au nord, et sur une profondeur moyenne d'environ 
420 kilomètres , règne de l'est à l'ouest une zone mon- 
tagneuse que nous appellerons zone du littoral: c'est 
là qu'il f^iut placer la chaîne du petit Atlas, ou du 
moins ce que dans les anciennes géographies on appe- 
lait ainsi; car maintenant que le pays nous est mieux 
connu, on ne saurait donner ce nom déchaîne à ce 
massif do montagnes de médiocre hauteur, aux pentes 
ahruptes, souvent même taillées à pic comme des 
murailles (1), et qui projettent leur groupes tantôt vers 
le sud , tantôt vers le nord , tantôt se rapprochent de 
la mer, tantôt se choquent, sans jamais présenter ce 
caractère de régularité majestueuse et cette direction 
fixe el constante que nous offrent les Alpes, les Py- 
rénées et les grandes chaînes des autres continents. 

On vient de dire que ces montagnes étaient d'une 
médiocre élévation ; voici, en allant de l'est à l'ouest, 
les noms, la position des pics les plus considérables et 
la hauteur de ceux que l'on a pu reconnaître. 

MONTAGNES. 

L'Edoug, près de Bône 970". 

Le Grand Babour, entre Djidjelli et Bougie 1,660 
Le Guérioun(60 kilomètres sud de Constan- 

tine) i,720 



(i) apiccni e( lalera arduu duii 

Atlanlis ( Virgilk. ) 



6 DESCRIPTION S03INAII\E 

Le Bou-Thaleb (40 kilomètres sud de Sétif). 1 ,520 

Le Dira (entre Dellys et Bousada) » 

Le Jui'jura (entre Alger et Bougie, 40 kilo- 
mètres nord du poste d'Aumale) 2,100 

Le Mouzaïa (60 kilomètres au sud d'Alger). 4 ,400 

LeZakkar, près Miliana 1,560 

L'Ouarencenis (dont les contreforts sont 

enveloppés par le Chéiif) > 

Le Chareb-er-Rich (Lèvre du Vent, près 
Mascara ) ; il sépare la vallée du Chéiif 

de celle de l'Habra » 

Le Chenouan (près Cherchel) 910 

Le Sidi-Moussa (dans le Dahra, entre Ténès 

et Mostaganem) > 

Le Karkar ou Montagne des Lièvres (entre 

Arzew et Oran) * 

Le Mediouna (entre Oran et la Tafna) ... » 

Le Trara (près Nemours) > 

Le Djebel-Anas (40 kilomètres sud-est de 
Tlemccn) » 

PLAINES. 

Quoique généralement montagneuse et ravinée , 
cette zôno renferme cependant quelques plaines assez 
étendues ; nous citerons, par exemple , comme déjà 
connues : 

La plaine de BAnc ; 

La plaine de la Medjana ; 

La plaine de la Mitidja; 

La plaine du Chéiif; 

La plaine d'Oran. 



DE L AIXÉIUI::. i 

lU VIÈKES , COURS d'eAU , ETC. 

On compi'cnd qu'avec un système de montagnes de 
médiocre hauteur , et avec une température nécessai- 
rement fort élevée , par suite du rapprochement de 
la ligne équatoriale , le régime des eaux en Algérie 
ne pouvait être qu'incomplet et insulïisant; à l'ex- 
ception du Jurjura , qui conserve ses neiges jusqu'au 
commencement de l'été, elles disparaissent sur tous 
les autres pics dès les premiers jours du printemps , 
et sur la plupart d'entre eux, elles ne sont même pas 
constantes pendant l'hiver; le vent du midi les dissipe 
facilement. 

L'Algérie n'a donc point de grands fleuves , mais 
seulement un grand nombre de ruisseaux, qui gros- 
sissent subitement à la faveur des pluies torrentielles 
de l'hiver , et tarissent en été. On cite seulement quel- 
ques rivières dont nous allons de suite indiquer le nom 
et décrire brièvement le cours. 

Ce sont (toujours en allant de l'est à l'ouest): 

La Seybouse. — Ses principaux affluents sont l'Oued- 
Zenati et l'Oued-Cherf qui prend sa source dans le pays 
des Hannenchas. 

Ces deux ruisseaux se réunissent près de Mdjès- 
Amar , un peu au-dessus de Guelma ; c'est là que la 
rivière prend le nom de Seybouse. A partir de ce 
point, elle se dirige du sud au nord , et se jette dans 
la mer près de Bône. A son embouchure, elle a en- 
viron 100 mètres de largeur; de légères embarcations 
peuvent la remonter l'espace de deux lieues. 

Le Rummel. — 11 prend sa source dans les mon- 



8 DESCH'PTIO?» SOMMAIRE 

tagnes qui bordent la plaine des Abd-ol-Nour, 40 kilo- 
mètres est de Sétif, et reçoit le Bou-Merzoug , un 
peu au-dessus de Constantine; de là, il se dirige du sud 
au nord à travers le pays montagneux compris entre 
Collo et Djidjelli. Ces montagnes habitées par des Ka- 
byles n'ont pas encore été traversées par nos colonnes, 
en sorte que le cours du Rummel inférieur, qui devient 
alors rOued-el-Kebir, n'est pas bien connu. 

La Rivière de Bougie , autrement Oiied—boii-Mes- 
saoud (i). — Elle prend sa source dans les montagnes qui 
séparent la province de Constantine de celle d'Alger, 
au-dessus du célèbre passage des Bibans : elle coule 
d'abord du sud au nord ; puis, après avoir reçu divers 
affluents dont le principal est l'Oued-Attif, elle se dé- 
tourne à l'est et se jette dans la mer près de Bougie, 
après avoir traversé pendant l'espace d'environ 80 ki- 
lomètres une vallée d'une admirable fertilité. C'est 
celle que nos troupes ont suivie lors de la dernière 
expédition sur Bougie. 

Visser. — Il se jette dans la mer, au-dessus du cap 
Djinet , à six lieues de Dellys. C'est un ruisseau peu 
important par le volume de ses eaux ; les vallées qu'il 
arrose sont d'une grande fertilité. 

L'Harrach. — II descend des montagnes voisines de 
Médéah, traverse dans toute sa largeur la partie orien- 
tale de la plaine de la Milidja, et rejeté |)ar les collines 
du Saliel , dont il reçoit les eaux par sa jonction avec 



(i) Elle porlf encore plusieurs nalrc!» nom» qu'il Rorail Inutile de 
rapporltr. 



I 



DE l'aLGÉUIE. 9 

l'Oued-Kerma, va se jeter dans la rade d'Alger, à 8 
kilomètres est de eetie ville. Nulle part cette rivière 
n'est navigable; mais il serait important d'en aména- 
ger les eaux pour l'irrigation. 

Le Mazafran. — 11 ne prend ce nom que deux lieues 
au-dessus de son embouchure; il est formé par la réu- 
nion de la Chiffa, du Bou-Roumi et de l'Oued-Jer, qui 
viennent, la première des montagnes situées au sud de 
la plaine, les deux autres des montagnes qui la termi- 
nent à l'ouest. 

Le Mazafran n'est, à proprement parler, que le ca- 
nal nécessaire pour l'écoulement des eaux de la partie 
occidentale de la plaine de la Mitidja. 11 entre dans la 
mer, un peu au-dessus de la fameuse baie de Sidi-Fer- 
ruch, par une vallée bien boisée et aussi pittoresque* 
que fertile. 

A vrai dire , l'Harrach et le Mazafran ne méritent d'ê- 
tre cités qu'à cause de leur voisinage d'Alger, qui leur 
a valu une sorte de célébrité. 

Le Chélif. — C'est la seule rivière d'Algérie, digne de 
ce nom. Son cours présente un développement de plus 
de 500 kilomètres, et mérite une description plus dé- 
taillée. 

On lui assigne pour point de départ un lieu nommé 
Sebaïn-Aioun (les soixante-dix fontaines), à 120 ki- 
lomètres au sud du cap Ténès. 

Ces soixanle-dix fontaines sont situées au pied du 
plateau des Sersous : de ce point, le Chélif, qui porte 
alors le nom àe NaJuir-Ouassel (le fleuve naissant), 
coule de l'ouest à l'est pendant l'espace d'environ 15 
lieues; là. il tourne brusquement et se dirige du sud 



10 nKSClUPTION SOMMAIRE 

au nord. Mais une fois arrivé dans le système de mon- 
tagnes qui se trouvent entre Médéah et Miliana, il 
change encore une fois sa direction, prend celle de 
l'est à l'ouest, qu'il ne quitte plus; passe à Orléanville, 
position importante que nous occupons depuis quatre 
ans ; traverse une riche plaine à laquelle il a donné 
son nom , et va se jeter dans la mer entre le cap Ivi 
et Mostaganem. 

Nulle part, si ce n'est à quelques lieues au-dessus 
de son embouchure, le Chélif n'est navigable; mais 
peut-être, dans un avenir qu'il est permis d'entrevoir, 
serait-il possible de le canaliser, ou du moins, en com- 
binant ses eaux avec celles de l'Oued - Uouina , de 
^rOued-Mina et de ses autres affluents, de le constituer 
au moyen de barrages successifs, en canal d'irrigation. 
La plaine que nous venons de citer prendrait alors une 
valeur immense. Ce serait là assurément un soin digne 
de la grande nation qui a tenté de rendre à la civilisa- 
tion le nord de l'Afrique. 

Après le Chélif viennent, toujours en suivant le lit- 
toral : 

4° I.a rivière de la Macla, formée par la réunion de 
l'Habra et du Sig; 

2" La Tafna, dont le cours sinueux et irrégulier 
présente un développement de plus de 400 kilomètres ; 
elle prend sa source dans la région dite divs llauls-Pla- 
leaux , non loin du poste-magasin de /ebdou , se dii-ige 
d'abord à l'ouest, vers Lalla-Maghrnia, sur la frontière 
du Maroc; puis revient à l'est, et enfin tourne au nord 
poin' aller se jeter dans la mer, en face l'île de Rach- 
Koun ; 



DK LALGÉKlf. 1 1 

5" L2iMoulouïa ( l'ancienne Moulucha ). Cette rivière, 
placée un peu au-delà de la ligne conventionnelle qui 
sépare l'Algérie du Maroc, doit néanmoins être consi- 
dérée comme la limite naturelle des deux États; mais 
elle appartient en réalité à l'empire du Maroc, et nous 
devons nous borner à la mentionner. 

Ces rivières, ainsi que leurs aflluents et tous les 
cours d'eau que l'on rencontre en Algérie , sont soumis 
à une loi générale et présentent un aspect uniforme. 
Ce sont, d'ordinaire, des torrents très-encaissés, que 
les pluies d'orage ( et il n'y a guère en Algérie que 
des pluies d'orage ) font grossir presque instantané- 
ment, mais qui se tarissent presque aussi vite, et qui 
n'offrent presque tous, en été, qu'un lit de gravier ou 
de pierres irrégulièrement amoncelées, semées cà et là 
de quelques flaques d'eau, et ombragées de touffes de 
lauriers-roses. 

ZONES SAHARIENNES. 

Au-delà de cette zone montagneuse du littoral, dont 
nous venons d'esquisser l'aspect général et les circon- 
stances les plus remarquables , et parallèllement à elle, 
c'est-à-dire de l'est à l'ouest, depuis la frontière de 
Tunis jusqu'à celle du Maroc, règne une autre zone 
plus large que la première , et formée d'une série d'im- 
menses plaines. 

La géographie de cette zone, qui n*a été encore tra- 
versée que de loin en loin, et depuis peu d'années, par 
nos colonnes, n'est pas encore bien connue; nous cm- 



12 I)ESCR1PTI0?( SOMMAIRE 

prunleronsà un opuscule (1) publié en 1847, par MM. 
Carette et Warnier, les détails qui suivent et qui nous 
paraissent résumer de la manière la plus complète les 
notions que nous possédons aujourd'hui sur cette par- 
tie du territoire algérien. 

« Ici , disent ces auteurs, et contrairement à ce qui 
existe dans la zone du littoral , les eaux captives ne 
trouvent plus d'issue à la Méditerranée ; elles s'écou- 
lent par des pentes douces, vers de grands lacs salés 
appelés Chott ou Sebkha , qui occupent le fond des 
plaines. 

Le Chélif fait seul exception à cette règle, en ce qu'il 
traverse à la fois et la zone plane de l'intérieur, et le 
bourrelet montueux du littoral. 

Cette série de bassins fermés, larges et plats, en y 
joignant la vallée supérieure du Chélif, détermine cinq 
régions que les indigènes désignent par les noms sui- 
vants : 

i" LesSbakh; 

2° Le Hodna; 

5° Le Zarez; 

4° Le Sersou ; 

5" Les Chott. 

La plaine dos Shakh s'étend entre les montagnes 
d'où sort le Mcdjcrda ( rivière de Tunis), et le phiteau 

(1) Deicriplion et division de l'Algérie , par MM. Carette cl War- 
nier, lirorliiire i^rand iii-18, servant de U'xle explicatif à une Carte 
IniHujrapItiqw df l'AIgnir, <Iressêe par M. I-. HooHard , sur les «lo- 
cumeiilH les plus récents. Prix de la carte, acconipai^née de la hro- 
chnro : 2 fr. 50 c. , a la librairie centrale de la Méditerranée, rue do 
la Marine, n** 117, à Aliter. 



1)K 1,'alcéîue. i5 

de la Medjana, d'où sort le Bou-Seliam ( rivière de Sétif 
et de Bougie ). Elle comprend une série de petits lacs 
salés, adossés aux trois plateaux de la Seybouse, du 
Rummel et du Bou-Sellarn. 

Le Hodna est la grande plaine formée par le lac salé 
de Msila. 

Le Zarez est la plaine formée par les deux lacs salés 
du même nom. 

Le Sersou est la plaine traversée par le Haut-Chélif. 

La plaine des Chott est celle que déterminent les 
deux lacs salés désignés sous les noms de Chott-el— 
Cliergui ( Chott de l'est ), et Chott-cl-Gharbi ( Chott de 
l'ouest), à l'extrémité occidentale de nos possessions. 

La seconde zone, quoique formée en général de vas- 
tes plaines, est cependant traversée par quelques mon- 
tagnes qui marquent la séparation des bassins. Les 
principales exceptions de ce genre sont : 

Le massif du Bellezma, entre la plaine des Sbakh 
et celle du Hodna ; 

La chaîne de Seba-el-Khider, , entre le Zarez, le 
Sersou et le Hodna ; 

La chaîne du Nadour, entre le Sersou et les Chott. 

L'horizon de cette vaste région plane est borné au 
sud par un long rideau de montagnes, tendu encore 
de la frontière orientale à la frontière occidentale de 
l'Algérie. 

Les principales masses de ce second bourrelet sont : 

Le Djebel-Aurès, au sud des Sbakh; 

Le Djebel-bou-Kahil, au sud du Hodna; 

Le Djebel-Sahari, au sud du Zarez; 

Le Djebel-Amour, au sud du Sersou; 



14 I)ESCRIPT10?< SOMMAIRK 

Le Djebel-Ksan et le Djebel-Roundjaïa, au sud des 
Chott. » 

La réunion de ces deux zones forme le territoire que 
l'on peut actuellement assigner à notre état algérien. 

DIVISION GÉOGRAPHIQUE. 

Deux causes faciles à concevoir, la distribution des 
eaux, combinée avec l'influence des latitudes, établis- 
sent une différence considérable entre ces deux zones : 
de là est venue cette division aujourd'hui bien connue 
de l'Algérie en deux parties : le Tell, région des céréales, 
elle Sahara, région des palmiers. Ces deux dénomina- 
tions, qui leur ont été données par les indigènes , remon- 
tent sans doute à un temps immémorial, bien qu'aucun 
monument ancien ne nous indique que cette division 
fût adoptée ou même connue des Romains (1). 

On conçoit qu'il est impossible de déterminer une* 
limite exacte entrecesdeuxzoncs.il n'y a pas un point 
précis où finit le Tell, où commence le Sahara : tantôt 
c'est le Tell qui se prolonge dans le Sahara, au moyen 
d'un oasis ou de quelque montagne détachée de la 
chaîne principale, comme cela a lieu pour les monts 
Aurès; tantôt c'est le Sahara qui piojette dans le Tell 
ses plaines arides et brûlées par les vents. 

Quoi qu'il en soit do cette démarcation , et de l'im- 
possibilité où l'on est de la fixer d'une manière absolue, 
elle n'est pas moins très-importante à faire observer ; 
c'est la clé du ])ays. Le Tell pi'oduisant les céréales, 

(1) \.o docicur Sliaw , doiit l'otiM.i^c lonioiiit* juslc à un siôcio, in- 
dique Iri's-ncllcinoni ccft noms du 'IVII cl du Sahara, cl oxposedc la 
manière la plus positive les idées que nous y nUachons maintenant. 



J)K L.KlAitAnr.. l.S 

et le Sahara n'en produisant point, l'un est dans la 
dépendance forcée de l'autre. 

La possession forte et paisible de la zone du Tell 
est donc la chose qui nous importe le plus; car c'est 
cette zone qui, par la fertilité des terres, par l'abon- 
dance des eaux, par la salubrité du climat, par sa con- 
tinuité avec la mer qui la baigne dans toute sa longueur, 
présente le plus d'avantage et de facilité pour l'établis- 
sement de la population européenne. A vrai dire, et 
d'ici à de longues années, elle est pour nous l'Algérie 
tout entière, et les efforts continuels que nous avons 
dirigés pour établir notre domination sur la deuxième 
zone, ne s'expliquent et ne se justifient même que par 
l'impossibilité d'assurer, par une autre voie , la sécurité 
des établissements que nous possédons déjà ou que 
nous voulons fonder dans la première : en d'autres 
termes, nous ne pouvons être maîtres en-deçà, qu'à 
condition de l'être au-delà; telle est du moins la poli- 
tique suivie dans ces derniers temps, et que le succès 
a consaci'ée. Sans doute, il viendra un jour où la race 
européenne, devenue libre et nombreuse dans le Tell, 
cherchera à pénétrer dans la zone saharienne, comme 
l'ont fait, il y a quinze siècles, les colonies romaines. 
Reste à savoir si le climat de ces contrées et \m voisinage 
trop immédiat du Grand-Désert ne présenteront pas à 
ces tentatives d'insurmontables obstacles ; véritable 
problème dont la solution est réservée à l'avenir. 

CLIMAT. — TEMPÉRATURE. 

Le désert d'une part, de l'autre le voisinage de la 



46 DESCUlPriO!< SOMMAIUK 

mer, et enfin le massif de montagnes qui forment la 
première zone dont nous avons parlé plus haut, exer- 
cent, sur le climat de l'Algérie, des influences diver- 
ses, que l'on ne pourra apprécier exactement qu'avec 
le temps et après des observations répétées sur les dif- 
férents points que nous occupons, soit sur le littoral, 
soit dans l'intérieur ou à l'extrémité du Tell. Voici 
toutefois des données générales et que l'on peut re- 
garder comme positives. 

Le climat de l'Algérie ( nous entendons par là le 
climat du Tell ) ne présente pas une difl'érence bien 
sensible avec celui de la partie la plus méridionale de 
la Provence, ni avec celui de l'Italie méridionale; peut- 
être même, sauf quelques jours d'été et d'automne pen- 
dant lesquels souffle le vent du Désert, peut-être est-il 
moins chaud que la côte-sud d'Espagne; c'est du moins 
l'opinion de plusieurs personnes qui ont habité long- 
temps l'un et l'autre pays. 

L'époque de l'année où la température est d'ordi- 
naire la plus basse, c'est à la lin de février ou au com- 
mencement de mars ; elle descend alors à 8 et môme 
6 degrés au-dessus du zéro. A partir de cette épocpie , 
elle s'élève constamment par une gradation régulière 
jiisfju'au mois de juillet. Pendant ce mois et celui d'août 
elle reste à peu près stationnaire; puis, vers la mi-sep- 
tembre, elle descend continuellement jusqu'à l'époque 
ci-dessus indiquée. 

Un tableau, inséré dans les documents ofliciels pu- 
bliés par le département de la guerre, présente les 
observations sui\antes, relevées à la direction du port 
d'Alger, à l'heure de midi : 



DE r ALfiKRIK, 



\1 



MOIS. 



Janvier. . . 
Février . . 
Mars. . . . 
Avril. . . . 

Mai 

Juin . . . . 
Juillet . 
Août . . 
Septembre, 
Octobre . , 
Novembre , 
Décembre 



Hauteur 

moyenne du 

Iheimoniclre. 

(nÉALMrn. ) 



il" 

\T 
19° 

24° 

G)C)o 

15° 



Plus grande 

Lautcur du 

lliermonifrlro. 

(llÉArMUR.) 



Moindre 

hauteur du 

Iherniomttre, 

(RÉXIMUK.) 



1G° 
1(3° 
14° 

18" 
19^ 

24° 
25° 
25" 
25° 
21° 
17° 
17° 



10° 
9° 
8° 
11° 
l(i° 
16" 
22° 
22° 
19° 
14° 
14° 
15° 



Des résumés semblables d'observations, faites ailleurs 
avec toute l'exactitude désirable, présentent des résul- 
tats identiques ; nous entendons par là des résultats 
moyens : car on pourrait citer bien des exemples de 
chaleurs plus intenses et de froids plus rigoureux que 
ceux dont on vient de parler. Ainsi , nos colonnes ont 
souvent éprouvé, dans leurs marches, des chaleurs 
que le vent du sud rendait certainement égales à celles 
des Indes ou de l'Afrique centrale. D'un autre côté, on 

2 



18 DESCRIPTION SOMMAIRE 

a VU, dans les montagnes voisines de Sétif, 200 hom- 
mes périr du froid en une nuit. Mais ce sont là des 
exceptions, des accidents qui ne sauraient établir la 
température réelle d'un pays. 

Il est d'ailleurs un genre de démonstration qui, 
mieux que les observations scientifiques , pourra don- 
ner au lecteur l'idée la plus exacte du climat de l'Algé- 
rie : c'est celle qui résulte de l'observation attentive 
des phénomènes de la végétation. Ainsi, tandis que 
les plantes, les arbrisseaux, lés arbres du midi et du 
centre de l'Europe se retrouvent en Algérie, ou s'y ac- 
climatent sans difliculté, les plantes intertropicales n'y 
ont aucune chance de succès. 

Pluies. — Les pluies en Algérie sont soumises à 
des lois régulières; elles commencent à l'équinoxe 
d'automne; la quantité d'eau qui tombe va en augmen- 
tant jusqu'à la fin de décembre, et diminue ensuite 
graduellement jusqu'au milieu de mai, époque à par- 
tir de laquelle la sécheresse devient presque con- 
tinue. 

Voici , au surplus , les résultats qu'ont donnés des 
observations faites à Alger, avec le plus grand soin , 
par M. Don , ingénieur en chef des ponts et chaussées , 
et publiées dans le Moniteur algérien du 20 mars 1847. 
Ces observations portent sur neuf années (1) : 



(1) L'unilè cmploy«!c darjs loiis ces cnlouls osl le niiilimiitro. I/in- 
)«(rumcnt qui a servi ù mesurer la ({uaiililé de pluie , est placé à Alger, 
dan» le rentre de la ville, «ur une terrasse élevée de iO inèlrcs envi- 
ron au-dos»ut du moyen niveau de li luor. 



DE L ALGERIE 



10 



ANNÉES. 


NOMBRE DE JOURS 

ET DE NCITS. 


quantité de pluie. 


1838 


lOG 


865—10 


1859 


105 


7-20—75 


1840 


08 


805—75 


1841 


75 


895—25 


1842 


95 


899—50 


1845 


90 


765—25 


1844 


152 


1046—75 


1845 


145 


1046—50 


1846 

Résultat moyen 


113 


10i6— 75 


106 


898—84 



Toutefois, ajoute M. Don, l'observation des moyen- 
nes trimestrielles ordinaires, ne fait pas suffisamment 
ressortir les proportions dans lesquelles se répartit 
l'eau pluviale dans le courant de l'année; mais si l'on 
vient à compter les intervalles trimestriels, à partir 
du l'^r décembre, on trouve les résultats suivants : 



>885 



1" trimest., du 1" décembre au 28 fév., 428 mil. 

2e _ du 1" mars au 51 mai 207 — 

5« — du 1" juin au 51 août .... 15 — 
40 — du 1" septemb. au 50 nov . 255 — 

Ces résultats sont remarquables, en ce qu'ils font 



20 DESCRIPTIO?» SOMMAIRE 

ressortir l'existence d'un trimestre très-pluvieux et 
d'un trimestre très-sec, séparés par deux trimestres 
moyennement et également pluvieux. 

Pour qu'une quantité d'eau aussi considérable que 
celle qui est indiquée par le tableau ci-dessus (898 m.) , 
puisse tomber dans un espace de jours et de nuits 
aussi restreint (i06 jours et nuits), on comprend que 
ces pluies doivent tomber avec une violence extrême. 
On a calculé qu'une forte averse, même d'une durée 
de 1 heure 1/2 seulement, pouvait donner environ 
cinq centimètres d'eau pluviale. 

Mais le grand inconvénient de ces pluies torren- 
tielles, c'est leur abondance même. Au lieu de pénétrer 
dans le sein de la terre, elles glissent sur la surface, 
forment partout, et avec une incroyable promptitude, 
des torrents qui entraînent tout avec eux, et vont se 
perdre, inutiles, dans l'abîme des mers. 

Recueillir ces eaux dans les citernes, les retenir par 
des barrages , même par de grands réservoirs artifi- 
ciels, de manière à alimenter, pour la saison propice, 
des canaux d'irrigation , comme cela se pratique pour 
les canaux de navigation; en un mot, ménager pour 
Tété les ressources abondantes que l'hiver et le prin- 
temps ont préparées; tel est le but principal que doi- 
vent se proposer notre agriculture et notre industrie. 

Vents. — Dans le nord de l'Afrique, comme en Eu- 
rope, les vents les plus fréquents sont ceux de nord- 
ouest, puis ceux de nord-est, et successivement ceux 
d'est et ceux d'ouest. Rarement ils souftlont dans la 
partie du nord, directement, ol moins rncore dans la 
partie du sud. 



DE l'aLGÉRIE. 



21 



Les variations, dans la direction des vents, sont peu 
considérables, d'une année à l'autre; et voici les ré- 
sultats moyens que présente le climat algérien, fort 
régulier du reste dans ses phénomènes généraux : 



Nord. 



Nord-E. 



00 



m 



JOURS DE 



Est. Sud-E. 



Sud. Sud-O. 



40 



Ouest, 



20 



Nord-O. 



170 



Tolal égal au nombre de jours de l'aunée. . . . 365 



L'état du temps peut également donner lieu à des 
subdivisions aussi régulières; ainsi, en Algérie, on 
peut compter sur : 

Jours de beau temps 220 

— temps couvert 70 

— pluie 60 

— brouillard 5 

— grêle et tonnerre 10 

Dans la montagne , il y a des jours de neige qui se 
confondent avec les jours de pluie; mais sur le littoral 
et dans la plaine, ou sur les plateaux peu élevés, la neige, 
quand elle tombe, ce qui est rare, ne dure que quel- 
ques heures, et ne tient pas. 

On vient de voir que les vents de sud et de sud-est 
étaient les moins fréquents de tous; cela est fort heu- 



22 DESCRIPTION SOMMAIRE 

reux : car ce sont eux qui nous apportent les brûlantes 
émanations du désert. Les Arabes les désignent sous 
le nom de kobli; les Européens, sous celui bien connu 
de sirocco. C'est surtout à la fin de l'été , pendant les 
mois d'août et de septembre, que ces vents soufflent 
avec le plus de violence et leur passage est toujours 
accompagné de pbénomènes pénibles à supporter pour 
les hommes, et môme pour les animaux. 

Disons maintenant que l'état de la mer ne corres- 
pond guère à la sérénité du ciel. C'est toujours le mai^e 
sœviim, impetuosum, de Salluste. Le calme absolu est 
très-rare : au contraire , beau temps et grosse mer 
vont souvent ensemble. Ainsi nous compterons, par 
année : 

Jours de calme 60 

— brise 80 

— houle 170 

— grosse mer 45 

Les nombreux et célèbres naufrages dont les côtes 

d'Afrique ont été le théâtre à différentes époques, et 
qui ont eu lieu dans toutes les saisons de l'année, jus- 
tifient parfaitement ce qui vient d'ôtre dit; c'est môme 
cette circonstance bien connue, et peut-être môme trop 
redoutée des puissances de l'Europe, qui a protégé si 
longtemps, contre leur juste vengeance, le repaire de 
Barbcrousse. 

PRODUCTIONS NATURELLES DU SOL. 

Le climat de l'Algérie, d'après les résultats qui 
viennent d'ôtre exposés, ne présente donc pas, com- 
paré à (-«{lui do l'Europe, des différences bien sensibles; 



DE l'aLGÉIUE. 



25 



ces différences peuvent se résumer ainsi : moins froid 
l'hiver, il est un peu plus chaud Tété, surtout d'une 
chaleur plus constante, plus soutenue. Il suit de là que 
le régime végétal doit, d'une part et de l'autre, nous 
offrir des conditions tout-à-ftût analogues. Il convient 
de les rapporter, de les préciser. 

Arbres forestiers. — A l'exception du chêne ordi- 
naire ((/ucrci/s), du sapin, du bouleau, qui n'existent 
point, ou du moins qui se rencontrent rarement, les 
essences forestières sont à peu près les mêmes. Ainsi 
l'Algérie a le chêne vert, le chêne-liège (en grande 
abondance) , le frêne, l'orme, le tremble, des variétés 
très-nombreuses de pins et d'arbres verts , et de plus 
le cèdre, dont il existe plusieurs forets, une entre autres, 
près de Teniet-el-Had (province d'Alger). Ces différentes 
productions ont déjà été l'objet de reconnaissances in- 
téressantes; nous les ferons connaître dans le chapitre 
qui sera spécialement consacré à l'organisation du ser- 
vice forestier. Qu'il nous suffise de dire que si la ques- 
tion des reboisements est, à juste titre, rangée parmi 
les plus importantes de celles dont la France doit s'oc- 
cuper aujourd'hui, combien, à plus forte raison, cela 
sera-t-il vrai de l'Algérie, livrée depuis tant de siècles 
à l'incurie proverbiale des Arabes, à leurs incendies 
périodiques, aux ravages de leurs bestiaux, et surtout 
aux influences pernicieuses du vent du désert ? 

Arbres fruitiers. — Les espèces connues et cultivées 
en Europe se retrouvent en Algérie, ou peuvent y être 
introduites sans difliculté.On s'est plaint que les arbres 
à noyau ne donnaient pas de fruits comparables à ceux 
que nous avons; mais pouvons-nous encore exprimer 



24 DESCRIPTION SOMMAIRE 

à cet égard une opinion bien fondée? nos expériences 
n'ont encore été ni bien habiles, ni bien étendues. Il y 
a, par exemple, les régions montagneuses que nous 
n'avons pu encore explorer, et qui pourront seules 
nous donner la mesure de ce qui est possible et de ce 
qui ne l'est pas. Le parti que les Kabyles tirent de leurs 
oliviers, celui que plusieurs de nos colons ont déjà su 
tirer des plantations de mûriers anciennes ou nouvelles, 
de beaux et nombreux échantillons de fruits, pom- 
mes, poires, pêches, etc., etc., et que nous avons vus 
chez plusieurs colons, tant soit peu curieux de leurs 
jardins , sans complcr la beauté et la bonié de nos oran- 
ges, de nos citrons, de nos bananes, tout cela doit nous 
rassurer complètement sur la possibilité de faire bien- 
tôt, avec des travauxjudicieux et persévérants, compter 
l'Algérie parmi les pays producteurs non seulement des 
huiles et des soies, mais de tous les fruits d'Europe. 

La vigne paraît réussir partout, et mieux peut-ôli*e 
encore dans les régions, qui s'éloignent un peu du lit- 
toral , que dans celles qui en sont trop rapprochées : 
Médéah, Mascara, les montagnes des environs de Del- 
lys, celles des Boni-Menacer entre Cherchell et Milia- 
nah, en sont la preuve. Tout porte à croire, après cela , 
que la vigne, en Algérie, n'exigera pas les frais et les 
soins infinis <|u'on lui donne en l*]uropc. Uneseule tiiille, 
trois l)injges au plus, voilà tout ce qu'elle paraît ré- 
clamer. 

Céréales. — L'Afrique était célèbre autrefois par 
rabotulance de ses récoltes en céréales , (pii avait fait 
de ses provinces l'un des greniers du peuple romain. La 
culture arabe ebt trop peu avancée; la culture euro- 



DE l'alcéuie. 25 

péenne est encore trop mal assise , pour que l'on puisse 
décider d'une manière absolue s'il nous sera possible 
de faire renaître cette fécondité. Quoi qu'il en soit, 
noui ne voyons pas les motifs sérieux qui devraient 
nous interdire cet espoir. 

Le blé dur, l'orge, qui sert à la nourriture des chevaux, 
forment, avec le maïs, toute la série des céréales au- 
jourd'hui cultivées en Algérie ; elles se sèment de- 
puis le mois d'octobre jusqu'à janvier. Leur réussite 
dépend surtout du plus ou moins d'abondance des 
pkiies, qui tombent vers la fin d'avril et dans les pre- 
miers jours de mai. Les moissons se font quelquefois 
dès la tin de ce mois, d'ordinaire en juin ; elles sont tou- 
jours terminées en juillet. 

Plantes fourragères. — C'est ici une des grandes 
et naturelles richesses de l'Algérie. On pourrait pres- 
que dire que les prairies artificielles de France sont les 
prairies naturelles de l'Algérie. Les trèfles de différen- 
tes variétés, les sainfoins, les luzernes sauvages crois- 
sent spontanément; et si les pluies du printemps sont 
abondantes, ces graminées couvrent les terres, en ap- 
parence les plus arides, de précieuses récoltes; pour peu 
que l'on entretienne ces prairies par des fumiers, par des 
sarclages, et que l'on les rompe de temps à autre par des 
labours et des récoltes de céréales, on augmente sen- 
siblement leurs produits. Dans ces conditions , on peut 
évaluer le rendement moyen d'un hectare de 40 à 50 
quintaux métriques. L'avenir de nos fermes et de nos 
grandes cultures repose certainement sur l'observation 
intelligente des assolements, que ces productions spon- 
tanées devront singuhèrement faciliter. 



26 DESCUIPTIOn SOMMAIRE 

Pendant le cours de l'année 1847 les récoltes 
de fourrages ont été si considérables que , bien que 
l'administration militaire ait acheté tout ce quelle a 
pu , il est resté partout des fourrages que le manque 
de bras a obligé de laisser périr sur place. L'Algérie 
aurait pu en fournir à nos départements méridionaux , 
si les frais de main-d'œuvre ou ceux de navigation ne 
s'étaient pas trouvés trop élevés. Cette question des 
lourrages ainsi exposée nous amène naturellement à 
cettcbranche si importante de l'économie rurale, l'élève 
des bestiaux. 

A notre arrivée en Algérie, ils étaient très-abondants 
et à vil prix; la guerre et nos consommations énormes 
ont causé une diminution sensible, mais nous pouvons 
déjà reconnaître avec quelle promptitude le pays peut 
réparer ces pertes. 

Nous avons assez éprouvé, parle fait même de cette 
guerre, les qualités du cheval arabe, ou plutôt du cheval 
barbe (car c'est là son nom véritable), pour pouvoir l'ap- 
précier à sa juste valeur, et pour chercher les moyens 
de combler les vides immenses que la guerre avait faits. 
Aussi doit-on louer l'administration d'avoir songé tout 
d'abord à créer des dépôts d'étalons, qui , bien que très- 
imparfaits encore, ont déjà rendu de vérital)les services. 
Le développement, le perfectionnement de ces établis- 
sements serait un bienl'ait réel pour le pays : neserait-ce 
pas aussi un avantage pour la France, si elle parvenait 
ù s'assurer, en Algérie, une production constante de 
chevaux de selle pour sa cavalerie légère, dont la re- 
monte est toujours si dillicile? 

La race des chevaux <le trait manque en Algérie, 



DK l'Algérie. 27 

mais elle pourrait aisément se former arec des soins 
et une direction intelligente. C'est un objet qui regarde 
plus spécialement les colons, qui, pour les besoins de 
leur agriculture ou de leur industrie, sont obligés de 
faire venir à grands frais d'Europe les animaux dont 
ils ont besoin. 11 est à observer toutefois que , sous ce 
rapport, le mulet, qui supporte mieux les climats 
chauds, offrira plus d'avantages pour les travaux péni- 
bles, auxquels on aura à le soumettre. Ce serait donc 
là aussi une branche importante pour notre agri- 
culture. 

La race bovine, telle que nous l'avons trouvée dans 
le pays (et certainement nos infatigables razias ne 
l'ont pas améliorée) , présente tous les caractères d'une 
dégénération évidente; l'incurie des Arabes, qui ne 
cherchent jamais à mettre à l'écart les animaux les plus 
propres pour la reproduction , les sécheresses de l'été, 
qui ne leur permettent pas d'entretenir convenable- 
ment leurs bestiaux, puisqu'ils n'ont point de fourrages 
en réserve, et qu'ils n'ont à leur donner, à cette époque, 
que de maigres broussailles ou des herbes desséchées 
sur pied, toutes ces circonstances réunies ont amené le 
dépérissement sensible de la race; cependant, il n'est 
pas rare de trouver des sujets qui montrent que cette 
race a des qualités précieuses, et qu'il serait facile de 
l'améliorer. 

La race ovine est restée grande et forte ; mais, comme 
les Arabes n'apportent pas plus de soins pour cette re- 
production que pour les autres, il en résulte que les 
lainages sont d'une qualité très-inégale; que les toisons 
les plus rustiques sont mêlées aux toisons les plus fines 



28 DESCRIPTION SOMMAIRE 

ce qui jette une dépréciation réelle sur les laines du 
pays. Ajoutons que le défaut de constructions destinées 
à servir d'abris, le défaut de soins et de nourriture pen- 
dant l'hiver, cause, tous les ans, une grande mortalité 
dans les troupeaux; et il faut que la reproduction de 
l'espèce soit aussi facile et aussi prompte qu'elle l'est 
réellement, pour que le pays en soit pourvu aussi abon- 
damment; nos fermes européennes remédieront à ces 
inconvénients. 

Les préjugés des Musulmans ne leur permettaient 
pas de nourrir des porcs, ou du moins les leur rendaient 
inutiles ; c'est donc une espèce que nous avons intro- 
duite et dont on tire un grand parti. Le porc n'acquiert 
peut-être pas la grosseur de celui du nord de la France, 
mais il se reproduit avec une grande facilité, croît très- 
vile et engraisse de môme : ce sera certainement par 
la suite une des productions importantes de l'agricul- 
ture locale. 

Cultures industrielles. — Jusqu'ici nous n'avons en- 
core vu que deux de ces cultures qui aient commencé 
à être mises en honneur , et suivies avec quelque espé- 
rance : ce sont les soies et le tabac. 

La production en soie est bien peu de chose ; 
mais elle augmente tous les ans; ce n'est plus du 
reste un sujet de doute pour personne. 

Quant à la culture dos tabacs, comme elle donne 
des résultats prompts et immédiats, clic a pris un 
développement rapide. 

La direction des tabacs de Friuiciî ciitretient en Al- 
gérie un Hiîrvice peu nombreux, mais bien organisé, et 
qui après avoir provoqué chez tous nos cultivateurs 



DE l'algérie. 29 

européens ou indigènes des produits meilleurs et plus 
abondants, les achète pour son compte à un prix avan- 
tageux. On calcule qu'en 1847-48 les achats etles expor- 
tations qui en sont la conséquence s'élèvent à 400,000 
kilos. C'était une production entièrement nulle, il y a 
moins de cinq années; n'est-ce pas là un véritable succès? 

Plantes potagères ; cultures maraichères. — Connue 
ces cultures sont destinées à jouer le rôle le plus 
important dans l'économie rurale de l'Algérie , qu'il 
nous soit permis d'entrer à ce sujet dans quelques 
détails , de présenter quelques observations de l'ordre 
le plus simple, le plus technique. 

Nous dirons d'abord que toutes les plantes légu- 
mineuses de l'Europe s'acclimatent parfaitement en 
Algérie; beaucoup d'entre elles sont môme indigènes. 

Mais ici les saisons et par conséquent les procédés 
de culture, ne s'accordent plus avec nos habitudes: il 
est bon de noter les différences. 

Lorsque la fin du mois de septembre arrive, les 
vents qui étaient à l'est et au sud passent à l'ouest; 
les orages se forment , les pluies commencent; la na- 
ture engourdie par les chaleurs pénétrantes de l'été, 
comme elle l'est dans d'autres climats par la continuité 
du froid , la nature se ranime; la verdure reparaît: 
c'est le printemps de l'Algérie. 

Aussi nos cultivateurs , même ceux venus du nord, 
bien au fait maintenant de ces circonstances, carac- 
téristiques du nouveau pays qu'ils sont venus habiter, 
s'empressent de semer toutes les graines potagères 
qu'ils sont accoutumés en Europe à ne semer qu'en 
mars et en avril ; et c'est alors une série non inter- 



30 DESCRIPTION SOMMAIRE 

rompue d'embla\'ures et de récoltes jusqu'au mois de 
juin, époque à laquelle les pluies ont entièrement 
cessé, et où il n'y a plus de culture possible que dans 
les terrains arrosés. 

Les pois plantés dans les premiers jours d'octobre 
se récoltent dans le mois de décembre; ils donnent 
très-abondamment. 

On a deux récoltes de pommes de terre : l'une , des 
tubercules plantés à la fin de septembre, qui se récol- 
tent au mois de janvier; l'autre, de ceux plantés vers 
la fin de janvier et en février, qui ont atteint leur 
maturité en juin. Ces récoltes ne sont pas aussi con- 
sidérables que celles du nord de l'Europe, quoique 
cette culture ait fait de singuliers progrès autour 
d'Alger, depuis quelques années, par l'amélioration 
même de l'espèce : car les plantes sont soumises à 
l'acclimatation , comme les bommes. 

Les artichauts, qui sont indigènes en Algérie , com- 
mencent, pour peu qu'on ait eu soin de les entretenir, 
à donner, dès le mois de décembre ou janvier, et 
durent pendant six mois. Il en est ainsi, ou peu s'en 
faut, de toutes les plantes potagères connues en 
Europe: elles croissent et se développent avec une 
incomparable rapidité, en sorte que l'on ne saurait 
établir aucune comparaison entre le produit possible 
d'un hectare d'Algérie convenablement arrosé, et d'un 
hectare d'Europe placé dans les meilleures conditions. 

Mais toutes ces cultures dont nous venons de tracer 
une trop courte esquisse , indépendamment des avan- 
tages et des inconvénients qu'elles peuvent présenter, 



DE l'àLGÉRIE^ 5i 

indépendamment des conditions particulières qui les 
régissent , sont soumises en Algérie à des lois géné- 
rales que l'on n'avait peut-être pas d'abord observées 
avec assez de soin, mais que l'on commence aujour- 
d'hui à mieux étudier et à comprendre. 

Nous ne trouvons rien de mieux pour les expliquer 
au lecteur que cet extrait d'un mémoire adressé par 
M. Hardy, directeur de la pépinière du gouvernement, 
près d'Alger, et qui a mérité l'approbation de l'Aca- 
démie des sciences ; voici cet extrait : 

« Les végétaux frutescents de l'Algérie, dit M. 
Hardy, peuvent être divisés en trois groupes. Le pre- 
mier, fornté d'arbres à feuilles caduques, peupliers, 
aunes, frênes, ormes, stationne dans les ravins, sur 
le bord des cours d'eau, dans les terrains qui conser- 
vent leur humidité toute l'année. Le second groupe 
comprend les agaves, les cactus, les palmiers, qui 
semblent détachés d'une région plus chaude. Le troi- 
sième groupe, vraiment indigène, composé d'arbres 
toujours verts, à feuilles simples, petites, sèches et 
coriaces, tels que l'olivier, le pistachier, le laurier-franc, 
le chêne-liège, l'yeuse, etc., brave les vents, la 
sécheresse de l'air et l'aridité du sol. Aussi, les prin- 
cipales essences qui le constituent se rencontrent- 
elles d'ordinaire sur les pentes les plus sèches. 

La végétation algérienne présente un singulier 
phénomène, qu'on s'étopne de trouver mentionné ici 
pour la première fois. Passé une certaine élévation 
très-peu prononcée , les arbres ne croissent plus en 
hauteur, mais seulement en largeur; ils présentent 
presque tous une cîme large et aplatie. Si, en raison 



52 DESCRIPTION SOMMAIRE 

de circonstances très-favorables à leur développement» 
quelques arbres ont dépassé en élévation la hauteur 
ordinaire , on voit bientôt l'excédant de leur cime se 
dessécher et passer à un état de mortification , tandis 
que la végétation refoulée s'étend dans le sens hori- 
zontal; exemple, les peupliers plantés à Bouffarick. 
Cette impuissance de la végétation de s'élever au-delà 
d'une certaine limite prouve évidemment qu'il existe, 
à la hauteur correspondante dans l'atmosphère une 
couche d'air qui lui est essentiellement contraire, et 
dont l'action fâcheuse est entretenue par le courant 
aérien du désert. 

Si l'on examine les revers des montagnes et des 
coteaux qui font face à l'ouest et au nord, on voit 
qu'ils sont pelés ou couverts de broussailles rabou- 
gries, à part quelques points çà et là dans les dépres- 
sions du sol, où, grâce à l'humus et à l'humidité 
qu'elles retiennent, s'élèvent quelques bouquets d'ar- 
bres d'une hauteur appréciable. C'est essentiellement 
à l'influence du courant polaire du vent de nord-ouest, 
qu'est due cette action pernicieuse sur la végétation. 

La cause la plus puissante d'évaporation et de sé- 
cheresse du sol est bien moins l'ardeur du soleil que 
le souffle hostile de ce vent sec et froid de nord-ouest. 
En effet, ce n'est pas sur les versants opposés à l'ac- 
tion du soleil que se trouvent les parcelles de forêts 
que l'on cite, et où croît le cèdre, mais sur les revers 
est et sud, que frappent directement les rayons du 
soleil , et que n'atteint pas sensiblement le vent do nord- 
ouest. 

liCS effets météorologi(iuefi du climat, qui se pro- 



Dli l. ALGKhiE. Oi) 

duisciit en grand sui* les arbres, ne laissent pas de 
se produire aussi , quoique dans des proportions moin- 
dres sur les champs de blé. Les parties exposées 
aux vents d'hiver restent chctivcs , ne tallent pas et 
ne donnent qu'un produit maigre, tandis que les parties 
abritées donnent un produit quatre à cinq lois su- 
périeur. 

ïl y a donc évidemment un immense avantage à 
établir des abris en Algérie, au moyen des arbres dont 
la culture devrait figurer pour une large part dans l'éco- 
nomie rurale bien entendue de cette contrée. Au lieu 
de les disperser stérilement dans toute l'étendue du 
domaine , où leur ombre nuit plus ou moins à la végé- 
tation, M. Hardy propose d'en former des abris conti- 
nus à la distance de cent mètres les uns des autres ; 
abris qui, coupant le vent, protégeront la croissance 
des plantes herbacées, céréales, légumineuses, etc., 
et permettront de transformer une culture jusqu'ici 
nomade en culture sédentaire. La première ligne de 
défense serait formée de trois rangs serrés des arbres 
les plus robustes, le cyprès, l'arbre des abris par ex- 
cellence ; la deuxième , d'oliviers ; la troisième , de 
mûriers, et la quatrième enfin, d'arbres fruitiers. On 
conçoit que, divisé et tamisé à travers les branches et 
les feuilles de ces rangées d'arbres, le vent ne pourra 
que glisser inoffensif sur les terres arables placées en- 
tre elles. L'expérience a déjà mis hors de doute l'effi- 
cacité de ces moyens dans quelques contrées de la 
France exposées à la violence des vents; et elle a 
donné, à quelques exceptions près, les mêmes résul- 
tats en Algérie pour bon nombre de végétaux ligneux, 

5 



5i DESCHIPTION SOMMAIRE 

qui ne croissent d'ordinaire que sous les tropiques, et 
qui seront désormais autant d'acquisitions nouvelles 
pour notre colonie. » 

Ce tableau résume à notre sens , de la manière la 
plus complète, l'idée que l'on peut se former de la 
production agricole de l'Algérie. L'eau ne faisant pas 
défaut au soleil qui, ici, ne manque jamais, cette pro- 
duction sera ce que l'homme voudra qu'elle soit(l). 

SUBSTANCES MÉTALLIQUES ET AUTRES. 

Jusqu'à ces dernières années, c'était un préjugé uni- 
versellement répandu que le sol de l'Algérie était peu 
favorisé sous le rapport des richesses métallurgiques : 
on savait vaguement que dans quelques montagnes au 
sud de Bougie, il se fabriquait des armes; que les Kaby- 
les recueillaient, sur différents points, du soufre dont ils 
se servaient pour fabriquer de la poudre; on connais- 
sait aussi les salines d'Arzew, auxquelles on put tout 
d'abord accorder une certaine importance. Enfin on 
supposait, d'après les difficultés que l'on avait d'abord 
rencontrées sur quelques points du littoral, que les 
carrières à chaux, à plâtre, à pierres de taille et de 
moellons, manqueraient totalement, ou ne nous offri- 
raient que d'insignifiantes ressources. 

l/opinion, mieux éclairée , sait aujourd'hui à quoi 



(1) PeuMlrc conviendrail-il do placer ici quelques mois sur les 
puilB artésiens. I/AdniiniBlration en Tail creuser deux en ce moment 
l'un à HJHkara , l'.iutre au cnmp du Figuier; mais ni l'un ni l'nulro 
n'oiil encore donuC' de résultais. 



DE l/ALGf;KlK. J,^ 

s'en tenir sur la richesse métallurgique de rAlgérie , 
du moins dans les parties du territoire que nos ingé- 
nieurs ont pu reconnaître. 

Les détails que nous donnerons sur chaque localité 
contiendront des indications exactes sur les conces- 
sions ou permis d'exploration accordés par l'Adminis- 
tration. Nous nous bornerons pour le moment à énoncer 
les différents minéraux dont les gisements ont été re- 
connus. 

Fer. — Il se trouve en grande abondance dans les 
provinces d'Alger et de Constantine. 

Aux environs même d'Alger, on rencontre plusieurs 
amas de minerai de fer intercalés dans les terrains de 
transition; ils présentent des dimensions variables, 
mais en général fort limitées. 

Mais on sait aujourd'hui que tout le pâté de monta- 
gnes, compris entre le Hamis à l'est, et le Bou-Roumi 
à l'ouest de la Mitidja, présente de nombreux gise- 
ments de fer oligiste, d'hématite et de fer spathique. 
C'est surtout dans le territoire de Mouzaïa ( déjà célè- 
bre par sa mine de cuivre ), que ces minerais se mon- 
trent avec le plus d'abondance. Ils ont été exploités 
dans des temps reculés, ainsi que le prouvent de grands 
amas de scories anciennes, que l'on rencontre sur le 
flanc des ravins. 

A Ténès, on rencontre, aux environs de la ville, de 
nombreux filons de fer carbonate spathique. Des tra- 
vaux de recherche ont mis à découvert des filons, dont 
la puissance moyenne allait jusqu'à un mètre. Les mi- 
nerais sont passés à l'état de mine douce à la surface, 
et suivant leur état de décomposition , leur teneur varie 



"ôtt bEStUUPTlON SOMMAlHi: 

de 64", 05 à 30" 75 de fonte. Ils ont été exploités au- 
trefois. 

Nul doute que les montagnes de Bougie ne soient 
riches en minerais de fer, puisque les Kabyles, de temps 
immémorial, fabriquent des armes, des instruments 
aratoires. Un échantillon rapporté de la tribu des Beni- 
Seliman a rendu 61 0/0 de fonte. 

A l'ouest d'Alger, sur les deux rives de l'Oued-Tikzal , 
l'un des affluents de la rive gauche du Chélif, il a été 
recueilli, au milieu d'abondantes scories anciennes, 
des morceaux isolés d'hématite brune, qui, ess.ayés. 
ont rendu 55 0/0 de fonte truitée. 

La province de Conslantine paraît encore mieux 
partagée. 

A l'embouchure du Saf-Saf, près de Philippeville , 
on a reconnu un minerai de fer magnétique rendant 
de 45 à 53 0/0. 

Au Djebel-FiUila , également près de Philippeville , 
il existe des amas considérables de fer oligiste et de fer 
oxydulé. 

F^nfm , à huit ou dix lieues de Bône, dans les envi- 
rons du lac Fetzara, se trouvent les beaux gisements du 
Bou-Hamra, de la Belelita, et le gîte si remarquable 
d'Âïn-Morka , le plus considérable de l'Algérie, et qui, 
d'après le rapport des ingénieurs, peut, comme le dit 
le Tableau des établissements français de i846, être 
comparé, pour son étendue et sa richesse , aux gîtes 
les plus célèbres de l'Kurope centrale. La compagnie 
Bassaiio a déjà créé pour l'exploit^ition de ces mine- 
r.iis, des usines ronsidérables, situées près de Bône. 
( Voir Province de Conslantine. ) 



DE L'ALGÉRIE. 57 

Des échantillons, provenant de Sétif, ont également 
appris l'existence de minerais de fer dans ces localités. 

La province d'Oran n'a pas encore été sulfisamment 
explorée; seulement, dans les environs d'Arzew , entre 
cette ville et Kristel, plusieurs affleurements de fer oli- 
giste et micacé ont été reconnus sur le bord de la mer; 
ils rendent de 65 à 64 0/0; enfin, on sait que des hé- 
matites brunes se rencontrent fréquemment dans le 
Dahra : des échantillons en ont été rapportés à la suite 
de l'expédition de M. le général Pélissier, en j uillet 1845. 

Cuivre. — Les mines de Mouzaïa et de Ténès ont 
déjà signalé à l'attention des spéculations européennes 
la richesse des gisements de cuivre de l'Algérie { voir 
Province d'Alger)', aussi les localités voisines de ce pic, 
célèbre dans nos annales militaires, ont été explorées 
avec soin. 

Ainsi, on a reconnu dans l'Oued- Merdja l'existence 
d'un beau filon de pyrite cuivreux, injecîté dans du fer 
spathique, qui atteint jusqu'à i'" 50" de puissance; au- 
près de Souma, un filon d'hématite brune avec cuivre , 
qui affleure sur les premiers contreforts de l'Atlas. Un 
échantillon de ce minerai a donné à l'essai 0,127 dd 
cuivre et 0,00025 d'argent , soit près de 0,002 d'argent 
pour i de cuivre. 

Des échantillons de pyrite de cuivre , provenant de 
Miliana , ont été remis à l'Administration ; d'autres 
échantillons, provenant des environs de Bougie, ont été 
apportés par des Arabes; la pacification de la Kabylie 
permettra sans doute de reconnaître les gisements, et 
même^de les exploiter; ce à quoi le génie industrieux 
des peuplades kabyles se prêtera facilement. 



58 nEscRiPiio:^ somma nu: 

Dans la province de Constantinc, à 2,000 mètres de 
la mer, à Aïn-Barbar, dans le massif de rEdoiigli,près 
de Bône, on a reconnu un assez bel affleurement de 
cuivre carbonate vert et bleu , avec pyrite de cuivre 
et blende. 

D'autres indices de minerai de cuivre ont été signa- 
lés dans cette province ; on n'en connaît pas encore 
dans la province d'Oran, que l'état de guerre n'avait 
pas permis d'explorer. 

Plomb. — A la porte d'Alger, la chaîne du Bouzarea, 
dans la partie qui s'étend vers le cap Caxine, présente 
des gîtes de galène à texture variable, tantôt grenue, 
tantôt lamellaire, et dont la teneur en argent varie, 
pour les schlies,de 44 à 150 et 140 grammes au quintal. 

Près de Ténès, on a obtenu quelques échantillons 
de galènes à grandes facettes, contenant de 7 à 10 
grammes d'argent au quintal. 

Mais le gisement le plus considérable paraît être celui 
qui est mentionné en ces termes, dans le Tableau deséla' 
hlissemcnts français de iSâG : « Des flancs de l'Ouaren- 
» senis, descend un ruisseau nommé Oued-Fodda ou 

> Rivière d'Argent, à cause des fragments de galène 

> qui abondent sur ses bords et dans son lit. A la suite 

> de grandes pluies dans la région supérieure, on ren- 

> contre des amas de scories qui contienneni encore 
» 45 0/0 de métal, tant le mode de traitement suivi 

> par les Arabes était imparfait. M. h; colonel Pélissier 
» a rap|)orté des scories analogues du Dahra. » 

Dans la province de Clonstantine , le gîte du Kef-oum- 
Tbaboul,au sud-est de la dalle, déjà en e\[)l()ralion , 
est assez riche en argent. Knfin , l'on alVirme que ])rèi 



DE LALGÉIUE. 59 

de Sétif, sur la cîmo de Bou-Tlialeb , il existe chez 
les Kabyles des exploitations très-anciennes et assez 
avancées pour fournir à la fabrication des balles; les 
Arabes viennent , de distances considérables, s'y ap- 
provisionner. 

Ainsi, et quoique nous ne connaissions que très-im- 
parfaitement encore le territoire algérien , nous savons 
déjà qu'il possède des gisements considérables des trois 
métaux les plus utiles que recherche et exploite l'indus- 
trie humaine : le fer, le cuivre, le plomb. Cela seul est 
déjà une conquête importante; elle est due à la pré- 
voyance de l'Administration qui, dès que les circon- 
stances l'ont permis , a établi un service de mines; elle 
est due aussi à l'infatigable persévérance aveclaquelle 
le savant ingénieur, M. Fournel, qui a le premier di- 
rigé ce service, avait accompli sa mission. 

Mais si la question de l'existence des gîtes métalli- 
fères est résolue de la manière la plus favorable à l'Al- 
gérie, nous ne saurions en dire autant du combustible 
minéral. Jusqu'à présent aucun indice de houille n'a 
été reconnu : on a seulement signalé yà et là quelques 
liions de lignite, qui ne paraissaient propres à aucun 
usage. 

Ainsi d'une part, la privation de combustible miné- 
ral, et de l'autre, l'insutïisance reconnue des ressources 
forestières, ne permettent guère d'espérer que d'ici à 
de longues années, et malgré l'exemple donné près de 
Bône par la compagnie Bassano , il puisse s'établir en 
Algérie de grandes exploitations métallurgiques. Mais 
les minerais, surtout ceux de cuivre, pourront aisément 
être transportés d'Algérie en France. I^a compagnie 



40 - DESCKIPTION SOMMAIRE 

de Mouzaia a déjà commencé à construire, à Bouc, près 
Marseille, des usines importantes pour traiter ses mi- 
nerais de cuivre. Les compagnies qui ont exploré les 
environs de Ténès, annoncent la même intention, 
aussitôt que leurs concessions seront accordées. On se 
contentera sur les lieux de soumettre les minerais à un 
traitement qui les sépare de leurs gangues, et diminue 
d'autant le poids utile à transporter. Ces minerais four- 
niront des retours avantageux à nos navires, qui d'ha- 
bitude reviennent sur lest. Nul doute que ce ne soit, 
d'ici à peu d'années, l'objet d'un mouvement commer- 
cial considérable. L'administration, dans une sage pré- 
voyance, a fait insérer dans les actes de concession la 
clause de rigueur, que les minerais qui ne seront pas 
traités en Algérie, ne pourront être exportés qu'en 
France. 

SUBSTANCES NON MÉTALLIQUES. 

Sel gemme. — Le grand nombre et l'étendue des 
sebfjha ou marais salés, que l'on rencontre en Algérie, 
ne permettent pas de mettre en doute l'existence de 
vastes dépôts de sel gemme. 

A huit journées au sud de Médéah, on a observé 
une montagne gypseuse d'une lieue de tour, où le sel est 
mêlé à la i)icrre de plâtre, et qui renferme un banc de 
sel Irès-pur. 

Dans la province de Constantine, à trois lieues ouest 
d»' Milîili, dans la monrat;n(î de Ouled-Kt^bbab, les Ka- 
byles cxploilcnl des couches puissantes de sel gennne, 
()ar pelits puits de 15 à 20 mètres de profondeur; dans 



i>E l'ai.gé^mie. m 

certains de ces puits, la couche de sel gemme atteint 
8 à 10 mètres. 

Dans la province d'Oran, les salines d'Arzew, situées 
à 20 kilomètres de ce port, les meilleures de toute la 
côte, sont déjà célèbres: elles donneront lieu à des 
exportations considérables; nous en parlerons avec dé- 
tail. [Voir l'article spécial à cette localité.) (1) 

Nitre et soufre. — Les Kabyles savent lessiv(;r cer- 
taine terre dont ils retirent le nitre; à Sebdou, par 
exemple, 80 kilomètres au sud de Sétif, il se vend 
50 fr. l'hectolitre. 

Ces mêmes Kabyles connaissent et exploitent, aux 
environs des Portes-de-Fer, des alïleurements de sou- 
fre ; ils s'en servent pour la fabrication de la poudre. 

Quelques indices donneraient également à croire 
qu'il existe des gisements de soufre dans les monta- 
gnes entre]^ Cherchel et Miliana, particulièrement à 
un endroit appelé encore aujourd'hui sur les cartes 
Aqttœ calidœ, du nom d'une ancienne station romaine. 

Gypse, Calcaires, Marbres, etc. — Au fur et à me- 
sure que la population s'étend, que nos établissements 
se fondent et se développent, les besoins de toute na- 
ture qui se produisent simultanément, surtout ceux 
de nos constructions, nous obligent à chercher avec 



(1) Nous devons dire toutefois, que d'après des explorations ré- 
centes, des doutes se sont élevés dans l'esprit des in^'énieurs, sur la 
probabilité de l'opinion qui rallachail l'existence des salines d'Ar- 
zew à celle d'un banc de sel gemme, situé dans le voisinage. On sait, 
du reste, que les causes qui produisent par tout pays ces dépôts 
saline , ne son! pas bien connues. 



42 DESCRlPriOÎI SOMMA IRK 

soin les ressources que chaque localité nous offre ; 
et l'on a pu observer que nulle part , à l'exception 
des bois que l'on n'a pu se procurer que dans deux 
ou trois localités, et encore très-imparfaitement, ces 
matériaux n'avaient fait défaut à nos entreprises : on 
doit donc reconnaître que l'Algérie n'est pas moins bien 
traitée, à cet égard, que nos contrées européennes 
les mieux favorisées. 

Ainsi le gjpse (plâtre ordinaire) que l'on a d'abord 
tiré d'Espagne, de France, d'Italie, va certainement 
donner lieu à des exploitations très-importantes. On 
en a reconnu des gites considérables : 

Dans la province d'Alger, aux environs de l'Arba , 
dans la vallée de l'Harrach , dans les gorges de la Chiffa, 
près du Tombeau de la Chrétienne, aux environs de 
Cherchel , près de Teniet-cl-Had , aux environs de 
Ténès ; 

Dans la province de Constantine , près de Constan- 
tinc, dans le Hamma, sur le Mansourah et le Chet- 
taba, auprès de Mila, et sur la route de Biskara ; le plus 
beau gîte paraît être celui de Biskara; 

Dans la province d'Oran, à Mers-cl-Kebir, à Kristel, 
près d'Arzew-le-Port, dans la forôl de Mouleï-Ismaël; 
enfin dans le Dhara, entre Mostaganem et Orléansville; 
les grottes des Ouled-Uiah et des Sbeah célèl^res dans 
l'histoire de rinsuirection de \Ml), ne sont que de vrais 
labyrinthes^ creusés dans d'énormes masses de gypse. 

La chaux ordinaire, même la chaux hydraulique, se 
rencontre communément: à la porte d'Alger, les car- 
rières de Pah-el-Oned fouinissent tout ce(iui est néces- 
saire, MOU scnlcinciil |i()iii' les besoins de la ville et do 



i)t i/ai.uérie. 45 

ses environs , mais encore pour les travaux à la mer 
que l'on a déjà exécutés et pour ceux bien plus con- 
sidérables encore que l'on projette. Ténès, Bougie, les 
environs d'Oran ne sont pas moins bien partagés. 

Il en est de môme des argiles communes. Il n'est pas 
un point nouveau d'occupation, pas un village, pour 
ainsi dire, qui ne soit parvenu en très-peu de temps 
à installer son four à cbaux, sa briqueterie. Le temps 
ne pourra que développer ces intéressantes exploi- 
tations. 

La petite île de Rachgoun, à l'embouchure de la 
ïafna, contient un gîte de pouzolane, qui peut-être 
n'a pas été suffisamment exploré. 

La Numidie était célèbre par ses carrières de mar- 
bre; nous les avons retrouvées au cap de Garde et dans 
les environs de Philippeville : le marbre du piédestal 
qui supporte la statue du duc d'Orléans, à Alger, est 
fait avec du marbre provenant du cap de Garde. Quel- 
ques exploitations sont déjà ouvertes ; nous devons dire 
toutefois que l'emplacement des carrières qui fournis- 
scaint le fameux marbre numidiqiie, si recherché des 
Romains, est encore problématique : les uns placent 
ces carrières vers Sétif, les autres sur la route de 
Guelma à Tebessa. 

A Bougie, nos ingénieurs ont commencé à exploiter 
une pierre granitique, marbre dont on peut tirer un 
grand parti pour les soubassements d'édifices, etc. C'est 
cette pierre qui a servi à construire la fontaine placée 
à Alger dans la rue de la Marine, sous la grande mos- 
quée. 

Il existe également près de Gollo, et aux environs 



44 



DES<'lUPTIO:i «OMMAinE 



de Cheichel, des carrières de granit que les Romains 
ont exploitées. Plusieurs colonnes de la plus grande 
dimension , et qui ont été trouvées dans les fouilles 
de cette dernière ville, en provenaient. 

Nous ne pousserons pas plus loin cette nomencla- 
ture : chaque année elle ne pourra que s'enrichir et se 
préciser, par les travaux persévérants et les intelli- 
gentes études de nos ingénieurs; nous ajouterons aussi, 
par les recherches actives et incessantes des particu- 
liers. 

Nous venons de décrire, du moins dans son aspect 
le plus général, dans les circonstances les plus impor- 
tantes, le territoire algérien; parlons maintenant des 
populations qui l'habitent. 

POPULATIONS IINDIGÈNES. 

Tout le monde comprend sans peine combien il est, 
combien longtemps encore, il sera dilVuile de présen- 
ter une statistique exacte de ces populations, dissémi- 
nées sur une surface immense, formées çà et là en 
groupes inégaux et qui ne se connaissent pas bien eux- 
mêmes. N'ayant jamais eu affaire à un pouvoir central 
qui cherchât à les étudier et à les connaître (car les 
Turcs qui ont été, pendant trois cents ans, les maîtres 
de ce pays, ne l'ont jamais administré, ils n'ont fait 
que l'exploiter ) , ces populations échappaient néces- 
sairemcint à toute appié<ialion un \)vu rigoureuse. De 
là, des évaluations (pii variaient sans cesse et dans des 
proportions énormes : les uns portant le nombre des 
habitants de l'AlgcMie à six et niAiiie huit millions d'in- 
ilividns, c<Mpii Ma'ïI visiblement im]>ossible; les autres 



I>K \\UitMt.. 45 

le faisant descendre à deux millions et même au-des- 
sous. 

Un recensement rigoureux pouvait seul résoudre le 
problème, et donner le chiffre exact de ces popula- 
tions; mais, outre que nous étions loin d'occuper tout 
le pays, les préjugés musulmans, qui répugnent invin- 
ciblement à toute espèce de dénombrement, sont un 
obstacle sérieux que le temps seul pourra écarter. 
IK Quoi qu'il en soit, aussitôt que la pacification de 
^845 le permit, le Gouvernement, comprenant toute 
^l'importance de la question, prescrivit aux autorités 
"françaises en Algérie de diriger de ce côté leurs inves- 
tigations et leurs recherches. 

M. le colonel Daumas, directeur des affaires arabes, 
en fut spécialement chargé. Nous allons résumer en 
peu de mots les résultats qui ont pu être recueillis, et 
qui ont été publiés dans le Tableau de 1844—45. 

Province de Constanline. 

Subdivision de Bône H5,52-2\ 

L— de Gonstantine . . . 654,406 993,934 
— deSétif 226,206) 
Province d'Alger. 

Subdivision dAlger 218,308\ 

— de Miliana 84,745/ aq(\ iao 

— deMédéah 102,252 ^^^'^^^ 

— d'Orléansville . . . . 84,863) 



A REPORTEn. . . . 1,484,102 



^<) 1)ESCR1I»TI0.^ SOMMAIRK 

IIEPORÏ 1,184,102 

Province d'Or an. 

Subdivision d'Oran 50 250^ 

— de Mostaganem . . . 86,520 

— de Tlemcen 06,240 1 

— de Mascara 95,520> 477,030 

Tribus du Sahara, qui n'ont du 

être comprises dans aucune 
subdivision 178,500/ 

Mais on n'a pu comprendre, dans ce re- 
censement, plusieurs groupes de popula- 
tion qui n'étaient et ne sont même pas 
encore soumis. En voici le détail ; 

Province de Constantine. 

L'Ouannougha 20,000 

Les Heni-Abbcs 15,000 

Les Beni-Aïdels 10,000 

Le Sahel de Bougie 50,000] 

Partie du Sahe'l de Collo et do 

Djidjeli r>0,000[ 

L'Aurès de l'ouest 1 5,000 \ 550,000 

L'oasis de Souf 20,000[ 

L'oasis d'Ouargla 10,OOo| 

Province d'Ahjcr. 

La Kabylie du Djerdei-a 500,000 

L'oasis d'el-Ksour 10.000 

L'oasis de l'Oued-Msab /lOOOO 

Les Oulod-Nftil-Cheraga 50,000/ 



A ItEPOUTEU. 



2,511,152 



l>£ LALr.ÉlUE. 47 

REPORT 2,511,15-2 

D'un autre côté, nous connaissons, et 
d'une manière exacte, le chiffre des popu- 
lations indigènes qui habitent nos villes . 
soit du littoral, soit de l'intérieur. Voici ce 
chiffre : 

Province d'Alger 54,655) 

— de Constantine 20,649 [ 68,459 

— d'Oran 15.157) 

Enfin , nous ajouterons la population 
israélite, répartie dans ces mêmes villes, et 

qui est de (1) : 

Province d'Alger 7,145] 

— de Constantine .... 4,260 [ 18,926 

— d'Oran 7,515) 

Xïnn le chiffre total des populations in- 
digènes, existant aujourd'hui en Algérie,—! 

peut être évalué à 2,598,517 

Que si maintenant, cherchant à connaître la densité 
moyennede cette population, nous comparons les chif- 
fres qui viennent d'être énoncés avec l'étendue qui a 
été assignée à l'Algérie (soit environ 570,000 kilomè- 
tres), nous trouvons que la population moyenne de 



(t) Dans ces derniers temps , on a acquis la ccrlitude qu'il existait 
au sein de la population kabyle , des familles juives , et qui se recon- 
naissent comme telles : le nombre n*a pu en être fixé. 



i8 DESCUIPIION SOMMAI Kfi 

r Algérie est d'environ six. habitants par kilomètre (1), 
c'est-à-dire, le 10® environ de la population moyenne 
de la France, qui est de 64 individus par kilomètre. 

Mais la division de ces populations par localités ou 
par provinces, leur répartition plus ou moins égale 
sur la surface du territoire, ne sont pas les seuls élé- 
ments à considérer : la distinction des races mérite une 
égale attention. 

Ces races, en Algérie, peuvent se réduire à deux, 
bien connues aujourd'hui de toutle monde : la race arabe 
et la race kabyle; caries Maures, habitants des villes, 
les coulouglis (fils de Turcs et de femmes mauresques 
ou arabes), qui se trouvent tlans les villes et dans les 
campagnes; les Israélites, dont il vient d'être question; 
les Mzabites, confinés dans l'oasis desBcni-Mzab,sur 
la frontière du Désert, forment des groupes peu nom- 
breux , et il suffît de les indiquer. Quant à la popula- 
tion européenne* qui est venue s'implanter en Algérie 
à la suite de la concpiête, de quelque importance que 
soit le fait même de son établissement, elle y est fixée 
depuis trop peu de temps, pour que l'on puisse la con- 
sidérer comme une race propre à ce pays. 

M. le général de Lamoricière, dans un discours pro- 
noncé pendant la dernière session, à la chambre des 
députés, évaluait ainsi la force respective des deux 
races : 

Kabyles 800,000 individus. 

Arabes 2,000,000 id. 

(i) Dans VAllnidc l'Algérie, drjà cité , M. Carollo poile ce clnflVe 
û 7,67 individu» par kiluiiiirtre carré. 



DE L ALGÉRIE 49 

Sur lesquels 1,200,000 environ habitent le Tell, 
7 à 800,000 les zones sahariennes, ou autrement le 
Petit-Désert. Cette évaluation, qui se rapporte îi celle 
donnée plus haut aux populations prises en masse, pa- 
raît devoir être adoptée. 

OBSERVATIONS HISTORIQUES SUR LES POPULATIONS 
INDIGÈNES. 

Il nous reste bien desproblèmes historiques à étudier 
et à résoudre en Algérie; que Ton nous permette, à ce 
sujet, quelques courtes réflexions sur le caractère parti- 
cuHer qui doit être assigné à ces populations que nous 
venons de nommer. 

L'opinion commune fait descendre les Kabyles des 
anciens Berbères, qui seraient véritablement la race 
autochtone du nord de l'Afrique. 

Cantonnés dans leurs montagnes inaccessibles, ces 
Berbères avaient résisté aux Carthaginois : la domina- 
tion romaine les contint, les dompta même, mais ne les 
changea point. Il se lièrent d'intérêt avec les colonies 
qui s'étaient établies en grand nombre, soit sur le lit- 
toral, soit dans l'intéiieur, au débouché des routes 
principales , comme ils ont fait avec les Turcs pendant 
les trois siècles qu'a duré leur pouvoir en Algérie; 
comme nous les voyons faire aujourd'hui : tout porte 
à croire que cela n'allait guère plus loin. 

Cette partie de l'histoire de l'ancienne Afrique est 
très-confuse; mais ce qui n'est point douteux , c'est qu'a- 
près les longues guerres des Romains, soit avec les Car- 
thaginois, soit avec les roisdeNumidieetde Mauritanie; 

4 



riO BESCRIPTION SOMMAinE 

même après la formation de ces provinces dont l'histoire 
nous a conservé les noms (1 ), au milieu des stations mili- 
taires qui enlaçaient de toutes parts le pays, au milieu 
des municipes opulents et nombreux qui en couvraient 
la surface, les races indigènes ont toujours conservé, 
avec leur forte organisation, leur haine contre leurs con- 
quérants et contre ceux qui s'étaient assimilés à eux. De 
telle sorte que, lorsque l'heure de la chute de Rome 
eût sonné, elles se trouvèrent debout et toutes prêtes 
pour se joindre aux Vandales, qui vinrent ravager celte 
partie de l'empire (2). 

La domination des Vandales dura 70 ans; elle ne 
laissa dans le pays d'autres traces que des traces de 
destruction. Les Vandales , successivement attaqués 
et détruits, soit par Bélisaire et les généraux grecs 
envoyés de Constantinople, soit par les conquérants 
arabes , disparurent comme nation. Il est à croire , tou- 
tefois , qu'ils se fondirent comme individus dans les 



(1) Province procoasulaire , Numidic, Mauritanie Sitifienne, Cœ- 
earienne, Tingilane. 

(2) Il y a une inscription trouvée à Cherchel, et qui explique très- 
clairement cette position. C'est un monument érigé en l'honneur 
d'un chef de la colonie, et pour avoir ramené son hutin et ses trou- 
pes, sans perdre un seul homme, et ayant r..vagé les Barbares d'au- 
delà les étangs. — Uarbaris Irarisslayncusihus dirulis. Quels pouvaient 
élre, eu égard A la position de l'ancienne Jnliw Cœsarta (Cherchel au- 
jourd'hui), ces HurharidansiliuptruscSts'i ce n'élaient les montagnards 
d'au-delà de la Metidja, (|ui très-probablement alors n'était qu'une 
série de lacs et d'étangs? l'inscription remonte à Dioclélien. Kl cela 
ne démonlre-t-il pas pas, que même à cette époque, encore floris- 
ftanle |)our l'empire , les colonies africaincâ avaient leurs Barbares 
a leur» portes'/ 



familles des anciens habitants du pays; du moins, c'est 
ainsi que l'on trouve çà et là, chez quelques individus 
appartenant aux tribus kabyles, des signes très -recon- 
naissables du type germanique, et dont il serait diffi- 
cile d'expliquer autrement l'origine. 

Quant à l'invasion arabe, elle dut inévitablement 
changer la face du pays. Ce fut vers l'année 670 de 
l'ère chrétienne (48 de l'hégire) que les Arabes, sous 
la conduite d'Okba-ben-Nafe , lieutenant du kalife Os- 
man , se répandirent dans le nord de l'Afrique, après 
avoi • envahi la Haute-Egypte et les contrées qui for- 
ment aujourd'hui les régences de Tripoli et de Tunis. 
Les Berbères adoptèrent très-promptement , et sans 
doute très-facilement, l'islamisme : toute difficulté cessa 
donc de ce côté avec les Arabes; mais les deux races 
ne se confondirent pas, et il se fit dès lors entre elles 
un partage qui s'explique aisément. Les habitants des 
montagnes conservèrent leurs positions et leur antique 
indépendance, qui devint plus farouche et plus absolue; 
dans les plaines, au contraire, dans celles qui appar- 
tiennent à la zone du littoral , mais surtout dans celles 
qui forment la zone saharienne, la race arabe dut 
prévaloir et s'assimiler les anciennes populations qui 
habitaient ces zones, avec d'autant plus de facihté , 
qu'il existait entre les unes et les autres de grandes 
analogies, en raison de la ressemblance du climat et 
des habitudes. La langue arabe, propagée à l'aide du 
Koran , devint le lien commun de tous ces peuples. 
Encore bien que dans la Kabylie de Cougie, dans 
rOuarenccnis , dans le Dahra , il se soit conservé , ou 
plutôt formé , un ou plusieurs idiomes particuliers. 



,)2 DESCniPÏION SOMMAllU: 

les tribus qui les parlent ne se servent, pour les écrire , 
({uedes caractères arabes (1). 

On comprend que les Turcs n'aient rien changé h 
cette situation ; car les Turcs n'étaient que campés en 
Algérie, comme ils n'étaient que campés en Grèce, en 
Egypte , etc. Par la ruse, par la violence, et tous les au- 
tres moyens familiers à la politique de l'Orient, ils parve- 
naient tant bien que mal à dominer, à contenir, surtout 
à exploiter les Arabes; mais quant aux Kabyles , ils les 
respectaient. Bougie, d'après ce qu'écrivait le docteur 
Shaw, il y a un siècle, était bloqué, comme nous l'avons 
vu depuis notre prise de possession , en 1 855 ; les garni- 
sons turques qui allaient relever celle de Constanline , 
payaient un tribut , une sorte de rançon, au passage 
des Bibans. Tout cela est bien connu aujourd'hui. 

Telle était donc, au temps des Turcs, la situation, à 
l'extérieur, des populations kabyles, surtout de celles 
qui forment ce qu'on a appelé la Grande Kabylie. Leur 
organisation intérieure n'est pas encore bien connue ; on 
sait seulement que c'est une démocratie poussée à ses 
dernières limites, ou plutôt le principe de l'individua- 
lisme poussé à ses dernières conséquences; au fur et à 
mesure que notre domination s'étendra et deviendra plus 
solide, nous connaîtrons mieux ces peuples qui,m;dgré 
leur sauvagerie;, paraissent très-susceptibles d'être ap- 
pelés à la civilisation; car ils ont des demeures fixes , 
se livrent volontiers aux arts mécani(iues, à divers 



[i] Oïl .1 put>!i«M]n (liclionnairp (II* I.uimio boii>i>re ; il csl (tù i 
M. IlroHM'Ianl qui s'csl livre, di'pui» iihisicurs années, à ces inh^- 
r(w^all((M recherchct) , avec un zèle aussi persévérant qac judicieux. 



DE L ALGclUIIii. 50 

piocéUcs (Je fabrication qu'ils ont su perfectionner. Us 
ne paraissent pas non plus être des musulmans bien 
fanatiques. Les appels à la guerre sainte qu'Abd-el- 
Kaderleur a faits si souvent, et qui remuaient si pro- 
fondément les plaines et les vallées de l'Algérie, n'ont 
trouvé chez eux aucun crédit. Ce qu'ils veulent, ca 
qu'ils défendent avant tout, c'est leur liberté, ce sont 
leurs montagnes; la tribu que l'on attaque, ou dont 
on traverse le territoire, se défend; elle se retire du 
combat aussitôt que nous pénétrons sur le territoire 
de la tribu voisine, qui en fait autant à son tour (1). 

Les populations arabes nous présentent des dispo- 
sitions toutes contraires ; le sentiment , ou plutôt le 
fanatisme religieux est, chez elles, développé au plus 
haut degré; la noblesse de race, d'origine, est tout 
pour elles; partout, dans l'est comme au centre, comme 
à l'ouest, nous avons trouvé une aristocratie forte- 
ment constituée; les noms de plusieurs familles, des 
Ben-Gannah, des Mokrani, des Sidi M'Bareck, des 
Barkani, etc., figurent depuis long-temps dans l'hisloiro 
du pays; ils se mêlent aujourd'hui à la nôtre; et s'il 
faut dire la vérité, c'est en général avec la coopéra- 
tion des représentanls de ces familles, institués par 
nous comme aghas , comme kalifas, comme kakis, 
que la tranquilité du pays est maintenue en ce mo- 
ment. 

(I) Un ouvrage que vieniieiil de publier MM. Dauraas et Fabar , 
sous le litre de: Éludes historiques sur la Gi'ande Kabylic, donnera Jes 
nolions très-intéressanles sur lout ce qui a rapport aux Kabyles et 
au pays qu'ils habitent. Un vol. grand in-8" : prix, br., 7 fr, 50 c. , 
à la librairie centrale de la Méditerranée, rue de la Marine, n° 117, 
à Alger. 



54 DESCniPTIOW SOMMAIRE 

L'origine de ces familles et de leiu* prépondérance 
se rattache ordinairement au souvenir de quelque 
saint personnage, de quelque marabout révéré, au- 
quel la piété des siècles passés a élevé un tombeau, 
devenu l'objet delà vénération publique, et sur lequel 
se transmettent d'âge en âge, des traditions, des 
légendes merveilleuses, que les Arabes accueillent et 
se racontent avec une inépuisable crédulité. 

Nous avons dit que les Kabyles étaient industrieux , 
qu'ils se livraient volontiers aux professions mécani- 
ques. Les Arabes, au contraire, ont pour ces mêmes 
objets une aversion invincible ; ils sont laboureurs , 
volontiers traficants, pasteurs surtout et guerriers; 
mais guerriers sans discipline, sans constance, sans 
véritable courage. Depuis 1850, toutes les afl'aires 
meurtrières que nous avons eues ont eu lieu avec 
les Kabyles: contre un rassemblement arabe, on mar- 
che avec ce qu'on a sous la main ; pour attaquer 
des positions kabyles, on manœuvre avec régularité: 
ces différences sont familières à ceux de nos officiers 
qui ont fait long-temps la guerre d'Afrique. 

Enfin, tandis que les po[)ulations kabyles on't des 
habitations fixes , se forment et se grodpent par villa- 
ges, par gros bourgs, la isoMAnrrÉ des Arabes est 
devenue proverbiale. Disons toutefois, en ce qui con- 
cerne l'Algérie du moins , que l'observation attentive 
de ce i)ays, la nécessité de le bien connaître ]K)ur 
pouvoir le gouverner (1) , ont coinnicnc^é à nous nicltrc 

(Ij Voir 1.1 circulaire du (lOUVcrinMir-^icruMiil , en <i;iU> du 24 
avril IKiO, rclalivc aux a[)|>rovisionncinciilsque les(ril)usdu Sahara 
Mnl aulorlHëcB à venir faire dans le Tell. 



DE L ALGÉRIE. 55 

au fait des lois assez singulières que suit cette noma- 
dité; voici ce qu'ont écrit à ce sujet MM. Carette et 
Warnier, dans leur Description déjà citée: 

« 11 n'existe pas en Algérie de tribus errantes dans 
le sens absolu de ce mot; les tribus les plus mobiles 
obéissent, dans leurs mouvements, à certaines lois 
qui limitent d'une manière presque invariable le champ 
de l'habitation , de la culture et le parcours. 

Ces lois résultent elles-mêmes de la nature du cli- 
mat et du sol , de l'extrême régularité qui préside au 
retour des saisons, de l'extrême inégalité qui préside 
au partage des eaux. 

Pendant une moitié de l'année, l'Algérie ressemble 
à une vaste pelouse verte et arrosée. 

Pendant l'autre moitié, elle se partage en deux 
larges bandes verdoyantes et en deux larges bandes 
jaunes et arides. 

Les deux premières sont le massif méditerranéen 
et le massif intérieur; les deux autres sont la zone 
des landes et celle des oasis. 

Pendant les six mois de verdure, les tribus des oasis 
se répandent avec leurs troupeaux dans les landes 
limitrophes. Les tribus des pentes méridionales du 
massif méditerranéen descendent dans la partie sep- 
tentrionale de la zone des landes. Les tribus du massif 
intérieur descendent, les unes dans la partie méri- 
dionale de la zone des landes , les autres dans la partie 
septentrionale de la zone des oasis. 

Pendant les six mois de sécheresse, les tribus du 
massif méditerranéen et du massif intérieur regagnent 
leurs montagnes. Les tribus des oasis exécutent leur 



56 DESCRIPTION SOMMAIRE 

mouvement de migration lointaine. Elles abandonnent 
la zone des oasis, et vont chercher, dans les hautes 
plaines du massif méditerranéen, de l'eau, des blés 
et des pâturages. 

Pendant la première période, la population de 
rAlgérie se disperse sur toute sa surface. 

Pendant la seconde période, elle se concentre dans 
les deux massifs montueux et dans les terres culti- 
vables des oasis. 

Parmi toutes les tribus soumises à des déplacements 
considérables, il n'en est aucune qui soit sans patrie; 
chacune à sa patrie d'hiver et sa patrie d'été. Elles 
obéissent à un mouvement régulier d'oscillation qui , 
aux mêmes époques, les ramène sur les mômes points. 
Toutefois, l'étendue de l'oscillation les partage en 
deux classes distinctes : 

Pour les unes, la patrie d'été et la patrie d'hiver 
sont séparées par de vastes espaces: ce sont les tribus 
nomades. 

Pour les autres, la patrie d'hiver et la patrie d'été 
sont contiguës: ce sont les tribus mixtes. 

La plus grande partie des tribus comprises dans la 
zone des oasis appartiennent à la première classe. 

La plus grande partie des tribus comprises, soit 
dans les parties méridionales du massif méditerranéen, 
soit dans le massif intérieur, a})partiennent à la 
seconde. » 

POPILATION ELUOPÉEISNE. 

Mais c'est assez nous occuper des populations indi- 
gènes; parlons maintenant de la population curopéeniKî 



DK l'algéuie. 57 

qui est venue s'ôtablir clans ce pays, après la conquête 
de 1850, et qui est destinée, sinon à les remplacer, 
du moins à les gouverner, et dans un temps donné, 
à les modifier les unes et les autres. 

Cette population s'est d'abord formée d'un faible 
novau de fournisseurs, de marcbands, d'ouvriers, 
qu'une armée traîne toujours à sa suite. 

Puis, l'initiative intelligente et vigoureuse qu'avait 
prise le maréchal Clauzel, lors de sa première adminis- 
tration , ayant donné plus de consistance à l'établisse- 
ment déjà commencé, et l'opinion en France s'étant 
énergiquement prononcée pour la conservation de 
l'Algérie, cette population augmenta rapidement ; elle 
comptait dès-lors à sa tète des personnes honorables, 
et elle prit, par son activité et son courage, une in- 
fluence que sa force numérique ne pouvait lui donner. 
Depuis cette époque la progression fut toujours ascen- 
dante : le tableau qui va suivre résumera ce mouvement, 
mieux que tout ce que l'on pourrait dire : 

51 décembre 1850. G02 Européens. 

— 1851 5,228 — 

— 1852 4,858 — 

— 1855 7,812 — 

— 1854 9,750 — 

-^ 1855. 11,221 — 

— 1856 14,571 — 

— 1857 16,770 — 

C'est le chiffre indiqué par le recensement qui eut 
lieu dans les derniers jours de 1857. A partir de cette 
époque, cette population répandue dans les différentes 



58 DESCRIPTION SOMMAIRE 

places du littoral, avait une base; aussi la vit-on 
s'accroître rapidement. Ainsi elle comptait: 

au 1er janvier 1840 25,025 individus. 

au l^"- janvier 1844 59,186 — 

au 1er janvier 1846 95,521 — 

D'après les derniers documents publiés par l'admi- 
ministratio ^ centrale, le chiffre de cette population 
était, au 50 juin 1847, de 112,924 habitants, ainsi ré- 
partis entre les trois provinces ; 

Province d'Alger 71,764 

Province d'Oran 27,514 

Province de Constantine . . . 15,046 

Total égal 112,924 

On doit bien s'attendre qu'une population ainsi ras- 
semblée, à des époques et sous l'influence de tant de 
causes diverses, ne saurait présenter une composition 
parfaitement homogène: aussi a-t-on toujours le soin , 
dans les tableaux périodiquement publiés , de distin- 
guer les diverses nationalités qui ont concouru à la for- 
mer. Voici les résultats olîiciellement constatés au 50 
juin 1847 : 

Français 50,520 

Ksj)agnols 55,222 

Italiens 8,il5 

Allemands (i,040 

Suisses 5,257 

Anglo-.Mallais 8,908 



DE l'aLGÉKIK. 59 

Anglais 522 

Irlandais 140 

Anglo-Espagnols ( de Gibraltar ) . . 968 

Portugais 255 

Polonais 594 

Hollandais et Belges 586 

Russes 77 

Grecs 59 

Autres nations 85 



Ensemble .... il 2,924 individ. 

Il résulte de ce tableau que l'élément français ncn- 
tre pas tout-à-fait pour moitié dans la composition to- 
tale de la population européenne : on doit souhaiter 
qu'il n'en soit pas toujours ainsi , et que la nationalité 
française prédomine dans une colonie toute française. 

On a déjà eu plus d'une fois l'occasion de remar- 
quer que ce résultat s'obtenait de lui-même, dans 
les centres de population que l'administration for- 
mait directement ; et cela se conçoit. Nos populations 
agricoles, celles que nous devons surtout chercher à 
attirer en Algérie, ne fourniront une émigration un 
peu importante, qu'autant que nous donnerons à nos 
laboureurs toute facilité pour devenir propriétaires; 
ils ne se dérangeront pas pour être journaliers ou 
domestiques, c'est-à-dire pour ne retrouver dans la 
colonie que la position qu'ils avaient en France. 

C'est là un des motifs principaux qui recomman- 
dent la nécessité de la colonisation directe, entreprise 
par le gouvornemcnt, et dans de larges proportions. 



GO l)ESCUU»TIO?i SOMMAIRE 

Cette population européenne a déjà donné lieu à 
d'autres observations qu'il importe de ne pas négliger : 
ce sont celles qui ont rapport au mouvement annuel 
des décès, des mariages et des naissances; elles résol- 
vent delà manière la plus avantageuse, pour l'Algérie, 
ce qu'on pourrait appeler la question d'acclimatation. 
Voici les résultats officiellement constatés aujourd'hui 
dans les principales localités : 

Alger 5 04/100 décès sur 100 habitants. 

Bouff'arik .... 4 04/100 — — 

Blidah 6 62/100 — — 

Bône 2 82/100 — - 

Philippeville, y compris 

la banlieue. . 5 55/100 — — 

Cran 4 15/100 — — 

Mostaganem. . . 5 70/100 — — 

On peut apprécier exactement ces divers résultats 
en les comparant à la mortalité moyenne de Paris , 
qui, en 1842, a été de 5 28/100 décès sur 100 habi- 
tants. 

Les villes de l'intérieur présenteraient des circonstan- 
ces encore plus i'avorables; ainsi, en 1 845, on a compté : 

àMédéah .... 1 60/100 décès sur 100 habitants. 

àMiliana. . . . 2 56/100 — — 

à Sélif. 1 (>6/100 — — 

à Mascara. ... 2 81/100 — 

à Tlcmcen ... 1 H]/U)i) — — 

Enfin l'expérience a démontré (|ne partout où une 
p(»pidali()M se lonuc, l:i niorlîilih' , (jiii est [>res(pi(r 



DE L'ALGÉIUE. 61 

toujours considérable au début, décroît rapidement, 
et rentre, au bout de quelques années d'installation, 
dans la proportion ordinaire; c'est ce qu'on a vu à 
Bône , à BoufïiU'ik, et sur beaucoup d'autres points. 

Les calculs établis sur les naissances donnent des 
résultats analogues, et qui supposent une population 
placée dans des conditions normales, puisque l'on 
trouve un nombre moyen de 5, 22 naissances pour iOO 
babitants, et qu'en France la proportion moyenne est 
d'une naissance pour 55, 2 babitants. 

Nous avons la ferme confiance que les observations 
des années qui vont suivre ne pourront que constater 
de nouvelles améliorations dans les résultats déjà con- 
nus, et qui nous ont paru mériter d'être placés dès à 
présent sous les yeux du public. 



CHAPITRE II. 



€!o9*ver»te»»%ent, — Aantinisiraiian fféttértêfe. 



CONQUÊTE. 



Le 5 juillet ltS7>0, la convention, qui réglait les 
conditions de la capitulation d'Alger, fut signée par le 
maréchal Bourmont et le dey Hussein-Pacha; elle fut 
immédiatement mise à exécution. Elle était conçue en 
ces termes (1) : 

« Le fort de la Casbah, tous les autres forts qui dé- 
pendcntd'Alger et le port decette ville seront remis aux 
troupes françaises, ce matin, à dix heures (heure fran- 
çaise). 

> Le général en chef de l'armée française s'engage 



(1) Bion'quc coUp rapiltilalion ne puisse nssnrérticnl <>lrc ranpéo 
parmi les acU's du K«)UVornem«MJt d'Alf^or, il nous a paru ulilo tic 
plaror au (h'l)ul de ce! Amuuiircif' «locumonl ollkiel, l'un des {mi\- 
cipaux tiiuiititiicnlti du l'Iiisloiru du pays. 



AI)MINkSTI\ATION GÉNÉRALE. ()^ 

envers son altesse le dey d'Alger à lui laisser sa liberté 
et la possession de toutes ses richesses personnelles. 

» Le dey sera libre de se retirer avec sa famille et 
ses richesses particulières dans le lieu qu'il fixera; et, 
tant qu'il restera à Alger, il y sera, lui et sa famille, 
sous la protection du général-en-chef et de Tarmée 
française. Une garde garantira la sûreté de sa personne 
et celle de sa famille. — Le général-en-chef assure à 
tous les soldats de la milice les mômes avantages et la 
même protection. 

j> L'exercice de la religion musulmane restera libre. 
La liberté des habitants de toutes les classes, leur reli- 
gion, leurs propriétés, leur commerce et leur industrie 
ne recevront aucune atteinte. Leurs femmes seront 
respectées. — Le général-en-chef en prend l'engage- 
ment sur l'honneur. 

« L'échange de cette convention sera fait avant dix 
heures, ce matin, et les troupes françaises entreront 
aussitôt après dans la Casbah, et successivement dans 
tous les forts de la ville et de la marine. 

» Au camp devant Alger, le 5 juillet 1850. 

> Hussein Pacua. Comte de Bourmont.» 

Le lendemain, G juillet, un arrêté du général-en- 
chef institua une commission de gouvernement, chargée 
de pourvoir aux besoins du moment, et de proposer, 
pour la suite, un système d'organisation. Cette com- 
mission était composée de l'intendant en chef de l'ar- 
mée, président; d'un maréchal-de-camp; du payeur- 
général; d'un lieutenant-général de police; du consul 
de France et d'un secrétaire. 



()4 GOL'VER?iEMENT. 

Deux mois après, la commission fut remplacée par 
un Comité de gouvernement, composé de trois mem- 
bres, l'un pour la justice, l'autre pour l'intérieur, le 
troisième pour les finances, et présidé par l'intendant 
de l'armée , qui prit le titre d'Intendant du royaume 
d'Alger. 

Malheureusement, cette commission , non plus que 
le comité qui l'avait précédée ne songèrent à maintenir, 
provisoirement au moins , l'organisation politique que 
l'on trouvait établie aux mains des Turcs, et qui leur 
avait si bien réussi depuis trois siècles : on s'empressa 
même de les bannir (1) ; ce fut une faute grave, on l'a 
souvent regrettée. 

PREMIÈRE ORGANISATION ADMINISTRATIVE. 



Au mois de décembre 1851, M. Casimir Périer étant 
ministre, il fut rendu une ordonnance royale que l'on 
])eut considérer comme la base de tous les systèmes 
d'organisation qui ont été essayés depuis cette époque. 
Cette ordonnance déclarait « que s'il avait été néces- 
> saire , dans les premiers temps qui avaient suivi 
» l'occupation du pays d'Alger, de laisser réunis dans 



(1] CcUe expulsion des Turcs n'a jamais été bien expliquée; au- 
cun acte ofllcicl n'a 616 publié ;i ccl opard. La nirsure prise, sur un 
ordre de l'élal-major, fui mise à exécution sans délai. Trois «>u qua- 
tre mille Turcs, olllciers , Janissaires , etc. , parlironl ainsi, et fu- 
rent mis ù bord des bAlimenls de commerce, qui avaient été noiiséb 
pour l'armée. Par un jeu de la fortune , leur vainqueur , M. le Maré- 
chal comte de Dourmont , (|tiitla presque en même temps Alger, par 
la même voie 



ADMIIMSTIUTION GÉNÉRALE. 65 

» une seule main les pouvoirs civils et militaires, il 
» importait maintenant au bien-être de l'établissement 
^ que les pouvoirs fussent séparés, afin que la justice 
B et l'administration civiles pussent prendre une mar- 
3) cbe régulière. » En conséquence, la direction et la 
surveillance de tous les services civils en Alger, même 
de celui de la justice, furent confiées à un intendant 
civil, placé sous les ordres immédiats du président du 
conseil des ministres. 

Peu de mois après, une modification importante fut 
faite à cette ordonnance : l'Algérie cessa d'être une 
dépendance de la présidence du conseil, et fut ratta- 
cbée au ministère de la guerre, qui l'a toujours con- 
servée depuis. 

A cette époque, ainsi qu'on peut le voir, dans le 
Bulletin des actes officiels y le commandant militaire et 
l'intendant civil se partageaient l'autorité. Cet état de 
choses dura jusqu'à la promulgation de l'ordonnance 
du 22 juillet 1854. , 

NOUVELLE ORGANISATION. — INSTITUTION d'uN GOUVER- 
NEUR-GÉNÉRAL. 

Aux termes de cette ordonnance, le commande- 
ment général et la haute administration des possessions 
françaises dans le nord de l'Afrique furent confiés à 
un gouverneur-général , sous les ordres du ministre de 
la guerre. Ce gouverneur-général avait auprès de lui : 
un offîcier-général commandant les troupes, un in- 
tendant civil, un offîcier-général, commandant la ma- 
rine, un procureur-général, un intendant militaire, 



un directeur des finances ; ces différents fonctionnaires 
et ofïîciers formaient en outre le conseil supérieur d'ad- 
ministration, qui subsiste depuis cette époque, et qui 
a exercé une influence considérable sur les affaires 
de l'Algérie. 

Enfin, d'après cette ordonnance, et avec l'assenti- 
ment tacite des chambres légçislatives , les possessions 
françaises du nord de V Afrique (1), comme on les ap- 
pelait alors, étaient placées sous le régime des ordon- 
nances royales; le gouverneur-général étant, du reste, 
investi de pouvoirs extraordinaires, pour les cas d'ur- 
gence et pour les circonstances exceptionnelles. 

Voici maintenant la succession des arrêtés et ordon- 
nances qui ont paru depuis cette époque, mais qui 
toutes ont eu pour base l'institution d'un gouverneur- 
général, placé sous les ordres immédiats du ministre 
de la guerre, et celle d'un conseil supérieur d'admi- 
nistration. 

Arrêté ministériel du !«' aotit 1836. — Il modifie les 
attributions du gouverneur-géniral et établit un inten- 
dant civil qui centralise et dirige tous les services civils. 

Ordonnance royale du 5/ octobre I80S. — Elle 
su[)prime l'intendant civil, et établit une direction de 
l'intérieur à Alger, et deux sous-directions, l'une à 
Grau, l'autre à HAne. La direction des finances forme 
de nouveau une administration séparée, et tout-à-fait 
indépendante. Il faut rendn^ à celte instilnlion la jus- 



(i) C'est en 1838, que la dénominalion iVAlgént' a ôl6 adoplée 
par uiio décision du minislrn do la guerre, el qu'elle a («(mmcncé 
à prévaloir dnn» l'usage, el A Mrc employée dans les «des publics. 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 67 

tice qui lui est due. C'est au moyen de la centralisa- 
tion , opérée par la direction des finances, que les 
services financiers ont pu être organisés. Elle jouit 
aussi de cet avantage que , tandis que les autres fonc- 
tions changèrent si souvent de titulaire, celles de di- 
recteur de finances restèrent, pendant plus de douze 
années, dans les mêmes mains, celles de M. Blondel. 

Ordonnance royale du 15 avril 1845, portant orga- 
nisation de r administration générale et des provinces en 
Algérie. — Tel est le titre sous lequel cette ordonnance 
fut publiée; en voici les dispositions principales: 

L'Algérie continue à être placée sous le régime des 
ordonnances , et dans les attributions du ministre de 
la guerre. 

Elle est divisée en trois provinces : Alger, Oran , 
Constantine. Chaque province se subdivise, soit en ar- 
rondissements, cercles et communes; soit en khalifats, 
aghaliks , kaïdats. 

L'ordonnance reconnaît aussi des territoires civils, 
des territoires mixtes, des territoires arabes. 

Les territoires civils sont régis par le droit commun , 
tel que la législation spéciale le constitue. L'adminis- 
tration y est civile; les Européens sont libres d'y former 
des établissements de toute nature, d'y acquérir et d'y 
vendre des immeubles. 

Dans les territoires mixtes, les autorités militaires 
remplissent les fonctions administratives, civiles et ju- 
diciaires. Les ventes et acquisitions d'immeubles ne 
peuvent avoir lieu que dans les limites déterminées 
par le ministre de la guerre. 

Les territoires arabes sont administrés militaire- 



(Î8 r.OUVERNBMElNT. 

ment. Les Européens ne peuvent s'y établir qu'en 
vertu d'autorisations spéciales et personnelles (1). 

Après avoir ainsi établi la division du territoire, 
d'après des bases qui subsistent toujours , la même 
ordonnance a constitué de la manière suivante le com- 
mandement-général et la haute administration de l'Al- 
gérie : 

« Le commandemement-général et la haute admi- 
nistration sont confiés à un gouverneur-général, in- 
vesti, à cet effet, des pouvoirs civils et militaires. 

Le gouverneur-général est nommé par le roi. Il 
exerce ses attributions sous les 'ordres directs du mi- 
nistre de la guerre, par l'intermédiaire des autorités 
civiles, judiciaires et militaires. » 

Il serait hors de propos, dans cet Annuaire^ de rap- 
porter en détail toutes les attributions conférées au 
gouverneur-général ; citons seulement les plus impor- 
tantes. 

Ainsi , « outre que le gouverneur-général a sous ses 
ordres immédiats les troupes de toutes armes, fran- 
çaises, étrangèresctindigènes, régulières et irrégulières, 
employées en Algérie, il est chargé de la défense in- 
térieure et extérieure; il prend toutes les mesures né- 
cessaires pour faire resj)ect(rr les frontières, maintenir 
l'autorité de la France, conserver l'ordre et la paix 
entre les tribus, assurer la liberté des comnumications 



(I) L'arliclc spécial à chaque localilè indiquera celle des lroi« 
calégoricft ri-dessus in(li(|uécs à laquelle elle •'ipparlieiil ; nous 
ferons toulcfois observer que les Icrriloires civils ont él6 seuls déli- 
mités d'une mauiéro ofTIciclle. 



I 



ADMINISTRATIO?! GÉn^:UALE. G9 

et la sécurité publique. 11 pourvoit directement aux 
mesures de haute police, à l'égard des personnes dont 
la présence serait reconnue dangereuse pour l'ordre et 
la sécurité publique. » (Ces mesures .toutefois, ne doi- 
vent s'entendre que du refus d'admission en Algérie, 
et de l'exclusion à temps d'une ou de plusieurs lo- 
calités, ou de l'Algérie.) 

Il fait promulguer les ordonnances et autres actes 
du gouvernement. Enfin , l'ordonnance royale du 
1" avril 1842, qui veut qu'aucune exécution à mort 
ne puisse avoir lieu en Algérie qu'après qu'il en aura 
été rendu compte au roi, et que S. M. aura décidé de 
laisser un libre cours à la justice , laisse cependant, et 
dans le cas d'urgence extrême, au gouverneur-général, 
la faculté d'ordonner l'exécution, à la charge d'en ren- 
dre compte immédiatement au ministre de la guerre. 

Les pouvoirs ou fonctionnaires, institués près du 
gouverneur-général, étaient, selon l'ordonnance, du 
i 5 avril : 

Un directeur général des affaires civiles; 

Des directeurs , chefs des services administratifs , 
ainsi désignés : le procureur-général, le directeur de 
l'intérieur et de la colonisation, le directeur des tra- 
vaux publics (1), le directeur des finances et du com- 
merce, le directeur central des affaires arabes; 

Un conseil supérieur d'administration; 

Un conseil du contentieux. 



(1) La direction des travaux publics n'a été créée que par une 
ordonnance du 22 avril 1846; elle ne formait qu'un démembre- 
ment de la direction de l'intérieur. 



70 



COUVERNEMEIST. 



ORDO?<NANCE DU 1" SEPTEMBRE i847. DIVISION PAR 

PROVINCES. 

L'ordonnance du 1"" septembre 1847 a apporté des 
modifiations importantes à cette organisation. Nous 
allons, en les indiquant, exposer l'ensemble des in- 
stitutions administratives qui régissent actuellement 
l'Algérie. 

Le pouvoir du gouverneur-général est resté tel qu'il 
était, d'après l'ordonnance du lo avril. 

Le conseil supérieur d'administration a conservé ses 
attributions, mais il n'est plus composé de la même 
manière; voici la composition actuelle: 

Le gouverneur-général , président ; 

Le chef de l'état-major général ; 

Le directeur-général des affaires civiles; 

Le procureur-général; 

Le contre-amiral, commandant la marine; 

Le maréchal-de-camp, commandant le génie; 

Le directeur central des affaires arabes; 

Quatre conseillers civils ; 

Le secrétaire de ce conseil est nommé par le roi. 

Enfin, les lieutenants -généraux conmiandant les 
provinces peuvent prendre part, avec voix délibérative, 
aux séances du conseil, quand ils y sont appelés par 
une convocation spéciale du gouverneur-général. 

Le directeur-général des affaires civiles a été main- 
leim par cette même onloruKUKîe; il continue, comme 
par le passé, à centraliser toutes les affaires civiles 
soumises à l'examen et à la décision du gouverneur- 
général. A cet effet, le directeur-général est autorisé à 



ADMIIMSTRATION (JÉiNKUALE. 71 

correspondre, au nom et par délégation du gouverneur- 
général, avec le ministre de la guerre, et avec toutes les 
autorités civiles et militaires. 

Le directeur central des affaires arabes a été pa- 
reillement conservé, avec les attributions dont il était 
investi, mais qui, à vrai dire, n'ont pas encore été net- 
tement définies. 

Ces institutions supérieures et générales de l'Algé- 
rie ainsi maintenues, l'ordonnance du 1" septembre 
est entrée dans une voie nouvelle , en créant des direc- 
tions provinciales, et en supprimant, ou du moins en 
diminuant cette centralisation de tous les services , qui 
existait à Alger, depuis l'origine, et qui descendait jus- 
qu'aux moindres détails. 

Les trois directions de l'intérieur et de la colonisa- 
tion, des travaux publics, d'^s finances ont été sup- 
primées; et il a été établi dans cbacune des trois pro- 
vinces (Alger, Oran, Constantine), une direction des 
affaires civiles, qui réunit dans ses attributions les 
différents services, civils et financiers. 

Près de ces directeurs des affaires civiles de cbaque 
province , l'ordonnance a placé un conseil de direction, 
lequel connaît, sauf les exceptions qui résulteront de 
la législation spéciale de l'Algérie, des matières qui 
sont déférées en France aux conseils de préfecture, 
dans la limite de la compétence de ces conseils (1). 



(1) Ces conseils de direction ont remplacé le conseil du conlenlieux 
qui avait été créé par l'ordonnance du 15 avril 1815 , et qui a été for- 
mellemenl supprimé par celle du 1'^' septembre. L'ordonnance du 1<"^ 
septembre annonce un arrête rainislcriel qui doit déterminer, parmi 



72 GOL'VEKNEMEM. 

Un des membres de ce conseil, désigné par le mi- 
nistre, remplit les fonctions de secrétaire de la direc- 
tion des affaires civiles de la province. C'est à peu près 
ce qui a lieu eu France dans la plupart des préfectures. 

Après les directeurs des affaires civiles, chargés de 
l'administration des territoires civils dans les provin- 
ces , viennent dans l'ordre hiérarchique : 

Pour chaque arrondissement, un sous-directeur; 

Pour chaque cercle, un commissaire civil; 

Pour chaque centre de population , constitué en 
commune, un maire, et un ou plusieurs adjoints, sui- 
vant l'importance de la localité. 

L'institution des commissaires civils, spéciale à 
l'Algérie, mérite une mention particulière. Établis 
par l'arrêté ministériel du 18 février 1840, les atti'i- 
butions de ces fonctionnaires ont été définitivement 
réglées par l'arrêté du 18 décembre 1842. Ces attri- 
butions étaient à la fois administratives et judiciaires. 
A ce dernier titre, ils remplissaient les fonctions de 
juge-dc-paix, et même de procureur du roi et déjuge 
d'instruction.[Mais dans la plupart des localités , où se 
trouvaient des commissaires civils , on a créé des 
justices-de-paix; il n'y a plus que deux de ces fonc- 
tionnaires ( le commissaire civil de Cherchel et celui 
de la Calle ) (pii aient conservé toutes les prérogatives 
attribuées dans l'origine à leur institution. 



jes atTaircs précédemment soumises au sonseil supérieur d'adminis- 
tralioii, celles sur lesquelles il devra éiro staUié à l'avenir par les 
ilirccleurs des aU'airtts civiles , en conseil do dirccliun ; cet arrèlé 
n'a pas encore clé publié. 



ÀDMINISTUATION CÉNÉUALE. 75 

Les maires et adjoints, si ce n'est dans les communes 
rurales, ne remplissent guère non plus d'autres fonc- 
tions que celles d'ofïiciers de l'état-civil, ou celles qui 
leur sont spécialement déléguées par les directeurs ou 
sous-directeurs. 

Telle est l'organisation des territoires civils; elle se 
retrouve également dans les territoires mixtes : seule- 
ment les commandements militaires sont réunis aux 
fonctions. 

Ainsi, le lieutenant-général, commandant supérieur, 
indépendamment des attributions qui lui sont confé- 
rées pour les affaires générales de la province (1), ad- 
ministre les territoires mixtes, comme le directeur ad- 
ministre les territoires civils ; il a sous ses ordres des 
commandants de subdivision, des commandants de 
cercle, et, suivant l'occurrence, des commandants de 
place , qui remplissent, à certains égards, les fonctions 
de sous-directeurs, de commissaires civils, d'otïiciers 
de l'état-civil, etc.; seulement, dans ces mêmes terri- 
toires, les intendants et sous-intendants militaires ont 
été déclarés ordonnateurs secondaires pour les dé- 
penses civiles; de même que les officiers du génie sont 
les architectes , les ingénieurs, spécialement chargés 
des travaux civils de toute espèce. 

L'ordonnance royale du 15 avril contenait une dis- 



(1) Ces allribulions consislenl surtout en ce que pour les objets 
les plus importants , tels que les questions d'impôts , les budgets , les 
routes, les créations de centres de population et de communes, de 
môme que pour d'autres affaires non encore déterminées, leur avis 
et leur concert avec les autorités civiles sont nécessaires , (Ordon- 
nance du 1^' septembre, art. 3.) 



/^ GOL'YKK?iKME?(r. 

position fort sage; elle déclarait que , lorsqu'en raison 
des progrès politiques et du développement colonial , 
des parties de territoire arabe devaient passer dans la 
catégorie des territoires mixtes, ou des parties de ter- 
ritoire mixte dans la catégorie de territoires civils, ces 
modifications seraient l'objet d'ordonnances royales. 

Cette disposition n'a point été abrogée par l'ordon- 
nance du 1'' septembre, qui veut, en outre, que la 
correspondance des lieutenants-généraux avec les ter- 
ritoires mixtes soit préparée par les directeurs civils 
dès provinces, qui la signent en leur nom et par dé- 
légation. 

Ces deux combinaisons rapprochées vi.*; laissent au- 
cun doute sur l'intention formelle du gouvernement 
d'étendre les circonscriptions civiles, autant que faire 
se pourra, afin d'amener l'uniformité si désirable dans 
toutes les branches de l'administration. 

SYSTÈME MUNICIPAL. 

Enfin, une ordoimani'c i-oyalc, datée de Saint-CIoud, 
le 28 septembre 1847, et rendue sur le rapport du mi- 
nistre de la guerre et l'avis des comités réunis de lé- 
gislation et de l'intérieur, du conseil d'Ktat, a solennel- 
lement posé en principe l'organisation du système 
munictipal en Algérie, en acc()rd:uit au gouvernement 
le droit d'ériger en communes\cs centres de population 
CD Algérie, l()rs(|u*ils auront acquis le degré de déve- 
loppement nécessaire. Citons, au surplus, le texte 
m(>me di^ celte ordonnance, (pii doit nécessairement 
cxcrcci- mio giaiide iiilhiencc sur l'avenir de l'Algih'ie. 



ADM1MSTRAT10?( GÉNKUALE. 75 

De l'or(janisation municipale en Algérie. 

Art. 1". Les centres de population en Algérie pourront être 
érigés en communes par ordonnances royales, lorsqu'ils auront 
acquis le degré de développement nécessaire. 

Ces ordonnances seront rendues sur le rapport de noire mi- 
nistre secrétaire d'État de la guerre et sur la proposition du 
gouverneur-général , le conseil supérieur d'adnunistration en- 
tendu : elles détermineront la circonscription de la commune. 

TITRE PREMIER. 

Composition du corps municipal. 

Art. 2. Le coips municipal de chaque commune se compose 
d'un maire, d'un ou de plusieurs adjoints et d'un conseil mu- 
nicipal. 

Les fonctions des maires peuvent être rétribuées. Celles des 
adjoints et des autres membres du corps municipal sont 
gratuites. 

CUAPITRE PREMIER. 

Du maire et des adjoints. 

Art. 5. Les maires et adjoints sont nommés par' nous dans 
les communes de 3,000 habitants et au-dessus, ainsi que dans 
les chefs-lieux d'arrondissement ou de tribunaux de première 
instance; dans les autres communes, ils sont nommés par le 
gouverneur-général . 

Art. 4. Le nombre des adjoints sera déterminé par l'ordon- 
nance qui érigera chaque commune. 

Art. 5. Les maires et adjoints peuvent être suspendus par 
arrêté du gouverneur-général ; mais ils ne peuvent être révo- 
qués que par ordonnance royale. 

Art. 6. Les maires et les adjoints sont nommés pour trois 
ans: ils doivent être Français ou naturalisés Français, et âgés 
de vingt-cinq ans accomplis. 

Art. 7. En cas d'absence ou d'empêchement , le mairej'est 
remplacé par l'adjoint, le premier dans l'ordre des nominations. 

En cas d'absence ou d'empêchement du maire et des adjoints, 



7(5 GOUVEhNEMEr<T. 

le maire est .remplacé par le conseiller municipal , le premier 
dans Tordre des nominations. 

Art. 8. Ne peuvent être maires ni adjoints : 

1" Lesjnembres de la cour royale, des tribunaux de première 
instance et les juges-de-paix ; 

2° Les directeurs des affaires civiles , les membres du conseil 
supérieur d'adniinistration et des conseils de direction, les sous- 
directeurs des affaires civiles et les commissaires civils; 

3" Les ministres des cultes ; 

4» Les militaires et employés des armées de terre et de mer, 
en activité de service ou en disponibilité; 

5° Les ingénieurs des ponts-et-cliaussées et des mines , en 
activité de service ; 

6" Les fonctionnaires et employés du service des bâtiments 
civils ; 

7" Les agents et employés des administrations financières et 
des foiéts ; 

8" Les fonctionnaires et employés des collèges communaux; 

9° Les instituteurs primaires ; 

dO" Les commissaires et agents de police. 

Art. U. Les agents salariés du maire ne peuvent être ses ad- 
joints. 

Art 10. Il y a incompatibilité entre les fonctions de maire et 
d'adjoint et le service de la milice. 

CUAPITRK II. 

Des Conseils municipaux. 

Art. 1 1 . Le conseil municipal se compose, indépendamment 
du maire (;t des adjoints : 

De huit membres, dans les commune^ dont les maires sont 
nommés par le gouvei-neur-général ; 

De doii/e membres, dans celles dont les maires sont nommés 
par nous; 

A Alger, le conseil sera de seize membres. 

Art. l!2. Les conseillers nuniicipaux doivent élri; Traurais ou 
n:iiiir;ilis»''s j'ran(;aib , ou s'ils sont étrangers , autorisés parle 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 77 

Roi à exercer leurs droits civils en Algérie. Ils doivent , en ou- 
tre, être âgés de vingt-un ans accomplis. 

Art. dS. Dans les communes où la population indigène sera 
du dixième au moins de la population totale, des indigènes 
pourront être nommés membres du conseil municipal , sans 
qu'ils puissent, en aucun cas, excéder le quart du nombre total 
des membres du conseil. 

Les conseillers municipaux, tant Français qu'indigènes, sont 
à la nomination du gouverneur-général. 

Ils sont nommés poHr trois ans, et peuvent être renommés. 

Ils peuvent être suspendus de leurs fonctions et révoqués 
par arrêté du gouverneur-général. 

Art. 14. Tout membre d'un corps municipal dont les droits 
civils ou civiques auraient été suspendus , ou qui en aurait 
perdu la jouissance , cessera de faire partie du corps municipal 
et ne pourra être renommé qu'après avoir recouvré les droits 
dont il aura été privé. 

Art. 15. Ne peuvent être membres d'un conseil municipal : 

4° Les directeurs des affaires civiles, les sous-directeurs des 
affaires civiles et les commissaires civils; 

2" Les ministres des cultes en exercice dans la commune ; 

3° Les comptables des revenus communaux et tout agent sala- 
rié par la commune. 

Nul ne peut être membre de deux conseils municipaux. 

CHAPITRE III. 

Des assemblées des conseils municipaux. 

Art. 16. Les conseils municipaux se réunissent quatre fois 
l'année, au commencement des mois de février, mai, août et 
novembre. 

Chaque session peut durer dix jours. 

Art. 17. Les directeurs et sous-directeurs des affaires civiles 
peuvent , en outre, prescrire la convocation extraordinaire du 
conseil municipal , ou l'autoriser , sur la demande du maire , 
toutes les fois que les intérêts de la commune l'exigent. 

Art. 18. Dans les sessions ordinaires, le conseil municipal 



78 GOUVERNEMENT. 

peut s'occuper de toutes les matières qui rentrent dans ses 
attributions. 

Dans les réunions extraordinaires , il ne peut s'occuper que 
des objets pour lesquels il a été spécialement convoqué. 

Art. 49. Le maire préside le conseil municipal. Les fonctions 
de secrétaire sont remplies par un des membres nommé au 
scrutin et à la majorité, à l'ouverture de chaque session. 

Art. 20. Le conseil municipal ne peut délibérer que lorsque 
la majorité des membres assiste au conseil. 

Les délibérations se prennent à la majorité des voix. En cas 
de partage, la voix du président est prépondérante. 

Il est voté au scrutin secret toutes les fois que trois des mem- 
bres présents le réclament. 

Art. 21. Il est interdit aux conseils municipaux de prendre 
aucune délibération sur des objets étrangers à leurs attribu- 
tions , ou hors de leur réunion légale ; de se mettre en cor- 
respondance avec un ou plusieurs autres conseils; de publier 
des proclamations ou adresses aux habitants. 

Le gouverneur-général, en conseil supérieiu' d'administra- 
tion, déclare la nullité des actes faits conlrairomcnt à cette 
interdiction, sans préjudice des poursuites encourues par les 
membres qui auraient pris part sciemment à des faits qualifiés 
crimes ou délits par les lois pénales. 

Art. 22. Les délibérations des conseils municipaux sont in- 
scrites, par ordre de date, sur un registre coté et paraphé par 
l'autorité civile du lessort. Elles sont signées par tous les 
membres présents à la séance, ou mention est faite de la cause 
qui les empêche de signer. 

Art. 25. Lorsque, après deux convocations successives, faites 
à huit jours d'intervalle et dûment constatées, les membres du 
conseil municipal ne se sont pas réunis en nombre sullisant, la 
d«';lil)ér:ili(»n piisc a|)rès la troisième convocation est valable , 
quel que soit le nombre des membres présents. 

Art. 24. Les séances des conseils municipaux ne sont pas 
publiques; hîurs débals ne peuvent être publiés qu'avec l'appro- 
bulioii <le raiilorilé siiiKTKMire. 



ADMINISTRATION GÉNÉUALE. 7î) 

TITRE H. 

De t administration municipale. 

CHAPITRE PREMIEIl. 

Des attributions des maires et des arnscils municipaux. 

SECTION PREMIÈRE. 

Des attributions des maires. 

Art. 25. Les maires reinplisseiu les fonctions d'officier de 
rétal-civil ; ils remplissent également celles d'officier de police 
judiciaire , conformément au Code d'instruction criminelle. 

Art. 26. Le maire est chargé , sous l'aulorilé de l'adminis- 
tration supérieure : 

d° De la publication et de l'exécution des lois, ordonnances et 
arrêtés ; 

2° Des fonctions spéciales qui lui sont dévolues par les lois, 
ordonnances et arrêtés ; 

3" De l'exécution des mesures de sûreté générale. 

Art. 27. Le maire est chargé, sous la surveillance de l'ad- 
ministration supérieure : 

4° De la police municipale, de la police rurale, de la voirie 
municipale , et de pourvoir à l'exécution des actes de l'auiorité 
supérieure qui y sont relatifs ; 

2° De la conservation et de l'administration des propriétés 
de la commune, et de faire, en conséquence, tous actes conser- 
vatoires de ses droits; 

3° De la gestion des revenus, de la surveillance des éta- 
blissements communaux et de celle de la comptabilité com- 
munale ; 

A" De la proposition du budget et de l'ordonnancement des 
dépenses ; 

5° De la direction des travaux communaux ; 

6" De souscrire les marchés , de passer les baux des biens 
et les adjudications des travaux communaux , dans les formes 
établies par les ordonnances et règlements ; 

7° De souscrire dans les mêmes formes les actes de vente , 
échange, partage, acceptations de dons ou legs, acquisitions. 



80 GOUVERNEMENT. 

transactions , lorsque ces actes auront été préalablement auto- 
risés conformément aux dispositions de la présente ordonnance 
et de celle du 15 avril 1845; 

8° De représenter la commune en justice , soit en demandant, 
soit en défendant. 

Art. 28. Lorsque le maire procède à une adjudication publi- 
que pour le compte de la commune, il est assisté de deux mem- 
bres du conseil municipal , désignés d'avance par le conseil , ou , 
à défunt, appelés dans l'ordre du tableau. 

te receveur municipal est appelé à toutes les adjudica- 
tions. 

Toutes les difficultés qui peuvent s'élever sur les opérations 
préparatoires de l'adjudication sont résolues , séanc-e tenante , 
par le maire et les deux conseillers assistants , à la majorité des 
voix , sauf le recours de droit. 

Art. 29. Les adjudications ne seront valables et définitives , 
à l'égard des communes , qu'autant qu'elles auront été approu- 
vées: 

Par le sous-directeur des affaires civiles, si la dépense n'ex- 
cède pas 5,000 fr. ; 

Par le directeur des affaires civiles, si la dépense est supé- 
rieure ù 5,000 fr. et inférieure à 10,000 fr. ; 

Par le gouverneur-général, si la dépense excède 10,000 fr. et 
ne dépasse pas 50,000 fr. ; 

Dans les autres cas , par notre ministre de la guerre. 

Art. 50. Le maire prend des arrêtés, t\ l'effet: 

1" D'ordonner les mesures locales sur les objets confiés :Vsa 
vigilance et ù son autorité ; 

2" De publier de nouveau Icslois, ordonnances , arr<>tés et 
réglcuïcnts de police , et de rappeler les habitants à leur obser- 
vation. 

Les arr^îtés pris par le maire sont immédiatement adressés 
ù l'autorité <;ivile supérieure du ressoit , huiucllc peut toujours 
les annuler ou on suspendre l'exécution. 

An. .'{1 . Les arrêtés municipaux qui portent réglcujent per- 
manent, ne kont exécutoires qu'après l'upprobaliou du directeur 



ADMIMSTRATION GÉNÉRALE. M 

des affaires civiles. 

Art. 32. Le maire nomme à tous les emplois communaux 
pour lesquels les lois , ordonnances et arrêtés ne prescrivent 
pas un mode spécial de nomination. 

Il suspend et révoque les titulaires de ces emplois. 

Art. 33. Le maire est seul chargé de l'administration de la 
commune; mais il peut déléguer une partie de ses fonctions it 
un ou plusieurs de ses adjoints, et, en l'absence des adjoints, ù 
ceux des conseillers municipaux, qui sont appelés à en faire les 
fonctions. 

SECTION II. 

Des attributions da conseils municipaux. 

Art. 34. Le conseil municipal délibère sur les objets suivants: 

4" Le mode d'administration des biens communaux; 

2" Le mode de jouissance et la répartition des pâturages et 
fruits communaux, ainsi que les conditions à imposer aux 
parties prenantes; 

3'' Le budget de la commune , et , en général , toutes les 
dépenses et receltes , soit ordinaires , soit extraordinaires ; 

4° Les tarifs et règlements de perception de tous les revenus 
propres à la commune : 

5" Les acquisitions , aliénaiions et échanges de propriétés 
communales, leur affectation aux différents services publics, 
et , en général, tout ce qui intéresse leur conservation et leur 
amélioration ; 

6" Les conditions des baux de biens donnés à ferme ou à 
loyer par la commune , ainsi que celles des baux des biens pris 
î'i loyer par la commune ; 

7" Les projets de construction , de grosses réparations , d'en- 
tretien et de démolition, et, en général, tous les travaux à 
entreprendre ; ' . 

8" L'ouverture dos chemins vicinaux, des rues et places 
publiques, et les projets d'alignement de la voirie municipale; 

9" Le parcours et la vaine-pàture ; 

G 



îfâ GOUVEhNEMENT. 

10* L'acceptation des dons et legs faits à la commune ou aux 
établissements communaux ; 

dl" Les actions judiciaires et transactions, et tons les autres 
objets sur lesquels les lois, ordonnances et arrêtés appellent les 
conseils municipaux à délibérer. 

Art. 55. Les délibérations des conseils municipaux sont 
adressées à l'autorité civile supérieure du ressort. 

Ces délibérations sont soumises à l'approbation du direc- 
teur des affaires civiles, sauf celles qui , d'après les lois, ordon- 
nances et arrêtés, doivent être approuvées par le gouverneur- 
général, par notre ministre delà guerre ou par ordonnance 
royale. 

Art. 36. Les conseils municipaux sont toujours appelés à 
donner leur avis sur les objets suivants : 

4° Les circonscriptions relatives aux cultes ; 

2» Les circonscriptions relatives à la distribution des secours 
publics ; 

3° Les projets d'alignement de grande voirie , dans l'intérieur 
des villes, bourgs et villages; 

A" L'acceptation des dons et des legs faits aux établissements 
de charité et de bienfaisance ayant un caractère communal; 

5° Les autorisations d'emprunter, d'acquérir, d'échanger, 
d'aliéner, de plaider ou de transiger, demandées par les mêmes 
établissements ; 

G° Les budgets et les comptes des mêmes établissements ; 

7" Les budgets et les comptes des fabriques et autres admi- 
nistrations préposées ;\ l'entretien des cultes dont les ministres 
sont salariés par l'État , lorsqu'elles reçoivent des subventions 
sur les fonds communaux; 

8° Enfin tous les objets sur lesquels les conseils municipaux 
seront consultés par les directeurs ou les sous-directeurs des 
affaires civiles. 

Art. .'i7. Le conseil municipal délibère sur les conq^tes an- 
nuellement présentés par le maire. 

Il entend, débat et arrête, sauf le règlement déiinilif par Tau- 
lorité supérieure compétente , les comptes des deniers des re- 
ceveurs. 



ADMINISTRATION GÉISÉRALE. 83 

Art. 58. Le conseil municipal peut exprimer son vœu sur tous 
les objets d'intérêt local. 

Art. 39. Dans les séances où les comptes d'administration du 
maire sont débattus, le conseil municipal désigne au scrutin celui 
de ses membres qui exerce la présidence. 

Le maire peut assister à la délibération ; il doit se retirer au 
moment où le conseil municipal va émettre son vote. 

Le président adresse directement la délibération à l'autorité 
civile supérieure du ressort. 

CHAPITRE II. 

Des dépenses et recettes et des budgets des communes. 

Art. 40. Les dépenses des communes sont obligatoires ou fa- 
cultatives. 

Sont obligatoires les dépenses suivantes : 

1° L'acquittement des dettes exigibles ; 

2" Les frais d'administration et de perception des droits et re- 
venus municipaux ; 

3» Les prélèvements autorisés , remboursements et restitutions 
sur ces produits ; 

4" Les traitements des maires et les frais de bureau des mai- 
ries et de l'état-civil ; 

5° Les frais d'entretien des horloges publiques ; 

6° Les dépenses des écoles communales ; 

7" Les dépenses des cultes , mises ù la charge delà commune 
par les lois , ordonnances et arrêtés ; 

8° Les traitements et frais de bureau du service de pesage et 
mesurage publics ; 

9° Les dépenses des milices et du service des pompes à in- 
cendie ; 

10° Les traitements des gardes de biens et bois communaux 
et des gardes-champêtres ; 

11» Les traitements et frais de bureau de la police locale, du 
service de la petite voirie , de celui des inhumations , et de celui 
des fourrières publiques ; 

12" Les frais de nettoiement et d'éclairage de la voie publique ; 



84 GOUVER?<EMENT. 

43° Les frais de loyer des immeQbles destinés aux services 
ci-dessus spécifiés; 

li" Les dépenses des travaux et bâtiments civils conipi'cuiant : 
1" l'ouverture, la construction -et l'enlrelien des chemins vici- 
naux mis à la charge de la commune par les lois, ordonnances 
et arrêtés; 2° l'alignement, le nivellement et le pavage des rues 
de petite voirie, à Texception de ceux de ces travaux qui sont 
î\ la. charge des propriétaires; 3" les aqueducs, canaux, égouis 
et fontaines, dans les rues de petite voirie et hors des villes sur 
les chemins vicinaux ; 4" les dépenses de grosses et simples ré- 
parations et entretien des bâtiments affectés aux services com- 
munaux ; 

15'^ Toutes les autres dépenses mises à la charge des com- 
munes par une disposition des ordonnances spéciales de TAIgérie. 
Toutes les dépenses autres que les précédentes sont faculta- 
tives. 

Art. -41. Les recettes des communes sont ordinaires ou extraor- 
dinaires. 
Les recettes ordinaires des communes se composent : 
i° Des produits, tels que loyers et fermages, rentes foncières 
et valeurs des récoltes des immeubles appartenant à la com- 
mune ; 

2° De la portion attribuée aux communes sur le produit de 
l'impôt des patentes; 
3" Des droits de place dans les halles , foires et marchés publics; 
4" Des droits d'abattage dans les abattoirs d'après les tarifs 
dûment autorisés; 

5" Du produit des permis de stationnement, de vente , et des 
locations sur la voie publique , sur les porls, rivières et autres 
lieux publics ; 

0* Du produit des péages communaux, des droits de pesage, 
mesurage et jaugeage ; 

7" Des droits d(î voiiio et autres droits légalement établis ; 
8" Du produit des fourrières publiques; 
0° Du prix des concessions do terrains dans les cimetières 
communaux; 



ADMINISTKATION GÉINÉIIAI.E. 85 

10" Uu produit des concessions d'eau , de renlèvemeiil des 
boues et iniuioudiees de la voie publique, de réquairissiige et 
autres concessions autorisées pour des services coniniunaux; 

II" Du produit des expéditions des actes admiiiistiatils et des 
actes de l'élat-civil; 

12° De la portion des amendes et confiscations attribuées par 
les lois, ordonnances et arrêtés aux conniiunes; 

43" Du produit des saisies opérées pour contrarentions aux rè- 
glements de police ; 

14" Du produit des rétributions mensuelles des élèves admis 
aux écoles communales; 

Et généralement du produit de toutes taxes de ville et de po- 
lice, dont la perception est légalement autorisée. 

Art. 42. Les recettes extraordinaires des communes se com- 
posent : 

i" Du produit des contributions directes ou indirectes que les 
conununes pourront être autorisées ultérieurement à établir à leur 
profit par des ordonnances royales délibérées dans la forme des 
j'églemenis d'administration publique ; 

2" Du prix des biens comnuuiaux aliénés ; 

3" Du prix de vente d'objets mobiliers provenant des services 
municipaux; 

4" Des dons et legs ; 

5° Du remboursement des capitaux exigibles et rentes con- 
stituées ; 

C" Du produit des coupes extraoï-ainaires des bois appiu'lenant 
aux communes ; 

7" Du produit des emprunts; 

8» Du moiUanl de la subvention annuelle , allouée à la commune 
par notre minisire de la guerre , sur les fonds généraux du budget 
'ocal et nmnicipal. 

Et de toutes autres recettes accidentelles. 

Art. 45. L'excédant des recettes sur les dépenses de l'exercice 
expiré et réglé sera porté, en première ligne, dans les ressources 
du budget de chaque commune, pour l'exercice suivant. 

Art. 44. Le budget de chaque commune, présenté par le maire 



80 GOUVERNEMENT. 

et voté par le conseil municipal , est réglé définitivement par le 
directeur des affaires civiles , dans les communes dont le revenu 
est inférieur à 50,000 fr. ; 

Par le gouverneur-général , dans les communes dont le revenu, 
supérieur à 50,000 fr. , est de moins de 100,000 fr. ; 

Par ordonnances royales dans les autres communes. 

Le revenu est évalué d'après le montant moyen des recettes de 
la commune pendant les trois dernières années , et, si la com- 
mune n'est pas érigée depuis plus de trois ans, notre ministre de 
la guerre détermine provisoirement à quelle autorité il appartient 
d'en régler le budget. 

Art. 45. Les a*édits, qui pourraient être reconnus nécessaires 
après le règlement du budget, sontdélibérés conformément aux ar- 
ticles précédents, et doivent être approuvés par l'autorité appelée 
à régler le budget. Toutefois , dans les communes dont le budget 
est réglé par ordonnance royale, les crédits supplémentaires 
pourront être approuvés, en cas d'urgence , par le gouverneur- 
général. 

Art, 46. Dans le cas où , par une cause quelconque , le budget 
d'une commune n'aurait pas été approuvé avant le commence- 
ment de l'exercice, les lecettes et dépenses ordinaires continue- 
ront, jusqu'à l'approbalion de ce budget, à être faites conformé- 
ment à celui de l'aimée précédente. 

Art. 47. Les dépenses proposées au budget d'une commune 
peuvent être rejetées ou réduites par l'arrêté qui règle ce budget. 

Art. 48. Les conseils municipaux peuvent porter au budget un 
crédit pour dépenses imprévues. 

La somme inscrite pour ce crédit ne pourra être réduite ou 
rejetée, qu'autant (|ue les rev(;nus ordinaires, après avoir satis- 
fait à toutes les déi)enscs obligatoires , ne permettraient pas d'y 
faire face, ou qu'elle excéderait le dixième des recettes extraor- 
dinaires. 

Le crédit pour dépenses imprévues sera employé par le maire, 
avec l'approbation des directeurs et sous-directeurs des affaires 
civiles. 

Art. 40. Les dépenses pro[)Oséc8 nu budget d'inio commune 



ADMINISTRATION CÉNÉUALE. R7 

ne peuvent être augmentées, et il ne peut y en être introduit de 
nouvelles par l'autorité appelée à les régler détiniliveinent , 
qu'autant qu'elles sont obligatoires. 

Art. 50. Si un conseil municipal n'allouait pas les fonds exigés 
pour une dépense obligatoire, ou n'allouait qu'une somme in- 
suffisante, l'allocation nécessaire serait inscrite au budget par 
l'autorité appelée à le régler définitivement. 

Dans tous les cas , le conseil municipal sera appelé à en dé- 
libérer. 

S'il s'agit d'une dépense annuelle et variable , elle sera inscrite 
pour sa quotité moyenne pendant les trois dernières années. S'il 
s'agit d'une dépense annuelle et lixe de sa nature , elle sera in- 
scrite pour sa quotité réelle. 

Si les ressources de la comntune , augmentées de la subvention 
mentionnée au paragraphe 8 de l'art. 42, sont insuflisanles pour 
couvrir les dépenses obligatoires , inscrites d'office en vertu du 
précédent article, il y sera pourvu par le conseil municipal , ou, 
en cas de refus de sa part , au moyen d'une contribution extraor- 
dinaire. 

' Cette contribution sera établie par l'autorité chargée de régler 
le budget, par voie d'addition aux contributions directes ou indi- 
rectes créées en vertu de l'art. 42 , n° i , et dans les limites du 
maximum fixé annuellement par une ordonnance royale , at , eu 
cas d'insuffisance, par une ordonnance spéciale. 

Art. 51 . Aucun emprunt ne pourra être autorisé que par or- 
donnance royale rendue dans les formes des règlements d'admi- 
nistration publique. 

Art. 52. Les tarifs des droits de voirie sont réglés par arrêté du 
gouverneur-général , le conseil supérieur d'administration en- 
tendu. 

Art. 53. Les taxes particulières dues par les habitants ou pro- 
priétaires , en vertu des ordonnances ou arrêtés, sont réparties par 
délibération du conseil municipal approuvée par le directeur des 
affaires civiles. 

Ces taxes seront perçues suivant les formes établies pour le 
recouvrement des contributions diverses. 



88 GOLVERNEMIilNT. 

Art. 54. Aucune construction nouvelle ou reconstruction en- 
tière ou partielle ne pourra être autorisée que sur la pi'oduciion 
(les projets et devis. Ces projets et devis seront soumis à l'appro- 
bation de notre ministre de la guerre quand la dépense excédera 
50/00 fr. S'ils ne s'élèvent pas à ce chiffre , ils seront approuvés 
par le gouverneur-générai , le conseil supérieur d'administraiion 
entendu. 

Art. 35. Les dispositions de la loi du 10 vendémiaire an 4 , sur 
la responsabilité civile des cotnmunes, résultant des attentats 
commis sur le territoire de la commune , soit envers les person- 
nes, soit envers les propriétés, sont applicables aux centres de 
population de l'Algérie qui seront érigés en communes. 

CHAPITRE III. 

Des acquisitions , aliénations, baux , dons et !c(js. 

Art. 56. Les délibérations des conseils municipaux ayant pour 
objet des acquisitions, ventes ou échanges d'immeubles , le par- 
tage des biens indivis, sont soumises ù l'approbation des direc- 
teurs des affaires civiles, le conseil de direction entendu, quand 
il s'agit d'une valeur n'excédant pas 3,000 fi'. poui- les comnunios 
dont le revenu est au-dessous de 100,000 fr. , et 10,000 Ir. pour 
les autres communes. 

S'il s'agit d'une valeur supérieure, il est statué par le gouver- 
neur-général. 

' Art. 57. Les délibérations des conseils municipaux ayant pour 
objet des baux de biens pris ou donnés à loyer par la commune, 
ne seront exécutoires (ju'aulant (pfellos auront été approuvées : 

1" Par les directeurs des affaires civiles, lorsque leur durée 
n'excédera pas neuf ans pour les biens ruraux , et trois ans poul- 
ies autres biens; 

2" Par le gouverneur-général, dans les autres cas. 

Art. 58. FiCs délibérations (1(!S conseils numicipauv portant 
refus ou acceptation d(! dons et legs mobiliers, ou de sonnnes 
d'argent faits ù la commune et aux établissements comnnmaux , 
seront soumises h l'approbation des directeurs des affaires civiles, 
le cons(;il dt; diriclion entendu; s'il s'agit de dons et legs mohi- 



ADM1INIST1UTI0?( GÉNÉRALE. 89 

lieis d'une valeur de plus de 3,000 fr. , ou de dons et legs immo- 
biliers, les délibérations sont soumises à notre approbation. 

Le maire peut toujours, à litre eoiiservatoire, accepter les 
dons et legs en vertu de la délibération du conseil municipal; 
l'arrêlé qui intervient ensuile a eflet du jour de cette accepta- 
tion. 

Art. 59. La vente des bieus mobiliers et immobiliers des com- 
munes, autres que ceux qui servent à un usage public, pourra, 
sur la demande de tout créancier |)orteur de titres exécutoires, 
être autorisée par un airèlé du gouverneur-général en conseil su- 
périeur d'administration. 

Cet arrêté déterminera les formes de la vente. 

CUAPITUE IV. 

Des actions judiciaires et des transactions. 

Art. GO. Nulle commune ne peutintroduiie une action eu justice 
sans y être autorisée par le conseil de direction. 

Après tout jugement intervenu, la commune ne peut se pour- 
voir devant un autre degré de juridiction qji'en vertu d'une nou- 
velle autorisation da même conseil. 

Art. 61. Quiconque voudra intenter une action contre une com- 
mune sera tenu d'adresser préalablement au directeur des allaiies 
civiles un mémoire exposant les motils de sa réclamation. 11 lui 
en sera donné récépissé. 

La piésenlation du mémoire interrompra toutes prescriptions 
et déchéances. 

Le directeur des affaires civiles transmettra le mémoire au 
maire , avec Taulorisatiou de convoquer immédiatement le conseil 
municipal pour eu délibérer. 

Art. C2. La délibération du conseil municipal sera , dans tous 
les cas , renvoyée au conseil de direction , qui décidera si la com- 
mune doit être autorisée à ester en justice. 

La décision du conseil de direction devra être rendue dans le 
délai de deux mois , à partir de la date du récépissé énoncé en 
l'article précédent. 

Art. 03. Toute décision du conseil de direction portant refus 
d'autorisation devra être motivée. 



ÎK) GOUVERNEMENT. 

En cas de refus d'aulorisation , le maire pourra , eu vertu d'une 
délibération du conseil municipal, se pourvoir devant nous en 
notre conseil d'État. 

Le pourvoi sera introduit et jugé adminislrativement ; il devra 
être interjeté dans le délai de trois mois , à dater de la notifica- 
tion de la décision du conseil de direction. 

11 devra être statué sur le pourvoi dans le délai de deux mois , 
à partir du jour de son enregistrement au secrétariat-général de 
notre Conseil d'État. 

Art. 64. L'action ne pourra être intentée qu'après la décision 
du conseil de direction, et, à déH^iut de décision dans le délai 
fixé par l'art. G2, qu'après l'expiration de ce délai. 

En cas de pourvoi contre la décision du conseil de direction , 
l'instance sera suspendue jusqu'à ce qu'il ait été statué sur le 
pourvoi , et , à défaut de décision dans le délai fixé par l'article 
précédent , jusqu'à l'expiration de ce délai. 

En aucun cas , la commune ne pourra défendre à l'action 
qu'autant qu'elle y aura été régulièrement et expressément au- 
torisée. 

Art. 65. Le maire peut , toutefois , sans autorisation préalable, 
intenter toute action possessoire et y défendre , et faire tous 
actes conservatoires et inlerruptifs des déchéances et pres- 
criptions. 

Ai'l. 06. Toute transaction consentie par un conseil municipal 
ne peut être exécutée qu'après l'Iiomologalion par aiiétéde noire 
n)inistre de la guerre, s'il s'agit d'objets mobiliers d'une valeur 
supérieure à 5, OCX) Ir. , ou d'objets immobiliers, et , dans les au- 
tres cas , par arrêté du directeur des afl'aires civiles , le conseil 
de direction entendu. 

CUAPITRIi v. 

ComptabUilê des (oviimmes. 

An. 07. Les coniplcs des maires , pour l'exercice clos , sont 
présentés au conseil municipal avant la délibéralion du budget. 

Ils sont approuvés par l'autorité diargéc de régler délinitive- 
mcnl le budget. 



ADMI!SI6T11ATI0?< GÉSÉKALE. 91 

An. 68, Le maire peut seul délivrer des mandais. S'il refusait 
d'ordonnancer une dépense régulièrement autorisée et liquide, 
il serait statué par les directeurs des affaires civiles. 

Dans ce cas, l'arrêté des directeurs et sous-directeurs des 
affaires civiles tiendra lieu de mandat. 

Art. 69. Les recettes et dépenses communales s'effectuent par 
les soins des receveurs municipaux. 

Les excédants des recettes sur les dépenses seront versés au 
trésor, suivant les formes et d'après les conditions déterminées 
par les règlements. 

Art .70. Toutes les recettes municipales , pour lesquelles il n'est 
point prescrit un mode spécial de recouvrement, s'effectuent sur 
des états dressés par le maire. Ces états sont exécutoires après 
qu'ils ont été visés par le directeur des affaires civiles. 

Art. 71. Les oppositions , lorsque la matière est de la compé- 
tence des tribunaux ordinaires, sont jugées comme affaires som- 
maires, et la commune peut y défendre sans autorisation du 
conseil de direction. 

Art. 72. Les budgets et les comptes des communes restent 
déposés à la mairie , où tout contribuable a droit d'eu prendre 
connaissance. 

Dispositions générales. 

Art. 73. Les sous-directeurs des affaires civiles informent im- 
médiatement le directçur des affaires civiles des autorisations 
qu'ils ont données en veilu de la présente ordonnance. 

Tous les tiois mois , le directeur des affaires civiles rend compte 
au gouverneur-général, tant desdites autorisations, que de celles 
qu'il a personnellement accordées. Ce compte est transmis à notre 
ministre de la guerre, par le gouverneur-général , avec ses ob- 
servations. 

Chaque année , le gouverneur-général présente à notre minis- 
tre de la guerre le compte de la situation financière et adminis- 
trative des communes de l'Algérie. 

Art. 74. Toutes les dispositions contraires à la présente ordon- 
nance sont et demeurent abrogées. 



92 GOUVEUIMEMENT. 

Art. 75. La préseiile ordonnance sera exécutoire à partir du 
1" janvier 4 848. 

Art. 70. Notre ministre secrétaire d'État de la guerre est 
chargé de l'exécution de la présente ordonnance. 
Donné ù Saint-Cloud , le 28 septembre 1847. 

Signé : LOUIS-PHILIPPE. 
Par le Roi : 
Le Pair de France, ministre secrétaire d'Etat de la guerre. 

Signé TRÉZEL. 

Cette organisation municipale doit commencer à 
fonctionner à partir du 1" janvier 1848. xVucuu docu- 
ment otïiciol n'a encore fait connaître celles des villes 
auxquelles l'administration entend l'appliquer. On pré- 
sume toutefois que ce sont les villes d'Alger, Blidah, 
Oran, Bône, Philippeville (1). 

RÉSUMÉ. 

Résumons maintenant en peu de mots l'ensemble 
des institutions de gouvernement et d'administration 
générale, auxquelles l'Algérie est soumise. 

LWlgérie est régie par des ordonnances j'oyales , 
sauf en ce qui concerne le budget. 



(1) EMl83'r, le 18 novembre, un nrnMé du (louverneur-dénéral 
inslilua à Al^er un conseil municipal , qui était composé du maire 
et de dix-neuf membres apparlennnl aux diverses populations. 
D'autres arrêtés en date du 22 décendire , même année, établirent 
pareillement un conseil municipal à llùne et A Oran. Os deux der- 
niers arrêtés no so trouvent point dans la collection des actes du 
(jouverncnicnt. Ces conseils durèrent jus(|u'à la lin de l'année 1837^ 
mais leur»» sessions n'étaient ])as régulières , et , à partir de celte 
année, il n'en eht plus question. I/ordonnanre du 31 octobre 1838, 
n'en fflijKanl {nis mention , les abrogea virtuellement. 



ADMIMSTUATIO?! GÉNÉRALE. 95 

Le ministre de la guerre est spécialement chargé 
d'assurer l'exécution de ces ordonnances. Il existé au- 
près de lui, au département de la guerre, une direc- 
tion des affaires de l'Algérie, chargée à ce titre de cen- 
traliser toutes les affaires politiques, administratives, 
judiciaires , financières ; entin, toutes celles qui ne sont 
pas exclusivement militaires. 

Le ministre a lui-môme pour délégué en Algérie 
un gouverneur-général. Nous avons fait connaître 
les principales attributions dont il est investi. 

Près du gouverneur-général, sont placés : 

Le directeur-général des affaires civiles; 

Le conseil supérieur d'administration; 

Le directeur central des affaires arabes. 

Dans les provinces, et sous les ordres immédiats du 
gouverneur-général, l'administration est exercée par: 

Les lieutenants-généraux commandants supérieurs; 

Les directeurs des affaires civiles; 

Les sous-directeurs, commissaires civils, maires, 
placés sous les ordres des directeurs; 

Les commandants militaires, investis des fonctions 
civiles, et placés sous les ordres des lieutenants-gé- 
néraux. 

Nécessairement chaque année apportera des modifi- 
cations à l'ordre de choses établi aujourd'hui; nous au- 
rons soin de faire connaître ces modifications, avec les 
développements qu'elle comporteront. 

JUSTICE. 

La justice, si nous consultons les arrêtés promul- 
gués depuis 1850, n'a pas éprouvé de moins grandes 



94 GOLVERJCEMENT. 

variations que l'administration. Les ordonnances d'or- 
ganisation se sont fréquemment renouvelées, et à des 
intervalles rapprochés. Les augmentations rapides qu'a 
éprouvées la population européenne, les accessions in- 
cessantes de territoires, le développement inattendu 
qu'ont pris les affaires civiles, commerciales et autres, 
toutes ces circonstances ont dû nécessairement amener, 
des changements subits, des besoins nouveaux, aux- 
quels il a fallu immédiatement satisfaire. Nous avons 
du reste expliqué dans notre avant-propos les motifs 
qui nous ont engagé à faire précéder chacune des par- 
ties de cet Annuaire d'un précis ou résumé , destiné à 
faire connaître non seulement ce qui est, mais encore 
ce qui a été. 

Le premier acte officiel que nous ayons à mentionner 
dans l'ordre judiciaire est l'arrêté rendu le 22 octobre 
1850, par le général en chef, comte Clauzel (1) : cet ar- 
rêté instituait une cour de justice à Alger, qui devait 
connaître de toute cause civile ou commerciale, dans la- 
quelle un Français ou un étranger européen seraient 
intéressés : elle jugeait en dernier ressort jusqu'à la 
somme de 12,000 fr. Cette cour de justice était auto- 
risée à appliquer les lois françaises ou celles du royaume 
d'Alger, suivant qu'elle le jugerait convenable : quant 



(1) Nous devons dire, loulcrois, que précédemment, il avait été 
pris par le général en chef, le 9 septembre 18;]0, un arrôlé qui in- 
8liluait un tribunal sjucial , qui connaissait de toutes |)réleution8y 
causes et contestations , ainsi que de tous délits cl crimes. Cet arrêté 
ne fie trouve pas dans la collection de;* ados oHicicIs. Une copie 
nous en a été communi(|U(>c par M. Piilutil-Débil , iiotumé président 
de ce triliunal. 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 95 

aux affaires criminelles entre Français, elles étaient 
instruites devant la cour de justice, et les prévenus 
renvoyés en France avec les pièces de l'information. 

Deux ans plus tard, un arrêté rendu le IG août 1852, 
par le lieutenant-général, commandant en chef Tarmée 
d'occupation d'Afrique , et par l'intendant civil de la ré- 
gence d'Alger, instituait à Alger une cour criminelle, 
destinée à juger les crimes emportant peines afflicti— 
ves ou infamantes pour les crimes commis par des 
Français ou des étrangers. Les conseils de guerre con- 
tinuaient à juger les mômes crimes commis par les 
naturels du pays. Ce sont les termes mêmes de l'arrêté. 

Cette cour criminelle se composait des membres de 
la cour de jutice, et du tribunal de police correction- 
nelle, réunis au nombre de sept. 

L'appel des jugements de cette cour était porté de- 
vant le conseil d'administration. 

Les Musulmans continuaient à être jugés par les ca- 
dis maures; les Israélites parles rabbins. 

Ordonnance royale du iO août 1854. — Les ano- 
malies que devaient faire naître, dans l'administration 
de la justice , les institutions imparfaites que nous ve- 
nons de rapporter, avaient attiré l'attention du gou- 
vernement et des chambres; une commission de pairs 
et de députés, instituée par le Gouvernement, s'était 
rendue en Algérie; elle avait,entre autres objets, pré- 
senté différentes combinaisons pour une meilleure orga- 
nisation de la justice. Une ordonnance royale, rendue 
sur le rapport des ministres de la guerre et de la jus- 
tice, établit les dispositions suivantes: 

Dans chacune des villes d'Alger, de Bône et d'Oran, 



96 GOUVEUNEMENT. 

il y avait un tribunal do première instance, un tribunal 
de commerce à Alger, et un tribunal supérieur siégeant 
dans la même ville. 

Le tribunal de première instance d'Alger se com- 
posait de deux juges et d'un substitut du procureur du 
roi; l'un de ces deux juges connaissait de toutes les 
matières civiles, le second de toutes les affaires cor- 
rectionnelles ; il était aussi chargé de l'instruction des 
affaires criminelles. A ces attributions, ces juges ajou- 
taient celles que les lois confèrent en France aux juges- 
de-paix. 

Les tribunaux de première instance de Bone et 
d'Oran, constitués d'après les mêmes bases, étaient 
composés, chacun, d'un juge, d'un suppléant, d'un 
substitut du procureur-général. Ils connaissaient en 
outre des affaires de commerce. 

Ces mêmes tribunaux jugeaient en dernier ressort 
les prévenus de contraventions , de délits , ou de cri- 
mes contre lesquels la loi ne portait pas une peine su- 
périeure à celle de la réclusion. 

Us connaissaient, à la chargcd'appel, des autres cri- 
mes; ainsi ils prononçaient la peine de mort, sauf 
l'appel au tribunal supérieur. 

Le tribunal de commerce d'Alger se composait de 
sept notables négociants, nommés chaque année par le 
gouverneur, qui (b-signait eu même tems le président. 

Le tribunal supérieur d'Alger était, c()nip()S(' d'im 
président et de trois juges, d'un substitut. 

11 connaissait, sur appel, des jugements rendus en 
premier ressort par les tribunaux {\e. pi-emière instimce 
et do coHunercc. Constitué en tribunal criminel, il ju- 



ADMlNISTRVnOJI r.ÉNltKALE. î>7 

geaitles affaires correctionnelles, et toutes les affaires 
qui eussent été portées, en France, devant les cours 
d'assises. 

Enfin, et par une disposition quia été modifiée 
depuis, l'ordonnance prescrivait qu'il serait attaché 
aux différents tribunaux, pour le jugement de tout 
procès dans lequel un musulman était intéressé, des 
assesseurs musulmans. Lorsqu'il s'agissait d'une cause 
criminelle, les assesseurs avaient voix délihérativc sur 
la déclaration de culpabilité, et voix consultative seu- 
lement, sur l'application de la peine. 

Les musulmans indigènes, prévenus de crimes ou 
délits contre la personne ou les propriétés d'autres 
musulmans aussi indigènes, étaient jugés parles cadis 
ou les autres juges du pays, selon la loi et les formes 
suivies jusqu'à ce jour. Néanmoins aucun jugement de 
condamnation ne pouvait être exécuté, qu'après avoir 
été revêtu du visa du procureur-général. 

Si le prévenu était un indigène, et si le fait à lui 
imputé n'était ni prévu, ni puni par la loi du pays, les 
tribunaux français pouvaient modérer infiniment la 
peine, et même renvoyer le prévenu absous. 

Les conseils de guerre continuaient à connaître, sans 
acception de personnes, des crimes et délits commis 
en dehors des limites des juridictions civiles. 

Les tribunaux israélites ii'étaient maintenus que 
pour les matières religieuses. 

Le procureur-général, dont l'institution avait été ad- 
mise en principe par l'ordonnance du 22 juillet 1854, 
exerçait auprès de tous les tribunaux les attributions 
du ministère public en France; il était en outre chargé, 

7 



98 GOlVERNEMEJiT. 

comme il l'est encore aujourd'hui, de toute l'adminis- 
tration de la justice. 

Cette organisation , qui a certainement été la base 
de toutes celles qui se sont succédées depuis , dura 
jusqu'au 28 février 1841. Mais le temps avait marché; 
les différences de noms et d'institutions, qui existaient 
entre ces tribunaux et l'ordre judiciaire delà France, 
ne satisfaisaient point les esprits, et amenaient des 
inconvénients que chaque jour rendait plus sensibles: 
de nouvelles dispositions durent être adoptées. 

Ordonnance royale du 28 février 18ii. — Cette or- 
donnance institua définitivement : 

Une cour royale séant à Alger; 

Des tribunaux de première instance siégeant à Al- 
ger, Bônc et Oran, et dans les autres lieux où il serait 
jugé nécessaire d'en établir ; 

Des justices de paix ; 

Un tribunal de conmierce à Alger; 

Des tribunaux musulmans en nombre indéterminé. 

Le ressort de la cour royale embrassait la totalité 
de l'Algérie, sauf la juridiction des conseils de guerre. 
Elle se composait d'un conseiller-président, de quatre 
conseillers et de deux conseillers-adjoints, ayant voix 
délibérative. Constituée en cour de justice criminelle, 
elle jugeait, comme le tribunal supérieur avant elle, 
toutes les affaires de la compétence des cours d'assises, 
directement pour la province d'Alger, et sur appel des 
jugements rendus par les tribunaux d'Oran et de 
Bône. 

I^e droit d'évocalioii et (rinjonclious au procureur- 
général lui était nommément interdit. 



Al)Ml?(ISTKATIO?< (iÉNÉKALE. ^1) 

Le tribunal de première instance d'Alger était com- 
posé de deux juges, et trois juges-adjoints; les tribu- 
naux de première instance de Bône et d'Oran, avaient 
chacun un juge et deux juges-adjoints. 

Quant au tribunal de commerce, il n'éprouvait au- 
cune modification, si ce n'est que le nombre des mem- 
bres qui le composaient, n'était plus limité. 

En même temps que la cour royale était instituée, 
et les autres tribunaux renforcés, le ministère public 
recevait aussi une organisation plus complète. Un pro- 
cureur-général, deux avocats-généraux, un substitut 
du procureur-général, deux procureurs du roi, rem- 
plissaient auprès des diverses juridictions les fonctions 
de ce ministère. Les deux procureurs du roi étaient 
attachés aux tribunaux d'Oran et de Bône; le service 
du parquet d'Alger était confié à deux magistrats, pris 
l'un dans la cour royale et l'autre au tribunal de pre- 
mière instance. C'était le procureur-général qui réglait 
tous les ans la distribution du service : il conservait 
comme par le passé la haute administration de la 
justice. 

Deux principes importants étaient déposés dans cette 
ordonnance; le premier était que la loi française ré- 
girait désormais les conventions et contestations entre 
Français et étrangers; le second était la suppression 
des cadis dans les affaires correctionnelles et crimi- 
nelles. 

Ordonnance royale du 26 septembre iS42. — Moins 
de deux ans après la promulgation de l'ordonnance 
précédemment relatée, il parut nécessaire d'y apporter 
différentes modifications; la cour royale siégeant à 



100 GOLVERNKMEIST. 

Alger, ainsi que les tribunaux de première instance 
et de commerce existants, furent maintenus; on créa 
un tribunal de première instance de plus, celui de 
Philippeville : cinq tribunaux de paix furent en même 
temps institués. 

La cour royale d'Alger fut composée d'un président, 
de sept conseillers, de deux conseillers-adjoints ayant 
voix délibérative. 

La composition du ministère public restait la même. 
Le tribunal de première instance d'Alger, composé 
d'un président, d'un juge d'instruction, de quatre 
juges, de trois juges-adjoints, ayant voix délibérative, 
se divisa en deux chambres : la première pour les af- 
faires civiles, la seconde pour les affaires correction- 
nelles : il y eut près de ce tribunal un procureur du 
roi et un substitut. 

Les tribunaux de première instance de Bône, Oran 
et Philippeville furent composés, chacun, d'un prési- 
dent, de deux juges et deux juges-adjoints. 

La compétence de ces divers tribunaux, do même 
que celle des justices-de-paix alors établies , était 
la même que celle des tribunaux de France. Mais, au 
criminel, les tribunaux de Bône, Oran et Philippe- 
ville continuèrent à connaître des crimes, à charge 
d'appel. 

IjCS membres du tribunal de commeri^e d'Alger 
durent être nommés par ordonnance royale. 

Kn matière criminelle et correctionnelle, les asses- 
seurs furent supprimés. — L'article 405 du (iOdc pénal 
(celui (|ui règle les allénualions de ])eines, alors ((ue 
le jury a déclaré des circonstances allénuanles) fut 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. lOi 

déclaré non applicable aux crimes et délits commis par 
les indigènes : 

jo Contre la sûreté de l'Ëtat : 

2° Contre la chose publique; 

5<* Contre les personnes, au préjudice d'un Français, 
d'un européen , ou d'un indigène au service de la 
France. 

Conformément à%yne ordonnance spéciale , rendue 
le 1*' avril précédent, tout jugement portant condam- 
nation à la peine de mort, ne pouvait être mis à exé- 
cution qu'autant qu'il en aurait été rendu compte au 
roi, et que sa Majesté aurait décidé de laisser un libre 
cours à la justice; seulement, dans les cas d'urgence 
extrême, le gouverneur-général peut ordonner l'exécu- 
tion, sauf à rendre compte. 

Enfin par une disposition qui existait déjà, quoique 
formulée d'une manière moins positive, et qui a été 
maintenue depuis, le procureur-général pouvait, en 
toute matière et en tout état de cause, requérir à 
l'instant la remise des pièces, faire cesser les pour- 
suites, et mettre le prévenu en liberté. 

Dans la juridiction administrative, la disposition de 
l'ordonnance précédente, par laquelle les décisions du 
conseil d'administration pouvaient être déférées au 
Conseil d'État, était maintenue. 

Ordonnance royale du 50 novembre 18ii aujourd'hui 
en vigueur. — Nous ne mentionnerons, après cela, que 
pour mémoire cette ordonnance aujourd'hui en vigueur, 
mais qui n'a introduit aucun principe nouveau, et qui 
n'a fait que renforcer la composition des tribunaux 
alors existants. 



402 f.OUVBKNKMK?IT. 

En l'état, le service judiciaire en Algérie est con- 
stitué de la manière suivante. 

Cour royale d'Alger. 

Le ressort de cette cour embrasse tous les territoi- 
res compris dans la juridiction des tribunaux de pre- 
mière instance : 

Elle se compose d'un président, d'un vice-président, 
de douze conseillers, d'un greffier en clief. 

Les fonctions du ministère public près la cour sont 
remplies par un procureur-général , deux avocats-gé- 
néraux et deux substituts du procureur-général. 

La cour se divise en deux chambres : une chambre 
civile et une chambre criminelle. 

La chambre civile connaît des appels des jugcmcnls 
rendus en matière civile et commerciale, par les tri- 
bunaux de première instance et de commerce, et par 
les tribunaux musulmans. 

La chambre criminelle connaît de toutes les affliires 
de la compétence des cours d'assises, directement pour 
la province d'Alger, et sur appel, des jugements rendus 
parles tribunaux de Bône, de Philippcville et d'Oran. 

Tribunaux d«9 première instance. 

Des tribunaux de première instance sont établis: 
1" à Alger : ce tribunal est composé de trois chambres, 
deux chambres civiles et une chambre correctionnelle; 
2»àBlidah; 5" à Oran; i" à IWne; 5" à Philippeville. 

Ces trois derniers trihunaux jugent, mais en premier 
ressort seulement, comme nous l'avons rappelé plus 
d'une fois, les affaires criminelles qui sont, en Erancc, 
do la compétence des cours d'assises. 



ADMIMSTKATIOK GÉNÉRALE. 105' 

Tribunaux de commerce. 

Le tribunal consulaire d'Alger a été longtemps le 
seul tribunal spécial de commerce existant en Algérie, 
celui d'Oran n'ayant été institué que le 5 mai 1842. 
Dans les ressorts de Blidah, Bône, Philippevillo, la 
justice commerciale est administrée par les tribu- 
naux civils de première instance. A Constantine et à 
Mostaganem, cette juridiction est exercée en partie par 
b juge-de-paix; sur d'autres points, par les commis- 
saires civils. Enfin, le tribunal de commerce d'Alger et 
celui d'Oran étaient nommés par ordonnance royale. 

Mais une modification de la plus haute importance 
a été apportée à l'ordre de choses existant , par l'or- 
donnance royale du 24 novembre dernier, qui accorde 
aux commerçants le droit d'élire leurs magistrats : celte 
ordonnance a été mise à exécution à Alger et à Oran ; 
elle est conçue en ces termes : 

«Art. l*''". Les membres des tribunaux de commerce 
de l'Algérie seront élus par ceux des commerçants de 
l'arrondissement du tribunal de première instance où 
doit siéger le tribunal de commerce, qui auront été 
portés sur les listes de commerçanls notables ^ dressées 
par le directeur des affaires civiles de la province , et 
approuvées par le gouverneur-général. 

» Art. 2. Leur nombre sera déterminé pour chaque 
ville ou arrondissement, par des arrêtés spéciaux du 
gouverneur-général, en conseil d'administration. 

» Art. 5. Les membres de chacun des tribunaux de 
commerce de l'Algérie ne pourront être choisis que 
dans la liste formée en vertu de l'article précédent. 



404 COUVEIliNEMENT. 

> Art. 4. Des arrêtés pris par le gouverneur-général 
fixeront l'époque à laquelle ces élections auront lieu 
chaque année. 

^ Art. 5. Les procès-verbaux d'élections seront trans- 
mis, par l'intermédiaire du gouverneur-général de 
l'Algérie, à notre ministre secrétaire d'État de la guerre, 
qui nous proposera l'institution des élus, lesquels ne 
seront admis à prêter serment qu'après avoir été in- 
stitués par nous. 

> Art. 6. En cas de départ ou de récusation légale 
d'un ou de plusieurs juges, si le tribunal ne se trouvait 
plus en nombre pour délibérer, il y serait suppléé par 
l'adjonction d'un ou de plusieurs commerçants, Fran- 
çais ou naturalisés Français, pris sur la liste formée 
en vertu de l'arL 2, et suivant l'ordre dans lequel ils 
y sont portés. 

» Art. 7. L*art. 14 de notre ordonnance du 26 sep- 
tembre 1842 est modifié comme il suit : 

» Les membres des tribunaux de commerce de l'Al- 
gérie sont indéfiniment rééligibles. ils ne peuvent 
rendre jugement qu'au nombre de trois. Ils ne reçoi- 
vent ni traitement, ni indemnité. 

» Un greffier et des commis-grefriers, dont le nom- 
bre est réglé par le ministre de la guerre, sont attachés 
à chaque tribunal de commerce. > 

Tribunaux de paix. 

Ils sont au nombre de 10; savoir: 

Alger, 2, canton sud et canton nord; 

Douera, 1 ; lîIidnh.compienantlioufTarick,! ; Koléah, 1 ; 

Ornn, 1 ; Mostnganem, \ ; 

Constantinc, 1 ; BAnc, \; Philippcvillc, L 



ADMl^dSTUATlOn GÉNÉllALE. i05 

Telle est, prise dans son ensemble, l'organisation 
judiciaire actuelle de l'Algérie. On voit que depuis les 
premiers jours de la conquête, cette branche si impor- 
tante des services publics a toujours, ainsi que toutes 
les autres, tendu à une assimilation progressive aux 
institutions de la métropole. La dernière ordonnance 
que nous venons de rapporter est la manifestation la 
plus sensible de cette tendance , et de l'intention for- 
melle du gouvernement d'y accéder, selon que les cir- 
constances et les dévelopi)ements du pays permettront 
de le faire : il y a donc tout lieu d'espérer que, d'ici à 
peu d'années, notre organisation judiciaire algérienne 
sera complétée par l'application des autres principes et 
des autres institutions qui régissent la France ; savoir : 

L'inamovibilité des juges; 

La création d'une chambre (l'instruction ; 

L'institution de cours d'assises périodiquement en- 
voyées dans les provinces, de manière à éviter cette 
anomalie qui donne, pour les mômes crimes, deux ju- 
ridictions, ou une seule, suivant la localité où ces 
crimes ont été commis; 

Enfin, l'institution du jury, dans la mesure et avec 
les modification qu'exigera la situation particulière 
des populations algériennes. 

Juridiction dans les tcriiloircs mixtes. 

Dans les territoires mixtes (on se rappelle ce qu'il 
faut entendre par ces territoires, dont nous avons parlé 
dans le chapitre qui précède), la justice n'a encore été 
organisée que d'une manière très-incomplète. 

Le seul document officiel qui existe à cet égard e^t 



100 tOLYERNEMENÏ. 

l'arrêté rendu par M. le maréchal duc d'isly, alors gou- 
verneur-général. Cet arrêté, qui porte la date du 5 août 
1845, est conçu en ces termes : 

» Art. 1". La population civile des places, postes et 
camps où l'autorité civile n'existe pas encore, sera 
soumise à la juridiction militaire, jusqu'à ce qu'il en 
ait été autrement ordonné. 

» Art. 2. Le commandant delà place remplira les fonc- 
tions attribuées, dans les autres localités, au commis- 
saire civil et au juge-de-paix. 

» On ne pourra appeler desesjugemens que devant 
le commandant supérieur de la subdivision, dans la- 
quelle sera comprise la place où ils auront été rendus. 

» Art. 5. Un sous-offîcier remplira auprès du comman- 
dant de place l'olïicc de greffier. » 

D'un autre côté, un arrêté du gouverneur-général, 
en date du 7 août 1846, a spécialement commis la 
gendarmerie pour l'exécution des jugements. 

Telle est l'origine et le fondement de la juridiction 
des commandants de place. Bornée dans l'origine aux 
objets qui rentrent dans la compétence des jugcs-de- 
paix, cette juridiction s'étend aujourd'hui à toute es- 
pèce de contestations civiles, soit en premier, soit en 
dernier ressort : il y a même eu des jugements portant 
déclaralion de mise en faillite, l'un des actes les ])lus 
graves de la justice consulaire, (pii est investie de si 
grands pouvoirs. La délimitation des ressorts des tri- 
bunaux civils, en dehors desquels les territoires mixtes 
sont restés, a consacré cctle juridiction d'une manière 
rxplicitc;; «>lle vient cc^pcndant d'être attaquée par un 
jdgciiu'iit riMiMil du triliiiiial d'Oran. 



ADMINISTKATIOÎI GÉNÉKALK. iU7 

Disons toutefois que , pour mettre un terme à ces 
inconvénients, qui n'ont pas échappé à l'attention de 
l'administration supérieure, des crédits ont été de- 
mandés aux chambres pour la création, dans les cen- 
tres les plus importants des territoires mixtes, de 
tribunaux composés d'un juge unique, qui réunirait 
les attributions des tribunaux de première instance et 
des tribunaux de paix , mais en matière civile seule- 
ment. 11 est à croire que cette institution se réalisera 
et commencera à fonctionner dans le courant de la pré- 
sente année. 

OFFICIERS MINISTÉRIELS. 

Bien que l'on trouve dans les actes officiels du Gou- 
vernement, qui remontent aux premières époques de 
la conquête, la preuve qu'il existait à Alger des offi- 
ciers ministériels , pareils à ceux qui exercent devant 
nos tribunaux, ce n'est qu'à l'année 1855 que l'on peut 
rapporter la création positive de ces offices. 

Un arrêté du comte d'Erlon, alors gouverneur-gé- 
néral , est le premier qui s'occupe du règlement de cette 
branche si importante de l'administration de la justice. 
Nous allons, comme nous l'avons fait jusqu'à présent, 
exposer les diflerentes phases qu'elle a parcourues. 

Défenseurs. 

Les tribunaux de l'Algérie n'étant pas institues sur 
les mêmes bases que ceux de France , on ne voulut pas 
admettre un barreau régulièrement organisé ; et comme 
on espérait aussi, sinon s'affranchir des formes de la pro- 



i08 GOUVERNEMENT. 

cédure, du moins les abréger considérablement, on ne 
jugea pas à propos d'établir des avoués; on confondit 
les deux ministères d'avocat et d'avoué en un seul, et 
l'on donna à ceux qui en furent pourvus le titre de dé- 
fenseurs. 

L'article 1" de l'arrêté du 27 janvier 1855 défi- 
nissait ainsi les attributions de ces officiers : 

Les défenseurs sont chargés de représenter les 
parties devant tous les tribunaux institués dans les 
possessions françaises du nord de l'Afrique, par l'or- 
donnance royale du 10 août 1854. 

Ils ont seuls qualité pour plaider et conclure, faire 
et signer tous les actes nécessaires à l'instruction des 
causes civiles ou commerciales, jusqu'à jugement défi- 
nitif; défendre les accusés ou prévenus devant les 
tribunaux criminels, correctionnels; le tout sans pré- 
judice du droit des parties de se défendre elles-mêmes, 
et de l'exécution de l'article 205 du Code d'instruction 
criminelle. 

Ces défenseurs étaient nommés et commissionnés 
parle gouverneur-général; ils étaient assujettis à un 
cautionnement de huit mille francs pour Alger, de trois 
mille pour Hônc et Oran : leur nombre était do douze 
pour la première de ces villes, de quatre pour la se- 
conde, de trois pour la troisième. Les restrictions qui 
leur étaient imposées ne dilTéraient pas, du reste, de 
celles en usag(; pour la profession d'avocat et d'avoué. 

Des modilicalions de peu d'importance furent appor- 
tées aux dispositions de cet arrêté du gouverneur-gé- 
néral , par un arrêté (hi minisire de la guerre, en 
date du 2() novemhro iSil. 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 409 

Les cautionnements des défenseurs furent réduits 
à quatre mille francs pour Alger, à deux mille pour 
les autres résidences. Ils étaient nommés par le 
ministre de la guerre, sur la proposition du procu- 
reur-général; « tout traité pour la cession ou trans- 
mission de titres ou clientèles, à quelque époque qu'il 
apparaisse, et alors même qu'il n'aurait pas été suivi 
d'eiïot, entraînera ( ce sont les propres tt^mes de 
l'arrêté), la révocation , soit du défenseur encore en 
exercice , soit de son successeur, si la nomination 
avait suivi le traité. * Nous rapportons à dessein les 
termes même de l'arrêté , afin de faire connaître l'in- 
tention, dès lors nettement manifestée par le Gouver- 
nement, et rigoureusement maintenue depuis, de ne 
pas permettre, en Algérie, la vénalité des charges. 

Tout aspirant au litre de défenseur doit : 1° être âgé 
de vingt-cinq ans accomplis et jouir des droits civils 
et politiques; 2° avoir obtenu le diplôme de licencié en 
droit, et, en outre, justifier de deux années de travail 
dans l'étude d'un avoué en France, ou d'un défenseur 
en Algérie; 5° être Français ou résidant depuis cinq 
ançées consécutives en Algérie; 4° avoir satisfait à la 
loi du recrutement; 5° justifier de sa moralité. 

Notaires. 

Depuis le commencement de notre établissement, il 
existait, à Alger, des notaires; et, plus d'une fois, le 
ministre de la guerre avait eu à pourvoir à des nomi- 
nations, soit pour remplir des offices nouveaux, soit 
par suite de vacance dans les offices anciens : cepen- 
dant le notariat n'a été réellement institué en Algérie 
que par un arrêté du ministre de la guerre, en date 



no GOUVEUNEME?(r. 

du 50 décembre 1842. En voici les dispositions prin- 
pales ; nous les rapportons avec quelques détails, parce 
qu'elles nous ont paru être, pour beaucoup de person- 
nes, d'un véritable intérêt. 

Des olïiciers publics, sous le titre de notaires, sont 
institués en Algérie pour y recevoir tous les actes et 
contrats auxquels les parties doivent ou veulent faire 
donner le caractère d'autbenticité attaché aux actes 
de l'autorité publique, pour en conserver le dépôt, en 
délivrer des grosses et expéditions, et remplir toutes 
autres fonctions qui sont attribuées aux notaires de 
France; le tout conformément aux dispositions ci-après: 

Les notaires continueront d'être nommés, et, lors- 
qu'il y aura lieu , révoqués par le ministre de la guerre, 
sur le rapport du procureur-général. 

L'arrêté de nomination fixera la résidence dans la- 
quelle ils devront s'établir. 

A l'avenir, nul ne pourra être nommé notaire : 

1" S'il n'est Français ; 

2° S'il n'est âgé de vingt-cinq ans accomplis ; 

5" S'il n'a satisfait à la loi du recrutement ; 

4" S'il ne jouit de ses droits civils et civiques; 

5° Si, hors les cas de dispense prévus, il ne justifie 
de l'accomplissement du temps de stage ou de travail 
dans une étude de notaire, exigé par le même article. 

Le temps de travail, requis par le n°5 du piécédent 
article , sera de cinq années entières et consécutives , 
dont une au moins, en qualité de jnemier clerc, dans 
l'élude d'un notaire de France ou de l'Algérie. 

Pourront être dispensés (h; la justification de tout ou 
partie du lcnq)s de stage, réglé par le présent article : 



ADMINISTRATION CÉNÉRAIJl. \\\ 

{" Les avocats, avoués ou défenseurs ayant exercé 
leur profession, soit en France, soit en Algérie, pen- 
dant plus de deux années ; 

^'^ l.es aspirants qui auraient rempli, pendant cinq 
années au moins, des fonctions administratives ou 
judiciaires; 

5" Ceux qui auraient précédemment exercé la [iro- 
fession de notaire en Algérie ou en France. 

Tout aspirant à l'emploi de notaire devra , lors même 
qu'il se trouverait dans l'un des cas de dispense du 
stage spécifiés en l'article précédent, se pourvoir préa- 
lablement, à l'etïet d'obtenir un certificat de moralité 
et de capacité. 

Ce certificat sera délivré par une commission for- 
mée, à Alger, parle procureur-général, qui désignera, 
pour la composer, l'un des magistrats altacbés aux 
tribunaux d'Alger, et deux des notaires en exercice dans 
la même résidence. 

Cette commission, présidée par le magistrat qui 
aura été désigné pour en faire partie , procédera à 
l'examen de la capacité du candidat, après vérification 
des pièces fournies par celui-ci, et information sur sa 
moralité. Elle dressera du tout procès-verbal, et déli- 
vrera ensuite, s'il y a lieu, le certificat de moralité et 
de capacité. 

En cas de refus, la délibération motivée , que la com- 
mission sera tenue de prendre, sera adressée par son 
président au procureur-général qui la transmettra , 
avec son avis personnel, au ministre de la guerre, en 
même temps que la demande de l'aspirant, et les piè- 
ces produites à l'appui. 



112 GOUVKHNEMEÎJT. 

Nonobstant le refus du certificat , le ministre de la 
guerre restera juge des titres du candidat. 

Pourront, au surplus ,étre dispensés de l'accomplis- 
sement des conditions prescrites par le présent article, 
les aspirants qui produiraient un certificat de moralité 
et de capacité, à eux délivré conformément à l'article 
^iodc la loi du 25 ventôse an XI, par la Chambre de 
discipline des notaires de leur dernière résidence on 
France. 

Les notaires sont assujettis à un cautionnement pro- 
visoirement fixé, savoir : pour ceux de la résidence 
d'Alger, à six mille francs; pour ceux des autres loca- 
lités, à quatre mille francs. 

Ce cautionnement, qui devra être fourni en numé- 
raire, sera, spécialement et par premier privilège, 
affecté à la garantie des condamnations qui pourraient 
être prononcées contre le titulaire, à raison de l'exer- 
cice de ses fonctions. 

Les ofTices des notaires sont incessibles; il ne pourra 
être traité, sous aucun prétexte, à prix d'argent, ou 
moyennant tout autre prix , quelle qu'en soit la nature, 
soit par le titulaire, soit par ses héritiers ou ayant- 
cause, de la cession de son litre et de sa clientelle , sauf 
néanmoins en ce qui concerne les recoi.vrements. 

Les actes seront reçus par le notaire, en présence 
de deux témoins; et , s'il s'agit d'un testament par acte 
public, en présence de quatre témoins mâles, majeurs, 
européens, ayant au moins une année de résidence en 
Algérie, jouissant d(î leurs (h'oils civils, sachant si- 
gner, et, autant qu'il se pouira, parlant la langue 
française. 



ADMIMSTliATION GÉNÉIIALK. i 15 

Les mômes témoins ne pourront être Iial>ituellemeiit 
employés. 

Le tout sans préjudice de la faculté accordée par 
les lois aux notaires, de procéder, sans assistance de 
témoins, à certains actes pour lesquels ils sont com- 
mis par les tribunaux. 

Les notaires devront, en outre, tenir un registre 
particulier, qui sera visé, coté et paraphé , et sur le- 
quel ils inscriront, à la date du dépôt, les noms, pré- 
noms, professions, domiciles et lieux de naissance des 
personnes qui leur remettront un testament olographe; 
ce registre ne fera aucune mention de la teneur du 
testament déposé; il sera soumis, de même que le 
répertoire, au visa des préposés de l'enregistrement. 

Si, à l'époque où ils auront connaissance du décès 
de la personne dont le testament olographe aura été 
déposé en leur étude, aucune partie intéressée ne se 
présente pour requérir l'exécution de l'article i007 du 
Code civil , ils devront eux-mêmes faire les diligences 
nécessaires pour la présentation dudit testament au 
président du tribunal de première instance du ressort, 
après en avoir donné avis au procureur du roi. 

Dans le même cas, les notaires établis dans les lieux 
où il n'existe pas de tribunal de première instance ^ 
et à la distance de plus de cinq myriamètres du 
siège de ce tribunal, seront autorisés à présenter le 
testament au juge-de-paix, et s'il n'y a pas de justice- 
de-paix, au commissaire civil de leur résidence, qui 
le fera parvenir, clos et cacheté, au président du tri- 
bunal, par l'intermédiaire du procureur du roi, et qui 
pourra même en faire l'ouverture si les communications 

8 



114 COUVERNEMEXT. 

étaient interrompues entre le lieu de leur siège et le 
chef-lieu judiciaire. Seront également autorisés , les 
notaires, établis à plus de cinq myriamètres de distance 
de la ville où siège le tribunal de première instance du 
ressort, à présenter dans le cas prévu par le 2^ alinéa 
de l'article 1007 du Code civil, les testaments mysti- 
ques reçus par eux, soit au juge-de-paix, soit à dé- 
faut de juge- de -paix, au commissaire civil de leur 
résidence, lequel pourra faire l'ouverture desdits tes- 
taments, en présence des témoins signataires de l'acte 
de suscription qui se trouveront sur les lieux, ou eux 
dûment appelés. 

Indépendamment du répertoire et du registre pres- 
crits par les dispositions précédentes, les notaires tien- 
dront un registre, coté, paraphé, soumis au visa or- 
dinaire des préposés de l'enregistrement, et sur lequel 
ils devront mentionner, jour par jour, par ordre de 
dates, sans blancs, lacunes ni transports en marge: 
1° toutes les sommes ou valeurs qu'ils recevront en 
dépAt, à quelque titre que ce soit; 2" les noms, pré- 
noms, professions et demeures des déposants; 5** la 
date (les dépAts; 4° l'emploi qui aura été fait des valeurs 
déposées. 

Sont, au surplus, rendues communes aux notaires 
de l'Algérie, sauf les modifications qui précèdent, ou 
qui sont ou seraient ultérieurement établies par la 
législation spéciale du pays , les dispositions des lois 
et n'gloinents de France, relatifs à la forme des ac- 
tes notariés, à leur effet, et aux formalités à remplir 
par les notaires, notamment celles des articles 8, 10, 
12, 13 à 18, 20 à 27, 20, 30 et 08, de la loi du 25 



ADMINISTRATION CÉNÉftALE. H5 

ventôse an XI;97i à 977,979, 1517 à 1520 du Code 
civil. 

Huissiers. 

Les offices d'huissiers ont été réglés en même temps 
que ceux des défenseurs, d'après les mêmes principes. 
Il existe un arrêté de l'intendant civil, en date du 
8 octobre 1852, qui supprime le traitement qui leur 
avait été accordé, à ce qu'il paraît, jusqu'à cette époque. 

L'arrêté du 27 janvier 1855, dont nous avons parlé 
plus haut, à l'occasion des défenseurs, fixait le cau- 
tionnement des huissiers à 4,000 francs pour Alger, 
et 2,000 francs pour Bône et Oran ; l'arrêté du minis- 
tre de la guerre, en date du 26 novembre 1842, qui 
a définitivement réglé l'exercice et la discipline de la 
profession d'huissier en Algérie, diminua le taux de 
ce cautionnement, et le fixa pour Alger à 1500 francs, 
et pour les autres arrondissements, à 1,200 francs. 

D'après ce même arrêté, nul ne peut être admis 
aux fonctions d'huissier, s'il n'est Français ou domi- 
cilié en Algérie, depuis plus de cinq ans: s'il n'est âgé 
de 25 ans accomplis; s'il ne jouit de ses droits civils et 
civiques; s'il n'a satisfait à la loi du recrutement; s'il 
n'a travaillé, pendant deux années au moins, soit 
dans un greffe, soit dans l'étude d'un avoué, d'un dé- 
fenseur, d'un notaire ou d'un huissier; s'il ne justifie 
de sa moralité. 

Les huissiers, nommés comme les autres officiers mi- 
nistériels par le ministre de la guerre, peuvent aussi être 
révoqués par lui : tout traité pour la cession ou trans- 
mission de titres ou clientelle, est interdit, sous les 



416 GOUVERNEMENT. 

mêmes peines que celles que nous avons déjà fait con- 
naître. 

Le Code de procédure civile ayant été rendu appli- 
cable, sauf quelques modifications, à l'Algérie, les dis- 
positions des lois, ordonnances et règlements établis 
en France pour ces officiers, leur sont également appli- 
quées en Algérie. 

Commissaires-priseurs. 

Le premier acte légal qui fasse mention de ces offi- 
ciers est un arrêté du général en chef, du 9 novembre 
1850, portant qu'il serait créé pour la ville d'Alger, 
deux emplois de commissaires-priseurs, dont l'un sera 
exercé par un Français et l'autre par un hébreu. 

La rétribution allouée pour frais de vente, etc. , était 
de deux pour cent. 

Onze ans après, un arrêté ministériel en date du 
1er juin j^4| ^ YJnt régler l'exercice de la profession de 
commissaire-priseur: nous ne rapporterons que quel- 
ques-unes des dispositions de cet arrêté qui, du reste, 
ne diffère pas beaucoup des règlements établis en 
France. 

Les ventes sont faites au comptant; le commissaire- 
priseur est responsable do la réalisation immédiate du 
produit. 

Nul ne sera admis aux fonctions de commissaire- 
priseur, s'il n'est Français ou domicilié en Afri(iuc de- 
puis pins do v\iu\ mus; s'il n'a satisfait aux lois sur le 
recruti'UKîiil de l'armée ; s'il n'est Agé de 25 ans accom- 
plis; s'il ne justifie de sa moralité. 

Los droits do vente des commissaires-priseurs sont 



I 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 117 

de 7 1/2 pour cent, excepté pour les ventes aux enchè- 
res de navire, agrès ou apparaux et de marchan- 
dises ou effets quelconques, par suite de faillites, de 
sauvetage, d'avarie, de liquidation forcée et délaissé 
pour compte : dans ces circonstances leurs droits sont 
de 5 0/0 jusqu'à 5,000 francs, — 2 0/0 de 5 à 10,000, 
— 1 1/2 0/0 au dessus de 1 0,000 francs. 

Il y a entre les commissaires-priseurs de la même 
résidence, une caisse commune- dont les fonds sont 
affectés, comme garantie spéciale, au paiement des 
deniers produits par les ventes. 

Les charges de ces officiers sont incessibles comme 
celles des défenseurs, des notaires, etc. 

Curateurs aux successioDS vacantes. 

Nous croyons devoir ranger dans la catégorie des 
officiers ministériels, les curateurs aux successions va- 
cantes, institués par l'ordonnance royale du 26 décem- 
bre 1842. 

La composition toute particulière des populations 
de l'Algérie, le délaissement subit où se trouvaient 
les successions des personnes décédées, étrangères au 
pays , et qui le plus souvent n'avaient pas leurs familles 
autour d'eux, ont amené l'autorité à penser qu'il était 
nécessaire de prendre des précautions spéciales pour 
sauvegarder l'intérêt des familles. 

C'est à ce vœu qu'a répondu l'ordonnance préci- 
tée, en établissant d'une manière définitive des curateurs 
aux successions vacantes permanents, et qui, nommés 
par le procureur-général, sont placés sous la surveil- 
lance de ce magistrat, ou de ses délégués. 



118 COUVEUNEMENT. 

Les mesures les plus précises sont indiquées par 
l'ordonnance, pour que l'avis exact des décès survenus 
parvienne sans délai aux curateurs, qui doivent de suite 
faire les diligences nécessaires. 

Les deniers provenant des successions vacantes sont, 
au fur et à mesure de leur rentrée, versés à la caisse 
du receveur des domaines, qui demeure chargé d'ac- 
quitter les dépenses sur pièces visées et en règle. Les 
honoraires et autres frais sont fixés d'après un tarif 
annexé à l'ordonnance qui , au moyen de ces précau- 
tions et d'autres qu'il serait inutile de rapporter ici, 
a été pour beaucoup de familles un véritable bienfait. 

CULTES. 

CHlie catholique. , 

En même temps que la France s'emparait d'Alger, et 
se préparait à y fonder un établissement durable, le 
christianisme reparaissait avec elle dans cette partie 
de l'Afrique, où il avait jadis jeté un si vif éclat, et où 
il alaissé de nombreuxvcstiges que nous retrouvons tous 
les jours; aussi est-il vrai de dire, surtout en se re- 
portant à l'époque où l'expédition d'Alger a été déci- 
dée, que la religion non moins que la politique l'avait 
inspirée; et peut-être est-ce par ce double motif que 
cette expédition a été un événement si considérable et 
qu'il a causé une si vive émotion dans le monde. 

Toutefois la tolérance, qui est aussi un de nos prin- 
cipes sociaux et politiques, ne permettait pas au gou- 
vernement d'annoncer d'une manière trop éclatante 
cette prise de possession rcligieuso. Les diilicultés qui 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 119 

assaillirent notre établissement naissant, les révoltes 
qui surgissaient, de toutes parts et tous les jours, contre 
une armée encore faible et placée au milieu d'un pays 
exclusivement musulman et très-fanatique, toutes ces 
circonstances devaient commander à Tadministratioii 
la plus grande prudence. Il n'est donc pas étonnant que 
pendant les premières années, il n'ait pas été donné 
une attention bien active aux afl'aircs religieuses : on 
se borna à pourvoir d'une manièi-c à peu près suffi- 
sante aux besoins les plus indispensables du culte; la 
population catholique, encore peu nombreuse, n'exi- 
geait pas plus. 

Mais après la prise de Constantine, notre position en 
Afrique s'étant considérablement agrandie et assurée, 
des négociations furent ouvertes, sous le ministère de 
M. le comte Mole, avec la cour de Rome, à l'effet d'ob- 
tenir les bulles nécessaires pour l'érection à Alger d'un 
évêché , dont la circonscription embrasserait toutes nos 
possessions dans le nord de l'Afrique, et qui formerait un 
diocèse suffragant de la métropole d'Aix; ces bulles 
furent obtenues le 9 août 1858; et le 25 du même mois 
parut l'ordonnance royale, qui en autorisait la publica- 
tion et prescrivait la formation de Tévèché d'Alger. 

Peu de jours après, c'est-à-dire le 15 octobre sui- 
vant, la nomination du premier évêque d'Alger (M. l'abbé 
Dupuch) fut officiellement annoncée, et le siège épis- 
copal d'Alger régulièrement constitué. Sept ans après, 
M. l'abbé Dupuch, s'étant démis de ses fonctions, 
M. l'abbé Pavy fut désigné pour le remplacer. 

L'ordonnance dont nous avons indiqué plus haut la 
date, celles qui ont successivement pourvu à la nomi- 



120 GOUVERNEMENT. 

nation et à l'installation de ces deux prélats, une autre 
ordonnance qui a autorise la formation d'une école se- 
condaire ecclésiastique, diverses ordonnances rendues 
pour agréer les nominations aux canonicats ou aux 
fonctions de vicaires-généraux, nominations faites par 
l'évôché; tels senties seuls actes officiels publiés en 
Algérie pour régulariser la constitution religieuse de 
ce pays. Le concordat de 1802 n'ayant pas non plus été 
formellement promulgué, il en résulte que les cures suc- 
cessivement établies pour les besoins des cultes, ne sont 
pas constituées de la même manière qu'en France, et que 
les prêtres qui en sont pourvus ne sont considérés que 
comme desservants. 

Quoi qu'il en soit, la religion n'a point fait défaut à 
nos populations naissantes; et voici en résumé le ta- 
bleau des institutions existantes aujourd'bui, et qui se 
groupent autour du siège épiscopal. 

Deux vicaires-généraux, agréés par le Roi; un cha- 
pitre composé de huit chanoines, parmi lesquels^est 
choisi l'archiprêtre de la cathédrale; soixante prêtres 
desservant les églises do l'Algérie, les hôpitaux ci- 
vils et militaires ; 

Un grand séminaire pour la préparation et l'ordi- 
nation des jeunes ecclésiastiques, à Alger; 

Un petit séminaire autorisé pour cent élèves : cet 
établissement installé à la Houzaria , près d'Alger, 
compte déjà plus de quarante élèves; 

Une maison d'orphelins à Hen-Acknoun, ])rès de 

Dély-lbrahim ( (I kilom. d'Alger) : cet établissement, 

dirigé par M. l'abbi' Itrumauld, et subventionné par 

l'adMiinislralion , est administré avec le zèlclo,i„o 

pius 



ADMINISTRATIO.^ GÉNÉUALE. 121 

actif et la plus haute intelligence; il renferme plus 
de 200 enfants qui y trouvent, avec l'éducation morale 
et religieuse la mieux, réglée , les soins les plus pater- 
nels et un excellent apprentissage pour se former, soit 
aux travaux agricoles, soit pour les professions méca- 
niques; 

Une maison d'orphelines, fondée par Ms' Dupuch , à 
rancien consulat de Danemarck , et tout récemment 
transportée, par les soins de l'administration, dans 
l'ancien palais de Mustapha. — Cette maison est dirigée 
par les sœurs de Saint-Vincent-de-Paul; elle donne 
asile dans son enceinte à plus de deux cents jeunes 
fdles, qui y reçoivent les soins les plus touchants et 
l'éducation la plus convenahle , jusqu'à ce qu'il ait été 
pourvu à leurétablissement. La même maison entretient 
en outre , au dehors, environ trois cents jeunes enfants 
que la misère confie chaque jour à Tinépuisable charité 
des sœurs. 

Cet étabhssement a été long-temps soutenu par les 
soins actifs et dévoués des dames d'Alger, réunies en 
une société , qui a eu pendant plusieurs années pour 
présidente , madame la générale de Bar : il va dans peu 
de temps passer sous la surveillance d'une administra- 
tion spéciale; 

Une maison de miséricorde, dirigée par les sœurs 
de Saint- Vincent-de-Paul, à Alger. — Elle a des classes 
gratuites qui sont fréquentées par plus de six cents 
jeunes lilles : elle distribue des secours en nature à 
un grand nombre de pauvres, visite et soulage les ma- 
lades, dans la ville et les faubourgs. Un médecin (M. le 
docteur de Grand-Boulogne), attaché à la maison , 



122 COUVEllNEMENT. 

donne chaque jour des consultations gratuites à un 
grand nombre de malades pauvres, de toute religion et 
de tout pays, qui reçoivent aussi gratuitement les 
remèdes ordonnés par le médecin; 

Une maison de sœurs de la doctrine chrétienne, à 
Bah-Azoun, pour l'éducation et l'instruction des jeu- 
nes fdles. — Une salle d'asile est jointe à cette mai- 
son; 

Les dames, dites du Sacré-Cœur, à Mustapha. — Elles 
tiennent un pensionnat de jeunes demoiselles, elles ont 
de plus une école gratuite; 

Les dames du Bon-Pasteur, à El-Biar. — Ces dames 
appartiennent à rinstitution si pieuse, formée pour la 
régénération morale des fdles repenties : elles tiennent 
en outre un pensionnat; 

Une maison de sœurs de la doctrine chrétienne à 
Philippcville, une à Bône, une à Constantine; à cha- 
cune de ces maisons est joint un petit hôpital ou infir- 
merie, dans lequel sont traités des malades civils; 

Des sœurs trinitaircsà Oran : elles y ont institué un 
pensionnatet une école gratuite : ellesdonnent en outre 
des soins aux malades indigènes; 

A Ténès, des sœurs ursulines, qui se dévouent là, 
comme dans toutes les maisons de leur ordre, à l'édu- 
cation des jeunes filles; 

Enfin à Staouëli, les pères de la Trappe ont fondé, 
sur une vaste propriété qui leur a été concédée par le 
gouvernement, et aussi avec son assistance, un ma- 
gnifique nionastère, et une grande exi)loitalion ru- 
rale destinée h servir de modèle pour l'Algérie. (Voir 
Staouëli.) 



ADMIJJISTIUTION CÉNÉRALIl. 1"?5 

Culte protHStant. 

Peu de temps après que le culte catholique eut été 
organisé par l'érection de l'évêché d'Alger, on s'occupa 
de régler l'organisation du culte protestant. Une ordon- 
nance royale, en date du 51 octobre 1859, pourvut 
à cette organisation ; en voici le texte : 

Art. 1". Il y aura à Alger une église consisloriale pour le 
culte protestant. Le consistoire sera composé d'un pasteur et de 
douze anciens. Le pasteur présidera le consistoire. 

Art. 2. Les anciens seront nommés , pour la première fois, 
par le gouverneur-général , et choisis parmi les notables protes- 
tants (iomiciliés à Alger. Dans la suite , ils seront nommés et re- 
nouvelés conformément à la loi du 18 germinal an x. 

Art. 3. Il pourra être établi, par ordonnances royales, des 
oratoires du culte protestant sur les différents points de l'Algérie 
où la nécessité s'en ferait sentir; des pasteurs auxiliaires du con- 
sistoire d'Alg<;r seront attachés ù ces oratoires. 

Art. -i. Le traitement du pasteur d'Alger est fixé à trois mille 
francs ; celui des pasteur s auxiliaires sera de mille cinq cents fraucs. 

Ces traitements seront payés sur les fonds du département de 
la guerre. 

Art. 5. Le pasteur d'Alger et les pasteurs auxiliaires seront 
élus dans les formes ordinaires par le consistoire, et leur élection 
confirmée par nous , s'il y a lieu , sur la proposition de notre garde- 
des-sceaux , ministre secrétaire d'État de la justice et des cultes, 
qui devra se concerter préalablement avec notre ministre secré- 
taire d'État de la guerre. 

Art. G. Notre ministre secrétaire d'État de la guerre et notre 
garde-des-sceaux , ministre de la justice et des cultes , sont char- 
gés, chacun en ce qui les concerne , de l'exécution de la présente 
ordonnance. 

M. Sauttcr, qui, depuis deux ans, remplissait à 
Alger les fonctions dg pasteur provisoire, ayant été 



124 COUVÉRNEMENT. 

élu par le consistoire, en vertu des dispositions de 
l'ordonnance précitée , une ordonnance royale, rendue 
le 20 janvier 1840, confirma la nomination de ce pas- 
teur (1). 

Les bases de l'établissement du culte protestant ayant 
été ainsi posées, divers oratoires furent créés succes- 
sivement. 

40 juillet 4842. Ordonnance royale qui établit à 
Oran un oratoire du culte réforme, et à Dély-lbrabim 
un oratoire du culte de la confession d'Augsbourg, 
qui relève du consistoire d'Alger, mais qui reste sou- 
mis à la discipline de l'église de la confession d'Augs- 
bourg, ainsi qu'aux lois, règlements et usages qui la 
régissent. 

4 février 4844. Ordonnance royale qui établit à Phi- 
lippeville un oratoire du culte réformé. 

La faiblesse numérique de la population protestante, 
qui ne s'élève pas à plus de 5,000 individus pour toute 
l'Algérie, est sans doute le motif qui a cmpêcbé l'ad- 
ministration de créer un plus grand nombre d'ora- 
toires; ils sont, comme on vient de le voir, au nombre 
de quatre; Alger, Dély-lbrabim, qui comprend aussi 
Douera, Oran, Pliilippeville. 

Cullo nuisulinan. 

( Voir, à la fin de fANMAiiiE, le cbapitre spécial consa- 
cré aux inlérôts indigènes.) 



(t) M.Sauicrs*e»l<iémis depuis de ccironclionsquNI avait remplies 
pendant hix années. Il n'a pus itâ remplacé. 



ADMINIRTUATION GÉNÉRALE. 125 

CuUe Israélite. 

Le culte Israélite ou mosaïque n'a été organisé, en 
Algérie, que par une ordonnance du 9 novembre 1845, 
promulguée le 50 décembre suivant. Cette ordonnance, 
qui a été délibérée en conseil d'État, et qui est rendue 
sur le rapport des deux ministres de la justice et de la 
guerre, est en grande partie la reproduction des lois 
qui régissent en France ce même culte ; nous nous 
bornerons à en rapporter ici les dispositions princi- 
pales : 

Il y aura en Algérie un cousisloire algérien el des consistoires 
provinciaux. Le consistoire algérien siégera à Alger ; les cousis» 
toires provinciaux, au nombre de deux, siégeront, l'un à Oran , 
el l'autre à Coustantine. 

L'autorité du consistoire algérien s'étendra sur toutes les 
possessions françaises du noid de l'Afrique. Celle des consistoires 
provinciaux s'exercera resiicctivement dans la circonscription 
de leurs provinces. 

Le consistoire algérien sera composé de quatre membres 
laïques et d'un grand rabbin , et chaque consistoire provincial 
de trois membres laïques et d'un rabbin. Les consistoires seront 
présidés par un des membres laïques ; ils ne pourront délibérer 
qu'au nombre de trois membres au moins. En cas de partage, la 
voix du président sera prépondérante. 

Les membres laïques du consistoire algérien et le grand 
rabbin seront nommés par nous , sur la proposition de notre minis- 
tre secrétaire d'État au département de la guerre. Les rabbins des 
consistoires provinciaux seront nommés par notre ministre de la 
guerre. Le président du consistoire algérien , les présidents et 
les membres laïques des consistoires provinciaux seront égale- 
ment nommés par notre ministre de la guerre , sur la présen- 
tation du gouverneur-général , et , en outre , pour les membres 
laïques des consistoires provinciaux , sur l'avis du consistoire 
algérien. 



12() GOUVERNEMENT. 

Les membres laïques du consistoire algérien seront nommés 
pour quatre ans et renouvelés par moitié tous les deux ans. Les 
membres laïques des consistoires provinciaux seront nommés 
pour trois ans et renouvelés par tiers chaque année. Lors du pre- 
mier renouvellement du consistoire algérien , et lors des deux 
premiers renouvellements de chacun des consistoires provin- 
ciaux, les membres sortants seront désignés par la voie du sort. 
Le rang d'ancienneté réglera ensuite, à chaque opération, la 
série des membres sortants. Les membres sortants pourront être 
de nouveau appelés aux mêmes fondions. 

Les traitements et frais de logement du grand rabbin du 
consistoire algérien et du rabbin des consistoires provinciaux , 
ainsi que les frais d'administration du consistoire algérien , seront 
à la charge de l'État. 

Les membres des consistoires, au jour de leur installation, 
prêteront , en levant la main , le serment suivant : « Devant le 
» Dieu tout-puissant, créateur du ciel et de la terre, qui défend 
» de prendre son nom en vain , et qui punit le parjure , je jure 
» fidélité au roi des Français, obéissance aux lois, ordonnances 
» et règlements publiés ou qui seront publiés par son gouverne- 
» ment. » 

Les fonctions des consistoires sont de maintenir l'ordre 
dans rintérieur des synagogues, de veiller à ce que, pour 
cause ou sous prétexte de religion , il ne sn forme , sans une au- 
torisation expresse , aucune assemblée de prières ; do nommer 
les desservants du temple et autres agents du culte , notamment 
les schohcts ; de veiller à ce que les familles envoient leurs enfants 
dans les salles d'asile et dans les écoles , et de prendre les mesu- 
res qui paraîtront nécessaires à cet effet ; d'encourager les Israé- 
lites à l'exercice des professions utiles et plus particulièrement 
des travaux agricoles; de surveiller l'emploi des sommes desti- 
nées aux frais du culte , des salles d'asile cl des écoles qui seront 
établies en vertu de la section 2 de la présente ordonnance , et à 
lou.s autres frais de même natunî. 

Les fonctions du grand rabbin et des rabbins sont d'ensei- 
gner la religion, de rappeler, en toute circonstance, l'obéissance 



ADMÏMSTRATION GÉNÉRALE. 127 

aux lois , la fidélité à la France et le devoir de la défendre ; d'of- 
ficier, de faire les prédications, de réciter les prières pour le Roi 
et la famille royale dans toutes les synagogues de leur circon- 
scription ; d'assister aux inhumations et de célébrer les mariages 
religieux ; d'inspecter les salles d'asile et les écoles Israélites qui 
seront établies , et d'y surveiller l'enseignement religieux. Dans 
les synagogues où il n'y a pas de rabbins , ou en leur absence, 
les ministres officiants remplissent les fonctions des rabbins. 

Il sera créé, en Algérie , des salles d'asile et des écoles pour 
les Israélites des deux sexes. 

Ces salles d'asile et ces écoles seront établies dans des 
locaux fournis, à cet effet, par r.\drtiinistration. Elles seront 
entretenues au moyen des subventions des consistoires , des ré- 
tributions des élèves payants, et, s'il y a lieu, des subventions 
qui pourront être accordées par le gouvernement. 

Les salles d'asile et les écoles Israélites seront placées sous 
la surveillance de l'Administration , qui prendra l'avis des con- 
sistoires pour la nomination et la révocation des maîtres , les me- 
sures de discipline , les matières de l'enseignement et la création 
des comités des écoles. L'enseignement comprendra rinstruction 
religieuse et l'étude de la langue française. 

Les consistoires d'Alger et d'Oran ont été formés et 
organisés conformément aux dispositions de cette or- 
donnance. 

Instruction publique. 

Aucune mesure d'ensemble n'a été prise pour l'or- 
ganisation de l'instruction publique en Algérie; c'est 
par des décisions particulières que l'on a pourvu aux 
besoins de ce service , au fur et à mesure qu'ils se 
m anifestaient. 

Une ordonnance du Roi, en date du 15 avril 1859, 



\ 28 COUVEUNEMEf^T. 

avait établi en principe que les fonctionnaires de l'in- 
struction publique qui, avec l'autorisation du ministre 
chargé de ce département, seraient attachés aux éta- 
blissements d'instruction publique ouverts en Algérie, 
conserveraient tous les droits de membres de l'Uni- 
versité. 

Une ordonnance, en date du 14 juillet 1844, a com- 
pléta ce système, en décidant: 

1** Qu'à l'avenir, il serait pourvu aux fonctions va- 
cantes d'inspecteur chargé de surveiller tous les éta- 
blissements d'instruction publics ou privés en Algérie, 
d'inspecteur des écoles primaires, de principal, régents 
et maîtres d'études du collège d'Alger , par le ministre 
de l'instruction publique, qui se concertera avec le 
ministre de la guerre; 

^^ Que nul ne pourra être nommé inspecteur, chef 
du service de l'instruction publique en Algérie (1), s'il 
ne remplit les conditions prescrites par l'ordonnance 
du 29 septembre 1852; que cet inspecteur jouirait 
du rang et des prérogatives d'inspecteur d'académie ; 

5° Que les gradués qui , sans avoir appartenu au 
cor[)s enseignant, seraient appelés, à l'avenir, au 
collège d'Alger pour y remplir une chaire de sciences, 
de lettres, de grammaire, seraient reconnus comme 



(1) CiCllc ordoniiuiicc a iinniinéinciil élcndu ces mfimcs avanlagcs 
au funclionriairc qui était, à cette époque, délégué on Algérie pour la 
surveillance des établissements d'instruction publics ou privés. CeUo 
faveur, ou jdutAt celte justice, était bien due aux lonj^s el honorables 
services de M. Lepcscbeux , (|ui n-niplissait depuis douze ans , et qui 
remplit encore aujourd'hui, les fonctions d'inspecteur de linslruclion 
publique. 



ADMINISTRATION GÉNÉUALi:. 120 

Les uns et les autres ne sont valables que pour 
l'Algérie. 

Enfin, un arrêté ministériel du 9 septembre 4846, 
se fondant sur l'art. 17 de la loi du 28 juin 1835, 
qui cependant n'a pas été rendue applicable à l'Algérie, 
a placé chacun des établissements d'instruction pri- 
maire sous la surveillance d'un comité local, compose 
du maire ou adjoint, du juge-de-paix, du curé ou 
pasteur, et d'un ou de plusieurs notables. 

En l'état, l'instruction publique en Algérie est orga- 
nisée de la manière suivante: 

Un inspecteur de l'instruction publique, inspecteur 
de l'académie ; 

Un inspecteur de l'instruction primaire ; 

Un collège à Alger, organisé, sous le rapport des 
études, à peu près comme ceux de France; mais aucun 
acte officiel n'a fait connaître exactement dans quelle 
catégorie ce collège devait être rangé; une proposition 
avait été faite aux chambres à l'effet d'obtenir les fonds 
nécessaires pour qu'il fût érigé en collège royal; cette 
proposition n'a encore été suivie d'aucun effet. ( Voir^ 
pour la composition de ce collège, au chapitre 4™'.) 

68 écoles des deux sexes et salles d'asile, entretenues 
ou subventionnées par l'administration; en voici le 
détail (1): 

Ville (T Alger, 2 écoles mutuelles; 1 école de jeunes 



(1) Un certain nombre de ces écoles, au nombre de neuf, ont pu 
êlre instituées, dès Tannée 1847, au moyen d'une allocation supplé- 
mentaire fournie par M. le ministre de Finslruction publique sur les 
fonds de son déparlement. 

9 



150 (iOUVCnNEMENT. 

juifs; i école de jeunes filles juives; 1 école de garçons 
au faubourg Bab-Azoun; 1 école de filles, id. ; 2 salles 
d'asile, id.; 1 école de dessin. 

District d'Alger^ 1 école de garçons, à Mustapha; 
1 id. , à Kouba; 1 id., à Birkadem; i id. et 1 école de 
filles, à Drariah; 1 école de garçons, à Dely-Ibrahim; 
1 id., à El-Biar; 1 id., à Cheragas; 1 id., à Ouled-Fayet; 
i id., au Fondouck. 

District de Douera , 1 école de garçons et 1 école 
de filles à Douera; 1 école de garçons, à Baba-ïlassem; 
i id., à Saint-Ferdinand. 

Arrondissement de Blidah, \ école de garçons et 
1 école de filles , à Blidah; 1 école de garçons, à 
Bouffarik; 1 école à Béni-Méred. 

District de Koléah, 1 école de garçons, à Koléah; 
1 id. à Fouka; 1 id. à Douaouda. 

District de Cherchel , 4 école de garçons et i école 
de filles. 

Médcah, 1 école de garçons et une école de filles. 

Miliana, i école de garçons et 1 école de filles. 

Ténès, i école de garçons et i école de filles, 
tenue par deux religieuses Ursulines. 

Ville d'Oran, 2 écoles mutuelles subventionnées par 
l'État; 1 école gratuite tenue par les frères de Saint- 
Joseph, du Mans; i école des filles, tenue par les 
sœurs Trinitaires; 1 salle d'asile, id. ; i école juive, 
française; i salle d'asile pour les enfants isiaélites; 
i école de dessin, subventionnée par le (Gouver- 
nement; i écolo de garçons et 1 école do filles, à 
Mcrs-el-Kébir; 1 école de filles, à Kerguenthal. 

Miserfjliin, 1 école do garçons; 



ADMINISTKATION CÉ?«ÉUALK. 151 

Mostagaiiem , 1 école de garçons, et 1 école de 
filles. 

Mascara, i école de garçons, et i école de filles. 

Tlemcen, i école de garçons. 

Conslantiney \ école de gai'çons. 

Bône, 1 école de garçons, tenue par les frères de 
Saint-Joseph du Mans; 1 école maure, française; 
1 école juive, id.; 1 école de filles;! école d'asile. 

LaCalle, 1 école de garçons. 

Philippevilley 1 école subventionnée par l'Étal; 
1 école tenue par des frères de la doctrine chrétienne; 
1 école de filles; 1 salle d'asile. 

El'Arouch, 1 école de garçons. 

Guelma, 1 école de garçons. 

Sétif, 1 école de garçons. 

En parlant du culte mosaïque, nous avons fait 
connaître les dispositions prises pour l'établissement 
et la surveillance des écoles Israélites. 

Quatre chaires de langue arabe ont été instituées, 
savoir: deux à Alger, dont une d'arabe littéral; une 
d'arabe vulgaire, à Constantine; une à Oran. 

Une institution des jeunes filles musulmanes, et 
combinée à la fois dans des vues d'instruction et d'ap- 
prentissage, a été fondée à Alger par madame Luce : 
elle est subventionnée par le Gouvernement; elle 
compte 60 élèves et augmente tous les jours. 

Il existe après cela quatorze écoles musulmanes de 
garçons, comprenant environ oOO élèves; cll*'^ ^ 'iit 
dans l'état où les Turcs mêmes les ont laissai -; 
maure fiançaise, qui avait été attachée à la principale 
de ces écoles, est peu fréquentée. au d is^:-: 



i52 GOUVEKNEMKNÏ. 

L'administration n'a point dissimulé du reste l'état 
d'imperfection où se trouve l'enseignement, en ce qui 
concerne les populations musulmanes de l'Algérie; la 
statistique officielle, publiée dans le cours de la session 
dernière, annonce que l'on s'occupe de sérieuses études 
sur cette délicate et importante matière. 

TRAVAUX PUBLICS. 

Les travaux publics (nous entendons par là les 
travaux publics civils) [i) sont dirigés et exécutés en 
Algérie par trois services : les ingénieurs des ponts-et- 
chaussées, les architectes des bâtiments civils, et le 
génie militaire, qui concentre les attributions de ces 
deux services, pour les territoires mixtes et arabes. 
Nous allons exposer aussi brièvement que possible ce 
qui a déjà été exécuté dans les difîérentes natures de 
travaux , et indiquer en même temps ce qui est projeté 
dans un avenir plus ou moins éloigné; procédons par 
ordre d'importance. 

Routes. 

Depuis le jour où les sapeurs du génie, le lendemain 
du débarquement de l'armée à Torre-Chica , lui frayè- 
rent le chemin qui va de Sidi-Ferruch à Staouëli et de 
Staouëli au fort l'Empereur, les routes ont constam- 



(1) Si nous ne mentionnons pas, dans V Annuaire de cotte année, 
les travaux publics militaires ( Torliflcations, casernes, hôpitaux, etc.), 
ce n'est pas assurément que nous en méconnaissions l'imporlance : 
M ter» Tobjct d'un travail complot dans notre prochain Annuaire. 



ADMI.MSÏUAÏION GÉNÉRALE. 155 

ment occupé les bras de l'armée, et ceux de la popu- 
lation civile, dès qu'elle a pu y prendre part. 

C'est à M. le duc de Rovigo qu'il est juste de faire 
remonter l'honneur de cette vigoureuse impulsion 
donnée aux travaux des routes; deux ans après la prise 
d'Alger, l'armée, sauf quelques rares etcourtes expédi- 
tions, restait oisive dans ses cantonnements, si rappro- 
chés d'Alger, qu'ils ne dépassaient pas El-Biar. Le duc 
de Rovigo qui se souvenait de la campagne d'Egypte, 
après avoir fait étudier, surtout au point de vue straté- 
gique, le tracé des routes qui conduisaient dans la 
plaine , prescrivit aux troupes de se rendre sur le ter- 
rain , et fit immédiatement mettre la main à l'œuvre. 
Six mille hommes échelonnés sur les deux routes d'Al- 
ger à Dely-lbrahim par El-Biar, et d'Alger à Birkadem 
par Mustapha et Birmandraïs , ouvrirent rapidement 
ces deux voies de communication. Un autre résultat, 
plus important, était obtenu; la question de l'applica- 
tion de l'armée aux travaux publics était résolue. 

Depuis cette époque déjà reculée (1852-55), et en 
combinant les travaux de nos ingénieurs civils et mili- 
taires; en réunissant et faisant converger vers un même 
but l'activité de l'armée et celle de la population eu- 
ropéenne ; mettant même à profit les ressources qu'ont 
pu présenter, dans certaines localités, les populations 
indigènes; nous avons marché dans cette voie aussi 
rapidement que l'ont permis, etlesressourcesdu budget 
toujours insuffisantes, et ces longues guerres qui ont 
obligé si souvent à lever les camps et à suspendre les 
travaux commencés. Les détails qui vont suivre per- 
mettront au lecteur d'en juger. 



i34 r.OlVERNEMENT. 

Province d'Alger. — La route de Médéah par Birka- 
dem et Blidah est avec raison considérée comme la 
plus importante de toutes celles de la province d'Alger; 
son développement total est de 91 kilomètres. La partie 
comprise entre Alger et la Chifla (54 kilom.) est à 
l'état d'entretien , ou considérée comme telle, et remise 
au service des ponts-et-chaussées; mais il reste à con- 
struire un pont sur la Chifla, dont les crues ( et elles sont 
fréquentes) interrompent entièrement les communi- 
cations , ou les rendent très-dangereuses. 

Au-delà de la Chiffa, la route est confiée aux soins 
du génie militaire; ouverte et creusée, c'est le mot, 
dans le lit même de la Chifl*a, cette route a présenté des 
difficultés immenses; tout porte à croire qu'au moyen 
de travaux , exécutés pendant le cours de cette année, 
elles seront en partie vaincues, et la circulation carros- 
sable d'Alger à Médéah assurée d'une manière à peu près 
régulière. Les dépenses restant aujourd'hui à taire pour 
mettre cette route à l'état complet d'entretien, sur tout 
son parcours, sont évaluées à 600,000 t'r.On ne se dissi- 
mule pas, toutefois, que cette voie de communication, 
quand elle sera achevée, sera sujette aux accidents qui 
peuvent naître des escarpements qui la dominent, et 
do l'action destructive des eaux qui affluent dans la val- 
lée. Comme dans les routes des Pyrénées et des Alpes, 
des éhoulements pouriont de temps à autre ohstruer le 
passage; niais il sei'a l'îicile d'en débarrasser la route, 
en les jetant dans le lit du torrent qui les entraînera. 

La route d'Alger à Miliana (110 kilom.) est, jusqu'à 
la Cliin'îi, la mc'^rne que ciOlede Médénli. A partir de la 
Chiffa, cette route traverse la plaine des liadjoutes, et 



ADMINISTKATION GÉNÉUALE. 155 

va gagner la vallée de la Bourkika , où elle rencontre 
celle de Cherchel à Miliana , qui a été rendue car- 
rossable, au moins pendant l'été; la route d'Alger à 
Miliana, qui de là se dirigerait sur Orléanville, sur 
Mostaganem, a donc cette importance réelle, qu'elle 
ouvrirait des communications, bien rares aujourd'hui, 
entre la province d'Alger et celle de l'Ouest. Ces com- 
munications ne sont encore frayées que pour l'armée. 
On a cependant déjà jeté sur la Mina, l'un des princi- 
paux affluents du Chélif( route de Mostaganem à Or- 
léanville), un pont américain de 56 mètres d'ouver- 
ture. Il rendit les plus grands services, pendant les 
continuels mouvements de troupes que nécessita la 
longue hostilité de la tribu des Flittas, en 1845-40. 

Quittons ces routes du sud et de l'ouest de la pro- 
vince d'Alger, pour venir à la route d'Alger à Constan- 
tinc. D'après les dispositions adoptées, elle passerait 
par Aumale et Sétif; on comprend, du reste, que ce 
n'est encore qu'une route nominale, cependant 

Elle est ouverte et à l'entretien de- 
puis Alger jusqu'au Fondouck, sur un 
parcours de 51 kilom. 

Elle est reconnue , tracée et frayée , 
du Fondouck à Aumale , sur un dé- 
veloppement de 98 — 

D'Aumalc à Sétif, la direction de la 
route a pu seulement être indiquée; le 
parcours serait d'environ 199 — 

De Sétif à Constantine, la route est 
tracée et frayée. Les voitures de l'armée 
et même celles de roulage, la parcourent 



156 GOUVERNEMENT. 

dans la bonne saison : on évalue le déve- 
loppement de cette partie de la route à 126 — 



Total de la distance d'Alger à Constantine: 445 kil. 

Ces trois routes, de Médéali, de Miliana, de Con— 
slantine, dont nous venons d'indiquer la direction et 
le degré d'avancement , sont les trois principales de la 
province d'Alger : ce ne sont pas, à beaucoup près, les 
seules auxquelles on ait travaillé; ainsi il faut compter : 

Route de Ténès à Orléanville, rendue 

carrossable 55 kilom. 

— de Cherchel à Miliana (1) 80 — 

— de Miliana à Orléanville 89 — 

— de Médéah à Boghar 80 — 

— de Miliana à Tenict-el-Hàad 76 — 

Toutes ces routes, qu'il faut considérer comme stra- 
tégiques encore plus que commerciales, appartiennent 
aux territoires mixte et arabe, et sont confiées aux 
soins du génie militaire ; celles situées dans le terri- 
toire civil de la province, et qui servent à assurer la 
viabilité des environs d'Alger, sont exécutées par les 
ponts-el-cbaussées ; ce sont celles : 

D'Alger à Douera 25 kilom. 

— à Koléah par Staouëli 52 — 

— à Clierchcl par 'le pied du 

Sahcl ayant une partie 
commune avec la route 
de Blidali, mais qui n'est 

(1) I.a roule dirccio n'n que 56 kiloiuMrcs ; mais il faul traverser 
les montagnes et le pays des Ueni-Mcnussers. 



ADMIi1iSTUAT10?( GÉNÉRALE. 157 

faite que jusqu'à Kolëah 54 — 

D'Alger à Rovigo 55 — 

sans compter les chemins dits vicinaux, ou de colo- 
nisation, et qui relient, dans le Sahel surtout, les cen- 
tres de population, les uns aux autres. 

Province de Constanline. — La route de Philippe- 
ville à Constantine était la route la plus importante de 
cette province; l'occupation de Constantine, de Sétif, 
de Bathna, le développement colonial du riche territoire 
situé au centre, au sud et à l'ouest de la province, 
n'étaient possible, qu'autant que des communications 
régulières seraient assurées entre cette capitale et la 
mer. Les travaux qu'a exigés la construction de cette 
route, remontent à la fin de l'année 1858, c'est-à-dire 
aux premiers jours qui suivirent l'occupation de la 
grève déserte de Rusicada, aujourd'hui devenue Phi- 
lippcville. 

Le développement de cette route est de 92 kilom.; 
elle vient d'être remise par le génie militaire au ser- 
vice des ponts-et-chaussées. On espère qu'avant la fin 
de cette année, elle sera parvenue à l'état d'entretien. 

La route de Bône à Constantine avec embranche- 
ment sur Guelma ( 445 kilom.) n'est que tracée sur la 
plus grande partie de son parcours; la direction de 
cette route ne paraît même pas définitivement arrêtée. 

La route de Bône à Philippeville, par le nord 
du lac Fetzara, l'Oued-Fendeck et El-Arouch (97 
kilom.) est en construction pour la partie comprise 
entre Bône et le lac Fetzara; on travaille aussi à la pe- 
tite route qui conduit de Bône au sommet de l'Édough, 
et qui nous ouvrirait ce pays si richement boisé. 



158 r.OL'VER?«EMENT. 

Les autres routes de cette province, dont les néces- 
sités de la politique aussi bien que les besoins du com- 
merce recommanderaient la prompte exécution, se- 
raient celles de: 

Constantine à Sétif (partie commune avec la route 
d'Alger à Constantine) 126 kilomètres. 

Sétif à Bougie 120 — 

Collo à Constantine (parEl-Arouch) 61 — 
Bône à Tébessa 176 — 

Constantine à Biskara par Bathna 246 — 
Bône à la Calle 87 — 

Province d'Oran. — Aucune des routes de cette pro- 
vince n'a été complètement exécutée; nous n'avons 
(^ue des amorces de route, comme celles d'Oran au 
Figuier, d'Oran à Miscrgbin, sises sur le territoire ci- 
vil (1), et des routes tracées et incomplètement ou- 
vertes, dans les autres parties de la province; nous 
nous bornerons donc à indiquer leur direction générale, 
les distances qu'elles ont à parcourir, ce sont : 

Oran à Mascara 89 kilomètres. 

— à Tlemcen 126 — 

— à Mostaganem (avec em- 
branchement sur Arzew) 95 — 

Mostaganem à Mascara 70 — 

Arze\v-le-Port à Mascara 42 — 

Nemours à Tlemcen 59 — 



(1) Il cotivjctil aussi de nuMilioiiiicr la roiiU; de Mers-eI-Kél)ir A 
Oran, qui n'a pu éiro exéruléc (|u'uvcc dos Iravaux iiiliiiis. Elle 
t'8l enli<>roinun( exéculc»' dans le roc , nu-dessus des falaises : elle a 

7 Ikilo'jiclrcs (!(• (lé\i>I(ii)|t(Mii(*iil. 



ADMIMSTUATION GÉÎSÉdALE. 159 

Observation générale, — Ces routes et celles que nous 
avons indiquées pour les autres provinces, quelque im- 
portantes qu'elles soient, ne forment qu'une partie du 
système général que l'administration a fait étudier pour 
l'Algérie, et dont les éléments principaux ont été 
soumis aux chambres. 

S'il était des à présent possible d'établir pour ces 
routes un ordre de classement, si les résolutions que 
l'on peut prendre à cet égard n'étaient pas trop sou- 
vent subordonnées à des circonstances de guerre et 
de paix, aussi bien que d'administration et de commerce, 
et qui obligent à changer les plans les mieux établis, voici 
peut-être la combinaison à laquelle il conviendrait de 
s'arrêter. 

Routes de !<"" ordre : Celles qui ont pour objet de re- 
lier les places de l'intérieur aux ports du littoral, 
placés sous le même méridien; ainsi Alger et Mé— 
déah; ainsi Philippeville et Constantine; ainsi Oran 
(peut-être même Arzew) et Mascara; ainsi Bône et 
Guelma; ainsi Ténès et Orléanville; ainsi Sétif et Bou- 
gie, etc. Ces routes devraient après cela être prolon- 
gées dans le sud, jusqu'aux postes magasins qui gar- 
dent la ligne extrême du Tell , comme Miliana à 
Téniet-el-Hàad, Mascara à Saida, Constantine à 
Bathna, etc., etc. (1). 

Routes de 2™' ordre : Celles qui auraient pour objet 
de relier les villes de la ligne intérieure du ïcll, les 



(1) Il suffît de jeter un coup-d'œil sur la carie pour comprendre 
ceUe disposition des rou les et celle corrélation des poris avec les places 
de l'inlérieur du Teil , que nous ne pouvons qu'indiquer. 



i40 COLVEKNEMENT. 

unes aux autres; c'est-à-dire Tlemcen à Mascara, 
Mascara à Miliana , Miliana à Médéah , Médéah à 
Aumale, et ainsi jusqu'à la frontière de Tunis. 

Routes de S™*' ordre : Celles qui serviraient à relier 
les places du littoral entre elles , de manière à secon- 
der, et au besoin à suppléer la correspondance néces- 
sairement fort imparfaite des bateaux à vapeur; c'est- 
à-dire Alger à Cherchel, Cherchel à Ténès, Ténès à 
Mostaganem, etc., ou Alger àDellys, Dellys àBougie, 
Bougie à Philippevillc , etc. 

L'ensemble de toutes ces routes peut être consi- 
déré comme présentant un développement d'environ 
5000 kil. , évaluées pour être amenées à un état suffi- 
sant d'entretien à 50 millions : et les allocations four- 
nies annuellement par les chambres ne vont pas à deux 
millions; c'est-à-dire qu'elles suffisent à peine à l'entre- 
tien de ce qui existe. Une telle situation appelle néces- 
sairement une mesure prompte et énergique (1). 

Dessèchements. 

Dès les premiers temps de l'occupation, les nom- 
breuses maladies qui se déclarèrent dans l'armée 

(1) Celle mesure, beaucoup de bons esprits Ponl déjà indiquée; 
lorsque les ressources présentes ne sudiscnl pas, il faul bien en ap- 
peler aux ressources de l'avenir, l'ne mesure financière, un emprunt 
uu une loi extraordinaire, qui (lermetlrail à l'Algérie de construire 
en cinq ans, â raison de huit à dix millions par an , ces roules au- 
jourd'hui reconnues, changerait la Tace de ce pays; elle aurait un 
autre résultat, celui d'amener la diminution de l'armée , en lui don- 
nant le moyen de se rendre encore plus mobile et par conséquent 
plus Turle qu'elle ne l'est aujourd'hui. On a calculé qu'en 18^iG, seize 
uiillions avaient été employés eu transports, par mulets, etc., et 
tx'la , faute de roules. 



ADMINISTRATION CÉNÉUALE. iH 

d'Afrique, frappèrent vivement les esprits. M. Pé- 
lissier rapporte , dans ses Annales algériemies , que , 
lorsque le duc de Rovigo, au mois de septembre i852, 
fut attaqué par une petite coalition formée entre les 
chefs de l'ouest et de l'est de la plaine , coalition qu'il 
repoussa et dissipa promptement, la division d'Alger, 
sur un effectif de 16,000 hommes, ne comptait pas 
moins de o,000 malades; et cependant cette division , 
à l'exception de deux postes sur la Metidja , n'occupait 
que les hauteurs qui environnent Alger, et quel- 
ques points du Sahel. 

De vives réclamations s'élevèrent dès-lors, soit dans 
le public , soit dans les chambres ; on jugea le climat 
de l'Algérie nécessairement, fatalement insalubre. Ce 
fut un des premiers arguments de ceux qui combat- 
taient en principe notre établissement dans ce pays. 

L'expérience a , depuis cette époque , éclairé et 
rectifié tout ce qu'il y avait d'exagéré dans cette opi- 
nion : on sait aujourd'hui que le climat de l'Algérie 
est aussi salubre qu'aucun autre; qu'il exige seulement, 
mais plus impérieusement peut-être, des précautions 
hygiéniques, faciles à définir et à appliquer (i). L'a- 
mélioration constatée depuis plusieurs années dans 
l'état sanitaire do l'armée, les détails que nous avons 
donnés sur le mouvement de la population euro- 
péenne , sont du reste la meilleure démonstration qui 



(1) Nous ne pouvons mieux faire que de nous en référer à cel égard 
à l'ouvrage publié par M. le docteur Trolliel, sous le litre de Hy- 
giène pratique de l'Algérie. 1 vol. grand in-18, à la librairie centrale 
de la Méditerranée , rue de la Marine, à Alger. 



142 GOLTEllNEMEiHT. 

puisse être apportée à l'appui do ce que nous venons 
de dire. 

Il n'y a donc point lieu de s'étonner après cela qu'en 
Algérie , comme cela se voit du reste dans tous les pays 
du monde, les terrains bas et humides, lès marais, 
soient, pour certaines localités, des causes d'insalu- 
brité permanentes , et qui doivent nécessairement se 
développer avec d'autant plus d'énergie , qu'elles se 
combinent avec les effets d'une température plus éle- 
vée. Aucun pays, sous quelque latitude qu'on veuille le 
choisir, ne fait exception à cette loi invariable; et certes, 
les exemples ne nous manqueraient pas, s'il était be- 
soin d'en citer. 

Aiissi la question des desséchemenls , et particuliè- 
rement celle des dessèchements de la Metidja, qui nous 
touchait le plus, a-t-elle été de bonne heure abordée 
en Algérie. M. Prus, le premier ingénieur qui ait été 
envoyé, proposait, nous a-l-on assuré, il y a quinze 
ans, de creuser un canal de ceinture parallèle à l'Atlas, 
et qui eût servi à la fois de canal de défense, d'assai- 
nissement et d'irrigation. D'autres projets ont été suc- 
cessivement présentés. 

De longues et sérieuses études , poursuivies par le 
service desponts-et-chaussées, sous la surveillance de 
M. Don, ingénieur en chef de la j)rovince , ont eu pour 
effet de fixer les idées sur des projets innnédiatement 
exécutables. Il a été reconnu que les marais dv. la Ale- 
tidja n'appartenaient pas à un système général ; mais 
qu'ils formaient une série de bassins qu'il fallait succcs- 
sivcmeutaltaquer : telleestla basedutravail commencé, 
il y a trois ans, et qui se poursuit en ce moment. 



ADMINlSTn.VTlOX (ÎÉNÉRALE. 145 

Les marais de l'est et ceux du centre de la plaine sont 
déjà sillonnés par de nombreux canaux de dessèche- 
ment ; de là on passera aux marais de l'ouest, qui ne sont 
pas moins considérables. Les dépenses de cette opération, 
dont le succès n'est plus douteux aujourd'hui, sont 
évaluées à trois millions : la superficie des terrains com- 
pris dans ce système de dessèchement est d'environ 
14,000 hectares; le creusement dos canaux et rigoles 
les rendra à l'agriculture ; et cela seul ne serait-il pas déjà 
une opération importante, indépendamment de l'assai- 
nissement général de la plaine, qui est le but principal 
que l'on se propose, et qui, une fois atteint, réagira 
d'une manière si avantageuse sur toute la province 
d'Alger? 

Les travaux de dessèchement , entrepris par l'admi- 
nistration, et pour lesquels les chambres ont toujours 
voté toutes les allocations demandées, ne se bornent 
pas à la seule Metidja. 

Dans cette même province d'Alger, ceux des marais 
de l'Oued-Boutan et de l'Oued-Soufflay, sous Miliana, 
sont déjà entrepris par le génie militaire. Ils permet- 
tront de fixer la population européenne dans les en- 
virons de cette place. A Bougie, les hostilités dos 
Kabyles ayant cessé, on travaille au dessèchement 
des marais de la petite plaine voisine de cette ville. 

Dans la province de Gonstantine, les marais du Saf" 
Saf et du Zeramna, près de Philippeville; ceux des 
environs de Bône, situés le long de la Meboudja et 
dans la plaine des Karezas, ont commencé à être assai- 
nis. On passera bientôt à ceux de la grande plaine de 
la Seybouse, qui offriront à la colonisation une super- 



444 GOUVERNEMENT. 

ficie de près de 100,000 hectares. Enfin, le Hamma de 
Constantine, indispensable à la prospérité de cette 
ville, est en pleine voie d'assainissement, et l'on songe 
déjà aux marais de la grande vallée du Bou-Merzoug, 
qui va être livrée aux concessions européennes. 

Dans la province d'Oran , ces mêmes marais de la 
Macta, oîi nos troupes eurent à soutenir, il y a douze 
ans (26 juin 1855), un combat si rude et si sanglant, 
sont l'objet des études et des explorations de nos ingé- 
nieurs. La superficie des terrains à dessécher est d'en- 
viron 80 kilomètres, soit 8,000 hectares de terres d'une 
admirable fertilité, mais que leur insalubrité a chan- 
gées en solitudes stériles. 

Nous rappelons avec plaisir ces travaux , ces pro- 
jets, ces études, parce qu'ils attestent, mieux que tout 
ce que l'on pourrait dire, les grands et réels progrès 
que nous avons faits dans le pays. Une administration, 
une population, une armée ne se chargent pas de telles 
préoccupations, ne s'y livrent pas avec une ardeur 
aussi vive, aussi constante, lorsqu'elles n'ont pas une 
foi sincère dans l'avenir. N'oublions pas, toutefois, en 
C(^ qui concerne cette question si grave de l'assainisse- 
ment de ces contrées algériennes, dont la possession 
nous importe le plus, que les travaux de dessèchement 
ne sont qu'une des conditions premières de cet assai- 
nissement. 11 faut (|ue les cultures, les ])lantations, les 
soins de détail, d'entretien, viennent à la suite, mais 
sans délai. C'est l'opinion unanime de tous les hommes 
qui se sont occupés de ces travaux ; c'est aussi l'cx- 
pcrience universelle, et ce n'est pas sans de graves 
motifs que 1rs ordonnances des I" octobre 1H4i et 



ADMINISTRATION CÉNÉRALK. 145 

26 juillet 184G ont , en Algérie, rangé les marais parmi 
les biens vacants : non que l'État songe à se les attri- 
buer comme propriétés domaniales, mais parce qu'il 
était nécessaire d'assigner tout d'abord son véritable 
caractère à une propriété qui, plus que toute autre, 
et en raison des circonstances particulières du climat, 
doit être soumise à des règlements spéciaux, à des 
obligations plus rigoureuses. 

Travaux maritimes. — Ports. — Phares. 

Le plus important des travaux maritimes que la 
France ait entrepris en Algérie est, sans comparaison, 
le port d'Alger. Il a été depuis plusieurs années l'objet 
de longues discussions ; elles paraissent terminées au- 
jourd'hui; du moins un rapport présenté à la Chambre 
des pairs, dans la session dernière, par M. le baron 
Clî. Dupin , donne tout lieu de croire que les projets 
relatifs à ce grand établissement sont définitivement 
arrêtés dans la pensée du Gouvernement ; ils consis- 
teraient : 

1° A prolonger de 500 mètres, et dans la direction 
est-quart-est qu'elle suit aujourd'hui, la jetée actuelle, 
et qui a déjà 500 mètres de développement, ce qui la 
porterait à d ,000 mètres en mer ; 

2" A terminer cette jetée par une plate-forme mas- 
sive , qui supporterait une batterie de quarante pièces 
de canon ; 

5' A construire une jetée, dite djy^ sud, qui aurait sa 
base à la côte de Mustapha , et fermerait le port ; 

4** A établir, dans l'intérieur de ce port ainsi pro- 

10 



146 GOUVERNEME?(T. 

tégé , des arsenaux , magasins , quais , etc. , néces- 
saires pour un grand port de guerre et de commerce ; 

Enfin, ces ouvrages achevés, on construirait dans 
la rade et en avant de la jetée actuelle, un brise- 
lame d'un développement considérable, qui formerait 
une rade artificielle, et remplacerait celle que la nature 
a donnée à nos ports militaires , Toulon , Brest , etc. 

L'ensemble de ces travaux est évalué à quatre-vingts 
millions. 

En attendant que cette question soit décidée, la jetée 
actuelle avance toujours , au moyen d'une allocation 
annuelle de 2,000,000 fr. D'autres travaux s'exécutent 
aussi : 

A Cherchel , on creuse sur l'emplacement d'un an- 
cien port romain , un port de commerce, petit, mais qui 
sera sûr et fort commode pour le cabotage de la côte 
et le ravitaillement de Miliana et du haut Chelif. 

Dans l'ouest, à Mostaganem , à Arzew , à Mers-el-Ké- 
bir, à Nemours; dans l'est, à Bougie, à Philippeville, 
à Bône, on construit des quais, des débarcadères, 
travaux encore peu importants, mais d'une indispen- 
sable nécessité. 

A Oran, des projets sont préparés pour la création 
d'un port de commerce; tout fait espérer qu'ils seront 
promptement mis à exécution, surtout s'ils sont livrés 
à l'industrie particulière. 

Mais dans l'onh'c des travaux nécessaires à la navi- 
gation , et que réclamait l'inhospitalité si connue de 
nos cAtes algériennes, ceux qui ont reçu le développe- 
ment le plus complet, ce sont les phares et fanaux. 

Les phares établis sont au nombre de quatre, savoir : 



AnMlNISTRATION GÉNÉRALE. 147 

Mers-el-Kcbir, portée quinze milles ; 
Alger, — quinze milles ; 

Pliilippeville (dans l'île Srigina) , dix railles; 
Cap-de Garde ou Golfe-de-Bône, quinze milles. 

Sont en construction : 
Ceux d'Arzew , 
— • de Ténès , 

— de Cherchel , 

— du cap Carbon , près Bougie. 

Les fanaux ou feux de ports existants sont ceux de : 
Arzew , 
Mostaganem , 
Ténès , 
Cherchel , 
Dellys , 

Cap-Bouac, près Bougie, 
Djigelî , 

Stora ( l'îlot des Singes ), 
La Calle. 

SERVICE TÉLÉGRAPHIOt'E. 

Les personnes qui ont visité l'Algérie , il y a plusieurs 
années, n'ont peut-être pas oublié ce télégraphe tant 
soit peu grotesque, qui desservait d'une manière très- 
imparfaite la correspondance d'Alger à Blidah. 

Nos relations avec l'intérieur du pays devenant 
chaque jourplus étendues, et surtout, les mouvements 
des troupes devenant plus rapides, plus multipliés, 
l'introduction en Algérie d'un service télégraphique, 
tel qu'il est établi en F'rance, où il a été poussé à un 



148 GOUVERNEMENT. 

haut degré de perfection , dut prendre place parmi les 
combinaisons de l'autorité supérieure. 

L'arrêté ministériel du 8 juin 1844 qui a organisé 
ce service , a complètement répondu au but que l'on 
s'était proposé; les lignes existant aujourd'hui sont 
desservies avec la régularité et la promptitude qui 
existentjdans le service de France. 

Ces lignes sont celles : 

D'Alger à Miliana, passant par Douera etBlidah, 
avec embranchement sur Médéah (i); 

De Miliana à Orléanville ; 

D'Oran à Mostaganem. 

Les lignes en construction, d'après le vote des cham- 
bres dans la session dernière, sont celles de: 

Orléanville à Mostaganem et à Ténès; 

Oran à Tlemcen et à Mascara. 

Ces lignes seront terminées et mises en pleine acti- 
vité dans le courant de l'année actuelle (1848), en 
sorte que l'on pourra avoir à Alger, en moins de deux 
heures , des nouvelles de la frontière du Maroc. 11 est 
à croire qu'après cela, on s'occupera de fonder les lignes 
de l'est. 

Le télégraphe en Algérie, et au reste il en est de 



(1) C'est sur celle ligne d'embranchcmcnl quo se trouve le poste du 
Gonlas , qui fut , au mois de janvier 18i6 , et alors qu'Abd-cl-Kader 
se rapprochait do nos lignes, le théAtre d'un horrible assassinat : les 
employés du poste, une Ttunnic et deux cnrants, périiont victimes 
d'un guet-Â-pcns, qui avait 6tè préparé par les Arabes d'un douair 
voisin. I/instruction et les débals qui curent lieu devant le l" con- 
Hoil de guerre de la division d'Alger firent connaître tous les détails 
do cette affaire. Trois des Arabes furent condamnés à mort et exécutés. 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 149 

même en France, ne borne pas son utilité et ses ser- 
vices à la seule transmission des nouvelles politiques 
ou des ordres d'une haute importance; il sert journel- 
lement aux communications usuelles des administra- 
tions; et comme en Algérie la poste ne peut encore 
être installée régulièrement, pour l'intérieur du moins, 
le télégraphe évite des frais considérables de courriers 
et de dépèches. 

Le service télégraphique , d'après l'arrêté que nous 
avons cité plus haut, est placé sous la surveillance d'un 
directeur, chef de service, et composé du nombre de 
traducteurs et d'inspecteurs que le développement des 
lignes peut exiger; ce directeur et les autres agents 
placés sous ses ordres, sont pris parmi les employés 
de l'administration télégraphique de France. Ils en 
reçoivent les traitements, augmentés d'un tiers en sus, 
à titre de supplément colonial. 

FINANCES. — REVENUS. — BUDGET. — COMMERCE, ETC. 

Nous avons déjà eu l'occasion de dire, en parlant du 
gouvernement et de l'administration, que lorsque la ville 
d'Alger fut occupée et le gouvernement turc ren- 
versé, tous les liens qui unissaient ce gouvernement 
aux populations indigènes furent immédiatement brisés 
ou détendus : le pays tomba dans une anarchie com- 
plète : l'autorité ne s'exerçait pas, et par une consé- 
quence inévitable, les impôts ne se percevaient plus. 
Plus tard, c'est-à-dire après la prise de Gonstantine, 
pour cette province , et après les pacifications de 42 
et de 45, pour les deux autres provinces, ces impôts 



150 COUVERKEMEiMT. 

ont été rétablis; en ce moment, leurs produits rentrent 
régulièrement au trésor. 

Quels étaient ces impôts du temps des Turcs? On 
ne l'a jamais su bien exactement; les évaluations à cet 
égard ont varié considérablement (de 10 à 2 millions) ; 
le docteur Shaw, qui écrivait en 1750, les portait à 
5 millions; tout ce que nous avons pu savoir depuis, 
tous les renseignements qui ont été recueillis sur les 
différents points du territoire, tendraient à confirmer 
cette évaluation. 

Quoi qu'il en soit de cette question, qui n'a plus 
désormais qu'un intérêt liistorique fort médiocre, ce 
qui nous importe, c'est d'exposer le plus succincte- 
ment possible le système financier qui régit en ce mo- 
ment l'Algérie. 

Pendant les premières années de la conquête, les 
cbambrcs législatives donnèrent peu d'attention aux 
revenus de l'Algérie; l'eifectif et les dépenses de l'ar- 
mée étaient le point de mire des discussions; on ne 
songeait même pas que l'Algérie pût produire quelque 
cbose ; on votait au budget des dépenses, pour cer- 
taines dépenses civiles, une somme, en forme d'abon- 
nement, de douze cent et quehiucs mille francs; au 
budget des recettes, un cbitfre d'environ deux millions: 
le reste était abandonné à la colonie et au ministère 
de la guerre, cbargé de l'administrer. 

Mais ce reste si insignifiant, grossissait rapidement; 
le département d(5 la guerre se trouvait avoir cliaque 
anné(! à sa disposition des sommes importantes, qui 
écliappaient au contnMc des chambres; on en peut 
juger i)ar le tableau suivant, qui fera connaître la pro- 



ADMI?^ISTRAT10^^ GÉNÉRALE. 



151 



continuelle de ces recettes, depuis 1851 jus- 
compris l'année 1845 



gression 
ques et y 

1851 Impôts et revenus 

1852 — — 
1855 — — 

1854 — 

1855 — — 

1856 — — 

1857 — — 

1858 — — 

1859 — — 

1840 — — 

1841 — — 

1842 — — 
1845 — — 

1844 — — 

1845 — — 



F. 929,709 07 
1,400,415 77 
. 1,808,400 19 
2.119,187 50 
2,180,555 95 
2,558,058 05 
5,080,024 44 
5,575,809 05 
. 5,581,080 08 
. 4,405,517 55 
. 0,070,255 04 
, 7,897,085 48 
10,552,524 70 
12,815,155 78 
15.092,200 80 



Total général de ces 15 années 78,424,717 21 (1). 

Mais à l'expiration de cette année 1845, le budget 
de l'Algérie a dû être établi d'après des bases nou- 
velles: les chambres, averties par cette augmentation 
continuelle des recettes de l'Algérie, demandèrent que 
ces recettes , ainsi que les dépenses civiles de l'Algérie, 
fussent régulièrement soumises à leur contrôle; et la 



(l) Nous ne faisons pas euircr dans ce compte un article désigné au 
budget , sous le titre de RecouvvemeiU^ accidentels des payeurs. Eu 1845, 
ces recettes s'élevaient à 4,733,172 fr. 50 c. pour rarmée seulement. 
Ce ne sont en effet que des recettes factices, telles que remboursc- 
meul pour le compte dos corps , trop perçus , etc. , etc. 



152 GOUVEKTNEMENT. 

loi des finances du 4 août 4844, portant fixation du 
budget de 1845, contint une disposition conçue en ces 
termes : 

<r A partir du 1" janvier 184G, toutes les recettes 
et dépenses de l'Algérie , autres que celles qui ont un 
caractère local et municipal , seront rattachées au bud- 
get de l'État. 

t> Les recettes et dépenses locales et municipales 
seront réglées par une ordonnance royale. » 

Ces prescriptions de la législature, dont on ne sau- 
rait méconnaître la sagesse, et qui ont pour l'Algérie 
cet avantage qu'elles relient d'une manière plus in- 
time ses intérêts à ceux de la métropole, furent 
immédiatement mises à exécution: le 17 janvier 1845, 
parut une ordonnance royale , combinée entre les deux 
départements de la guerre et des finances, qui a réa- 
lisé les principes posés par la loi du 4 août 1844. 
Comme cette ordonnance est la base du système finan- 
cier qui régit l'Algérie, nous croyons devoir la publier 
in extenso. 

TITRE PREMIER. 

ASSIETTE DES IMPÔTS. 

Art. 1". Les impôts, taxes et revenus de toute nature, créés 
ou :\ créer en Algérie, soit comme proiltiits généraux appartenant 
à l'Étal, soit conune produits formant les ressources locales et 
municipales, ne pourront être établis, modifiés ou supprimés 
(ju'en vertu d'ordonnances royales. 

Sont exceptés toutefois de cette disposition : 

i" F^es taxes de ville cl do police analogues ù celles dont la 
perception «'st autorisée en France au profit des commune», par 
la loi (lu <Hjiiill(.'l IfJ.TJ; 



ADM1INISTIL\T£0N GÉNÉllALE. i55 

2° Jusqu'à disposition contraire, les impôts dus par les popu- 
lations arabes. 
Ces taxes et impôts pourront être établis ; 

SAVOIR : 

Les impôts arabes , par arrêtés de notre ministre secrétaire 
d'État de la guerre ; 

Les taxes de ville et de police, par arrêtés du gouverneur- 
général, avec l'approbation du ministre. 

Art. 2. Les impôts dus par les Arabes seront fixés en numé- 
raire ( valeurs françaises ) ; mais ils pourront , d'après l'autori- 
sation du gouverneur-général, être acquittés en nature, soit à 
la demande de l'administration militaire , dans l'intérêt des appro- 
visionnements de l'aimée , soit ù la demande des commandants 
supérieurs, si les contribuables ne peuvent se libérer en 
argent. 

Les paiements en nature , dans le cas où ils seraient autorisés 
par le gouverneur-général, s'effectueront d'apiès un tarif arrêté, 
sur sa proposition, par notre ministre sea'étaire d'État de lu 
guerre. 

Art. 3. Les impôts dus par les Arabes seront constatés au brut 
dans les écritures; il y sera fait dépense; 

1° Du dixième du produit brut, attribué aux chefs indigènes pour 
frais de recouvrement; 

2" Du dixième du net, attribué aux localités comme ressour- 
ces locales et municipales. 

Art. 4. Les centimes additionnels aux impôts établis , et les 
contributions extraordinaires que les communes de l'Algérie de- 
manderaient à s'imposer, ainsi que les emprunts qu'elles seraient 
dans le cas de contracter, ne pourront être autorisés qu'en vertu 
d'ordonnances royales. 

Des arrêtés de notre ministre secrétaire d'État de la guerre 
autoriseront les contributions extraordinaires que les tribus ara- 
bes demanderaient à s'imposer pour des dépenses locales à faire 
sur leur territoire. 



134 COLVEHNEME?<r. 

Art. 5. Toutes contribulious direcles ou indirectes, toutes 
taxes ou perceptions autres que celles qui sont autorisées dans 
la forme prescrite par la présente ordonnance, à quelque titre 
et sous quelque dénomination qu'elles se perçoivent, sont for- 
mellement interdites , sous peine , contre les autorités qui les 
ordonneraient, contre les employés qui confectionneraient les 
rôles et tarifs, et ceux qui eu feraient le recouvrement, d'être 
poursuivis comme concussionnaires. 

Art. 6. Les recettes de toute nature, tant au profit du trésor 
qu'au profit des localités et des communes, ainsi que les dé- 
penses de l'un et de l'autre service , ne peuvent être effectuées 
dans toute l'Algérie , qu'en vertu d'un titre légalement établi , 
par des comptables régulièrement institués et cautionnés. 

Ces comptables sont justiciables de la Cour des comptes. 

Art. 7. Les rétributions diverses, qui, d'après leur nature, 
ne peuvent être perçues directement par les comptables des 
services financiers , continueront à être perçues par les agents 
des services administratifs désignés à cet effet. 

Ces agents compteront des produits réalisés par eux à un 
comptable des services financiers, et seront, pour le fait de 
leur gestion , soumis aux mêmes obligations et à la même sur- 
veillance que les autres préposés. 

Art. 8. Toute recelte et tout paiement faits sans l'intei'ven- 
lion des comptables du trésor , donneront lieu aux poursuites 
autorisées pai* l'aiticlc 2o8 du Code pénal. 

Art. 9. Tout agent qui opère un maniement de deniers appar- 
tenant au trésor ou au service local et municipal , est constitué 
comptable, par le fait seul de lu réception desdits fonds sur sa 
quittance ou son récépissé. 

Ne sont pus compiis dans cette disposition : 

i" Les chefs iudigèu(!S autorisés à faire dans les tribus le re- 
couvrement direct de l'impôt arabe, et cliargés de compter du 
inuntant brut aux receveurs des contributions diverses ; 

2" Les ag(!nts des services administiatifs désignés pour rece- 
voir, sur leur quittance, lus fonds destinés au paiemeul des ap- 
pointements et salaires. 



ADMi:(lSTl\AriOX CÉNÉRALE. 155 

TITRE II. 

RECETTES ET DÉPENSES DU TRÉSOR. 

Art. 10. Sont revenus généraux de TÉlat , et compris dans les 
ressources annuelles du budget des voies et moyens, les pro- 
duits désignés dans le tableau A ci-annexé. 

Art. 11. Ces revenus, et tous autres de même nature qui 
seraient établis à l'avenir , seront compris au budget général 
des voies et moyens , sous le titre : Produits et revejius de 
l'Algérie. 

Art. 12. Sont dépenses à la charge de l'État, 

Connne dépenses indilaires: 

1* Les dépenses des corps et des services militaires français; 

2° Les dépenses des corps indigènes et les indemnités accor- 
dées aux chefs qui font un service militaire ; 

Comme dépenses civiles: 

Les dépenses comprises au tableau B , annexé à la présente 
ordonnance , et à la première parlie des étals de développement 
D bis et B ter. 

Alt. 13. Les dépenses civiles sont ordinaires ou extraordinaires. 

Les dépenses ordinaires sont celles qui ont pour objet les ser- 
vices permanents et les travaux neufs et d'entretien. 

Les dépenses extraordinaires sont celles qui ont pour objet 
les services accidentels et les dépenses de première construction 
pour grands travaux d'utilité ou d'exploitation publique. 

11 est pourvu aux unes et aux autres au moyeu des crédits 
ordinaires ou extraordinaires alloués par les lois de finances. 

TITRE m. 

RECETTES ET DÉPENSES LOCALES ET MUNICIPALES. 

Art. 44. Les recettes locales et municipales, en Algérie, sont 
ordinaires et extraordinaires. 

Sont recettes ordinaires , celles qui sont mentionnées au ta- 
bleau C , annexé à la présente ordonnance. 

Sont recettes extraordinaires , celles qui figurent au tableau 
C bis. 



io6 GOUVERNEMENT. 

Arl. 15. Les produits et revenus formant les ressources locales 
ft municipales sont constatés et recouvrés par les agcnls insti- 
tués pour les services financiers , ou par des collecteurs placés 
sous leur surveillance, à la diligence et sous la direction des 
chefs de service, chacun eu ce qui le concerne. 

Art. 16. Les produits sont versés, aux époques fixées par 
les règlements sur la comptabilité publique , dans les caisses 
des trésoriers-payeurs, qui .en tiennent un compte spécial au 
crédit du service local et municipal. 

Art. 17. Les sommes ainsi recouvrées forment un fonds com- 
mun affecté, sans distinction de nature de produit ou d'origine, 
ù l'acquittement des dépenses locales et municipales de toute 
espèce , tant sur le territoire civil que sur le territoire mixte et 
arabe. 

Art. 18. Les dépenses locales et municipales, en Algérie, 
sont ordinaires ou extraordiriaires. 

Sont dépenses ordinaires celles qui sont comprises au tableau 
D , annexé à la présente ordonnance. 

Sont dépenses extraordinaires celles qui sont mentionnées au 
tableau D bis. 

Les unes et les autres doivent toujours être renfermées dans 
les limites des ressources disponibles. 

Art. 19. Il est pourvu à ces dépenses au moyen des crédits 
ouverts au budget établi , sur la proposition des conseils do pro- 
vince, parle conseil supérieur d'administration, et approuvé 
par notre ministre secrétaire d'I^jtat de la guerre. 

Art. 20. Les produits réalisés dans chaque province sont con- 
sacrés aux dépenses de la province , sous la déduction de 
25 p. 0/0, employés ainsi qu'il suit : 

15 p. 0/0 affectés, sans distinction de province, sur la pro- 
position du conseil supérieur d'administration, aux dépenses 
d'une utilité commune à toutes les provinces; 

10 p. 0/0 conservés, ù titre de réserve, pour parer aux dé- 
penses locahîs et municipales, en Algérie, qui n'ont pu être pré- 
vue» lors do la formation du budget. 

11 no pourra être disposé de ce fonds de 10 p. 0/0 (|u'en vertu 



ADMINiSTUATlON GÉNÉKALE. 157 

des aulorisalions spéciales de noire ministre secrétaire d'État 
de la guerre , et dans les limites qu'elles auront fixées, d'après 
les ressources réalisées. 

Art. 21. Les dépenses locales et municipales sont acquittées 
par les trésoriers-payeurs ou par leurs préposés dans chaque 
province. 

TITRE IV. 
DisPOsrnoNS générales. 

Art. 22. Une ordonnance , rendue sur la proposition de notre 
ministre secrétaire d'État de la guerre, déterminera les formes 
de comptabilité et les dispositions relatives à l'administration des 
finances en Algérie (1). 

Art. 23. Toutes dispositions contraires à la présente ordon- 
nance sont et demeurent abrogées. 

Art, 24. Notre ministre secrétaire d'État de la guerre et notre 
ministre secrétaire d'État |des finances sont chargés, chacun en 
ce qui le concerne, d'assurer, à partir du 4®"^ janvier 4846, 
l'exécution de la présente ordonnance , qui sera insérée au Bulle- 
tin des lois. 

Au palais des Tuileries , le 17 janvier 4845. 

Le lecteur aura remarqué que cette ordonnance 
dans ses articles 10, 12 et 14, se réfère, soit pour le 
budget de l'État, soit pour le budget local et munici- 
pal, à des tableaux énumératifs qui la complètent. Il 
serait superflu de reproduire ces tableaux dans toute 
leur étendue; en voici l'analyse succincte: 

Tableau A. Produits et revenus du trésor en Algérie, 

Contributions directes. — Contribution à établir sur 
la propriété foncière. — Contribution des patentes. 

(l) Celle ordonnance a été rendue le 2 janvier 1846 ; elle ne con- 
tient guère que des détails purement administralifs ; c'est ce qui 
nous empoche de la publier. 



158 C0UVERNE31EST. 

Enregistrement , timbre et domaine. — La nomen- 
clature est à peu près la même que celle de cette ad- 
ministration en France, sauf le domaine dont nous 
parlerons séparément. 

Forêts. — Produits à réaliser sur les bois et forêts de 
'État. 

Douanes et sels. 

Contributions indiî'ectes. — Les droits sur les bois- 
sons se bornent à un droit de licence. 

Postes. — Comme en France, on y a joint seulement 
le produit des places à bord des bâtiments à vapeur de 
l'État. 

Contributions arabes. — Produit net : 

1° Du hockhor (loyer des terres azels ou doma- 
niales) ; 

2° De l'achour (i) (impôt sur les grains); 

3° Du zeckkat ( impôt sur les bestiaux ) ; 

4° De l'eussa (impôt payé par les tribus du Désert). 

Produits divers. — Comme en France. 

Receltes de différentes origines. — Ces recettes con- 
sistent principalement en contributions extraordinaires 
de guerre, et produits des prises sur l'ennemi. 

Tableau B. Dépenses à la charge du budget de l'État en 

Algérie. 

Dépenses ordinaires : 

i" Dépenses du gouvernement et de l'administration 
générale ; 

(1) Achour y'tcni. à'achra, dix. L*achour correspond donc exaclc- 
incnl A notre ancienne dîme. Il arrive rréqtieniinenl que les Arabes 
I>ai(Mil ci>l impôt en nature, en versant leurii grains dans les magasins 
de rarmée. 



ADMINISTRATION CÉNÉUALE. 159 

2° Dépenses du service militaire indigène; 

5° Dépenses du service maritime ; 

4° Dépenses des services civils; 

5° Dépenses des travaux civils ; 

6" Dépenses de la colonisation; 

7° Dépenses secrètes. 

Dépenses extraordinaires: 

1" Dessèchements; 

2" Routes; 

5" Port d'Alger; 

4° Ports secondaires ; 

5° Travaux sur le territoire arabe. 

Voilà pour ce qui concerne le bugdet de l'État : quant 
au budget local et municipal, la fixation des recettes 
et des dépenses qui devaient lui être attribuées, a été 
opérée par cette même ordonnance. Sans entrer dans 
le détail de ces recettes et de ces dépenses, nous 
nous contenterons de dire, que l'on s*est surtout 
appliqué, dans cette répartition, à la rendre aussi sem- 
blable^que possible à ce qui existe en France pour le 
budget de l'État, pour ceux des départements, pour 
ceux des communes. De même qu'en France, la prin- 
cipale ressource de ce budget consiste dans l'octroi; 
mais il porte en Algérie le nom d'octroi de mer, et se 
perçoit par les soins de la douane (1). 



(1) Cel octroi de mor fut établi par un arrêté du maréchal Claazcl, 
du 17 septembre 1830. Il a toujours été maintenu depuis. Une or- 
donnance royale du 21 décembre 18H l'a définitivement régularisée. 
Les droits les plus importants perçus à ce litre sont : sur les vins , 5 fr. 



460 GOUVERNEMENT 

Les budgets de l'Algérie sont donc aujourd'hui réglés 
d'après les dispositions qui viennent d'être rapportées : 
citons pour modèle celui de 1848 pour l'État , de J847 
pour la colonie. 

Dépenses. 

Chap. 28. 

Art. 1" Gouvernement F. 194,000 

Art. 2 Administration générale . . . 240,000 
Art. 5 Commandement et adminis- 
tration des populations arabes 1,284,000 

Art. 4 Interprètes de l'armée 298,000 

Art. 5 Service télégraphique .... 570,000 



Total du chap. 28 F. 2,580,000 

Chap. 29. 

Services militaires indigènes en Algérie , compre- 
nant 5 bataillons de tirailleurs, 5 régiments de spahis, 
troupes auxiliaires, makzcn, etc.; 

Ensemble F. 7,429,922 

CiiAP. 50. 

Service maritime, comprenant le service intérieur 
des postes , la surveillance des côtes. . . F. 492,000 



riicclulilro en pièce et 15 fr. en bouteille; sur les caux-de-vio et 
esprits , IW) fr. l'Iicctolilrc ; sur lo sucre et cafù , 5 fr. les 108 kilog. ; 
/•Ipico», 20, 40, cl 100 fr. les 100 Ivilog. ; tabacs, 10 p. "/., de lu valeur. 



Al)MI?»iSTIUÏION GÉNÉRAI.K. KH 

CiiAP. 51. 

Art. 1" Justice F. G5-2,8ri0 

Art. 2 Intérieur 1,204,200 

Art. 5 Commission scientifique . . 100,000 

Art. 4 Finances, comprenant les 
inspections des finances, perception 

des impôts, etc 2,274,750 

Art. 5 Indemnités pour expropria- 
tions antérieures à 1855 500,000 

Total du chap. 51 V. 4,511.800 

• CiiAP. 52. 
Colonisation, comprenant les créations de villages, 
voiesdecommunication entre ces villages,lespépinières, 
dépôts d'ouvriers, frais de passage, etc. F. 1,715,000 
CiiAP. 55. 
Art. i , 2 et 5, comprenant le personnel des ponls-et- 
chaussées,des mines et forages, et des bâtiments civils, 
ainsi que les travaux d'entretien et réparations sim- 
ples F. 1,542,765 

Art. 4. Travaux extraordinaires, savoir : 
Dessèchements. . . ^,7fi0,0Ô0 

Routes 1,500,000 

Aqueducs, canaux. 200,000] 
Port d'Alger. . . . 2,000,OOof 
Ports secondaires . 645,000i^ ^' fN<65,000 
Bâtiments civils. . 770,000| 
Travaux en territoi- 
re mixte et arabe. 500,000/ 



Total du chap. 55 F. 7,507,765 



i 6:2 (JOUVEUNKMENT. 

CiiAP. 54. 
Dépenses secrètes en Algérie F. 250,000 

Résumé. 

Chap. 28 F. 2,586,700 

29. . .• 7,429,922 

50 492,000 

5i 4,511,800 

52 1,715,000 

55 7,507,765 

54 250,000 

Total des dépenses civiles de l'Alg. F. 24,295,187 (1) 

Recettes. 

Elles ont été évaluées, au budget de 1848, en la 
manière prescrite par l'ordonnance du 17 janvier 1845, 
savoir : 



(1) Si, à ce chiffre ainsi fixé par la loi de finances du 8 août 1847, 

à la somme de F. 24,293,187 

on ajoute : 

t" Dépenses pour l'armée. — Entrelien des troupes , 
travaux et constructions du génie militaire , artille- 
rie, etc., portés au budget pour une somme do. . . . 50,786,124 

2° Los crédits supplémentaires votés chaque année 
pour maintenir l'effectif au-dessus des 60,000 hommes 
prévus au budget ; crédits qui se sont élevés à 25,000,000 

On a un tolal de 100,079,311 

dont il Tant déduire le montant des recettes de PAIgéric , 

attribuées au trésor, pour 17,825,000 

Les dépenses réelles de rAk'érie sont donc de . . . 82,254,311 



ADMINISTR.\T10I\ GÉNÉRALE. 105 

1" Contributions directes (patentes). F. 450,000 

2" Enregistrement, timbre et domaine. 4,506,000 

5*» Forêts 141,000 

4° Douanes et sels 4,5^)5,000 

5° Contributions indirectes 1,528,000 

6» Postes 842,000 

7" Contributions arabes 4,945,000 

8° Produits divers 878,000 

9° Recettes de différentes origines. . 200,000 

Total des recettes prévues pour 1848. 17,825,000 
En 1847, ces mêmes recettes n'avaient été portées 
qu'à 12,270,000 fr. L'augmentation de cinq millions et 
plus, prévue pour 1848, proviendra de l'accroissement 
des produits en eux-mêmes; car les tarifs n'ont éprouvé 
aucune modification. 

Budget local et municipal. 

Ce budget a été réglé pour 1847, par une ordon- 
nance royale du 15 décembre 1846, de la manière 
suivante : . 

Recettes F. 7,185,000 

Dépenses. — Somme égale ainsi répartie : 
Province d'Alger. . . F. 2,645,025^ 

— d'Oran 1,255,050 

' — • deConstantine. 1,488,675; 

Fonds général de 15 ^/o 
destiné à pourvoir aux dé- \ 7,185,000 

penses communes, sans dis- 
tinction de province. . . . 1,077,7501 

Fonds de réserve et de 
prévoyance de 10 o/o. . . . 718,500/ 



JG4 f;OlîVER?<EMENT. 

Il est toutefois une observation complémentaire à 
présenter: de ce que l'ordonnance royale du 15 dé- 
cembre 1846 a mis ;i la disposition du ministre de la 
guerre des crédits pour la somme ci -dessus énoncée 
de 7,185,000 fr., il ne s'en suit pas que les crédits soient 
employés pendant l'année. L'ordonnance dit au con- 
traire que des états de répartitions, arrêtés par le mi- 
nistre de la guerre , dclermineront l'emploi détaillé à 
faire des crédits qui lui sont ouverts. Aucun docu- 
ment officiel n'a fait connaître ces répartitions; nous 
devons donc nous borner à reproduire les chiffres gé- 
néraux: nous ne doutons pas toutefois que l'adminis- 
tration ne continue à s'avancer dans la voie prudente 
et loyale dans laquelle elle est déjà entrée, en don- 
nant aux comptes de gestion des finances particulières 
de la colonie, la publicité que reçoivent en France 
es comptes des départements et des grandes villes. 

Que si maintenant nous récapitulons les ressources 
que produit aujourd'hui l'Algérie , voici les chiffres 
auxquels nous arrivons : 

Impôts et revenus au compte de l'État, F. 17,825,000 
— — au compte delà colonie, 7,185,000 

Ensemble, F, 25,01 0,000 

Ainsi, 25 millions, tel estlc chiffre des revenus actuels 
de l'Algérie; et si nous cherchons aie comparer avec 
les dépenses de perception qui s'y rattachent, nou 
constaterons les résultais suivants. 

Nous avons vu ( ])age M'A ) (pie rensend)le des servi- 
ces linunciers prélevait au budget une somme total 



ADMiniSIKATlOn GÉIIÉKALK. iGo 

de F. 2,274,750 

Il faut ajouter à cette dépense pour 
les frais d'abonnement payés aux agents 
financiers, par le budget "iocal et mu- 
nicipal, dont il s'est également chargé , 
une somme d'environ 500,000 

LesiVaisdeperception sont donc dans 
leur ensemble de 2,774,000 



I 



les({uels comparés au chiffre de 25,000,000 f. établissent 
une moyenne d'environ 11 "/o- Sans doute on ne trou- 
vera pas que ces rapports soient exagérés, et en de- 
hors des proportions connues dans les différents états; 
nous allons, du reste, exposer avec autant de brièveté 
qu'il sera possible, la constitution de ces différentes na- 
tures de produits. 

Cuiiti'ibuliuns directes. 

Les contributions directes, telles que nous les con- 
naissons en France, n'existent pas en Algérie; celle 
des i)atentes a seule été établie. 

Instituée par un arrêté du général en chef comte 
Clausel, en date du 7 décembre 1850, cette contri- 
bution a été définitivement réglée par une ordonnance 
royale du 51 janvier 1847, qui a commencé à recevoir 
son exécution à partir du l*^"" avril suivant. Voici les 
dispositions principales de cette ordonnance, don 
quelques parties ont paru susceptibles d'être modi- 
fiées, au moins en ce qui concerne les petites indus- 
tries, et surtout 1er industries indigènes: 



i()6 GOUVEllNEMEINT. 

Tout individu Français, étranger et indigène , domicilié dans 
les villes ou communes des territoires civils et mixtes , qui exerce 
un commerce, une industrie ou une profession non compris dans 
les exceptions déterminées par la présente ordonnance, est as- 
sujéti à la contribution des paieries. 

La contribution des patentes est composée d'un droit fixe et 
d'un droit proportionnel. 

Le droit fixe est réglé, comme en France , conformément à 
l'art. 3 de la loi du 25 avril 1844 et aux tableaux annexés à la- 
dite loi, imprimés à la suite de la présente ordonnance. 

Les assujétis musulmans exerçant des commerces , industries 
ou professions compris dans les sept premières classes du ta- 
bleau Â, seront imposés au droit fixe de la classe immédiatement 
inférieure. 

Les commerces , industries et professions non dénommés dans 
les tableaux annexés à ladite loi n'en sont pas moins assujétis 
ù la patente. Le droit fixe auquel ils doivent être soumis est 
réglé, d'après l'analogie des opéi-ations ou des objets de com- 
merce, par un arrêté spécial du directeur des finances et du 
commerce , sur la proposition du chef de service des contribu- 
tion§ diverses, et après avoir pris l'avis du maire oudeTautorilé 
qui en remplit les fonctions. 

Tous les cinq ans, des tableaux additionnels contenant la no- 
menclature des commerces , industries et professions classés par 
voie d'assimilation, depuis trois années au moins , seront soumis 
à notre sanction. 

Tous les ans, un arrêté du gouverneur-général, inséré au 
recueil des Actes ofjicids du rfouvomement de l'Algérie , détei'mi- 
nera la population des communes. 

Les tableaux rédigés à cet elfet présenteront distinctement la 
population agglomérée, celle des banlieues, et le total par 
couunune. 

11 sera pris des dispositions pour (jiril soit procédé tous les 
cinq ans à un recensement complet des comnnnies , par les soins 
du maire de chaque connntme, d'ini magistral et d'un contrôleur 
(les coMlrihulions divi.TScs. 



ADM[NIST1\ATI0N GÉNÉRALE. 167 

Les établissements placés hors des communes constituées par 
arrêtés, ou hors des anciens centres de population , ne seront pas 
soumis à^'impôt des patentes. 

Ceux qui seront fondés dans les nouveaux villages créés par 
l'administration ou avec son autorisation , ne seront imposés que 
cinq ans après la publication de l'arrêté constitutif de ces villages , 
à moins toutefois que ces villages ne soient établis sur le terri- 
toire d'une commune déjà imposée, /auquel cas ils devront le 
droit de patente à dater du premier du mois dans lequel ils auront 
commencé à exercer, conformément à l'art. 45 ci-après. 

Le patentable qui exerce plusieurs commerces, industries ou 
professions, même dans plusieurs communes, ne peut être 
soumis qu'à un seul droit (ixe. 

Ce droit est toujours le plus élevé de ceux qu'il aurait à payer 
s'il était assujéti à autant de droits qu'il exerce de professions. 

Le droit proportionnel est fixé , d'après la valeur localive , à 
la moitié du tarif déterminé par l'art. 8 do la loi du 25 avril 18i4. 

Ce droit proportionnel est établi sur la valeur locative tant de la 
maison d'habitation, que des magasins, boutiques, usines^ ate- 
liers, hangars, remises, chantiers et autres locaux servant à 
l'exercice des professions imposables. 

Il est dû , lors même que le logement et les locaux occupés 
sont concédés à titi'e gratuit. 

La valeur localive est déterminée , soit au moyen de baux 
authentiques, soit par comparaison avec d'autres locaux dont 
le loyer aura été régulièrement constaté ou sera notoirement 
connu, et, à défaut de ces bases, par voie d'appréciation. 

Le droit proportionnel pour les usines et les établissements 
industriels est calculé sur la valeur locative de ces établissements 
pris dans leur ensemble , et munis de tous leurs moyens maté- 
riels de production. 

Les patentes sont personnelles et ne peuvent servir qu'à ceux 
à qui elles sont délivrées. En conséquence les associés en nom 
collectif sont tous assujétis à la patente. 

Toutefois l'associé principal paie seul le droit fixe en entier. 
Les autres associés ne sont imposés qu'à la moitié de ce droit , 



im 



GOUVEUiNEMEINT. 



même quand ils ne résident pas tons dans la même commune que 
l'associé principal. 

Le droit pi-oporlionnel est établi sur la maison d'habitation de 
l'associé principal et sur tons les locaux qui servent à la société 
pour l'exercice de son industrie. 

La maison d'habitation de chacun des autres associés est affran- 
chie du droit proportionnel , à moins qu'elle ne serve à l'exei- 
cice de l'industrie sociale. 

Les maris et femmes séparés de biens ne doivent qu'une pa- 
tente, à moins qu'ils n'aient des établissements distincts, auquel 
cas chacun doit avoir sa patente et payer séparément les droits 
fixes et propoj'lionnels. 

Les commis-voyageurs des nations étrangères seront traités, 
relativement à la patente, sur le même pied que les commis- 
voyageurs Irauçais, chez ces mêmes nations. 

Le privilège, attribué au trésor, et aux percepteurs agissant en 
son nom pour le recouvrement de ses droits , s'exerce avant 
tout autre en matière de patente. 

Un arrêté du ministre de la guerre déterminera le mode des 
poursuites î\ suivre envers les débiteurs retardataires. 
TABLKAtl A. 
Tarif général des professions imposées eu égard à ta population. 



100 .000 

(■r'ini- 

(l(>SSUS. 



m. 

TAU) 

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100 

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:;o,ooo 130,000 20,000 10,000 

i» I à I il I 

100,000. 5,0,000 30,000 20 000 



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2,000 

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2,000 

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v.l au- 
dessus 



12 



Li> bi^Du * Vftil (lift; : (;x«'iii|iliuii du droil proiioiliouiicl. 



ADMIKISTIIATIO?» GÉNÉKALi:. ^69 

Sont l'ôpulés : 

Marchands en gros, ceux qui vendent habituellement aux mar- 
chands en demi-î^ros et aux marchands en détail; 

ftlarchands en demi-gros, ceux qui vendent habituellement aux 
délaillanis et aux consommateurs; 

IMarciiands en détail, ceux qui ne vendent habituellement qu'aux 
consonnnateurs. 

ENIIEGISTIIEMENT. TIMUllE. DOMAINE. 

Enregistrement. — Le premier acte ofïiciel dans 
lequel il soitlqueslion de l'enregistrement, remonte 
au 21 juin 1851: c'est un arrêté rendu par M. le lieu- 
tenant-général Berlhezène, le même jour, sur ce motif 
qu'il lui a été cxpcté que leCadi maure et le Cadi 
turc , qui passent la majeure partie des actes de 
vente d'immeubles dans la Régence d'Alger, ne tenaient 
pas régulièrement registre de ces actes : en conséquence, 
le général en chef arrête que tous les actes passés à 
Alger depuis le 5 juillet 1850, ou qui seront passés à 
l'avenir, pour acquisition d'immeubles situés dans 
l'étendue de la Régence, devront être soumis, sous peine 
de nullité, à l'enregistrement du domaine (.sic). 

Restait à fixer la quotité des droits d'enregistrement; 
elle le fut par un arrêté du 11 juillet suivant , ainsi 
conçu : « Il sera perçu, sur le capital du prix de, la 
vente présentée à l'enregistrement, un droit de deux 
centimes par franc, quand l'acte stipulera, soit une 
aliénation définitive au profit de l'acquéreur, soit une 
cession d'usufruit ou de jouissance , pendant une durée 
de cinquante ans et au-delà. 

(]e droit sera réduit d'un centième par chaque an- 
née pour les cessions d'usufruits ou de jouissances 



170 GOUVEUNtMErST. 

dont la durée serait moindre de cinquante ans, con- 
formément à un tarif annexé à l'arrêté. 

La somme sur laquelle sera perçue le droit s'éta- 
blira sur la capitalisation de la rente stipulée , à raison 
de cinq pour cent, si la cession est faite au prix d'une 
rente. » 

Le 16 février suivant (1852), un arrêté de M. le ba- 
ron Pichon, intendant civil de la Régence d'Alger, 
prescrivit les mêmes formalités d'enregistrement pour 
les jugements et arrêtés des tribunaux, pour les actes 
authentiques passés devant les notaires, ainsi que 
tous les actes du ministère des huissiers , de quelque 
nature qu'ils fussent ; un second arrêté du même fonc- 
tionnaire, et qui porte la date du 25 février de la mê- 
me année, règle la perception des droits. 

Enfin, mais seulement dix années après , une or- 
donnance royale en date du 19 octobre 1841 , rendit 
applicables à l'Algérie les lois, ordonnances et arrêtés 
existant en France, sauf quelques modifications, dont 
la plus importante est la réduction à moitié, pour la 
colonie, des droits perçus dans la métropole. Comme 
cette ordonnance est encore aujourd'hui en vigueur, 
nous allons en rapporter les dispositions générales : 

A partir du i*" janvier 1842, seront applicables et exécutoires 
en Algérie, sauf les exceptions et modificalions ci-après, et 
celles qui résullcraient de l'exéciilion de notre ord<>ni<anc(! du 
28 février 1841, ail. 10, les lois, décrois et ordonnances qui 
régissent en France: 1" Les droits d'enrefçislrcnicnl ; 2" Les 
droits de greffe; 3° Les droits d'liypolh(''(inos ; A" Les obliga- 
tions d(!S notaires, huissiers, j^relliers, coinniissaii'es-iirisenrs, 
et tous autres ofliciers publics et ministériels, en ce qui concerne 
la rédaction matérielle des actes et la tenue des répertoires. 



ADMINISTHATION GÉNÉRALE. 171 

11 ne sera perçu, pour les droits d'enregistrement, de greffe et 
d'hypothèques, que la moitié des droits , soit fixes, soit pro- 
portionnels, décime non compris, qui sont perçus en France, 
sans que néanmoins, dans aucun cas, le minimum du droit 
perçu pour un même acte puisse être au-dessous de vingt-cinq 
centimes. 

Les droits de greffe continueront à être perçus au profil du 
trésor , conformément ù l'art. 28 de notre ordonnance du 28 fé- 
vrier 1841. 

Les mutations des biens meubles ou immeubles, droits et 
créances, opérées par décès , ne sont assujéties à aucun droit , 
ni soumises à aucune déclaration. 

Les lois et ordonnances qui seraient rendues en France, rela- 
tivement aux droits d'eiu'egistrement , de greffe ou d'hypothèque, 
ne deviendront exécutoires en Algérie, qu'en vertu d'ordon- 
nances spéciafes. 

Timbre. — Cet impôt ne fut établi en Algérie qu'en 
1845. Le 10 janvier de cette année, parut une ordon- 
nance royale, qui déclare applicables et exécutoires 
en Algérie, les lois, décrets et ordonnances qui ré- 
gissent actuellement, en France, l'impôt et les droits 
de timbre. 

Toutefois, les lois et ordonnances qui seraient ren- 
dues par la suite en France, relativement à ces droits, 
ne deviennent exécutoires en Algérie, qu'en vertu 
d'ordonnances spéciales. 

Le délai pour l'exécution de l'ordonnance du 10 jan- 
vier 1845, avait été fixé au 1" mars suivant; ce délai 
fut ensuite prorogé jusqu'au 1" juillet suivant : depuis 
cette époque, l'ordonnance précitée à reçu sa com- 
plète exécution : des bureaux auxiliaires pour le débit 
du papier timbré ont été institués dans les différentes 



i72 touyERriEMiiNr. 

villes de l'Algérie, par un arrêté ministériel en date 
du G septembre 1844. La remise aux débitants est 
de 5 «/o- 

Domaine. — On peut dire sans exagération que le do- 
maine est la grande affaire de l'administration en Al- 
gérie. La constitution de la propriété dans ce pays, soit 
en raison des coaséquences qu'avait produites la domi- 
nation turque, soit par l'effet des complications qu'a 
lait naître notre conquête, est soumise à de telles incer- 
titudes, que nécessairement les prétentions que le do- 
maine élève ou peut élever (et quel objet est à l'abri 
de ses prétentions?) jettent partout une perturbation 
qui arrête certainement l'essor de la colonie. On en 
peut juger par cette question des cimetières de Bab- 
el-Oued et de Babi^Azoun (1), soulevée et agitée depuis 
plusieurs années, et non encore terminée. 

Bien reconnaître et bien définir ce domaine, sont 
donc des objets que l'administration ne doit jfimais 
perdre de vue , et qu'elle doit s'appliquer à régler avant 
tout, et cela dans l'intérêt des populations indigènes, 



(I) Voici ce qu'on ciilend à Alf^er par la question des ciineliores. Au- 
delà des portes Bab-Azoun et Bah-el-Oiieil , s'ôteiulaient de vastes 
terrains alTeHés aux inliurnalioiis des indiitiMies. Ces inhumations 
occupaient d'aulant plus de place, qu'il n'est («as dans les usages des 
Musulmans de faire servir plusieurs l'ois le môme terrain à plus d'une 
sépulture. Quelipiés familles indigènes vendirent plusieurs de ces 
Icrraitis qu'elles pussédaicnl à titre de sépultures particulières. Ces 
ventes furent reconnues par l'administration ; d'autres moins lé}{i- 
limes furent contestées: lu spéculation s'en mêla, le domaine lit en 
vain 8CS rèserveii, mais les ventes marchèrent si rapidement et si ir- 
régulièrement, que cela est devenu f)our tout le monde une question 
d'une romplicalioR inouïe. 



ADMIMsTRATIOÎI tÉWÉRALC. i75 

comme dans l'intérêt des populations européennes. [1 
y a là certainement de quoi exercer largement la sa- 
gacité de ses jurisconsultes et la prudence de ses lé- 
gislateurs. 

Nous disons : définir ce domaine, et non pas seulement 
le reconnaître; car tout le monde comprend, qu'indé- 
pendamment des biens fonciers sur lesquels l'Etat peut, 
à un titre ou à un autre, exercer des droits de revendica- 
tion, il est diverses natures de propriétés que l'on doit 
considérer comme nécessairement domaniales : ainsi 
les eaux, dont on ne s'est pas encore occupé ; ainsi les 
marais, déjà déclarés b'ien^ vacants et sans maîtres: 
ainsi les forets existantes et les terrains , pouvant être 
considérés comme tels, et qui certainement ne peu- 
vent manquer d'être soumis à des règlements d'utilité 
publique, même alors que la propriété n'en sera pas 
directement attribuée à l'État. 

Les lois du 48 octobre 18i4 et 21 juillet 184G ont éga- 
lement soulevé, au titre de l'inculture^ des questions 
fort graves et qui ne sont rien moins que résolues en 
ce moment. Que l'on ajoute à cela les séquestres, les 
interdictions ou les autorisations d'acquérir dans telles 
ou telles localités, les incertitudes qui planent sur l'état 
réel des propriétés individuelles et communales dans 
les tribus ; et l'on reconnaîtra que nous ne sommes en- 
core qu'au début des travaux législatifs et administra- 
tifs, que va rendre nécessaires l'organisation de la pro- 
priété en Algérie. 

Aussi sans nous arrêter plus long-temps à cette ma- 
tière si grave et encore mal éclaircic, qu'il nous soit 
permis de noos borner à ce court exposé de la situa- 



i 74 GOUVERNEMENT. 

tion du domaine de l'État , tel qu'il existe, ou tel du 
moins qu'on le connaît aujourd'hui. 

L'anci^ gouvernement possédait, par donations, 
achats, constructions ou confiscations, un certain nom- 
bre d'immeubles, tels que maisons ou partie de mai- 
sons, boutiques, jardins et fermes; ces propriétés 
appartenaient en propre au beylik. 

D'autres immeubles de môme espèce avajent été, 
à diverses époques, aftectés à l'entretien des fontaines, 
soit par la munificence des indigènes , aux yeux des- 
quels de telles donations avaient un caractère religieux, 
soit comme prix des concessions d'eau qui étaient faites ; 
le produit de ces immeubles était exclusivement af- 
fecté à l'entretien des cmaux et fontaines, objet d'un 
soin particulier de la part des Musulmans. 

Enfin, les janissaires étaient également proprié- 
taires d'immeubles par donation ou acquisition. 

Ces diverses propriétés devinrent naturellement cel- 
les de l'État après la conquête, et formèrent le domaine. 

Peu de temps après l'arrivée des Français, la plu- 
part des Turcs furent exilés, comme nous l'avons déjà 
dit, d'autres avaient fui : les propriétés des premiers fu- 
rent séquestrées; celles des autres étaient abandonnées: 
le domaine fut chargé de leur gestion. 

Plusieurs établissements de bienfaisance, tels que 
la Mecque et Médine, le sboukheyrat, les andaloux (I), 

(1) On appclail ainsi à Alger une corporation Tondèo jadis pur les 
MaureH émigré» d'Espagne (d'Andalousie), et dans le bul de sub- 
venir aux besoins de ceux de leurs conipnlrioles que les persécu- 
tions rifiigieuhcs obligérenl , aux iG" el 17" siècles, d'abandonner 
l'Espagne. Nous ajouterons que ces souvenirs sont encore vivants 
dans U'H familles inMiii-- il'Vl'ci (|iii lout iiMiionler leur origine i\ 



ADMLMSTHATION GÉÎSÉIIALE. 175 

se trouvaient, notamment la Mecque etMédine, très-ri- 
chementdotésparlesdonationsdes indigènes, qui espé- 
_ raient ainsi, a>t-on dit , soustraire leurs biens à la con- 
fiscation. L'administration de ces immeubles , l'emploi 
des revenus, conformément aux vœux des donateurs, 
furent d'abord laissés aux anciens oukils. Les malver- 
sations commises par ces derniers appelèrent l'atten- 
tion du Gouvernement; les dépenses d'entretien dont 
ces biens étaient grevés figurèrent successivement au 
budget, et ces immeubles furent également réunis au 
domaine. 

Il en fut de même des biens que possédaient les 
mosquées , les zaouias et les écoles. 

Enfin, en 1840, la reprise des hostilités força le Gou- 
vernement à prendre encore des mesures" rigoureuses 
contre les indigènes qui passaient à l'ennemi et por- 
taient les armes contre la France; et un arrêté du 1" dé- 
cembre frappa tous leurs biens de séquestre. 

Telles sont les différentes catégories d'immeubles 
qui constituent aujourd'hui le domaine. 

Les anciens registres ayant disparu pour la plupart, 
parce que les précautions qu'il aurait fallu prendre 
dans l'origine avaient été négligées, il devint très- 
difficile de reconnaître et de prendre possession de 
tous ces immeubles : d'une part , il fallut s'en rapporter 
à des ouï-dire dénués de preuves , à des renseigne- 
ments fautifs, qui entraînèrent une foule d'erreurs; 
d'autre part , les usurpations devinrent faciles au mi- 
cette émigration. Il en est parmi elles qui se vantent d'avoir encore 
les dès de leurs maisons de Grenade. Le fait est que quelques-unes 
ont conservé lours litres de propriété. 



176 COUTllUlKMEîfT. 

lieu (le l'ignorance et delà confusion générales, et sur- 
tout avec une législation exceptionnelle, que la ri- 
geur de ses dispositions rendait le plus souvent inap- 
plicable. 

A force de travaux et de recherches souvent inter- 
rompus par les changements administi-atifs et par les 
événements, on est parvenu en 1840, à dresser des états 
à peu près complets, qui laissent cependant à désirer 
dans les détails. 

D'après ces états, qui ont été publiés l'année der- 
nière, le domaine posséderait en Algérie 15,128 im- 
meubles, présentant une superficie de 405,101 hect., 
41 ares, 28 cent., et une valeur approximative de 
145,542,740 fr., qui se répartissent entre les trois pro- 
vinces de la manière suivante : 



• PROVINCE. 


NOMmiE. 


SUPKIIFICU]. 


VALEIR. 


Alger .... 
Constantinc. 
Oran .... 

Totaux. . 


7,227 
5,058 
4,205 


42,800h. 
170,754 
185,507 


88,210,827 
25,005,802 
55,717,050 


15,128 


405,101 h. 


145,5'i2.740 



Les immeubles ui-bains sont au nombre de 8,(>47, 
présentant une? supcriieie de 15,717,025 met. et une 
valeur approximative de 100,802,500 l'r. 

Ils se répartissent entre les trois provinces, ainsi 
qu'il suit : 



ADMINISTRATION GÉÎfÉRALE. 



17 



PROVINCE. 


NOMBRE. 


SUPERFICIE. 


VALEUR. 


Alger .... 
Coiistanline. 
Oran .... 

Totaux. . 


4,084 
2,475 
2,090 


0,095,544" 70,792,004 
2,105,585 15,095,904 
5,518,290 25,514,422 


8,047 


15,717,025" 


' 109,802,590 


Les immcubl 
l'étendue et la a 


es ruraux . 
aleur par 


s'élèvent à 0,481, dont voici 
provinces : 


PROVINCE. 


NOMBRE. 


SUPERFICIE. 


VALEUR. 


Alger .... 
Constantinc. 
Oran .... 

Totaux. . 

1 


5,145 
1,105 
2,175 


42,250 h. 
170,524 
185,045 


17,427,705 

7,909,988 
10,402,008 






0,481 


405,819 h. 


55,740,559 



Parmi ces immeubles, un grand nombre a dû être 
affecté au casernement militaire et aux autres besoins 
des services publics. 

Le chiffre de ces affectations s'élève à 5,045 pro- 
priétés, d'une superficie de 1 5,298 hect., 1 Oares, 1 7 cent., 
et d'une .valeur de 105,589,811 fr. Voici la décompo- 
sition par provinces de ces chiffres, en biens urbains et 
biens ruraux : 

12 



478 



GOL^VEUNEMEKT. 



PROVINCE. 



NOMBRE 



Alger .... 
Constanline. 
Oran .... 



Totaux. . 



Alger .... 
Con&tantine. 
Oran .... 



TOTAl'X. 



Tôt. généuaux 



SUPERFICIE. 



Immeubles urbains. 



1,514 
080 
810 



5,004 



bect. arcs. cent. 

457 86 05 
190 90 00 
500 00 17 



1,160 85 48 



Immeubles ruraux. 

hectares, aros. cent. 



511 
154 
174 



659 



5,645 



5,695 74 44 
6,5-25 77 05 
2,115 75 20 



14,157 26 69 



15,298 10 17 



VALEUR. 



51,168,791 
15,822,525 
17,157,952 



82,149,046 



14.054,910 
2,556,027 
5,009,228 



21,440,705 



105,589,811 



Enfin, les immeubles non afl'ectcs aux services pu- 
blics, et dont l'État peut disposer, sont au nombre de 
11,485, d'une superficie de 589,895 hectares, 51 ares, 
a cent., otd'uno valeur do 41,952,958 i'r.; ils so ro- 
partissent dans cliaque province en biens urbains et ru- 
raux de la manière suivante : 



ADMIS ISTttATION GÉÎNÉIIALE. 



m 



provinciï:. 



Alger .... 
Constaiitine. 
Oran .... 



Totaux. 



Alger .... 
Constantine. 
Oran .... 



Totaux. 



Tôt. GÉNÉRAUX 



NOMRUE. 



SUPERFICIE. 



Imnxubles urbains. 



2,570 
i,7{)r> 
1,280 



5,045 



|j<ct. ares. ceot. 

151 46 79 
15 05 11) 

45 70 79 



210 80 77 



Immeubles ruraux. 



2,852 
1,011 
1,999 



5,842 



11,485 



hectares, ares. cent. 

50,555 05 04 
170,197 98 90 
182,929 42 40 



589,682 44 54 



589,895 51 11 



VALEUR. 



19,025,275 

1,875,581 
0,150,490 



27,055,544 



5,592,855 
5,575,501 
5,555,580 



14,299,594 



41,952,958 



Les chiffres qui précèdent sont loin de représenter 
rintégralitc des ressources domaniales de TAlgérie. 
Les propriétés rurales des territoires mixtes et arabes 
n'ont pu encore être l'objet de reconnaissances exactes 
et complètes que dans les banlieues des villes , et il 



i 80 GOUVERNEMENT. 

est certain que l'I^tat possède, au-delà de ce rayon qui 
est tout à fait insignifiant, de très-vastes superficies. 

COLONISATION. — CONCESSION. 

L'idée de colonisation, appliquée à l'Algérie, n'est 
pas un fait qui appartienne à un système ou à une 
époque plutôt qu'à une autre. Le mot a été mis en 
avant dès les premiers jours de la conquête, et la chose 
n'a pas tardé à être mise en pratique. La création des 
villages deDély-Ibrahim et de Kouba remonte au 21 sep- 
tembre 1852; elle est due à M. Genty de Bussy, alors 
intendant-civil de la régence d'Alger. Il est question 
dans cet arrêté, de la construction d'un village colonial, 
d'un gérant de colonisation (1). M. le maréchal Soult 
avait accueilli avec faveur ces idées de colonisation, et 
il voulait, assure-t-on, leur imprimer dès lors un déve- 
loppement énergique. 

Mais les graves préoccupations dont le Gouverne- 
ment était alors entouré, l'incertitude qui planait sur 
notre établissement algérien, les répugnances très-vi- 
ves que soulevait dans les chambres et dans une 
partie considérable du public, ce mot de colonie, qui 
réveillait de funestes souvenirs; tout cela donna un 
autre cours aux idées. La dénomination môme était for- 
mellement proscrite du languge parlementaire; il en 
fut ainsi jiis(iu'en 1858, époque à l-Kpiclle M. Brosson, 
intendant-civil do l'A''^érie , mit de nouveau la ques- 

(1) C'ëlûit Alors M. Amanloii , aujourd'hui inspecteur des rorôls 
en Francr : M. do Souboyrûn , sous-dircclcur à Bùnc, faisait partie 
de ce service. 



ADi>ll«ISTllATIOÎN CÉNÉKALE. iSf 

lion à l'oidre du joui*, en proposant aux chambres , 
par voie d'amendement , d'accorder 200,000 fr. pour 
le développement de la colonisation. 

Deux années plus tard, lorsqu'Abd-el-Kader recom- 
mença les hostilités sur la Chiffa, et que, par suite de 
la forte pression qu'il exerçait sur les populations les 
plus voisines de nos cantonnements, il eût fait le vide au- 
tour de nous, les pensées décolonisation reprirent toute 
leur force. Les eflbrts individuels , les établissements 
isolés qui s'étaient témérairement répandus dans la 
Metidja, avaient amené les résultats les plus désas- 
treux : on ne voulut plus opérer que par groupes ou 
plutôt par centres de population. Ce fut sous l'im- 
pression de ces sentiments qu'il fut rendu, le 18 avril 
1841 , par M. le lieutenant-général Bugeaud, gouver- 
neur-général , et sur la proposition de MM, les direc- 
teurs de l'intérieur et des finances, un arrêté relatif 
à la formation des centres agricoles, et qui mérite d'être 
cité : « La colonisation d'un territoire déterminé, est- 
il dit dans cet arrêté, et la formation de nouveaux 
centres de population ^ sont autorisés par arrêtés du 
gouverneur-général, qui règle les conditions d'exis- 
tence de ces établissements , leur emplacement , leur 
circonscription , la population qu'ils sont susceptibles 
de recevoir immédiatement , et l'étendue des terres à 
concéder aux premiers habitants. » 

Cet arrêté énonçait ensuite les dispositions géné- 
rales, d'après lesquelles ces villages devaient être con- 
struits ; ainsi , la proposition du directeur de l'intérieur, 
spécialement chargé de diriger ces créations, devait 
être accompagnée d'un plan détaillé et d'un rapi)ort 



182 GOIIVERNEMEMT. 

explicatif indiquant le périmètre des villes et villages 
et celui des terres à y annexer; les routes, chemins, 
places, rues et autres voies de communication; les 
bâtiments et emplacements réservés pour les diffé- 
rents services; l'église, l'école, etc.; les eaux, fontai- 
nes, lavoirs, abreuvoirs, etc. ; entin le tr.acé de l'enceinte 
à construire pour assurer la défense par les habitants. 
Dans les créations de centres de population, qui eu- 
rent lieu en vertu de cet arrêté, et dont nous allons dres- 
ser le tableau , on a, jusqu'à ce jour, observé tidclement 
ces sages prescriptions , qui sont devenues dans la pra- 
tique , le règlement de la colonisation en Algérie. 
Les villages sont d'ordinaire composés de cinquante à 
soixante familles, sauf quelques-uns que l'on considère 
comme des chefs-lieux futurs de cantons: ainsi, Douera, 
Dellys, Guelma, El-Arouch, Arzew, etc. Les travaux 
d'enceinte se composent d'un fossé avec parapets , 
flanqué par deux ou trois tourelles, selon la disposi- 
tion du terrain : les centres principaux ont une en- 
ceinte en maçonnerie. Les eaux et fontaines, ainsi que 
les chemins et voies de communication, et les nivelle- 
ments de terrains sont considérés comme entrant 
néccssairementdans la formation primitive des villages : 
les dépenses auxquelles ces différents travaux doivent 
donner lieu, sont portées dans le devis général (i). 

(1) On avail également admis en principe qu'il serait délivré aux 
colons, dos subventions en n>alériaux ou en arscnl : lo (aux hnbiluel 
de ces sul)vciilioiis élail de S(M) à 1,()0() IV, (^e sysiènic parait aban- 
donné aujourd'Inii ; nous oserons exprimer l'opinion (pi'il sera néces- 
(lairc d'y revenir, si l'on ne veut pas renoncer à ce mode de créations 
(1<! villugCH, le seul, à noH yeux, qui puisse amener, eu Algérie, une 
population (ouïe a^'ii(toIc et (onic fratK.-aiiie. 



I 



ADMIMSTIUTION GÉNÉRALE. |#S 

Les créations qui eurent lieu, en vertu de cet ar- 
rête, sont nombreuses ; ainsi l'on compte , en 1842 , 
province d'Alger, six villages : Drariah, Douera, El- 
Achour, Aïn-Fouka, Ouled-Fayet, Chéragas. 

En 1845, même province, onze villages : St-Fer- 
dinand, liéni-Mered, Staouëli (concédé depuis aux 
Trappistes), Saoula, Baba-Hasscm, Ste-Amélie, Mont- 
pensier et Joinville, près Blida; Crescia, Douaouda, 
Bcni-Mered complété. 

En 1844, dans la province d'Alger, quatre centres : 
Mahelma, Zeradla. Dalmatie, le Fondouk. — Dans la 
province d'Oran, deux villages : la Sénia, Missergliin. 
— Dans la province de Constantine, quatre villages : 
El-Arrouch, Damrémont, Valée et St- Antoine; ces 
trois derniers près Philippeville. 

En 1845, dans la province d'Alger, trois centres : 
Sidi-Ferrucli, Dellys, Souma. — Province d'Oran, trois 
centres : St-Denis-du-Sig, Arzew-le-Port, Sidi-Chami. 
Province de Constantine, un centre : Giielma, destiné 
maintenant à devenir le chef-lieu de la subdivision. 

Il est à observer qu'à dater de la promulgation de 
l'ordonnance royale du 21 juillet 1845, les fondations 
et les périmètres des villes , villages et hameaux , ainsi 
que l'étendue de leur territoire , sont réglés non plus 
par des arrêtés du gouverneur ou du ministre, mais 
par des ordonnances royales. 

En 184G, province d'Alger, trois centres : village 
maritime de Notre-Dame-de-Fouka, laChiffa, Mouzaïa 
(diverses circonstances retardèrent la création de ces 
villages; ils se construisent aujourd'hui ) ; un centre de 
population indigène destiné à recevoir la Iribu des 



iS^ GOUVERNEMENT. 

Aribs, à la Rassauta. — Province d'Oran, trois vil- 
lages: Mazagran, Ste-Léonie près d'ArzcAv-le-Port, la 
Stidia; une ville : Nemours (Djemmàa-Ghazaoïiat); une 
commune qui doit être fondée à St-Denis-du-Sig, par 
une société dite VUnion agricole; enfin, liuii com- 
munes créées en principe dans la subdivision d'Oran, 
mais dont l'établissement doit se faire par les soins 
des particuliers, en vertu d'une adjudication fixée au 
47 décembre 1847 (1). 

En 1847, province de Constantine, six villages: 
St-Charles, au confluent de l'Oued-Zerga; Bugeaud , 
sur la montagne de l'Edough , près de Bône ; Condé 
(Smendou), Penthièvre (route de Bône à Guelma), 
Robertvilie , Gastonville ( route de Philippoville à 
Constantine ); une ville : le Sétif. 

D'après les relevés publiés au 51 décembre 1840, 
Jes centres agricoles fondés à cette époque, contenaient 
une population de 9,500 habitants : 18,000 hectares 
de terre avaient été distribués. L'ensemble des con- 
structions particulières s'élevait à 7,500,000 fr. 

Tel est l'ensemble des créations que présente la co- 
lonisation civile effectuée par l'intervention ou plutôt 
l'action directe de l'administration. Quant à la ques- 
tion de colonisation militaire , nous devons la con- 
sidérer comme encore indécise : des projets de lois 
avaient été présentés aux chambres, dans la session 
dernière ; ils ont été retirés sans être discutés. 

Venons maintenant ù un autre objet, que l'on doit 
considérer comme jouant un rôle considérable, dans 

(1) Colle adjudiciilioii n'.i imi do ri'sullal (|uc pour un seul village, 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. i85 

le mouvement de colonisation ; c'est le mode adopté 
pour les concessions particulières faites en dehors des 
centres de population. Ces concessions , après avoir été 
l'objet de différents règlements particuliers, sont défi- 
nitivement réglées par les ordonnances des 5 juin et 
1" septembre derniers. Voici le texte de cette dernière 
ordonnance : 

ORDONNANCE DU 1" SEPTEMBRE 1847. 

Art. i^"^ A l'avenir, les concessions provisoires de (erres de 
25 hectares ei au-dessous seront autorisées , dans les lerriloires 
civils, par le directeur des adaiies civiles de la province, sur 
l'avis du conseil de direction , et dans les teiriloires mixtes , par 
le licutcnant-généial commandant la province , sur l'avis de la 
commission consultative du lieu de la situation des biens. 

Les concessions provisoires au-dessus de 2S hectares, et au 
dessous de 100 hectares seront autorisées par le gouverneur-gé- 
néral, sur l'avis du conseil supérieur d'administration. 

Les concessions de 100 hectares et au-dessus seront autorisées 
par nous , sur le rapport de notre ministre de la guerrQ et l'avis 
de notre conseil d'État. 

Art. 2. Les autorisations d'hypothèques et les substitutions , 
ainsi que les prorogations de délais , seront accordées par les 
directeurs des affaires civiles , par les lieutenanls-généraux et 
par le gouverneur-général , pour les propriétés qu'ils sont auto- 
risés à concéder par l'art, précédent. 

Alt., 3. Les immeubles concessibles seront mis à la disposition 
du directeur des affaires civiles pour les territoires civils, et du 
lieutenant-général commandant la province , pour les territoires 
mixtes, par le chef du service des domaines. 

Chaque remise sera constatée par un procès-verbal contradic- 
toire auquel seront toujours joints le plan de l'inaneuble et un 
état inditjuaul sa provenance, sa situation , ses lenanls et abou- 



iSCI G0UVEKNEMEÎ1T. 

tissants , et son étendue, ainsi que le miméro sous lequel il aura 
été inscrit au sommier de consistance du domaine. 

Art. 4. Les concessionnaires indigènes seront exemples du cau- 
tionnement imposé par l'art. 6 de notre ordonnance du 5 juiu 
1847, pour les concessions d'une superficie de 100 hectûres et 
au-dessus. 

Art. S. Les concessiens de forêts , de mines , de sources miné- 
rales , de sources d'eau salée et de dessèchement de marais 
seront toujours accordées par nous , sur le rapport de notre mi- 
nistre de la guerre, notre conseil- d'Éiat entendu. 

Des termes de cette ordonnance, connbinés avec 
ceux de l'ordonnance du 5 juin, résultent les disposi- 
tions suivantes, qu'il peut être utile de portera la 
connaissance du public. 

Les concessions sont partagées en trois catégories : 

1" Concessions de 25 hectares et au-dessous ; 

2" Concessions de plus de 25 hectares et de moins 
de i 00 hectares ; 

5" Concessions de 100 hectares et au-dessus. 

En principe, toute demande de concession doit faire 
connaître la situation , la nature et l'étendue ou le nom 
de l'immeuble, et être accompagnée d'un acte de no- 
toriété, notarié, faisant connaître les ressources pécu- 
niaires du demandeur. 

■HtLorsqu'il s'agit d'une concession de moins de 25 hec- 
tares, et que cette concession doit (Hre comprise dans 
le territoire d'un centre de po[)ulation de nouvelle 
création, il sufîit de joindre à la demande le certificat 
de notoriété ci-dessus indi(jué. 

Lorsqu'il s'ugit d'une concession do plus de 25 hec- 
tares et de moins de 10(1 heclares, le demandeur doit 
fournir, outre le certificat de notoriété, 1" un plan de 



ADMINISTRATION CÉNÉU.VLE. 187 

l'immeuble qu'il désire obtenir ; 2° une soumission par 
laquelle il s'engage à satisfaire aux obligations dont 
préalablement il lui a été donné connaissance. 

La production des mômes pièces est nécessaire, lors- 
qu'il s'agit de concessions de 100 bectares et au-dessus, 
lesquelles doivent être soumises au Conseil-d'Ètat. 

11 résulte de là que pour ces deux catégories de de- 
mandes, il est nécessaire que les personnes, qui les ont 
adressées, soient présentes sur les lieux, ou se fassent 
représenter par un fondé de pouvoirs. 

Avant la promulgation de ces ordonnances, des con- 
cessions avaient déjà été faites d'apiès les principes 
qu'elles ont consacrés: les plus importantes sont celles 
faites : à la congrégation des Trappistes , à Staouëli ; à 
M. Boreli-Lasapie , à Sou-Kali ; à M. le général Gai- 
bois, à l'Haoucb-Zaouïa , dans la province d'Alger; à 
M. Dupré-Saint-Maur, près d'Oran; à M. Ferdinand 
Barrot, près de Philippeville. Nous devons ajouter que 
des concessions ont été faites à des indigènes, prin- 
cipalement dans la province de Constantine. Les con- 
ditions de culture, de plantation, de bâtisse," sont les 
mômes que celles stipulées dans les concessions ob- 
tenues par les propriétaires européens; et c'est là sans 
doute un fait digne d'être remarqué. Au reste, et pour 
compléter le tableau que nous avons dû présenter, il 
est bon de dire que de grandes et importantes de- 
mandes se suivent en ce moment; elles embrassent des 
terrains considérables, compris dans la vallée du Saf- 
Saf, entre Pbilippeville et Constantine. D'autres se 
préparent pour les provinces d'Alger et d'Oran. L'in- 
tervention, désormais obligatoire du Conseil-d'Étal , 



188 GOUVERNEMENT. 

dans les concessions de terres au-dessus 100 hectares, 
va nécessairement amener, dans cette branche si im- 
portante de l'administration algérienne, une régula- 
rité et une fixité de principes, dont les salutaires effets 
ne tarderont pas à se faire sentir. 

FORÊTS. 

Le service forestier a été établi en Algérie depuis 
l'année 1858, et les produits ou revenus auxquels il 
peut donner lieu , sont inscrits parmi les ressources 
du budjet. 

Lorsqu'on applique à l'Algérie les mots de forêts, de 
régime forestier, beaucoup depcrsonnes sont tentées de 
les accueillir par le sourire de l'incrédulité ; on citera 
même la phrase célèbre de Salluste : agcr, frugum fer- 
tilis, bnnits pecori, arhoriinfecundus; et pourtant, est-il 
possible de donner à ce passage un sens aussi absolu 
que celui qu'on lui a attribué? Comment s'expliquer, 
par exemple, l'existence de tant de colonies florissan- 
tes, lesquelles supposent elles-mêmes une population 
nombreuse, et tout cela, dans un pays entièrement dé- 
pouivu de bois ? Ou l)ien, le pays , déboisé avec les Car- 
thaginois et les Numides, comme l'a vu Salluste, se 
serait-il reboisé depuis les temps de cet historien, avec 
l'administration desmunicipcs romains, pour retomber 
ensuite, avec les Arabes et les Turcs, dans cotte nu- 
dité que |)roduisent nécessairement diverses circon- 
stances propres au climat (1), lorsqu'elles ne sont pas 



(1) Ces elrcotifiliiriccs hont Hignuléet» daus lu Moiuuiro de M. Hardy, 
d^ cilé. (Voir p.'tges 3i> c( 3:t.) 



ADMI7ÎISTRATI0N GÉNÉRALE. ' 189 

neutralisées par les elïbi'ts intelligents d'une population 
plus prévoyante? 

Quoi qu'il en soit de ces questions, dont l'examen 
n'aurait peut-être pas un intérêt excluiiivenient histo- 
rique, mais ne saurait trouver place dans cet An- 
nuaire y ce que nous connaissons de l'Algérie doit nous 
donner la ferme confiance que ce pays n'est pas con- 
damné à une stérilité forestière irrémédiable. 11 y a 
certainement dans le climat, dans les habitudes des 
populations indigènes, et sans doute aussi maintenant, 
dans les besoins de notre population, de notre armée, 
des causes de destruction sans cesse agissantes; mais 
il y a aussi, dans la natur/i et la disposition du sol des 
principes de reproduction non moins évidents : com- 
battre les premières , développer les seconds , c'est 
là certainement un des principaux objets que l'admi- 
nistration puisse se proposer; et sous ce rapport, l'or- 
ganisation d'un service spécial était déjà un bienfait. 

Le premier travail dont il avait à s'occuper devait 
être de fournir des reconnaissances aussi complètes qu'il 
était possible. En ajoutant aux renseignements donnés 
par les agents de ce service, d'autres indications dues, 
soit aux bureaux arabes, soit aux oificiers d'état-major 
chargés de la topographie, la statistique officielle de 
184G a pu évaluer la consistance forestière de l'Algérie à 
840,000 hect. On comprend tout ce que cette évalua- 
tion a d'arbitraire, et qu'il s'ugit d'ailleurs, non pas de 
forêts véritables , mais de terrains susceptibles d'être 
un jour ramenés à un boisement et à des aménage- 
ments réguliers ; c'est là toutefois un point de départ 
important. 

En l'état, l'action du service forestierdont nous ferons 



d 00 GOUVERNEMENT. 

connaître l'organisation dans le chapitre suivant, ne 
s'exerce que sur 50,000 hectares environ. Certaines por- 
tions de ces bois ont pu déjà être soumises à des exploi- 
tations régulièi»es : ce sont, par exemple , les bois sur le 
Mazafran , près d'Alger, et plusieurs cantons de chêne- 
liége, dans les environs de La Galle et de Philippe- 
ville, concédés à des compagnies, pour l'opération du 
démasclage (I); on commence à régler avec les ad- 
ministrations militaires les livraisons de bois de chauf- 
fage et de bois d'industrie, qu'elles exploitent dans les 
forêts reconnues comme appartenant à l'État; d'un 
autre côté, l'administration paraît disposée à fournir 
aux usines déjà établies ou à celles qui veulent s'éta- 
blir, des quantités importantes de bois pour le char- 
bonnage. Mais, il faut le reconnaître : ce ne sont encore 
que des essais, des bases posées pour l'avenir: le ré- 
gime forestier de l'Algérie a besoin, avant tout, d'être 
fondé sur une législation spéciale (i); nos aïeux, en 
créant la grande-maîtrise des eaux et forêts, en ar- 
mant cette institution de privilèges et de droits par- 



(1) L'opération du démasclage consiste à enlever, au moyen d*ins- 
trumcnls pnrliculicrs, l'écorcc dcTarbrc qui donne le liège : elle se 
renouvelle ù des périodes variables. 

(1) Nous ne sommes pas seuls à exprimer celte opinion: M. Baude, 
dans son ouvrage sur rAlgérie, disait : « Nous cIutc lierons |)lus tard 
dans l'aménagement des Toréls, une des sources du revenu pu- 
blic; mais la richesse en combustible et en bois de service, n'est pas 
le seul but qui doive être assigné au repeuplement du sol algérien. 
Quand nos pères plaçaient les eaux et les forêts sous la même sur- 
veillance, cl les faisaient participer aux mêmes soins, ils transpor- 
taient dans la législation uneconnexité consacrée par la nature. » 



ADMTNISTHATIOÎf GÉNÉUALE. iOi 

liculiers, nous ont donné un bon exemple à suivre; 
et la France, qui trouve dans ses forêts un revenu con- 
sidérable, qui recueille aujourd'hui les fruits de cette 
prévoyance, dont on n'a pas assez respacté peut-être 
les sages prescriptions, ne doit pas en perdre le sou- 
venir en Algérie. 

PÉPIMÈRES. 

Depuis l'origine, l'administration adonné à ces utiles 
établissements une attention toute particulière; dans 
ce moment, les pépinières entretenues par l'État, dans 
les territoires civils, sont au nombre de sept : deux 
dans la province d'Alger, celle de Bouffarik et la pépi- 
nière centrale ; trois dans la province de Constantine, la 
pépinière de Bône, celle de Philippeville et celle deCons- 
tantine; deux dans la province d'Oran, celle de Mi- 
serghin et celle de Mostaganem. 

Pépinière de Miserghin. — Située à trois lieues d'O- 
ran, elle a été créée en 1844; elle est d'une superficie de 
i2hectares, dont neufsont complètement cultivés; elle 
renferme 200,000 plants de un à trois ans; elle est en 
plein rapport. 

Pépinière de Mostaganem. — Elle est située près de 
la ville , sur la route de Mazagran ; sa création ne re- 
monte qu'à 1845. On vient d'y achever une vaste ha- 
bitation pour loger le personnel, les principaux ou- 
vriers et le matériel. Elle est arrosée par des sources 
qui sortent toutes de la montagne et qui sont recueillies 
dans des réservoirs. La nature arénacée de son sol exige 
de fréquentes irrigations. Sa proximité de la mer lui est 
nuisible; ; les vents contrarient souvent la végétation 



102 GOUVEHNEMENT. 

des jeunes arbres au printemps. On s'occupe d y re- 
médier en plantant des abris d'arbres verts. Son 
étendue estdelohect; sept sont en culture; près de 
cent mille jeunes arbres y sont plantés. 

Pépinière de Bône. — Elle est située derrière l'aqueduc 
delà ville par la porte Damrcmont, et près du cime- 
tière européen. Quoique commencée dès 1841, sa créa- 
tion ne remonte réellement qu'à 1845, époque où elle 
passa dans les mains d'un élève du Jardin des Plantes 
de Paris et de la pépinière centrale. Sa superficie est 
de 15 hect., dont 15 sont en culture. Elle est arrosée 
au moyen de six norias. 

Cet établissement est en plein rapport et rend de 
notables services à la localité. On peut y livrer de 40 
à 50 mille arbres annuellement. 
_ijPne filature de soie, où sont dévidés gratuitement les 
cocons des colons y est installée , ainsi qu'une ma- 
chine à coton. 

Pépinière de Conslanlinc. — Elle se trouve dans l'an- 
gle que forme la jonction du Rummel et du Bou-Mer- 
zoug à une demi-heure de marche de la ville. Sa surface 
est de 20 hect.; mais au centre il existe un monticule 
qui n'est pas susceptible d'irrigation et enlève près 
il'un tiers de la superficie aux cultures régulières. Elle 
est arrosée au moyen d'une dérivation provisoire du 
IJou-Merzoug et qui ne date (juti d'une année. On y 
utilisait les sources de Sidi-Mabrouk, avant (|ue le 
syphon qu'a établi le génie les eût api)ropriées à l'u- 
sage de la ville do Constanline. 

La surface cultivée est de 10 hect. Il y existe environ 
250,000 arbres de I à 5 ans. Elle a été créée en 1845 et 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. i05 

est aujourd'hui en plein rapport. Les cultures de cette 
pépinière sont souvent endommagées par de fréquentes 
invasions de sauterelles. 

Pépinière de Philippeville. — Elle est située entre 
rOued-Zeramna et la montagne, directement en face 
la grande rue de Philippeville, à laquelle elle se relie 
au moyen d'une large avenue, en partie plantée de pla- 
tanes, et qui fera une magnifique promenade, lorsqu'elle 
sera achevée. Sa superficie est de 12hect. ; huit sont 
en culture et contiennent environ 250 mille plants d'ar- 
bres. Sa création remonte à i844: elle est aujourd'hui 
en plein rapport : ce sera une grande facilité pour les 
plantations, qui devront être faites dans la vallée du 
Saf-Saf. 

Pépinière de Bouffarick. — Elle est située autour du 
camp d'Erlon , sur les réserves militaires. Sa surface , 
primitivement portée à 20 hect., a été réduite à 15 hect. 
par suite de l'adjonction de pareille quantité de ter- 
rain au dépôt d'étalons qui est situé dans l'intérieur du 
camp, ainsi que les bâtiments d'exploitation de la pépi- 
nière. L'eau nécessaire aux irrigations a été amenée 
de la montagne au moyen d'un fossé. 11 est à croire 
que cette pépinière sera transférée ailleurs ; on la sup- 
primerait pour donner plus de facilité et d'espace au 
dépôt d'étalons. 

Pépinière centrale , dite du Hamma, — Fondée par 
W. Genty de Bussy, intendant civil en 1852, sous le 
litre de Jardin d'essai , elle a reçu depuis cette époque 
des agrandissements essentiels, principalement de- 
puis 1842, époque à laquelle M. Hardy en fut nommé 
directeur ; elle est située commune de Mustapha , près 

15 



104 GOUVERNEMENT. 

le lieu dit le Café des Platanes. Sa superficie est de 
54 hcet. complètement en culture. Elle est arrosée par 
dix puits à noria et par plusieurs sources , qui sont 
recueillies dans plusieurs vastes réservoirs, et qui don- 
nent aux irrigations de rétablissement d,000 mètres 
cubes d'eau par 24 heures. Elle renferme aujourd'hui 
plus d'un million d'arbres plantés et de l'âge de 1 à 
4 ans. 

On s'occupe avec un soin tout particulier dans cet 
établissement de l'acclimatation des végétaux exoti- 
ques; on emploie à cet effet divers appareils installés 
dans des hangars construits exprès; dps serres à toit 
vitré sont en construction. Ces expériences ont déjà 
donné des résultats fort remarquables, et semblent de- 
voir élargir la liste des végétaux exotiques productifs à 
cultiver en Algérie. Cet établissement renferme en 
outre plusieurs machines pourl'égrenage du coton, une 
filature pour le dévidage des cocons, où les colons trou- 
vent à faire dévider gratuitement leur soie. 

— r Dans les territoires mixtes, les pépinières sont au 
nombre de sept , savoir : 

Province d'Alger. — Médcah, Miliana, Orléanville. 

Province d'Oran. — Mascara , Tlemccn. 

Province de Constantine. — Guelma, le Sétif. 

Ces pépinières , instituées par une circulaire de 
M. le marcclial duc d'Isly, en date du 7 février 1847, 
n'ont pu recevoir encore les développements néces- 
saires. Elles rendront dans la suite les plus grands ser- 
vices; quelques-unes d'entre-ellcs commencent déjà à 
fournir, soit aux services publics, soit môme aux co- 
lons , des arbres et des liantes. L'administration no 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 195 

saurait entourer de trop d'encouragements ces précieux 
établissements. 

Observations générales. — Le nombre des arbres ou 
plants existant dans ces différentes pépinières, s'élève 
au chiffre de plus de % 200,000; ils se composent d'ar- 
bres forestiers pour les bordures des routes et pour les 
plantations, en massif, d'arbres à produits industriels, 
tels que les mûriers, les oliviers, etc. : on entretient en 
outre dans chaque pépinière uno école d'arbres frui- 
tiers, où l'on a réuni de nombreuses variétés des dif- 
férentes espèces, alin de pouvoir juger et connaître 
celles qui conviendront le mieux au climat de l'Algérie 
et qui devront être propagées de préférence, pour don- 
ner de bonnes greffes. 

On s'occupe aussi des essais de culture des végétaux 
industriels ; car c'est là ce qui doit faire le principal ca- 
ractère de l'agi'iculture algérienne. La pépinière cen- 
trale étant la plus ancienne et la plus spacieuse, les 
essais en ce genre faits dans son enceinte, sont les 
plus nombreux et les plus complets. On y a démontré 
que la culture du mûrier et l'éducation des vers-à-soie 
se font avec la plus grande facilité et sont des plus 
avantageuses, et qu'un hectare de palmiers-nains, 
fléau du défricheur, complanté convenablement de 560 
mûriers, soignés comme il convient pendant cinq ans, 
donnerait au bout de ce temps, en faisant consommer 
soi-même la feuille de ses mûriers par les vers-à-soie, 
et en faisant dévider ses cocons à la filature de la pé- 
pinière centrale, un revenu annuel de 2,420 fr., parce 
que le mûrier ici n'a pas besoin de se reposer comme 
en France, et rapporte tous les ans. 



i9Q GOUVERNEMENT. 

La culture de la cochenille a produit des résultats 
remarquables. La récolte de cet insecte , à l'état sec , 
a été à raison de i,000 kil. l'hect., ce qui au prix de 
15 fr. le kil., donnerait une somme de 15,000 fr. , sur 
laquelle il faut déduire moitié au moins pour les frais. 
11 n'est pas de culture qui présente d'aussi grands 
avantages; car elle n'offre pas de difficultés sérieuses, 
et les opérations qu'elle exige sont bien moins nom- 
breuses et moins difficiles que celle de l'éducation des 
vers-à-soie. Il suffît d'avoir observé les mœurs de l'in- 
secte pendant quelque temps, pour être en mesure 
d'en suivre l'éducation. 

Cette culture a eu un plein succès à la pépinière de 
Bône. Des plantations de nopals existent dans toutes les 
pépinières, et recevront des mères cochenilles dans le 
courant de 1848. La facilité avec laquelle cette plante 
se multiplie est telle, que toutes ces plantations pro- 
viennent de quelques pieds seulement, existant à la 
pépinière centrale, en 1842 (1). Partout où le figuier de 
Barbarie croît spontanément, la culture de la coche- 
nille se fera avec succès. Espérons que bientôt cette 
utile industrie prendra le rang qui lui est assigné dans 
notre colonie. 

La culture du pavot à opium a donné des résultats 
qui attestent de rexcellence de ce produit en Algérie. 
Les diverses analyses fuites à l'Institut en ont constaté 



(1) Pour rendre à chacun la jusiicc qui lui est duc, nous devons 
rappeler que deux colons, MM. de Lo/o el do Nivoy, ce dernier 
surtoot, à Kouba, avaient depuis plusieurs années donné des soins à 
celle culture ; leur exenaplo a trouvé trop peu d'iinilntours. 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 197 

la richesse en morphine. On retire de cette plante un 
double produit par l'huile que l'on peut encore extraire 
de sa graine, quoique la capsule ait été incisée. Ce fait 
a été signalé par le directeur de la pépinière centrale. 

La culture du pavot somnifère et la récolte de l'o- 
pium ont aussi complètement réussi à la pépinière de 
Bône, à celles de Philippeville et de Constantine. 

Parmi les plantes oléifères, nous citerons en pre- 
mière ligne le sésame , dont les produits se sont élevés , 
à l'aide de l'irrigation, à l,500kil. l'hect. Les premiers 
essais de cette culture remontent à 1845. Ceux qui ont 
été continués depuis ont toujours été satisfaisants. 

La madia-sativa a un avantage sur le sésame pour 
la quantité du produit, en ce que cette plante peut se 
semer à l'automne , se passe d'irrigation et rend presque 
le double du sésame. Mais sa graine rend moins en 
huile et est moins agréable pour l'aHmentation : cette 
huile est surtout très-propre à l'éclairage, à cause de 
sa limpidité. 

\Jarachide ou pistache de terre ( cacahuète des Es- 
pagnols) produit autant en poids de graine que la madia; 
mais celle graine rend moins en huile, craint le froid 
et exige de fréquents arrosements. 

Le coton a donné des résultats très-satisfaisants; 
les essais qui en ont été faits dans les manufactures, à 
Saint-Quentin, ont produit les plus beaux filés, et les 
prix élevés auxquels ils ont été estimés, sont de 
nature à faire concevoir les espérances les plus avan- 
tageuses sur cette culture, aussitôt que la population, 
plus compacte et mieux établie dans les campagnes, y 
aura rendu la main-d'œuvre moins chère et plus facile. 



198 GOUVEHNEMENT. 

Parmi les plantes tinctoriales, le paslel, le car- 
thame^ ont complètement réussi. L'indigotier est ivbs- 
délicat dans sa jeunesse. Sa culture n'aura de succès 
que dans les lieux très -abrités, où se font les dépôts 
limoneux des rivières. 

Parmi les plantes tuberculeuses alimentaires, nous 
citerons : 1° h patate, qui prend le premier rang par l'a- 
bondance et la qualité de ses tubercules; 

2° Le topinambour ; il résiste à la sécheresse et ne 
craint pas les sols médiocres; 

S** Enfin, la coZocase d'Egypte; elle réussit parfaite- 
ment dans les terrains qui peuvent conserver do la 
fraîcheur pendant l'été. 

Ces détails puisés aux meilleures sources, et que 
nous avons cru devoir donner avec les développements 
nécessaires, confirment pleinement l'opinion déjà émise 
dans une autre partie de cet Annuaire ; à savoir que la 
production agricole de V Algérie paiera avec usure les 
sacrifices quelle aura coûtés; en un mot qiielle sera ce 
que nous voudrons quelle soit. 

D013ANE& 

Quel était, avant la conquête, le commerce d'expor- 
tation et d'importation de la province d'Alger? Cette 
question a été souvent posée, mais n'a jamais été ré- 
solue. Les documents officiels manquent; voici seule- 
ment (luchjues faits que l'on a pu constater. 

Avant 1781), la compagnie française d'Afrique, dont 
lo siège était à la Calle, achetait sur les côtes, et prin- 
cii^alemont dans la province de Constanlinc , des quan- 



ADMlNiSTUATION GÉNÉfULE. i99 

titcs considérables de grains qu'elle vendait, selon les 
tenips, dans le midi de la France, en Espagne et en 
Italie. Selon M. Baude, ces quantités se seraient quel- 
quefois élevées à 200,000 hectolitres. 

D'après un mémoire de la chambre de commerce 
de Marseille, les importations dans la Régence se mon- 
taient, en 1 822 , à une valeur de 6,500,000 fr.'dans les- 
quels la France n'entrait que pour i, 500,000 francs. 

Il est d'ailleurs un fait incontestable et qui doit don- 
ner une idée exacte de la situation réelle des choses 
avant 1850; c'était le petit nombre i'expéditions qui 
se faisaient dans tous les ports du monde, à la desti- 
nation de la Régence d'Alger. Lucratif et important 
pour quelques individus , ce commerce ne comptait 
pas dans le système général de la Méditerranée; c'est 
un fait hors de doute; et il ne pouvait en être autre- 
ment, avec un gouvernement tel que celui des pa- 
chas : commerce et piraterie vont mal ensemble. 

Les choses sont bien changées aujourd'hui; un mou- 
vement commercial qui n'existait point, a pris des dé- 
veloppements rapides , inattendus ; il serait superflu 
d'en rechercher la cause; nous nous bornerons à en 
exposer les résultats; résultats constatés par les ta- 
bleaux authentiques de la douane, recueillis de- 
puis 1850: 

Commerce général. 

Importations. Exportations. 

1851. — G,504,000f 1,479,000 

1852. — 6,856,920 850,509 
1855. — 7,599.158 05 1,028,410 60 
1854. — 8,560,256 42 2,576,662 29 



200 OOLVEUNEMENT. 

i855. - 16,778,757 59 2,597,860 02 

4856. — 22,402,768 56 5,455,851 70 

1857. — 55,055,246 09 2,946,691 04 

1858. — 55,542,411 00 4,200,555 00 

1859. — 56,877,558 00 5,281,572 00 
1840. — 57,554,757 00 3,788,854 00 
1841.— 66,905,784 00 4,502,210 00 
1842. — 77,487,414 00 7,185,159 00 
1845. — 78,847,215 00 7,781,649 00 

1844. — 82,804,550 00 8,109,147 00 

1845. — 99,560,564 00 10,491,059 00 

1846. (1) 115,925,525 00 9,045,067 00 



Total 750,742,622 49 74,897,559 68 

Les états officiels de 1845, les derniers qui aient été 
publiés, établissaient de la manière suivante la dé- 
composition de ces chiffres : 

i^ Sous le rapport des provenances : 

Violeurs importées par navires français. F. 75,000,000 

— - — étrangers. 24,000,000 

Valeurs exportées — français. 5,725,000 

^'''^^ — — étrangers. 4,767,000 

Ainsi, dans les importations, le pavillon national 
compte pour les trois quarts du chiffre total, et seu- 
lement pour moitié dans les exportations. 

2" Sous le rapport des marchandises : 
Matières animales. — (Animaux vivants, 



(1) Il est à croire qu'on 18V7 , aiinûo do pcrlurbalion commorcialu 
pour (ou» les pays, il y aura une diminution, sur les rôsuUutsde 18'i(>. 



ADMINISTUATION GÉNÉRALE. 201 

produits et dépouilles d'animaux, etc.) F. 5,405,000 

Matières végétales. — ( Farineux ali- 
mentaires, fruits secs, denrées colo- 
niales, bois commun, etc.) 25,450,000 

Matières minérales.. — ( Pierres et mé- 
taux.) 4,525,000 

Fabrications. — (Compositions diver- 
ses, boissons, tissus, ouvrages en 
matières diverses.) 64,200,000 

Les objets sous le titre de fabrications méritent 
quelques observations; les tissus principalement, dont 
le commerce a pris un développement très-considé- 
rable. 

Dans le chiffre de G4 millions rapporté ci-dessus , 
ces tissus entrent pour une somme de 55 millions, la- 
quelle se décompose ainsi : 

Tissus de coton. 19,800,000 

— de laine. 8,750,000 

— de soie. 2,750,000 

— de chanvre et de lin. 1,750,000 

et les produits étrangers ne figurent dans ce mouve- 
ment que pour un dixième. C'est donc un débouché 
de 50 millions ouvert aux fabriques françaises. Or, il 
faut penser que d'une part, il y a cinq ans par exem- 
ple , la valeur des tissus venant de France n'était pas 
de plus de 4 à 5 millions; et que de l'autre, on ne 
saurait expliquer cette augmentation par le motif ba- 
nal de l'augmentation de l'armée, puisque depuis trois 
ans, le chiffre de l'armée est resté stationnaire, et que 
pendant^cette même période , le commerce des tissus 



202 GOBYBKNEMEJHT. 

a plus que douJ)lé. Ce que l'armée a fait , c'a été de 
pacifier le pays, et de nous ouvrir les marchés de l'in- 
térieur: marchés assez importants pour que la chambre 
de commerce de Philippeville ait évalué à plus de 
5 millions les tissus achetés par les Arabes de l'inté- 
rieur, dans la seule province de Constantine (1). 

Le commerce des vins s'est élevé en 1845, en quan- 
tité, à 542,000 hectolitres venant de France; en va- 
leur , à 7,423,i 25 fr. 

Exportations. — Les exportations , dont la valeur est 
loin de répondre à celle des importations, se sont élevées, 
en 1845 , comme on l'a vu plus haut, à 10,491,000 fr. 
Elles se divisent en deux catégories : 

Marchandises du cru du pays, et marchandises d'o- 
rigine française et étrangère, réexportées. — Ces der- 
nières présentaient une valeur de 4 millions, les pre- 
mières une valeur de 6 millions , dont les articles prin- 
cipaux sont : 

Peaux brutes. — i. 241, 000 F. 

Lnincs. — 1,659,000 

Cire. — 127,000 

Corail brut. — 1,408,000 

Céréales. — 850,000 

Huile d'olive. — 475,000 

Cette disproportion extrême entre les exportations 

(1) Pour <^(rc juste envers tout le monde, nous devons mentionner 
ausbi les efforts persévérants de la chambre do commerce d'Alger, 
et Hurlout d'un do nos principaux négociants (M. David), pour un- 
soigner A nos fabriques le nouveau débouché <|ui leur était ouvert, 
et leur faciliter celle conquûle , dont on peut apprécier aujourd'hui 
toute l'importance. 



A-DMINISTRATIO?» GÉNÉRALE. 2C5 

et les importations dénote sans contredit une situation 
tout-à-fait anormale : ce n'est que par les développe- 
ments donnés à l'agriculture, que l'équilibre pourra se 
rétablir : la prospérité de l'Algérie est à ce prix. 

Navigation. — On manque de renseignements ofiî- 
ciels, suffisamment exacts, pour indiquer le mouvement 
de la navigation en Algérie, pendant les premières 
années. On voit seulement qu'en 1855, les états do 
la douane portent 2,090 navires, jaugeant ensemble 
156,000 tonneaux. 

Dix ans plus tard, en 1845, ces états indiquent 
6,276 navires, jaugeant 449,966 tonneaux, dont les 
5/5"'"^ appartiennent au pavillon français , et 2/5°" aux 
pavillons étrangers. 

Un fait qui mérite à un égal degré d'attirer l'atten- 
tion du lecteur , c'est l'accroissement de la marine al- 
gérienne marchande: en 1855, on ne comptait que 
495 navires jaugeant 5,984 tonneaux; en 1845, on 
comptait 1,574 navires jaugeant 22,495 tonneaux. 
Cette marine s'est améliorée non seulement parle nom- 
bre, mais encore par l'espèce des navires, puisque 
dans les premiers chiffres on ne trouve qu'un jaugeage 
moyen de 9 tonneaux par navire, et il est de 16 ton- 
neaux d'après les chiffres récents. On dira que ce n'est 
là qu'un petit cabotage ; mais qui ne sait que le cabo- 
tage est la pépinière des grandes marines (1)? 

(1) Co serait surtout dans les populations indigènes, les Kabyles 
du littoral, qu'il importerait do développer ces germer précieux. 
Une commission spéciale a été instituée pour examiner cette ques- 
tion et d'autres qui s'y rattachent. Lo résultat des travaux de celte 
commission u'oel pas cucoro connu. 



204 GOUVEIUNEMEIST. 

Législation et tarifs. — Les résultats qui viennent 
d'être énoncés ne sauraient être exclusivement attri- 
bués au développement de notre établissement en Al- 
gérie; et nous ne devons pas nous dissimuler que la 
prédominance des produits de nos fabriques et de 
notre navigation, est due principalement aux combi- 
naisons des tarifs. Voici en effet les variations que notre 
système de douanes a éprouvées. 

Jusqu'à l'année 1855, on donna peu d'attention en 
France à un mouvement commercial qui n'avait pas 
encore d'importance, et auquel, il faut le dire aussi, ou 
ne présageait pas un très-grand avenir. Mais les faits 
grandissaient chaque jour, et il fallut bien en tenir 
compte. 

La législation de l'Algérie sur cette matière se bor- 
nait à un arrêté rendu par M. le maréchal Clauzel, 
le 17 septembre 1850, portant fixation de droits à 
l'entrée de diverses marchandises importées par mer, 
et à un autre arrêté pris par M. le général Yoirol et 
par M. l'intendant civil Gcnty de Bussy, le 2 jan- 
vier 1854, et qui réduisait à 9 0/0 les droits à percevoir 
sur diverses marchandises étrangères , sortant des en- 
trepôts de France, nommément les tissus. 

Mais on eut lieu d'observer qu'à la faveur de ces 
combinaisons, les produits nationaux et notre marine 
marchande rencontraient dans les ports de l'Algérie 
une concurrence, contre la(iuelle ils ne [)Ouvaient lutter. 

L'administration se trouvait alors placée entre le 
système de protection et le système de libre concur- 
roncc, conii)li(iués d'un intérêt colonial dont on ne 
l)ouvail plus méconnaître rimportance. Si l'on se de— 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 205 

cidait pour le syslcme de liberté, et que Ton consentît 
à ouvrir, moyennant des tarifs très-modérés, les ports 
et les marchés de l'Algérie aux produits et aux pavillons 
étrangers, il était certain que l'on faciliterait l'essor de 
la colonie, et que le trésor retirerait bientôt, par des 
droits de douane, des revenus importants. Mais il était 
certain aussi que ce résultat ne pourrait s'obtenir qu'au 
détriment de nos fabriques et de notre marine, qui 
deviendraient bientôt étrangères, ou peu s'en faudrait, 
à l'Algérie. 

Entre ces partis extrêmes , on chercha d'abord , 
comme cela était naturel , un compromis ; et ce fut 
dans cet esprit que fut rédigée l'ordonnance royale du 
11 novembre 1855. 

D'après cette ordonnance, tout transport entre la 
France et les possessions françaises du nord de l'Afri- 
que ne pouvait s'effectuer que par navire français. 11 
en était de même pour les transports par cabotage 
d'un port à l'autre de ces mêmes possessions. 

Les navires étrangers, chargés ou non, payaient à 
leur entrée un droit de deux francs par tonneau. 

Toutes les marchandises venant de France , et diver- 
ses marchandises venant de l'étranger, telles que grains 
et farines, bois de construction, pierre à bâtir, mé- 
taux , etc., étaient admises en franchise. 

Les sucres français payaient 10 fr. ; les sucres étran- 
gers 16 et 20 fr. les lOO'kilog. 

Les autres marchandises étrangères non prohibées 
en France, acquittaient à leur entrée le 1/5 ou le 1/4 
des droits fixés par les tarifs de France. 

Les marchandises étrangères prohibées à l'entrée 



206 COUTEftNEMENT. 

en France, étaient admises en Algérie, moyennant le 
paiement d'un droit de 12 p. 0/0 de leur valeur, si elles 
venaient d'un port français, et de 15 p. 0/0 venant d'un 
port étranger. 

Le régime établi par cette ordonnance a duré huit 
années, de novembre 1855 à décembre 1845. Mais 
comme il ne produisait pas l'effet que l'on en atten- 
dait, comme l'on voyait tous les ans la concurrence des 
fabriques et des marines étrangères , se maintenir 
toujours plus redoutable, le Gouvernement, après de 
longs examens entre les ministères des finances , du 
commerce, de la guerre et de la marine , et auxquels 
les administrations locales et la chambre de commerce 
d'Alger prirent part, se décida à entrer dans le sys- 
tème franchement protecteur; il fit paraître l'ordon- 
nance du 10 décembre 1845, que nous croyons devoir, 
en raison de son importance, publier dans toute son 
étendue. 

TITRE PREMIER. 

NAVIGATION. 

Art. 4"". Les transports entre la France et l'Algérie ne pour- 
ront s'etrecluer que par navires français, sauf le cas d'urgence 
et de nécessité absolue pour un service public. 

Art. 2. Le cabotag<; d'un port à un autre de l'Algérie, pourra 
s'effectuer par navires français , par sandales algérieinies , et 
jusqu'ù ce (ju'il en soit autrement ordonné , par navires étrangers. 

Art. 3. Les navires étraiig(M's, chargés ou sur lest, paieront à 
leur entrée dans les ports de l'Algérie , un droit de 4 f. par ton- 
neau de jauge. 

Ce droit sera pareillement perçu à l'égard des navires étran- 
gers, dans le cas où ils seront admis, par application de Par- 



ADNIMSTUATIOM GÉkIÉHALË. 20t 

liole précédent, à faire le cabotage d'un port à un autre de cetto 
possession. 

Art. 4. Seront aflranchis de tous droits de navigation : 

4° Les navires français et les sandales algériennes ; 

S" Les bateaux et embarcations étrangers exclusivement affectés 
à la pêche du corail ou du poisson , ainsi qu'au transport comme 
allèges dans l'intérieur des ports de l'Algérie ; 

3° Les navires étrangers entrant en relâche forcée ou libre- 
ment dans ces ports , et qui n'y feront aucune opération de com- 
merce. 

Art. 5. Les embarcations étrangères employées en Algérie à 
la pèche du corail ou du poisson , ou aux transports , comme 
allèges , dans l'intérieur des ports , et les embarcations françaises 
attachées anxdits ports , porteront un numéro d'ordre , ainsi que 
l'indication du nom des propriétaires et du port d'attache, sous 
peine deSOO fr. d'amende. Ces indications seront reproduites dans 
un passeport ou congé, dont chacune de ces embarcations devra 
être accompagnée, sous peine d'une amende de 100 francs. 

Ces passeports ou congés seront valables pour un an. Leur 
prix est fixé ainsi qu'il suit; savoir : 

Congés des bateaux français, de tout tonnage. ... F. 1 »» 

Passeports des bateaux étrangers de moins de 10 ton. . . Su 

— — de 10 à 30 tonneaux 45 i » 

— — déplus de 30 tonneaux. . . . 30 »» 
Art. G. Les navires étrangers seront tenus , à leur sortie des 

ports de l'Algérie, de se pourvoir d'un passeport. Le prix de ce 
passeport, ainsi que celui des permis qui seront délivrés pour 
rembarquement et le débarquement des marchandises^ est fixé 
à 50 centimes. 

11 ne sera pas exigé de droit d'expédition d'acquit , ni de cer- 
tificat. 

TITRE U. 

IMPORTATIONS. 

Art. 7. Les produits du sol et de l'industrie du royaume , à 
l'exception des sucres , et les produits étrangers nationalisés en 



208 



GOUVERNEMENT. 



France parle paiement des droits, seront admis en Algérie en 
franchise des droits d'entrée , sur la présentation de Texpédition 
de douane délivrée à leur sortie de France et constatant leur 
origine. 

Art. 8. Seront pareillement admises en franchise, venant de 
l'étranger ou des poris de France , les marchandises étrangères 
cnumérées ci-après : 

Les grains et farines, légumes frais; 

Bois à brûler, charbons de bois et de terre ; 

Bois de construction et de menuiserie, marbre brut et scié en 
tranches , sans autre main-d'œuvre ; pierre à bâtir, chaux , plâtre , 
pouzzolane, briques, tuiles, ardoises, carreaux en terre cuite ou 
en faïence , verres à vitres , fonte , fers ou aciers fondus ou forgés, 
fers-blancs , plomb, cuivre, zinc , étains à l'état brut ou simple- 
ment étirés e^ laminés ; 

Chevaux et bestiaux, plants d'arbres, graines pour semences. 

Art. 0. Les produits étrangers , à l'exception de ceux men- 
tionnés en l'art. 12 ci-après, les produits des colonies françaises 
et le sucre provenant des fabriques du royaume, acquitteront à 
l'importation , par navires français, les droits portés au tarif sui- 
vant: 

§ 1". TISSUS DE COTON 

purs ou mélangés d'autres matières que de soie ou de laine. 



Unis ou croisés dilsl 
calicots, percales,) 
jacoiias , coulils 
prinlani^res, «île, 
])rù.sciilaiil , pliis^ 
ou moins «l(^oou- 
verls, dans l'espace j 
de 5 luilliiuùli us. 



Mouchoirs. 



moins de 15 fils 
en chaîne. . .]> 

13 fils el moins 
de 20 (ils. . . 

20 fils et moins 
de 23 tils 



"■■■{ 



23 fils et au 
dessus * I 



Écnis • . Qf 830 

blancs 95 

Teinls ou imprimés. 1 70 

Écrus 1 50 

niancs i 40 

Teinls ou imprimés. 2 30 

lîcrus 2 yo 

Blancs 5 00 

Teinls ou imprimés. 5 00 

lîcnis 8 00 

niancs. .,.:... 8 35 

Teinls ou imprimés. 12 10 

l'Àrns 3 15 

lllancs 3 33 

Teinls uu imprimés. 4 00 



ADMINISTRATION GÉNÉIIAI.E. 



209 



MousselincsA 
fi;azes , organ-i 
dis, etc., pré- 
sciUaiit , plus^ 
ou moins dé- 
couverls , dansi 
l'espace de SJ 
niillituèlres. , 



Moins de 12 lils 

1 12 fils cl pas plus 
de 1j 

IGfllsct au-des- 
sus 



Écrus '•2 

( Hiancs 2 

Teints ou imprimés. 3 

Kcius li 

■ Blancs , 12 

, T»!ints ou imprimés. 47 

( Écrus 52 

' blancs 33 

' Teints ou imprimés. 45 



15 
55 
65 
25 
» 
95 
75 
40 



Brodés. 



Tulles et dentelles. 



Couvertures. 
Bonneterie. 



Rubannerie et passementerie 

Mélanges de soie présentant , plus 
moins découverts, dans l'espace de 
millimètres 



Moins de IG (ils, 
16 iils et plus. . 



f Le double du 
) droit ci-des- 
\ sus , suivant 
\ l'espèce. 

I Mémcsdroits 
i que les tissus 
? brodés de 16 
I lils et au-des- 

Vsus 

/ Mêmes droits 
\ que les tissus 
^ de 12 fils et de 
/moins de 15 
Viiis. 

8f 40'-- 

18 60 



TISSUS DE LAIISE. 



Purs ou mé- 
lanjjés d'au- 
tres n)atièrus 
(jne do soie , 
valant par mè- 
tre;, 



Foulés et drapés 
[ draps ) 



Fonlés, légèrement 
foulés ou non foulés' 
(casimirs, mérinos," 
mousselines , uou- 1 
veaulés, etc.).. . 
Mélangés de soie 

Couvertures 



Moins de 10 fr 6 90 

10 fr. et moins de 20 fr. 9 15 

20 fr. et moins de 30 fr. 11 70 

30 fr. et au-dessus.. . . 16 90 

Moins de lOfr 6 60 

10 fr. et moins de 20 fr. 6 90 

20 fr. et moins de 50 fr. 7 90 

30 fr. et au-dessus. . . . 10 80 

25 85 

2 40 

4 20 



Orientale. 



Bonneterie. 



Autre. 



S Autres que le caclie- 
mire 
De Cachemire. . . . 

Passementerie et rubannerie. . . . 
Ta|)is. ^ 



Ordinaires 

A raies de couleur. . . 

Mémcsdroits que les tissus drapés 
valant par mètre plus de 10 fr. et 
moins de 20 fr. 

Mêmes droits que les tissus de 
moins de 10 fr. 

Mêmes droits qiui les tissus non fou- 
lés, selon l'espèce. 
Lesdroils du tarifgénéral de France. 



Idem. 



u 



210 GOUVERNEMEJÎT. 

i En blanc f Platerie, 100 kilogrammes. . 27f 50c 

Poterie de " '^ Sr^»\ " ~ ' ' ^S " 

grès fin Imprimes... J ^reux - - . . 77 50 

x Peinte et décorée — — . . 137 50 

Sel marin — — . . 5 » 

§2. 

Des colonies françaises et des fabriques de la 

métropole , 10 fr. par 100 kilogr. 
De l'étranger, extraits des entrepôts de France , 
Non raffinés, ) les 3/4 des droits du tarif général de France , 
Sucres, ./provenant.. .] selon l'espèce et la provenance. 

Directement de l'étranger, les droits du tarif gé- 
néral de France, selon l'espèce et la prove- 
nance. 

Raffinés en France 20 fr. « c. par 100 kilogrammes. 

.Café venant des entrepôts de France.. . 12 » — 

Café venant d'ailleurs 15 » — 

Foin, paille et fourrages » 50 — 

(Admissibles en France ./ Venant des entre-J Des droits du 
autres que celles reprisesj pots de France, 1/45 tarif général de 
''"--* 12 ci- après. . . .' V»' d'ailleurs, 1/3/ France. 

chaudises.i p .... ,, ( Tf "f ^^''' ^"^'^ P.o/odelava- 

» Prohibées en rrance. < nAtsiip hp.nnpp 9n\ . /o i-'- »« 



{Venant des entre-i p ^j 
pôlsdeFrance,20},'- /' 
V"t d'ailleurs, 25j "^"'^• 



A l'égard des produits étrangers dont les similaires , importés 
d'Algérie , jouiront en France d'une modération de tarif, les droits 
en vigueur seront augmentés de la mémo quotité dont lesdils si- 
milaires auront été dégrevés en France (1). 

Art. 10. a l'égard des marchandises importées pai" navires 
étrangers, le droit fixé au poids sera augmenté, savoir: 1° jus- 
qucs cl y compris 30 cent, par kilog. du dixième de ce même 
droit ; 2" au-dessus de 50 cent, du vingtième de cette seconde 
portion du droit. 

AiiT. 11. L'embarquement et le départ des productions colo- 



(I) D'après une ordonnance royale du 13 décembre 184G , ce paragraphe 
a été remplacé par la disposition suivante : " Les produits étrangers dont les 
similaires importés d'Algérie jouissent en France d'une modération de droits, 
paieront, h leur importation dans la colonie, un droit égal ^ ladilléronce (|iit 
oxiM»! eu France cuire le droit réduit et le droit exigible d'après le tarif gé- 
néral. M • 



Il 



I 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 211 

iliales françaises et des inarchaudises élrangères prises dans les 
poi'ls de France , devront être justifiés par les manifestes de sortie 
certifiés pai' la douane, et indiquant les marques et numéros des 
colis , ainsi que le poids , respèce et l'origine des objets. 

Art. i2. Sont et demeurent prohibés en Algérie, les sucres 
raffinés à l'étranger, et quelles qu'en soient la provenance et l'ori- 
gine, les armes, munitions et projectiles de gueri'e, les contre- 
façons en matière de librairie , de typographie, de gravures cl de 
musique gravée. 

TITRE m. 

EXPORTATIONS. 

Art. 13. Les marchandises expédiées à la destination d'un 
port français, sous les formalités prescrites en France, pour le 
cabotage, seront affranchies des droits de sortie. 

AuT. 14. A l'exception des grains et farines, dont l'exportation 
demeure affranchie de tous droits , les marchandises expédiées 
pour l'étranger paieront , savoir : 

Celles qui ne sont pas prohibées à la sortie de la France , les 
droits établis parle tarif général; 

Celles dont la sortie est prohibée en France, 45 p. "/„ delà 
valeur. 

TITUE IV. 

RESTRICTIONS d'eNTRÉE. 

Art. 15. Les marchandises imposées en Algérie ù la valeur ou 
à un droit de plus de 15 fr. par 100 kilog. , ne pourront être im- 
portées que par les ports d'Alger, Mers-el-Kébir, Oran, Ténès 
l'hilippeville et Bône (1) ; 

AuT. 16. Sauf l'exception relative à l'art. 21 ci-dessous, toute 
importation par terre est prohibée , sous peine : 



(1) Les exceptions stipulées en faveur de ces ports, cnt été successive- 
ment étendues aux autres ports de l'Algérie. 



212 GOUVERNEMENT. 

i" De la confiscation des objets saisis et des moyens de trans- 
port ; 

S'* D'une amende de d,000 à 3,000 fr. , et d'un emprisonne- 
ment d'un à six mois. 

TITRE V. 

CABOTAGE. 

Art. 47. Les marchandises provenant de l'Algérie , celles qui, 
en vertu des art. 7 et 8 de la présente ordonnance, y auront clé 
admises en franchise, et celles qui, passibles des droits, les au- 
ront acquittés, pourront être transportées en franchise de tout 
droit d'entrée et de sortie, d'un port à un autre de l'Algérie, 
moyennant les formalités prescrites en France pour le cabotage. 

TITRE VI. 

ENTREPÔTS. 

Art. 48. Il pourra être établi, pour les marchandises étran- 
gères et les productions des colonies françaises , un entrepôt réel 
dans chacune des villes d'Alger, Mers-el-Kébir, Oran, Ténès, Phi- 
lippeville et Bône , à la charge par ces villes de se conformer à 
l'art. 23 de la loi du 8 floréal an xi. 

Art. 49. Jusqu'à ce que ces entrepôts soient régulièrement con- 
stitués , les marchandises pourront être admises en entrepôt fictif, 
sous les formalités prescrites par l'art, i 5 de la loi du 8 floréal an xi 
et sous la condition de renoncer à la faculté de réexportation. 

La durée de cet entrepôt est fixée à une année; toutefois, sur 
la demande motivée de l'enlreposilaire , elle pourra être pro- 
longée do six mois. 

Art. 20. Les marchandises extraites des entrepôts de l'Algérie 
seront exemples de tout dioit de réexportation. 

TITRE VII. 
DisPOsrriONS céini!:rales. 

Art. 21. Des arrêtés du gouverneur-général de l'Algérie, dé- 
libérés m cons(?il d'admiuislralion , et approuvés par notre mi- 
nistre secrétaire d'Étal au déparlemcnl de la guerre , i)ourronl : 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 215 

1° Régler les formalités el les mesures de surveillance néces- 
saires pour assurer l'effet de la prohibition prononcée par l'art. 16 ; 

2° Déterminer ceux des produits des états limitrophes de l'Al- 
gérie, qui pourront être importés par terre, sous le paiement des 
droits fixés par l'arl. 9, et régler les conditions el formalités re- 
latives à ces importations ; 

3° Désigner, parmi les ports de l'Algérie où il n'existe pas d'é- 
tablissement de douane, ceux dont les provenances seront ad- 
mises en franchise dans les autres ports de cette possession, eu 
ce qui concerne les objets ci-après : 

Graines, légumes verts, lait, beurre, œufs, volailles, gibier, 
bois à briller, charbon de bois, bois de construction, matériaux 
à bâtir et savon noir. 

Toutes les autres marchandises venant de ces ports ou y allant, 
seront traitées comme venant de l'étranger ou y allant. 

Art. 22. Les droits de douane et de navigation , perçus en vertu 
de la présente ordonnance, seront affranchis du décime addi- 
tionnel. 

Art. 23. Les lois, droits, ordonnances et règlements qui ré- 
gissent les douanes de France , seront applicables en Algérie , en 
tout ce qui n'est pas contraire aux dispositions de la présente or- 
donnance. 

Art. 24. La présente ordonnance recevra son exécution aus- 
sitôt après sa promulgation officielle en Algérie ; elle sera im- 
primée en français et en arabe , et affichée dans les bureaux de 
douane de celte possession. 

Art. 25. Toutes les dispositions contraires à la présente or- 
donnance sont et demeurent abrogées. 

Art. 2C. Nos ministres secrétaires d'État aux départements de 
la guerre, de l'agricullure et du commerce et des finances, sont 
chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution de la pré- 
sente ordonnance, qui sera insérée au Bulletin des lois, ou recueil 
officiel des actes de l'Algérie. 

Au Palais des Tuileries, le 16 décembre 1843. 



214 GOUVERNEMENT. 

Seconde ordonnance relative aux imporlations de 
France en Algérie. 

ARTICLE PREMIER. 

Imporlat'ions de l'Algérie en France. 

Les marchandises importées de l'Algérie par navires français 
seront admises aux conditions ci-après, lorsqu'elles arriveront 
directement des ports d'Alger , Mers-el-Kébir , Ténès , Oran , 
Philippeville et Bône, et qu'il sera dûment justifié, par les expé- 
ditions de douane dont elles seront accompagnées , qu'il ne s'agit 
pas de marchandises étrangères sortant des entrepôts : 

Laine en masse , huile d'olive. (Moitié des droits fixés pour la 
provenance la plus favorisée.) 

Peaux brutes, sauf les grandes peaux sèches, suif brut, fiuits 
de table, frais , secs ou tapés ; kermès en grains ; olives fraîches, 
amandes , noix , noisettes et faines ; écorces de citron , d'orange 
et de leurs variétés , et écorces médicinales non spécialement ta- 
rifées; fleurs et feuilles médicinales; racines de réglisse et racines 
médicinales non dénommées; lichens tinctoriaux; liège brut; 
plumes de parure brûles; corail brut; soies en cocons, soie 
grège , écrue et bourre de soie en masse écrue ; minerais de plomb, 
de cobalt, de cuivre, de zinc , et minerais non dénommés; terres 
savonneuses; cornes de cerf. (Moitié des droits fixés pour la pro- 
venance la plus favorisée.) 

Grandes peaux brutes sèches ; cire non ouvrée , jaune ou bru- 
ne; dents d'éléphants de toute sorte; arachides et noix do Tou- 
loucouna. (Mêmes droits que poiu- les articles de l'espèce inipoilés 
du Sénégal. ) 

Colon en laine, végétaux filamenteux non spécialcnient tarifés. 
(Mémes(h<)ils(iue pour les articles de l'cîspèccï imi)orlésdes colo- 
uies françaises.) 

Ces njodéralions de di'oiJs ne seront accordées (|ue dans les 
|K)rts ouverts à l'imporialion des marchandises taxées à plus do. 
20 fr. leslOOkii. 

1^8 marchandises autres (|ue celles dénommées ci-dessus cou- 



ADMlNISriUTION GÉNÉRALE. 215 

liniicront à payer, à leur importation en France , les droits dé- 
terminés par le tarif général. 

ARTICLE II. 

Exportations de France en Algérie. 

Les marchandises et denrées, expédiées de France à destina- 
tion des ports d'Alger, Mers-el-Kébir, Ténès, Oran, riiiiippevilie 
et Rône, sons les formalités prescrites pour les expéditions aux 
colonies françaises , seront affranchies de tous droits de sortie ; 
toutefois, celte exemption ne s'appliquera pas aux objets ci- 
après : 

Bois de fusil et bois de noyer propre à les faire ; cornes et 
os de bétail; fd de mulquinerie; grains et farines; peaux brutes 
y compris celles de lièvres et de lapins; poils propres à la fila- 
ture ou à (a chapellerie; soie et bourre de soie. 

Les marchandises dont l'exportation est prohibée ne pourront 
être expédiées pour l'Algérie. 

Art. 3. Nos ministres secrétaires d'État au département des 
finances et au département de l'agiiculture et du commerce , sont 
chargés, chacun en ce qui le concerne, de l'exécution de la pré- 
sente ordonnance. 

Fait au Palais des Tuileries, le 16 décembre 1843. 

Cette dernière ordonnance, qui assimile à certains 
égards rAlgérie aux pays étrangers, ou qui du moins 
n'accorde à ses produits que des avantages insuffisants, 
a excité de vives réclamations. La France, en ce qui 
regarde l'admission en Algérie des produits de ses fa- 
briques et celle de sa marine, a posé le principe d'une 
union y disons mieux, d'une identité douanière absolue. 
Le sol algérien ne pouvait être à cet égard que le pro- 
longement du sol national ; mais n'est-il pas de toute 
équité que la réciproque soit admise aussi, et que nos 
produits soient reçus en France sur le pied de l'égalité 



216 GOUVERNEMENT. 

la plus complète (I)? Nous disons nos produits, parce 
que, nécessairement, le Gouvernement devra prendre 
toutes les mesures nécessaires pour que les superche- 
ries de la contrebande soient déjouées et prévenues; 
c'est sans doute là le nœud de la dilïiculté; mais elle 
n'est pas insoluble, et l'administration est trop éclairée 
sur ses vrais intérêts et sur ceux de la colonie , pour 
se refuser à aucun arrangement équitable. 

SERVICE DU TRÉSOR. MOUVEMENT MONÉTAIRE. 

BANQUE. 

Le service de la trésorerie, les opérations auxquelles 
elle se livre en Algérie, méritent d'être observées 
avec attention. Le Tableau des établissements français 
en y 557, donnait à cet égard des renseignements qui 
ont encore toute leur valeur aujourd'hui; car il n'est 
survenu depuis cette époque, dans l'organisation de 
ce service, que des modifications peu importantes. 

Les dépenses locales sont acquittées au moyen des 
recettes effectuées dans chaque localité, ou des fonds 
envoyés d'une ville à l'autre. 

(1) Knirc ntilros oxoniplos des sinj^iilarilés qiram6nc relie lé^isla- 
lioii, (|u'il me soil permis (l'cii ciler un, el ce n'esl p;is à coup sur un 
iiilérùl privé qui nous fail le remarquer. Les produits de la iibrairio 
«lyéricnnc ne sonl pas proiiihés, comme les conlrefaçoiis belges; 
mais ils snnl frappés de droits cxorbi'anls. C'est ce qui est arrivé à 
plusieurs ouvrages qui atiraienl parfailement jusllfié de leur oriffino 
toute Trançaisc: IjiGvandc h'alniUo , parlNIM. Paumas el Kabar, V Es~ 
mitur l'Art de In yurrrc, par M. Dussaerl, capitaine d'artillerie. Voilà 
ccrlainemenl une réforme qui peut s'opérer dcsuile : aulreiiieul nous 
ne pourrions dire, avec le poète ancien : 

Sine tue, lihrr, ihis iii urixin. 



ADMINISTIIATION GÉNÉILVLE. ^lil 

Quant aux dépenses du Gouvernement, elles ab- 
sorbent nécessairement des sommes plus considérables 
que celles qui sont versées au trésor par les contribua- 
bles; les fonds nécessaires sont envoyés de France 
par Toulon, où le ministère des finances a établi, sous 
la surveillance d'un inspecteur des finances, une caisse 
de réserve destinée à fournir aux besoins de l'Afrique. 

Les moyens de service consistent : 

1<* En numéraire envoyé de Toulon; 

2<^ En traites sur Paris ou sur les receveurs géné- 
raux, qui sont échangées en Afrique contre le numé- 
raire que le commerce veut faire passer en France;. 

5° En numéraire provenant des contributions et des 
recettes ou recouvrements eflectués directement par 
le trésorier-payeur. 

On a paru long-temps attacher une haute impor- 
tance à cette exportation de numéraire, que les be- 
soins du service rendaient annuellement nécessaire; 
sans contester ce que ce lait peut avoir de grave, il 
convient de le ramener à la réalité, en citant les 
chiffics officiels. 

En 1850 , sur une dépense totale de 29,000,000 fr., 
le numéraire envoyé de France s'élevait à 5,500,000 fr. 

En 1840, à 15 millions sur 60 ; 

En 1844, à 11,705,000 fr. sur une dépense totale 
de 150,000,000 fr. 

En 1845, à 14,700,000 fr. sur 124,000,000 fr. 

En 1840, à 20,000,000 fr. sur 150,000,000 fr. 

En 1847, à 12,000,000 fr. Le chiffre total de la dé- 
pense n'est pas connu ; mais il ne peut être que le même 
que celui de l'année précédente. 



2i8 COUVEUNEMENT. 

En combinant le résultat des années où les envois 
de numéraire par le trésor ont été les plus considéra- 
bles, et celles où ils ont été les moindres, on verrait 
que la moyenne de ces exportations n'a pas été de plus de 
10 millions par an: ce sont donc 150 à 160 millions 
sortis de France pour les besoins de l'Algérie, depuis la 
conquête; et encore il conviendrait de déduire de ces 
sommes le trésor de la Casbah, qui a fourni envi- 
ron 40 millions en espèces d'or et d'argent, comme 
cela est attesté par les comptes des finances de l'an- 
née 1850. 

Il serait intéressant après cela de connaître les 
quantités de numéraire importées en Algérie pom* 
le compte des particuliers ; mais les documents 
manquent à cet égard : les tableaux publiés par la 
douane n'en font pas mention (1). Souvent il est arrivé 
que le commerce a fait venir des piastres pour les 
paiements à faire aux Arabes, surtout à l'époque où 
ils se refusaient à recevoir notre monnaie; mais d'a- 
près les recherches que nous avons pu faire , ces im- 
portations de piastres et d'autres espèces n'ont jamais 
été au-dessus de deux à trois millions, et cela dans 
les années où les transactions ont été le plus actives: 
depuis deux ans, elles sont presque nulles. 

D'un autre côté, on a vu par les tableaux de douane 



(1) 11 sentit égalcniciU utile de connaître, ou du moins de pouvoir 
apprécier l'iniporlance du numéraire exislant vhvi los Arabes. Col 
riénienl, ajoute aux deux autres (|ue nous venons d'indiquer, servi- 
rait a déterminer le capilal namirairc en Algérie. C'est une question 
(]ui mérite de tixer Tallention de nos eliamhres de conmierce. 



i 



AnMIMSTRATION GÉNÉRALE, 219 

(page 409) de combien les importations surpassaient 
les exportations {\ 00 millions, par exemple, pour \ 846) . 
L'Algérie, qui reçoit tant de produits de France et des 
autres pays d'Europe, a donc toujours des remises con- 
sidérables à faire partout; et comme, en même temps, 
le trésor est tenu de faire face aux besoins de l'armée 
et des services publics, il en est résulté qu'il a dû 
toujours appeler à lui toutes les espèces disponibles et 
fournir en échange au commerce tout ou partie des va- 
leurs nécessaires pour solder les marchandises que 
celui-ci faisait venir. 

C'est ainsi que le trésor est devenu le banquier de 
l'Algérie; ses mandats, admis comme espèces ou com- 
me papier-monnaie, circulent partout, n'arrivent à 
Paris que long-temps après leur émission , et couverts 
de signatures de tous les pays du monde, souvent môme 
en caractères hébreux et arabes : c'est pour le com- 
merce et les transactions de toute nature une ressource 
et une commodité infinies. 

Mais cette banque si utile, si exacte dans toutes 
ses opérations, n'est qu'une banque de circulation et 
de virement; ce n'est pas un établissement de crédit. 
Les lois mêmes, ces lois si justes et si sages qui , dans 
notre économie financière, régissent le trésor, ne per- 
mettent pas qu'il en soit autrement. 

Aussi , à côté du crédit public, il faut que le crédit 
commercial se fonde et s'affermisse ; l'institution d'une 
banque régulière est devenue la condition sine quâ 
non de la prospérité de l'Algérie. Cela est évident 
pour tout le monde; et l'initiative qu'un certain nom- 
bre de colons et de commerçants aliterions avaient 



220 GOUVERNEMENT. 

prise, il y a trois ans, ne pouvait tarder plus long- 
temps à recevoir son accomplissement. La Banque de 
France, mise en demeure, dans la session dernière, 
d'exécuter la loi du i9 juillet 1845, qui l'autorisait 
à établir à Alger un comptoir d'escompte, a provoqué 
récemment une ordonnance royale qui fixe les pre- 
mières conditions de cet établissement. Voici le texte 
de cette ordonnance; elle porte la date du 28 décem- 
bre 1847. 

« Vu la loi du 30 juin 1840 , portant prorogation du privilège 
de la Banque de France ; 

> Vu la loi du 19 juillet 484S, qui autorise rétablissement 
d'un comptoir d'escompte de la Banque de France à Alger, et 
notamment l'art. 5 de la mémo loi , dont les deux paragraphes 
sont ainsi conçus : 

> Une ordomiance royale , rendue dans la forme des rcgle- 
» ments d'adminislralion publique , sur la demande du conseil 
» général de la Banque, autorisera et déterminera : 

> L'époque et les conditions de l'émission des huit mille ac- 
» lions à ci'éer, et le mode de leur dislribulion , la quotité du 
» capital qui devra être réalisé avant l'ouverture des opérations 
I du comptoir. » 

> Vu les art. 9 , 42 et 43 du décret du 18 mai 1808, et notre 
ordonnance du 25 mars 1841 , relatifs ù l'organisation des 
comptoirs d'escompte de la Banque de France; 

» Vu les décrets du iC janvier et du 28 août 1808, la loi du 
16 mai 1834 et notre ordonnance du 15 juin suivant; 

I Vu les délibérations du conseil général de la Banque de 
France des 14 et 22 mai 1840, 17 et 20 novembre, 14 et 10 dé- 
cembre 1847; 

> Sur le rapport de nos ministres secrétaires d'i'llal dt; la guerre 
et des finances , nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit : 

» Art. 1'"' ha Ban(|nr de France est autorisée à ém(!tli'o huit 
mille actions du comptoir d'AIgt.'r, au capital dr. milb^ franc^s 



ADMimSTUATlOlN GÉNÉRALE. 221 

chacune, payables à la Banque de France, siège de la société , 
moitié comptant au moment de la souscription, et le surplus au\ 
époques qui seront ultéricuremenl déterminées par le conseil 
général de la Banque. 

» Les versements à effectuer par la Banque au comptoir d'Al- 
ger seront faits aux mêmes époques et dans les mêmes propor- 
tions que les paiements à effectuer par les actionnaires. 

» Moyennant le paiement de la moitié du montant de l'action , 
les cédants ne seront pas garants solidaires de leurs cessionnaires. 

» Los époques des paiements de la seconde moitié du montant 
de l'action seront annoncées , à Paris et à Alger, par la voie des 
journaux désignés par l'ait. 42 du Code de commerce. A défaut 
de paiement aux époques flxées, la Banque, sans qu'il soit be- 
soin d'un autre avertissement, fera vendre l'action par le minis- 
tère d'un agent de change , aux risques et périls de l'actionnaire 
retardataire qui piofitera de l'excédant , s'il y en a , tous frais 
et intéiêts déduits, et qui , dans le cas contraire , sera personnel- 
lement tenu de payer le déficit. 

» Art. 2. Dans le délai de trois mois, à partir de la proraulga- 
tion de la présente ordonnance, le conseil général de la Banque 
de France transmettra à notre ministre des finances , un état no- 
minatif des souscripteurs aux 8,000 actions, en exécution du pa- 
ragraphe 2 de l'art, a de la loi du 19 juillet 1845. 

ï Art. 3. Les opérations du comptoir ne commenceront que 
lorsque la moitié du capital de dix millions , fixé par la loi du 
19 juillet 1845, aura été réalisée. 

ï Art. 4. Les opérations du comptoir seront les mêmes que 
celles de la Banque de France. 

» Art. 5. Les billets du comptoir seront confectionnés par la 
Banque de France. Bs porteront en litre le nom du comptoir 
d'Alger. 

» Bs contiendront en outre les énonciations suivantes : 

ï 1" La Banque de Fiance est autorisée à établir un comptoir 
d'escompte à Alger. 

» Le capital en est fixé à dix millions , dont deux fournis par 
la Banque de France et huit par des actionnaires. 



â^2 COUVERNEMENÏ 

» La nanquc de France et les actionnaires ne ponri'oni dans 
aucun cas être tenus des engagements du comptoir que jusqu'à 
concurrence des parts respectives qu'ils auront prises dans le 
capital. (Extrait de la loi du 19 juillet 1845.) 

» 2* L'article du Code pénal qui punit la contrefaçon des bil- 
lets. 

» Ils seront payables à Alger. 

» Art. 6. Le conseil général de la Banque déterminera les si- 
gnatures dont les billets devront être revêtus et l'ordre dans 
lequel elles seront apposées. 

» Les coupures de billets pourront être de mille, cinq cents 
et deux cents francs. 

Art. 7. Le montant des billets en circulation cumulé avec celui 
des sommes dues à des tiers en compte courant, et payable à 
volonté, ne pourra excéder le triple du numéraire existant maté- 
riellement en caisse. 

» Art. 8. Les dividendes seront payés tous les six mois. Le 
dividende annuel se composera : 

» 1° D'une répartition des bénéfices nets jusqu'à concurrence 
de 4 p. 0/0 du capital primitif; 2° d'une autre répartition égale à 
la moitié des bénéfices excédant la première répartition. 

L'autre moitié sera employée à composer un fonds de réserve. 
Le fonds de réserve sera placé en fonds publics français. 

• En cas d'insufiisauce des bénéfices , lodividende de -4 p. 0/0 
sera (^^4)1^1^ p;u- un prélèvement siu- le fonds lUi rés(Mve. 

» Lorsque ce fonds de réserve aura atteint la sonnne de d(Mix 
millions cinquante mille francs , les bénéfices nets ne seront su- 
jets à d'autres retemies ([uc celles (pii seraient nécessaires pour 
remplacer les prélèvements qui auraient eu lieu en vertu du pa- 
ragraplie précédent. 

» Art. 0. Les actions seront inscrites , soit au siège spécial à 
Paris , soit à Alger. 

I La transmission des a(*tions s'opérera p:ir un Iranslcit, sur 
la déclaration du propriétaire ou de son fondé d«! pouvoirs, si- 
gnée sur les registres oii les actions seront inscrites. 

» Los transferts seront certifiés, à Paris, par un siin[)le 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 225 

agoni de change; à Alger, par un agent de cliange, ou , à défaut , 
par tin notaire. 

» Les dividendes seront payés au lieu où les actions seront 
inscrites. 

« Art. iO. Avant d'entrer en fonctions, le directeur du comp- 
toir sera terui de justifier de la propriété de quarante actions du 
comptoir d'Alger, lesquelles seront affectées à la gaianlie de sa 
gestion. 

» Les administrateurs et les censeurs devront justifier de la 
propriété de dix actions , lesquelles demeuieront inaliénables 
pendant la durée de leurs fonctions. 

» Art. 11. Il sera établi une caisse des retraites au profil des 
employés du comptoir d'Alger, conformément aux dispositions 
du décret du 20 août d808. » 

Le premier acte de cette banque, une fois consti- 
tuée, sera de faire connaître le taux de ses escomptes, 
qui régleront nécessairement le taux de l'intérêt en 
Algérie. L'ordonnance royale du 9 décembre 1855 a 
fixé le taux légal à 10 p. 0/0, tant en matière civile 
qu'en matière de commerce ; mais en déclarant toute- 
fois que la convention sur le prêt à intérêt faisait la loi 
des parties. Cette disposition légale a été l'application 
logique du fameux axiome d'économie politique : 
L'argent est marchandise. Mais cette législation pourra- 
t-elle être maintenue? L'expérience a-t-elle été heu- 
reuse pour l'Algérie? Les intérêts privés y ont-ils trouvé 
avantage? La morale publique y a-t-elle gagné ? Nous 
laisserons le soin d'en décideràceux qui ont observé avec 
quelque attention les faits qui se sont accomplis depuis 
plusieurs années au sein de la population algérienne. 



CHAPITRE m. 



Cowveruenie»%i ffénéà^aM «te T Algérie. 



Dans le deuxième chapitre de cet Annuaire, nous 
nous sommes appliqué à exposer le système général 
de gouvernement et d'administration qui régit l'Algé- 
rie, les institutions principales, les rapports des diffé- 
rentes autorités entre elles, leurs attributions, etc.; 
nous devons maintenant entrer dans les détails de cette 
organisation , en faisant connaître la composition des 
diff'érentes administrations centrales de l'Algérie, tant 
au ministère de la guerre à Paris, (ju'auprès du (iou- 
vernemcnt à Alger. Les états-majors généraux de l'ar- 
mée, de la marine, seront compi'is dans ce môme 
travail. Les chapitres suivants, consacrés aux trois 
provinces , contiendront des indications de même 
nature jtour les administrations |)roviii(-iales. 



DE LALGÉIIIE. 225 

MINISTÈRE DE LA GUERRE. 
' Rue Saiut-Domiuique, n» 86. 

Le lieutenant-général TRÉZEL, G. 0. ^ , pair de France , minis- 
tre secrétaire d'État de la guerre. 

M. MAGNE ^ , membre de la chambre des députés , sous-secré- 
taire d'État. 

SECRÉTARIAT- GÉNÉRAL , CONTROLE ET COMPTABILITÉ GÉNÉRALE. 

SECRÉTARIAT-GÉNÉRAL. 

Bureau du secrétariat. 
M. GAILLARD^; chef. 

Bureau du service intérieur. 
M. DUCHAUSSOY ^ , chef. 

Bureau des lois et archives. 
M. ROUSSEAU ^ , chef. 

Bureau des pensions, invalides et secours. 
M. TINEL * , chef. 

Bureau de la solde et des revues. 
M. FOURNIER ^ , chef. 

COMPTABILITÉ GÉNÉRALE. 

M , directeur - adjoint , chargé du contrôle des 

fonds, et de la comptabilité générale. 

Bureau du contrôle des dépenses et du contentieux. 
M. MARTINEAU DES CHESNEZ ^ , chef. 

Bureau des fonds et ordonnances. 
M. DEBIN^, chef. 

Bureau de centralisation des comptes^matières. 
M. FLANDIN ^ , chef. 

Agence comptable du ministère. 
M. FOURNIER ^ , agent comptable. 

15 



220 GOUVERNEMENT GÉNÉRAL 

DIRECTION DU PERSONNEL ET DES OPÉRATIONS MILITAIRES. 

B"" GAZAN, C. ^, lieutenant-général, directeur. 
M. MAHÉRAULT ^ , maître des requêtes, directeur-adjoint. 
Bureau des opérations militaires et de la correspondance générale. 

M. BLONDEL, 0. ^ , chef d'escadron au corps royal d'état-ma- 
jor, chef. 1 
^ .i M Bureau du recrutement et de la réserve. 
M. PETITET ^ , chef. 

Bureau des états-majors et des écoles militaires. 
DEBACQ * , chef. 

Bureau de l'orgayiisation et de l'inspection. 
M. CARVALHO, C. ^, colonel d'état-major en retraite, chef. 

Bureau de la justice militaire. 
M. DE CHÉNIER*,chef. 

Bureau de la gendarmerie. 

M. BENOIST CHAMPMONTANT, C. * , colonel d'état-major en 
retraite , chef. , , 

Bureau de Vinfanterie. 
M. MAILLARD ^, chef. 

Bureau de la cavalerie. 
M. RAaiPAND * , chef. 

Bureau de la remmte générale. 
M. LERMINA *,chef. 

DIRECTION DE L'ADMINISTRATION. 

M. LE GÉNÉRAL DE TARLÉ ,€.>){., directeur. 

Bureau de l'intendance militaire et du personnel administratif. 

M. DELAIIOIIRDE *, chef. 

Bureau de l'habillement, du harnachement, des lits militaires et du 

campement. 
M. MICIIELON ^ , chef. 



DE L ALGÉRIE. 227 

Bureau des subsistances militaires et du chauffage. 
M. LAMBERT, C. ^, inlendant militaire eu retraite, chef. 

Bureau des hôpitaux. 
M. BAUDOT ^ , chef. 

Bureau des transports, convois et équipages militaires. 
M. BERTELOITE ^ , chef. 

DIRECTION nu DÉPÔT GÉNÉRAL DK LA GUERRE. 

Le lieiiteuant-général , B °" PELET , G. 0. i^ , pair de France, di- 
recteur gêné raL 

l"^* Section. — Nouvelle carte de France. 
M. CORABŒUF, Ô. ^ , colonel d'état-major en retraite , chef. 
2^ Section. — Travaux topographiques intérieurs. 
"iâ'. LAPIE, 0. ^ , colonel d'état-inajor en retraite, chef. 

3" action. — Travaux historiques. 
;M., BRAHAUT, 0. ^ , colonel d'état-major en retraite, chef. 

4* Section. — Statistique militaire et travaux régimentaires. 
M. BENTABOLE, C. ^, colonel d'état-major en retraite , chef. 

SERVICE DE l/ ARTILLERIE (PERSONNEL ET MATÉRIEL). 

M. TUGNOT DE LANOYE, C. ^ , lieut.-général, chef du service. 

l""^ Section. — Personnel. 

M. BONET, C. ^, colonel au corps royal d'artillerie, chef. 

2* Section. — Matériel. 

M. FICHER DE GRANDCHAMP, 0. * , colonel au corps royal 
d'artillerie , chef. 

3® Section. — Armes portatives de guerre. 

M. MICHELIN, 0. ^, chef d'escadron au corps royal d'art. , chef. 

4* Section. — Bâtimei^ts. 

ill^l, CAMUS j^, dixeî d'escadron au corps royal d'artillerie, chef. 



228 GOUVER!VEMENT GÉNÉRAL 

5* Section. — Comptabilité, Finance. 
M. DUGAT ^ , sous-chef de bureau de 1"^^ classe, chef. 

6* Section. — Comptabilité , Matière. 
M. TUGNOT DE LANOYE , sous-chef de bureau de 2« classe , 
chef. 

SERVICE DU GÉNIE (PERSONNEL ET MATÉRIEL). 

M. BOQUET, C. ^, maréchal-de-camp, chef du service. 
B^^SALLENAVE, 0. ^ , colonel au corps royal du génie, adjoint 
au chef du service et chargé particulièrement des 2% 3% 4* et 5® 

sections. 

1" Section. — Personnel. 

M. BARBARY ^, chef (avec rang de chef de^^ircau de 3« classe). 

2" Section. — Travaux de fortifications. 

M. YVELIN DE BÉVILLE ^ , chef de bataillon au corps royal du 

génie , chef. 

3* Section : — Casc7'nement . 

PUNIET DE MONFORT ^, chef de bataillon au corps royal du 
génie , chef. 
4* Section. — Administration et contentieux du domaine militaire. 

M. DELORME , sous-chef de bureau de 'i" classe , chef. 
5" Section. — Comptabilité. 

M 

DIRECTION DES AFFAIRES DE l'ALGÉRIE. 

( Celle dircclion , crôée par l'ordonnance royale du 17 janvier 1844, a élé 
idéfinilivcnacnt organisée par une dernière ordonnance, en dale du S5 juil- 
let 184G.) 

C" DE LA RUE, G. 0. ^, inaréchal-de-camp, directeur. 

M. VALLET DE CIIEVIGNY, 0. *, dircctour-adjoint. 

IIURRAU DE l'administration GÉNÉRALE ET DES AFFAIRES ARABES. 

M. FELLiMANN * , chef. 

Or(i;anisalion du gouvcrniMnent cl do l'administmlion gônéralc; ordon- 
nances , arr<^l6H cl i-C'gleinenls sur ces malit'rcs. — Délimilation des fron- 



DE L ALGÉRIE. 229 

lières; circonscriptions territoriales. — Personnel de Tadininistration 
générale (direction générale des affaires civiles; directions et sous-direc- 
lions; commissariats civils). — Questions de préséance. — Classement 
des fonctionnaires à bord des bâtiments de l'État. — Consuls étrangers. 

— Correspondance générale. — Police générale; réfugiés politiques en 
Algérie; translation en France des condamnés ; extraditions; expubions. 

— Télégraphie. — Presse et librairie; impressions autorisées; souscrip- 
tions. — Missions politiques et d'administration générale. — Commission 
scientifique. — Médailles et récompenses pour belles actions.— Statistique 
administrative. — Centralisation et publication de tous les documents sta- 
tistiques. — Administration du pays arabe; mouvement et recensement 
de la population indigène; direction et bureaux arabes. — Interprètes 
attachés à l'armée. — Statistique de ces services. — Chefs et agents indi- 
gènes; indigènes détenus pour causes politiques; voyages des indigènes 
en France; pèlerinage de la Mecqtie. — Culte musulman; culte israélite. — 
Organisation des corporations indigènes. — Écoles musulmanes; écoles 
Israélites; éducation des jeunes Algériens en France. — Statistique arabe. 

BUREAU DE LA COLONiSATION ET DE L'AGRICULTURE . 

ÏESTU ^ , chef. 

Reconnaissance et constitution de la propriété; légistation qui s'y rap- 
porte; régime hypothécaire. — Domaine; aliénations; échanges et loca- 
tions de biens domaniaux ; séquestre. — Opérations topographiques. — 
Création de centres de population agricole; peuplement; passages en 
Algérie; placement de colons et d'ouvriers ; mouvement et recensement de 
la population européenne. — Concessions urbaines et rurales. — Personnel 
du service des opérations topographiques, des agents de colonisation et 
des pépinières. — Statistique coloniale. — Législation et règlements relatifs 
h l'agriculture. — Règlements ruraux. — Défrichements ; pépinières et cul- 
tures; institutions agricoles; fermes modèles ; primes et encouragements 
à l'agriculture. — Élève des races chevaline, bovine et ovine.-— Expropria- 
tion de terres incultes. — Statistique agricole. 

BUREAU DE LA JUSTICE ET DES CULTES, DE L'INSTRUCTION PU- 
BLIQUE ET DE l'administration MUNICIPALE. 

DE LAVAISSIÈRE DE LAVERGNE ^ , chef. 

Législation civile et criminelle ; organisation et administration do service 
judiciaire; institution et régime des officiers ministériels. — Pourvois en 
cassation; recours en grûce; pourvois au conseil d'État; conflits. — 
Transmission d'actes judiciaires. — Naturalisations. — Successions va- 
cantes. — Affaires conlenlieuses. — Expropriations pour cause d'utilité 



250 GOUVEllNEMEKT GÉNÉRAL 

publique antérieures à 1843. — Personnel du conseil du conlenlieux, des 
magistrats et des oinciers ministériels. — Cultes catliolique et réformé; 
législation et règlements sur les cultes; établissements religieux; com- 
munautés religieuses. — Donations et legs. — Instruction publique supé- 
rieure, secondaire et primaire; chaires publiques. — Bibliothèques et 
musées; recherches historiques et archéologiques. — Personnel des cultes 
et de l'instruction publique. — Personnel et administration des mairies; 
commissaires de police; règlements d'administration et de police munici- 
pale. — Voirie urbaine; salubrité.— État civil. — Milices, pompiers. — 
Service médical, hospices civils; établissements de bienfaisance. — Caisses 
d'épargne; Mont-de-Piété. — Prisons; régime des cimetières; marchés; 
théâtres; personnel de ces divers services. — Statistique. 

BUREAU DD COMMERCE ET DES TRAVAUX PUBLICS. 

FARCY *;, chef. 

Commerce intérieur et extérieur, importations et exportations ; tarifs de 
douanes; entrepôts. — Service maritime. — Mouvement et police de la navi- 
gation. — Communications maritimes. — Pèche du corail. — Service sani- 
taire. — Chambre de commerce; création et police des bourses de com- 
merce; courtiers de commerce. — Établissements industriels; encourage- 
ments à l'industrie ; brevets d'invention. — Poids et mesures. — Législation 
et règlements sur les subsistances (céréales, abattoirs, boulangeries, 
comestibles, approvisionnements de bois et de charbon). — Statistique 
commerciale et industrielle. — Routes et ponts; dessèchements; aque- 
ducs et canaux; barrages de rivières. — Travaux maritimes; phares et 
fanaux. — Grande voirie; chemins vicinaux. — Consorvalion et exploita- 
tion des bois et forêts; explorations et concessions de mines. — Forages, 
carrières ; salines; recherches géologiques. — Usines; machines à va- 
peur; chemins de fer. — Bâtiments civils; fontaines et égouls. — Petite 
\oirie. — Construction, réparation et entretien des édifices alTeotés aux 
divers services civils. — Expropriation pour cause d'utilité publique, sauf 
en ce qui concerne les terres incultes. — Conservation , distribution et po- 
lice des eaux ; règlements sur la matière. — Approvisionnement de maté- 
riaux , adjudications, marchés. — Commissions qui se rattachent à ces ser- 
vices. — Personnel des pouts-et-chaussées , des forùts , des mines et des 
bâtiments civils. — Statistique. 

nURRAU DKS FIMA.NCES ET ni', I.A C.OMPTAim.ITK CENTRALE. 

LAUXERHOIS * , chef. 

LéifiMlatinn et règlement concernant les divers services ttoanciers. — Ëta- 
blisHoment de» inipALs ; admi nistration et perception des produits et revenus. 
— Licences et |iatentes: dloil.s divers; octrois et taxes munici|»ales — 



DE l'aLGÉIUE. 251 

Amendes et remises ; contributions de guerre et prises sur l'ennemi.— 
Banques. —Personnel des services financiers, travaux de l'inspection des 
finances. — Statistique. — Présents, indemnités et secours indigènes. — 
Organisation et administration des services militaires indigènes. — Comp- 
tabilité de tous les services. — Établissement des budgets de recettes et 
dépenses; répartition des crédits législatifs et des crédits locaux et muni- 
cipaux, applicables aux divers services. — Ordonnance et liquidation des 
dépenses périodiques et mensuelles. — Comptes généraux et définitifs. — 
Logement des fonctionnaires. — Acquisition et conservation du mobilier 
appartenant à l'État et à la colonie. 

UUTIS ^ , avocat consultant , attaché à la direction des affaiies 
de rAlgéiie. 

GOUVERNEMENT-GÉNÉRAL. 

S. A. R. Me' LE DUC D'AUMALE, G. C. ^, lieutenant-général, 
Gouverneur-Général de l'Algérie. 

M. VAISSE, directeur-général desafifaires civiles de l'Algérie. 

Maison du Prince. 

MM. le baron JAMIN , 0. j^, colonel du 8« de ligne. 

Le marquis deBEAUFORT-D'HAUTPOl]Lï,0. ^, lieutenant- 
colonel d'état-major. 
DOULCET ^ , capitaine d'étal-major. 
COUÏURIÉ , sous-secrétaire des commandements. 

OlJiciers d'ordonnance du Prince , Gouverneur-Général. 

MM. WAUBERT DE GENLIS ^ , capitaine d'état- 
major, 

BOISSONNET ^, capitaine d'artillerie, 

De PECQUEULT-LAVARANDE*, capit.} officiers 

au 13" léger, \ d'ordonnance. 

V* de MIRAiNDOL *, capitaine au 1" de 
spahis, 

^ FOY, lieutenant d'état-major. 
Ro" ROUSSE.UI , interprète principal. 



252 GOUVËIINEMIÎÎST GÉNÉRAL 

CONSEIL SUPÉRIEUR d'aDMINISTRATION. 

( Il est présidé par le gouverneur-général , et , en son absence , par le 
directeur général des affaires civiles. Il se réunit au palais du gouvernement. 
— Le Secrétariat du conseil est rue de la Charte). 

S. A R. M«f LE DUC d'Aumale , Gouverneur- CfÉNÉRAL. 
Le Chef de TÉtat-Major général de rarmée (4). 
VAISSE, 0. ^, directeur-général des affaires civiles. 
GILARDIN,0. ^, procureur-général. 

CHARRON , C. ^ , maréchal-de-camp , commandant supé- 
rieur du génie. 

APPERT, intendant militaire de l'armée d'Afrique (2). 

DUBOURDIEU , 0. ^^ , capitaine de vaisseau , commandant 
supérieur de la marine. 

RIVET , 0. ^ , lieutenant-colonel , directeur central des af- 
faires arabes. 

LeB«''BALLYET,C.^,] 

RIVIERE ^ , / 

GERMAIN * l *-'onseillcrs civils rapporteurs. 

MAJOREL , ' ) 

Le C" Léon de DAX ^ , chef du secrétariat. 



(1) Il n'a pas élé encore pourvu à la nomination du miijor-géué- 
ral de l'armée. 

(%) L'ordonnance royale du l*' septembre n'avait compris parmi les mem- 
bres du conseil supérieur d'adtiiinistralion aucun dos fonctionnaires i\n l'in- 
tendance militaire; les trois divisions de l'urinée d'AIViiiue avaient «liacune 
leur intendant. Une décision royale a créé de nouveau un intendant mililairu 
de l'arniéu d'Algérie, ut une ordonnance royale, en date du 15 décembre 
dernier, a admis ce funclionnairc pi)rnii ceux auxquels leur litre donne droit 
de siéger dans le conseil supérieur. 

Indépendamment des motifs d'utilité générale, qui pouvaient faire désirer 
que les intérêts administratifs de l'armée fussent spécialement représentés 
dans ce conseil , où ils sont souvent discutés , directement ou indirectement , 
tout l<] monde a accueilli avec satisfaction cette mesure qui a fait rentrer 
l'honorable M Appert; il y siégeait définis sept ans 



I 



DE l'algérie. 233 

DIRECTION GÉNÉRALE DES AFFAIRES CIVILES. 

Rue Soult-Berg. 

Instituée par l'ordonnance du 15 avril 1845; maintenue par celle du 
1er septembre 1847 , la direction générale est divisée en quatre bureaux. 

l*' BUREAU. SECRÉTARIAT , ADMINISTRATION GÉNÉRALE 

ET MUNICIPALE. 

MM. SERIEYX , chef. 

GRIMALDl DES BAUX , | ^.^^.ehefs. 

De TOUSTAlN-DUMANOirt, ( 

l" Section. — Secrélariat. — Administration générale. 

Enregistrement et répartition des dépêches. — Départ de la correspon- 
dance. — Personnel et matériel de la direction , des sous-directions et des 
commissariats civils — Circonscription administrative des territoires. — 
Attributions et travau.v du conseil de direction. — Justice. — Cultes. — 
Instruction publique. — Préséances. — Questions d'attributions. — Conten- 
tieux. — Pourvois. — Conflits. — Translation en France des condamnés. 

— Extraditions. — Expulsions. — Legs et donations — Presse et librairie. 

— Bulletin officiel des actes du Gouvernement. — Bibliothèques. — Musées 
et beaux-arts. — Médailles et récompenses pour belles actions. — Consuls 
étrangers. — Réfugiés politiques. — Naturalisation des étrangers. — Passa- 
ges aux frais de l'État. — Légalisation des signatures. — Traductions. — 
Aflaires réservées. — Affaires qui ne rentrent dans les attributions d'aucun 
bureau. — Statistique administrative. — Centralisation de la statistique de 
tous les services. 

A la direction générale des affaires civiles seulement : 

Service télégraphique. — Imprimerie du gouTernement. — Moniteur 
Algérien. — Travaux du conseil supérieur d'administration. 

2* Section. — Administration municipale. 

Personnel et administration des mairies. — Cou.seils municipaux. — Per- 
sonnel et matériel des services municipaux. — État-civil. — Mouvement et 
recensement de la population européenne. — Renseignements et recher- 
ches dans l'intérêt des familles. — Milices. * — Pompes à incendie. — Voirie 
urbaine. — Salubrité. — - Éclairage. — Nettoiement. — Marchés. — Théâ- 
tres. — Services médicaux. — Règlements sur l'exercice de la médecine et 
de la pharmacie. — Hospices et dispensaires. — Caisses d'éjiargne. — Monts- 
de-piélé. — Police. — Passeports. — Permis de port-d'armcs. — Voitures 
publiques. — Aumônes ci secours. — Prisons. — Inhumations. — Cimetiè- 
res. — Statistique municipale. 



234 COUVEUÎSEMENT GÉNÉIUL 

2« Bureau. — Colonisation et travaux public^,, 

MM. BEQLET , chef. 
P. DIBIŒUIL, ) 
MAURY, sous-chefs. 

l""' Section. — Colonisation. 

Concessions urbaines et rurales. — Opérations lopographiques. — Créa- 
lion des centres de population agricole. — Expropriations relatives à la 
création des centres de population agricole. — Expropriations des terres 
incultes. — Émigration de colons et d'ouvriers. — Placement de colons et 
d'ouvriers. — Dépôts d'ouvriers. — Subventions aux colons. — Législation 
et règlements relatifs à l'agriculture. — Règlements ruraux. — Défriche- 
ments et plantations. — Pépinières et cultures. — Sociétés agricoles. — 
Fermes modèles. — Primes et encouragements à l'agriculture. — Élèves 
des races chevaline, bovine et ovine. — Dépôts d'étalons. — Personnel et 
matériel du service des opérations topographiques, de la colonisation, des 
pépinières et des dépôts d'ouvriers. — Statistique agricole. 

2« Section. — Travaux publics. 

Routes et ponts. — Dessèchements. — Aqueducs et canaux. — Barrages 
de rivières. — Travaux maritimes. — Phares et fanaux. — Grande voirie. 
-^Chemins vicinaux. — Conservation et exploitation des forêts. — Explo- 
rations et concessions de mines. — Forages. — Carrières. — Salines. — 
Recherches géologiques. — Usines. — Machines à vapeur. — BAtiments ci- 
vils. — Fontaines et égoftts. — Petite voirie. — Construction, réparation 
et entretien dus édifices affectés aux différents services civils. — Expropria- 
lions pour cause d'utilité publiciue. — Conservation, distribution et police 
des eaux. — Règlements sur la matière. — Approvisionnements de maté- 
riaux, adjudications, marchés. — Personnel et matériel des ponts- et- 
chaussécs, des forêts, des mines et des bâtiments civils. — Statistique. 

3« Bureau. — Bureau des finances , du commerce et de la 
comptarilitë centrale. 

MM. UOdlEll-DESORMEAUX, chef. 
CHANDELIER, sous-chef. 
BERNELLE, fuiuunl funclionsdo sous-chef. 

l" Section. — Finances et commerce, 

L4t<'-'l:iii<'n l'i règlements concernant les divers services financiers. — 
Élabli.sscment dt'v iuqiôls. — Administration et perception des produits et 
reVBUus. — Recunnaissuuce et conslilulion de la propriété. — Législation 
qui n'y ra|t|>urte. — Régime hypothécaire. — Domaine. — Aliénations, 



DE l'algérie. 255 

échanges et locations des biens domaniaux. — Séquestre. — Commerce in- 
térieur et extérieur. — Importations et exportations. — Tarifs de douanes. 

— Entrepôts. — Service maritime. — Mouvement et police de la naviga- 
tion. — Communications maritimes. — Pèche du corail. — Service sanitaire. 

— Chambres de commerce. — Création et police des bourses de commerce. 

— Courtiers de commerce. — Etablissements industriels. — Encourage- 
ments à l'industrie. — Brevets d'invention. — Poids et mesures. — Légis- 
lation et règlements sur les subsistances ( céréales , abattoirs , boulangeries, 
comestibles, approvisionnements de bois et de charbon ). — Personnel 
et matériel des services de l'enregistrement , des domaines, des douanes et 
des contributions diverses. — Statistique financière et commerciale. 

2" Section. — Complabilité centrale. 

Comptabilité de tous les services. — Établissements des budgets de re- 
cettes et de dépenses. — Répartition des crédits législatifs et des crédits 
locaux et municipaux applicables aux divers services. — Ordonnancement 
et liquidation des dépenses. — Situations périodiques et mensuelles. — 
Comptes généraux et définitifs en deniers et en matières. — Logement des 
fonctionnaires. — Acquisition et conservation du mobilier appartenant à 
l'Ëlat et à la colonie. 

A la Direction générale des aflaires dTiles wnlemenl. 

Travaux de l'inspection des finances. 

Par une décision spéciale du ministre , le bureau dit 
de V Administration des indigènes, et qui à ce titre est 
chargé de la distribution de secours aux Musulmans 
nécessiteux, a été rattaché à la direction générale, 
dont il forme le 4^ bureau; il est ainsi composé ; 

MM. DELAPORTE ^, secrétaire- interprète, chef. 
BUOSSELARD , sous- chef. 

A ce bureau est attachée une commission dite de Bien- 
faisance ^ et exclusivement composée d'indigènes, sa- 
voir : 

ALI-EL-QZADUI , membre sédeulaire ; 

AIIMED-ECH-CHÊRIF. id. 

MIISTAPIIA-BEN-AHMED-KAOL ADJI , id. 

MOHAMMEU-BEN-Ml'STAPllA-EL-lIARRAR , id. 



256 COUVEllNEMENT GÉNÉRAL 

Différenls services ont clé centralisés auprès du gouverne- 
ment général ; nous allons les indiquer successivement et faire 
connaître de suiie leur organisation complète. 

INSPECTION DES FINANCES. 

Le ministère des finances a toujours exercé en Algérie sur les 
caisses publiques le contrôle et la surveillance, qui lui sont dévo- 
lus par les lois et ordonnances relatives à la comptabilité. Dans 
ces dernières années, il a été organisé un service spécial ou 
nms/on permanente, dont les attributions sont les mêmes que celles 
des inspecteurs en France. 

MM. CHENIN ^ , inspecteur des finances de l""^ classe , chef de la 
mission. — Hôtel de la Régence , à Alger. 

PASQUIER ^, inspecteur de 2« classe. — Hôtel de Paris, à 
Alger. 

LE BRETON , inspecteur de 2« classe , à Oran. 

PERCHERON , — de 5« classe , à 

LAMANDÉ, — — ù Constanline. 

SERVICE DES MINES ET FORAGES. 

Organisé dans les trois provinces , mais centralisé ù Alger, ce 
service remplit en Algérie les fonctions qui lui sont assignées en 
France par la loi du 21 avril 1810, ainsi que parles ordonnances 
et arrêtés qui en ont réglé l'application. 

11 est composé de la manière suivante : 

MM.GARELLA ^, ingénieur, chef du service, rueBugeaud, à Alger. 
VILLE , ingénieur en chef de la province d'Alger, rue de 
Chartres. 
.. D13B0CQ, ingénieur on chef de la provinco de Constantine , 
"' ù Bône. 

DE MARKiNY, manipulateur attaché au laboratoire d'Alger, 
ruo Socgemah. 

SERVICE DES FORÊTS. 

MM. CETTO , insprrleur de 2" classe, chef du service, à Alger, 
rue Tuurville. 



1)E L'ALGÉRIE. 257 

MM .L. HENRY , garde-général sédentaire de 2* classe , à Alger. 
HEKINBENDER , arpenleur-dessinaleur, id. 

Province d^Alcjer. 

MM. JAUFFRET, sous-inspecleur de 2" classe, dirigeant le can- 
tonnement du Sahel. 

, garde-général , à Ténès. 

TECROT, garde-général de l" classe , à Koléah. 
BOYER , — , à Blidah. 

BAUDOUIN , garde-général , à Teniet-el-Hâad. 
Province d'Oran. 

MM. GROGNOT, sous-inspecteur de 2" classe, à Oran. 
N garde-général , à Mascara. 

Province de Constnntîne. 

MM. BRUSSAUX, sous-inspecteur de 1'* classe, à Constantiue. 
DUFEU, garde-général, chargé de travaux d'art, id. 

DE L'EGUiLLE , garde-général de 1" classe , à Bône. 
FERGAUT, -- — à La Galle. 

WURSTIN , — de 2" classe , id. 

N sous-inspecteur de 2' classe, à Philippeville. 

LEFEBVRE, garde-général , à Bathna. 

SERVICE TÉLÉGRAPHIQUE. 
Organisé comme il a été dit page 222. 

MM. LAIR ^, inspecteur de l""* classe, directeur du service télé- 
graphique, à Alger, rue du Laurier. 
CARTIER , traducteur, à Alger. 

LABAT, ) . i T.,.j , 

rFNlSSlEN I •'^specteurs , à Bhdah. 

MATHIEU , inspecteur, à Médéah. 
COUTURIER, — àMiliana. 
PIERRET, traducteur, id. 
GAILLARD, — à Orléanville. 

CARETTE , inspecteur, à Oran. 
CHERBONNEL, traducteur, id. 
LACHAUPÉE, — ùMostaganem. 



258 eOUVEUlNEMElNT GÉNÉRAL 

IMPRIMERIE DU GOUVERNEMENT. 

Dès 1850, les besoins et le service de rarmée avaient 
oblige d'attacher à l'état-major et à l'administration 
militaire une presse à autographie; delà est venue l'im- 
primerie dite du Gouvernement, qui, dirigée depuis 
les premiers jours de la conquête par M. Rolland de 
Bussy, a pris une extension considérable, et est de- 
venue un établissement vraiment intéressant. 

Les publications ordinaires, indépendamment de 
tous les secours que cette imprimerie fournit aux dif- 
férentes administrations , sont : 

Le Moniteur Algérien , créé par un arrêté de M. l'in- 
tendant civil , baron Pichon, en date du 8 février 1852, 
non-seulement pour donner aux actes du Gouverne- 
ment de la France et à ceux du Gouvernement de la 
Régejîce d'Alger \a imhlicité nécessaire, mais encore 
pour servir aux publications légales et judiciaires:. 
le Moniteur Algérien a tou]ourf>i)avu depuis cette époque, 
mais souvent avec une périodicité peu régulière; au- 
jourd'hui il est publié tous les cinq jours; 

Le Bulletin oUîciel des actes du Gouvernement, créé 
par un arrêté du gouv.orneur-général, comte d'Erlon, 
en date du 20 octobre 1854. Ce bulletin est établi à 
l'instar du liidletin des lois , en France ; 

Le Mohacher spécialement destiné aux indigènes : 
il est publié en langue arabe, avec une traduction en 
langue française; répandu depuis peu de temps dans 
l'intérieur du pays, il est en général accueilli avec 
empressement par les tribus. 

Depuis plusieurs années, l'imprimerie du Gouvcr- 



I 



DE L'ALGÉRIE. 259 

ncmcnt à Aliter s'est organisée pour des publications 
en langue arabe; nous en pourrions déjà citer quel- 
ques-unes: Grammaire de M. Dciaporte; la Chres- 
tomalie de M. Bresnier, professeur d'arabe, etc., etc. 
En ce moment, un ouvrage de la plus haute importance 
est confié à ses presses ; c'est l'ouvrage d'Ibn-Khaldoun , 
sur V Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes 
de l'Afrique septentrionale; cet ouvrage est édité par 
le ministère de la guerre , sous la direction de M. le 
baron de Slane, l'un de nos orientalistes les plus dis- 
tingués. 

M. ROLAND m BUSSY ^ , directeur. 

JUSTICE. 

Directeur du service de la justice en Algérie. 

M. GILARDIN , 0. ^ , procureur-général. 

PARQUET. 

Rue Socgeinah. 

MM. DE BRIX ^ , avocat-général , aux Tagarins. 

LECAUCHOIS-FÉRAIID*, id. galerie Duchassaing. 

PIERREY , substitut , rue Socgeraah. 
DIDIER , id 

TIIÉVENARD , secrétaire du Parquet. 

DURAND, interprète, 
-noj 

COUR ROYALE (1). 

MM. DUBAR ^ , président, rue des Oranges. 
BERTORA ^ , vice-présideut , rue du Vinaigre. 



(<) Voir pour les tribunaux de 4 <^« iustance, tribunaux de com- 
merce, justices-de-paix , etc., les localités auxquelles ces différentes 
autorités appartiennent. 



240 



GOUVERÎSEMEÎNT GÉNÉRAL 



MM. GIACOBBI ^ , 
PAULMIER ^ , 
SOL\TT, 
GAURAN, 
MONGRAND , 
PLANCHAT, 
COUTTOLENC, 
MARION, 
CAZAMAJOR , 
CAMPER, 
D'AVANNES , 
CAVAILHON, 



conseiller, rue Boulin, 7. 

id. rue du Rempart, i8. 

id. rue Bélisaire , 17. 

id. rue des Lolophages, 19. 

id., rue du Soudan. 

id* rue Tanger. 

id. rue des Consuls, 64. 

id. rue d'Isly, maison Mazigo. 

id. rue Duquesne, 51. 

id. rue du Locdor, 13. 

id. rue Tanger, 6. 

id. rue dti Chêne, 90. 



Greffe de la Cour royale. 
greffier en chef. 
I commis-grefliers. 



MM. MOURGUES , greffier en chef. 
LAMBERT, 
KERGROHE 

HADJI-ALY , assesseur. 

JULIEN, ) 

BOETTO, ( interprèles. 

HOLZALB , ' 

CULTES. 
CULTE CATHOLIQUE. 

Le tableau qui va suivre comprend les noms, titres 
et résidences de tous les ecclésiastiques attachés au 
<3iocèsc d'Alger. Cet ordre nous a paru le plus con- 
venable, en raison de l'organisation de ce diocèse; or- 
ganisation que nous avons exposée dans le chapitre 
précédent. ( Voir pages 118 à 125.) 

Évêché. 

M»' PAVY (Louis -Antoine -Augustin) O. >^, nommé le 26 fé- 
vrier 1846, installé le 1"^ juin suivant. 



DE L ALGtKlE. 241 

MM. DAGRET ^, vicaire-général. 
SUCHET^, id. 

PLASSE, chanoine faisant fonctions de vicaire -général. 
PAVY, id. 

VIOT, ciianoine lionoraire, secrétaire-général de l'évéché. 

Chapitre de la Cathédrale. 
MM. PELLETAN, doyen du chapitre. 
MONTERA, chanoine. 
fi'STALTER, id. 
DAIDOU, id. 

CARRON, id. 

BERNADOIJ , id. 
PLASSE, id. 

PAVY, id. 

CLERGÉ pauoissial d'algf.r. 

Cathédrale Saint-l*hi lippe. 

MM. BERNADOU, archiprêtre, curé de la cathédrale, vicaire-gé- 
néral honoraire. 
ROUDIL ^ , chanoine honoraire. 
TRIOLLE , \ 

CAMMILLERI, \ (^ijapelains-vicaires. 
SCHEMBRY, ) 

HERNANDEZ , prêtre sacriste , chapelain. 
QUINTANA, organiste, id. 

ZOGUEB, )..,,... 
MANUEL,} P"-^^''^^''^^'^"^^- 

Église de Saint- Anc)ustiu. 
Faubourg iiab-Azoun. 

MM. VAZILLIER, curé, chanoine honoraire. 
BOYER, vicaire. 

Prêtres auxiliaires. 

DUPOISAR , ) 

PASTOR l P*"^^^^^ auxiliaires. 

IG 



242 COUVEUNEMEKT GÊSÉIVAL 

Grand sémitmire. 

MM. GIRARD , supérieur, chanoine honoraire. 
MARTY , ] 

DEMPRUN, directeurs. 
VIVES, ( 

Petit séminaire. 

MM. COMPTE-CALIX , supérieur, chanoine honoraire. 
LAMY, directeur. 

Paroisses de la province d'Alger. 

MM. SAUVE, curé à Blidah. 
CARRÉ , vicaire , id. 

FABRE, faisant fonctions d'aumônier à l'hôpital de Blidah. 
AVIT , desservant à Bouffarick. 
ANDRÉ , desservant , T fouet, d'aumônier. — Douera. 
PRICHELMY, desservant. — Sainie- Amélie. 

LEGENDRE, id. — Koléah. 

BECCARD , id. — Dely-Ibrahim. 

CABARDÈS, id. — Elbiar. 

CARLES, id. — Drariah. 

ROSELLO, id. — Birkadem. 

SALMON, id. - Kouba. 

SCHLICH, id. —Mustapha. 

FAYSSIGUES , T fonct. d'aumônier ù l'hôpital , id. 
NARAU, • desservant, id. — Cherchcl. 

RETOURS, id. id. — Miliana. 

D'ARTHOIS, id. id. — Médéah. 

DELCI.OS, desservant, P fonct. d'aumônier. — Orléauville. 
DESTENAVE, id. —Bougie. 

JOAN , aumônier de l'hôpital militaire du Dey. — Alger. 

Province de Constantine. 

MM.RIGArD, curé. —Constantine. 

EAVAY, vicaire. — id. 

l'ARAlUlRE, aumônier de l'hôpital militaire. — id. 



DE i/algéuir. 245 

MM. BANVOY.curc. — Bùne. 

MÂLO , vicaire. — id. 

D'ELHON , faisant fonctions d'aumônier à Phô- 

pital militaire. — id. 

CASES, id. do la légion étrangère. — id. 

LEMAUFF, curé. . — Philippeville 

Ci ALEA , vicaire. — id. 

VINCENT, faisant fonctions d'aumônier à l'hô- 
pital militaire. -— id. 

AUBRY, desservant, faisant fonctions d'au- 



mônier. 








— Gucinia. 


nOSTAN , 




id. 




— Gijelly. 


LESTURGIE, 




id. 




— Sétif. 


PAURENQUE, 




id. 




— La Calle. 


, 


Pr 


ov'mce 


d'Oran. 





MM. DROUET, curé de la paroisse de Saint-Louis. — Oran. 
PASCALIN , vicaire. id. — id. 

MORA, id. id. — id. 

FEYTOUT, curé de la paroisse Saint-André. — id. 
PICAZZO, aumônier à l'hôpital militaire. — id. 
CAPRILES, desservant. Mers-el-Kébir. 

SOUVRAY, id., faisant fonctions d'aumônier. — TIemcen. 
ROUZAUD, id. id. —Mascara. 

REFFAUDRI.id. id. — Mostaganem 

KNEY, id. id. — Arzew. 

CULTE PROTESTANT. 

M , pasteur et président de l'Église et de l'Oratoire. 

L'intérim est rempli par M. DÛRRr, pasteur à Douera. 

Consistoire mixte central, représentant le culte réformé et les 
églises de la confession d'Augsbourg. 

MM.SCHNELL, négociant, secrétaire, membre laïque. 

HOSKIŒR , consul de Prusse, trésorier. ' 

VOLTERS , docteur en médecine , archiviste-bibliothécaire. 
RROWN, juge au tribunal de première instance. 



244 GOUVERNEMENT GÉNÉRAL 

MM. LAFON-IIILLIET, doyen d'âge. 

RIEKEN , consul des villes unséutiques. 
MEYMAC , agent d*afiarres. 
DEPRÉBOrS, officier d'adminislration. 
TULIN , vice-consul d'Angleten-e. 
KOBB , banquier. 
SAUM , n^ociant. 

Oratoire de la confession d'Augshowg , à Donéra, 

M. DÙRR , pasleur auxiliaire. 

Oratoire du cidle réformé, à Phîtippeville. 

M. PAUL, pasleur auxiliaire. 

Oratoire du culte réformé , à Oran. 

M. ANDRÉ , pasteur auxiliaire. 

CULTE ISRAÉLITE (i). 

Consistoire dWlgcr. 

MM.WEIL (Sficliel-Aaron), grand rabbin. 

GUGENHEIM ( Max ) , président. 

MIGUÈRÉS ( Messaouil ) , docteur en raédccinc. 

LÉVY-BRAM, négociant. 

ALPHANDÉRY , négociant. 

ENNERY, secrétaire du Consistoire. 
Consistoire d'Oran. 
MM. COHEN , rabbin du Consistoire provincial. 

NAHON-SOUANÈS, ) 

ABRAHAM, ( laïques. 

DANAOUl , ) 

INSTRUCTION PinLIQlIE. 
M. LEPESCHEllX^iSf,iospecteur d'académie , inspecteur de l'iii- 
Rtruction publique, chef du service , rue Tourvillc. 



(1) Voir pour le caKc musulman, le chnpUrc spécial consacré aux 
iulérèts iiidlKÙncB. 



DE l'algéuie. 24o 

INSTRUCTION SUPÉRIEURE. 

Chaires -publiques de langue arabe. 

Alger. — M. BRESMEK , professeur, rue de Tanger. 

Oran. — M. HADAMARD , professeur. 

Conslanl'ne. — M. CHERBOMEAU , W. 

COLLÈGE D* ALGER. 

Ce collège , établi depuis dix ans dans une ancienne 
caserne des Janissaires, a eu, comme toutes les insti- 
tutions de l'Algérie, des commencements faibles et 
incertains; mais il s'est développé avec elle, et avec 
la population à laquelle il est spécialement destiné. 
Lés bâtiments ont été récemment agrandis et mis en 
état de recevoir une centaine d'élèves internes. L'en- 
seignement est le même que celui des collèges de l'Uni- 
versité; enfin, il est disposé pour recevoir le titre 
de collège royal. M. le ministre de la guerre avait 
même présenté, dans la session dernière, une propo- 
sition formelle dans ce but : des motifs d'économie 
Font fait ajourner: elle est reproduite cette année. 
Personnel des professeurs. 

MM. JUBIEN , officier de l'Université , principal du collège. 
L'abbé ROUOIL ^ , aumônier. 

MOUILLARD , licencié ès-Ieures , professeur de philosophie. 
CAMBOULIU , agrégé des classes supérieures , professeur de 

rhétorique. 
MULLER , bachelier es-lettres et sciences , professeur de 

maihémaliques supérieures, de physique el de chimie. 
CHRÉTIEN, licencié ès-letlres, professeur de seconde. 
FEUILLERET, bachelier ès-letlres , professeur d'histoire. 
FOURNEE, bachelier ès-lettres , professeur de troisième. 
CHENU , ancien élève de l'école polytechnique, professeur 

de maihémaliques élémentaires et d'histoire naturelle. 



246 GOUVERNEMENT GÉNÉRAL 

MM.BALLY, bachelier ès-letlres, professeur de quatrième. 

DFiOlT, bachelier ès-letlrcs , professeur de cinquième cl 

surveillant général. 
RESSAYRE , bachelier ès-letlres , professeur de sixième. 
DELATOUR , bachelier ès-letlres , professeur de septième. 
SORBIÉ , bachelier ès-leltrcs , professeur de huitième. 
GORGUOS , bachelier ès-lettres , professeur de langue arabe. 
ROBERT , 1" professeur du cours supérieur de français. 
DUCLOS, 2« id. id. id. id. 

DUDILLOT , ) 

VAYSSETTES , [ bacheliers ès-letlres , maîtres d'études. 

LIOGIER , élève de Paul Delaroche , maître de dessin et de 
peinture. 

Personnel des élèves. 
G5 internes. — 120 externes. 

Taux de la pension. 

COO fr. — Les élèves externes ne paient aucimc rétribution. 

* INSTRUCTION PRIMAIRE. 

M. C.\NTREL, odlcier de l'Univorsilé , inspecteur de Tinstruc- 
lion primaire, rue Bab-el-Oued. 

Voir aux dillérontes localités pour les instilutcurs primaires. 
ARMÉE. — SON EFFECTIF. — ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL. 

L'eiïectif do rarmco d'expédition de 1850 était de 
50,000 hommes. La révolution de juillet et les événe- 
ments qui suivirent cngajçèrent le Gouvernement à 
rappeler en France unti partie de ces troupes , en sorte 
(|u'au i" janvier 1851, et après que M. le maréchal 
(ilausel(!Utmrs j^arnison dans Médéah, l'eneelif n'était 
plus que de 17,100 hommes. Voici, depuis cette épo- 
que, les chaiigemcnls ou plutAt les accroissements 
que cet olTcclir a éprouvés. 



I 



DE l'algéiuë. %i>l 

1852 21,511 hommes. 

1855 26,G81 

1854 29,858 

1855 29,485 • 

1856 29,897 

1857 40,147 

1858 48,167 

1859. . . - 50,567 

1840 61,251 

1841 72,000 

1842 70,855 

1845 75,054 

1844 82.057 

De 1845 jusqu'au jour où nous écrivons ( l®*" jan- 
vier 1848 ) , l'effectif a peu varié ; il s'est constamment 

trouvé entre 100,000 et 105,000(1). 

Voici maintenant la composition de cette armée 
d'Algérie qui , elle aussi , a marqué sa place dans les 
pages de l'histoire: 

Le gouverneur-général commandant les troupes de 
toutes armes. 

Un lieutenant-général , chef de l'état-major général, 
non désigné; 

Trois lieutenants-généraux, commandants supé- 
rieurs des provinces; 

Quinze maréchaux-de-camp, dont un, commandant 
supérieur de l'arme de l'artillerie; un, commandant 



(1) La soumission d'Abd-el-Kader a déjà permis au goureraement 
d'annoncer une réduction de 5,000 hommes , qui doit ce réaliser 
on 1848. 



248 GOUVERNEMENT GÉNÉRAL 

supérieur de l'arme du génie; un, commandant la 
cavalerie indigène ; 

Un intendant-militaire en chef; 
47 ofïiciers du corps royal d'état-major; 
55 id. d'artillerie ; 

140 id. du génie, dont 04 appartenant à Tétat- 
major de l'armée, et 70 appartenant aux compagnies ; 
40 fonctionnaires de l'intendance militaire (1) ; 
80 chirurgiens , médecins, pharmaciens attachés 
aux hôpitaux de l'armée (2) ; 

59 officiers de l'état-major de place et pour les 
troupes ; 

1 légion de gendarmerie de quatre compagnies; 
16 régiments d'infanterie de ligne ; 
5 — d'infanterie légère ; 

1 — de zouaves; 

5 bataillons de chasseurs d'Orléans ; 

3 — dits d'infîinterie légère d'Aft'ique; 

2 régiments d'infanterie , composant la légion 
étrangère ; 

5 bataillons de tirailleurs indigènes; 
5 régiments de chasseurs de France ; 
1 id. de hussards de France ; 

4 id. de chasseurs d'Afrique; 

5 id. de spahis ; 

14 batteries d'artillerie, dont 7 de montagnes; 



(1) Non compris les offîcicrs comptables, odlciers tradmitirslra- 
lion , clr. 

(2) Non compris les rhirur^zicno, clc, aUachés aux diffùrcnts corps. 



DE l'alcérie. 249 

1 compagnie de i>ontonniers; 2 d'ouvriers; 1 d'armu- 
riers; 2 compagnies du train des parcs. 

20 compagnies du génie, dont 16 de sapeurs et 
mineurs, 1 d'ouvriers, 5 de sapeurs-conducteurs; 

6 compagnies du train des équipages militaires ; 

2 compagnies des ouvriers militaires ; 

1 id. do vétérans, 

11 faut compter aussi : 

8 compagnies de discipline ; 

1 id. do pionniers ; 

5 ateliers de condamnés au boulet. 
Nous ferons connaître, dans les chapitres spéciale- 
ment consacrés aux divisions et aux provinces, les 
numéros des différents corps, ainsi que les noms et 
grades des officiers-généraux, des officiers supérieurs 
et autres à résidences fixes. 

ÉTAT-MAJOR GÉNÉRAL. 
A la Jénina. 

MM. DE CRÉNYO.J;^, colonel, sons diefderétat-mnjorgcnéral, fai- 
sant fondions de chef de rétat-major généial par intérim. 
DE CISSEY 0. ^, chef d'escadron d'ctat-major, attaché ù Pé- 

lal-major. 
l'ISSIS^, id. id. 

lŒNADLT^. capitaine, id. 

811SLEAU DE MALROY ^S id. id. - 

KAOULT 0. ^ , id. id. 

TUBIANA , interprète. 

Service topogmphtque et géodésique. 

MM. PRALAS DE ROSIÈRES ^ , cliefd'escadron d'état-major, chef 
dn service. 
DE VALDAN ^, capitaine d'clat-niajor, à Alger. 



250 r.OUVEUNEMENT GÉHÉHAL 

MM. SAGET ^, capitaine d'étal - major, à Alger. 

MAUEL , id. à Oran. 

BEAL'DOIN, id. à TIemcen. 

DIEU^, id. à Constantiiie. 

DE TORCY , id. à Bône. 

INTENDANCE MILITAIRE. 
Rue de l'Intendance. 

Les trois divisions de l'armée d'Algérie ont chacune 
leur intendant ; mais une décision récente vient de 
rétablir un intendant militaire en chef, chargé de cen- 
traliser les différents services. Il a dans ses attributions 
la répartition supérieure du personnel de l'intendance 
militaire, des ofïiciersde santé et d'administration, des 
troupes de l'administration , ainsi que du matériel et 
de tous les moyens de transport sur la totalité des 
points de l'Algérie. En vertu de son titre, il a autorité 
sur les intendants divisionnaires. 

Il demeure chargé de l'administration de la division 
d'Alger, et a sous ses ordies immédiats, pour cette 
division, un sous-intondant faisant fonctions d'inten- 
dant militaire, autiucl il délègue telle partie d'attribu- 
tions qu'il juge convenable. 

Il est chargé de veiller à la formation de tous les 
apj)rovisionnements nécessaires à l'armée. 
M. APPERT, C. ^, intciidaiil-inilitaii(; do rarniée d'Algérie. 

li;GION DE GEM)AUMERIIJ. 
Hue do Toulon. 

MM. LEMAIRE, 0. >^ , neulcnanl-colonel, chef de la légion. 

AVRIL ^ , diof-d'escadron, coinrnaiidant supérieur des deux 

pi<'iiii(''r(;s r<)in|)agin('s. 
(illARRIER 1^, capitaiiic conimandaul la 1"' compaguic. 



DE i/alcéiue. 251 

' ACCARY ^, (îapitaine-lrésorier de la 1"> compagnie. 
PARIZELLE ^ , lieulcnant, id. 

lUïTIEH^, id. id. 

SERVICE DE l' ARTILLERIE. 

Rue (lu Vinaigre. 

Le service de l'artillerie est partagé en trois direc- 
tions : Alger, Oran, Constantine ; mais centralisées 
toutes trois à Alger, sous les ordres d'un officier-gé- 
néral de l'arme. 

AIM. DE MALNVILLE 0. ^, maréchal-de-camp , commaudanl supé- 
rieur de raiiillerie. 
IJONAMY ^ , chef-d'escadron , chef d'étal-major. 
l'OULLON-GHANDCIIAMP ^ , capitaine-adjudant. 
MALLIAZ ^ , capitaine , aide-de-camp du général. 
POIHSON , capitaine attaché ù l'état-major. 
IMZAIll ^ , chef d'escadron commandant l'artillerie de la 
division d'Alger. 

SERVICE DU GÉNIE. 
Rue Philippe. 

Le service du génie, est comme celui de l'artillerie, 
[)artagé en trois directions, placées sous les ordres 
d'un officier-général de l'arme. 

MM. CllAHON, G. ^, maréchal-de-camp, commandant supérieur 
du génie. 
TlllPlEK, 0. ^ , lieutenant-colonel. 
DEJEAN, 0. ^, chef de bataillon, chef d'étal-major. 
VÉRONIQUE ^ , capitaine. 
DUBOST ^ , id. 

ANSOUS ^ , id. 

MARINE ROYALE. 

MM. DDHOURDIEU 0. ^\ capitaine de vaisseau , commandant su- 
périeur de la marine. 



25i GOUVEUNEMENT GÉNÉRAL 

MM. DE MARQUÉ 0. ^ , capitaine de corvette do première classe, 
chef d'état-mnjor. 

DE CHÉPY ^ , lieutenant de vaisseau, sous-chef d'clat-major. 

BOUCHET-RIVIÈRE, enseigne de vaisseau , aide-de-camp de 
M. le commandant supérieur. 

SILVESTRE ^, commis principal de la marine, chef du se- 
crétariat de M. le commandant supérieur. 

Service administratif. 

MM. RAMPAL ^ , commissaire-ordonnateur, chef du service ad- 
miuislralif. 
RATÏAREL, sous- commissaire, chargé du service de Tra- 
scription maritime et des revues. 

Service des subsistance&^ 

M. POU VERIN, sous-directeur. 

Service médical, 

M. iVZAN, chirurgien de 2" classe, chef du service» 

Contrôle. 

M. BAUX, sous-coiitrùleur de 2* classe. 

Directions des ports. 

Alger. — M. MASSIOU i^, capitaine de corvette, directeur du 
port. 
Id. — yi. AGARRAT (Joseph), commis de 1" classe , chargé 
de la comptabilité. 

liàliments a/jfectcs au semicc de lu station de l'Algérie. 

Ee Solon , navire ;"> vapeur en fer, de 100 chevaux , affecté au 
service porsunnel de Mb"" le gouverneur-général , commandant 
M. Jaurès, capilaine de corveUe, stationne à Alger. 

Le Véhcc , cors clUi ii vapeur de 2-20 cht'vaux, commandant 
M. le capitaine de corvellc Bérar, faisant la correspondance en- 
tre Oran et Tanger, slaliomie à Oran. 

Le Tintarc . de Kio clicvniix , commandant M. le capitaine de 



DE l' ALGÉRIE. 255 

corvelte Rolland de Chabert , employé à la correspondance 
latérale. 

Le Ténare . de 160 chevaux, commandant M. le capitaine de 
corvette Ponlicr, même service. 

L'Euphrate , de 100 chevaux, commandant M. le capitaine de 
corvette Villemain , même service. 

Le Vautour, de IfiO chevaux, commandant M. le capitaine de 
cH)rvette DulVénil, même service. 

Le Confie, de ICO chevaux , conmiandant RI. le lieutenant de 
vaisseau Giraud, même service. 

Le \"i(jilunt , de (K) chevaux , en fer, à hélice , commandant 
M. le lieutenant de vaisseau Veyrier de Maleplanc , destine à un 
service de surveillance de la côte. 

Le Buberach, chebeck à voiles, commandant M. le lieutenant 
de vaisseau Chasseloup de Chadillan , afl'ecté pendant l'été à la 
surveillance et à la police de la pêche du corail , dans les para- 
ges de La Galle , stationne à Alger pendant l'hiver. 

La Tnfna, balancelle, capitaine M. Sicard, chef de timonnerie 
de l'" classe , employé au même service, concurremment avec le 
lioberach , et stationnant constamment à La Galle. 

L'a Ménagère , brick de iO canons, servant de stalionnaire i\ 
Alger, capitaine M. Augian , chef de timonnerie de V" classe. 

Une frégate à vapeur devra , en outre , stationner constam- 
ment à Alger, pour faire face aux éventualités qui pourraient se 
présenter, et'exiger l'emploi d'un grand bâiiment. Gette frégate 
sera relevée tous les dix jours , pour rentrer à Toulon. 

DIllECTION CENTRALE DES AFFAIRES AR.VBES. 

Quelque peu de soin que l'on eût pris, en entrant à 
Alger, de maintenir les relations d'autorité qui exis- 
taient entre le gouvernement turc et la population in- 
digène, et en raison même de cette fâcheuse négli- 
gence, on ne tarda pas à s'apercevoir que ces relations 
ne pouvaient ôtre brisées sans inconvénient , sans dan- 



254 GOUVEI\NEMENT GÉNÉRAL 

ger môme; aussi, trouve-t-on dans les documents qui 
remonlcnt aux premiers jours de la conquête, des dis- 
positions qui attestent l'envie de former, dès lors , 
auprès du commandant en chef, une autorité spéciale 
et un centre d'administration française pour ces popu- 
lations. 

Les fonctions d'Aga des Arabes, qui avaient tant 
d'importance sous les Turcs, furent d'abord conser- 
vées , puis supprimées par un arrêté du 7 janvier 1851 ; 
puis rétablies le 18 février suivant, et confiées à M. Men- 
diri , alors grand-prévôt de l'armée. 

Quelques mois après, cette charge d'Aga était exer- 
cée par un indigène de la famille des Sidi M'Barek , 
nommé Sidi Iladj-Maheddin ben-Sidi-Ali-ben-Bahas , 
qui ne la garda que peu de temps , et se retira chez 
les Iladjoutes, d'où il commença cette longue guerre, 
qui vient de finir par la soumission de l'émir. 

Ce fut à cette époque que fut formé, auprès du gé- 
néral en chef et faisant partie de l'état-major général , 
un bureau qui prit le nom de bureau arabe, et fut di- 
rigé d'abord par M. de La Moricière , alors capitaine 
des zouaves, et après lui par M. de Laporte, ancien 
chancelier du consulat de Tanger. 

En 1854, un arrêté, rendu le 18 novembre par le 
comte d'Erlon, gouverneur-général, réunit la direction 
de ce bureau à la charge d'aga dos Arabes, qui, dès- 
iors, dût être confiée à un odicier supérieur. 

M. Iclicutenant-coloncl Marey (1), commandant le 

(1) Aujourd'hui în.inM hal-dc-cainp , comraandanl-sapôrieur do 
Médcnli. 



DE l'algérie. 255 

corps des spaliig réguliers dans la province d'Alger» 
fut appelé à ces fonctions. 11 les exerça jusqu'au 
15 avril 1857, époque à laquelle M. le comte de Dam- 
rémont, gouverneur-général, prit un arrêté en vertu 
duquel les affaires arabes étaient centralisées auprès 
du gouverneur-général et formaient une direction, dite 
des Affaires arabes. Le même jour, M. Pélissier (1), 
capitaine d'état-major, fut nommé directeur des affaires 
arabes. 11 a conservé ce poste jusqu'en 1840, et fut 
remplacé par M. le commandant d'Allonville. 

En 1841, la direction des affaires arabes fut organi- 
sée par un arrêté du gouverneur-général, daté du 16 
août; lo commandement des troupes irrégulières indi- 
gènes et la direction proprement dite des affaires ara- 
bes, furent complètement sépai-és. Cet arrêté ajoutait 
en outre : ;j 

« Art. 2. Le directeur des affaires arabes aura seul, 
» en notre nom, l'autorité sur les kaïds, cheiks, hakems, 
» kadis, muphtis et autres autorités indigènes établies 
» sur le territoire, tant sous le rapport de la police que 
» de l'administration. Les ordres qu'il leur donnera, 
j> sous notre approbation, seront considérés comme 
» émanés de notre cabinet particulier. 

< Art. 5. Le directeur desafilîures arabes sera chargé, 
» en notre nom, d'établir des relations avec les tribus 
> du dehors et celles non soumises ; de recueillir les 



(2) Aujourd'hui consul à Sous, Régence de Tunis. C'est Tauleur 
des Âiinalcs Algériennes; mais elles ne vont que jusqu'à <840 : Il esl 
à regrelleique les occupations de M. Pelissier ne lui aient pas per- 
mis de continuer celte intéressante publication. 



ioO GOUYERNEMEiST GÉ?(ÉKÂL 

» renseignements divers propres à cclaii'cr notre poli- 
» tique et nos opérations, etc., etc. ^ 

M. le chef d'escadron, aujourd'hui colonel, Daumas, 
fut immédiatement appelé à remplir les fonctions de 
directeur des affaires arabes. 

L'arrêté de M. le maréchal Bugeaud que nous venons 
de rapporter, a été le fondement de la direction des 
affaires arabes, qui prit bientôt une extension considé- 
rable et proportionnée à nos progrès dans le pays. Des 
bureaux , rattachés à cette direction furent instal- 
lés partout. Aussi, lorsque parut l'ordonnance du 
15 avril 1845, elle ne fît que confirmer et régulari- 
ser ce qui existait déjà, eu créant une Direction cen- 
trale des affaires arabes , dont le chef est maintenant 
un des membres du conseil supérieur. Voici, en quels 
termes s'exprime cette partie de l'ordonnance : 

t Le directeur central des alTaircs arabes exerce, sous les or- 
dres immédiats du gouvcnieur-généial, les fonctions qui lui sont 
attribuées par les airctés de nou-e uiinisirc de la guerre. 

> L'adujinislration des territoires arabes est cssentiellcmeni 
hihérente au conunandenieut militaire. 

> La direction supérieure en appartient , dans chaque province, 
sous l'autorité immédiate du gouverneur-généial, au lieutcnanl- 
généml commandant la division. 

> Dans clitique circonscription de commandement, l'adminis- 
tration des leiritoires arabes est exeicée sous les oidros du 
lieutenant-général , par les ofliciers investis du comnuuidement 
mililiiirc. 

» C<js ofliciers ont nous leurs ordres : 

» i° Les directeurs et autres ofliciers chargés dos alTaires ara- 
bes; 2° les fonctionnaires et agents indigènes de tout rang, in- 
stitués par nous ou par le gouverneur général. • 



DE L ALGÉRIE. 257 

En l'état , voici l'organisation administrative des 
affaires arabes : 

Une direction centrale , à Alger ; 

Trois directions divisionnaires , à Alger, Oran et 
Constantine ; 

Trente directions particulières. 

Nous ferons connaître, dans le chapitre affecté à 
chaque province, la composition des directions di- 
visionnaires et des directions particulières , ainsi que 
les localités où elles se trouvent. Nous devons nous bor- 
ner pour le moment à exposer, pour ce service, comme 
nous venons de le faire pour les autres, la composition 
de la direction centrale. 

M. RIVET, 0. ^, lieulenant-colonel, membre du conseil supérieur 
d'udaiiuisti'atiuu , direcleur ceutrul des afifuires arabes. 

1" Bureau, 

M. DE ROUZÉ ^ , capitaine , chef. 

Journal arabe. — Conservation des archives. — Bibliothèque. — Person- 
nel des bureaux. — Centralisation des contributions arabes. — Fixation des 
contributions dans les pays réservés à la direction centrale. — Personnel 
des chefs indigènes. — Circonscriptions territoriales. — Correspondance gé- 
nérale. 

2® Bureau. 

M. MESMER ^, lieutenant , chef. 

Colonisation européenne. — Recherche des terres domaniales. — Pro- 
priété chez les indigènes. — Séquestre. — Commerce avec les indigènes.— 
Examen des rapports (i). — Émissaires de la province d'Alger. — - Corres- 
pondance relative aux affaires de cette province. 



(1) Rapports prescrits par l'ordonDance du 15 ami. 

17 



258 GOUVERNEMENT GÉ?(ÉKÀL 

50 Bureau. 
M. ÀRNAUDEAU *, lieutenant, chef. 

Topographie et histoire du pays. — Statistique. — Réquisitions arabes. 

— Écoles indigènes. — Recherches sur la Zaouïa-Khouan (1). — Examen 
des rapports de quinzaine de la province de Conslantinc. — Correspondance 
relative aux affaires de cette province. — Embarquement des indigènes. 

4« JPureau. 

M. MARTINE ^ , lieutenant , chef. 

Mesures de police et de sûreté générale. — Marchés arabes. — Amendes. 

— Fourrières. — Prisonniers. — Makhzen , Khrielas et Askars. — Opéra- 
tions budgétaires. — Indemnités aux indigènes. — Examen des rapports de 
quinzaine de la province d'Oran. — Correspondance relative à cette province. 

5" Bttreau. 

M. FOURNIER * , capitaine , chef. 

Interprètes et Khodjas. — Correspondance avec les indigènes. — Hôte» 
arabes. — Perception des rations. — Distribution des secours. — Surveil- 
lance <Ie< bâtiments. — Correspondance avec les services civils d'Alger. 

MM. NOGUES , chirurgien , aide-major. 

Interprètes. 

M M. DE SLA J^ , interprète principal. 
RÉMl'ZAT * , id. de !'• classe. 
AHMOUD, id. temporaire. 

CORPS CONSULAIRE. 

MM. DE St-JOHN , agent consul-gcnéral d'Angleterre , rue de la 
Charte. 
DE TULIN , vice-consul d'Angleterre , impasse Salluste. 
DE ZUGASTI ^, agent général d'Espagne, r. de lu Licorne. 



(1) CoDfréricA, asiociallons rcligi( ums. 



DE L'ALGÉRIE. 259 

f MM. REY, vice-consul d'Espagne , rue de la Licorne. 

MONJO , chancelier, id. id. 

D'ÉRICO ^, consul-général des Deux-Siciles, r. Bab-Azoun , 

maison Catala. 
A. WENDLING , vice-consul id. id. 

DE CRUSENTOLPE , consul de Suède et de Norvège , chargé 

d'affaires de Russie , rue d'isly. 
DESCOUS ^, vice-consul de Suède et de Norwège, rue des 

Consuls. 
HOSKIŒR , consul de Prusse , passage GaiIlot« 
ALLOAT j consul-général de Sardaigue, rue Jean-Bart. 
FOLCO , vice-consul id. id. 

LACROUTS, 0. ^, consul d'Amérique et de Hollande , rue 

Porte-Neuve. 
GRAVIER , consul de Belgique, rue Jénina. 
LICTHLIN ^, consul de Toscane et de Danemarck , rue 

Porte-Neuve. 
SHALLER , consul de Suisse , rue Navarin. 
COUGOT, id. du Portugal, rue Jean-Barl. 
RIEKEN, id. des Villes anséaliques, rue Bab-Azoun. 
DOER , id. de Francfort , rue Mahon. 

ZYGOMALA , vice-consul de la Grèce, rue de la Licorne. 



CHAPITRE IV. 



JProriPèce a'Alffe-r» 



Superficie il 0,000 kilomètres. 

Population européenne. . . . 71,764 habitants. 

Id. musulmane. . . . 520,655 id. 

Id. israclite 7,145 id. 



LIMITES DE LA PROVINCE. 

Les détails et les renseignements que nous avons 
donnés sur l'Algérie en général s'applicjucnt complè- 
tement à la province d'Alger; car il est à observer 
que les trois provinces, en mémo temps qu'elles pré- 
sentent des conditions tout-h-fait identiques sous le» 
difl'ércnts rap[)()rts du climat et de la configuration du 
sol, n'oiïrent que des dillcrences peu sensibles sous 
le rapport des mœurs et des usages des habitants. 



d'alger. 261 

Les limites qu'il convient d'assigner à la province 
d'Alger sont, comme on doit le penser, fort arbi- 
traires. La topographie intérieure du pays n'est pas 
assez avfineée pour qu'elle ait pu indiquer des points 
précis de démarcation. Nous ajouterons que, dans la 
situation présente, ce serait un soin assez inutile que 
de chercher à les fixer avec une rigueur mathé- 
matique. Nous avons tiouvé des usages tout établis, et 
qui remontent au temps des anciens beylicks. D'un 
autre côté, des usages nouveaux tendent à se former 
sous l'influence de nos autorités, et entre ces autorités 
elles-mêmes; les limites actuelles suffisent et suffiront 
long-temps encore à nos besoins politiques, adminis- 
tratifs, militaires. Les espaces sont assez vastes pour 
qu'on ne cherche pas à se les disputer. 

Quoi qu'il en soit, voici les limites qui , dans notre 
opinion, et à défaut de toute décision officielle, peuvent 
être attribuées à la province d'Alger : 

Au nord , la mer; 

Au sud, les zones Sahariennes; 

A l'est , une ligne arbitraire , ayant son point de 
départ à quelques lieues au-delà de Bougie, qui suit 
pendant long-temps l'oued Bou-Messaoud, et de là, 
traversant du nord au sud les montagnes de la Ka- 
bylie, suit la crête de ces mêmes montagnes qui do- 
minent l'extrémité de la plaine de la Medjana, et vient 
aboutir au grand lac, marqué sur les cartes sous le 
nom de Sebka-el-Chott, ou Chott-el-Saida. La ville de 
Bou-Çada, qui est située à l'extrémité occidentale de 
co lac salé , doit être considérée comme appartenant 
à la province d'Alger. 



262 PROVIJiCE 

Dans l'ouest , la ligne qui sépare cette province de 
celle d'Oran, prend son point de départ à quelques 
lieues au-delà du cap Ténès, d'où elle se prolonge du 
nord au sud, à travers les montagnes de l'Ouaren— 
senis, et passe entre nos deux postes-magasins Teniet- 
el'Hâad et Tiaret^ situés à 60 kilomètres l'un de 
l'autre, à peu près sous la même parallèle; ils appar- 
tiennent, le premier à la province d'Alger, le second 
à la province d'Oran. 

L'étendue de la province d'Alger, ainsi délimitée, 
doit être évaluée à 110,000 kilomètres de superficie; 
elle est de même grandeur que la province d'Oran , 
mais plus petite que celle de Constantine. Cette éten- 
due répond à celle de 15 de nos départements. 

La province d'Alger est en général très-monta- 
gneuse; elle comprend la portion la plus importante 
de la Grande-Kabylie, .linsi que les différents systèmes 
de montagnes qui se rattachent aux pics de l'Ouaren- 
senis, du Zaccar et du Mouzaïa; on rencontre après 
cela des vallées riches et fertiles, mais de très-peu 
de largeur, à l'exception de la Métidja et de la vallée 
du Chélif. 

Plaine de la Mélidja, — Il a été sans cesse question, 
depuis la conquête, de la Métidja. C'est une plaine ou 
plutôt une vallée de 16 à 20 kilomètres de largeur, 
sur une longueur d'environ 80 kilomiîtres, ce qui lui 
donne une superficie de 150 à 1()0,000 hectares; com- 
prise entre les collines du Sahel et les chaînes de 
l'Atlas, elle forme autour d'Alger une demi-circonfé- 
rence, terminée à l'est par cette espèce de golfe qui s'é- 
tend enlrc le cap Mnlifoux et l'Oucd-Corso; (ît fer- 



DALG£K. 263 

mée à l'ouest par les montagnes des Chainouans, par 
celles des Beni-Menad et des Soumata, disposées autour 
de cette plaine, comme un majestueux amphithéâtre. 

Assainie, cultivée, habitée, comme elle peut l'être, 
la Métidja formerait certainement un des territoires 
les plus riches et les plus fertiles du monde. 

La sécurité de cette plaine, qui a été pendant si 
long-temps le théâtre de tant de combats, est aujour- 
d'hui assurée à l'ouest et au sud, par l'occupation per- 
manente de Miliana et de Médéah; elle le sera égale- 
ment à l'est par la création d'un grand établissement 
militaire et colonial, qui couvrira le vaste espace resté 
libre entre Médéah , le nouveau poste d'Aumale et 
Dellys. La vallée de Tisser semble depuis long-temps 
marquée pour devenir le siège de cet établissement. 
Il est à croire que Ton ne tardera pas à mettre à exé- 
cution ce projet, qui s'accorderait si bien avec notre 
système général d'occupation. 

DIVISION ANCIENNE ET NOUVELLE. 

Au temps des Turcs, la province d'Alger formait 
deux grandes divisions administratives, ou plutôt po- 
litiques : la plaine d'Alger, et le beylick de Titery. 

La plaine d'Alger, qui comprenait la ville, le Fahs 
OU banlieue, le Sahel ou rivage, était en outre divisée 
en sept oiithans ou districts : 

1** Sebaou, le plus important de tous; S^ Beni- 
Krclil , où est situé Bouffarick ; 5° Béni - Moussa ; 
4oKrachna; 5" Beni-Djad ; G" Beni-Selimann ; 7° El- 
Sebt, qui est le pays des Hadjoutes. 

Le beylick de Titery, dont le centre était Médéah, 



264 auoviNCE 

embrassait tout le reste jusqu'au désert, et en reve- 
nant vers la mer, la Grande -Kabylie, toujours insou- 
mise, comme nous l'avons expliqué ailleurs. 

Aujourd'hui, et conformément à diverses ordon- 
nances ou arrêtés, la province d'Alger forme : 

i" Une division militaire , dont Alger est encore au- 
jourd'hui le chef-lieu, et cinq subdivisions, savoir: 
Alger, Blidah, Médéah, Miliana, Orléanville; 

2" Une direction civile à Alger, une sous-direction 
à Blidah , et cinq commissariats civils : Douera , Bouf- 
farick , Koléah , Cherchel , Ténès; 

5" Six villes à territoires mixtes : Médéah, Miliana, 
Orléanville, Dellys , Bougie, Aumale; 

4* Deux postes-magasins : Boghar , Teniet-el-Hâad. 

AUTORITÉS ET ADMINISTRATIONS CENTRALES DE LA 
PROVINCE d' ALGER (1). 

DIVISION MILITAIUE. 

Rue des Lotoptiagcs. 

MM. le général CHANGARNIER, C. ^ , lieutenant-général, com- 
mandant la division, commandanlsupérieurdela province. 

DE CARCY ^, capitaine d'état-major, aidc-de-camp. 

POURCET *, id. id. 

CIIARLEMAGNE , lieutenant au 4« chasseurs , officier d'or- 
donnance. 



(I) Nous avons fuit «-oniiaitrc, dans lo chapitre deuxième, rorganisatioii 
adniiiiistralivo. do l'Aigério, cl dans le cliapllrc Iroisiî'inc, colle dos dllloren- 
tc» administralionn qui ccntraliscnlles services gt^néraux. Nous allons main- 
tenant indi(|uer li;s aulorilés centrales, particulit'rcs ii la province d'Alger; 
de lu nouH passerons aux localités ot aux autorités locales. L'ordre ado|>lé 
pour la province d'Alger sera également suivi pour les autres provinces. 



D ALGEll. ZUc> 



DIRECTION DES AFFAIRES CIVILES. 
Rue Bruce. 

M. BOSELLI ^, directeur. 

Conseil de direction. 
A la Direclion , rue Bruce. 

M. DEMANCHE , conseiller, faisant fonctions de secrétaire , nie 
Brémoulier. 

Conseillers. 

MM. BOURGEVIN DE LINAS , rue de Chartres , bains du Bazar. 

LAPAINE , id. id. 

N 

Cinq auditeurs au Conseil-d'État sont en outre attachés au con- 
seil de direclion , pour la reconnaissance et la délimitation des 
propriétés et en exécution de l'ordonnance du 26 juilet 1846. Ce 
sont : 
MM. CORBIN , rue du Commerce. 

THÉNARD , id. 

ROUX. 

MUSSET. 

DE TOURNOER. 

BUREAUX DE LA DIRECTION. 

Le nombre elles altribulioiis des bureaux, dans les direrUoos provin- 
ciales sonl les mêmes que pour la direclion générale des affaires civiles. ( Voir 
au chapitre précédent, page 233 ). 

l*"" bureau, — Secrétariat et Administration. 

MM. DE CÈS-CAUPENNE , chef. 
De rodé , sous-chef. 
De VILLETARD. 

2« htireau. — Colonisation et Travaux publics. 

MM. TASSIN , chef. 



266 PROVINCE 

31M. CHOISNET , sous-chef. 
ROUGET , id. 

3® bureau. — CoyuptabîUlé. — Services financiers. 

MM. SEMAY , chef. 

ROUGÉ DE BRION , sous-chef. 
CELLIER DE BLUMENTHAL , id. 

INSPECTEURS DE COLONISATION. 

L'institution des inspecteurs de colonisation a été 
créée par un arrêté ministériel du 24 octobre 1845. 

Ces inspecteurs ont principalement pour mission , de 
suivre toutes les opérations relatives à l'établissement 
de colons dans les villages, à la délivrance des lots, à la 
distribution de secours en matériaux ou autrement, à la 
rédaction de procès-verbaux nécessaires pour les autori- 
sations de substitutions , d'hypothèques , et pour les pro- 
rogations de délais, évictions, etc.; comme aussi, pour 
les remises de titres définitifs. Us adressent aux admi- 
nistrations auxquelles ils sont attachés, des documents 
périodiques sur les faits qui intéressent la colonisation 
en général, l'agriculture, etc. 

Ces inspecteurs sont au nombre de 42 , savoir : Dans 
la province d'Alger, 6; — province d'Oran, 3; — de 
Constantine, 5. 

Les inspecteurs attachés h la direction des aflaircs 
civiles de la province d'Alger, sont : 

MM.A.deCHANCEL, Alger. 

DARRU, id. 

SEGUY-VILLEVALEIX , id. 
LOZIVY , Douéia. 

AlGOUARn, niidah. 

ROY, Monzaïa. 



d'algeiv. 207 

service des tabacs. 

Le département de la guerre , d'accord avec la direc- 
tion des tabacs en France, a organisé en Algérie un 
service des tabacs qui a été de la plus grande utilité. 

Les agents de ce service, qui a été dirigé depuis son 
origine avec d'autant d'intelligence que d'activité par 
M. Lebeschu, employé supérieur de la régie, ont en- 
seigné non seulement aux colons, mais encore aux Ara- 
bes , les meilleurs procédés, soit pour cultiver cette 
plante si précieuse, soit pour préparer les feuilles ré- 
coltées. L'administration les achète, et c'est déjà pour 
l'Algérie une production importante. 

En 1846-47, les achats qui ont eu lieu de cette fa- 
çon se sont élevés à plus de 500,000 fr. Le produit 
net d'un hectare bien cultivé a été, d'après des rensei- 
gnements positifs, évalué de 6 à 800 fr.; avec de pareils 
avantages, il est à croire que cette culture prendra tous 
les ans un développement plus considérable. 

MM. DUR ANTON, inspecteur, chef du service. 
ROUSSES DE FOURCAULT, agent. 

PONTS-ET-CHAUSSÉES. 

Le service des ponts-et-chaussées, dans la province 
d'Alger, est placé sous la direction d'un ingénieur en 
chef. Il a été divisé en six arrondissements. 

MM. DON ^, ingénieur en chef, à Alger, passage Mantout. 
LORSON , conducteur. 
AUDIGIER, chef de comptabilité. 

V Arrondissement. 

Tous les travaux de l'intérieur de la ville d'Alger et les aqueducs exlc- 
rieurs qui raliuienlent. 



2G8 PROvwcE 

MM. PIARRON DE MONDÉSIH , ingénieur, à Alger. 
LARGE , conducteur, régisseur comptable. 
MARRiVST, id. faisant fonctions de garde-magasin . 
PEYTAVIN, id. 
HÉTEAU, id. 

2^ Arrondisseinenl. 
Tous les travaux de la partie nord du district d'Alger. 

MM. LIMOUSIN , ingénieur, à Alger. 

RÉMIGNON , conducteur, à Dély-Ibrahim , régisseur-comp- 
table. 
FOREY , id. ù Alger. 

3* Arrotidissemcnt. 

Tous les travaux de la partie sud du district d'Alger, et ceux du territoire 
civil situé sur la rive droite de l'Haracb. 

MM. DKNNECEY , ingénieur, à Alger. 
DELMARÈS , conducteur, à Alger. 
LÉGO , id. au Fondouck. 

MOURRE , id. à Sidi-Azin. 

4* Arrondissement. 
Tous les travaux des districts de Douera et de Koléah. 

mi. DE ROUGEMONT , ingénieur, ù Douera. 
KUGLEWSKI , conducteur, à RoulTai'ick. 
GODLEWSKI , id. h Koléah. 
RIVIÈRE , id. à Douera. 

WZELAKI , id. 

CAZARON , id. h Koléah. 

CAILLOT, id. ù Douera. 

CAL'SSE, rcgisseiu--comptal)le , A Douera. 
FONDARD, garde-magasin, id. 

5* Arrondissement . 

ToiiM toH travaux des dUlricts de Ulldali et do hotiil'uiick , et ilo lu rivo 
LMurho (II! rHnnicli. 



DALGEft. 269 

MM. AYMARD, ingénieur, ù Blidali. 

LAPOUJADE , conducteur, à Bouffarick. 
DUBREUIL , id. à Blidah. 

BRULLIOT, régisseur-comptable , à Blidah. 

6* Arrondi sscnient. 

Tous les travaux du cercle de Chercbel , et les travaux maritimes sur 
tout le littoral de la province. 

MM. GIRET , ingénieur, à Clierchel. 

BLASY , conducteur, h Bougie et Dellys. 
TAI.AYRAC , id. h Cherchel. 
BUISSON, id. àTénès. 
RENAUD , régisseur-comptable , à Cherche!. 

TRAVAUX HYDRAULIQUES DU PORT d' ALGER. 

Les travaux hydrauliques du port d'Alger forment 
un arrondissement séparé , qui a son ingénieur en chef, 
et dont le service est parfaitement distinct des autres. 

MM. BÉGUIN ^ , ingénieur en chef, à Alger. 
RAVIER , ingénieur ordin*iire. 
CASABIANCA , conducteur, à Alger. 
DARRÉ , id. id. 

GABIOT, ,id. id. 

BREIL , id. id. 

FEUTRAY , régisseur-comptable. 
CATILLON , garde-magasin. 

BATIMENTS CIVILS ET PETITE VOIRIE. 

Ce service est placé sous la direction d'un architecte 
en chef. Il est divisé en quatre arrondissements. 

MM. GUIAUCHAIN * , architecte en chef, à Alger. 

LESUEUR, inspecteur, faisant fonctions de vérificateur, id. 
BESANCENEZ , régisseur-comptable , chef de comptabilité, id. 
LAFFAGE , garde-magasin. 



270 PROVINCE 

|er Arrondissement. 
Partie de la ville et du disfrict d'Alger, et du district de Douera. 

MM. VIALA DE SORBIER, inspecteur, faisant fonctions d'archi- 
tecte, chef d'arrondissement. 

2* Arrondissement. 

Partie de la ville et du district d'Alger, et du district de Cherchell . 

MM. DE BLIMÈRE , inspecteur, faisant fonctions d'architecte , 
chef d'arrondissement. 
OLIVIER , inspecteur, à Alger. 
RAVIER, ^ id. à Cherchell. 

3® Arrondissement. 
Arrondissement de Blidah. 

MM. OLLIER, inspecteur, faisant fonctions d'architecte, chef 
d'arrondissement. 
GROUSELLE , inspecteur, 5 Koléah. 
DE LA REGNE , id. à Bouffarick. 
BOURAUDEL, régisseur-comptable, à Blidah. 

4* Arrondissement. 

Service spécial de la voirie et de la colonisation , dans toutes les villes 
des l«r et 2o arrondissements , ^ l'exception du district do Cherchcl. 

MM. LEFÈVRE , inspecteur, faisant fonctions d'architecte , chef 
d'arrondissement. 
SARRUS , inspecteur auxiliaire. 

ADMINISTRATIONS FINANCIÈRES 

Comprises aujourd'hui dans la Direction des aflaircs civiles, d'après 
l'ordonnance du l*r septembre. 

DIRECTION DE i/eiSREGISTRKMENT ET DES DOMAINES. 
Ruo do la Charte. 

MM. IMGORNET, directeur, chef M service. 

DE GRAND , vérificateur, chef du contentieux. 



I 



d'alcer. 271 

MM. ROUBIÈRE , receveur ( domaine d'Alger. ) 

DUCOING, id. (domaine dans la province. ) 

Comptabilité. 
M. SCHIJLER. 

Contrôle. 

MM. FABRE ^ , inspecleur. 
LANET , vérificateur. 
CAPIFALI, id. 
DUMAINE, id. 
PERUSSIS, id. 

DOUANES. 
Alger, rue Renaod. 

MM. FOUQUESSOLLES * , inspecteur, chef du service. 
DUMAIL , commis de direction. 
LE PRIEUR, inspecleur divisionnaire de 4* classe. 
CAILLY , receveur principal de 4* classe. 
CASSASSOLES , sous-inspecteur de 2* classe. 
Visite. 
M. LEBRETON de LABONNELIÈRE , sous-inspecteur de 3- classe. 

Entrepôt. 
M. FLEURY, contrôleur. 

Déclarations. 
M. MOREAU , contrôleur. 

Statistique et Balance. 
M. VENGE , commis principal de 4" classe. 

CONTRIBUTIONS DIVERSES. 

Rue d'Orléans. 

Service Administratif. 

MM. GASSON , chef du service. 
, contrôleur ambulant. 



272 PROVINCE 

MM. NIPPERT , i " commis. 
LAFONTAINE , 2" id. 
fflRBEC , contrôleur. 
GUYNET, id. 

RECETTES. 

Voir, pour cette partie du service, aux différentes localités. 

FORÊTS. 

Voir au chapitre 3* , page 233. 

TRÉSOR ET POSTES. 

Jusqu'à la fin de i 845 , le service du trésor cl des 
postes a été centralisé , à Alger, par le trésorier-payeur, 
commissaire des postes [de l'armée. 

A partir du i^^ janvier 1844 (ordonnance royale 
du iG décembre 1845) , la division , par province , a 
été opérée. 

IjCS trésoriers-payeurs remplissent à la fois les fonc- 

, lions de payeur de département et de receveur-général. 

Le service est placé sous les ordres directs de M. le 

ministre des finances ( art. 78 de l'ordonnance royale 

du 2 janvier 184G). 

Le service, dans chaque place, est effectué par un 
payeur particulier, préposé du trésorier-payeur ; il rem- 
plit les fonctions de payeur, et, jusqu'à un certain point, 
celles de receveur particulier. 

Le service des postes est , ainsi que celui du trésor, 
rattaché à la direction du mouvement général des fonds, 
qui fait partie du ministère des finances. 

M.M. les trésoriers-payeurs, à Alger, Oran et Con- 
stanline, renqdissenl , pour ce service, les fonctions 
dti directeur-comptable , et , pour la [lartie administra- 



1) ALGER. 



275 



tive , celles d'inspecteur des postes. Dans chaque place , 
le service est eff'ectué par un préposé du trésorier- 
payeur, qui en est chargé au même titre que des fonc- 
tions de payeur. 

Personnel du service central. 
Rue Jean-Bart. 

MM.ROGUIN, 0. ^, trésorier-payeur. 
FARRENC ^ , payeur principal. 
De JUPEAUX ^ , payeur pailiculier. 
RAFFIN , payeur particulier , clief du bureau des postes. 
FABIANI , payeur-vérificateur des produits des postes. 





Patjeiirs 


Adjo'wls. 




. VENTRE. 






VINCENT. 


LEPÈRE DE 


LAPÉREUSE. 




PELLETIER 


CLOÏTES. 






.\LLARD. 


BLANC. 






AUGER. 


DILLÉNIUS. 






FALCON. 


LAÏROBE. 








SIMON. 










MILICE. 





La milice (c'est le nom que la garde nationale a 
définitivement pris en Algérie), la milice a d'abord été 
instituée par un arrêté du maréchal Clausel, du 
24 décembre 1850, sous le nom de garde urbaine. 
Les Maures et les Israélites devaient en faire partie; 
ils étaient tenus de présenter un certificat de la mu- 
nicipalité, constatant leur attachement à la France. 

Deux ans après, un arrêté du duc de Rovigo créait 
à Alger une garde nationale; elle n'était alors composée 
que de cinq compagnies. Les indigènes n'en faisaient 
plus partie. 

18 



274 PROVINCE 

On cite encore un arrêté du 2j juillet 1855, qui ap- 
pelait tous les habitants mâles de la ville d'Alger, sans 
exception, à se faire inscrire pour le service de la garde 
nationale. Nous nous souvenons encore de l'émotion 
que causa cet arrêté, qui autorisait la population maure, 
plus nombreuse qu'elle ne l'est aujourd'hui, à prendre 
les armes, et cela, peu de jours après la nouvelle du 
combat de la Macta. Cet arrêté fui révoqué le 2 sep- 
tembre suivant. 

Enfin, au mois d'octobre 185(3, le maréchal Clausel 
se disposant à partir pour l'expédition de Constantine, 
qui allait éloigner les troupes et diminuer sensiblement 
la force de garnison, rendit, le 28 octobre, un arrêté 
dont le premier article mérite d'être rapporté : < La 
» milice africaine est instituée pour maintenir l'obéis- 
» sance aux lois qui régissent la colonie, pour conser- 
y ver ou rétablir l'ordre, et pour seconder l'armée de 
> ligne dans la défense du territoire et des propriétés. t> 

Les dispositions organiques de cet arrêté sont en 
grande partie calquées sur la législation qui régit la 
garde nationale en France : il y a, toutefois, été apporté 
des modifications importantes parles arrêtés suivants: 

1° 28 mars 1841. — Il attribue à l'autorité militaire 
l'application des peines disciplinaires. 

2° 1 7 décembre 1 841 . — Cet arrêté place les conseils 
de recensement sous la j)résidencc du commandant de 
la place ou d'un ollicier-supérieur de l'armée. — Tous 
les oHiciers sont à la nomination du (iouverneur- 
(iénéral. — Nul individu ne peut obtenir sa patente 
H*il ne justifie (ju'il fait partie de la milice. 

lie principe de mobilisation de la milice est prévu 



b'ALGER. 218 

dans l'arrêté du 28 octobre 1856. Au commencement de 
1846, alors qu'Abd-el-Kader se rapprochait de la Mé- 
lidja, et jetait de l'inquiétude dans les tribus, des me- 
sures turent prescrites pour préparer cette mobilisation : 
des rôles d'inscription furent établis : il n'y fut pas donné 
autrement suite. 

Partout en Algérie, en même temps que la popula- 
tion européenne s'établit et s'accroît, la milice se forme 
et s'organise successivement; le peloton devient com- 
pagnie; la compagnie se dédouble et se forme en ba- 
taillon; les bataillons deviennent légion. 

En ce moment, la milice de la province d'Alger 
forme une légion forte de 2 batteries d'artillerie, de 
8 bataillons d'infanterie, et de 1 escadron de cavalerie. 
L'effectif de cette légion est de 7,241 hommes; elle est 
composée de la manière suivante : 

Etat-Major. 

MM. N colonel. 

Comto L. DE DAX ^ , lieutenant-colonel. 
FOUKIER D'HINCOURT ^ , major à Alger. 
DU ÏHEIL ^ , major à Blidah. 
MEÂRDY ^ , chirurgien-major. 
BORNET, capitaine d'armement. 

Escadron d'artillerie. 

MM. N chef d'escadron. 

CAMPS , chirurgien aide-major. 

Effectif 308 hommes. 

1" Bataillon (à Alger). 
MM. GUIAUCHAIN ^ , chef de bataillon. 
DIDIER , capitaine adjudant-major. 
MAURIN , chirurgien aide-major. 

Effectif. 699 hommes. 



276 PROVINCE 

2* BatniUon (à Alger). 

MM.GAILLOT *, chef de bataillon. 

LOYER DE LA METRIE, capitaine adjiidant-major. 
BODICHON chirurgien aide-major. 

Effectif. 589 hommes. 

3* Bataillon (à Alger). 

MM. TIOCH ^, chef de bataillon. 

ALRICH , capitaine adjudant-major. 
MARTINE , chirurgien aide-major. 

Effectif 562 hommes. 

Â* Bataillon (banlieue). — Eussehi-Dey. 

MM. VILLARET, chef de bataillon. 

PAPILLON DE LA MANSARDIÈRE, cap. adjudant-major. 
SEMANAS, chirurgien aide-major. 

Effectif i,00i hommes. 

5« Bataillon (banlieue). — El-Biar. 

MM. Comte de FRANCLIEU, chef de bataillon. 
MELCHIOR , capitaine adjudant-major. 
RANCUREL, chirurgien aide-major. 

Effectif. 511 hommes. 

G* Bataillon (à Douera). 

MM. Di ROUGEMONT , chef de bataillon. 

BERTRAND i^, capitaine adjudant-major. 
PUTOUSKI , chirurgien aide-major. 

Effectif 801 hommes. 

7» Bataillon (à Blidah). 

MM. N . . . . chef de bataillon. 

ROOIILREAU , capitaine adjudani-m.'\jor. 
chiiiirgion -major. 

Effectif 1 ,055 hommes. 



^* d'alger. ^^^PSTT 

8* lialaillon (à Boufarick). 

MM. BOHKELY de la SAPIE , chef de balaillon. 
MARTIN , capitaine adjudant-major. 
N chirurgien aide-major. 

Effectif. -442 hommes. 

Cavalerie. 

MM. FLEURY * , chef d'escadron. 
FOLEY, chirurgien aide- major. 

Effectif. 141 cavaliers. 

MILICE DE GHERCHEL. 

La milice de cette ville forme deux compagnies et 
une section de pompiers. 

Effectif. .... 240 hommes. 

MILICE DES TERRITOIRES MIXTES. 

Médêah. — 2 compagnies d'infanterie; 1 section de 
sapeurs-pompiers; 1 peloton de cavalerie. 

Effectif. . . . . 2G0 hommes. 

Miliana. — 1 bataillon; 1 section de sapeurs-pom- 
piers ; 1 peloton de cavalerie. 

Effectif. .... 450 hommes. 

Ténès. — 5 compagnies d'infanterie; 1 peloton de 
cavalerie ; 1 section de sapeurs-pompiers ; 1 section de 
marins. 

Effectif. .... 450 hommes. 

Orléanvillc. — 1 compagnie de milice. 
Effectif i60 hommes. 



278 PROVINCE 

Dellys. — 1 compagnie d'infanterie; 1 section de 
sapeurs-pompiers. 

Effectif. .... 180 hommes. 

Bougie. — 2 compagnies d'infanterie ; 1 section de 
sapeurs-pompiers. 

Effectif. .... 240 hommes. 

Mouzaia-leS'Mines. — 2 compagnies d'infanterie; 
1 section de sapeurs-pompiers. 

Effectif. .... 250 hommes. 

L'effectif de la Légion, joint à celui des bataillons et 
compagnies isolées qui composent l'ensemble des mi- 
lices de la province d'Alger, est donc de 7,241 officiers, 
sous-officiers et miliciens des différentes armes. 

COUR ROYALE ET TRIBUNAUX. 

Voir pour la Cour royale, au chap. III , page 239 et pour les Tribunaux de 
1" instance, de commerce et de justicc-de-paix, aux difiërentes locali- 
tés, Alger, Blidah, etc. 

CULTES. 
Voir cbap. III, pages 241 et suivantes. 

INSTRUCTION PUBLIQUE. 

Voir, pour l'inspection de l'Instruction publique et pour le collège d'Alger, 
pages 244 et 245, et aux différentes localités pour l'Instruction primaire, 
|iubliquc ot privée. 

DIVISION d' ALGER. 

M.CIIANGARNlU:n,C.i^,licul.-général, commandant la division. 
Aidc8-de-cnmp. 

MM. i)K CAIU^Y iifc, capitaine d'élal-miyoi . 
POliHCKT*, id. 



d'alcer. 27d 

Officier d'ordonnance. 
M. CHARLEMAGNE, lieutenant au 4» de chasseurs. 

ÉTAT-MAJOR DE LA DIVISION. 

Rue des Lotopliages. 

MM.SPITZER ^, chefd'escadron d'état-major, chef d' état-major. 
MANCEL, capitaine idem. 

APPERT, idem idem. 

TUBIANA , interprète. 

Subdivision d^ Alger. 

M. GENTIL, G. G. i^, maréchal-de-camp , commandant la sub- 
division, à Alger, rue du Ghéne. 
MM. GALLE , aide-de-camp , capitaine d'état-major. 

PAULZE-D'YVOIX, oflicier d'ordonnance, capit. au 13« léger. 

AMAR , interprète. 

Subdivision de Miliana. 

M. LEVASSEUR, G. ^, maréchal-de-camp, commandant la subdi- 
vision , à Miliana. 
MM aide-de-camp. 

N. . . . oflîcier d'ordonnance. 

LOUIES-LOUX , interprète. 

Subdivision de Médéah. 

M. MAREY-MONGE, G. ^ , maréchal-de-camp , commandant la 

subdivision, à Médéah. 
MM. MARTENOT de CORDOUE ^ , aide-de-camp , capitaine. 

officier d'ordonnance. 

MOLINO, interprète. 

Brigade de réserve. 

M. BLANGINI, G. ^, maréchal-de-camp, commandant la brigade 
de réserve, à Blidah. 

MM aide-de-camp. 

. . officier d'ordonnance. 



280 PROVINCE 

Cavalerie indigène. 

M. JUSUF, C. ^, maréchal- de-camp, commandant la cavalerie 

indigène, à Mustapha. 
M. FAURE, aide-de-camp, lieutenant d'état-major. 

Cercle de Blidah. 

M. CLAPARÈDE, 0. ^ , colonel commandant le Sl^ de ligne, com- 
mandant-supérieur à Blidah. 
M.DAYAN, interprèle. 

^ Subdivision d'Orléanville. 

M. LE ROY DE SAINT-ARNAUD , C. *, maréchal-de-carap , com- 
mandant-supérieur à Orléanville. 
MM. PETOT ^, capitaine d'étal-major. 

LAMBERT ^, chef d'état-major de la subdivision. 

BAUSSIER, interprèle. 

Cei'cle d'Aumale. 

M. DE L'ADMIRAULT , 0. ^, colonel commandant le régiment des 
zouaves, commandant-supérieur à Âumale. 

Cercle de Ténès. 

M. FERAY i^, lieutenant-colonel du 3" chasseurs d'Afrique, com- 
mandant-supérieur à Téuès. 

Cercle de Chercliei, 

M. DELAMARRE, chef de bataillon, commandant-supérieur y 
Cherche!. 

Cercle de Ténict-el-Hâad, 

M. CARBIJCCIA, 0. ej{5 , lieutenant-colonel du 8« régiment d'infan- 
terie légère, commandant-supérieur à Téniel-el-Hûad. 

Cercle de lipghnr. 

M. MONNET, chef de balaillon au 8' de ligne, coninuu»danl-su|)é- 
rieiir à Rughar. 



DALGER. 281 

Cercle de Bougie. 

M. MORLOT DE WENGY, 0. *, chef d'escadron , commandant- 
supérieur à Bougie. 

Cercle de Dellys. 

M. PÉRIGOT, chef de bataillon au 53* régiment de ligne , com- 
mandant-supérieur à Dellys. 

DIRECTION DIVISIONNAIRE DES AFFAIRES ARABES. 
A la Direction centrale. 

M. DURRIEU ^, commandant du 1" spahis, directeur. 
MM. HANOTEAU, capitaine du génie, attaché à la direction. 

PICHOT-DUCLOS, capitaine, idem. 

HUGONET, sous-lieutenant, idem. 

BADIN, interprète, idem. 

Chefs des bureaux arabes de la Division. 

MM. GABORIAl'D ^, capitaine, à Blidah. 
De FOUG, idem, à Médéah. 

DUCROS^, commandant, à Aumale. 
De FÉNÉLON ^, capitaine, à Miliana. 
GRUARl) , lieutenant, à Boghar. 
MOULÉ ^, sous-lieutenant, à Cherchel, 
MARGUERITE ^ , lieutenant, à Téniet-el-Hâad. 

r RICHARD , 0. ^, capitaine, à Orléanville. 
LAPASSEÏ ^ , idem, à Tenez. 
AUGEREAU , idem, à Bougie, 
i OMALLEY ^ , idem, à Dellys. 



désignation et résidence des corps composant la division 

d'alger. 

Infanterie. 

MM. B'*"JAARN, 0. ^, colonel du 8« régiment de ligne, à Kouba. 
GUILLABÉRT ^ , lieutenant-colonel idem. 

CAMOU, 0. ^ , colonel du 33' , à Médéah. 



282 PROVINCE 

MM. SOL * , lieut.-colonel du 33* à Médéah. 

LEVAILLANT, C. ^ , colonel du 36% ù Mustapha. 
JOLLIVET ^, lieut.-colonel, idem. 

CLAPARÈDE , 0. ^ , colonel du 51% à Biidah. 
BLANCHARD ^, lieut.-colonel, idem. 

colonel du 33% à^Orléanville. 

RÉPOND, 0. ^, lieut.-colonel, idem. 
PICOULEAU, 0. ^ , colonel du 64% à Miliana. 
D'AURELLE, 0. ^, lieut.-colonel, idem. 
De CAMBRAY , 0. i^ , colonel du 8« léger, à Douera. 
CARBUCCIA, 0. J^, lieut.-colonel, idem. 

MOLLIÈpE, 0. ^, colonel du i3« léger, à Alger. 

lieut.-colonel, idem. 

GOUILLAUD ^ , commandant le 3^ bataillon de chasseurs 
d'Orléans, à Aumale. 

Idern, idem le 5® bataillon, à Tenez. 

DK L'ADmiRAULT, 0. *, colonel du régiment de zouaves, à 

Aumale. 
ÉTIENNY ^ , commandant le 2« bataillon d'infanterie légère 
d'Afrique, à Cherchel et Téniel-el-Hàad. 

Cavalerie. 

DURRINGER, 0. ^, colonel du 5* chass. de France, à Hussein- 
Dey. 
De MILHAU, 0. * , lieut.-colonel, idem. 
RICHEPANSE , 0. *, colonel du 1" chass. d'Afrique, à Mus- 
tapha. 
CASSAIGNOLES, 0. *, lieut.-colonel , idan. 
ANSELME i^% commandant la 1« comp'''dc fusiliers vétéranls, 

au Forl-dcs-Anj-lais, à Alger. 
commandant les compagnies du bataillon des 

ouvriers d'admiriislralion, ù Mustapha. 
(•ItEVF^RATH , c(imniiin(l:inl l(!s é(|nip:ig(;s mililain;» , parc 

de réparations, à Mustapha. 
POMMERETifts, conunandaiil la comp''" d'ouvriers, à Mustapha. 



d'algbr. 285 

MM. MARTIN, 0. ^, lieutenant-colonel, commandant les escadrons 

du train, à 3Iustapha. 
HOEGY, chef d'escadron , commandant le 4» escadron du 

train , à Mustapha. 
JANOD ^,command. la 2« comp'* de discipline, à Dellys. 
POUPAIIT ^, id. 6- id. ' à Tenez. 

CLAVEL, id. V id. id. 

DUMONTEIG, id. 8" id. id. 

BOUDHORS^<,id. 9« . id. àCherchel. 

DELHAYE ^, commandant la 2'' compagnie de pionniers de 

discipline, àCherchel. 
BLANCARD , lieutenant, commandant la 3' compagnie de 

pionniers de discipline, ù Cherchell. 

ÉTAT-MAJOU DES PLACES DE LA DIVISION d'aLGER. 

MM. CAPPONE (dit Marengo), 0. ^ colonel, commandant de 

place à Alger. 
POERIO, 0. ^, lieutenant-colonel, id. à Blidah. 
ASSENAT, 0. ^ , chef de bataillon, id. à Miliana. 
MARÉCHAL*, id., major de place à Blidah. 

DESMARETS dk MONCLAR * , chef de bataillon , major de 

place à Alger. 
DELAMARE ^ , chef de bataillon , commandant de place ù 

Cherchel. 
JOUIN*, id. id. ùMédéah. 

REGNIER * , capitaine-commandant de place , commandant 

le fort l'Empereur, près d'Alger. 
FRICOT * , capitaine-commandant de place à Mustapha. 
FA\TER *, id. à Coléah. 

POUJOL^, id. àBouffarick. 

GUIBERT ^ , id. à Ténès. 

ASSENAT * , id. à Douera. 

MEFFE * , id. à Mouzaïa. 

BOTIAU *, archiviste de la place d'Alger. 
LEBERCliE *, capitaine adjudant de place à Alger. 



284 



PROVIMCK 



MM. GENIES J^, capitaine, adjudant de place, à Alger. 
ACHÂRDY, id. id. 

FAUTE j^, id., commandant la Casbah. 

CHIFFAUT ^ , capitaine adjudant de place à Alger. 
MALZAC^, id. àBIidah. 

ZERLAUT J^ , id. , faisant fonctions de commandant 

de place ù Bougie. 
MARTIN ^, faisant fonct^ de command' de place, à Orléanville. 
DELAMOTTE i^, capitaine adjudant de place à Alger. 

INTENDANCE MILITAIRE &E LA DIVISION. 

Nous avons fait connaître (page 230), l'organisation 
aciuelle du service de l'intendance militaire en Algérie. 
On a vu que M. l'intendant militaire en chef demeurait 
chargé de l'administration de la division d'Alger, et 
qu'il avait sous ses ordres immédiats , pour cette 
division , un sous-intendant faisant fonctions d'inten- 
dant militaire. Il nous reste à faire connaître le per- 
sonnel de ce service attaché à la division d'Alger : 

M. PARIS DE BOLARDIÈRE, 0. ^, sous-intcndant militaire de 

i"" classe, faisant fondions d'intendant de la division. 
MM. ANGOT ^ , sous-iulendanl militaire à Alger. 



CHRÉTIEN * , 


id. 




De LAUNAY j^ , 


id. 




MOISEZ, 0. ^ , 


id. 




WOLK * , 


id. 




DeSOYE*, 


id. 




nOCOUET , 0. * , 


id. 


ù Cherchel. 


CORRI'ARI) ^ . 


id. 


à Douera. 


LIBERSAR'f * , 


id. 


à Rlidah. 


D'AMOUREUX * , 


1(1. 


à Rougic, 


De mercier * , 


adjinlaul de 


' 1 ' " classp à M(id(^; 


EEMAIRE * , 


id. 


à Orlrauvillc 



d'al&er. 285 

MM, SENECEY *, adjudant de i'« classe, à Miliana. 
WIRIOT, id. à Ténès. 

DUCHÉ ^ , id. à Aumale. 

Officiers d'administration. 

MM.LAPERLIER ^, officier principal. — Service des vivres, Alger. 
GÉRARD i^, id. comptable de 1'* classe.— Fourrages, id. 
MELCION-D'ARC ^ , id. id. — Vivres-viande , id. 

HŒNER i^ , id. id. — Liquides et chauffage, id. 
ROUSSEL, id. id. — Habillement et camp', id. 

EYROUX, chef du bureau de centralisation, id. 

COYTIER ^, chef dubureaudecentralisation des hôpitaux, id. 

SERVICE DE SANTÉ DES HÔPITAUX. 

CONSEIL DE SANTÉ DE L*ARHÉB. 

MM. PAUL, 0. ^ , médecin de l'armée, au Dey. 
GUYON, 0. ^, chirurgien en chef, id. 
HOREAU, 0. ^ , pharmacien eu chef, id. 

Hôpital du Dey. 

MM. LÉONARD ^ , médecin principal de 2« classe. 
HUET ^ , chirurgien-principal de 2* classe. 
MILLOT ^, pharmacien-major de l""* classe. 
RENAUD ^ , officier comptable de 2" classe. 

Hôpital de la Salpétrière. 

MM. FERRUS j^ , médecin ordinaire de 1" classe. 
MALLE ^, chirurgien-major de 1'® classe. 
DEVRENE, pharmacien-major de 2* classe. 
BARBIER ^ , officier d'administration de 2* classe. 

Hôpital de*Mxistapha. 

MM. MAGAIL ^ , médecin ordinaire de 1'" classe. 
DELEAU ^, chirurgien principal de 1'* classe. 



28C) PROVINCE 

MM. MÉQIIIGNON ^ , pliarmacien-niajor de 1'" clnssp. 
FONTAINE, officier d'adminislralion de 1" classe. 

Ambulance active. 

MM. LACGER ^ , chirurgien-major. 
MONGODIN , pharmacien-major. 
PEISSON , 0. ^ , adjudant en 1", comptable. 

Dépôt des médicaments. 

M. TRIPIER ^, pharmacien-major de 2« classe. 

Hôpital de Douera. 

MM. LOYER , médecin ordinaire de 2* classe. 
RENAUT ^ , chirurgien-major de 2" classe. 
CANDELÉ , pharmacien aide-major de 2* classe. 
COYTIER , adjudant en 1". 

Uôpilalde Bouffarick. 

MM. MALACHOWSKI , chirurgien aide-major de 2" classe. 
GREGORl, adjudant-comptable en 1"". 

Hôpital de Coléah. 

MM. LECLERC, médecin-adjoint. 

VANDENKERKOVE , pharmacien aide-major. 
CHAVAGNAC, adjudant d'administration en 4". 

Hôpital de Blidah. 

MM. FINOT ^ , médecin ordinaire de 4" classe. 
BONNEAU ^ , chirurgien-major de 2" classe. 
FORTIER , phnrmacien-mnjor de 2" classe. 
PHILIP, ollicicr d'adnûnisiralion , coinplablo de i'* classe. 

Hôpital de àlédéah. 

MM. GORET ^ , médecin ordinaire de 2' classe. 
RESSEDKS >ff , chirurgien-major de 2» classe. 
ni'PLAT ^, pharmacien-major de 2* classe. 
ADEH, adjudant-comptable en 4". 



D ALGER. 

flôp'ital de Boghar. 

MM. FOURGEAUD, chirurgien sous-aide. 

JACQUIN , adjudant d'administralion en 2v 

Hôpital de Miliana» 

MM. CARREAU , médecin ordinaire de 2* classe. 

VILLAMUR ^ , chirurgien aide-major de 2« classe. 
LÉYY, pharmacien aide-major de 1" classe. 
N. . . . , officier d'administration de 2* classe. 

Hôpital de Teniet-el-Hàad. 

MM. FRANCE, chirurgien aide-major de 2* classe. 
PITON , pharmacien aide-major de 2' classe. 
LEPERS, adjudant d'administralion en 1". 

Hôpital de Cherchel. 

MM. MIALHÈS , médecin ordinaire de 2* classe. 
SALLERON ^ , chirurgien-major de 2* classe. 
BOURDIN, officier d'administration de 1" classe. 

Hqntnl de Ténès. 

MM. DURAND , médecin ordinaire de 2« classe. 
DENIS J^, chirurgien aide-major de l""* classe. 
BAUDELINQUE , pharmacien-major de 2* classe. 
JUE ^, officier d'administration en d". 

Hôpital d'Orléanvillc. 

MM. RIETSCHEL ^ , médecin ordinaire de 2« classe. 
CIULIANO ^ , chirurgien-major de d'^ classe. 
DEPLANQUE , pharmacien-major de 2^ classe. 
SCHMIDT, adjudant en 1", comptable. 

Hôpital de Bougie. 

MM. PONTIER , médecin-adjoint. 

RIBAUCOURT, chirurgien aide-major de 2* classe. 
BENOIST, pharmacien aide-major de 2* classe. 



287 



288 PROVINCE 

Hôpital de Dcllys. 

MM. BEAUCAMP ^, chirurgie» aide-mnjor de 2* classe. 
LAPEYRE , pharmacien aide-major de 2* classe. 
COLLIN , acyudant d'administration en 1". 

DIRECTION DE l'aRTILLERIE. 

MM. BLANC, 0. ^ , colonel, directeur. 

LAURON j^, chef d'escadron, sous-directeur. 

DUGUET ^ , capitaine, adjoint à la direction. 

LEPAIRE, id. id. 

MARNET, id. id. 

RAPAÏEL, id. id. 

PIRAiN ^ , chef d'escad., command. l'artillerie de la division. 

BOURET, chirurgien-major. 

RICHARDOT, capitaine, commandant l'artillerie, ù Médéah. 

DIRECTION DU GÉNIE. 

MM. GUYOT-DUCLOS, 0. ^, lieutenant -colonel, directeur des 
fortifications. 
HUGON DE GIVRY, capitaine , adjoint. 
CHAPELLE, garde de 2" classe. 

Place d'Alger. 

MM. LAMBERT ^, lieutenant-colonel, chef du génie. 
RENOUX ij^ , capitaine, service de la place. 
Rf.MOND, id. id. 

DEROIÎLÈDE-DUPRÉ, capitaine, service de place. 
PARMENTIER*, id., id. 

KARTH, id., topographie. 

JACQUIN, 0. * , id., ouvriers. 

Phct dci camps du Sahel. 
M. ABINAL ^ , capitaine, chef du génie à Mustapha. 



b'AIGKJt. ^^ 

IHace de Blidaft. 

MM. DUCASSE * , chef de bataillon , chef du génie. 
STAINCQ , capiiaine , id. 

Annexe de KoUah. 

M. RIVIÈRE, sous-lieuienantf cherde place. 

Plaet d'Aumale. 

MM. FÉTET ^ , capitaine, chef du génie. 
HEZETTE, id., service de place. 
P0RN.\1N, lieutenant, id. 

Place de Médèah. 

MM. JAVAIN ^ , chef de bataillon, chef du génie. 
GRASSET, capitaine, service de place. 
BOULANGÉ, id. id. 

l)E CARBONNEL, lieut., id. 

Boghar (annexe de Médiak). 

M. TEISSIER, capitaine, chef de l'annexe. 

Place de Milxana. 

M.M. MALCOR ^, capitaine, chef du génie. 
LEJEUNE, id., service de place. 
SCHMIDTZ, id., id. 

REGARD, lieutenant en 4". 

Teniet-el'Hâad (annexe d« HUiana). 

M. BURAGE, lieutenant, chef de l'annexe. 

Place de Cherchél. 

MM. MANTE, capitaine, chef du génie. 

RÉGEARD, lieutenant en i*\ service de la place. 

Place de Ténès. 

MM. COMMINES DE MARSILLY, capitaine, chef du génie. 
S.WARD, lieutenant, service de la placi'. 



v200 l'uovixcK 

Place d'OrlèanvilU. 

MM. LEBREITEVILLOIS ^, capitaine , chef du génie. 
VÂLESQUE, id., service de place. 

DOHAYNYS, id., id. 

Place de Bougie. 

M. BONNE, lieutenant, chef du génie. 

Place de Dellm. 

MM.LACHAUD DE LOCQUEYSSIE, capitaine, chef du génie. 
LEFEBVRE, lieutenant en i*% service de la place. 

Service topographique. 

Organisé par différents arrêtés ministériels, pour les 
opérations cadastrales proprement dites, aussi bien 
que pour les besoins du domaine, pour la colonisation, 
et enfin pour les travaux qui accompagnent les délimi- 
tations de propriété, prescrites par Tordonnance du 
26 juillet 1846. .^nv .H:^^•■^;»!■îT m 

Le personnel de ce service est nombreux : il com- 
prend environ 80 agents, vérificateurs, triangulateurs, 
géomètres, dessinateurs, etc. 

MM. BARBERI p^ro, inspecteur. 

GUILLON, vérificateur, chef du service delà province d'Alger. 
Dr SAINT-ROMAIN, MOREAU, GOUGE, iriangulaleurs. 



VILIiE D'ALGER. 

•i'b 

VUEMlkUE PAltriE. 



DKSCR1I»TI0N. INDICATIONS GÉ.NÉUAI.ES. 



Aljîcr, l'ancienne Icosium {{) , 0n arabe El Djezaïr 
( les îles ), ainsi nommée par les indigènes, à cause âès, 
deux petits ilôts placés en avant de la ville, et qui ont 
été réunis à la terre-ferme, au moyen d'une levée con- 
struite par le célèbre corsaire Kair-ed-Din (2). Cette 
levée porte encore aujourd'bui ce nom. 

Vue de la mer. la ville d'Alger présente un aspect 



(1) Voici l'tMyniolosiie que Ton donne à ce nom d'Icosium : la 
fable raconte qu'Hercule, lorsqu'il vinlen Afrique, s'arrêta au lieu 
où est Alger aujourd'bui , et y laissa vingt de ses compagnons, qui y 
bâtirent une ville. Eykosi en grec veut dire vingt : Icosium aurait 
donc élé la colonie des Vvigt. 

(2) Kaïr-ed-Din est le même porsonna^'o que celui connu daui» nos 
bistoiro» ioui lu nom d'Huriadau Burherouk^e. 



202 pr.oviNCE 

fort pittoresque; ce massif de maisons, disposées en 
amphithéâtre , groupées sur la pente d'une colline très- 
escarpée, offre à l'œil quelque chose qui étonne et qui 
plaît. Mais c'est une disposition bien étrange et bien 
incommode pour l'établissement d'une grande ville, 
d'une ca[)itale ; aussi cet établissement n'était-il com- 
patible qu'avec les usages et les mœurs d'une popula- 
tion , telle que l'étaient les Maures , c'est-à-dire d'une 
population essentiellement inactive , ne se livrant à 
aucune industrie un peu importante, ne connaissant 
que les professions mécaniques les moins perfection- 
nées, n'em|)loyant d'autre moyen de transport que des 
bêtes de somme ou des portefaix. 

Ce défaut de voies carrossables fut un des grands 
obstacles que l'on rencontra après la prise d'Alger en 
4850. Emprisonnée dans ces rues étroites, l'armée ne 
pouvait faire usage de son matériel qu'avec des diffi- 
cultés et des lenteurs infinies. Il fallut donc se frayer 
promptement à travers ce labyrinthe de petites rues 
et de constructions accolées les unes aux autres, des 
voies' de communication, désormais indispensables; 
c'est ce qui fit ouvrir très-promptcmcnt la rue et la 
place de la J/arme (aujourd'hui place Royale), et les 
deux rues qui parlent de cette place et vont aboutir, 
l'une à la porte Rab-Azoun , l'autre à la porte Bab-el- 
Oucd. 

Mais ce qu'Alger a de vraiment beau, et qui lui ap- 
partient en propre, c'est cette rade, qui se déroule en 
avant de la ville, et dont les contours harmonieux et 
grandioses remplissent si bien ce vaste hoii/on que 
terminent, sur les [>ren»iers plans, les chaînes du [)e- 



d'alger. "2^'> 

tit Allas, qui enceij^iient la Métidja, et, sur les plans 
plus éloignés, les dm es élevées du Jurjura. 

La rade d'Alger, eomprise entre la tour du Phare 
à l'ouest, et le c.ip Matifoux à l'est, oceupe un espace 
de vingt-quatre kilomètres, sur une profondeur de dix 
à douze klomètres. 

Au sud de celte rade et à partir du pied des co- 
teaux que commande le fort VEmpereiir, s'étend une 
plaine de peu de hirgeur, resserrée qu'elle est entre la 
mer et les premières collines du Sahel,.mais qui n'a 
pas moins de dix à douze kilomèties de longueur. C'est 
dans cette plaine que la ville d'Alger et son active po- 
pulation, rejetées du côté de l'ouest par la Duuzaréa, 
cherchent nécessairement à se répandre. Beaucoup de 
personnes ont comparé cette disposition des lieux à 
celle de Naples, et ne trouvent point qu'Alger puisse 
redouter cette comparaison , abstraction finte du nom- 
bre et de la grandeur des constructions publiques et 
privées dans les deux villes, et de l'importance res- 
pective des deux populations. 

Alger a considérablement changé dans ces dernières 
années. La basse ville est devenue lout-à-fait euro- 
péenne ; la haute ville a seule conservé , et cela encore 
dans les pai tics les plus élevées, c'est-à-dire dans celles 
qui avoisinent la Casbah, son ancienne physionomie 
mauresque; et quoi que l'on en puisse dire, le change- 
ment n'est pas à regratler. 

Le faubourg Bab-Azoun, particulièrement, est de- 
venu un beau quartier, largement et commodément 
ouvert pour la circulation. Des conslructions élégantes 
se sont élevées comme par enchantement, et par le 



204 iMiovncr 

prodige d'une de ces lièvres de spéculation, qui pos- 
sédaient l'Europe, il y a quelques années, et dont on 
subit partout les inévitables conséquences. 

La modification la plus importante qu'Alger ait éprou- 
vée résulte de l'agrandissement de son enceinte : c'est 
l'histoire de toutes les grandes villes, surtout de celles 
qui ont de l'avenir. 

L'ancienne ville, telle (|ue nous l'avons trouvée et 
gardée pendant dix ans, n'avait que cinquante hectares 
de superficie. 

En 1841, le plan des fortifications ayant été défi- 
nitivement adopté, l'enceinte l'ut considérablement 
agrandie, et la superficie a été portée à cent soixante 
hectares. 

La population est évaluée à 72,000 habitants, sa- 
voir : 

Européens 48,000 

Musulmans 48,000 

Israélites 0,000 

Total 72,000 habitants. 

C'est donc une moyenne de 440 habitants par hec- 
tare. A Paris, on no compte que 275 habitants; on 
peut juger par là combien la population de la ville 
d'Alger est étrangement agglomérée. C'est un grave 
inconvénient, et Tadministration doit y remédier, en 
procurant à celte population les moyens de se répartir 
plus également, et sur une surface plus étendue. Ou- 
vrir de nouvelles communications, percer do nouvelles 
places, ou agrandir celles existantes; assurer au loin 
une viabilité constante, et la rapi<lit«' aussi ITu'ii que 



DALCER. 



295 



laié^ularilë des communications, telles sont les mesu-i 
res à prendre et qui , nécessaires partout , le sont encore 
plus sous un climat tel que celui de l'Algérie. C'est 
aussi par ces mêmes raisons de climat que l'adminis- 
tration a sagement fait de développer, autant qu'il est 
possible, le système des constructions à arcades, les- 
quelles présentent, à l'égard du soleil, les mêmes avan- 
tages que les petites rues, et n'en ont pas les nombreux- 
inconvénients. 

Dans ce même but , le système des eaux de la ville 
d'Alger devra recevoir les plus grands développe- 
ments. Nous n'avons fait jusqu'à présent que corriger 
et améliorer les travaux, sans doute considérables, mais 
peu habilement conçus , que les Turcs nous avaient 
laissés. Une administration, qui se pique de science et 
de civilisation, ne peut en rester là. On évalue la con- 
sommation actuelle des eaux, à Alger, à vingt-cinq 
ou trente litres par individu ; dans nos contrées do 
nord, cette consommation peut être suftisante, mais 
elle ne l'est pas, à coup sur, pour une ville d'Afrique. 
Il faudrait aussi songer à l'irrigation des campagnes 
environnantes. Nous l'avons dit ailleurs, et nous le ré- 
péterons en toute circonstance : sous un semblable cli- 
mat, le capital employé en irrigations est un inépuisable 
trésor. ..: 

Établissements militaires. — Les établissements mi- 
litaires, indépendamment des forts et des batteries que 
nous avons trouvés tout construits, et qui ont été mé- 
diocrement réparés, consistent en deux bâtiments 
neufs , attribués au campement, et en treize casernes, 
dont deux seulement «oui de ronstruclioti neuve et 



296 rnovixcE 

méritent ce nom. C'est d'abord à la porte de la Marine, la 
caserne Lemercier, ainsi nommée d'un officier supérieur 
du génie, mort en j856, et qui a commandé le premier 
celte arme en Algérie, avec autant de distinction que 
de dévouement ; c'est ensuite la grande caserne d'in- 
fanterie, près de la Casbah, aujourd'hui terminée. 

Les hôpitaux militaires sont situés au-dehors de la 
ville ; le principal est celui du Dey, au-delà de la porte 
Bab-cl-Oued : il peut contenir 1,800 malades et est 
parfaitement approprié pour le service. 

L'enceinte fortifiée, qui a exigé et exigera encore des 
travaux de terrassement et de maçonnerie énormes , 
est ouverte sur tout son parcours; elle sera terminée 
dans quelques années : on a le projet de l'appuyer 
de neuf forts. Les trois principaux seront établis, le 
premier sur la Bouzaréa , le deuxième à El-Biar, le 
troisième à Mustapha-Supérieur : ce sera le plus consi- 
dérable. 

MoMMEms punucs. — Les difficultés de toute nature 
qui ont entouré notre établissement naissant, les dé- 
penses énormes qu'a causées cette longue guerre que 
la soumission d'Abd-cl-Kadcr vient enfin de terminer, 
ne permettaient pas au gouvernement de mettre les 
monuments publics de la capitale de l'Algérie au 
niveau des besoins que notre civili^ation fait naître, 
et des idées grandes et élevées qu'elle impose. Alger 
n'offre donc rien de remarquable à cet égard. L'hô- 
pital civil, établi dans une caserne des janissaires, 
mal restaurée, est aussi insullisant qu'incommode. 
C'est une ancienne maison mauresque de médiocre 
j^randeiM', qui sert «le palais de justice; le théAlre est 



I) ÀLCEn. 



297 



une misérable bicoque; ce qu'on appelle bibliothèque, 
est une salle trop petite, arrangée dans l'intérieur du 
collège; nous n'avons point de musée. 

La cathédrale et la piison civile sont les seuls édifi- 
ces un peu importants que l'administration française ait 
commencés à Alger, et ils sont loin d'être achevés. La 
prison civile est bâtie d'après les principes du système 
pénitentiaire actuel. Quant à la cathédrale, qui est 
construite sur l'emplacement d'une ancienne mosquée, 
que l'on n'avait voulu d'abord que restaurer, elle ne 
mérite réellement pas ce nom de cathédrale; ce sera 
une église de grandeur moyenne, mais d'un effet 
gracieux et d'un bon style : malheureusement, elle est 
mal placée. 

Nous citerons aussi le temple protestant : il est petit, 
mais d'un style sévère et tout-à-fait en harmonie avec 
les besoins de ce culte. 

Le palais du Gouverneur, l'évêché, ne sont que de 
fort belles maisons mauresques restaurées et appro- 
priées, tant bien que mal, aux usages auxquels elles 
sont destinées. 

Les deux principales mosquées de la rue de la 
Marine (Anefi et Maleki), existaient do temps des Turcs, 
à peu près telles que nous les avons conservées. On 
s'est contenté d'ajouter à la mosquée Maleki, située 
rue de la Marine, une colonnade et une espèce de por- 
tique, qui seraient d'un meilleur effet s'ils étaient 
placés d'une façon moins bizarre; c'est-à-dire, s'ils 
faisaient face à quelque chose, et s'ils entraient dans 
quelque combinaison de perspective. 

On doit, cette année, jeter les fondements d'une 



"298 PROTII^CK 

synagogue, réclumée depuis long- temps par la popu- 
lation israélite. 

Port et quais. — Mais au-dessus de tous ces travaux, 
et dans un degré d'importance auquel ils ne sauraient 
prétendre, s'élève la question du port d'Alger; port mi- 
litaire encore plus que commercial, nouveau Toulon 
que la France veut se construire sur la côte de la 
Méditerranée, qui fait face aux côtes de Provence; à 
travers un canal qui n'a pas plus de 160 lieues de 
largeur, et que l'on franchit maintenant en moins de 
40 heures. 

Nous avons déjà traité cette question (voir aux 
travaux publics); mais on nous permettra d'y revenir 
et d'ajouter quelques détails sur la disposition géné- 
rale qui serait donnée à cet établissement, conçu dans 
des proportions vraiment imposantes. 

La jetée actuelle, qui a sa base sur le petit îlot couvert 
de batteries, et où les Espagnols avaient bâti un fort 
au xvi« siècle, se prolongerait dans la direction qu'elle 
a aujourd'hui, c'est-à-dire du nord-ouest au sud-est. 
Le développement de cette jetée (1 ) est dès à présent de 
500 mètres; elle serait portée à 500 mètres plus loin 
par une profondeur de 45 et 18 mètres. 

Au-delà de cette jetée, que terminerait une batterie 



^1) Par suilc des varialions (]tii se sont siiccôdé dans les projel» 
«uiqucls a donné lieu In conslniclioii du porl d'Alger, celle jcloo 
décril une cuurbc dont l'elTul est bizarre citera sans doute l'objcl do 
criliqucM ùlcrnolles. Il csl cerlaiu ce|>cndaiil que celle bizarrerie n'esl 
que pour Iv coup d'»ril , el qu'elle e»l sani Imporlancc réelle pour le 
Mérilc el l'nlilHé de ce port. 



n ALGER. 299 

de quarante pièces de canon, s'étendrait un second 
brise-lames de 2,000 mètres de développement, qui for- 
merait artificiellement une rade, jugée indispensable 
pour un port militaire. 

En arrière de cette rade, une jetée, dite du Sud, 
s'appuyant aux batteries de la côte de Mustapba, fer- 
merait l'entrée du port, qui serait pourvu de tous les 
établissements nécessaires -.bassin de commerce, bassin 
des bâtiments à vapeur, arsenaux, machine à mater, etc. 

La tenue de la rade est bonne , et les profondeurs 
d'eau sont telles, que les plus grands bâtiments de 
guerre pourraient venir, sans difficulté, mouiller dans 
l'intérieur du port- Tel qu'il est aujourd'hui, et avec 
une jetée qui n'est pas encore à la moitié de son dé- 
veloppement, les grandes frégates à vapeur y trouvent 
un abri assuré contre les plus mauvais temps. 

Un autre ouvrage considérable, depuis long-temps 
projeté et commencé dès cette année, c'est la construc- 
tion des quais. Ils s'étendront à peu près parallèlement 
à la jetée, avec une largeur considérable (100 mètres 
environ, jusque vers le fort Bab-Azoun); ils seront 
bordés de magasins taillés dans le roc, ou construits 
en voûtes maçonnées à double étage, comme le sont 
déjà celles de la place du Gouvernement; et enfin, pour 
compléter tout ce système, on construirait une rue 
suffisamment large, bâtie sur un seul côté, à arcades, 
à constructions uniformes, et qui, se reliant à la place 
Royale, dominerait ces quais, ces magasins et tout ce 
port. Des rampes calculées, de manière à racheter con- 
venablement la différence des niveaux, qui est consi- 
dérable, mettraient la ville en communication avec le 



5(H) 



rnoviscn 



port, les quais et leurs magasins. Tels sont, dans leur 
ensemble, les beaux et vastes projets que l'on a étu- 
diés, et si l'on veut, rêvés pour la ville d'Alger, qui de- 
viendi'ait ainsi l'une des belles villes du monde. Pour 
nous, nous ne voyons pas les raisons sérieuses qui 
empêehei'aient ces rêves de s'accomplir. 

AD.Mi]NiSTr.ATio.N DE LA VILLE d'alger. — Au moment 
où nous mettons sous jiresse cette partie de V Annuaire, 
les ordonnances et arrêtés pour la mise à exécution 
de l'ordonnance du 28 septembre dernier, qui a fondé 
en Algérie le régime de municipalité, ne sont pas 
encore promulgués. La ville d'Alger continue, comme- 
par le passé, à être administrée par la direction des 
affaires civiles de la province. La mairie, qui a ce- 
pendant été conslituée dès l'oi'igine, n'a point d'at- 
tributions fixes : le mail e ne remplit, à proprement 
parler, que les fonctions d'officier de l'état-civil. Il est 
assisté de deux adjoints européens. Lorsqu'on a établi 
le consistoire Israélite, on a supprimé l'adjoint de cette 
nation. La population musulmane n'est pas non plus 
représentée dans celte municipalité, sur laquelle il 
serait, au surplus, inutile de s'étendre davantage, 
puisqu'elle va être remplacée par un ordre de choses 
tout nouveau. 

Police. — La police est dirigée par un commissaire 
central , qui a sous ses ordres six commissaires ordi- 
naires. 

Le commissaire central, indépendamment de la sur- 
veillance générale du service, est spécialement chargé 
de la remise des |)asseporls et des inscriptions aux dé- 
parts, preseriteti i>ar l'arrêté du 20 décembre f845. 



Pour faciliter le service, la ville a été partagée en 
cinq arrondissements, confiés chacun à un commissaire 
de police. 

\er arrondissement. — Comprenant la partie de la 
basse ville renfermée entre l'ancienne porte Bab— 
Azoun, la rue de Chartres et la rue Bruce, avec le 
prolongement projeté jusqu'à l'ancienne porte Bab-el- 
Oued. 

2me arrondissement. — La partie de la haute ville 
comprise entre les anciens remparts, à l'exception 
de la portion qui forme le i" arrondissement. 

5""" arrondissement. — Tout l'espace à l'est, compris 
entre la mer, la vieille enceinte et les nouveaux rem- 
parts, jusqu'à la Casbah; c'est ce qui forme le nouveau 
quartier Bab- Azoun. 

4™® arrondissement. — Tout le terrain à l'ouest, 
compris entre la mer, la vieille enceinte jusqu'à la 
Casbah, et le nouveau rempart; c'est ce qui forme le 
quartier Bab-el-Oued. 

5me arrondissement (extra mitros). — Comprenant 
une portion de la commune de Musla[»ha et le quartier 
de l'Aga, jusques et y compris le camp de Mustapha. 

Un sixième commissaire de police est spécialement 
chargé du service du dispensaire et des objets qui s'y rat- 
tachent. C'est ce que l'on pourrait appeler le bureau des 
mœurs, pour employer une expression usitée à Paris. 

CoRPORATmiss. — On appelle de ce nom, à Alger, 
non pas des corporations formées de certains états ou 
professions, mais par la réunion d'individus a[)pai1e- 
nanl à diverses populations de l'intérieur que l'attniit du 
gain et l'exercice de certaines professions attirent dans 



502 PKOVINCE 

nos villes du littoral; comme nous avons en France nos 
Auvergnats, nos Savoyards. Les Turcs avaient institué 
ces corporations, et nous les avons conservées; elles sont 
régies par un arrêté du 10 février 1858. 

Ces corporations sont an nombre de six, savoir: 

Kabyles. — Ils sont en général , manœuvres et em- 
ployés dans les travaux de la campagne; ceux que l'on 
voit à Alger viennent ordinairement des montagnes aux 
environs et au-delà de Bougie. 

Mozahites. — Ils viennent de l'oasis du Beni-Mzab, 
à l'entrée du désert, 20 journées au sud- est d'Alger; 
les professions qu'ils exercent sont celles de bouchers, 
baigneurs, marchands. 

Biskris. Ce sont les hommes venant de Biskara, et 
des contrées voisines. Biskara est depuis trois ans un 
de nos points d'occupation : ce sont les portefaix de la 
ville; d'où le nom est resté à tous les individus qui 
exercent la même profession. 

Nègres. — Domestiques, portefaix, blanchisseurs de 
maisons, ceux qui font partie de la corporation, sont 
à l'état de liberté , et ce régime paraît très-bien leur 
convenir; ils sont gais et actifs. 

Mzitas. — Portefaix à la Uachba ( marché aux 
grains ). 

Laghouals. — D'une tribu à 80 lieues au sud de 
Médéah , et qui reconnaît aujourd'hui notre autorité : 
ce sont d'ordinaire les portefaix du fondouck aux 
huiles. 

Ces corporations sont [)lacées sous la surveillance de 
la police ordiruiirc, et dirigées par des amyns ou 
<:hefs. Lorsqu'un indigène appartenant aux population* 



D'Aiêrn. 505 

qui viennent d'être énoncées, arrive à Alger pour s'y 
fixer ou pour y résider temporairement, on l'inscrit 
sur un registre, et on lui donne un livret et une pla- 
que de fer-blanc, qui porte le numéro sous lequel il est 
inscrit au registre; il paie pour cet objet une faible 
redevance. Dans certains cas, la corporation est res- 
ponsable des méfaits de ses membres. 

Au l*"" janvier 1846, la force numérique de ces 
corporations était de 9,469 individus, dont les Kabyles 
formaient plus de la moitié : c'est là sans doute un 
chiffre élevé , et cependant on doit convenir qu'aucune 
population ne donne moins d'embarras que ces cor- 
I)orations: nous devons même les favoriser autant que 
possible; car, indépendamment des services qu'elles 
rendent, ce sont nos missionnaires dans l'intérieur du 
pays; les Kabyles surtout, dont l'esprit progressif sait 
fort bien porter dans les montagnes les procédés et 
les instruments de travail, dont ils ont vu les Romnis se 
servir. Notre langue pénètre avec eux , et il n'est pas 
aujourd'hui si âpre montagne de la Kabylie , où l'on 
ne trouve un certain nombre d'individus parlant et 
entendant à merveille le français; germes précieux pour 
l'avenir, et qu'il importe de cultiver. 

Port et service sanitaire. — Le port d'Alger étant 
considéré comme de première classe, a simultanément 
un directeur du port militaire, un directeur du port 
marchand , un capitaine de santé. 

Le régime des quarantaines qui dominait, il y a 
peu d'années, toute la Méditerranée, avait amené le 
gouvernement à faire construire à Alger un lazaret, 
destiné aux navires venant de Turquie, d'Égvpte, et 



qui sont obligés d'aller purger leur quarantaine à Malte 
ou à Mahon. Le commerce des grains , si considérable 
avec la Mer Noire pour l'approvisionnement de l'armée, 
l'exigeait ainsi : ce lazaret a donc été construit à 200 
mètres au-delà des nouveaux remparts de la ville, mais 
il n'a pas encore été organisé. 

Entueprise du lestage. — Les navires qui viennent 
à Alger ne trouvant point de chargement, et repartant 
très-souvent sur lest, il a fallu établir un règlement 
pour cette opération, qui, sur la demande du com- 
merce, a fait l'objet d'une adjudication. 

L'adjudicataire actuel est le maure Ben-Marabet. 

Hôpitaux, hospices, établissements de bienfaisance. — 
Il n'exist« à Alger qu'un hôpital civil, dit de ilaralinet 
rue Bab-Azoun; nous avons déjà dit combien il était 
insuffisant et incommode: il contient 500 lits; comme 
ce nombre serait insuffisant, surtout pendant les cha- 
leurs, et alors que les travaux de la fenaison augmen- 
tent rapidement le nombre des malades, on a ajouté à cet 
hôpital deux succursales, l'une dans la même rue, et 
dans une caserne cédée par le génie militaire; l'autre 
à Dély-lbrahim, 42 kilomètres d'Alger; enfin, lorsque 
cela devient nécessaire, l'hôpital militaire de Mustapha 
reçoit les malades qui ne peuvent trouver place dans 
les hôpitaux civils. 

Au surplus, et puisque roc»^asion se présente de le 
dire, partout où il cxisie en Algérie des hôp:taux mi- 
litaires, les malades civils sont reçus et traités avec 
les mômes soins que ceux appartenant à l'armée; les 
indigènes, lorsqu'ils parviennent à vaincre leurs su- 
perstitieuses répugnances, sont admisaux mômes traite- 



mcnts. Le ministère de la guerre a donné, à cet égard, 
les instructions les plus libérales, et elles sont religieu- 
sement observées sur tous les points du territoire. 

Dans le chapitre spécial consacré au culte catholi- 
que, nous avons fait connaître divers établissements 
hospitaliers déjà fondés à Alger : celui des Sœurs de la 
Providence, rue Boutin, près la cathédrale, destiné à 
procurer des consultations et des secours gratuits aux 
indigents de la ville, à quelque nation, à quelque religion 
qu'ils appartiennent; celui des Orphelines d'El-Biar, 
maintenant transféré à Mustapha; celui des Orphelins 
de Ben-Aknoun, si bien dirigé par M. l'abbé Brumault; 
nous ne reviendrons donc pas sur ce qui a été dit à ce 
sujet. Mais il n'est que trop certain que, dans notre 
constitution actuelle de société, la charité privée, si 
active qu'elle soit, ne suffit point; il faut que l'État ou 
du moins la communauté intervienne. Aussi l'adminis- 
tration, qui n'avait d'abord fait que seconder et subven- 
tionner ces utiles créations, a été invinciblement ame- 
née à prendre à leur gestion une part plus directe : ce 
sera un des importants objets dont les municipahtés 
qui vont être établies auront à s'occuper. 

Boulangerie. — La boulangerie est réglée par un 
arrêté du gouverneur-général, en date du io jan- 
vier 1845, lequel est commun à toutes les localités de 
l'Algérie. 

Le nombre des boulangers à Alger est en ce moment 
limité à 22 ; ils sont formés en syndicat, et tenus d'avoir, 
soit chez eux , soit dans un magasin central désigné, 
un approvisionnement égal à la consommation de la 
population pendant 50 jours. Le poids et la taxe du 

20 



506 PHOVINCE 

pain sont réglés par des dispositions tout-à-fait sem- 
blables à ce qui existe en France; les fonds de bou- 
langerie sont transmissibles , moyennant certaines 
conditions et avec ragrément de l'autorité. 

Boucherie. — Cette industrie , ainsi que la charcu- 
terie et la triperie, ont été réglées par un arrêté minis- 
tériel du 16 novembre 1846; cet arrêté a posé en prin- 
cipe la nécessité pour chaque boucher d'avoir toujours 
un certain approvisionnement de viande sur pied. La 
viande est taxée , comme il est d'usage dans quelques 
villes de France; le nombre des bouchers d'Alger est en 
ce moment de 17, non compris les bouchers maures 
et juifs, qui sont régis par des coutumes particulières, 
ces derniers surtout; car tout le monde sait que les 
Israéhtes ne peuvent toucher qu'aux viandes des ani- 
maux qui ont été tués par des hommes de leur reli- 
gion et conformément à certaines prescriptions de la 
loi de Moïse, prescriptions très-religieusement obser- 
vées par la population juive d'Alger. 



DEUXIÈME PARTIE. 

Celle seconde parlie comprend diverses désignations, savoir : Résidence 
des autorités civiles , judiciaires, militaires, clc. — Noms cl adresses des 
foDcUonn aires , etc. 

Gouvernement <iéncral. 
Palais du Gouvernement, place du m6mc nom. 

( Voir page 251 ) (1). 



(1) Lcfi pages auxquelles nous renvoyons [leMcctcur pour cet arti- 
r|e cl pour les suivants, sont ccllcs'qui contiennent la composition 
du personnel , les a((r|)4Ulions , clc. 



d'alcer. 307. 

Conseil supérieur d'admininration. 

Il tient ses séances les mardi et vendredi , au palais du GouTernement. — 
Secrétariat , rue de la Charte. 

( Voir page 252 ). 

Direction générale des Affaires civiles. 
Bue de la Charte et rue Soult>Berg. 

( Voir page 255 ). 

État-Major général de l'armée. 
A la Jénina , place du Soudan. 

( Voir page 249 ). 

Etat- Major général de la division. 
Rue des Lolopbages. 

(Voir page 273). 



Etat-Major de la subdivision. 
Rue du Chêne. 



( Voir page 276 ). 



Intendant Militaire de l'armée. 
Rue de l'Intendance. 



( Voir page 286 ). 



Intendant Militaire de la division. 
Rue de l'Intendance. 



( Voir page 287 ). 

Direction centrale des Affaires arabes. 
Place des Garamantes , près l'ancienne porte Bab-Azonn. 

( Voir page 257 ). 



308 PROVINCE 

Direction divisionnaire des Affaires arabes. 
Au même endroit. 

( Voir page 281 ). 

Lésion de Gendarmerie d'Afrique» 
Rue de Toulon. 



(Voir page 250). 



État-Major gênerai de l'artillerie. 
Rue du Vinaigre. 



( Voir page 251 ). 

Direction de l'artillerie. 
Rue Jean-Bart. 

( Voir page 288 ). 

htat-Major général dn géttie. 
Rue Philippe. 

( Voir page 251 ). 

Direction des Fortifications de la prowrtct. 
Rue Philippe. 

( Voir page 288 ). 

Service de la place d'Alger, 
Rue Philippe. 

( Voir page 288 ). 

État-Major des places de la division. 
Rue Jénina. 

( Voir page 285 ). 

État-Major de la place d'Alger. 
Rue Jénina. 

( Voir page 284 ). 



•^ 



D ALGER. 

Marine royale. 
A l'Amiraulé. 



309 



(Voir page 252). 

Culte catliolique. 

Ëvêché y place du Gouvernement. 

Église cathédrale , Saint-Philippe , rue Bal-el-Oued. 

Chapitre de la Cathédrale , à révêché. 

Église de Saint- Augustin , à Bab-Azoun. 

Grand Séminaire, rue Philippe , imp. S^'-Philomène. 

Petit Séminaire , à Saint-Eugène. 

( Voir, pour l'organisation du culte et du clergé 
catholique , pages 240 et suivantes ). 

Culte protestant. 

Consistoire, au Temple , rue de Chartres. 

{ Voir page 245 ). 

Culte israélile. 

Il existe plusieurs synagogues dans les divers quar- 
tiers de la ville, notamment rue Sainte et rue Scipion : 
le Consistoire se réunit rue Sainte, n*" 1. 

( Voir page 244 ). 

JUSTICE. 

Parquet du procureur-général. 
Rue Socgemah. 

{ Voir page 259 ). 



310 PROvmcE 

Cour royale. 
Rue Bruce. 

i'» CHAMBRE. — Audiences civiles ^ les lundi, mardi, 
mercredi, à huit heures du matin. 

2® CHAMBRE. — Audiences criminelles, les jeudi 
et vendredi , à onze heures du matin. 

Audiences civiles, le samedi, à huit heures. 

( Voir page 259 et suivante). 

Parquet du procureur du roù 
Rue de l'Élat-Major. 

MM. LARDEUR , procureur du roi , rue Doria. 
BONIE , substitut , rue de l'État-Major. 
TRUANT , substitut , rue Boulabah. 
CHEVILLOnE , substitut , rue 

Tribunal de première instance. 
Rue de l'État-Major. 

1" CHAMBRE. — Audiences civiles, les jeudi, vendredi et 
samedi, de deux à cinq heures du soir. 

MM. DE PONTON D'AMÉCOURT * , président du tribunal, prési- 
dant la 1" chambre, rue d'isly (1). 



(1) M. de Ponton d'Amécoart, qui compte dans la maRis(raturo 
'depuis 18'22 , est venu en Afrique ou 1834. Il remplissait les fondions 
déjuge unique civil de l*^* instance A Alger, et les garda jusqu'en 1841, 
époque à laquelle il rcnlra en France comme substitut du procureur 
général à Nancy. Un an après, M. de Ponton d'Amécourl vint re- 
prendre à Alger sa place au tribiitia! de l^'instance dont il fut nommé 
prébidcnl. Ainsi le même magistrat a occupé le même siège pendant 
quatorze ans. C'est de Tinamovibililé par le mérite, par le caractère, 
par la néceisiti de ne pas introduira de changements dans d«s fonc- 



d'algbr. 311 

MM. BOLLAEHT , juge, rue de Tanger. 
BOUVIER, id. rue Mauloul. 
HUN , id. id. 

2« CHAMBRE. — Audiences civiles, les jeudi , vendredi , 
samedi, de huit à onze heures du matin. 

MM. MOURET DE St-DONAT, vice-président , rue Boulabah , 26. 
TOURANGiN DES BRISSARDS , juge, rue de l'Éiat-Major, 5. 
GUILLAUME , id. rue Doria. 

C AILLER ARD, id. id. 

3® CHAMBRE. — Audiences correctionnelles, les lundi et 
mardi, à midi. 

Audiences civiles , mercredi , à deux heures. 

MM. ANDRÉ , vice-président , rue Darfour. 
ARGENCE , juge, Bazar-Mantout. 
COLONNA DORNANO , juge , rue des Lotophages. 
BROWN , juge , rue Duquesne. 
KADDOUR-BEN-TURQULV, assesseur musulnrian. 
DUBRAC , greffier en chef, rue de l'Élat-Major, 50. 

Tribunal de Commerce. 

Rue de la Marine. 

En exécution de l'ordonnance royale du 27 no- 
vembre 1847, les notables négociants de la province 
d'Alger se sont réunis les 25 décembre et 5 février pour 
élire les membres qui doivent faire partie du tribunal 



lions aussi délicales qu'importantes. Pourquoi donc la constitution 
organique de la magistrature en Algérie ne consacrerait-elle pas en 
droit, cequ'enfailon regarde comme nécessaire, ainsi que cela existe 
dans la métropole? On nous permettra de citer cet exemple de M. d'A- 
raécourt, et il n'est pas le seul que nous pourrions invoquer. 



312 PIVOVINCE 

de commerce pendant l'année 1848; cette double élec- 
tion a donné les résultats suivants (1) : 

MM. BOURNICHON ^ , président pour deux ans. 



LICHTLIN ^ , juge. 


id. 


ALPHANDEJIY, id. 


id. 


COUPUT, id. 


id. 


SUQUET, id. 


id. 


GABRIEL, id. 


id. 


*BELLOIR, id. 


id. 


TIRON, id. 


pour un an. 


LECHÉNE , id. 


id. 


FOURCHON, id. 


id. 


CŒUR-DE-ROI, id. 


id. 


DUBREUIL , juge-suppléanl pour deux ans. 


KOBB, id. 


id. 


CHARPENTIER , id. 


id. 


WAROT, id. 


id. 


VILLIERS, 


juges-suppléants pour un an. 


MÉNAGER, 


id. 


BOURNOT *, 


id. 


SAWA-LEVI-VALENSIN, id. 


D'ESPOURRIN, grefli 


ier en clief. 


VERGETTI, commis- 


■greffier. 


^ Justicc-de-Paix. 




Rue Jean-Uart. 



Canton Nord. — Audiences , les mercredi et ven- 
dredi , ù 8 heures du matin. 

MM. MONGELLAS, juge-de-paix. 

LUSSAC, défenseur, l'"^ suppléant. 

(Il l/t)i(luiuiaii(-.c r(»>ul«> (-(uilirinulivi! ilo l'cicclion , c( qui doit, 
»uivan( l'iisiiKo, «-(iiihliluer [tour iH'iH lu Iribunal du rouniitMcts n'a 
pas encore 616 proniulgiiôv. 



d'alger. 313 

MM. JOBERT, â'"" suppléant. 

HAMEU BOU-KALDOLRA, assesseur. 
GIRARD, greffier, rue de la Marine. 
DANINOS, interprète. 

Canton Sud. — Audiences, les mardi et samedi, à 
8 heures. 

MM. COQUELIN , juge-de-paix. 

SABATÉRY, défenseur, 1«' suppléant. 
FLORET, notaire, 2" id. 

HEURTAUX, greflier. * 

DANINOS, interprète. 

Tribunal de simple police. 

Présidé par les deux juges-de-paix, à tour de rOle. 

Audiences : lundi et mardi. 

MM. DUCLAUX, greffier. 
DANINOS, interprète. 

JUSTICE MILITAIRE. 

Conseil de Guerre. 

Rue Scipion. 

La juridiction des conseils de guerre en Algérie a 
une importance et une extension considérables, parce 
qu'elle embrasse tous les territoires mixtes et arabes, 
c'est-à-dire tout l'intérieur du pays. C'est ainsi que 
nous avons vu s'instruire et se juger devant ces tribu- 
naux des aiTaires aussi graves que compliquées, et qui, 
par la manière dont l'instruction avait été faite, et dont 
les débats ont été conduits, méritent de figurer dans 
nos recueils des causes célèbres. Nous citerons en- 
tr'autres l'assassinat des employés du télégraphe du . 



514 pnoTiMCE 

Gontas, près Miliana, et le jugement des deux faux 
Bou-Maza, qui furent livrés par les Arabes; l'un fut 
condamné à mort et exécuté sur le lieu même où il 
avait levé l'étendard de la révolte; la peine de l'autre fut 
commuée en celle des travaux forcés à perpétuité. 

La composition de ces tribunaux est réglée d'après 
les lois de la justice militaire. 

1*' Conseil de guerre. 

MM. SELLA, capitaine aft 64* , cupitaine-rapporleur. 
KNAPS , greffier. 

â""* Conseil de guerre. 

MM. BERLIEH, capitaine au régiment des zouaves, capitaine- 
rapporteur. 
MOREL , greffier. 

Officiers ministériels. 

Défensears. Près le Tribunal de commerce. 

Près le Tribunal civil. Bouriaud , impasse Mahon. 

Aadeberl, rue DeSuIauze, rue Bab-el-Oued. 

Barberet, rue Bab-el-Oued. Ecoiffîé, rue Doria. 

Bastide, rue de la Ilévolulio». Craiiey, rue 

Baudrand , rue Bab-cl-Oued, pas- Lussac , rue Duqucsne. 

sage Marlinelli. Quinquin, rue des Consuls. 

Blasscllc, rue Boulin. Tioch j^ , bazar Manlout. 

Bussièrcs, rue Bab-Azoun. Villacrose, rue Bab-Azoun. 

Delaniîlc, id. Tous les dërenseurs, nommés 

Dermineur, rue Jcan-Bart. près le Iribunal civil et près le 

Florcns , rue delà Marine. tribunal de commerce, ont qualité 

Frucliier, rue Boutin. pour postuler et plaider concur- 

(iechtor. renwnonl devant la (-our Royale 

Gcnellu, rue de ^Ai^lc. (arrêté du 25 mai 1845). 

Uurè-d'Aprëraont, place Royale. Noiairr». 

Ladrix. Auger *^ , rue Neuve-Jénina, 2. 

Sabatéry , rue Cléopâlro. Barroi», rue Bosa (maison Al- 

Joaroèi , rue de l'Arc. phnn ). 



1) ALGER. 



515 



Double, rue Mabon, 51. 

Floret , rue Bab-Azoun { maison 
Calala). 

Leroy, place de la Pêcherie (mai- 
son Sarlande). 

Lieutaud, rue des 3 Couleurs, 54. 

Martin, rue des Consuls, 2. 

Rousseau , rue Sainte, 2. 

Pourtauborde, rue Bab-Azoun. 

Triboulet, rue Mahon, 41. 

Huissiers. 

Bastard , rue Charles-Quint. 

Bunel , rue Jénina. 

Dazinière, rue Traversièro. 

Dufau , rue Mahon. 

Durand , place Royale. 

Gaillard, rue Bab-el-Oued. 

Galiani, rue Mahon. 

Garaelin, rue Philippe. 

Garreau de Loubresse, rue de 
la Marine. 

Larsoniieur, r. desTrois-Couleurs 

Martin de Roquebrune, rue Bab- 
el-Oued. 

Pannecet, rueJBab-Azoun. 

Pierre, impasse Mahon. 

Raynaud , rue de la Marine, mai- 
son Bisary. 

Robert, rue Sainte, 1. 

Sardnal , place du Gouverne- 
ment. 

Serrain, rue des Trois Couleurs. 



Interprètes aBserment<hi. 

Attard (langue arabe, caractère 
musulman et caractère hébreu) 
rue d'Orléans. 

Aupied (langue arabe )< rue 
Mahon. 

Gentili , courtier (interprèle pour 
l'italien) rue des Consuls. 

Guyon-Vernier (langue espa- 
gnole), rue d'Orléans. 

Guyon-Vernier ( langue italien- 
ne) , rueDoria. 

Holzhalb ( langue allemande ) , 
rue Lalahotim. 

Kirwan , (langue allemande et 
langue suédoise) rue Tourville. 

Kulmann (langues suédoise, da- 
noise et anglaise). 

J. Sansericq (langue espagnole), 
rue Bab-el-Oued. 

Trêves (Auguste), courtier, (lan- 
gue italienne) rue d'Orléans , 62 

Taraa , (langues arabe et hébraï- 
que) , impasse Philippe. 
Commissaires prlseors. 

Blasselle, rue Boulin. 

Billclle, rue Jean-Bart. 

Demolins , rue Socgemah. 

Dyvrande, rue de la Marine, 4. 

Curateurs aux succession» vacante». 

Barberel père. 

Vielle. 



ADMINISTRATIONS. 

Direction des affaires civiles. 
Rue Bruce. 



Voir pour cette administration , pour le personnel 



316 PROVINCE 

l'organisation du conseil de direction, des bureaux, etc., 
page 265. 

Bonts-et'Chaussées, 

Passage Mantout. 

(Voir page 267). 

Travaux hydrauliques. 

Au port. 

[Voir page 269). 

Mines et Forages. 

A la Jénina. 

Il s'y trouve un laboratoire de manipulation et une 
collection mincralogique déjà importante, mais in- 
stallée ou plutôt enfouie dans un local plus qu'insuffi- 
sant. 

{Voir page 256). 

Bâtiments civils. 

Rue Bruce,, à la dircclion des affaires civiles. 

{Voir page 269). 

Bibliothèque et Musée. 
Au collège, rue Bab-Azoun. 

La bibliothèque , installée depuis dix ans dans les 
bâtiments du collège, ne peut être considérée que 
comme provisoire. Elle ne contient qu'un nombre de 
volumes fort restreint; mais elle possède des manu- 
scrifs arabes précieux. 

Le musée n'existe que nominalement; les collec- 
tions déjà recueillies sont loin d'ètro. sans importance. 
11 est à Koiihaitcr qu'un édilicc convenable soit bientôt 



d' ALGER. 517 

consacré à cet objet, si important pour la capitale d'un 
pays qui renferme tant de richesses historiques. 
M. BERBRUGGER ^, conservateur, memb. corresp. de l'Institut. 
Jours <ï entrée : Lundi, mercredi, vendredi, de midi 
à 5 heures. 

INSTRCCTION PUBLIQUE. 

M. LEPESCHEUX ^ , inspecteur de l'instruction publique, chef de 
service, rue Tourville. 

Cours public de langue arabe. 

Au Musée, rue Bab-Azoun. 

M. BRESNIER , professeur , ancien élève de l'école royale et 
spéciale des langues orientales, rue de Tanger. 

Cours de langue parlée : Lundi, mercredi et vendredi, 
à 11 heures 1/2. 

Cours de langue écrite : Mardi , jeudi , samedi , à 
11 heures 1/2. 

COLLÈGE d'aLGER. 
Rue Bab-Azoan. 

{Voir page 244). 

Instruction primaire. 

M. CANTREL, inspecteur, rue Bab-el-Oued. 

Écoles communales de garçons. 

MM. CÂRBONNEL, directeur de l'école mutuelle, rue Socgemah. 
AUGAGNEUX, id. rue du 14 juin. 

MALLEN, instituteur, à Bab-Azoun. 
DEPEILLE, direct, de l'école maure française, r. de la Lyre. 
WEIL, direct, de l'éc. des jeimes Israélites, r. Scipion . 



518 PROVINCE 

Intiilutiont privées. 

MM. LAURENT, officier d'Académie, rue Bab-Azoun. 
MACHUEL, du 1*' degré, rue du Sagittaire. 

SLMAN, — rueBoutin. 

ABADIE, — rue Philippe. 

BÉCAT, — rue Cliarles-Ûuint. 

École de dessin. 

M. BRANSOULIÉ , professeur de dessin, rue de Chartres. 

Écoles communales de filles. 

Sœurs de Saint-Vincent-de-Paul, rue du Divan. 

Sœurs de la Doctrine chrétienne, école gratuite, à Bab-Azoun. 

M"»* LUCE, directrice de l'école des jeunes musulmanes, rue 
du Regard. 

M"' HARTOCH (Héloïse), directrice de l'école des jeunes israé- 
lites, rue du Vinaigre. 

Inslitutions privées. 

MM^^DUPARC (vicomtesse) , Athénée des familles, r. deTÉtat-Major. 

MARTIN, rue Renaud. 

ARMAND , rue de la Révolution. 

RIVIÈRE, rue des Consuls. 

LHERMINES, rue Boutin. 

DASNIÈRES, rue Bab-el-Oued. 

. PERRICAU, rue de la Marine. 

BELLOC, rue Jénina. 

PINÇAT, rue des Trois-Couleurs. 

PECIIMARTY, à Bab-el-Oued. 

FOING, rue d'Isly. 

BACHELET, ù Mustapha-Inférieur. 
WITTERSHEIM, rue des Lotophages. 

Salles d'asile. 

Sœur» de Saint-Vinccnt-de-Paul, rue du Divan. 
Soeurs de la Doctrine chrétienne, rue Mogador. 



1) ALGCR. 



519 



M"" DE LATOUR et de LARROC , salle d'asile payante pour les 
enfants des deux sexes, de deux à six ans, rue Scipion, 13. 

MAIRIE. 

Rue Jénina et rue Bruce. — Même bâtiment que la direcUon 
des affaires civiles. 

MM. DE VÉSINS (comte), 0. *, maire d'Alger. 
ROLAND DE BUSSY, 1" adjoint. 
SABATAULT, 2« adjoint. 

PÉCOUD, chef de bureau. 
SÉROR, interprète. 
MIGUÈRES, médecin. 
BOSIO, id. 

Commission permanente de santé. 
Instituée par l'arrêté du 13 mai 1833. 

MM. DE VÉSINS, 0. ^ , maire d'Alger, président. 
MÉARDI ^, docteur-médecin. 
CASSASSOLES, inspecteur de douanes. 
LEFEBVRE, commissaire central. 
MALLE ^ , docteur-médecin. 
SIMOUNET, pharmacien. 

HÔPITAL CIVIL D* ALGER. 

Rue Bab-Azoun. — Succursale à Dély-Ibrabim. 

Service de Santé. 

MM. TROLLIET ^ , médecin en chef, galerie Duchassaing. 
MÉARDI ^, chirurgien en chef, rue du 14 juin. 
MELCION, chirurgien en second, rue des Sauterelles. 
FOLEY, médecin en second, rue Mahon. 
ROLLIER, chirurgien-adjoint , rue Bab-Azoun. 
SÉGARD, pharmacien en chef, rue Bab-Azoun. 

Administration. 

M. LAMBERT DE MAUPAS, économe. 

Voir pour la succursale, à Dély-Ibrahim. 



r>20 



PKOVIISOE 

Dispensaire. 
Rue CaRliata. 



MM. ECKFLT, chirnrgion, rue de Chartres. 
RÉVÉRAHD, pharmacien, rue Bénachère. 
MOUSELER, économe, rue Boulin. 

POLICE. 
Police centrale, rue Boulin. 

{ Voir, pour l'organisation , page 500 ). 

MM. LEFEBVRE, commissaire central. 
LOMBARD , inspecteur. 
JAUME, id. 

/*»■ Arrondissement {plou;e de la Pêcherie). 

MM. DALIGNY, commissaire. 
BOISSEAU, inspecteur. 

2" Arrondissemenl (me du TJzard). 

MM. MURANI, commissaire. 
L.AUZEVAL, inspecteur. 

5« Arrondissemenl (faubourg Bab-Azoun, rue du Marché). 

MM. SAVY, commissaire. 
LUJGOI, inspecteur. 

4" Arrondissemcvt . {Faubourr) Bab-el-Oiied, près le pont), 

MM. BENAZET, commissaire. 
VAUTRAVERS , inspecteur. 

5* Arrondhsemcnt ( A l'Agha , route de Muslnplui-Supcrieur). 

MM. LAMARQUE , commissaire. 
MAl'REL , inspectfMir. 

SAI.VAir.NE DK i.A (:IIMKI\E, commissaire de police du Dis- 
ponsaire , à la police cenlialo. 



i/Ai.cEn. 521 

SKRVIOKS FiîiàJiciens. 

ENREGISTREMENT ET DOMAINKS. 

Rue du la Charte. 

( Voir page 270 ). 

Hccell-es. 

MM. SANÏELLI, couservaleur des hypothèques, me du Com- 
merce, 2. 

ROUBiÈRE , receveur des domaines , rue la Charte. 

HIIL'NY , receveur des actes civils, rue des Sauterelles, 2. 

FASSY, receveur des actes judiciaires, rue Traversière. 

CACHOT, receveur des dépôts et consignations , rue Soc- 
gemah. 
- N , receveur des amendes. 

BÉRARD, receveur du timbre extraordinaire, rue de tu 
Chai'le ,61. 

Débits de papier timbré. 

MM"» V" PÉPIN, rue Bab-Azoun. 
V« LACOSTE , rue Laliihouni. 
OLIVIER, rue Bab-el-Oued. 
.M . BASTIDE , libraire , place Royale. 

DOUAMES. 
Rue Renaud. 

( Voir page 27 i ). 
M. CAILLY, receveur principal , rue Renaud. 

CONTRIBUTIONS DIRECTES. 

Rue d'Orléans. 

( Voir page 271 ). 

Recettes, 

MM. BADIER , receveur de la vilhî. 
ESPA , receveur de la banlieue. 



21 



522 PROVINCE 

' MM. PONS DÉHAMOXD ^ receveur central des produits locaux et 
municipaux , à Bab-Azoun. 
ANDRÉ , receveur, à rabaltoir civil. 
BOUFFEY père, entreposeur des poudres , rueBab-el-Oued. 
LEROUX, vérificateur des poids et mesures. 
LESPIîSAS , receveur du poids public. 
ALI-PACHA (1), surveillant des marches. 

TRÉSOR ET POSTES. 

Rue Jcan-Bart. 

( Voir page 272 ). 

l'ORT DE COMMERCE. 
A la Mairie. 

MM. SEGRETIER, 0. i!^, capitaine de corvette en retraite, directeur 
du port. 
PONS , pilote-major. 

FORCIOLI , inspecteur de la police des quais du port. 
MARTI NO SAVIGLIO, syndic des pêcheurs. 

SERVICE DE LA SANTÉ. 

Commission sanitaire. 
A la Mairie. 

MM. Le C" DE VESINS, 0. ^, maire de la ville d'Alger, président 
de droit. 
ROLAND DE BUSSY (Théodore) fUs , membre. 
C. BOUNEVIALLE ^, négociant, id. 

COUGOT, id. id. 

KOBB, id. id. 

riTATI, id. id. 

LECHÈNE, id. id. 

VIDAL , .secrétaire. 



(1) C'ttstle pctit-flls du dey, prédécoMeur d'Husseiii-P«cha. 



I 



DALGEIl. 5â«^ 

liureau de la suiHr. 
A la Marine. 

MM. CASTEL , oapifaino en 1". 
BARBIER , id. en 2'. 
CAMPS, médecin, rne Tourville. 
i»e' VAROQDIER, employé. 

CORPORATIONS INDIGJ-.NES. 

( Voir page 501 ). 

A la Police centrale. 

AHMED-BEN-HADJ-ALI , amin des Kabyles. 
TAHAR-BEN-MOHAMMED , amin des Biskris. 
BAKIR-BEN-OMAR, amin des MzabUes. 
MOHAMMEl)-BEN-EE-MOULOUD, amin des Mzitas. 
ÂHMED-BEN-ABDERREZZAK , amin des Beni-Lagionalli. 
KARA-MOHAMMED , caïd des Nègres. 
ALI-BEN-OMAR, khodja ( secrélaire ) des corporations. 

SOCIÉTÉ d'agriculture. 
Rue Bugcaud , maison Solbaune. 

MM. MARION , président. 

LACROUTS, 0. ^, président honoraire. 

TKOLLIET i^ , vice-président . 

MALLE ^ , id. 

RÉCY , secrétaire. 

GUILLEN , secrétaire- adjoint, 

SIMOUNET, pharmacien , trésorier. 

SOCIÉTÉ DE MÉDECINE. 

A la Mairie. 

La Société de Médecine d'Alger fonctionne depuis 
deux ans; elle a pour objet, ainsi que l'indique son 
règlement, l'intérêt de la science, le maintien delà 



524 PROVINCE 

dignité professionnelle et le resserrement des liens de 
confraternité. 

La Société se compose de membres titulaires, hono- 
raires et correspondants. 

Le renouvellement du bureau, qui a eu lieu en 
séance générale, le 5 décembre dernier, a fourni au 
scrutin secret, pour l'année 1848, la composition sui- 
vante : 

MM. NÉGRIN, président, rue Boulin. 

MARTIN , vice-président , maison Bisarry. 
DRU , id. rue Scipion. 

TROLLIET , secrétaire, rue Bab-Azoun. 
BOSIO , secrétaire-archiviste , rue Philippe. 
SEMANAS , secrétaire-adjoint , rue Babel-Oued, 113. 
FOLEY , trésoriei", rue Mahon. 

Chambre de commerce. 

La chambre de commerce d'Alger est aujourd'hui 
l'institution la plus ancienne de l'Algérie : elle a été 
établie par un arrêté du général en chef, comte Clauzel, 
du 7 décembre 1830. 

Elle fut d'abord composée de sept négociants, dont 
cinq Français, un Maure et un Hébreu, qui furent dé- 
signés par le môme arrêté. 

En 1855, un arrêté du (iouverneur-Général, se fon- 
dant sur le décret du 50 nivôse an XI, et sur l'ordon- 
nance royale du IG juin 1852, réorganisa la chambre 
de commerce, sur les bases suivantes : 

Kilo était (composée de neuf membres, dont sept 
Français, un Maure et un Indigène, et renouvelée par 
lier» tous les trois ans. 



d'algkk. 325 

Ces neuf membres devaient être élus dans une as- 
semblée composée : 

i^ Des membres du tribunal de commerce; 

2» Des membres de la cbambre de commerce ac- 
tuelle, y compris les membres sortants ; 

5° De notables commerçants, en nombre égal à celui 
des membres du tribunal de commerce et de la cbam- 
bre de commerce, et désignés par l'un et par l'autre. 

Ces dispositions ont été maintenues jusqu'à ce jour; 
les élections se sont toujours opérées avec le plus 
grand ordre et la plus grande régularité : la dernière 
a eu lieu au mois de novembre dernier, et la cbam- 
bre de commerce a été, pour l'année 1848, constituée 
de la manière suivante: (I) 

MM. LICIITLIX *, président. 
COUPUT, inembio. 

BEN-MARABET , id. 



(1) Un 'arrôlé du 9 juillet ;1834 , modiné par un autre arrêté du 
11 novembre suivant, avait attribué à la chambre de commerce, 
pour subvenir à ses dépenses, le produit de la perception d'une taxe 
de 15 0/0 sur les patentes : ce produit était de beaucoup supérieur 
aux dépenses de la chambre, el en s'accumulant d'année en année, 
il eût fini par mettre à sa disposition une somme de quelque impor- 
tance, qu'elle eût pu consacrer à quelque entreprise propre au com- 
merce. Mais les lois de finance qui sont intervenues depuis ont sup- 
primé ce produit. Les dépenses de la chambre figurent au budget. 
C'est ainsi que nos règlements de comptabilité publique ont détruit 
partout ces petites caisses et ces recettes spéciales. Elles ont leurs 
inconvénients; mais elles ont aussi leurs avantages. La chambre de 
commerce de Marseille a seule conservé la libre disposition de cer- 
tains revenus qui lui étaient attribués, depuis un temps immémorial. 
Il ne parait pas que la manière dont elle en fait usage doive discré- 
ditor l'institution de ces caisses : bien loin de là. 



526 pnoviNCE 

MM.FOUHCHON aîné, membre. 
BOURNICHON, id. 

LÉVY-BRAM LAZÀU, id. 
TIRON, id. 

BOISSIÈRE , id. 

SÉDILLE, id. 

CABANELLAS, secrétaire, rue de la Marine. 

Liste des notables commerçants de la ville d'Alger , appelés à con- 
cottrirà l'élection des juges du tribunal de commerce , en 4848, 

MM. LACROUTS, 0. *, négociant. 
BOUNEVIALLE^, id. 
CITATI GAÉTAN, banquier. 
BOURNICIION, négociant. 
ALPHANDERY, id. 
LITCIITLIN^, banquier. 
COUI'UT , négociant. 
GUILLON, id. 
BOISSIÈRE (Aristide), banquitîr. 
CŒUR-DE-ROI , négociant, 
TIRON (Alix), banquier. 
LECIIÈNE, négociant. 
THOULET, id. 
BEN-MARABET , banquier. 
LEVY BRAM , négociant. 

SÉDILLE (Edouard ), marchand de bois en gros. 
VILLIERS ^ , banquier. 
MENAGER, id. 
rOURCHON cadet, négociant. 
FARRE(Jean,) id. 

SALMON, id. en bois de construction. 

BRUN , négociant. 
BOUKNAS, id. 
MlILlNARD,id. 
SIMOUNET, pliarmacicn. 
BELLOIR , marchand de bois «u gros. 



i)'alce«. 527 

MM. GALLIEN , négociaut. 
WAUTIEK, id. 
MARRON, négociant. 
DERÏIIOLON, banquier. 
GONELLE, négociant. 
BAS'HDE , libraire. 

DUBOS, id. - 

CHARPENTIER , négociant. 
GABRIEL , id. 

SEYRAL , id. 

SADIA, marchand de tissus en gros. 
EYNAUD , négociant. 
BREUIL , marchand de cuirs en gros. 
SICARI), négociant. 
DUBREUIL, id. 
COSTE, id. 

JULIENNE, banquier. 

Comptoir d'Alger. 

Institué par l'ordonnance royale du 28 décem- 
bre 1847 fFoiV page 220). 

M. SABATAULT, directeur du comptoir d'escompté. 
ARRONDISSEMENT D'ALGER. 

L'arrondissement d'Alger, tel qu'il a été fixé par 
les arrêtés des 17 décembre 1845 et 15 août 1844, 
comprend, outre la ville d'Alger et son territoire, un 
district composé de treize communes et deux commis- 
sariats civils, dont Chcrchel et Douera sont les chefs- 
lieux. 

Cotnntunea au aisirici tt'Aiffer. 

Mustapiia-Pacha. — Population européenne et indi- 
gène : 4,485 individus. 



528 



PUOVliXCE 



Le chiflire de la population , dont les neuf dixièmes 
sont européens, indique combien cette commune est 
importante. 

Son territoire, contigu à la zone des servitudes mi- 
litaires de la ville d'Alger, du côté du sud et de l'est, 
s'étend en amphithéâtre sur les coteaux qui dominent 
la plaine, dite de Mustapha et du Hamma , et aussi dans 
cette plaine. 11 est couvert de maisons de campagne, la 
plupart anciennes maisons mauresques, restaurées et 
agrandies par les Européens, leurs propriétaires actuel s. 
La salubrité bien reconnue do ce quartier, la beauté de 
la vue , qui dans la plupart des positions embrasse à la 
fois, et la mer, et la plaine, et les montagnes, et le mou- 
vement si animé du port et de la rade, font de Musta- 
pha-Pacha un des lieux les plus agréables du monde. 

La partie basse de cette commune , celle qui est 
contiguë à la mer et se rapproche de la ville, est na- 
turellement la plus peuplée. L'Àgha^ ainsi nommé, 
parce que du temps des Turcs il y .avait une caserne 
de cavalerie mise à la disposition de l'agha des Arabes, 
est un quartier populeux qui s'est bâti en peu d'années. 

Mustapha-Pacha possède des établissements mili- 
taires importants; un camp ou caserne de cavalerie, 
plantée d'arbres, vaste et commode, occupée depuis 
quinze ans par le 1" régiment de chasseurs d'AiVique; 
un hôpital militaire, compris dans l'enceinte de ce 
camp; des écuries pour le train des équipngcs mili- 
taires; un (juartier d'ouviiei's du train; un quartier 
d'infanterie, dont une [)artie vient d'être cédée pour les 
Orphelines; une petite caserne do gendarmerie; des 
bâliments pour un magasin de fourrage très-considéra- 



i/aloer. ^29 

ble, appro[>riés à cet usageavec une grande intelligence; 
enfin, un champ de manœuvre d'environ 20 hectares, 
dont les alentours commencent à se couvrir de maisons, 
et qui deviendra plus tard une promenade publique. 

MM. M niaiio. 

LIEUTAUL), notaire, adjoint. 
LAISNÉ (CI).), négociant, adjoint. 
HUBERT, capitaine, conimandanl du camp. 
liEQUIEN, liontenanl de gtMidai ineiie. 
LAMAHQUE, conimissaire de police, à l'Agha. 
IIOUX, instituteur. 

Il y a à Mustapha-Pacha : six boulangeries et cinq 
boucheries; une tannerie; deux briqueteries; ateliers 
de charronnage, etc. 

Pépinière du Gouvernement, dite du Hamma. — Nous 
avons parlé ailleurs de cet étabUssement. {V. page 193.) 

MM. HARDY, direclenr. 

QUENTIN, jaidinier en chef. 
BONAFOUS , économe. 

BiRMANDiiAïs. — 8 kilomètres d'Alger. — Population 
européenne et indigène : 8G0 individus. 

Cette commune occupe une partie des coteaux qui 
dominent Mustapha-Pacha; elle est traversée par un 
joli vallon qui lui a donné son nom. — Premier poste 
télégraphique de la ligne d'Alger à Biidah. 

MM. ASTRUC, propiiétaire, maire. 
PIHAN, banquier, adjoint. 

Husseiîs-Dey. — 6 kilomètres d'Alger. — Population : 
114 individus. 
Le territoire de celle commune, contigu à celui 



550 PUOVINCE 

de Mustapha, s'étend, le long de la mer, dans ce 
qu'on appelle la plaine du Hamma, et se prolonge 
jusqu'à l'entrée de la plaine de la Mélidja. Les terres 
sont fertiles et très- recherchées des cultivateurs 
mahonnais, qui les louent 1,000 et 1,200 fr. l'hectare, 
loi'squ'il est convenablement arrosé, ou pourvu de bons 
puits, dits norias. 

Hussein-Dey a une caserne de cavalerie.- En 1840, 
le goum de Ben-Salem s'en approcha et saccagea 
quelques maisons, à peu de distance de ce camp. Deux 
personnes furent assassinées et un enfant enlevé, dans 
une auberge quî portait alors et porte encore aujour- 
d'hui l'enseigne du Repos des voyaiyeurs. Le poste mi- 
litaire, bien connu sous le ïiom^^c Maison-Carrée, dépend 
de Hussein-Dey, bien qu'il se trouve de l'autre côté 
dcTHarach. 

MM. SIMON, maire. 

AUGKR ^s notaire , adjoint. 
HOGIJKS^ pi'opriélaire , adjoint. 
VILLON, inslilulcnr. 

Moulins à blé sur l'Oued-Knis. — Plusieurs brique- 
teries. 

KoLBA. — Population : 814 individus. — Le village 
de Kouba, dit aujourd'hui le Vieux-Kouba, a été le 
l)remier essai de colonisation tenté en 1852. Cette 
commune contient un (juarlier d'infanterie; une ca- 
serne de gendarmerie; des carrières à pierres de taille; 
briqueteries. 

MM. lUKNSCII , maire. 

I)UI(KAl^ inédociii, adjoint. 



d'algek. 351 

MM.GRUSSE, lieutenant de gendarmerie. 
BOIZAKD, instiluleur. 

HiuKADEM. — 11 kilomètres d'Alger. — Population : 
1,412 habitants. 

Dès les premiers temps de l'occupation d'Alger, on 
établit un camp à Birkadem. C» camp a amené la for- 
mation d'un village, qui s'est groupé sur la route autour 
d'une très-belle fontaine, construite il y a environ 
40 ans par Omar-Pacha. On a bâti sur ce même point 
une église et une école. 

Saoula, l'un des centres de population créés en 1845, 
est un annexe de Birkadf'm. 

C'est par Birkadem et son territoire que passe la roule 
la j)lus fréquentée qui conduit d'Alger à Blidah par la 
plaine. — Ferme importante, connue sous le nom de 
Ferme-Modèle. — Moulins au ruisseau dit de Baba- 
Ali. 

Tixeraïm, où se trouve un petit camp d'infanterie , 
est un des principaux quartiers dépendant de Birka- 
dem. On y remarque une fontaine en marbre construite 
du temps des Turcs, ombragée de beaux arbres. Elle 
est d'un effet très-pittoresque. 

MM. HEVERCHON, maire. 

RAIGUEL, adjoint à Saoula. 
AUTILLET, instiluleur. 
NAUDIER ^*, lieutenant de gendarmerie. 
1»AYN, médecin. 

DuARïAii. — 15 kilomètres d'Alger. — Population : 
885 individus. 

Cette commune a pris ce nom du premier des centres 
de population créés en 1842. Il y a une église et une 



352 pnovmcE 

école. Jusques-là, ce canton était connu sous le nom de 
Kaddous, l'un des principaux quartiers de cette com- 
mune, d'où elle en avait pris le nom. 

MM.PÉLISSIER (C), propriéiaire, maire. 

ASQUIEU, adjoint. 

GORDE, insliluteur. 
M""* GORDE, école de filles. 

Carrières de pierres de taille en pleine exploitation. 

El-Biar. — A 5 kilomètres d'Alger. — Population : 
i,155 habitants. 

Cette commune est celle des environs d'Alger où les 
cultures ont fait le plus de progrès. — Deux moulins 
à vent ; briqueteries et tuileries considérables ; une 
brigade de gendarmerie. 

MiM. MORIN , propriéiaire, maire. * 

GAUBERT, adjoint. 
LEROSNEL, id. 
MOSCA , insliiulenr. 

BouzAïuA. — G kilomètres 1/2 d'Alger. — Popula- 
tion : 1,452 habitants. 

Cette commune a pris son nom de la plus élevée des 
collines qui environnent Alger. Sa hauteur est de 
598 mètres au-dessus du niveau de la mer. La com- 
mune de la liouzaria est très-étendue en superiicie, 
mais le territoire est fort montagneux. Les belles e;»ux, 
la salubrité de l'air, avaient depuis longtem|)s attiré 
dans ce quartier les riches familles des Maures d'Alger 
et la plupart des consuls; aussi y trouve-t-on , comme 
à Must;q)ha, beaucoup de belles maisons, dont les Ku- 
ropécns sont en grande partie aujourd'hui proprié- 



d' ALGER.' 555 

taii'es. — Gisements de minerai de plomb argentifère 
et de manganèse explorés aujourd'hui; carrières à 
chaux très-estimées; un moulin à manège. 

MM. D'ESPARBÈS DE LUSSAN, 0. ^, ;iiaiic. . 
MEUCIEU, adjoint. 

La Pointe-Pescade. — 6 kilom. d'Alger. — Popula- 
tion : 720 habitants. 

Cette commune, qui est comprise entre la banlieue 
d'Alger, la mer et la Bouzaria, est également très-mon- 
tagneuse. La partie qui borde la mer offre des positions 
trcs-pittores(|ues, et dont on a tiré un bon parti. 

Une petite cité, connue sous le nom de Saint- 
Eugène, a été construite dans ces dernières années 
avec une très-grande rapidité. Une route en assez 
mauvais état joint ce quartier à la ville. Sur cette 
route se trouve un pont en fil de fer de 27 mètres de 
longueur construit aux frais de deux propriétaires. 

MM. DE LA Vlf^LALtJA, propridiairc, maire. 
QUINQUIN, avocat, adjoint. 

Dély-Ibraihm. — 10 kilomètres d'Alger. — Popula- 
tion : 1,452 habitants. 

Dély-Ibrahim a été pendant plusieurs années le point 
extrême de nos possessions autour d'Alger, on pourrait 
même dire, en Algérie; lorsqu'on a formé le camp de 
Douera, dont il va être question tout à l'heure, Dély— 
Ibrahim a pris plus d'importance par l'effet de la nou- 
velle route qui nous ouvrait le Sahel; ça été, avec 
Kouba, le premier essai de colonisation par village, 
tenté en Algérie: les Arabes ont souvent, depuis 1831, 



354 pnoviNCE 

insulté Dély-lbrahim et enlevé ou assassiné ses cou- 
rageux colons. 

Aujourd'hui Dély-ïbrahim, avec l'accroissement de 
territoire qu'il a reçu en 1842, est constitué comme 
un gros village de France : il y a une église, une école, 
une brigade de gendarmerie, une succursale de l'hô- 
pital civil, divers établissements importants de roulage, 
briqueteries et autres. 

En 1842, on a ajouté à ce village un centre de po- 
pulation qui a été établi à El-Achour, pour occuper 
l'intervalle alors inoccupé qui le séparait de Draria. 

MM. MiVZÈRE , propriétaire, maire. 
DUVERGER, adjoint à El-Acliour. 
CHAPSAL ^ , lieutenant de gendarmerie. 
JACQUOT, instituteur. 
i\ANCUlŒL , médecin en chef de la succursale de l'hôpilal 

civil. 
PASKALSKI, économe. 

CiiÉRAGAS. — 12 kilomètres d'Alger. — Population : 
950 habitants. 

Cette commune, qui a pris son nom de celui d'un 
douar arabe émigré en 1840, est toute de fondation 
nouvelle; c'est un des centres créés en 1842. On y 
trouve un moulin à farine sur l'Oued-Messous, diverses 
britjueteneset tuileries fort estimées. Les familles ame- 
nées sur ce point des environs de Grasse ( Var), par 
lies soins du Gouvernement, ont prospéré. 

En 1844, on a ajouté à la commune de Chéragas 
un petit centre établi sur le bord de la mer à Aïn^ 
Benian; il est encore sans importance. Gréé comme 
village de pécheurs, il avait été l'objet d'tme concession 



U ALGCK. 



355 



particulière ; mais les conditious n'ayant pas été rem- 
plies par le concessionnaire , l'administration a dû in- 
tervenir, et traiter cette affaire directement. 

MM. ftIRUCUUIN, propri(Uairo , maire. 
I-KUITHlR, itl., adjoint. 
BAR.Vr, inslituleur. 

Ocled-Fayet. — 12 kilomètres d'Alger. — Popula- 
tion : 242 habitants. 

Création de 1842. — Le village est situé à peu de dis- 
tance d'un blockhaus, jadis bien connu sous le nom de 
Dechioued, et qui a été le théâtre de combats fréquents 
avec les maraudeurs arabes; c'est là qu'en 1841 (le 
l""mai), un capitaine d'infanterie fut surpris et tué, avec 
un détachement de la légion étrangère de 40 hommes ; 
la sécurité dont on jouit en ce moment autour d'Alger, 
et môme bien loin d'Alger, a fait oublier, un peu trop 
vite peut-être, ces événements d'une importance se- 
condaire, qui remplissent l'histoire de nos premières 
années en Algérie. Ouled-Fayet est une commune ex- 
clusivement vouée à l'agriculture. 

MM. COPPIN, propriétaire, maire. 
ROSEY , id. adjoint. 

GALISSIAN , inslituleur. 

Sidi-Ferrucii et Staoueli. — A 24 kilomètres d'Al- 
ger. — Population : 150 habitants. 

Sidi-Ferruch et Staoueli sont aujourd'hui des noms 
glorieux, inscrits pour jamais dans nos annales; c'est 
à Sidi-Ferruch que l'armée française débarqua le 
14 juin 1850; c'est à Staoueli qu'elle a pour la pre- 
mière fois combattu sérieusement les Arabes comnian- 



356 puoviNci: 

dés alors par les Turcs; le succès de la journée de 
Staouëli lui ouvrit, peu de jours après, les portes d'Al- 
ger. 

Sidi-Ferruch, ou Ferroudj (pourréciire plus correc- 
tement) consiste uniquement dans un marabout con- 
struit à l'extrémité de la presqu'île, et consacré à un saint 
personnage musulman, sur lequel il court une multi- 
tude de légendes merveilleuses. 

Actuellement, le village de Sidi-Ferruch, renfer- 
mé dans l'enceinle du camp tracée par l'armée en 
1850, est un petit hameau composé de quelques 
familles de pêcheurs recrutées sur les côtes de Breta- 
gne; ce n'est encore qu'un essai, mais un essai d'une 
portée immense pour notre marine et notre cabotage. 
A ce titre , il mérite de fixer toute l'attention du gou- 
vernement: la pêche et la salaison des sardines, et la 
pêche des huîtres commencent à y prendre quelque 
suite et quelque activité. 

Staouëli est bien connu par le monastère que les 
frères de la Trappe y ont construit ; il présente des 
constructions très-importantes et un dévelopj)cmcnt 
de culture remarquable. La concession qu'ont obtenue 
les trappistes est d'une étendue de 1,000 hectares d'un 
seul tenant: l'administration a généreusement aidé ces 
pieux enfants de Saint-Benoît; mais ils se sont encore 
mieux aidés eux-mêmes par leur dévouement, i)ar 
leur persévérance. Ce monastère, qui nous rappelle 
ceux du moyen-Age, contient GO pères ou frères, 
tous voués au travail d'après la règle do leur ordre : il 
porte le nom de Notre-Dame de; Staouëli. On aurait pu 
l'appeler l'Abbaye de la bataille, comuje le couvent (jue 



bALGER. 537 

Guillaume-le-Conquérant fit élever sur le champ et en 
inémoire de la bataille d'Hastings. 

MiM. GOUIN, maire de Sidi-Ferruch. 

Le père Don ANTONIO RÉGIS, supérieur. 

FoNDOL'CK. — Centre créé par un arrêté du 14 octo- 
bre 1844, à trente-huit kilomètres d'Alger. — Popula- 
tion , 280 habitants. 

Un camp destine à observer et à couvrir la partie 
orientale de la Métidja avaitété établi, en 1858, au lieu 
dit du Fondouck. Mais l'insalubrité de cette position 
était extrême; le camp et le fort de Kara-Mustapha qui 
en dépendaient furent évacués et abandonnés en 1841. 

Cependant , comme cette position , située sur la 
route d'Alger à Constantine par Aumale , et à proxi- 
mité de celle d'Alger à Dellys , a une importance in- 
contestable, l'administration se décida, en 1844, à 
créer dans la même localité, mais dans une situation 
supposa moins malsaine, un centre de population des- 
tiné à devenir le centre administratif de cette partie 
de la plaine. 

La population qui est venue se fixer sur ce point 
a été cruellement éprouvée par les maladies; cette cir- 
constance fâcheuse ralentira certainement l'essor de ce 
village, qui réunit du reste les conditions les plus fa- 
vorables. Aussi l'administration doit-elle faire tous ses 
efforts pour que cette création surmonte les obstacles 
qu'elle rencontre , et que le problème de l'assainisse- 
ment graduel du pays soit résolu comme il paraît l'a- 
voir été à BoufTarick. , 

M. MARQUIER , maire. 

22 



558 PROVINCE 

MM. MELLET, médecin. 
PAUR , instituteur. 

Nous devons ici mentionner d'autres localités dont 
il est souvent question à Alger, lorsqu'il s'agit de cette 
partie de la plaine de la Métidja. Ce sont : 

i*» Le quartier de Beni-Moussa, dans lequel l'admi- 
nistration se propose de créer deux villages : YArba et 
Rovigo; ce quartier est en grande partie possédé par 
des propriétaires européens; 

2<* La terre de /a Rhegaya, exploitée jadis par un 
de nos colons les plus courageux , M. Mercier , et qui 
appartient aujourd'hui à M. Fortin-d'Ivry; 

5'* La ferme de la Rassàiita, concédée en 1854 à 
M. le prince de Mir, reprise depuis par l'administration, 
qui y a placé la tribu des Aribs , et se propose d'y créer 
un village au lieu dit le Fort-de-VEau. 
' Il importe au plus haut point que ces établissements 
{iliblics et privés , commencés oii seulement projetés , 
reçoivent une prompte et énergique impulsion ; car il 
est vraiment à déplorer de voir cette partie de la plaine , 
riche et si voisine d'Alger, encore déserte et infertile. 

Miiëlrict cff« Miowéra, 

Comprenant sept communes. ( Arrêté du 13 septembre IS-U. ) 

Douera. — Distance légale, 22 kilomètres S.-O. d'Al- 
ger, chef-lieu du district de ce nom. — Population : 
i,502 habitants. 

Douera est un point occupé par nos troupes depuis 
1855. (le n'a été longtemps (|u'un camp, sous la pro- 
tection duquel s'était formé un village, que faisait vivre 
h" passage continuel des troupes et la fréquentation de 



la route, la seule alors qui conduisît d'Altj,ei' à la plaine. 

En 1842, lorsque l'administration songea à coloniser 
le Sahel , Douera fut considéré comme devant être le 
centre administratif des établissements qui seraient 
formés de ce côté. Un arrêté du gouverneur-général , 
en date du 17 mars 1842, jeta les bases de cette créa- 
tion, qui a été continuée depuis cette époque. 

Douera contient aujourd'hui un quartier d'infante- 
rie, un hôpital militaire pour 500 lits, une église, un 
temple protestant ; l'air y est sain : son territoire sec 
et montueux paraît éminemment propre à la culture 
de la vigne et du mûrier. 

MM. COSTALLAT, commissaire civil. 

MANGIN , secrétaire. 

GODARD ^ , lieutenant de gendarmerie. 

VOLLON , juge-de-paix. 

BAHBANCEYS , grelfier. 

OSCAR GLOERFELDT , interprète. 

FAUDOï, notaire. 

FONTAINE , huissier. 

IlOUGEMONT, ingénieur des ponfs-et-chaussées. 

N , inspecteur des bâtiments civils. 

OUTRE Y , trésorier-payeur. 

BOYEIi , instituteur. 
M"« CRESSON , école de filles. 
MM. ASSENAT ^, capitaine, commandant de place. 

CORRÉARD ^ , intendant militaire. 

RENAUT ^ , chirurgien en chef de Thôpital militaire. 

CASELLI , médecin id. 

MARTIN, médecin civil. 

RIVIÈRE , receveur de l'enregistrement. 

CONDURIER , receveur des contributions diverses. 

BLACHET, négociant. 



r»40 PROVINCE 

MM.CHAPPON, négociant. 
GKISOLLES, id. 
BLANC , voilurier. 

Ouled-Mendil. — Hameau situé à droite de la route 
de Bouffarick , sur le versant de la plaine, est une dé- 
pendance de Douera ; là se trouve un douar arabe 
de ce nom, seul reste des tribus qui occupaient avant 
la conquête cette partie du Sahel. Le hameau, dit 
des Qualre-Chemins , situé dans la plaine, est aussi un 
annexe de Douera. 

Baba-Hassan. — Centre de population créé en 1845, 
4 kilomètres de Douera. — Population, i75 habitants. 

MM. CHIFFLET, maire. 
BOURDEAUX , adjoint. 
JOUG , instituteur, 

Crescia. — Centre de population créé en 4843 : ki- 
lomètres de Douera. — Population, i75 habitants. 

M. MÉJANELLE , maire. 

Une caserne de gendarmerie a été construite près 
de ce village dans une position qui domine le Sahel. 

C'est sur le territoire de ce village que se trouve un 
camp formé en 1841, et aujourd'hui abandonné : il 
portait le nom de Sidi-Slimam. 

Mahelma. — Centre créé en 1844, 8 kilomètres de 
Douera. — Population 107 habitants. 

MM. PONTENAY * , maire. 
FENET, :i(ljoinl. 
DU VAL, médecin, 
Maiielina a été jusqu'en lHr>K le point extrême de 



bÀLGER. 341 

notre occupation , dans la direction de l'ouest ; cette 
position devint secondaire, lorsqu'on occupa Kolcah, 
en vertu des conventions du traité de la ïatha. 

Le village a été bâti par les condamnés militaires , 
et a d'abord formé le noyau d'une petite colonie mili- 
taire ; il est depuis deux ans remis à l'autorité civile ; 
la tribu des Ben-Omar, qui a émigré en 1857, après 
l'assassinat d'un officier de zouaves , occupait un em- 
placement voisin du camp : elle avait donné son nom à 
ce quartier. 

Saint-Ferdinand. — Créé en 1843, 8 kilomètres de 
Douera. — Population, 155 habitants. 

MM. CAPPONE , maire. 
RUSÉ, adjoint. 
ANDRIOT , instituteur. 

Le hameau, dit le Marabout d'Aumale, ell'habitation, 
dite la Consulaire, sont des dépendances de Saint- 
Ferdinand ; tous ces établissements et le village ont été 
construits par les condamnés militaires sous la con- 
duite de M. le colonel Marengo. 

Sainte-Amélie. — Créé en 1844, 8 kilomètres en- 
viron de Douera. — Population, -11 5 habitants. 
M. DÈDOUIN , maire. 

Ce village a été construit en même temps que Saint- , 
Ferdinand par les condamnés militaires. 

Il faut remarquer que le quartier où ces trois der- 
niers villages ont été construits était entièrement désert, 
il y a cinq ans, et qu'il avait été le théâtre d'assassi- 
nats continuels. Ces créations faites rapidement ont 
contribué à y ramener la sécurité. 



542 puoviNCK 

SOUS-DlRECTION DE BLIDAH. 

Blidah , chef-lieu delà sous-direction de ce nom, 
créée en vertu de l'ordonnance du 15 avril d845, est 
aussi le siège d'un tribunal de première instance. 

La sous-direction de Blidah comprend, outre les cinq 
communes qui en dépendent, deux commissariats ci- 
vils : Bouffarick et Coléah. 

Bhdah est indiqué comme devant être le chef-lieu 
de la division militaire. 

Cette ville, la seule encore qui existe dans la grande 
plaine de la Métidja, est située au pied de l'Atlas, au 
débouché des roules qui conduisent à Médéah et à 
Miliana. M. le maréchal Bourmont, en 1850 et peu de 
jours après la prise d'Alger, dirigea une reconnais- 
sance sur Blidah; il n'y pénétra qu'après un sanglant 
combat : il en fut de même quatre mois après, lorsque 
M. le maréchal Clauzcl alla mettre une garnison et in- 
staller un bey à Méùéah. Blidah ne fut cependant oc- 
cupé définitivement qu'en 1858, et encore, à cette 
époque , on ne permettait aux Européens d'y entrer 
qu'avec des autorisations expresses. En 1859, lors- 
qu'éclata l'insurrection d'Abd-el-Kader , la nécessité 
obligea de renoncer à ces vains scrupules; on mit gar- 
nison dans la ville; on créa les établissements dont 
les services avaient besoin ; la population civile put 
s'y établir librement; aussi Blidah a-t-il prompte- 
meiit changé de lace : la spéculation s'y porta avec 
une activité sans doute prématurée; des quartiers en- 
tiers fun'nl construits : c'est aujourd'hui une ville tout- 
à-fait europ('cnii(*. 



D'ALGER. 545 

Ceque Blidah offre de plus remarquable, c'est l'abon- 
dance de ses eaux alimentées par les sources de l'Oued- 
el-Kebir, qui servent à l'irrigation et à des prises 
d'eau pour des usines. Les campagnes qui l'environ- 
nent sont d'une beauté remarquable. Au temps des 
Turcs, Blidah était réellement situé au milieu d'une 
magnifique forêt d'orangers et de citronniers. Les be- 
soins de la défense et d'autres besoins moins justi- 
fiables ont considérablement éclairci ces admirables 
jardins; ils commencent à se repeupler. Une bonne 
administration , un aménagement convenable , un bon 
système d'irrigation, les.auraient bientôt rétablis. 

Blidah contient un hôpital, des casernes et d'autres 
établissements militaires considérables ; un poste de 
traduction télégraphique. — Distance d'Alger, 51 kilo- 
mètres. — Population, 6,549 habitants. 

MM. DUSSERT * , sous-directeur. 

PEYKE, secrétaire de la sous-direction. 

GOBY, maire. 

DELAGllÉE , adjoint. 

DIEÏZ, commissaire de police. 

PASCAL, instituteur. 
M""BREZET, institutrice. 

MEYER , id. 
MM. AYMARD, ingénieur des ponts-et-chaussées. 

OLLIER, inspecteur des bâtiments civils. 

ALLIES, conservateur des hypothèques. 

DUCHÉ, receveur de l'enregistiement. 

STÉPHANOrOLI , receveur des domaines. 

DAUPHLN , receveur des contributions diverses. 

REYBAUD ^, payeur particulier. 

POÉRIO, 0. ^ , lieutenant-colonel, commandant de place. 



544 puoviNCE 

MM. MONTÉLÉON de St.-FORIN *, capitaine, commandant la 
a» compagnie de gendarmerie. 

DUCOUDRAY, lieutenant de gendarmerie. 

HALL , trésorier. 

LIBERSART ^, intendant militaire. 

FINOT ^ , médecin en chef de l'hôpital militaire. 

BONNEAU ^ , chirurgien en chef. 

PORTIER, pharmacien. 

DUCASSE ^ , chef de bataillon , chef du génie. 

Direction des affaires arabes- 

MM. GABORIAUD ^, capitaine , directeur. 
PECHOT * , id. adjoint. 

PELTINGEAT, lieutenant , id. 

TRIBUNAUX. 

Tribunal de première instance. 

MM. LEFÈVRE , président. 

De TONNAC , juge d'instruction. 
BONHOMME de LAJAUMONT , juge. 
FATRAS , id. 

JORDAN, id. 

GODEFROY, greffier. 

Parquet. 

MM. LEFRANÇOIS , procureur du roi. 
SÉGUIER , substitut. 
N...;., juge-de-paix. 
GENUIST, greffier. 
LEGOLFF , défenseur. 
FOURRIER , id. 
LI(;Mf:RES, id. 
TIIIIUON, id. 

DE lA PLACE , notaire. 
DAliKT, id. 



d'algek. 545i 

MM. JOLY (Casimir) , traducteur assermenté. 
CASABIANCA, huissier. 
BERTRAND , id. 
PELLETIER , id. 

N id. ' ' 

CARDONNE, commissaire-priseur. 

MARMONTEL , curateur aux successions vacantes. 

DÉLORMEL , médecin. 

GUÉRIN, id. 

PONCEL , pharmacien. 

CHAULE , id. 

MAGNÉ et FABRI , négociants. 

POURTAUBORDE , nouveautés. 

BACRI, id. 

GUÉRIN , id. 

MAFFRE Frères et Comp', vins et liqueurs. 

GRENIER-DELARET , id. 

NIULLARD , id. 

FRANÇOIS, épiceries. 

TORRÉ , id. . 

MAURAIN (dame) id. 

GAUVIN et LERVAT, selliers. 

MULLER , armurier. 

CHAMPS et GRAVOTTI , quincailliers. 

HARTMANN , libraire. 

ROIDOT, id. 

ROCHE , imprimeur. 

FONTENAT , commissionnaire de transports. 

MALLIFFAND et Comp». , id. 

MEYER, id. 

3 boulangeries. — - 4 cafés. — 4 hôtels : de France, du 
Palais-Royal , du Périgord, de la Régence. 
Messageries. — Les mêmes qu'à Alger. 

MM. VERGER , propriétaire d'usines sur l'Oued-el-Kébir. 
DESMOULINS, briqueterie. 



346 riu)vi NGE 

MoNTPENSiEU. — Village situé à trois kilomètres N.-E. 
de Blidah, créé en 1845, sur l'emplacement du petit 
camp de Blidah. — Population : 77 habitants. 
M. DK RAYNEVAL , maire. 

JoiNviLLE. — Centre créé en 1845 sur l'emplacement 
et dans l'enceinte du Grand-Camp ; six kilomètres 
0. de Blidah. — Population : 169 habitants. 

MM. RAVIX , maire. 
CARRÉ, adjoinl. 

Dalmatie. — Centre créé en 1844, au lieu dit Oulid- 
Yàich, à huit kilomètres E. de Blidah. — Population : 
249 habitants. 

MM. GIRARD , maire. 
VOISIN , adjoint. 

Beni-Mered. — A été pendant longtemps un poste 
de cavalerie, destiné à observer la route entre BoufTa- 
rick et Blidah : plus d'un combat sanglant a été livré 
dans ses environs. C'est près de là aussi qu'en 1842 , 
un brave sergent d'infanterie, nommé Blandan, chargé, 
avec vingt hommes du 26® de ligne, d'escorter les dé- 
pêches, fut surpris par un parti de quatre cents cava- 
liers arabes. 11 tomba percé de coups, en donnant le 
signal de la plus énergique résistance à sa petite troupe, 
qui combattit avec le courage du désespoir, et en même 
temps avec assez de succès pour que les troupes de Bouf- 
farick et de Boni-Mered aient eu le temps de venir à son 
secours. Cincj hommes seuls survécurent à cette glo- 
rieuse affaire , en mémoire de laquelle M. le maréchal 
Biigcaud Ht élever, pur souscription, le monument qui 
décore la place de Mered. 



En 1845, ce point fut choisi pour un essai de colo- 
nie militaire. Deux ans après, Beni-Mered a été remis 
à l'autorité civile. 

Distance légale, dix kilomètres N.-E. de Blidah. — 

Population : 295 habitants. 

MM , maire. 

ÛUmiN, adjoint. 

MouzAÏA. — LaChiffa. — Deux centres créés par or- 
donnances , rendues en 1846, sont d'une formation 
toute récente. Ils tirent leurs noms, le premier, de ce- 
lui de la montagne voisine et de la tribu qui l'habite; le 
second, de la rivière de la Chiffa, près de laquelle il est 
placé. M. Roi, inspecteur de colonisation , a été nommé 
maire provisoire : les colons commencent à s'installer. 

BouFFARiCK. — Point de partage des eaux de la plaine 
de la Métidja. De temps immémorial, il se tenait dans 
cet endroit un marché arabe considérable : il était d'or- 
dinaire fort tumultueux. Un des scheiks qui nous était 
dévoué, nommé Bou-Zéïd (1), y fut assassiné en 1855. 
On établit d'abord un camp, qui porta le nom de Camp 
(ïErlon, du nom du gouverneur-général qui en prescrivit 
la formation. A côté de ce camp, et par la double in- 
fluence du passage dos troupes et de l'ouverture de la 
route de Blidah, un village se forma; des concessions 
furent faites par la direction des finances. Les néces- 
sités de la défense, en 1859, obligèrent à enfermer ce 
bourg dans une enceinte dont le développement est 
considérable. 

Les eaux sont très-abondantes à BoufliU'ick, le terri- 

(1) A'oir les Àimaks île M. Pélissier. 



548 puoviîN'CE 

toire très-fertile; pendant de longues années, ce lieu 
était redouté par son insalubrité. L'habitation, les 
cultures, les plantations, les travaux de dessèchement 
ont singulièrement amélioré cette situation (1). 

Bouffarick est depuis 1840 le chef-lieu d'un com- 
missariat civil. — 55 kilom. 1/2 d'Alger; 14 1/2 kilo- 
mètres de Blidah. — Population : 2,151 habitants. 

MM. DE LAMOTHE-LANGON, commissaire-civil. 
:. VERLAC , secrétaire. 
-~ BÉRARD, insiituleur. 

MALAKOWSKI , chirurgien aide-majoi-. 
PUJOL ^, commandant de place. 
THOMAS^, capitaine, dépôt d'étalons. 
MM. SELTZ , négociant. 
AUDIS, id. 
SouMA. — Centre créé en 1844, à 10 kilomètres de 
Bouffarick. — Population : 225 habitants. 
MM. TEULE , maiie. 

DELAUNAY , adjoint. 

KoLÉAii était célèbre chez les Arabes par le mara- 
bout des Sidi-M'Barech , qui avaient là leur sépul- 
ture. Cette petite ville est fort agréablement et fort 
sainement située sur le versant nord des collines du 
Sahel , qui dominent la partie de la Métidja, connue sous 
le nom de plaine des Hadjoutcs. La campagne qui envi- 
ronne cette ville est fertile et bien boisée. Au temps des 
Turcs, et encore avant In guerre de 1859, les Koléotes 



(2) Nou$ devons dire loiilcfois, pour rendre homniaffc à la vérité, 
que, dann la saison dernière, il y a eu à RoulTarick de nond)rcuses 
maladies. On les aUribuo aux rcniucinonlK de (erres, occasionnés 
par l«s travaux de desséchenicnls. 



1) ALGElt. 540 

se livraient à un commerce de grains très-actif entre 
Alger et les tribus de la montagne, et même celles du 
Chélif : ce commerce n'existe plus aujourd'hui , il suit 
d'autres voies. 

Plus d'une fois nos colonnes avaient visité et tra- 
versé Koléah, dont les habitants s'appliquaient à con- 
server entre nous et les Hadjoutes, comme on disait 
alors , une prudente neutralité. Mais, après le traité de 
la Tafna, au commencement de 1858, cette ville fut 
définitivement occupée par le régiment des zouaves, 
alors commandé par M. de La Moricière. On y a créé 
des établissements militaires importants , des casernes, 
un hôpital, etc.: on a augmenté et fortifié l'enceinte; en- 
fin Koléah fut érigé en commissariat civil par l'arrêté 
ministériel du 21 décembre 1842 : on vient d'y in- 
stituer récemment une justice-de-paix. 

44 kilomètres 0. d'Alger , 38 kilomètres N. de Bli- 
dah. — Population : 1,025 habitants. 

MM. CALENDINI, commissaire civil. 

MAILLART DE LA COUTURE , secrétaire. 
GROUSELE , inspecieur des bâtiments civils. 
ROGER , receveur de retwegistremeni. 
PEPUTOWSKI, médecin civil. 
LECLERC , médecin en chef de l'hôpital. 
DOUDARD DE LAGNY, juge-de-paix. 
BOUCHIER , greffier. 
GILLARD , huissier. 
FABVIER ^ . commandant de place. 
DAR VILLE , lieutenant de gendarmerie. 
LANNÉGRAS, instituteur. 

AïN-FouKA, sous Koléah. — Centre créé en 1842; 
M. le maréchal Bugeaud y envoya des colons militaires 



350 PHOViNce 

libérés de différents corps de l'armée d'Afrique : des 
maisons leur furent construites par le génie militaire. 
En 1846, on a ajouté au village agricole un hameau 
composé de pêcheurs et destiné, comme cela avait 
déjà été pratiqué à Sidi-Ferruch , à former le noyau 
d'une de ces populations maritimes que la France aurait 
si grand intérêt à voir se former sur les côtes de l'Al- 
gérie. — Population 228 habitants. 

MM. BRÉVARD, maire. 
ROUX, insliluleur. 

g^jDouAOLDA. — Centre créé en 1845 sur un plateau qui 
domine la rive gauche du Mazafran ; le territoire est 
riche et fertile. C'est dans un des ravins, compris dans 
ce territoire, qu'en 4840 un détachement de 150 hom- 
mes du 3™" léger, fut surpris et détruit par un parti 
nombreux de cavahers arabes. — Population : 225 ha- 
bitants. 

MM. WIDEKERKER, imire. 
MEL'SY, adjoint. 
BOURGEOIS, insliluleur. 

Zéralda. — Village créé en 1844, au milieu d'un ter- 
ritoire fort boisé, mais encore peu cultivé et peu fré- 
quenté. — Population : 205 habitants. 

MM. MAGREY, maire. 
.... adjoint. 

CiiERGiiEL. — Chef-lieu du commissariat civil de 
ce nom. — C'était .loi sous les rois mauritaniens; 
c'est l'ancienne Julia Cœsarea, ville importante parmi 
les cités d'Afrique, et dans laquelle les rois de Mauri- 



D'ALf.ER. 551 

taïiieavaienirixéleui'résidence;les ruines considérables 
dont le sol de Ghercbol et ses environs, à de grandes 
distances, sont jonchés, attestent d'une manière irré- 
cusable son ancienne splendeur. Partout, en fouillant, 
on rencontre des fûts de colonnes de marbre, souvent 
même des statues dans quelques unes d'un bon style, 
mais, malbeureusement presque toutes mutilées, des 
colonnes de granit encore entières. Il y avait à Julia 
Cœsarea, comme dans les colonies romaines d'une cer- 
taine importance, un théâtre, un hippodrome et un 
cirque, dont l'enceinte et même les gradins, dans quel- 
ques parties, sont bien conservés; on remarque égale- 
ment dans les vallées à l'ouest de la ville, deux aque- 
ducs qui amenaient l'eau des sources situées à des 
distances considérables. Enfm on a trouvé à Cherchel 
des inscriptions en langue latine d'un véritable intérêt 
historique; les autorités locales ont fait ce qu'elles ont 
pu pour conserver et recueillir tous ces monuments ; 
ils n'attendent qu'un local con- venable pour former 
une collection intéressante. 

M. le maréchal Clauzel avait vainement en 1856, tenté 
la voie des négociations pour amener les habitants de 
Cherchel à une soumission volontaire. Abd-el-Kader 
y établit son autorité , à la faveur du traité de la 
Tafna. 

En décembre 1840, les habitants de Cherchell ayant 
remarqué un bâtiment de commerce que les courants 
amenaient vers la côte, en même temps que le défaut 
de vent l'empêchait de manœuvrer , armèrent leurs 
mauvaises embarcations, amarrées sur la côte, et at- 
taquèrent ce navire que son équipage eut à peine le 
tomps d'abandonner. Ce fait de piraterie amena l'occu- 



552 PROVINCE 

pation de Cherchel; l'armée coriirtl'ahdfe" par M. le 
maréchal Valée y entra le 12 mars 1840; la ville était 
entièrement déserte; des ordres sévères de Témir 
avaient obligé les habitants à l'abandonner : une faible 
partie (le tiers seulement) de cette population put 
rentrer dans ses foyers, lors de la pacification de 1842. 

Un arrêté du l^r décembre 1840 a créé à Cherchel 
un centre de population européenne; peu de temps 
après, on y établit un commissariat civil. 

Les ponts-et-chaussées y construisent en ce moment 
un port ou plutôt un bassin, creusé dans l'emplacement 
d'un port romain ; on y construit également un phare; 
ces deux travaux seront d'une importance et d'une uti- 
lité véritables pour la navigation si difficile sur ces cô- 
tes sans abri. Le génie militaire a bâti une caserne 
d'infanterie, un hôpital militaire, et enfin tout ce qui 
est nécessaire pour une garnison de 2,000 hommes. — 
85 kilomètres (par mer) 0. d'Alger. — 100 kilomètres 
N. de Miliana. — Population: 1,969 habitants. 

MM. DE LAMARE, 0. *, commandant-supérieur. . 
OTTEN, commissaire-civil. 
MAX3I)U1T. secrétaire. 
GIRET, ingénieur dos ponls-et-chaussées. 
BELI.E iJi*, lieulenanlde vaisseau, direcleur du port. 
BOCQlMilT, 0. iSî, inlendanl-mililaire. 
MENTE, capitaine, chef du génie. 
MIALLtS , médecin en chef. 
SALLERON, chirurgien. 
JOT, pharmacien. 

MOIMJ] ^, lieutonani de spahis, chef du hureau arahe. 
RAHIET, tiVîsorler-payeur. 
VEHNEY, maréchal-doR-Iogis, commandant hi gendarmerie. 



d'algkr. 555 

MM. VIGNOT, notaire. 

RONDON, iiisiiliiloiir. 
M '* DE BALDY, rcole do filles. 
M'"M.Ol]RSE, i(l. 

MM. CHALAP, recovpur do renregisliemoni. 

D'HOUDETOT, locovcnrdes conirihiiiious, 

SANS, recevcnr dos douanes. 

MAMY,coniii('i' de commerce. 

CELLI, négociaiii. 

WALS, id. 

LÉON , id. 

LEYDEN, id. 

PAPILLON, id. 
M™" VERNEY, id. 

4 boulangeries. — 2 boucheries. — Fours à chaux 
et à plâtre. — Carrières de pierres de taille. 

Sur la route de Cherchel à Alger se' trouvent trois 
localités dignes d'être citées : 

d° Le monument connu sous le nom arabe de Kouher- 
Roumia (le Tombeau de la Chrétienne). Tout porte à 
croire que ce monument était le mausolée des anciens 
rois de Mauritanie. 11 serait inutile de rapporter toutes 
les légendes qui circulent parmi les Arabes sur ce mo- 
nument; il n'est, du reste, remarquable que par sa 
masse, et par sa position élevée qui domine un vaste 
horizon ; 

2° Le lac .4//ow/a, véritable réservoir des cours d'eau 
delà plaine, dans cette partie delà Métidja. Ce lac, ou 
plutôt ce vaste marais, est couvert d'une innombrable 
quantité d'oiseaux aquatiques. Il fournit aussi beaucoup 
de sangsues; 

5" Les ruines de la ville de Tefsad, l'ancienne Tipasa. 
Ces ruines sont considérables, mais paraissent peu im- 

25 



354 PROVINCE 

portantes pour les arts et l'histoire. Il serait intéressant 
du moins pour le cabotage qui se fait lo long de ces 
côtes, de créer à Tefsad un petit établissement mari- 
time. Les montagnes dos Chainouans forment déjà un 
abri naturel que les navires vont souvent chercher 
lorsque les vents soufflent de l'ouest. 

TERRITOIRES MIXTES DE LA PROVINCE d'aLGER. 

Médéah. — Ancien chef-lieu du beylik de Titteri, 
aujourd'hui chef-lieu de la subdivision militaire. 

Médéah fut occupé, dès le mois de novembre 1850, 
par M. le maréchal Clauscl, qui y installa pour bey, au 
nom de l'autorité française, un Maure d'Alger, Hadj- 
Mustapha-ben-Omar; il est mort il y a peu de temps. 
Ce bey ne put tenir longtemps contre les Arabes in- 
surgés. 

M. le général Berthezènc, successeur de M. le ma- 
réchal Clauzel, essaya également de laisser dans Médéah 
une garnison, mais elle était beaucoup trop faible, et il 
fallut bientôt la relever; c'est alors qu'eut lieu cette fâ- 
cheuse affaire connue sous le nom de retraite de Médéah. 

Depuis ce temps, Médéah fut perdu pour nous. Cédée 
à l'émir en 1857, par le traité de la Tafna, M. le maréchal 
Valée dut s'cmi)arer de nouveau de cette place, dont 
l'importance, au point do vue stratégique et politique, 
nesauraitètre contestée. Après plusieurs combats san- 
glants avec l'émir, il y entra à la fin d'avril 1840 , avec 
le duc d'Orléans, qui commandait une des divisions de 
l'armée. 

I)<'j)ui8 celte époque, Médéah a été définitivement 
occupée, et est une ville entièrement européenne. Des 



D'ALGEit. 5rir> 

éttiblissenicnts considérables s'y sont l'onnés. Nous 
avons parlé ailleurs de la route ouverte à travers les 
gorge^ de la Cliiffa , et qui assurera, lorsqu'elle sera 
achevée , les communications entre Médéah et Alger, 
par Blidali. Les environs de Médéah sont aussi sains 
que pittoresques et fertiles. Les propriétés ont com- 
mencé à y acquérir une véritable valeur. Les cultures 
font chaque année des progrès sensibles. 

Distance légale : 84 kilomètres S. d'Alger. 

Population : 4,908 habitants. 

MiM. MAREY-MONGK, C, ^, général, commantlam-supérieur. 

JOIIIN, 0. J^, coinmantlaiit de place, faisant fondions do. 
commissaire civil. 

DEFOUG ^, capitaine, chef du bureau arabe. 

DE SAINT-AMAM) , irésorier-payeur. 

MAIGNE , notaire. 

JAVAIN ^ , commandant du génie. 

MERCIER ^ , intendant-militaire. 

GORET ^ , médecin en chef. 

BESSÈDES, chirurgien. 

I)UPL.\T^, pharmacien en chef. 

EAURE, receveur des domaines. 

PEQUEREAU, receveur des contributions. 

P.WAN, instituteur'. 
M"^" PAYAN, école de fdies. 
MM.UTIVAN, négociant. 

MATHIEU, id. 

GEORGES, id. 

BoGHAB. — C'est le poste-magasin de Médéah ; à 
80 kilomètres au sud de cette ville. A l'abri et sous 
l'influence de ce poste, il s'est formé un village dont 
la population s'élève à 175 habitants. 



356 pfioviNrE 

MM. MONNET^, chef de butailloii, coimnaudani-supéiiciir. 
GRUARD, lieulonanl, chef du bureau arabe. 
TESSIER, capitaine, commandant le génie. 

Moi]ZAÏ\-LES-Mi>ES. — Centre de population et éta- 
blissement métallurgique très-important, fondé d'abord 
par M. Montgolfier, et ensuite par MM. Henry frères, 
de Marseille, qui ont obtenu la concession des mines 
de cuivre. (Arrêté du 22 septembre 1844.) 

Les minerais extraits de ces mines sont exportés en 
France et amenés à une usine récemment fondée par 
cette compagnie, à Bouc, près Marseille. Ils y sont 
traités d'après des procédés nouveaux, dont le succès 
paraît assuré. Les exportations de ces minerais se sont 
élevées, en 1846 et 1847, à 500.000 kilogrammes 
ramenées à une richesse moyenne de 25 p. 0/0. La 
compagnie des mines de Mouzaïa a ccrtaincijicnt bien 
mérité de l'Algérie, par la persévérance et l'habileté 
avec lesquelles elle a conduit cette grande entreprise, 
qui a employé des capitaux importanls. 

Popuhilion : 489 habitants. 

MM. EMME, directeur de la mine. 
GUÉRIN, ingénieur en chef. 
MEFFE ^, capitaine, commandant de place. 

AuMALE [Sour-dhoslan, en arabe). — 150 kilomètres 
environ S.-E. d'Alger; GO kilomètres E. de Médéah, 
et à huit lieuos du fortd'Ilamza. 

Aumale n'est encore qu'un camp formé, il y a un peu 
plus d'une année, pour observer et contenir les popula- 
lionsdu .lurjura. Cet établissement était la conséquence, 
ou plutôt la base nécessaire des projets si sagement con- 



I>AL(;F.i\. *ftH 

çus et préparés par M. le maréchal Bugeaud, à l'égard de 
la Grande Kabylie. Déjà, le camp commence à devenir 
une ville qui se développera avec les progrès de notre 
domination en Algérie. 

Aumale, qui doit être un de nos principaux points 
d'appui pour la route d'Alger à Constantine par le Sélif, 
est situé non loin de l'emplacement de l'ancienne ilus/a. 
Or, n'est-il pas digne de remarque que ce soit dans les 
mêmes lieux qu'ont succombé les trois plus célèbres 
défenseurs de l'indépendance africaine. En effet , tout 
porte à croire que c'est auprès d'Auzia que Jugurtha 
fut livré par Boccbus; c'est à peu de distance de cette 
colonie que fut surpris et tué ce Tacfarinas qui fatigua 
si longtemps les généraux de Tibère; enfin, c'est dans 
ces mêmes régions qu'Abd-el-Kader, surpris une pre- 
mière fois par le général Gentil, et ensuite par le colo- 
nel Camou, éprouva les échecs décisifs qui l'obligèrent 
à quitter la partie et à se réfugier dans le Maroc. 

MM.deL'ADMIRAULT, C. ^, colonel, commandanl-siipéricur. 
DUCROS ^, commandant, chef du bureau arabe. 
FÉTKT ^, capitaine , commandant le génie. 
DIjCIIÉ ^, sous-inlendaut mililaire. 

SENMARTIN , trésorier-payeur. 

» 

MiLiANA. — .Chef-lieu de la subdivision militaire, 
à i08 kilomètres S.-O. d'Alger. 

Population : 2,457 habitants. 

Miliana , placé sur l'un des versants du Zaccar, 
domine et commande une portion notable de la vallée 
du Chélif. Abd-el-Kader y avait établi un de ses princi- 
paux kalifas (lieutenant), Mohammed-Bcn-Aïssa , plus 
connu sous le nom d'El-lînikani et chef ce la crande fa- 



558 PUOVINCE 

mille do ce nom. Le parti que l'émir Âbd-el-Kadcr avait 
su tirer de cette ville, qui lui avait été cédée en i857, 
nous enseigna l'importance de cette position. M. le ma- 
réchal Valée s'en empara en 1840. Depuis cette époque, 
elle est devenue un point d'occupation, et même de 
colonisation. Des établissements militaires considéra- 
bles y ont été-construits; on commence à ouvrir aussi, 
ce qui n'était pas moins indispensable , deux routes 
carrossables : l'une vers Alger, parla plaine de la Mé- 
tidja et Blidah; l'autre vers Cherchel, par une station 
romaine, encore désignée sur les cartes sous le nom 
(ïAqiiœ calidœ. Ce nom d'Eaux chaudes vient d'une 
source sulfureuse qui existe en cet endroit, et qui pa- 
raît destinée à former un établissement d'eaux mi- 
nérales. 

C'est entre Miliana et Cherchel que se trouve la 
tribu des Beni-Menacer, qui, de 1859 à 1845, a opposé 
à nos troupes une résistance si obstinée, et qui n'est 
encore qu'imparfaitement soumise. 

Population : 2,457 habitants. 

MM. LEViVSSEL'K, C. ^, maréchal-de-camp, coinmandaiil-supé- 
riciir. 

ASSIGNAT ^•, (^licfdc balaillon, commandanl de place, l'ai- 
sanl fondions de commissaire civil. 

FÉNI^I.ON ^, capitaine, cijef du hiireiui arabe. 

De MALdOil ^, capitaine, commandant le génie. 

SKNNFXKY, sous-intcndanl militaire. 

GAHHAri) ^, médecin en chef 

VILI.A.Ml'H *, cliinuRien. 

nill.IPPr '^, pharmacien. 

lMi:i)-N()ll(, instimieni. 
M"» MASSri:, écoN; de lillrs. 



d'algkp». 5,*)9 

MM.LAMHLIN, liésûiior. 

LAUTIGUE, receveur des domaines. 
DESLANDES, receveur des conlribulious, 
MORIZOÏ, notaire. 
HALLE , négocinnl. 
DESJAUDINS, id. 
VERRIER, id. 
ERB, id. 

GUÉRIN, id. 

Tewet-el-Haai). — C'est le posle-magasiiideMiliana, 
à 80 kilomètres S. de cette place. 11 contient déjà des 
établissements militaires importants, et une population 
civile de 175 habitants. * 

Près de Teniet-el-Hâad , se trouve une forêt de cè- 
dres, qui a pu déjà être exploitée pour les besoins de 
la place, et qui mérite d'être conservée et aménagée 
avec soin. 

MM. CARBUCCIA 0. ^ , lieut. -colonel, commandant-supérieur. 
MARGUERITTE , lieuUînantde spahis , chef du bureau arabe. 

OuLÉANviLLE. — Sur Ic Chélif, chef-lieu de subdivi- 
sion et centre de population, créé et fondé, en 1845, 
par M. le maréchal Bugeaud. — A 72 kilomètres S. de 
ïénès, et 80 kilomètres 0. de Miliana. 
. La position de cette ville est importante; elle est 
située à peu près au milieu de ce que l'on appelle la 
grande plaine du Chélif ; elle commande la partie infé- 
rieure de cette grande et riche vallée, et sert en même 
temps de point d'appui pour observer et contenir les 
populations indociles du Dahra. 

On a trouve à Orléanville des ruines romaines con- 
sidérables, et entre autres le tombeau d'un évêque, ce- 



560 PKOV»?<CK 

lèbre dans l'histoire de Téglise d'Afrique, sous le nom 
de Repara tus. 

Des établissements considérables existent déjà dans 
cette petite ville; le territoire qui l'environne est fer- 
tile, mais trop dénué d'arbres. On ne saurait trop 
s'appliquer à le boiser et à le couvrir de plantations. 

Population : 608 habitants. 

MiM. LEROY DE SAINT-ARNAUD, 0. *, général, coinmandanl-su- 
périeiir. 
RICHARD ^, capitaine du génie, chef du bureau arabe. 
DELANOY ^ , capitaine, commandant de place. 
DLTRESNEL ^ , sous-inlendairt nnliiaire. 
LEBRETTEVILLOIS ^, capitaine, commandant le génie. 
DALB.\RET, trésori''r-pa\enr. 
DITARTECQ, receveur des domaines. 
L.\PAYRE, leceveui" des conliibnlioiis. 

Ténès. (L'ancienne Cartenna). — Dos inscriptions 
trouvées dans des fouilles ne laissent aucun doute à cet 
égard. 

C'était une mauvaise bourgade, dont les habitants 
étaient depuis jadis donnés à la piraterie, mais qui, 
dans ces dernières années, vivaient d'un connnorce de 
grains assez actif. 

La fondation d'Orléanville amena l'occupation de 
Ténès, (|ui en était le port nécessaire, comme Cherchel 
l'est deMilianah, comme IJougie l'est de Sélif, etc. 

La ville curopéeuHc, fondée en 1845» à côtédcl'an- 
cioune ville européenne, s'est peuplée et bàlie avec une 
raj)idilé singidière. Les conslruclions privées s'élèvent 
à plus de 2 millit)ns, indépcndanuuent des élablissc- 
nients militaires d(*jà ((msidiMables. 



d'algeu. 5Ci 

Distance : JoO kilomètres 0. d'Alger. 
Population : 2,621 habitants. 

MM. FEIIAY, 0. ^, lieulenant-coloiiel , commandant-supérieur. 
GUlBEUTi^, commandant de place, faisant fonctions de 

commissaire civil. 
WIRIOT ^, sous-intondant militaire. 

lieuteuanl de vaisseau, directeur du port. 

HU.MBERT, receveur des domaines. 

OLIVIEH . receveur des douanes. 

DAUPHIN , receveur des contributions divei-ses. 

BUDIN , trésoiier-payeur. 

DOMIMQUE ^, lieutenant, commandant la gendarmerie. 

DURAND , médecin en chef. 

DENIS, chirurgien. 

BARAT, notaire. 

MARTINEAU , instituteur. 

SŒURS DE SAINT- AUGUSTIN, école de filles. 

courtier de conunerce. 

LUXARDO, négociant. 

BRUDO aîné, id. 

CORSE, id. 

LIGNIÈRES. id. 

CAMUSARD , id. 

PAGES , id. 

BOY, id. 

ZENOVARDO, id. 

LEROY et LARRIEUX , de Paris , propriétaires de mines. 

LAUGIER fils , de Marseille et dWIger, id. 

BRIGNOLES , de Paris , id. 

BRIQUELER et CHEVANDIER , id. 

Ces mines sont l'objet le plus important que pré- 
sentent les enviions de Ténès; elles eonsistent en gi- 
sements de minerais de fer, et surtout en des minerais 
de enivre; leur richesse, leur beauté déjà reconnues, et 



0U2 PnOVINCE 

la facilité des transports par mer, promettent de rendre 
l'exploitation de ces minerais aussi facile qu'active. 

Une route a été ouverte entre Ténès et Orléanville. 
C'est dans un défilé que traverse cette route, au lieu 
dit le Camp des Gorges, que le 2« bataillon d'Afrique 
eut à soutenir, en avril 1845, un combat meurtrier, 
pour défendre le convoi qu'il conduisait à Orléanville. 

Dellys. — Petite ville située sur le bord de la mer, 
à 60 kilomètres E. d'Alger : l'occupation a été décidée 
en 1845 et immédiatement exécutée, ("est le prin- 
cipal marché des Kabyles des montagnes voisines; 
il y existe des vignobles considérables et dont les pro- 
duits sont très-recherchés. On a commencé à exploiter 
une carrière de grès, précieuse pour le pavage des rues. 
— Population : 1,56"2 habitants. 

Le quartier concédé aux Européens est déjà cou- 
vert de constructions importantes. 

MM. PÉIIIGOT ^, chef de bataillon, commandant supérieur. 
O'MALLEY ^, capitaine, chef du bureau arabe. 
POl'JOL ^ , capitaine , commandant de place. 
De LOQUEYSSIE, capitaine du génie. 
LEMAIHE ^ , suus intendant militaire. 
AVELINE , lieutenant de vaisseau , directeur du poil. 
DE GOIIZENS , trésorier-payeur. 
SAMMAUA , receveur des domaines. 
Dk la TOIIEOUHUE , receveur des douanes. 
IU)YEH , instituleup. 

BoiGiE — (rancicnnc Saldœ des Romains), 120 ki- 
lomètres E. ( par mer ) d'Alger. 

Hoii^'ie est le meilhuir mouillage de toute la c(^tc E. 
dr l'Algérie. OIîi seul iiiérilîut de fixer l'altention dti 



1)'aij;i:i*.. 505 

Gouvernement sur roccupation de celte place ; elle 
eut lieu en 1855, et fut en quelque sorte provoquée 
par un acte de piraterie que les Bougiotes commirent 
sur un bâtiment anglais. M. le général Trézel, aujour- 
d'hui ministre de la guerre, commandait l'expédition ; 
il y fut blessé. 

Les Génois et les Espagnols ont successivement 
possédé Bougie, et y ont élevé des constructions et 
des fortifications considérables; on a des lettres de 
1515, adressées par le roi Ferdinand -le- Catholique 
au gouverneur de cette place, et qui attestent que 
les populations qui habitent les montagnes voisines n'é- 
taient pas plus faciles alors que nous ne les avons 
connues depuis quatorze ans. Jusqu'à ces derniers 
temps , le blocus de Bougie par les Mzaya et autres tri- 
bus voisines a été hermétique. L'un des commandants 
supérieurs de Bougie, M. Salomon de iMusis, fut assassiné 
dans une entrevue avec l'un des chefs de ces tribus. Les 
combats entre les montagnards et la garnison renfer- 
mée dans ces lignes étaient continuels. La dernière 
expédition de M. le maréchal Bugeaud a commencé la 
pacification du pays. Les convois entre Bougie et le 
Sétif commencent à circuler. Si cette pacification de- 
vient plus complète et plus assurée , Bougie deviendra 
l'entrepôt d'un commerce important. — Population : 
759 habitants.^ 

MM. MOKLOT de WENGY, 0. i^, chef - d'escadron d'état-mnjor, 
commandant supérieur. 
AUGERÂLD ^ , capitaine , chef du bureau arabe, 
MAUTIN^, capitaine , commandant de place. 
CJI.VRPKiNTIEU ^, lieutenant de vaisseau, directeur du poil. 



564 IMIOVINCE 

3IM.DAM0REUX ^ , sous-inlendaul militaire. 
MAYLIN , irésoricr-puyeur. 
BOUILLET,, receveur des douanes. 
LONGCHAMP , re(;eveur des domaines. 
ALAMAGNY, insiiluleur. 
LES BIN , maréchal-des-logis de gendarmerie. 
RIBAUCOURT, chirurgien en chef. 
PONÏIER , méilecin. 
BENOIST, pharmacien. 
MAITRE, négociant, fabricant d'huile. 



RIVON , 


id. 


ÏROUCY, 


id. 


DUFOUK , 


id. 


DARMAIN , 


id. 


SALB, 


id. 


MIKALEFF, 


id. 



En résumé, cinq ])oints du littoral : 

Bougie^ Detlys, Alger, Cherchel, Ténès; 

Quatre places occupées ou fondées sur la ligne in- 
térieure du Tell : 

Aiimale , Mcdéah , Miliana , Orléanville ; 

Deux postes-magasins sur la ligne du Désert : 

Boghar , Tcniet-el-ilâad ; 

Indépendamment des villes, villages et hameaux 
dont nous venons de dresser la nomenclature, com- 
plètent aujourd'hui et assurent roccupation de la pro- 
vince d'Alger. 



CHAPITRE V. 



M'fovifce iVOran. 



Superficie 102,000 kilomètres. 

Population Européenne. . . . 27,5J 4 individus (i). 

— Musulmane 490,187 — 

— Israélites 7,517 — 

La province d'Oran , moins montagneuse que celle 
d'Alger, beaucoup moins vaste que celle de Constan- 
tine, est celle qui a offert à nos armes la plus vive 
résistance; c'était elle aussi qui, du temps des Turcs, 



(1) Nous avons conserve, pour ce chiffre, les indications fournies 
par les états publiés au 30 juin \SM : ceux du 30 septembre donnent 
un résultat un peu plus élevé, 29,773 individus ; tandis que dans les 
autres provinces la population européenne a diminué, elle a auç- 
mcnlé dans la province d'Oran . 



500 IM'.OVINCK 

se montrait la moins soumise, la plus disposée à lever 
l'étendard de la révolte. Il est même à croire qu'à l'é- 
poque où la France est venue détruire le pouvoir des 
Deys, ils auraient ou fort affaire à résister aux in- 
surrections que préparaient dès lors les fanatiques et 
belliqueuses populations de l'Algérie occidentale. Le 
génie actif et persévérant du fils de Mahi-ed-Din qui 
nous a suscité tant d'obstacles, qui nous a presque mis 
en péril nous-mêmes, ne se fût pas sans doute arrêté 
pour si peu; et, si ce n'eût été l'intervention providen- 
tielle àa la France en 1850, l'Europe eût pu apprendre, 
non sans étonnement, qu'une révolution toute arabe, 
toute fanatique , s'accomplissait dans le nord de l'A- 
frique et venait se substituer à l'indolente piraterie 
des pachas, héritiers de Barberousse. On dira que ce 
sont là des conjectures purement gratuites ; mais les 
événements survenus depuis quinze ans ne sont -ils 
pas de nature à les justifier ? 

LIMITES. 

Dans le chapitre consacré à la province d'Alger , 
nous avons cherché à fixer, aussi exactement qu'il 
était possible, les limites irrégulicres et indécises qui 
la séparent de la province d'Oran; nous ne reviendrons 
pas sur cet objet, lequel au reste, et suivant l'opinion 
que nous avons exprimée ailleurs, n'exige pas une dé- 
termination i)lus précise. 

A l'ouest, nous trouvons la frontière du Maroc, telle 
qu'elle a clé fixée par leiraitédu 18 mars, conclu e.itre 
la France et le chef de cet empire; quel que soit au 
surplus le tracé de cette frontière conventinnncUc , il 



DOlUîc. 367 

est de fait que la rivière de la Mouluuya formera tou- 
jours la séparation réelle des deux territoires: c'est 
une observation que nous avons déjà eu sujet de pré- 
senter (voir page il) avant qu'un événement tout 
récent (l'occupation inattendue des îles J)jafarin par 
l'Espagne) ait attiré sur ce point l'attention publique. 

Au nord, c'est la mer, cette magnifique frontière 
de l'Algérie. 

Au sud, le désert nous ofl're, là comme ailleurs, ses 
espaces infinis ; seulement nous devons faire ob- 
server que comme le Tell de la province d'Oran est 
plus resserré que celui des deux autres provinces, et 
qu'au contraire les zones sabariennes y sont plus peu- 
plées, nos efforts ont dû se porter davantage de ce 
côté, et nos colonnes ont dû pénétrer à de plus grandes 
distances; c'est ainsi que l'avant-garde du général 
Renault s'est avancée jusqu'au 52'"' degré. 

DIVISIONS POLITIQUES ET ADMINISTRATIVES. 

Alger et Constantine étaient et sont encore aujour- 
d'hui les centres uniques des deux provinces qui por- 
tent leur nom; il n'en est pas de même de la province 
d'Oran , qui présente à l'observateur attentif trois 
groupes principaux: Oran, Mascara, Tlemcen. 

Oran est le centre commercial; — Mascara est le 
centre politique; — Tlemcen est le centre militaire , 
sans doute à cause de l'importance que donne à cette 
place la proximité de la frontière marocaine. 

Il faudrait peut-être faire aussi entrer en ligne de 
• compte 1° Mostaganem, qui est un marché considé- 
rable vers lequel affluent les provenances de la vallée 



7)6^ PKOVINI.E 

âu Bas-Chëlif, celles de la Mina et de leurs affluents : 
et en second lieu, le Dahra, contrée sauvage et mon- 
tagneuse, véritable Kabylie de l'ouest, dont l'insurrec- 
tion de Bou-Maza nous a révélé l'importance en 1845. 

Ce n'est qu'en s'appuyant sur la province d'Oran, 
qui lui avait été abandonnée à peu près sans partage 
par le traité de la Tafna , qu'Âbd-el-Kader a pu peser 
d'un si grand poids sur la province d'Alger, et menacer 
un instant celle de Constantine : de même aussi la lutte 
ne s'est terminée à notre avantage que par l'occupation 
définitive de Mascara et deTlemcen , et par la pacifica- 
tion de la frontière du Maroc, résultat incontestable de 
la bataille d'isly et des négociations qui en ont été la 
suite. 

Le gouvernement général de l'Algérie, en cherchant 
à établir sur des bases solides la pacification et la sou- 
mission de la province d'Oran , ne pouvait que se con- 
former aux conséquences d'une situation qu'il trouvait 
tout établie, et qui existait certainement depuis une 
longue suite d'années. 

Oran est, depuis notre établissement en Algérie , le 
chef-lieu de la division militaire; cependant, il a été 
décidé en principe que ce chef-lieu serait transféré à 
Mascara. 

Dans ce système d'occupation, voici de quelle ma- 
nière serait effectuée l'organisation do cette province : 

Mascara, chef-lieu de la division ; 

Oran, ïlemcen , Mostaganem , Sidi-Bcl-Abbès, 
chefs-lieux de subdivision. 

Nemours ( Djcmmâa-Ciha/.aouaf) , Arzcw-le-port ,• 
cbcfs-lieux de cercle. 



d'ok.\?ù 509 

Lellu-Mai;hrnia , Siibdoii , Saïda , Daïa , Tiarct, 
postes-magasins. 

Nous expliquerons d'une manière plus complète ce 
système d'occupation; surtout nous le mettrons mieux 
en harmonie avec ce qui a été dit, en plusieurs endroits, 
delà topographie générale de l'Algérie, en le présen- 
tant sous la forme suivante : 

Ligne du littoral : Nemours , poste de l'île Rachgoun 
à l'embouchure de la Tafna, Mers-el-Kebir et Oran , 
Arzcw , Mostaganem. 

Ligne de l'intérieur : Lella-Maghrnia ( sur la fron- 
tière du Maroc), Tlemcen, Sidi-Bel-Ahbès, Mascara. 
Cette ligne serait complétée par la création d'un éta- 
blissement militaire de 2« ordre, projeté au lieu dif î 
Dar-Ben-Abd-Allah^Gi qui relierait Mascara à Orléan- 
ville, en môme temps qu'il dominerait la Haute-Mina et 
le pays des Flittas. 

IJgne du Tell : postes-magasins de SeMou, Daïa, 
Saïda , Tiare t. 

La division administrative se décompose ainsi : 

Direction des affaires civiles comprenant Oran et 
son territoire ; Mostaganem et son territoire , qui ne 
forme encore qu'un commissariat civil, bien qu'on ait 
projeté déjà de l'ériger en sous-direction. 

Territoire mixte : toutes les autres places qui vien- 
nent d'être désignées plus haut. 

AUTORITÉS ET ADMINISTRATIONS CENTRALES DE LA PROVINCE 

d'or AN. 

DIVISION 511L1TA1RE. 

MM. JtjClIAri.T m: LAMOHICIFHE , r.. O. a* Jiemonnnt-g.'tK'- 

i4 



r;U , oomiiiaïklwil la ilivision , coiUinaiitiaiU supôrienr do 

la province. 
PATAS DILLIERS , 0. ^ , chef-d'escndron rl'élat-inajor, 

;ii(l<'-de-iamp. 
DKMS DE SENNEVILLE ^ , capitaine d'élat-major, aide-de- 

oanip. 
DE COR>X'LIEIl , liculenantdu 1 2- léger, officier d'm-don- 

nance. 

DIKKCTIO.N DKS AFFAIUKS CIYILKS. 

M. MERCIEK-LACO.MBE ^ , direcleiir. 

Come'il de dirertion. 

M.M.Le B"" r.ÂRBI^, conseiller de direction, f.iisant fondions de 
'^ * secrélaire. 

BARRER! , id. 

l.e R"" DE MONTRIRLOl'D , conseiller. 

liL'RKAt'X DE LA DIURCTION. 

( Pour les attributions, voii- page 255). 

\" Biircnu. — (Secrétariat. — Adm'mittiat'wn ). 
W. DE EORMEL.chef. 

2" IhireaH. — ( Coloivsiliou . — Tniv:iux puhUcs }. 

M. ZŒPFELL*, clicf. 

5" linrcau. — (Cninptnh'iUlé. -■- Servicrs fhitmc'irrs). 
M. GETTEN , chef. 

Inspecteurs di' coloiiisnl'ion. 

Sont attachés en ccltt^ (nialilô, i\ cotte jirovitice : 
MM.r.AMS, Oran. 

(;ay, id. 

PETRrS-IW)REE , Moslayanein. 



i>"oiu.>i. S7I 

l»0>lS-h: f-CHALSSÉK*. 

Le service des ponls-ct-ehaussées, dans la province 
d'Oran, est or^^anisé d'après les mêmes principes que 
dans la ])n)vince d'Alger. 

Il est (lii'igé par un ini^énieur en chef, et comprend 
deux arrondissements divisés de la manière suivante: 

M. AUCOURT ^ , ingciiieiir on chef. 

/'''^ Arrondissement. 

Tous les travaux du districl d'Oian cl les travaux mariiiiiu's du liiloml- 
oiiest de la province. 

MM.LAGOUT, ingénieur. 
TiOBINET , condutU'ur. 
DEGOUGE, id. 
HOUMEUE. i(l. 
GAKBE, 1(1. 

HOrX, id. 

5"* Àrrondissemeul. 

Tous les travaux du cerole île Mostaj{;inoni. 

MM. UOIUN, ingcnit'iir. 

GEHMAIN, con.liu'lem . 
LAnORlE, id. 
COSTE, id. 

Bàlimeiils civils, et petite voierie. 

M.M. DUPOiNÏ, arcliilecle, chef dn service. 
OSSEl.lN , iiispeclour à Oran . 
l'EELETIEU, id. à Mosiîiganeni. 

• ;•'; ,■ il i:; ' ''il ')•>:: iv fi 'q fi 'l'r 

AniWlNISTRATIONS FINANCIÈRES^. 

Direction de reHregislremeut et des domaines. 
MM. DEX , iuspoctoiii rliif du soi vice 



572 1»R0VINCK 

MM. LECOINTRK , vérificateur. 

PERRIN , conservateur des hypothèques. 
DEIGLUN , receveur des domaines. 
AUSSEL, id. de renregistrement. 

DOUANES. 

MM. VERNET, inspecteur, chef de service. 
DE LEUGLEY^, inspecteur divisionnaire. 
DE BATSALE , sous-inspecleur sédentaire. 
.lOUBERT, vérificateur de l-^* chisse. 
VITTON, receveur principal. 

CONTRIBUTIONS DIVERSES. 

Service administratif. 

MM. ROBERT , chef du service. 
ROUX, 4" commis. 
LANGLUMÉ DE COURTIL , contrôleur. 
FRECHIN , receveur. 

Service topographique. 

MM. TOIIPÉ, vérificateur, chef du service. 
UOULTainé, triangulateur. 

Trésor et postes. 

MM. PRIEUR *, trésorier-payeur. 
RUDOS, payeur particulier. 
FAURE, id. adjoint, chef du service des postes. 

MILICE. 

La milice de la province d'Oran n'a pas encore cto 
formée en léjçion ; elle comprend qualro bataillons et 
plusieurs compagnies dos différentes armes, savoir: 

Ville d'Oran. — 2 })atyill()ns. — I escadron de cava- 



lerie. — 1 coiii[)agiiie de saptiLirs-[>oiii[)itirs. — i id. 
d'artillerie. — 1 de maiiii«. 

MM. ACCOURT ^,commaiidaiit le l"" baïuilloH. 
BAMOGER, id. le i»"» bataillon. 

GUÉRARD ^, adjudant-major. 
DAUMAS, id. 

Miserghin, 2 compagnies. 

Moslaganem. — 1 bataillon. — l compagnie de sa- 
peurs-pompiers. — 1 id. de marin.s. — I peloton de 
eavalerie. 

MM. DUFROIS, commandant. 
FICHEFEU, adjudant-major. 

Mascara. — i bataillon. — 1 section d'aï lilloriç. 

.II 

M. SAUZÈDE, commandant. 

Tlemcen. — 5 compagnies de milice. — Milice in- 
digène, composée de Coulouglis. 

Nemours. — 1 compagnie de milice. 

L'eff'ectif de la milice de cette province est de 
2,400 hommes. 

SERVICES MIUTAIUtS. 

Division d'Or an. 

MM. JUCHAULT DE LAMORICIÈRE , G. 0. * , lienlenanl-général 

commandant la division. 
PATAS D'ILLIERS, 0. i^, aide-de-camp chef d'escadron 

d'état-major. 
DENIS DE SENNEVILLE ^, capitaine d'état-major, aide-de 

camp. 
DE CORNULIER, lienlenanl au là" d'infanterie légcru , ofïi- 

ciiM' d'ordonnance. 



574 i»Kovi>CK 

Elat'Mujor de la division. 

MM. DE MAUTIMPREZ, 0. * , lioiileiiajit-coîouel , chef d'élal- 

inajor. 
JARIIAS ^ , copiutine d'élal-ni;ijur, aiiachii à la division. 
POULLEi^, id. id. 

MAREL , capilaiiie d'élat-majoi', chargé du service géodé- 

siqiic, à Oiaii. 
BEAUDOUIN ^ , capitaine (félal-major, à Tlemcen. 
LALLEMAND, id. attaché à la division. 

KANSON * , id, id 

Subdivision d'Ornn. 

iMM. THIERRY , C. ^ , maréchal-de-camp, commandant la sub- 
division, 
CLEMEUR , capitaine d'élai-major, aide-de-cainp, 
MORRIS, C. ^ , maréch;d-de-camp , à la disposition du gou- 
vcrncin -gcnéral. 

Subdivision de Muscam. 
MM. RENAULT, C. ^ , mai'échal-do-camp, commandant la sub- 
;1ivision. ,^ . ,^ .3in;T:nia- 

FLRRI-PISAM , capitaine d'élâl-majoi vaide-dc-camp. 

Sidtdi vision de Tleniccn. 

MM. CAYAIGNAC , C. * , maréchal-de-camp , commandant la 
subdivision. 

ROREL , capiiaiiif dclal-major, aid(!-dc-(amp. 

ROZIER DE LINACE , lienlenanl aux zouaves , ofllcier d"or- 
;,,,!„,. doniiaïKc. 

Subdivisiuu de Moslitijiiiu'in. 

Wi.'PÈthàÉi , ti'. * ," liiar^'chal-de-jamp, commandant la sub- 
division. 
CASSAIGNK, capilaiïTC (réiai-major, aide de-camp. 

Cercle de Sidi-liel-Abhcs. 

M. DE MONTAllRAN, C. * . colonel, cnmujandanl supérieur. 



d'oua?î. 575 

Cenlc de ^'einonis. 

M. UOIUGOI'UI) DE LAMAIUUiJ). >fîî, luulciKiiit-coloiul, coi»- 
inaiidaiil-siipéneur. 

DIRECTION DIVISIONNAIRE DUS AFFAIRES ARARES. 

MM. WALSIN ESTIIKHAZY , 0. * , colonel, directeur.. 

AZE.MÂ DE MONTGHAVIEU ^, c.ipitaiue d'iuUllciie , ait»- 
ché ù la ilireclioii. 

Chef» des bureaux nrabes de la d'iv'n'wu. 

MM. BAZAINE ^ , chef de bataillon . ;N Tloiurcii. 

DE LKiNY, capitaine, à Mascara. 

BOSQUET, 0. ife , colonel, à Mostaganoin. 

SAAL ^ , lieutenant , à Ni-moiirs. 

lUMBAUD. id. ;\ Sclxioir. 

DOINEAU , id. à Lella-Maglirni». 

EAUDELLE, i«l. à Tiaiet. 

OUESTEL, id. à Sauia. 

VALICON ilfc , coinmandanl , ;\ Ainini-Mbnssa. 

Ifésigmttion et résidence des corps composant la division d'Oran. 

Infanterie, 

MM. ROCHES , 0. ^ , colonel du .>• ivgiment de ligne, à Oian. 
BISSON , 0. *, lientenanl-colonel , id. 

DE MAC-MAHON, 0. ^ , colonel du 9* de ligne , id. 

UENAL'D ^ , lieulenant-colonel , id. 

VAN HEDDEGHEN , 0. ^, colonel du !(>• de ligne, à Mos- 

taganein. 
UOSC , 0. ^, lieutenant-colonel, id. , à Mostaganeni. 
LE FLO , 0. ^ , colonel du S^» de ligne , id. 

MANSELAND ^ , lieutenant-colonel , id. 

FAIVRE, 0. * , colonel du 44» , " ■■■'' à Tleinccn , 

DE GARDERENS , 0. * , licnlenant-coloWl , id. 

DE GP:RA11D0N , 0. * , colonel du 56« , à Mascara. 

N , lipuienanl-colonel , id 



576 PROYINCE 

MM. O'KEFFt: , 0. «Jt , colonel du G^* léger, à Mascara. 

N , lieutenant-colonel , id. 

MAISSIAT, 0. ^ , colonel dn H' léger, . à Oran. 

BOURGOURD DE LAMARRE ^, lieul.-colonel, à Nemours. 

MELLINET, 0. ^, colonel du l""" régiment de la légion 
étrangère, à Oran. 

DENOU ^ , lieutenani-colonel , id. id. 

CHARRAS ^ , 1" hat. d'infant, légère d'Afrique , à Mascara. 

LE NORMAND DE LOURMEL^ , commandant le 8" bataillon 
des chasseurs d'Orléans , à TIemcen. 

DE BRAS DE FER ^ , capitaine , commandant le 9" ba- 
taillon, à Mostaganem. 

DE LABADIE D'AYDREN, command' le 40« bat. , à TIemcen. 

PELLE ^, commandant le bataillon des tirailleurs indigè- 
nes, à Mostaganem. 

Cavalerie» 

MM. DE COTTE ^, colonel du 2" régiment de chasseurs de 
France , à Nemours. 

GENESTET DE PLANHOL , 0. * , lieul'-colonel , à Nemoins. 

DE NOUE ^ , colonel du 1" chass" de France, à Mascara. 

BOYER,0. ^. lieutenant colonel, id. 

COUSIN DE MONTAUBAN , 0. * , colonel du 2» de chasseurs 
d'Afrique, à Oran. 

DUPUCII ^ , colonel du A* de chas. d'Afrique , à Mostaganem. 

RIVET, 0. ^ , lieutenant-colonel , directeur centl^al des af- 
faires arabes. 

N. . . . , (commandant Ut 2* do spahis, à Oran. 

Troupes dircrscs. 

WM. CHEVALIER ^v, connnandnnt la !'• compagiiif; des pion- 
niers de disc-ipline , à Oran, 

PETIT i^< , connnandanl la 1'" compagnie di; fusiliers de 
discipline , ' à .Mostaganem. 

BAHTEL ^ , commandant la 4- compagnie , id. 

1 compagnie d'ouvriers d'administration, à Oran. 





1)0R\:<. Ail 


3 coiiipag. 


du 2' escadron du irain des équipages , id. 


i id. 


du 3" id. id. 


i id. 


d'ouvriers d'administration , à Mostaganeni 


i id. 


du 2* escadi*on des équipages , id. 


1 id. 


id. ù Mascara 


1 id. 


id. à Tlenicen 



Ëtat-Major des places de la division. 

MM. DE REAUFOUT, 0. ^ , colonel, commandant de place, à 

Oran. 
FILIPPI ^ , chef de bataillon , major de place, à Oran. 
BERNARD , 0. ^, chef-d'escadron , commandant de place , 

à TIemcen. 
BERTIN , 0. f?^, chef de bataillon , commandant de place , 

à Mostaganeni. 
BASTOUIL, 0. ^ , id. , command. de place, à Mascara. 
OLLIVIER^, capitaine, 

ROBERT ^ , id. 

CORDENNIER ^, id. 

LOUIS ^, id. 

CORBIOT, id. 

BELVEZEï.LIGEAC^,id. 
PORRIER^, id. 

SABATIERi^, id. 

Intendance militaire de lu division. 

MM. DILLON, 0. -^ , intendant militaire , Oran. 

DELAROCHE ^ , sous-intendant de 2" classe, id. 

UHRICH, adjoint de 1^"* classe , id. 

DENEUVIER, id. id. 

DELASCASES, id. id. 

CADOT, 0. ^ , sous-intendant de l" classe , Mostaganeni. 

PEQUIGNOT, adjoint de i" classe, id. 

HAUSSMANN , adjoint de 1'" classe , TIemcen. 

MARTINE, id. Mascara. 

(ilBOlI * , id. Nemours. 



id. 


à Arzew. 


id. 


ù Mers-el-Kébir. 


id. 


àMiserghin. 


id. 


à Tiarel. 


id. 


à Nemours. 


id. 


à Lella-Maghrnia 


id. 


ù Saida. 


id. 


àDaïa,-^»'! 



•^'8 PKOVhNCE 

MM.nROlJ , adjoint de i'» liasse, Siili-Bel-Ahbcs. 

OAFJ^ArD-DUFOUT, id. Aizcw. 

DL'FîUT, id. TiiMVt. 

SERVICE DE SANTÉ. 

Oran. 

MM. r.OKDOKP ^ , médecin ordinaire de !'• dassc. 
VALIDITE ^ , rhiinri^ioii principal de 2"" classe. 
LAl'OUTE ^ , pharmacien principal d<' î-"» classe. 
AUER , olïicicr complable de S"'» classe. 

Arsew. 

MM. JUVING , cliiinrgien aid(i-major de 2* classe. 
JOSSELIN, adjudant en l"', complable. 

Sig. 
.MM. NOGUÉS, chirm'gien sous-aide. 
llEIiGEIŒT , adjudant en 2V- 

Sidi-bel-Àbbi». 

MM. (^.\IIUAC , nu'decia ordinaire de 2" classe. 

I'IIOIjSSAKT , cliirur}j;icn aide-major de 2' classe. 
\IA\ , pliaiinacien , id. 

HICHET. adjudant en !•'. 

Daia. 

MM. HEYLOT, médecin , adjoint. 
IIALAUET, adjudant en 2" 

Nemourt. 

MM. lUUUJSSAIS * , médecin ordinaire de \" oinssc. 
Ml'SAUT, pharmacien aide-major d(! 2* classe 
HAZIN, a«ljudant en 1". 

Itfoîtaganrm. 

MM. MAYKII «jt , médecin oïdinaire de 2* classe. 

IMNGKENON ^ , chirurj^'ifu-principal de 2* classe. 



D OUAN. 



MM.KOBILLAIID, pliarniacieu-mnjor de i* classe. 
GINESTET , olïicier comptable de 2* classe. 



Ammi-.Mousta. 



MM. DOMERGUE , chirugieii sous-aide. 
LANSIER, adjudant en 2'. 

Blascara. 

MM. VASSILIÈHE , médecin oïdinaire de 2' classe. 
' BAKTHAUÉS , chirurgien major de 2" classe. 
,. JULLIEU , pharmacien aide-major de 2" d'ASSc 
DOK , olïicier comptable de 2* classe. 

Saïda. 

MM. DUF.W, chirurgien sous-aide. 
DEBOURDEAU, adjudant en ^•^ 

Tlemcen. 

MM. GATTELOUP. médecin ordinaire de 2" classe. 
PAU St-MAKTIN , chirurgien-major de 2' classe- 
VIAL, phannacien-major de 2' classe. 
JOUSSAIN, adjudant en 1". 

Sebdou. 

MM. SONRIER, chirurgien aide-major de 2* classe. 
PERET-LOiRE, adjudant en 1". 

Lella-Maghrnia. 

MM. STRAUSS ^ , médecin adjoint. 

Sr-SUPERY, chirurgien aide-major de 2» classe. 
OASSAIGNE, pharmacien aide-major de 2* classn. 
MIRGUET, adjudant en 2*. 

Tiare t. 

MM. DELAUNAY , chirurgien aide-major de 2* classe. 
NETTER, médecin adjoint. 

LAPERTOT, jiharmacieu aide-major de 2* classe. 
TAILLEFER , officier comptable de 2' classe. 



580 PROVINCE 

ilagasin cetUral. 
M. SALICIS , officier comptable de ^' classe. 

Chef de centralisation. 
M. MACHISAUD , adjudant en l". 

DIRECTIO?» DE l'aRTILLERIK. 

MM. LEROY ^ , lieutenant-colonel, directeur, à Oian. 

PIERRE j^ , capitaine , faisant fonctions de 

sous-directeur, iii. 

PAULTRE DE LAMOTIT, capitaine, attaché à la direction. 
CAUVEÏ, id. id. 

DIRECTION DU GÉNIE. 

MM. DALESME , 0. ^ , colonel , directeui-, à Oran. 

BLONDEAU, capitaine, adjoint, id. 

gUlOT, id. id. 

Place d'Oran (Annexes : Arzevr et Nemours j. 

MM. DE VAUBAN ^, commandant, chef du génie. 
GRAS ^ , capitaine , adjoint. 

CHARRIER, id. à Nemours. 

JANET, id. à Arzew. 

Place de MosttKjancm. 

MM. NOELi^ , capitaine , chef du génie. 

DUMAS, id. au ponl d'Orléans. 

Place de Mascara (Annexes : Tiaret etSaïdaj. 

M. CROZALS Hf, commandant, chef du génie. 
2 olliciers d'étal-UKijor. 
2 id. de troupe. 

Place di Sidï-Uel-Aîjbès (Annexe : Dai'A). 

M. PRl'DON ^,« , capitaine , chef du génie. 
I ollicier d'élal-niajor. 
1 id. de troupe. 



d'orax. 7tH\ 

Platg de lUmcen ( Antiexifs : Sebdou fil Lella-Mnghrni:i j. 

U. GAUDERT ^ , capitaine, chef du génie. 
3 officiers d'élat-niajor. 
5 id, de troupe. 

Jkrro*ttMis»etnet%t et viite rS'OrcrM. 

Oran. — ( Se prononce en arabe Waran , comme 
l'écrivait avec raison le D' Shaiv, d'après l'orthogra- 
phe anglaise ). 

-Si Alger, par sa position centrale, par son impor- 
tance politique, par les souvenirs du passé, par sa 
population, est nécessairement la capitale de l'Algérie, 
Oran en est peut-être la première ville par les avanta- 
ges que lui donne sa position commerciale et la rade 
de Mers-el-Kebir. 

Une escadre mouillée sous les batteries de ce fort , 
et pouvant y trouver un abri et un refuge, domine 
nécessairement tout ce canal qui existe entre la côte 
d'Afrique et celle d'Espagne, et qui conduit de l'Océan 
dans la Méditerranée. Pour le commerce comme pourla 
guerre , Mers-el-Kebir le dispute à Gibraltar, et cer- 
tainement il y a quarante ans, à l'époque du combat 
de Trafalgar, cette position, que l'Espagne avait aban- 
donnée douze ans auparavant, aurait pu jouer un rôle 
important. 

La ville d'Oran et le fort de Mers-el-Kebir furent 
occupés par les Espagnols, en 1505. Ils avaient des 
intelligences dans l'intérieur du pays, principalement 
dans le beylik de Tlemcen , qui formait alors , à ce 
qu'il paraît, une petite souveraineté indépendante entre 
les pachas algériens et les souverains du Maroc ; mais 



les haines (jui existaient depuis tant do siècles, entre le 
maure cl l'espagnol étaient irréconciliables, et peut-être 
avons-nous hérité des sentinnents hostiles que cette cir- 
cmstance avait fait naître : peut-être est-ce là un des 
motifs (jui ont rendu la guerre si vive dans cette partie 
de l'Algérie. 

En 1708,Oran fulperdupour l'Espagne. Voici ce qu'en 
dit le duc de Saint-Simon dans ses mémoires: «t Lors- 
» qu'il (le duc d'Orléans) arrangeait tout pour son dé- 
» part pour l'Espagne, on apprit que les Maures avaient 
*'pris Oran et accordé une honnête capitulation à la 
» garnison, qui s'était retirée à Musalquivir {sic). > . 

En 1752, sous le second règne de Philippe V, une 
expédition considérable fut dirigée des ports d'Espa- 
gne sur Oran , qui retomba au pouvoir des Espagnols. 
Ce fut alors qu'ils exécutèrent, et très-rapidement , les 
immenses ouvrages qui existent encore aujourd'hui, 
et dont nous avons pu tirer grand parti ; mais soixante 
ans plus lard, en 4792, tout le pays étant insurgé, 
lebcy de Mascara vint mettre le siège devant la placc'f 
il avait commenci^ à la bombarder, lorsqu'un trem- 
blement de terre d'une violence extrême renversa 
une partie des fortifications, et tua ou blessa 600 hom- 
mes de la garnison. L'Espagne, affaiblie et épuisée par 
le triste gouvernement de Charles 111 , préféra aban- 
donner sa conquête, lîtOran fut rendu aux Tur<*s, par 
suite d'une capitulation conclue avec le dey d'Alger. 

Aussitôt après la capilulalion du .^ jinllcl, M. le ma- 
réchal Ilourmont dirigea par mer une expédition sur 
Or^Ti, (pii se soumit sans résistance. Mais les cvéne- 
menls de juillet fircnl rapjxlcr l'osiadre et|)('dilion- 



i> oiuN. • 585 

naire; on évacuM le fort cie Mors-el-Kchir, eu faisant 
sauter une partie* des fortifications; M. le maréchal 
(^laiizel, aussitôt qu'il eut pris le commandement de 
l'armée , envoya de nouvelles troupes. Dès les premiers 
jours de l'année 1851 , les forts et la ville étaient de 
nouveau remis on notre pouvoir : le général lioyer v 
fui envoyé en 1852 , et l'occupation de cette idace 
décidée sans retour. 

La ville d'Oran, que nous avons trouvée déserte et 
ruinée en 1850, renferme aujourd'hui une po|>ulalion 
de 25,000 âmes, sur lesquelles on compte 18,000 Eu- 
ropéens , 0,000 Musulmans et 1,000 Israélites. 

Le périmètre de la place renferme 72 hectares; 
c'est environ 500 habitants par hectare : un tiers de 
moins i\uii Alger. 

La circonstance la plus remarquable qu'offre la ville 
d'Oran, c'est le grand ravin, communément nommé 
par nous le liavin blanc, et par les Arabes : Oned-el- 
Hahoui , rivière des Moulins. Ce ravin, au pied duquel 
coule le ruisseau, sépare la ville en deux parties. Sur 
la rive gauche, la vieille ville, la ville espagnole, assise 
entre le ruisseau et les pentes abrnptes du Medjadjo; 
sur la rive droite , la ville neuve , la ville arabe , qui , 
assise sur un plateau dominant le ravin , se continue 
à l'est et au sud et forme la plaine d'Oran. 

VOned-el-Rahoîii n'a que 1 ,000 mètres de développe- 
ment : le volume des eaux est assez considérable pour 
sulfu-c largement aux besoins d'une population de 
50,000 âmes , et la pente est si rapide , que l'on a pu 
établir sans dilHcullé huit moulins , a])parlenant soit 
à dos particuliers, soil à radministralion. A l'origine 



584 • iMioviîtcE 

(le la source , au Ras-el-Aïn ( tête de la source ), on a 
construit un petit monument , qui sert de corps-de- 
gardc, et d'où partent deux canaux conduisant les eaux 
aux diverses fontaines des deux villes ; ce qui lui a 
fait donner le nom de Château-d'Eaii, 

La vieille ville comprend trois quartiers, séparés les 
uns des autres par des remparts : la Marine, la Planza , 
la vieille Casbah. 

La ville neuve , sur la rive droite de YOued-el-Rnhoui, 
comprend d'abord la nouvelle Casbah , ou Chàteau- 
Nouf, citadelle bastionnée et armée, qui domine la 
ville et la mer. C'est là que se trouve l'ancien palais du 
bey d'Oran , qui sert d'habitation au général comman- 
dant la province, aux états-majors, etc. Le surplus de 
cette nouvelle ville n'est , à vrai dire , qu'une longue 
rue tortueuse et rapide , dont la première partie s'ap- 
pelle rue Philippe, la seconde rue Napoléon. 

Quelles que fussent les difficultés qu'opposait à l'éta- 
blissement d'une grande cité , un terrain aussi acci- 
denté, aussi tourmenté, elles ont été en partie vaincues, 
de telle sorte (jue tous les quartiers de la ville et la 
rue principale sont accessibles aux voitures. I^ temps, 
la persévérance , l'exécution de projets sagement con- 
çus, ne pourront (pie développer l'œuvre heureusement 
commencée. Ilàtons-nous toutefois de dii'e (jue la créa- 
lion d'un port de commerce, dont les plans sont déy.x 
étudiés et préparés, en serait le conq)lément néces- 
saire. 

Nous venons do faire connatire les autorités cen- 
trales de la province, il convient maintenant d'indi(]uer 
ii^lles parlicuiici'e.s à la ville (rOiaii. 



1>'0KA7<. 585 

MAIRIE. 

MM. LESSEPS, maire. 
JONQUIER, adjoint. 
BOYER, ici. 
DUMAIN, secrétaire. 
BONIFACE , commissaire de police. 
BHXET ^, capitaine de gendarmerie , commandant la 4* 

compagnie. 
LANEYRIE, lieutenant. ' 
LHERRIER , sous-lientenant , trésorier. 

MARINE. 

MM. CONDÉ ^ , lieutenant de vaisseau, directeur du port. 

BERTRAND, commis principal de l" classe, chargé du 
service administratif. 

INSTRUCTION PUBLIQUE. 

MM. HADAMARD , professeur d'arabe. — Cours public. 

VIOLEE , instituteur communal (i). 

FORTON , directeur de l'école gratuite , supérieur de Saint- 
Joseph. 

Sœurs Trinitaires, directrices de la Salle d'asile. 

BARRY . inslitut(Mn-. 
MM"BELVÈZE , institutrice. 

DELACHASTRE, id. 

TRIBUNAUX. 

Parquet du procureur du loi. 

MM. ROBINET DE CLÉRY , procureur du roi. 
FÉN1G.\N , substitut. 



(1) Nous ne pouvons ici nous empêcher de faire ressortir rinsnlTi- 
sance des élablisseraenls d'inslructioii publique à Cran. Une ville de 
30,000 âmes, ne peut se dispenser d'avoir un collège communal , et 
c'est à peine si rinstruction primaire est constituée ! 

2ù 



580 PROVINCE 

Tribunal de première mstancc 

MM. DE VAUDRECOURT, président. 
GAUDILLOT , juge. 
FABRE , id. 

DEGROUSSON, id. 
ARNOUX, juge d'instruclion. 
FORCIOLI, greffier. 

Tribunal de cqmmcrce (i). 

MM. JONQUIER , présidenl. 
BLANCHARD , juge. 
BOYER , id. 

BAX, id. 

FREIX, id. 

BONFORT, id. 
ANDRIEUX , id. 
N , greffier. 

JUSTICE-DE-PAIX. 

MM. DE LOYS , juge-de-paix. 

SCIPIONI , greflicr. 
MM. RENAUD-LEBON , défenseur. 

GERMAIN , id. 

DIEUZAIDE , id. 

LEGOGAL-TOllLGOET , id. 

BILHARD-FEIIRIER , id. 

SAUZÈDE, notaire. 

DAVID , id. 

CLAUDIN, id. 

LARRAT, huissier. 

CUGUILLfcRE , id. 

AUDIBERT, id. 



(1) Le réHullnl do l'èloclion qui a AC\ avoir lieu àOran, conroruiè- 
ment A Tordonnance du '2% novombro, n'est pas encore connu. 



d'ouas. 587 

Il existe, à Oran, des industries importantes, telles 
que : brasseries, tours à chaux et à plâtre, moulins à 
blé, construits sur le ruisseau dont il acte question 
plus haut. Deux de ces deux moulins appartiennent à 
MM. Caussonnel. 

Bains de la keine. — Établissement thermal appar- 
tenant à M. Germain. Ces eaux sont réputées très-bien- 
faisantes pour les maladies cutanées. La tradition veut 
que ce nom de Bains de la Reine vienne d'une reine 
d'Espagne, qui s'est plusieurs fois rendue à ces bains, 
et y a trouvé sa guérison. 

VËcho d'Oran, feuille périodique. — Propriétaire : 
M. Perrier. 

(Voir pour les adresses à la fin du volume.) 

Meus-el-kebir. — C'est surtout au mouillage de Mcrs- 
el-Kebir que s'appliquent les observations que nous 
a suggérées la position d'Oran , considérée comme po- 
sition maritime; car c'est à Mcrs-el-Kebir que viennent 
s'abriter les navires en destination pour le port d'Oran; 
aussi dès les premiers temps de notre occupation on a 
dû songer à relier la ville et le fort de Mers-el-Kebir 
par une route qui a été tracée dans le roc avec de 
grands efforts, et avec des dépenses considérables, mais 
que tant de circonstances rendaient indispensables. Le 
fort qui commande la rade a été construit par les Espa- 
gnols; il a été armé et restauré, mais non pas encore 
au point où il devait l'être. 

Mers-el-Kebir a été érigé en commune par une or- 



588 piioviNCK 

(lonnancc royale du 29 octobre 1845. — Population, 
996 habitants. 

MM. AVIOT , maire. 

SECOND, insliluleur. 
D"" ALLAIIY, insiituiiice. 
M, ROBERT^, cjpilaine commandant le fort. 

MisERGHiS'. — (lontre créé par ordonnance du 29 oc- 
tobre i845. — Le territoire de cette comnnune est con- 
ligu au sehglia ou lac salé, un de ces lacs qui existent 
en grand nombre en Algérie. 

Il s'y trouve une pépinière du gouvernement. {Voir 
page i91 ). — Population, 279 habitants. 

MM. DE LA LAISSE , maire. 
JOUSSEAUME , institnteiir. 

La Sema. — Centre créé par ordonnance du 29 oc- 
tobre 1845. — Population : 155 habitants. — Le ha- 
meau du Figuier est un annexe de ce centre. 

M. REGNAULD, maire. 

SiT)i-(iiiAMi. — Centre créé le 16 décembre 18i5. — 
Population, 176 habitants. 

CERCLE DE MOSTAGANEM. 

L'occupation de Mostaganem remonte à 1852: une 
garnison turque était restée maîtresse de cette place, 
mais désespérant de pouvoir se défendre contre les Ara- 
bes insurgésqui l'attaquaient de toutes parts, cette gar- 
nison entra en ]K)nrparlers avec le général Desmichels 
qui commandait alors à Oran, et se souiiiità la France. 
Cette garnison et la population delà ville se sont depuis 
cette époque toujours montrées lidèles et dévouées. 



d'ouan. 589 

Mostaganem n'n point de port; c'est une plage ouverte, 
que la moindre agitation de la mer rend inabordable; 
maislabeauté du territoire qui l'environne, l'importance 
de son marcbé, qui est l'entrepôt et le débouché de 
toutes les populations du Bas-ChéliC et de la Mina, etc., 
assignent à cette ville une position considérable. En 
outre, M. le maréchal lîugeaud l'ayant prise pour base 
de ses opérations dans les expéditions qu'il dirigea sur 
l'inlérieur de la province d'Oran, Mostaganem devint 
le chef-lieu d'une subdivision; de grands établissements 
militaires furent créés : la population augmenta rapi- 
dement, elle est aujourd'hui de 0,758 habitants , sur 
les(juels on compte 4,500 Européens. 

Mostaganem a été érigé en commissariat civil par un 
arrêté du 8 mai 1841; une justice-de-paix y a été insti- 
tuée par ordonnance du 15 novembre 4845. 

MM. A. DE BRETAGNE, commissaire civil. 

PERRENOT, secrétaire. 

DUBOSQ, commissaire de police. 

ESTUBLIER,insliluteur. 
M"'" ESTUBLIER, iiistiUiUicc. 
MM. VALLAMBRAS^ , lieiitenaul de geudaimerie. 

MILLIÈRE, lieutenant de vaisseau, directeur du port. 

LIÉVREL, payeur, trésor et postes. 

DUCHÉ, receveur des domaines. 

DESLANDES, id. des contributions diverses. 

DECUERS, id. des douanes. 

TÉRON, juge-de-paix. 

CONSERANT, gielïier. 

PASOUIER, notaire. 

BLOCH, huissier. 

RAOUX, id. 

{ Voir pour les adresses des négociants à la fin du volume). 



590 PROVINCE 

II existe près de Mostaganem une pépinière [voir 
page 191 ), un haras entretenu au frais du gouverne- 
ment, et qui contient une vingtaine d'étalons, et un 
certain nombre de juments poulinières. 

M. GUERRE ^ , capitaine au 4« de chasseurs d'Afrique, directeur 
du liaras. 

Mazagran. — Centre créé en 1846. — Population, 
224 habitants. 

M. SAVARD, maire. 

La Stidia. — Centre créé en 1846. 

Ce village a été formé au moyen d'une émigration 
de familles allemandes, que le gouvernement se vit 
dans l'obligation de diriger de Dunkerquc sur l'Algé- 
rie, il a été construit, et les terres défrichées par les 
soins de l'armée, sous la direction de M. le colonel 
lîosc. — Population, 461 habitants. 

Tiet*rUoires tniattea* 

Le territoire civil de l'arrondissement d'Oran, a été 
constitué par un arrêté du 29 octobre 1845; il comprend 
environ 15,000 hectares. 

Au sud et à l'est de ce territoire, difï'éi'cntes ordon- 
nances ont crée plusieurs communes qui ont reçu des 
noms français, et que l'on doit dès à présent considé- 
rer comme annexées à la circonscription civile, bien 
qu'elles continuent à iMre régies comme territoire mixte; 
ces communes sont les suivantes: 

Clirislinc, S*'-Fcrdiiiande, Isabelle, wS'-Cloud, S'- 
Leu, S'-Eugène, S'^-Adélaïde, Joinville, S'-Louis, 



d'ouan. 51)1 

Chartres, S'*-Barbe, Arzew-le-poi't, et son annexe S'*-- 
Léonie. 

A l'exception de ces deux derniers centres, dont il 
sera question plus loin , ces communes ne sont encore 
que nominales; les unes doivent se créer par voie de 
concession directe; les autres sont l'objet d'adjudica- 
tions publiques , dont le résultat n'est pas encore 
connu. 

Ajoutées au territoire civil d'Oran qui est de 45,000 
hectares, la circonscription de ces communes forme un 
total de 00,000 hectares, livré, sauf des réserves faites 
dans l'intérêt des populations indigènes, à la colonisa- 
tion européenne; c'est une grande et vaste opération 
duc aux mesures énergiques et prévoyantes à la fois 
qu'a prises M. le général de Lamoricière, qui exerce 
depuis sept ans le commandement supérieur de cette 
province; la colonisation et le peuplement de ce terri- 
toire seront Touvrage deplusieurs années; nous aurons 
donc successivement à en constater les progrès et les 
résultats. 

Mascara.— A 100 kilomètres S. E. d'Oran, 80 ki- 
lomètres S. de Mostaganem , est le chef-lieu d'une des 
subdivisions de la province, et le chef-lieu projeté de 
la division. 

Mascara commande la riche plaine d'Egrhis, qu'oc- 
cupait la riche et puissante tribu des Hachems , au 
sein de laquelle est né Abd-el-Kadcr , et qui a été la 
base première de sa puissance. 

En 1855, M. le maréchal Clauzel , pour réparer les 
désastreux effets du combat de la Macta, dirigea une 
expédition sur Mascara et s'en empara; mais il n'en. 



392 puovi?<CE 

trait pas alors dans les intentions du gouvernement 
que cette place fût conservée; elle fut donc évacuée 
immédiatemenl. 

En 1841 , Mascara fut occupé de nouveau par M. le 
maréchal Bugeaud , qui se décida à la conserver; malgré 
le dénuement et le délabrement de la place, M. le géné- 
ral de Lamorîcière s'y maintint avec des fatigues et 
des efforts inouïs : les expéditions continuelles qu'il 
dirigeait au cœur de l'hiver, et sur les points les plus 
éloignés, ruinèrent les tribus et amenèrent la sou- 
mission de la province. 

Mascara se relève aujourd'hui de ses ruines; des éta- 
blissements militaires considérables ont été créés: les 
colons ont de leur côté élevé des constructions déjà im- 
portantes; le territoire qui environne la ville se peuple 
et se cultive ; des militaires libérés ont été établis 
comme colons sur plusieurs points de cette banlieue; 
notamment aux hameaux de St-André et Sl-Ilippo- 
lyto; notons enfin, comme une particularité digne d'in- 
térêt, que dans cette localité, comme à Médéah, on a 
commencé à faire itn peu de vin de très-bonne qualité. 
— Poi)ulalion, 5,8 ii habitants, sur lesquels on compte 
^,700 européens. 

MM. BASTOUiL.O. ^, chef de bataillon, coramaiidant de place. 

CIIOZALS * , chef de l)aiaillon du génie. 

MARTIN^, sons-inleiidant tniliiaire. 

LAVILLK , trrsoriei'-pajeur. 

HAUTAYKKS, recevrnr de rcnregisliement. 

SAUZ/iDK, id. des eoiiUibulions direeles. 

FAHINfiS, notaire. 

IIAHII.I.OUD, insliuilenr |)i'imaire. 
M'"' HAlUIJ.Orn. iiislilntiiee. 



DORA^. 



595 



MM. GARDEMPOIS . coiiunissaire de police. 
lîEUOUT-ZAOUI , nôgocianl. 
OLIVE ET C" , id. 
1»ÉHÈS , id. 

PEDENCOIG , id. 

MOUSSET, id. 

TiARET. — Poste-magasin, annexe de Mascara. 

Saïd\. — Poste-magasin, annexe de Mascara. 

Tlemcen. — 120 kilomètres S. 0. d'Oran , 72 kilo- 
mètres S. de Nemours ( Djemma-Ghazaouat). 

Cette ville située au milieu d'un pays réputé le plus 
riche et le plus fertile de l'Algérie, était autrelois la 
capitale de l'un des principaux états du nord de l'Afri- 
que; les souverains de Tlemcen ont joué un rôle im- 
portant, à diverses époques de l'histoire, du reste fort 
peu connue de ces contrées. 

Aussitôt après la prise d'Alger et la chute du gou- 
vernement turc, l'empereur Muley-abd-er-Rachman lit 
quelques démonstrations pour s'emparer de Tlemcen, 
sur lequel le Maroc avait toujours élevé des prétentions. 
Mais le gouvernement français s'opposa à ces tentatives, 
M. le général (alors commandant) de La Rue, fut en- 
voyé en mission auprès de l'Empereur qui se désista. 

En 1855, le maréchal Clauzel occupa Tlemcen, 
comme il venait de s'emparer de Mascara; mais voyant 
qu'Abd-el-Kader tirait surtout son appui du Maroc ou 
plutôt des tribus du Rif, les mêmes chez lesquelles il s'est 
réfugié dans ces dernières années , le maréchal Clauzel 
se décida à mettre garnison dans Tlemcen, dont le 
commandement fut contié à M. le capitaine, aujour- 
d'hui général Cavaignac. Mais celte garnison était trop 



394 PuoviNCE 

faible; elle tut constamment bloquée jusqu'au mois 
(le mai 1857, c'est-à-dire, jusqu'à la conclusion du traité 
de la Tafoa. 

Tlemcen fut dès-lors cédé à l'Émir, puis occupé de 
nouveau au commencement de 1845. Le système d'oc- 
cupation générale de l'Algérie ne pouvait négliger une 
place de cette importance. Tlemcen devint dès-lors le 
chef-lieu d'une subdivision, que les événements du 
Maroc, et la présence continuelle d'Abd-el-Kader ont 
obligé de maintenir sur un pied respectable. 

La ligne télégraphique d'Alger à Tlemcen par Miliana , 
Orléanville, Mostaganem, Oran, Sidi-bel-Abbès, sera 
construite dans le courant de la présente année. — Po- 
pulation, 7,200 habitants, dont 950 Européens , et 
6,250 indigènes. 

MM. BERNARD, 0. i^, chef d'escadron , commandant déplace. 

GAUBERT ^, capitaine, chef du service du génie. 

DE NEUVIER, adjoint de 4 "'classe, faisant fonctions d'inten- 
dant militaire. 

FRANCOWITCH, Uésorier-payenr. 

MOREL, receveur des domaines. . 

BOY, receveur des conuibutions. \ 

SAUVAGE , notaire. 
M"' GÉRAlîD , inslilulrice. 

Sebdoo. — Poste-magasin, annexe de Tlemcen. 

Daya. — id. id. 

Lella-machunia. — A 00 kilomètres 0. de Tlemcen. 
iVcst un poste d'observation sur la frontière du Maroc, 
querimporlancedes évènoinents obligea en 1844, quel- 
que temps avant la bataille d'Isly, d'occuper d'une ma- 



nière permanente : quelques Européens ont eoiumencé 
à s'établir dans cette bourgade. 

M. BELVEZET-LIGEAC ^, capitaine, commandant de place. 

Nédrouma. — Petite ville exclusivement habitée par 
une population indigène, d'environ 2,000 individus. 
Elle est sans importance politique. 

Aïn-Temol'Ciien. — Est un poste établi sur la route 
de Tlemcen à Oran, et pour assurer les communications 
entre ces deux villes. En 1845, un détachement do 120 
hommes du 15"" léger, s'y maintint avec fermeté, au 
milieu des insurrections qui se multipliaient de tous 
côtés. Il est à croire que ce poste deviendra plus tard 
un centre de population. 

Sidi-bel-Abdès. — N'était qu'un poste d'étape sur la 
route d'Oran à Tlemcen , à mi-chemin à peu près de 
ces deux villes. 

Une décision récente vient d'en faire le siège d'une 
subdivision. Sidi-bel-Abbès sera de même, bientôt, 
érigé en centre de population. Quelques colons y sont 
déjà établis. 

Nemouks ( Djemma-Gazaouat). — C'est le port de 
Tlemcen, dont il n'est séparé que par une distance de 
72 kilomètres; comme Ténès est le port d'Orléanville; 
comme Philippevilie est le port de Constantino. 

C'est dans les environs de Nemours, au marabout de 
Sidi-Brahim, lieu à jamais célèbre dans nos annales mi- 
litaires, qu'Abd-el-Kader, le 22 septembre 1845, surprit 
un détachement de nos troupes, commandé par le co- 
lonel Montagnac, et donna le signal de l'insurrection. 



ÔOG PROVINCE 

C'est là aussi qu'il est venu faire sa soumission, et ter- 
miner sa (^arrière politique. 

La présence d'un etFectif de troupes considérable , 
le transit des approvisionnements de Tlcmcen ont 
déjà imprimé au commerce de Nemoui'S une certaine 
activité. — La population , toute européenne, est de 
405 individus. 

MM. COUBIOT, capiljiiiie, coinmnndiiîit do place. 
COFFYNK, capilaiue, chef du service; du gpni(!. 
COKiNILLER, lieulenauldo vaisseau, diiecKMir du port. 
GIBON ^, adjoint de i"^" classe, faisant fonctions d'intendant 

militaire. 
GADOT, trésorier-payeur. 
CAIŒTÏE , receveur d<îs douanes. 
l'ÉLISSIKU , courtier-interprète. 

Ilot de Raciigoun. — En face l'embouchure de 
la Tatna, occupé par l'ordre du maréchal Glauzel, en 
1855. On a reconnu dans cet îlot un gisement de pouz- 
zolane. En face de cette île se trouvait le camp de la 
Tafna , créé en 1835, abandonné en 1857. 

Arzew-le-Pokt. — 40 kilomètres E. d'Oian, 28 kilo- 
mètres 0. de Mostaganem, est le meilleur port de toute 
la côte algérienne. A cet avantage, déjà considérable 
Arzew joint celui de posséder dans son voisinage ui 
dépôt salin d'une richesse inépuisable. Les produits des 
salines d'Arzew commencent à s'exporter dans les dif- 
férentes places de l'Algérie, et alimentent le cabotage. 
Ce sera bientôt une branche de commerce aussi lucra- 
tive qu'importante: l'administration n*a pas encore 
adopté (le mesures définitives pour rétablissement ré- 
gulier de cette exploitation. 



d'oiian. 597 

Arzew a été ériiré en centro de population , j)ar un 
arrêté en date du 12 août 1845. Depuis, on a crée 
dans la banlieue, le village de Sle-Léonie, qui a été 
construit par l'armée, de même que celui de la Stidia 
{voir page 590), pour une émigration de Prussiens , 
amenée de Dunkerque. — Population : 1,016 habi- 
tants européens. 

MM. OLLIVIER ^ , capitaine , commandant de place. 
JANET, capitaine, chef du génie. 
HAUSSMANN , sous-iniendant. 
('.ONRAL , lieuienaul de vaisseau , directeur du port. 
DUCLAUX , receveur des domaines. 
MARTIN, id. des douanes. 

GAUFFRAY , négociant. 
AMORETTI , id. 
MAUBERT, id. 

MUSSOT, id. 

MONTAGNAC , id. 

St-Denys-dl-Sig. — Centre créé par arrêté du 20 juin 
1845. La population réunie sur ce point est d'environ 
400 habitants : ce village occupe une belle position 
dans la riche plaine du Sig. Un ouvrage important, le 
barrage du Sig, a été construit sur ce point par les 
soins de l'armée , en 1845. Le Sig , dans la saison des 
basses eaux, débite encore un mètre cube par seconde : 
ce qui peut fournir à l'irrigation de 2,500 à 5,000 hec- 
tares de cultures diverses ; on pourra aussi utiliser les 
chutes pour les usines. 

Une concession importante et située à côté du vil- 
lage , a été faite à une compagnie, qui a pris le titre 
de Sociale agricole du Sig. C'est un essai pJialaustérien. 



508 prioviNcii 

Ponï-d'Orléans. — En i 845, M. le maréchal Bugeaud, 
sur la demande des populations indigènes, prescrivit 
la construction d'un pont sur le Bas-Chélif,à 24 kilo- 
mètres de son embouchure, et destiné à assurer des 
communications régulières entre Mostaganem et le 
Dahra. Les tribus consentirent à verser une somme 
considérable qui , avec les fonds que l'État fournit en- 
suite , a permis de construire ce pont ; il a reçu le 
nom de Pont d'Orléans, et il sera bientôt terminé. 

Par suite de la permanence des travailleurs militai- 
res, un petit village s'est formé aux abords de ce pont. 
La population est de HO individus. 

Tel est, dans son exposé le plus concis, le déve- 
loppement déjà bien considérable qu'a pris en peu 
d'années la province d'Oran , sous le rapport de l'oc- 
cupation et sous le rapport de la colonisation. 



CHAPITRE Vf. 



Province Ue CoM»ia»%iit%e, 



Superficie 156,000 kilomètres. 

Population européenne. . 15,646 individus. 

— musulmane^'. 1,015,954 îd.'(i) 

— israélite. . . . 4,266 id. 

Les chiffres qui précèdent indiquent mieux que tous 
les raisonnements que l'on pourrait faire la situation 
politique de cette province. 

Dans la province d'Alger, les Européens sont à 
l'égard des Indigènes comme un est à dix ; et ils ont 
pour appui une division dont l'effectif était naguère de 
près de 40,000 hommes. Au contraire, dans la province 
de Constantine la population européenne est à la po- 
pulation indigène dans la proportion de un à cent. 



(1) Non compris les populations insoumises et peu connues dont il 
esl question dans le 1" chapitre de cet ouvrage (voir page 46); nous 
ne les avons pas indiquées non plus pour la province d'Alger. 



AOO PROVI?iCK 

L'f^ffectifcle la division a rarement dépassé 25,000 hom- 
mes, et est souvent resté au-dessous. Cette division a 
pu même, dans des circonstances critiques (1), prêter 
quelqu'une de ses brigades à la division d'Alger ; et ce- 
pendant cette province, depuis la prise de la ville de 
Constantine et la chute du bey Achmed, dont nousn'en- 
tendons même plus parler, s'est toujours montrée, et 
sans comparaison, la plus facile et la plus soumise. 

Voici les causes que l'on peut assigner à ce fait, qui 
ne saurait être révoqué en doute : 

i° Une différence marquée dans les races. Indépen- 
damment des tribus arabes, qui sont là ce qu'elles sont 
ailleurs, et des populations kabyles qui occupent les 
parties montagneuses du littoral , on distingue, dans la 
province de Constantine, la race Chaouia, qui est 
peut-être moins une race proprement dite, qu'un com- 
posé des différentes races qui ont habité ou qui habi- 
tent ce pays; on serait disposé à trouver, dans cette race 
Mélis^ les descendants des anciens berbères, qui long- 
temps mêlés aux colonies romaines, si nombreuses 
dans l'est de l'Africfue, en ont retenu des germes de 
civilisation que les siècles n'ont pu complètement effa- 
cer. Ce qui est certain, c'est que les groupes apparte- 
nant à cette race présentent des dispositions moins 
hostiles et moins rebelles aux tentatives d'assimilation 
à la civilisation européenne. Nous devons dire toutefois, 
que les caractères dislinclifs de cette race des Chaouia 
n'ont pu encore être déterminés bien rigoureusement; 

2" La configuration !o[)ographiqno de la province de 

(I) NoItminonI en 1845 cl 18'»C. 



I 



DE CONSTANTINE. iOl 

Constantine qui» au lieu de n'offrir, comme la pro- 
vince (l'Oran, et surtout comme celle d'Alger, (jue des 
massifs de montagnes entrecoupées de vallées étroi- 
tes et de plaines peu étendues, présente au contraire 
deux régions montagneuses (celle du littoral et celle des 
Monts-Aurès), séparées par une large bande de plaines 
ou de plateaux élevés, tels que la Medjana, la plaine 
de Abd-en-Nour, enfin, celles des Haraktas et des Han- 
ncnchas. Cette disposition du terrain nous a permis 
de nous mouvoir avec plus de liberté au cœur même 
de la province ; et une fois établis à Constantine, de 
revenir vers le littoral, en partant de l'intérieur; 

3" L'importance de Constantine, comme centre de 
province, comme capitale. En occupant Alger, Oran, 
Mascara môme ou Tlemcen, nous ne possédons que 
des positions indispensables sans doute, mais sans in- 
fluence réelle sur le pays. Conslantine, au contraire, 
était une véritable capitale; les familles qui l'habitaient 
avaient des ramifications étendues dans l'intérieur, et 
en les conservant au milieu de nous, en quelque sorte 
comme des otages, en les associant même à notre po- 
litique, elles ont pu réellement seconder nos efforts 
ou paralyser bien des résistances. 
. Tels sont les caractères généraux que présente la 
province de Constantine ; ils ont eu pour résultat de 
nous permettre de multiplier, beaucoup moins que 
dans le reste de l'Algérie, nos points d'occupation. Ainsi, 
tandis que dans la province d'Oran on compte cinq sub- 
divisions et quatre dans la province d'Alger, Constan- 
tine, avec une surface bien plus étendue, n'en a égale- 
ment que quatre : Constantine, Bône, Sétif, Bathna. 

20 



4-02 PROVINCE 

Les cercles ou commandements inierieurs sont éga- 
lement moins nombreux ; ils se réduisent aux suivants : 
Philippeville, Gigelli, sur le littoral, Guelma dans l'in- 
térieur; mais dans la ligne du nord au sud, nous avons 
porté nos établissements plus en avant ; par exemple, 
Batna, sur le revers septentrional des Monts-Aurès, et 
Biskara, au-delà de cette chaîne, à l'entrée des oasis du 
Ziban , et sous une latitude déjà toute africaine. 

Quant à l'administration civile, elle y est organisée 
d'après les bases que nous avons déjà fait connaître. 

Une direction civile à Constantine. 

Deux sous-direclions, l'une à Philippeville, l'autre à 
Bônc. 

Un commissariat civil à La Galle. 

AUTORITÉS ET ADMINISTRATIONS CENTRALES 
DE LA PROVINCE. 
DIVISION MILITAIRE. 

à Constantine. 

MM. IlEDEAU, G. 0. ^ , lieutenant-gcnéraî, commandant la divi- 
sion, commandant supérieur delà province. 

DTSPIVENT DE LA VILLEBOISNETTE, 0. ^, chef-d'csca- 
dron d'étal-major, aidc-de-camp. 

LACIIOIX , capitaine d'étal-major, aide-de-camp. 

DIRECTION DES AFFAIRES CIVILES. 

.M. CHAUVY*, directeur. 

Conseil de direction. 

MM. DESVERNAY, conseiller, Caisant fonctions de secrétaire de 
In direction. 
SANTEllIIi , conseiller. 
DE MIMIAU, id. 

lUtrciiux de la direction. 
( Pour icsaltributioiLs, voir page 255). 



DE CONSTANTIISE. 405 

i" Bureau . — ( Secrétariat. — Administration. ) 
M. FENOT, chef. 

2^ Bureau. — {Colonisation. — Travaux ptiblics.) 
M. DELOCHES,chcf. 

3® Bureau. — ( Comptahitité. — Services financiers. ) 
M. DÉRAZEY, chef. 

Inspecteurs de colonisation. 

Sont attachés en cette qualité, à cette province : 
MM. LAVAUD, à Constaiulne. 
BOUVIER , 0. ^ , à Bône. 
CAIGNARD , à Pfillippeville. 

PONTS-ET-CHAUSSÉES . 

Même organisation que dans les provinces d'Alger 
et d'Oran. 

M. CAPELLA ^ , ingénieur en chef, à Constantine. 
Arrondissement de Constantine. 

MM.MALINOWSKI, conducteur. 
GUCKERT, id. 

Arrondissement de Bône, 

MM. LABORIE .ingénieur. 
GILLET, conducteur. 
CHAVOT , id. 

Arrondissement de Philippeville. 

MM. LYONNET, ingénieur. 
PESCETTI , conducteur. 
TREMEAUX, id. 

MINES ET FORAGES. 

MM. DUBOC , ingénieur, chef du service de la province , à Bône 
CLUNY, garde-mine. 



404 V PUOVINCE 

BATIMENTS CIVILS ET PETITE VOIHIE. 

MM. AUBER , architecte, chef du service, àConslanline. 
TIXIER , inspecteur, à Boue. 
MEURS, id. à Philippeville. 

ADMINISTRATIONS FINANCIÈRES. 

Dhection de l'enregistremetH cl des domaines. 

MM. MILLOCHAIN ^ , inspecteur, chef du service. 
ALBERT, receveur. 
VIVIÈS, vérificateur. 
FOURIER , receveur des domaines. 
BOBY DE LA CHAPELLE , receveur de renregislrement. 

DOUANES. 

MM.TARAYRE, inspecteur, chef du service, :\,Bône. 
WABLE, inspecteur divisionnaire, id. 

DE VAUGRELAND, sons-inspecteur sédentaire, id. 
ALLAMAND, receveur principal , id. 

CONTRIBUTIONS DIVERSES. 

MM. ROGUET, chef du service. 

PIOLLE DE CIIAMPLORIN , contrôleur. 
DUTARTE , receveur. 

SERVICE TOPOGRAI'HIQUE. 

MM. DESEMERI^:, vérificateur, chef du service. 

TRÉSOR ET POSTES. 

MM. DE RELLOT *, trésorier-payeur. 
FOURTIER , payeur particulier. 
Stk-COLOMRE , payeur adjoint, chargé du service des postes. 

MILICE. 

La milice do la province de Constanliiic, non plus 
que celle de la [U'ovinco d'Oian, n'a pas encore élé 



DE CONSTANTINE. 405 

formée en légion ; elle se compose des bataillons et 
compagnies ci-après : 

Constantine. — 4 compagnies. 

Philippeville. — 1 bataillon. 

M. DELAY, commandant. 

Bône. — 1 bataillon. 

M. DE St-LÉON ^ , commandant. 

Guelma. — 2 compagnies. 

Sétif. — 5 id. 

El-Arouch. — i id. 

L'effectif de cette Milice est d'environ 2,000 hommes. 

SERVICES MILITAIRES. 
DIVISION DE CONSTANTINE. 

MM. BEDEAU, G. 0. >j^ , lieutenant-général, commandant la 
division. 

D'ESPIVENT DE LA VILLE-BOISNEITE , 0. * , chef d'esca- 
dron d'état-major, aide-de-camp. 
LACROIX i^ , capitaine d'étal-major, aide-de-camp. 

État-major de la division. 

MM.DESMARET *, chef d'escadron d'état-major, chef d'état- 
major. 

VILLEDIEU DETORCY, capitaine d'état-major, attaché à 
l'élat-major. 

DIEU*, id. id. 

REGNAULT , id. id. 

SUBDIVISION DE BÔNE. 

MM. DE DROLLENVAUX, 0. ^, maréchal-dfi-camp , comman 
dant la subdivision. 
N , aide-de-camp. 



406 pivoviNCË 

SUBDIVISION DE BATHNA. 

MM.D'HERBILLON 0.^^, maréchal-de-camp, commandant la 
subdivision. 
GRESLEY, capitaine d'état-major, aide-de-camp. 

SUBDIVISION DE SÉTIF. 

MM. EYMARD , C. ^ , colonel d'état-major, commandant la sub- 
division. 
N , officier d'ordonnance. 

CERCLE DE PHILIPPEVILLE. 

M. BARTHELEMY , C. ^ , colonel , commandant supérieur. 

CERCLE DE GUELMA. 

M. DE TOURVILLE , 0. ^ , chef d'escadron d'état-major," com- 
mandant supérieur. 

CERCLE DE GIGELLY. 

M. REGAUD, 0. ^, lieutenant-colonel au 31* de ligne, com- 
mandant supérieur. 

CERCLB DE BISKARA. 

M. GAILLARD DE St-GERMAIN *, chef de bataillon au 56« de 
ligne, commandant supérieur. 

DIRECTION DIVISIONNAIRE ^DES AFFAIRES ARABES. 

M. DEVAUX, 0. ^ y commandant , directeur. 

CHEFS DES BUREAUX ARABES DE LA DIVISION. 

MM. SADDE '^ , capitaine , lg;à Conslantinc. 
SCII.MIDT i«5 , id. hWmo. 

ADAM * , id. h Philippovillc. 

nrTET. id. :^ Guelma. 

lUJHLRT * , id. à Sétif. 

DENEVEl' , ifj. à Halhna. 



Dli CONSTANÏiNE. 407 

MM. DU BOSQUET, lieuienanl, à Biskaïa. 
FANELLY, sous-lieulenant , à La Galle. 

DÉSIGNATION ET RÉSIDENCE DES CORPS COMPOSANT LA DIVISION 
DE CONSTANTINE. 

Infanterie. « 

MM. DE BUTAFFOCO , 0. ^ , colonel du 2« de ligne, à Bathna. 

REGEAU , G. ^ , colonel du 31* de ligne , à Constautine. 

REGAUD , 0. ^ , lieulenant-colonel , id. à Gigelly. 

DE BARRAL , 0. ^ , colonel du 38" de ligne, à Sétif. 

BONINI ^ , lieutenant-colonel , id. id. 

CORNILLE, 0. ^, colonel du 43« de ligne , à Conslanline. 

DE GHASSELOUP-LAUBAT, 0. ^ , colonel du 49« régiment 
d'infanterie légère, à Pliilippeville. 

DUMONTET, 0. ^, lieulenant-colonel, à Philippeville. 

DE LINIERS ^ , chef de bataillon , commandant le 3" ba - 
taillon d'infanterie légère d'Afrique, à El-Arouch. 

DE SENILHES , 0. ^ , colonel au 2» régiment de la légion 
étrangère, à Bône. ; , , 

THOMAS ^ , commandant le bataillon des tirailleurs indi- 
gènes , à Gonstantine. 

Cavalerie. 

MM. D'ALLON VILLE, 0. ^ , colonel du 5" hussards, à Bône. 
DE MIRBEGK , G. ^ , id. du 3« de chasseurs d'Afrique , 

à Gonstantine. 
DE FORTON , 0. ^ , lieutenant-colonel , id. 

BOUSGARIN , 0. ^ , colonel du 3« régiment de spahis , id. 
BOYER,0. ^, lieutenant-colonel, id. id. 

Troupes diverses. 

M. DU VINOUX, capitaine, commandant la 5^ compagnie de 
discipline, à Philippeville. 
i compc d'ouvriers d'administration , à Gonstantine. 
1 id. du train des équipages militaires, à id. 



408 PROVINCE 

1 ici. du 5^ escad. du train id., àPhilippeville. 
1 id. id. àBône. 

ÉTAT-MAJOU DES PLACES DE LA DlVISIOÎt. 

MM. DE LAVELAINE , 0. j^, colonel hors cadre , à Conslanline. 
MAYNIER , 0. ^ , lieuienanl-colonel , id. à Bône. 
LAMBERT * , chef' de bataillon , id. à Sélil'. 

OLLIVIER , 0. i^ , id. à Conslanline. 

RRANLlÈRE^,capilaine,conîmand. déplace, à Gigelly. 
DESJARDINS*, id. à Guelma. 

LACOMBES *, id. à Bône. 

DELORREY, id. à la Galle. 

DE FRANCESCHI i* , 'id. àPhilippeville. 

inTENDAlXCE MILITAIRE DE LA DIVISION. 

MM. LYAIJTEY, 0. * , intendant mililaire de la division, à Con- 
stanline. 
REQUIER *, sons-inlendant de 2* classe, ù Constantine. 
AIROLLES, adjoint de !'• classe , id. 

PALLOC, id. id. 

DE BOUYIN ^ , sous-inlendanl de l'« classe, ù Philippeville. 
CHARMETTON*, de2« id. 

MALL.\RMÉ*, id. de 2« àBône. 

LE CREUZER , adjoint de V classe , id. 

BAZIRE '^ , sous-intendant de 2* classe , à Sélif. 
LAGÉ , adjoint de l^" classe , à Gigelly. 

CONSEILLANT, adjoint de 2« classe , à Bathna. 

. SERVICE DE SANTÉ. 

Constantine. 

MM. VITAL *, médecin ordinaire de V* classe. 

CECCALDl * , chirurgien principal de 2" classe. 

RIVIËRE , pharmacien-major de 2" classe, 

Gf:niN , ollicier comptable de 2* classe. 
PhilippeviUe. 
MM. LOWBERT, médcchi ordinaire de 2"- classe. 



DE CONSTANTIN E. 409 

!MM. VIVES, cliirurgien-major de 1" classe. 
ROYER , pharmacien-major de 2» classe. 
CHRISTOPHE, offîcier comptable de 2« classe. 

Bône. 

MM. RIBOULET , médecin ordinaire de 2* classe. 
SAIGET , chirurgien principal de 2" classe. 
DEMORTAIN , pharmacien-major de 2* classe. 
ALBERTINI, adjudant en 1«" 

Guelma. 

MM. GRELLOIS, médecin adjoint. 

COLEAU , chirurgien aide-majer de 2* classe. 
LANTENOiS, pharmacien id. id. 

DURUTHY , offîcier comptable de 2« classe. 

La Calle. 

MM. LUSUARDI , chirurgien aide-major de 2* classe. 
BATIGNE , pharmacien id. 

MUXARD, adjudant en i". 

Gigelly. 

MM. BOUFFAR, médecin-adjoint. 

MOREL , chirurgien-major de 2« classe 
DUPUIS, pharmacien aide-major de 2* classe. 
PIERRE , adjudant en l*^ 

Sélif. 

MM. MOREAU , médecin ordinaire de 2* classe. 
MAUPIN , chirurgien-major de 2« classe. 
L.AMEL, pharmacien aide-major de 2« classe. 
CHRISTOT, adjudant en !•■. 

Bathna. 

MM. TELLIER, médecin adjoint. 
LEBON, adjudant en 1". 



410 pnoviNCi: 

Biskara. 
MM. BURGKLY , chirurgien aide-major de 2« classe. 
COUFFY, adjudant auxiliaire. 

Chef de centralisation. 
M. ROUSSEL , officier comptable de '2" classe. 

DIRECTION DE l'aRTILLERIE. 

MM. PARISET, 0. ^, lieutenant -eolonel, directeur, chef du 
service. 
RONVALET, capitaine en 2^, adjoint au chef du service. 
DE LARMINAT, id. id. 

MONNOT-ARRILLEUR , id. id. 

LE BŒUF, id. id. 

DIRECTION DU GÉNIE. 

MM. BOUTEILLOUX, 0. ^ , lieutenant-colonel , directeur. 
PEYRIS, capitaine, adjoint à la direction. 
LEMASSON, id. id. 

Place de Constantine. 

M. BRINCARD ^, chef de bataillon, chef du génie. 
3 officiers de l'élat-major du génie. 
■i officiers de troupe. 

Place de Sétif{ annexe Biskara. ) 

M. THOMAS ^, capitaine, chef du génie. 

1 officier de Télal- major. 

2 officiers de troupe. 

Place de Philippcville. 

M. N , chef du génie. 

\ officier de l'état-m^jor. 
3 olTicicr.s de troupe. 

Place de (îuelma, 

M. (WtAILLET, capitaine. 

1 officier de Iroiipe. 



DE CONSTANTIÎSE. - 411 

Place de Sélif. 

M. CHAMP ANHET *, chef du génie. 
i officier d'élat-niajor. 
2 officiers de troupe. 

Place de Bône. 

M, GRÉBAN ^ , chef de bataillon, chef du génie. 
2 officiers d'état-major. 
4 officiers de troupe. 

Place de Gigelly. 

M. FÉRAUD, capitaine, chef du génie. 

VILLE DE GONSTANTZNE. 

La ville de Constantine, chef-lieu de la province de 
ce nom, est élevée sur les ruines de l'ancienne Cirtba, 
capitale du royaunie de Numidie. 

Cirtha, a été dans l'antiquité, le théâtre d'événements 
importants, et a joué un grand rôle dans toutes les 
guerres qui ont fait passer successivement la domi- 
nation du pays entre les mains de tant de peuples. 
Yers l'an il4 avant J.-C, Jugurtha gagna sous ses 
murailles une bataille décisive contre l'armée d' A dher- 
bal, fils deMicipsa; puis, après un long siège, s'empara 
de la ville elle-même, où s'était réfugié le malheu- 
reux prince qu'il fit périr immédiatement. Quelques 
années après, Jugurtha fut vaincu par Marins, à une 
seconde bataille de Cirtha. 

Sous la domination romaine, Cirtha reçut de Jules- 
César le nom de Civitas Sillianorum, du nom d'un cer- 
tain Sittius, qui y avait conduit une colonie. Elle prit 
ensuite le nom de Constantine, en l'honneur de l'empe- 
reur Constantin, qui la rebâtit presque entièrement, vers 



412 l'iioviiscE 

l'an 515 ou 520 de l'ère chrétienne. Envahie par les 
Vandales, et icfprise par les généraux de l'empire d'O- 
rient, Constantine suivit le sort de l'Afrique, et se soumit 
aux Arabes, à la fin de vii^ siècle, après un long siège, 
dirigé parle célèbre Sidi-Okha. Les Turcs s'y établirent 
dans le xvni^' siècle. En 1856, M. le maréchal Clauzel 
dirigea sur Constantine, une première expédition qui 
ne réussit point; l'année suivante, le 13 octobre, l'ar- 
mée française, commandée par M. le maréchal Valée, 
pénétra dans la ville, après un assaut meurtrier, et qui 
est justement considéré comme un des brillants faits 
d'armes de l'armée d'Afrique. La veille,le général Dam- 
rémont, commandant en chef, avait été tué d'un coup 
de canon. 

La situation de Constantine est peut-être unique au 
monde; elle est bâtie sur un vaste plateau rocheux , 
qui semble avoir été détaché par une commotion vol- 
canique des masses voisines auxquelles il appartenait 
primitivement. Entourée sur les deux tiers de son pé- 
rimètre par une déchirure profonde, dans laquelle s'en- 
gouffre le Rhummel, elle est défendue de l'autre côté 
par l'élévation prodigieuse et l'escarpement impra- 
ticable du rocher. On ne peut arriver à cette ville 
étrange que par deux voies; l'une naturelle, l'autre 
pratiquée parla main des hommes; à l'ouest, par un 
isthme fort étroit, formé de terres d'ail uvion, qui la 
relie au Coudyat-Aty, et au sud-est par un immense 
pont de pierre, qui la met en communication avec la 
base du Mansourah. Ce pont, qui fait l'admiration des 
touristes par la hardiesse de sa construction et l'as- 
pect bizarre et tourmenté du paysage qui l'environne, 



DE CONSTANTINE. 44 ?> 

a été bâti par les Romains et restauré vers la fin du 
xvni" siècle, parle célèbre bey Salah, l'Haaroun-al- 
Raschild de l'histoire du pays. Il se compose de deux 
rangs d'arches superposées et appuyées sur une im- 
mense voûte naturelle : son élévation totale au-dessus 
du niveau de la rivière, que l'on découvre à peine au 
fond de l'abîme, est de cent vingt mètres. 

La population de Constantinc est d'environ 24,000 
habitants; savoir : 17,000 musulmans, 5,000 juifs et 
2,000 à 2,300 Européens. 

Le nombre des indigènes n'a pas diminué depuis 
l'occupation française. Les quelques familles, qui 
avaient émigré lors du siège, sont rentrées successi- 
vement fort peu de temps après. La population 
indigène est généralement active et laborieuse. Son 
industrie consiste plus particulièrement dans la prépa- 
ration des cuirs, la sellerie, la cordonnerie et la tein- 
ture, dont les produits sont envoyés dans toutes les 
parties de la province. 

Le nombre des thalcbs est considérable ; il y a une 
cinquantaine d'années, il existait à Constantine une 
sorte de faculté de lettres et de théologie, dont la répu- 
tation s'étendait au loin et que l'autorité française se 
propose de reconstituer sur de nouvelles bases. On 
compte encore aujourd'hui près de cinquante mos- 
quées, parmi lesquelles on remarque la grande mos- 
quée, celle de Salah-Bey, et la mosquée de Sidi-Lakdar. 
La plus belle de toutes, celle qui était voisine du palais 
du bey, a été affectée au culte catholique, dès les pre- 
miers jours de notre établissement. Le corps des 
ulémas jouit encore aujourd'hui d'une grande réputa- 



444 puoviNCK 

tion de science , et il est souvent consulté par les 
savants des autres pays. 

Dans le but de maintenir, sous l'action immédiate 
de l'autorité française, une aussi importante agglomé- 
ration d'individus et d'intérêts de toute nature, qui lui 
semblait avec raison exister dans des conditions favo- 
rables à notre politique, comme aussi, pour préserver 
cette population de la rapide dispersion constatée dans 
les autres villes que nous avons occupées , et enfin, 
pour ménager im certain ordre dans l'introduction de 
l'élément européen au milieu de cette masse restée com- 
pacte, le Gouvernement a pris à l'égard de Constantine 
des mesures exceptionnelles. Une ordonnance, rendue 
le 9 juin 1844, a divisé la ville en deux quartiers, l'un 
affecté à l'immigration européenne, l'autre exclusive- 
ment réservé aux indigènes. Cette mesure de haute 
politique a été diversement appréciée; nous nous bor- 
nerons à constater, d'une part, que dans le quartier 
arabe les musulmans qui, depuis l'occupation lais- 
saient tomber leurs maisons en ruine, ont commencé à 
les réparer, et en ont même bâti un certain nombre de 
nouvelles depuis l'ordonnance ; d'une autre part, que 
l'essor des constructeurs européens, obligé de se con- 
centrer sur un seul point, a promptement modifié l'as- 
pect du quartier franc, (jui présente déjà de larges rues 
entièrement reconstruites et contenant d'assez belles 
maisons. Nous ferons observer on outre (pie l'acti- 
vité de la population érnigrante, détournée des spé- 
culations sur les innncubles, qui sur d'autres points 
OFit produit de si fAcheux résultats, s'est reportée sur 
la culturn des jardins, qui date de celte époque seule- 



DE CONSTANTINt. 415 

ment. Dans la prévision de l'insulTisancc prochaine 
(lu quartier franc, l'administration vient de faire étu- 
dier, par une commission spéciale, un projet de fau- 
bourg, qui est en ce moment soumis à l'approbation 
du Gouvernement. < 

Le commerce européen a déjà pris à Constantine 
une grande activité; on y vend annuellement pour 
plusieurs millions de tissus sortis de nos fabriques. 
L'exportation des laines, longtemps suspendue par des 
interdictions dont il est difficile de se rendre compte, 
se développe de plus en plus tous les ans : le chiffre des 
laines, envoyées à Marseille l'année dernière , a dé- 
passé 700,000 francs. 

Il existe, dans la région qui environne Constantine, 
d'abondantes sources et des cours d'eau, qui peuvent 
offrir à l'agriculture des moyens d'irrigation précieux, 
et à l'industrie des moteurs utiles : ce sont, d'une part, 
leRhummel (VAmpsagus des anciens), et le Bou-Mer- 
zoug avec lequel il fait sa jonction à un kilomètre de 
la ville; enfin, l'Oued-Hamma, ruisseau d'eau tiède, 
qui arrose et fertilise la vallée de Hamma, et les jar- 
dins du Cherakat. 

Trois moulins à farine ont été établis par des Euro- 
péens suv le Rummel ; deux en amont et le troisième 
en aval de la ville. Ce dernier établissement , qui ap- 
partient à M. Lavie, contient vingt-deux paires de 
meules. Un autre colon, M. Girard, a construit sur 
l'Oued-Hamma, un moulin, également fort considéra- 
ble. Ces usines, dont quelques-unes remontent aux 
premiers jours de l'occupation, ont rendu à la popula- 
tion et à l'armée les plus grands services; elles leur ont 



416 * PROVINCE 

permis, à Tune et à l'autre, de se nourrir presqu'exclusi- 
vement des farines du pays; ce qui était un immense 
avantage. Constantine étant séparée de la mer, par une 
distance de plus de 80 kilomètres. 

Le génie militaire a entrepris et a presque achevé un 
travail aussi curieux qu'important; c'est l'aqueduc des- 
tiné à amener à la ville les eaux des fontaines deSidi- 
Mabrouk et de l'Oued-el-Bagrati, au moyen d'un sy- 
phon à grand développement qui vient aboutir aux ci- 
ternes romaines de la Casbah, au point le plus élevé 
de la ville. Il a coûté plus de 600,000 fr. , et fournit 
déjà une quantité d'eau considérable, que de nouvelles 
cources vont encore augmenter. L'ouverture des robi- 
nets du syphon a été pour Constantine un jour de fête 
véritable, surtout pour les indigènes^ qui ne pouvaient 
comprendre l'utilité de travaux si dilïiciles, si opiniâ- 
trement poursuivis, et ne soupçonnaient pas la possi- 
bilité d'un pareil résultat. 

Ces difficultés, que présente àConstantine la question 
d'approvisionnement des eaux, n'avaient pas échappé 
à l'administration romaine. Ainsi, l'on a trouvé à la 
Casbah des citernes immenses et assez bien conser- 
vées pour que l'on puisse encore s'en servir; ailleurs, 
les ruines il'un aqueduc, qui amenait les eaux du Bou- 
Mcrzoug aux citernes du (^oudiat-Aly ; et, enfin, des 
égoûts admirablement construits et (pii pourront être 
utilisés. Partout enlin on l'encontre des débris de mo- 
numents, des inscriptions, etc., qui olïrent à nos ai'- 
chéologucs des sujets d'études et de recherches inté- 
ressants. Un édifice, (jue l'on su[)[)ose avoir été une 
église cbrélicnne, subsiste encore; sa structure donne 



DE C0NSTAÎ1TI7KE. 417 

lieu de croire que ce même édifice avait été précédem- 
ment consacré au paganisme. 

Constantine, prise d'assaut le 15 octobre 1857, et 
destinée à devenir le siège d'une division militaire 
considérable, ne présentait, aucune construction ap- 
propriée aux besoins de l'armée. Des travaux considé- 
rables ont donc dû être immédiatement entrepris. Au- 
jourd'hui il existe un hôpital mililaireàla Casbah, de 
vastes casernes, un quartier de cavalerie au Bardo. Ce 
sera à l'administration civile, aujourd'hui installée 
dans cette ville, à la doter, et principalement les 
nouveaux quartiers, d'édifices et de constructions 
proportionnés à l'importance de sa population. 

Nous avons fait connaître précédemment les auto- 
rités provinciales. Voici celles particulières à la ville. 

MAHUE. 

Il n'y a point encore de maire nommé; c'est un con- 
seiller de direction qui remplit les fonctions d'ofiicie!* 
de l'état civil. 

MM. N- . . , chef de bataillon commandaut de place. 
Commandant de la milice, à Ald-AIla. 
CAVAYÉ ^ , lieutenant de gendainierie. 
DE LADERIÈRE, commissaire de police. 
LABBÉ DE GLATINAY, jnge de paix. 
CAYLET, notaire. 

Principaux néyoc'umts . 

MM.LAVIE ^ , 
GARCIN , 

CORDONNIER et COHEN , 
ARNOIIIN , 

27 



.ï\H puoviNci: 

MM. ROLX , 
DOST, 

vAissE ET signori:t, 

iMOUEL , 

ABADIE, 

niCAHDIE , 

fiADOT, pharmacien, 

ROUQUEHEE, id. , 

AMAT, 

C.UENDI'^ , libraire-impiinieur-liihograplic. 
Enireprise de diligences pour PIjilippevillc. — Dépnrl Ions 
les jours. 

Principaux hôlels : le Valais-Jioifnl , la Régence. 

Pour compléter et assurer l'établissement de la po- 
pulation indigène de Constantine, comme aussi pour 
faciliter l'installation de la population européenne, il 
a été décidé qu'une banlieue serait annexée à la ville. 
L'étendue de cette banlieue sera de 14 à 15,000 hec- 
tares. Des centres de population seront créés sur divers 
points, et principalement sur les routes qui partent de 
Constantine, dans la direction du Sétif, de Guelma, de 
Philippevillc, de Bathna. 

Dans le même esprit de prévoyance, des projets ont 
été préparés pour la colonisation de la vallée du Hou- 
Merzoug, qui est traversée par la route de Hathna. Cette 
opération, qui mettra à la disposition de l'administra- 
tion un terrain d'environ 15,000 hectares, touche à 
son terme, et les concessions pourront bientôt ôtre 
d('livr«'es. 



DE CO^STAISTINK. 449 

Arrona»89eiÈèent «te I*hiiii»t»evUMe, 

PniLippEviLLE. — L'ancienne Rusicada , fondée à 
la fin de 4858, par le maréchal Valée. — Population 
( exclusivement européenne) : 5,5iG habitants, en y 
comprenant Stora. 

Philippevilleest à Tiiii) kilomclrcs E. d'Alger, 100 ki- 
lomètres 0. de l>6ne, 85 i\. de (ionslantine. Klle a été 
mise en communication régulière avec celte dernière 
ville, par une route, aujourd'hui terminée, et dont nous 
avons parlé ailleurs ( page 157 ). 

La ville se résume, pour ainsi dire, dans une seule 
rue,la rue Royale, qui comprend, sur un développement 
de 800 mètres, tout l'espace intermédiaire entre la 
plaine et la mer. C'est là que se concentrent le com- 
merce et le mouvement de la cité. Les autres quartiers, 
qui s'élèvent en étages sur les deux versants de la col- 
line, dominent chaque côté de la grande rue. 

Il convient de faire observer que toute la partie qui 
se trouve entre la place de l'Intendance et la place de 
la Marine n'est encore garnie que de mauvaises ba- 
raques, édifiées provisoirement dans les premiers 
temps de l'occupation : elles doivent disparaître pour 
faire place à de belles constructions. On espère qu'elles 
seront terminées dans un an ; cette rue sera alors, 
sans contredit, l'une des plus belles de l'Algérie, par 
son étendue, sa largeur, et l'heureuse disposition de 
ses arcades, que rafraîchit incessamment la brise de 
mer. 

Ce qui manque encore à Philippeville, ce sont les 



420 PHOVINCK 

édifices d'édilité publique. Quel(iues-uns sont déjà en 
construction, comme l'église, la douane; d'autres sont 
projetés, tels que la prison, le tribunal , l'école, etc. ; 
enfin, le service des ponts-et-chaussées a commencé 
des travaux importants, qui ont pour objet d'amener, 
dans les anciennes citernes que l'on a retrouvées, les 
eaux du Beni-Melek : c'est là encore un travail de l'an- 
cien municipe romain, et que nous reprenons en sous- 
œuvre, après quatorze siècles d'intervalle. 

Les bâtiments militaires existant déjà à Philippe- 
ville, sont : un hôtel construit par le génie et habité 
par l'autorité militaire supérieure; un hôpital mili- 
taire pour huit ou neuf cents malades, et des caseï*- 
nes pour une garnison de 4,000 hommes de toutes 
armes. 

Les constructions civiles sont toutes européennes ; 
on compte quarante rues et traverses, et environ cinq 
cents maisons. 

Stora est le mouillage de Philippeville, commeJMers- 
el-Kébir est le port d'Oran ; mais Stora est loin de va- 
loir Mers-el-Kébir. Pour le rendre sûr, il faudrait y 
exécuter des travaux d'une certaine importance, et qui 
n'ont pu, encore être entrepris. Tel qu'il est, le port 
de Stora est habituellement fréquenté par la marine 
du commerce. Un phare vient d'y être construit ; une 
route en bon état assure les comnumicalions entre 
Philipl)eville et Stora : le développement de cette 
route est de kilomètres. 

MM.nAIlTHl^IJCMY, 0. ^, colonel , coinmaiulaiU supiMiour. 
LESAiLLliril *, cIh;!" de bataillon, commaiulaiil do placiî. 



DE COiNSTANilNK. 421 

SOUS-DIRECTION. 

MM. FISSONT, sous-directeur (1). 
FENLCH (Au{,'usle), secrétaire. 
PECHART baron U'AMBLY, maire. 
PRIVÉ , adjoint. 

LECORDIER, connnissaire de police. 
l)E SAND-FORT, 0. ^, capitaine de corvette, commandant 
la marine , ù Stora. 

Tribumnix. 

MM. MARION , président du tribunal de i" instance. 
RON, juge d'instruction. 
MAYNARI) DE LA VALLETTE , juge. 
«RENIER , id. 

BEAUFIIiJ, id. 

BERTAULT, procuieur du roi. 
DUBARD, substitut. 
JAllFFRET, grefiiei'. 

Juslke-de-paix. 

MM. GlIEMET, juge de-paix. 
NEVVGERMAIN, notaire. 
POIRÉ. i<l. 

^ , défenseur. 

N , id. 

N , id. 

MEST.WER , huissier. 
MARTIN, id. 

LAVA^,^IE, id.» 
DORI.\ , cominissaire-priseur. 



(1) M. Fissont vient tlp mourir. Il n'osl pas encore remplacé. L'intérim 
est rempli par M. Fonecli, sccrrtairo. 



422 pnoviNCK 

Instruction publique. 

MM. BECHU, directeur de l'école secondaire. 
GUELMAK , id. de l'école piiinaire. 
DE Ste colombe , receveur de renregistrement. 
THOMINI, id. des domaines. 

N , id. des contributions diverses. 

DE VAULGRELAND , sous-inspecteur des douanes. 
ALLAMAND, receveur principal. 
LESONNIÈRE ^ , payeur particulier. 

Chambre de commerce instituée par un arrêté du 4 octobre 1844. 

MM. DE NOBELLY, président. 
CHIRAC, mennbre. 
DELAY, id. 
PÈGAT; id. 
VIE, id. 

RIVONI , id. 
NARBONI , id. 
GARCIN , secrétaire. 

(Pour la liste des commerçants, voir à la fin du 
volume. ) 

La circonscription civile de Philippeville et sa ban- 
lieue ont été déterminés par un arrêté, en date du 
19 novembre 1844. Celle banlieue comprend environ 
cinq mille hectares. Indépendamment des concessions 
j)arliculières qui ont été faites pour partager et livrer 
à l'aj^ricullure ce territoire, trois centres de [)opulation 
ont été créés, savoir : 

Damrêmoist, constitué i)ar lU) arrêté du 20 août 
j844. — Population : (12 habitants. 

VALf.K (arrêté du même jour) : !()'> habitants. 

Sai?it-Antoiise (idem): 112 id. 



DE COSSTANTI?<E. 425 

En dehors du territoire civil, dont Philippevilie est 
le chef-lieu, mais s'y rattachant d'une manière intime, 
d'autres centres de population se sont formés d'eux- 
niômcs, ou ont été successivement créés. Nous allons 
les indiquer successivement. 

El-Auoucii , 24 kilomètres S. de Philippevilie. — 
Population : 400 habitants. 

MM, N , commandant supérieur. 

ROUSSE, instiuileur. 

SAi?iT-CiiAiiLES. — Centre crée par une ordonnance 
royale du 6 avril 1847, au confluent de l'Oucd-Zerga 
et du Saf-Saf. 

RoBEKTViLLE. — Gastonville. — Dcux villagcs, créés 
par des ordonnances royales, ne sont pas encore con- 
stitués. 

CoNDÉ,plus connu sous le nom arabe de Smendoit. 
— Centre créé par une ordonnance royale, en date 
du 9 septembre 1847. 

Ces cinq villages ont été constitués d'après un en- 
semble de combinaisons qui méritent d'être expliquées. 

Entre El-Arouch et le Smendou, qui sont deux éta- 
pes de la roule de Philippevilie à Constantinc, s'étend 
la vallée du Saf-Saf, ainsi appelée du 'nom de cette 
rivière, qui la traverse, et qui a son embouchure dans 
la mer, à six kilomètres de Philippevilie. 

Cette vallée, un peu resserrée comme cela est ordi- 
naire en Afrique, a 18 à 20,000 hectares. Les tribus 
arabes qui l'occupaient ont été cantonnées et resser- 
rées sur lin espace d'environ 8,000 hectares, qui sont 
devenus leurs propriétés. 



424 rnoYt>io£ 

Les autres 12,000 hectares ont été affectés à la colo- 
nisation, d'après le système suivant : 

El-Arouch , au nord, à la naissance de la vallée, du 
côté de Philippeville ; 

Condé, au sud, à son issue, du côté de Constan- 
tine ; 

Saint-Charles , au centre ; 

Robertville et Gastonville , à l'est et à l'ouest. 

Les terrains, compris entre ces derniers villages et 
formant environ G à 7,000 hectares, ont été partagés 
en lots d'inégales grandeurs et distribués entre divers 
propriétaires qui commencent à s'établir sur leurs 
concessions. Nul doute que ces différentes créations , 
placées au milieu d'un territoire sain et fertile, qui 
s'appuient les unes sur les autres et que vivifient le tran- 
sit et la route de Philippeville à Constantine, n'ac- 
quièrent promptement des développements remar- 
quables (I). 

En traitant la question des mines au commence- 
ment de cet .\^■^^L•A^nK , nous avons indique les Monls- 
Filfila situés à 20 kilomètres de Philippeville, et les 
gisements (pi'ils contiennent; maison s'est borné à 



' (I) Addiliotiiiellcmeiit i'i (-«• qui vient il'élre di(, nous ilcvuiis an- 
noncer que re syslènio vi«Mil (l'èlre oornplélé par la cr»''ali()n d'un 
village qui a reçu lu nom de Jeminapes. Ce village ei>l situé près de 
rOucd-Fendeck, sur In roule projetée cl déjà reconnue, qui doit re- 
lier Hône à IMiilippcvilIe par la vallée du Sa f Sa T. (le centre, qui 
nV'xifite (Mirore <|uc noMiinalrnicnt, est W premier Jalon (i\ù sur cette 
roule. On (irojellit d'en elaltlir un autre au lieu dit Aïii-.MoKra , où 
»e IrouYcnl de riches mine>i de fer, entre le lac Fe//ara et le» mon- 
liigiies. 



DE (:0>»TAN'II?it. 425 

quelques travaux d'exploration , suivis avec peu d'ac- 
vité : aucune exploitation sérieuse n'est encore com- 
mencée. 

BÔNE ( en arabe Anaba, ville des Jujubiers) occupe 
une partie de l'emplacement où était situe XHippo re- 
clus des anciens (1), YHyppone de saint Augustin, qui 
y mourut en 429, deux années avant qu'elle tut prise 
par les Vandales qui la saccagèrent. 

En J535, l'empereur Charles-Quint, après avoir ré- 
duit Tunis et son bey à une vassalité incontestable, fit 
occuper Bône par sa flotte, qui put alors, chose digne 
de remarque, passer l'hiver au mouillage de la Sey- 
bouse. On a encore les lettres adressées par Don Al- 
varez, commandant des troupes espagnoles, à cet em- 
pereur. La ville avait été abandonnée par ses habitants, 
et le pays tout entier était en insurrection ; ce qui 
n'empêche pas le^général espagnol d'apprécier tout ce 
qu'a d'avantageux la position de Bône, et surtout cette 
magnifique plaine de la Seybouse, qui lui rappelle, dit- 
il expressément, la plaine de Séville (2). 

La plaine de la Seybouse, ainsi nommée, parce que 
cette rivière la traverse dans la plus grande largeur, 
est bornée à l'ouest par le lac Fezzara et la Meboudja; 
au sud et à l'est par les montagnes qui, partant du lac 



(!) Anliquis diUctus legibus Ilippo , dit Juvenal ; ce qui 

prouve que si Consl;uiline élail la capitale de la Numidie, Hyppooe 
élail le lieu de plaisance de ses rois , ce qui élail fort iiaUirel. 

(2) Docunienls recueillis eu E-'-pagne par le déparletneut de la 
juerre. 



426 puoviiscE 

Fezzara, dominent le camp de Dréan, et forment un 
demi-cercle qui vient aboutir au cap Roza. 

L'étendue de cette plaine est d'environ 60,000 hec- 
tares de terres d'une grande fertilité. Les eaux de la 
Seybouse, delà Mafrag, de leurs affluents, fournissent 
le moyen d'augmenter cette fertilité parles irrigations. 
Aucune partie de l'Algérie ne semble plus propice pour 
dévastes essais de colonisation, et cependant il faut 
dire qu'aucun effort sérieux n'a encore été tenté de ce 
côté: le village de d'Uzerville (J), créé par un arrêté 
du 12 février 1845, n'est pas encore commencé. 

Les autres particularités remarquables que présente 
ie territoire de Bône, sont : 

Les montagnes de l'Edough , qui commencent à 
six kilomètres delà ville; c'est là que se trouvent les 
plus belles forêts de l'Algérie: 

La petite plaine, dite des Karezas, traversée par la 
Meboudjah; 

Le lac ( ou étang ) de Fezzara, à 25 kilomètres do 
Bône; il atteint, dans certaines profondeurs, de quatre 
à cinq mètres. On a proposé de le dessécher ; ce qui 
rendrait à la culture une superficie de 10 à 12,000 hec- 
tares d'excellente terre. Cette opération est possible, 
puisque le fond du lac est élevé de plusieurs mètres 
au-dessus du niveau do la mer. N'est-ce point là d'ail- 
leurs un réservoir naturel d'irrigations, et dont il con- 
viendrait de tirer parti ? 



^1, \.v nom de «Il /cr-N jlle ;i clù doiiiK' à co coiilri' , en iiMiiioiie 
du général .Miitick-tl'l'/cr, qui a lr)ii,u((>tti|)S (*oiiiiiijiiuIù lit (li\isioii 
(le Dùnc et (|ui y a laii»c d hoiiorublcs luuvotiirs. 



1)K C<).NSTAI>iTl>E. 427 

Diverses ordonnances, en date du 9 novembre 1845, 
ont réglé les concessions de mines de ter faites aux 
sieurs Peron, marquis do Bassano, Cli. Gérard, Jules 
Talabot. 

Une seule de ces compagnies, celle qui a pour chel' 
M. de Bassano, et qui a reçu le nom de Concession de 
la Mchoudjah , s'est livrée à des opérations sérieuses. 
Elle a construit deux hauts-fourneaux, dont les soulïle- 
ries sont mues par une machine à vapeur. Cette usine 
travaille depuis trop peu de temps pour qu'on puisse 
déterminer d'une manière positive les conditions de 
son exploitation et la valeur de ses produits. 

Considérée sous le point de vue commercial, Bùne 
est sans contredit celle de nos villes algériennes, qui 
est placée dans la situation la plus normale, c'est-à-dire 
que les importations ne sont pas dans une dispropor- 
tion aussi considérable avec les exportations. En 1845, 
par exemple, la valeur des marchandises exportées s'est 
élevée à 2,700,000 fr. , et celle des marchandises im- 
portées à 4,500,000 fr. , c'est-à-dire un peu moins de 
la moitié. Or, l'on sait ([ue pour l'Algérie, prise dans 
son ensemble, la différence entre les deux termes est 
comme de 1 à 12. 

Un mois après la prise d'Alger, en 1850, le général 
Damrémont prit possession de Bône, où il se mainte- 
nait malgré les attaques des tribus voisines. Mais la 
Révolution de Juillet avait éclaté ; le maréchal Bour— 
mont crut nécessaire de rappeler à lui cette division , 
et la ville fut évacuée le 18 août. Dès-lors elle fut li- 
vrée au pillage; une petite garnison turque s'était instal- 
lée dans la Casbah. En 1852, un heureux coup domain 



45S rnoviNCE 

exécuté par le capitaine d'artillerie d'Armandy, et par 
le capitaine, depuis général Youssouf, à la tète d'un 
détachement de marins appartenant à l'équipage d'une 
corvette de l'État, qui était venue mouiller dans la rade 
de Bône, donna les moyens de reprendre cette forte- 
resse. Des troupes envoyées d'Alger, sous les ordres du 
général Munck-d'Uzer, occupèrent la ville, qui devint , 
peu d'années après, la base des opérations sur Con- 
stantine. 

Bône, pendant les premières années de notre établis- 
sement, avait été un séjour cruellement malsain. Les 
troupes qui y tenaient- garnison éprouvaient des pertes 
considérables, et la population était décimée; cela était 
dû à l'état de décombres et d'infection qu'avaient amené 
la dévastation des Kabyles, après que ses anciens habi- 
tants l'eurent quittée; mais bientôt Bône s'est relevée d(^ 
ses décombres. Des travaux de dessèchements, exécutés 
dans les marais, contigus à la ville; des eaux abon- 
dantes, amenées de l'Édough par un syphon à long déve- 
loppement, les constructions particulières ont ramené 
la salubrité, la propreté, et Bône est aujourd'hui une 
jolie ville, dont la résidence est aussi saine qu'agréable. 

Malheureusement elle n'a point de port et n'olï're 
à la navigation (jue des mouillages tout-à-fait insulli- 
sants. 11 serait nécessaire d'y coiislruire un port, sinon 
pour la marine de guerre, au moins pour les navires 
de commerce. 

Bône est litué à 5^0 Kilomètres K. d'Alger, à «SO ki- 
lomèlres S. de; (iuelnin, à i20 kilom. de (lonslaiitine. 

Population : î),7t)î) individus, dont (),()0() eui'opécns, 
ri,7î>rs indigènes : la population israélile est très-faible. 



1>E CONSTANTIN^. 429 

A13T01UTÉ» CIVILES ET MILITÀIKE». 

M. DE DROLLENVAUX, 0. ^, maréobal-de-camp, commandant 
la subdivision. 

SOUS-DIRËCTIOiN DES AFFAIRES CIVILES. 

MM. P. DE SOUBEYRAN ^, sous-diierlour, 

DE CALLAC , secrétaire. 

FENECII, maire. 

LACOMBE, adjoint. 

MERAT DE St-LÉON ^ , commandant la milice. 

HUSSON DE RANDON, commissaire de police. 

CAPITAIN ^ , lieulenani de gendarmerie. 

LAURENT DE CHARPAL ^, lieutenant de vaisseau, direcleiir 
du port. 

LÉLU, directeur de l'école supérieure, 

BLANC, id. de l'école payanle. 

GARY, id. de l'école gratuite. 

BOUYGUES, id. de l'école Israélite. 

Sœurs de la Doctrine chrétienne, Directrices de l'école gra- 
tuite. 
M"« LEFEBVRE , institutrice. 
MM. LABORIE , ingénieur des ponts-et-chaussées. 

DUBOCQ, id. des mines. 

N , id. des bâtiments civils. 

JUSTICE. 

MM. PINSON DE MÉNERVILLE, procureur du roi. 
THIERRY, substitut. 

DE BONNAFOUX, président du tribunal de i" instance. 
GAZAN DE LAPEYRIÈRE, juge. 
BAUDENS-LASSALLE , ' id. 
BOILEAU , id. 

CHENU DE PIERRY , greffier. 
RAIMBERT , interprète. 
BOSSUT-PICAT, juge-do-paix. 



450 IMIOVINCK 

MM. VILLENEUVE , nolaire. 
GARRIGOi:, id. 

N , défenseur. 

N. . . . . , id. 
LAGOUÉ , huissier. 
DUPONT, id. 
MATHIEU, id. 

SERVICES FINANCIERS. 

MM. DE TAVERNE, receveur des domaines, conservulcur des 
hypothèques. 
ROSAGUTI , receveur de reuregisirenicni. 
TARAYRE , inspecteur, chef du service des douanes. 
WABLE, inspecteur divisionnaire. 
PONTARLIER , sous-inspecteur. 
BINET, receveur principal. 
CADET, receveur des coniribulions directes. 
LAYDEKER ^ , payeur principaL " 

( Voir, pour les noms et adresses des négociants, à 
la fin du volume. ) 

La Calle. — Éi'igce en commissariat civil, par un 
arrêté ministériel du 21 décembre 1842. — 72 kilo- 
mètres E. de Bônc. 

L'ancienne compagnie d'Afrique fondée au commen- 
cement du i7« siècle, avait établi son siège à La Calle, 
qui lui avait été concédée en quelque sorte à titre de 
port franc, par les deys d'Alger; et cette circonstance 
avait donné à ce point une importance que l'on s'est 
vainerniînt efforcé de faire revivre, depuis que l'oc- 
cupation intégrale du littoral algérien u mis à notre 
disposilion tous les ports do l'ancienne régence, et nous 
a permis d'en fonder (bî nouveaux. 



1)L CONSTANTIN!:. 45i 

Dans l'état actuel des choses, La Callo ne se recom- 
luandc (|ue par les forêts do liège mal aménagées qui 
l'environnent, et par le cabotage de bateaux corail- 
leurs qui viennent assez volontiers y chercher un abri. 
Ce ne serait que très-arlinciellemcnt, et nous ajoutons 
très-inutilement, que l'on chercherait à imprimer à 
cet établissement une activité qui no serait pas en 
rapport avec ses ressources réelles. — Population 281 
individus. 

MM. DE VOISINS, commissaire-civil. 

secrétaire. 

ViDAL, receveur des ilomaiiios. 
MILLOT, id. des douanes. 
EYCARD, directeur du port. 

Tet'riinirea àuijries. 

GuELMA. — ( L'ancienne Calama ) à 70 kilomètres 
S. deBône, 60 à l'est de Conslantinc, sur la rive 
droite de la Seybouse. 

En 1856, le maréchal Clausel, ramenant l'armée ex- 
péditionnaire de Constantine, lui fit prendre un che- 
min différent de celui qu'elle avait suivi; ce qui 
la conduisit à Guelma. La multiplicité et la gran- 
deur des ruines qui jonchaient le sol attirèrent son at- 
tention sur cette position; il en reconnut de suite l'im- 
portance, et avec cet instinct supérieur dont il était 
doué, môme au milieu des embarras d'une retraite, il 
prescrivit l'occupation définitive et immédiate. 

Depuis ce temps Guelma est devenu le chef-lieu 
d'une subdivision, et un centre de population, qui ne 
p. ut que vS'agrandir; des travaux considérables ont été 



452 vnoYiNct: 

exécutés ou sont continués par les soins du génie mi- 
litaire ; les colons ont élevé des constructions déjà im- 
portantes; malheureusement la route qui doit relier 
Bône à Guelma, et qui est indispensable à la prospé- 
rité de cette localité, est à peine tracée. — Population, 
959 individus. 

MM. GUÉRIN DE TOURVILLE, 0. *, chef d'escadron d'élat- 
major, commandaiii supérieur. 
DESJARDINS ^, capitaine, commandant de place. 
POURÇOL, commandant'la milice. 
DE VILLEGIER, chef des services financiers. 
FRED, insliUileur. 

Pentiiièvre. — Centre de population récemment 
établi, à moitié chemin de Bône à Guelma, au lieu dit 
le Ruisseau d'Or. — Les travaux de première installa- 
tion viennent à peine de commencer. 

Nichmeya, Mjez-Amar sont deux postes occupés lors 
de la 2« expédition de Constantine, et quelque temps 
encore après la prise de cette ville. A Mjez-Amar, il 
existe des constructions militaires abandonnées au- 
jourd'hui, et que l'on ])0urrait utiliser. 

C'est aux environs de (iuelma que se trouvent les 
eaux thermales d'Hammam-Berda (le bainl'roid, proba- 
blement Vaquœ tibilitanœ de l'Itinéraire d'Antonin), et 
celles plus célèbres connues sous le nom de Hammam 
liascontine; elles sont sulfureuses; leur température 
est celle de l'eau bouillante, elles atteigm;nt 70 et môme 
8()" Uéaumur : elles ont été reconnues comme bonnes 
pour le traitement des rhumatismes et d'autres dou- 
leurs, ctroii \it'nl d'y établir un liApilal ou anibularice 



ttiilita'ne, où l'on amène tous les ans Un certain notn- 
bre de malades. 

Sétif (Silifii Golonia). -- i28 kilomètres 0. de 
Constantin c, 80 S. E. de Bougie. 

Sétif est à 1100 mètres au-dessus du nivenu de là 
ïner; aussi est-ce l'un de nos établissements où le froid 
est le plus vif. L'Mver y est rigoureux"; il y ^èle sou- 
vent, et la neige qui couvre la terre à plusieurs repri- 
ses s*élève pur fois jusqu'à vingt-cintj et cinquante 
centimètres, et dure souveut huit jours sans fondre. 

L«s mêmes circonstances, soit administratives, soit 
militaires, qui avaient fait de S'uifh Cdloniû la capitale 
de la Mauritanie Sitifiennô nous ont amenés à faire 
de Sétif le point d'appui de notre occupation de la 
grande plaine de la Medjana, occupation devenue in- 
dispensable par îe fait même de notre établissement 
à ConslantïUe. 

Devenu le ceutre de domination d'irtie grande partie 
de la Mauritanie^Cœsarienne, après le soulèvement 
des Quinquegentiani (population du Jurjura), en 297, 
Sétif acquit toute Timportatice que devait lui pro- 
curer sa position géographique. On en peut juger par 
les ruines immenses qui couvrent le soî. Les événe- 
ments qui ont causé la chute de Sétif sont inconnus 
de l'histoire; il est cependant raisonnable dVdmettre 
que ce sont les invasions successives des Vandales et 
des Arabes qui ont renversé les édifices et les murs 
de la dernière citadelle, élevée longtemps après Théo- 
dose, comme le démontrent des inscriptions trouvées 
dans les ruines des monuments élevés à la mémoire de 
cet empereur. 

28 



45i l»KOVlNt.E 

Sétif, visité en 1858 par le général Galbois, ne tïit 
(iéfinitirement occupé que dans l'élé de 1859; au 
printemps de l'année suivante, les populations kabyles 
attaquèrent avec vigueur le camp à peine formé; le 
5* bataillon d'infanterie légère se distingua dans cette 
défense. 

C'est aujourd'hui le chef-lieu d'une subdivision et 
un centre de population, qui s'accroîtra en proportion 
de l'amélioration qu'éprouveront les communications 
avec Constantine, et celles non moins désirables qu'il 
convient enfin d'ouvrir entre les provinces de l'est et 
celles du centre de l'Algérie. Sétif est déjà pourvu des 
établissements militaires les plus indispensables. Les 
constructions privées ne sont pas non plus sans im- 
portance ; on a bâti une mosquée aux frais de laquelle 
les populations indigènes ont concouru. 

A l'ouest de Sétif, à une distance d'environ 2,500 mè- 
tres, coule rOued-Hou-Sellam ; il n'est jamais à sec : 
les sources sont abondantes, et sont employées à l'ir- 
rigation des jardins. 

il existe des moulins à blé sur l'Oued-Bou-Sellam, 
des fermes, une pépinière, des plantations déjà con- 
sidérables, des jardins, etc. Tout cela forme une végé- 
tation considérable qui contraste avec la nudité anté- 
rieure de cette localité où il n'existait, lors(|ue nous 
sommes arrivés et que les tentes de Beni-Amer l'occu- 
paient, ({u'un seul arbre, un tremble! Ces indigènes 
se sont modifiés eux-mêmes, et ont conunencéà cons- 
truire des habitations en pierre. — Po[)ulation :745 ha- 
bitants européens ; 200 indigènes. 
M. EYNAUD,0. ^, colonel d'étui-major, commandant supérieur. 



' DE t.OMSTAM'lNE. 455 

MM. LAMliLlIiT, <:het de baluilloii, oommuiiduiilde place, 
ESTKK, coiMinaudaiU la nitlice. 
DONNÉ, payeur. 

GASSIOT, receveur de domaines. 
CHAPANEI., iiislilulQiir. 
ESTU, négociant. 
GALLY, frères, id. 
MARTIN, elC" id. 
PO.MMIER, id. 

TKISSKHE. lihraitc. 

Djimil.v. — ( (AÙcul'iiannfi ordof ) \ 40 kilomètres 
N. E. de Sétif, |)0.ste d'occuijation ii (^cessai ri' pour 
observer les montagnes au nord de Bougie, et i)our 
assurer les communications de Sétif avec Constanline. 

C'est à Djimiia que Ton a trouvé, parmi des ruines 
immenses et qui ont résisté au tenips et aux barbares, 
ce fameux arc de triomphe, dont l'état de conservation 
parut tel, que l'on proposa, que l'on décida même de le 
transporter pierre par pierre et de le reconstruire sur 
l'une des places de Paris : idée malheureuse, et que 
l'on a bien fait d'abandonner. 

La hauteur totale de ce monument est de 12 m. 65 sur 
une largeur de iOm. 60 c, il est d'une seule arcade de 
7 m. 52 c. de hauteur, et de 4. m. 55 de largeur. Il 
est consacré à l'empereur Caracalla, à sa mère Julia, 
et à son père l'empereur Septime Sévère; il fut donc 
élevé vers l'an 215 de l'ère chrétienne. • 

GiGELLi. — (L'ancienne Gilgillis ) Petit port occupé 
en 1859, à 48 kilomètres E. de Bougie, 80 kilomè- 
tres 0. de Philippeville, et seulement à 48 kilomètres 
Si de cette ville de Djimiia^ dont il vient d'être ques- 



43(î PROviNci: 

tion. Cette courte distance montre combien la position 
de Gigelly acquerra d'importance, dès qu'il sera pos- 
sible d'ouvrir des communications régulières et sûres à 
travers les montagnes kabyles qui séparent ces deux 
villes; Gigelly sera alors le débouché nécessaire de la 
riche plaine des Abd-en-Nour, d'une partie de la Mcd- 
jana , etc., etc. 

En 1664, Louis XIV désirant occuper un port de 
relâche sur la côte d'Afrique, fit occuper Gigelli par 
l'amiral Duquesne et le duc de Beaufort : ils y laissè- 
rent quelques troupes ; mais le fort qu'elles avaient 
construit fut enlevé par les Kabyles, et la garnison 
massacrée. 

Aujourd'hui Gigelli est entièrement à l'abri d'une 
catastrophe pareille, et possède des établissements mi- 
litaires suffisants pour sa garnison, qui est de 6 à 800 
hommes. 

Le port est médiocre et exigera des travaux d'une 
certaine importance (1). — Population : 1065, dont 
800 indigènes. 

MM. RÉGAIID, 0. ^, licutcnaiit-coluiicl , commandaiU supé- 
rieur. 
Fl-^IIAUD , oapilaiiie , cliftf du géiiio. 
DEMESMAY, receveur des douanes. 
CARRÉnE,. id. des domaiucs. 
BOURDON, payeur parliculier. 
GISMi'î, counier de coinuierce. 

IUtiina. — 120 kilomètres sud de Constantine, à 6 
kilomètres de l'emplacement de l'ancienne Lambessa. 

(1) I.c ministère du la iiiariru* a cuiiservi!; et publié dos lellrcs de 
l'amiral Duqiu'kiic sur rc'lahliHseincnl de ce port. 



liE CONSTANTIIXE. 437 

La pasilion de Balhna est impoiUuile, en ce qu'elle 
assure la route du sud, et que c'est en même teuips un 
point nécessaire pour observer et contenir les popula- 
tions des monts Aurès, aux pieds desquels cette ville 
est située. 

Ces motifs ont amené l'occupation permanente de 
Balhna, qui forme aujourd'hui le chef-lieu d'une des 
subdivisions militaires de la province de Constan- 
linc; ce sera plus tard un centre de population, éj;a- 
h^ment utile au commerce du littoral, à celui du Tell 
et à celui du désert. 

Près de Bathna se trouve une forôt de cèdres, qui 
est d'une grande j'essourcc pour les constructions de 
la ville; l'armée et l'industrie peuvent même s'y ap- 
provisionner des bois ouvrés pour le charronage, etc. 

La population européenne qui s'est Hxée à Bathna 
s'élève à 545 individus. Soixante et une maisons sont 
déjà construites; on a bâti de plus deux moulins à blé, 
une brasserie et deux briquet teries : des projets sont 
j)réparés pour constituer régulièrement ce centre de 
population. 

MM. ilEIlBlIXON , C. ^, inaréchal-de-camp, commautlani su- 

GliUSLIilV, capiuiiiio d'ciai-inajor, aide-de-canip. 

THOMAS ^, capilaino, chof du génie. 

lUlCNOT, rcceveui' de l'euiegisu émeut, des domaiues, etc. 

BisivAUA. — C'est la ville principale et le centre des 
populations connues sous le nom de Bisicris; elle est 
située à 210 kilomètres S. de Constantine. Population 
indigène : 2,000 habitants; Européens, 20. 

Biskara n'est et, d'ici à do longues années, ne peut 



458 PROVINCE 

être qu'urt jioint croccupatioi» et d'observatior» indis- 
pensable à l'égard des populations qui habitent le désert, 
dentelle est pour nous le poste avancé. L'occupation 
de cette place eut lieu, en 1844, par les ordres de 
M. le duc d'Âumale, alors commandant supérieur do la 
province de Constantine, qui y laissa une garnison (1). 
Depuis cette étx)quc, les établissements militaires in- 
dispensaldes ont été complétés et perfectionnés, autant 
que le permet une situation aussi éloignée du littoral 
et des ressources que l'on est obligé d'en tirer. On a 
même commencé, et à grands frais, à creuser un 
puits artésien; la sonde est arrivée à une profondeur 
de quatre-vingts mètres. On n'a encore obtenu aucun 
résultat. 

Mais Biskara et l'oasis qu'elle domine sont déjà trop 
Africains^ pour que nos colons européens puissent 
songer à s'y étal>lir» On no saurait donc attacher à cette 
possession qu'une importance politique et commerciale, 
que les relations continuelles et si variées du littoral 
et du Tell avec le désert ne permettent pas de mécon- 
naître. 

MM. GAILLARD \W. ST-GKRMAtN,0. ^ .lieiHeimnt coJoiieUcom- 
mundaiU siipérinur. 
DECASSANOVE, licuUMi:ui( , clicrdii yriiic. 



(i) H arriva nkilhcHr à toKc narnisen. Kilo n'était composée que 
^indigènes, placés sous le cominandonii'iit d'un onicier français et 
«la plu«ieurk sous-ufllcicr». Duc conspirulioii Tut (rainée entre ces 
iMdi«fcncs cl ceux de la ville : l'olTicicr fut égorgé avec les soiis- 
«nicicrs ; la caisse enlevée, les inuoilions de guerre et de bouche 
pillécf, etc. 



DE CONSTAÎHTIME. 459 

UU BOS(]UET, sous-lieulenanl, chef des affaires arabes. 
DURRIEU , receveur des domaines. 

Telle est donc, dans son ensemble, l'organisation po- 
litique, militaire, administrative de la province de 
Constantine; elle comprend: 

Sur la ligne du littoral, deux villes à territoire civil 
(Bône, Philippeville), un commissariat (La Calle), une 
ville à territoire mixte (Gigelli). 

Sur la ligne de l'intérieur, trois places : Guelma , 
Constantine, Sétif; 

Sur la ligne extrême du Tell , une place, Bathna, et 
même un poste avancé vers le désert , Biskara. Tug- 
gurth et son oasis ne peuvent être considérés comme 
occupés, bien que notre autorité y soit reconnue et 
que le tribut soit payé. 

Pour compléter ce système d'occupation, il sera 
nécessaire d'établir un poste-magasin ou chef-lieu de 
cercle entre Sétif et Aumale, dans quelque position 
limitrophe des deux provinces d'Alger et de Constan- 
tine Nous remarquons aussi que nous n'avons aucun 
point, aucun établissement sur la frontière de Tunis : 
c'est peut-être une lacune que l'avenir permettra de 
combler. 



CHAPITRE VR, 



Aff^re» Arnb€>9:> 



Nous avon^ cru devoir rejetcF à la fin de cet An-^ 
nuaire, et dan$ un chapitre spécial, divers objets qui 
se rattachent aux intérêts indigènes. 

En même temps que notre domination s'étendra et 
s'affermira dans le pays, de nouveaux documents se- 
ront recueillis et (léveloppés dans les publications suct 
cessives de cet Annuaire. Nous devons, pour le moment, 
nous borner à constater les faits existants^ et à les pré- 
senter avec le plus dt* brièveté possible, ainsi que 
poui l'avons fait pour l«s autres branches d'adminis- 
tration déjà traitées dans les précédents chai)itres. 

Culte musulman. 

A rexceptiôn de l'article 25 de l'ordonnance royale 
du 10 aoûl i85i, confirmé et renouvelé depuis pai; 



AFFAIRES ARABES^ 44i 

l'ailicle 51 de l'ordonnance du 2G septembi'e 1842, et 
qui déclarent l'un et l'autre que les muphtis et les cadis 
sont nommés par le gouverneur-général, aucune dis- 
position n'a été prise pour l'organisation proprement 
dite du culte musulman : on voit qu'en tout pays et en 
toute croyance, les affaires religieuses sont d'un abord 
dilïicile et d'une solution délicate^ 

Q«oi qu'il en soit de l'état d'inorganisation on se trou- 
vent aujourd'hui, à notre égard du moins, les popula- 
tions musulmanes de l'Algérie, sous le rapport du culte 
et des affaires religieuses , voici quelques détails qui 
pourront intéresser le lectem*, bien qu'ils i>e se rap- 
poi'lent qu'à la ville d'Alger. 

Sous le gouvernement des Turcs, vkigt grandes 
mosquées principales, et plus de cent petites mosquées 
secondaires, 2^aouïas, oratoires ou marabouts, étaient 
affectés anx exercions du culte musulman , à xVlger. 

Dès les premiers jours de la conquête, l'armée s'est 
forcément trouvée 'conduite à en occuper quelques- 
unes : on sait, qu'à défaut d'autres locaux, c'est dans 
des mosquées que les premiers hôpitaux ont été in- 
stallés.. 

Plus tard, la nécessité d'ouvrir dans toutes les di- 
rections de nouvelles voies de communications, de 
donner l'air et la vie à l'ancienne cité mauresque ^ 
en a fait tomber un plus grand nombre sous le 
marteau de nos architectes. 

En sorte qu'aujourd'hui il ne resfce plus à Algerv 
consacrées au culte musulman , que quatre grandes 
mosquées à grand minaret, et une quinzaine de mos- 
q^uées secondaires, presque toutes eu mauvais élat. 



442 AFFAIRES AUAKES. 

Tel est pourtant le mouvement de décroissance de 
la population musulmane , dont le chiflre est tombé 
depuis dix-sept ans de 50,000 à 20,000 âmes, et telle 
est surtout l'influence de notre contact sur les débris 
de cette population, dont les sentiments religieux et les 
souvenirs s'en vont chaque jour s'affaiblissant, que les 
quatre mosquées principales suffisent largement aux 
besoins ordinaires du culte, et que c'est à peine si, 
même pendant le mois sacré de Ramadan et aux 
grandes fêtes, la plupart des autres sont fréquentées. 

Les quatre mosquées principales, qui subsistent, à 
Alger, sont : 

1^ La grande mosquée {Djamâ-Kebir), rue de la 
Marine, construite, dit la chronique, dansle cinquième 
siècle de l'hégire, par Youssef-ben-Tachfm , de la dy- 
nastie des Almoravides, fondateur de l'empire du Ma- 
l'oc. Une inscription, parfaitemenWconservée au pied du 
minaret de la mosquée, fait connaître que ce minaret 
a été élevé en l'an 723 de l'hégire, soit en 1525 de 
notre ère; 

1° La mosquée Djamâ-Djedid , à la Pêcherie , près la 
place du Gouvernement, d'une construction au con- 
traire toute récente, comme l'annonce du reste son nom ; 
elle a eu pour architecte un esclave chrétien qui, dit 
la chronique, sous l'impression d'un secret pressenti- 
ment, lui donna la forme et les proportions d'une église 
chrétienne, et paya dc^ sa tête sa pieuse su|)ercherie : 
cette inos(|uée est spécialement consacrée au rite ha- 
naii; 

> Knlin, les nios<]nées Djdmn-Snjiv cl Ujmiui-S'uli- 
ll(intil(tn, sises loulos deux dansle liiiul (l«' la ville, el 



AFFAIRES ARABES. 445 

consacrées, la première au rite lianafi, la seconde 
au rite maleki. La mosquée Djamâ-Safir est bâtie avec 
j^oùt et avec un certain luxe. 

Gomme dans tous les pays musulmans, chaque mos- 
quée, à Alger, avait ses revenus particuliers provenant 
de legs ou de donations par habous. Ces revenus étaient 
administrés par des oukils que nommaient, suivant 
l'importance de la dotation, les deys ou les muphtis. 
Aujourd'hui, les biens des mosquées ont été réunis au 
domaine, et l'État se charge de toutes les dépenses du 
culte musulman. La mauvaise administration des ou- 
kils , qui s'appropriaient presque toujoui's la majeure 
partie des revenus dont le recouvrement leur était 
confié, rendait cette substitution inévitable et urgente. 
Elle a eu, pour résultat, d'accroître les produits et 
d'améliorer sensiblement le sort des agents du culte. 

La grande mosqiJl!^ d'Alger possédait à elle seule 
plus de deux cents immeubles d'un produit d'environ 
50,000 fr. ,. qui a plus que doublé entre nos mains. 

Le personnel religieux attaché à chaque mosquée va- 
rie naturellement suivant l'importance du temple et le 
(îhiffre de ses ressources. Les plus petites mosquées 
n'ont, le plus souvent, qu'un imam et un mouedden. 
Les mosquées secondaires joignent à ce personnel 
quelques lecteurs du Coran, de Sidi Boukhrari, ou 
d'autres livres saints. 

Nous allons , en indiquant le personnel attaché à la 
grande mosquée d'Alger, donner une idée de celui qui 
dessert les mosquées du premier ordre et en même 
temps de la hiérarchie religieuse chez les mahométans. 

Personnel de la grande mosquée d'Alger. — Un 



444 - AFFAIRES ARABKS. 

khrethbib. On appelle khrothba en arabe les sermons, 
discours et exhortations qui se font ou se lisent au 
prône. Khrethbib signifie donc, àproprement dire, pré- 
dicateur, orateur : c'est le premier emploi du culte chez 
les musulmans. Dans les grands jours de l'Islam, il 
était exercé par les califes en personne ; à la grande 
mosquée d'Alger, il est rempli par le muphti-maleki. 

Un premier iman, desservant, dirige les prières et 
tous les exercices du culte, notamment ceux du ven- 
dredi. 

Un deuxième iman , suppléant, vicaire. 

Un baoh-heuzzab y chef des heuzabins, lecteurs du 
Coran. 

80 Jreiizabins. Les fonctions des hcuzabins con- 
sistent à lire un chapitre du Coran le matin, et un 
autre le soir, de manière à achever, dans le cours d'un 
mois, le livre saint qui coraproi|PI soixante chapitres. 
Autrefois il y avait 120 heuzabins à la grande mosquée» 
en sorte que le Coran s'y trouvait lu en entier deux 
fois clia(|ue mots. 

6 lecteurs du Ten'bih-cl-Anam ^ du Ihttkhmri, des 
Hadila, etc., chargés, à certains jours, et notamment 
le vendredi , d'éditier les fidèles par des lectures sain- 
tes, telles (jue la vie du prophète, des maximes, etc. 

7> niotiderreas ^ docteurs et professeurs en théologie. 
Ils se partagent le haut enseignement sacré : les fonc- 
tions de moudeiTcss ne sont remplies (jue par les 
cuiémas les plus insiruils. 

20 handours. Les hondoui'S sont les disciples des 
inouderress. Après plusieurs années de stage dans la 
mosquée» et quand ils sont suilisamnient initiés ù Ut 



AFFAïKi:?; AiunES. 44r> 

connaissance des préceptes des livres saints, ils sont 
appelés aux emplois supérieurs du culte et prennent 
rang parmi les tholbas ou les ulémas, suivant leur 
mérite. Les hondours assistent les imans et les lecteurs 
dans les exercices religieux; ils touchent comme eux, 
et comme tous les autres agents du culte, un salaire. 

4 moiiaqqats ^ indicateurs. Ils sont chargés d'obser- 
ver les heures des prières , et de les indiquer aux 
moueddenins : ils se relèvent à tour de rôle. 

42 moiieddenins , crieurs. Deux d'entre eux sont 
sans cesse de garde pour appeler, aux heures voulues, 
du haut des minarets, les fidèles à la prière. 

20 chauls et kennas, agrégés, chargés du soin de 
balayer et d'éclairer la mosquée. Ce ne sont point, 
comme on pourrait le croire, des gens de peine, mais 
des hommes pieux et simples, qui ne pouvant, faute 
d'instruction, gagner des mérites par des lectures 
saintes, les cherchent en se dévouant à des exercices 
plus faciles et plus modestes. 

Justice. 

Si l'organisation du culte mahométan n'a subi au- 
cune modification depuis la conquête, il n'en a pas 
été de même de la justice : la juridiction des tribu- 
naux indigènes, d'abord maintenue dans toute son in- 
tégralité, par l'arrêté du maréchal Clausel, du 22 
octobre 1850, qui laissait aux cadis le soin de pronon- 
cer, même au criminel, a été successivement amoin- 
drie par l'arrêté du 16 avril 1852 et par l'ordonnance 
du 10 août 1854. 

Aujourd'hui, d'iipi'ès l'ordonnance du 20 septembre 



44G AFFAIIIKS ARABES. 

1842, les tribunaux musulmans n'ont plus à connaître 
que des causes civiles et commerciales entre indigè- 
nes musulmans, ou des infractions punissables d'après 
la loi du pays, sans constituer, d'après la nôtre, ni 
crime, ni délit, ni contravention. 

Des instructions spéciales ont dû, depuis, limiter 
leur action sous ce dernier rapport. On comprend en 
eCFet à quels abus graves pourrait entraîner, sans cela, 
l'application rigoureuse et passionnée d'une législation 
qui punit des peines les plus sévères le blasphème, 
l'inobservance des jeûnes, l'usage immodéré du 
vin , etc. 

Dans les villes de l'Algérie où la population musul- 
mane a quelque importance , il existe deux cadis qui 
jugent au même titre, en premier ressort, chacun de 
son côté, et d'après les règles de leur rite : ces deux 
cadis sont complètement indépendants l'un de l'autre. 

Des adouls ou greffiers transcrivent leurs jugements 
et en délivrent des expéditions ou copies. 

Des aowns ou huissiers en assurent l'effet, quand ils 
entraînent une exécution quelconque. 

Le tribunal d'appel, chez les indigènes, est appelé 
Medjelès : il est composé de deux muphtis, chefs su- 
prêmes de la justice comme de la religion, et des deux 
cadis. Lorsqu'un medjelès doit juger une question dif- 
ficile, qui tient son jugement en balance, il fait appel 
aux euiémas (docteurs) de la ville ou de la province , 
et ne prononce qu'après les avoir consultés. La con- 
vocation des euiémas est toujours entièrement faculta- 
tive. Quand elle ne sulïit pas pour donner une solu- 
tion au point en litige, ce qui arrive quelquefois, on 



AVfAIRFS AllABES. M7 

en réfère à l'un îles medjelès des états voisins, dont les 
l'ettwas (jugements) ont acquis le plus d'autorité dans 
le monde musulman. Tels sont les medjelès de Fez et 
d'Alexandrie; tel était le medjelès d'Alger, il n'y a que 
quelques années, quand il était présidé par le savant 
Hadji-Mohammed-ould-Sid-Hassan-cl-Eunnabi, ex- 
pulsé du pays en 1850, par suite de la mesure géné- 
rale qui frappa tous les Turcs à cette époque, et aujour- 
d'hui premier muphti d'Alexandrie. 

Bien que les deux cadis aient même qualité pour 
connaître des diverses contestations qui sont restées 
du ressort de la justice indigène, l'usage a attribué, du 
moins à Alger, d'une manière plus particulière, au 
cadi Maleki la répression des délits et fautes contre la 
morale, la religion, les mœurs, etc.; 'àw cadi Hanafi 
la connaissance de tous les actes relatifs aux succès-, 
sions dans lesquelles le beit-el-mal (le fisc) n'est pas 
intéressé. 

Indépendamment des deux cadis ordinaires, il existe 
un magistrat particulier qui connaît en premier res- 
sort, sauf appel aux medjelès. des contestations que 
peut soulever la liquidation des successions dans les- 
quelles, aux termes de la loi musulmane, l'Etat, repré- 
senté par le beit-el-mal, a des droits à exercer. Ce ma- 
gistrat a nom Cadi beit-el-mal; il est assisté d'un adel 
(greffier). Les sentences qu'il rend sont rarement exé- 
cutées sans qu'elles aient été confirmées par le med- 
jelès. 

Les kabyles, mozabites, biskris, etc., qui forment 
dans les grandes villes de l'Algérie la population flot- 
tante, échappent pour les contestations qui s'élèvent 



44s AMAir.KS \1\ABES. 

entre eux à la juridiction des cadis. Soumise, par 
suite d'anciens usages que nous avons dû respecter, à 
des règlements spéciaux, cette population ne connaît 
d'autres juges que ses aminés, qui sont assistés, lors- 
qu'il y a lieu, de thalebs (docteurs) ou mgaddemâ 
(chefs) pris dans son sein. 

Àdininistralion. ^ 

L'administration des tribus et des populations indi- 
gènes se divise naturellement en deux parties : 

1® L'autorité française. 

Elle s'exerce immédiatement par le gouverneur gé-» 
néral et les commandants militaires; mais à côté d'eux» 
et en dehors de leurs action existe une administration 
spéciale, qui est la direction centrale des affaires ara-^ 
bes et les bureaux (1) qui en dépendent. Nous avons 
fait connaître, au chapitre III de cet A^uLaiHe, les 
bases principales d'organisation de cette direction^ 
nous n'aurons donc pas à y revenir. 

2" Les autorités indigènes. 

Ici il se présente une observation singulière. — Les 



(I) On tie saurait mieux comparer la position déâ offtncrs du, bureuit 
mrabe, comiiio on les appelle ordinairement, (}u'à celle des résidents 
anglais dans Tlnde, au moins. (|uant à l'importance politique ; car« 
quant aux émoluments et aux autres avantages, ils sont infiniment 
plus mal payés^ plus mal récompensés; et cependant ils sont Id 
cheville ouvrière du pays! Il y a tel onicier subalterne qui exerco 
une inlluence énorme sur cent lieues de pays : c'est Itien h\ (|ue l'on 
l}cul dirv : tant rail l riKunmr , (uni vaut lu place. Le (iouvernengient 
devrait, ce nous semble, relever un pou plus une institution qui lui 
eit %\ utile et qui pcal Pétrv encore bien duvantagei 



AFFAIUES AILVUEÇ. Aï\i 

Turcs ont gouvoiné ce pays pendant trois cents ans, et 
nous ne retrouvons, pour ainsi dire, aucune trace de 
l'administration qu'ils avaient dû lui imposer. Abd-el- 
Kader ne l'a gouverné que pendant trois ans, et il a im- 
primé à ce pays une organisation j>i rationnelle, si 
simple, si appro[)riée à ses besoins, que' nous avons pu 
l'appliquer immédiatement, sans autre peine pour ainsi 
dire que de nous substituer à lui. 

C'est ce qu'explique tort clairement un ouvrage 
émané de la direction centrale des aiîaii'cs arabes, et 
publié en i844 par ordre de M. le maréchal Bu- 
geaud (i); nous en citerons l'extrait suivant : 

« L'organisation du gouvernement des indigènes a été 
calquée sur celle que nous avions trouvée chez Abd- 
el'Kader, au moins quant à ce qui concerne la hiérar- 
chie adoptée pour les chefs indigènes; mais elle a été 
rendue mixte, s'il est permis de se servir de ce terme, 
par l'adjonction des agents français qui représentent 
aux yeux des arabes l'autorité suprême dont ils sont 
les délégués. Comme on le comprend déjà, deux pen- 
sées principales ont guidé l'autoiité dans l'adoption 
de notre organisation, et ce sont les circonstances 
mêmes où se trouvait le pays qui les ont suggérées. 

« En effet, après avoir soumis un grand nombre de 
tribus, et conquis une étendue de pays très-considé- 
rable, il fallait éviter l'anarchie qui ne suit que trop 
souvent les conquêtes rapides; il fallait conserver 
l'habitude de l'obéissance à des peuples que leur 



(1) Il a pour litre : Exposé de l'état actitel de la société arabe, du 
gouvertiemenl et de la léijislalion qui la régit. 

29 



450 AFFAIUES AlUliKS. 

caractère poilail à l'indépendance. Il était en un mot 
indispensable de leur donner de suite des chefs dont 
les attributions fussent connues et l'autorité respectée. 
Dans ces circonstances on eut recours à la hiérarchie 
à'Abd-el-Kader, qui était conforme aux mœurs, con- 
forme à la religion, et qui possédait sur toute autre le 
grand avantage d'avoir déjà été pratiquée et par con- 
séquent d'être entrée dans les habitudes. Son adop- 
tion, loin de rien préjuger pour l'avenir, a été le 
premier pas fait vers un état régulier, et laisse le champ 
libre aux perfectionnements futurs. 

« Mais il ne sulfisait pas d'imposer une hiérarchie des 
pouvoirs bien combinée aux tribus ; il fallait encore 
laisser la preuve de la conquête présente à leurs 
yeux, et en marquer la trace dans leurs transactions 
civiles, judiciaires et politiques. C'est le rùle réservé 
aux agents français qui, comme chefs militaires et 
<*omme chefs politiques, tiennent en leurs mains la 
source réelle du pouvoir. Exerçant dès aujourd'hui, 
en toute circonstance, les fonctions (pii leur sont dé- 
volues, ils préparent la voie qui doit conduire a une 
sorte d'administration déjà plus parfaite, et dans la- 
(juelle l'élément fiançais, l'élément civilisateur et pro- 
gressif, est déjà en possession du pouvoir supérieur. 

« La hiérarchie établie parmi les chefe indigènes a 
dté, comme nous l'avons dit déjà , cahpiée sur celle 
instituée par Ahd-cl-Kadcr. Elle comprend par consé- 
(juent les fonctionnaires suivants : 

« Le Klialifa, le liach'Afjha cl VAgha indépendant. 

« ]:Agfia de !••'', 2« et 7)^ classe. 

♦ Le Kaïd. 



AU AlUES AHAllES, i5l 

t Le Cheikh. 



« Le Kadi avec ses Aâdoul ou grelïiers. 

« \jOukil-bU-el-Mèl, aussi appelé Nader-bit-el-Mèl. 

« La force militaire indigène porte les noms de 
Mak'hzen ( cavaliers du Mahhzen ), de liiëla^ de Goum 
et dVla^Aar. Les employés subalternes du pouvoir 
parmi les indigènes sont les Chaouch et les Mekha- 
zenya. » 

Expliquons maintenant la nature elles altril)utions 
de ces diiïerentes fonctions. 

Khalifas, Bach-Ayhus et Ayhas indépcndanls. — Le 
territoire conquis par nous a été partagé en fractions 
considérables et distinctes les unes des autres. Ces por- 
tions du territoire se trouvent en général sous les or- 
dres d'un commandant de subdivision; et le cbef indi- 
gène, qui relève sans intermédiaire de ce dernier, 
prend le titre de Khalifa. 

Les Bach-Agas et Aghas indépendants exercent une 
autorité pareille à celle du Khalifa, dans un territoire 
moins étendu que celui confié à ce dernier. Aussi la 
différence des noms n'en apporte aucune dans les attri- 
butions de ces chefs. Des considérations politiques ont 
obligé à chercher le moyen d'augmenter ces chefs 
indigènes du premier ordre. Le désir de satisfaire 
beaucoup d'ambitions inquiètes, ou de récompenser des 
services rendus, tout en ne créant que des puissances 
incapables de nous donner de l'ombrage, explique suf- 
fisamment cette mesure. 

Le Khalifa est nommé par le roi, sur la proposition du 
commandant de la division. La durée de ses fonctions 
est illimitée, et il est soldé par la France : il est chef 



4o2 AFFAIRES AKABES. 

politique et administratif dans son territoire ; et comme 
tel, il a à sa disposition une troupe armée et soldée 
par la France. 

A la guerre, le Khalifa marche, sur l'ordre qu'il re- 
çoit du commandant français, à la tête des contingents 
formés par les tribus et de ses propres cavaliers. Il ne 
peut, de son propre mouvement, entreprendre aucune 
razzia, sauf le cas d'insurrection flagrante. 

Les fonctions de Khalifa sont plus compliquées en 
temps de paix; elles ont trait à l'exercice de l'autorité 
judiciaire et à la surveillance de la rentrée des impôts 
et à leur répartition. Il peut prononcer des amendes 
jusqu'à vingt douros (1) (100 francs). Il révise les ju- 
gements des Aghas et des Kaids. 

Du reste, dans tous les cas. le' Khalifa ne doit être 
considéré que comme le délégué du chef français près 
duquel il se trouve, et auquel il doit compte de tous 
ses actes. 

Les attributions du Bach-Agha et de l'Agha indépen- 
dant, étant les mêmes ipio celles de Khalifa, nous 
n'avons rien à ajouter. 

Aghas. — Le territoire placé sous les ordres d'un 
Khalifa est divisé en un certain nombre iVAijhaliks, qui 
sont commandés par des Aghas. Ceux-ci ont donc en 



(1) Voici la nomenclature des actes ou délits qui peuvent donner 
lieu à ces amendes: — Ilospilalitt'saecordùe aux espions ou af^cnts de 
l'cnncnii; — rhébcrKemcnl du déserteur, des criminels ou des indi- 
vidus poursuivis en justice; — relations avec des membres des (ribus 
ennemies; — vente ou achat d'armes à feu, etc. ; — vol de clievaux , 
armes et eirels appartenant à des corps indiprènes réguliers ; — vol 
de grains et de bestiaux ap(inrlonanl nu gouvorneraenl. 



AFFAIRES AllABES. 4.^*5 

général plusieurs tribus ou une grande tribu dans 
leur gouvernement. 

L'Agha est nommé par le roi. il est, avant tout, 
l'homme du gouvernement français; il peut, par con- 
séquent, quelquefois être choisi en-dehors de la tribu 
ou des tribus placées sous ses ordres ; il surveille les 
Kaïds et révise les jugements ; il n'a point près de lui 
des cavaliers soldés par la France. Ses moyens d'ac- 
lion sont les Chaoïich et sa clientèle; il est aussi in- 
vesti de fonctions judiciaires; et, à ce titre, il peut 
infliger des amendes jusqu'à concurrence de dix dou- 
ros (50 francs) pour différents motifs, tels que re- 
fus de contributions, emi)loi de termes injurieux contre 
les Français ou les autorités françaises; absences non 
justifiées aux rassemblements de guerre , désordres 
commis par un Arabe sur le teri'itoire d'une tribu à 
laquelle il n'appartient pas. 

Raid. — L'Aghalik a été divisé en un certain nom- 
bre de Kaidats, commandé par des Kaïds. 

Le Kaid est choisi parmi les hommes influents de la 
tribu; il est nommé par le commandant de la division ; 
il est renouvelé tous les ans : ce changement ;miiuel 
des Kaïds permet de satisfaire beaucoup d'anijjliions 
subalternes, sans grand inconvénient. 

Le choix des Kaïds est très-important; car leurs at- 
tributions sont très-variées. 

C'est le Kaïd qui réunit les cavaliers de la tribu et 
qui les commande ; il est responsable de l'exécution de 
tous les ordres, qui lui sont transmis par les aulorités 
supérieures, pour la réception ou l'expédition des cour- 
riers, les arrestations, les réunions en armes pour la 



454 



AFFAIRES ARABES. 



guerro ou pour les convois, les transports de l'impôt 
en nature, etc., etc.; enfin, il est charge de la police 
intérieure de la tribu, et spécialement de celle des 
marchés : il peut imposer des amendes jusqu'à con- 
currence de cinq douros ( 25 francs. ) 

Les Kaïds ne reçoivent point de traitement fixe do 
l'État; il leur est attribué une part dans les amendes, 
ainsi que dans le paiement des impots. 

Cheikhs. — On appelle ainsi les chefs des Donars' 
( fractions de tribus agglomorées ) ; ils remplissent 
leurs fonctions pour un temps illimité : on peut dire 
qu'ils représentent l'intérêt de famille dégagé de tout 
lien politique. lis sont placés sous les ordres des Kaïds 
et l'aident dans l'administration de la tribu; à ce titre, 
ils doivent, autant que possible, être instruits eu détail 
de la répartition des charges qui pèsent sur le Kaïdat. 

Makhzen , Khicla, Aaskar, Goum (1). — Du temps des 
Turcs, un certain nombre de tribus, appelées tribus do 
Makhzen^ étaient exemptes d'impôt, à la condition de 
fournir un nombre de cavaliers à chaque réquisition 
de l'autorité. Mais on a préféré choisir, dans ces mê- 
mes tribus (2), un nombre limité de cavaliers, ayant 
une solde fixe et mensuelle, et (jui sont tenus de s'ar- 
mer et de s'équiper à leurs frais. Ce sont les cavaliers 
dits du iï/aA7f3(?n; ils sont placés sous la surveillance 
des Aghas et à la disposition des Khalifas et de l'auto- 
rité française. 



(t; ArnMés mini!*l^'riels du IG si'plciulire 1813. 
<2) On ci(crn, comme exemple, les ArU)sAi\\\9> la provinced'Alger ; 
Ion Dnttairii et le» Sni^lns dl^rn» la province d'Oran. 



AFFAIRES ARABES. 455 

Les Khiëlas sont des cavaliers orj^anisés dans les tri- 
bus qui ne faisaient pas autrefois partie du Makhzen. 
Ils sont soldes par la France et places sous les ordies 
du Khalifa : leur solde est de 50 fr. par mois, sans au- 
tre indemnité. 

\JAaskar est un fantassin dont le service est analo- 
gue à celui des cavaliers du Makhzen : leur solde est 
de Vo francs par mois. 

Les Goum sont des contingents en cavalerie fournis 
par les tribus soumises qui ne font pas partie du 
Makhzen. Ils sont mis à la disposition des commandants 
français, quand ceux-ci réclament leur concours : 
ils ne reçoivent point de solde. 

Telle est, dans son ensemble, dans ses détails les 
plus généraux, l'organisation qui a commencé d eli-c 
imposée au peuple arabe. Sans doute elle n'est pas 
complète; sans doute elle doit être régularisée, per- 
fectionnée; mais telle qu'elle est déjà, elle mérite cer- 
tainement d'être étudiée, et elle forme déjà une base 
solide pour l'avenir. 

(Contre les habitudes de notre administration fi an- 
çaise, on a été, pour cette organisation, très-sobre d'ar- 
rêtés; nous indiquerons: i" le règlement du 12 février 
1844 sur l'application et la répartition des amendes cii 
pays arabe; i" les arrêtés relatifs aux iMakhzens, Kiëlas 
et Askars, du 16 septembre 1844, déjà cités. 

Tout le reste est réglé par des circulaires émanées du 
cabinet particulier de M. le maréchal Bugeaud, et insé- 
rées au Moniteur a]géricn et au Bulletin officiel. Voici 
l'énoncé dos plus importantes parmi ces circulaii'cs : 



456 AFFAIIIES ARAI5ES. 

:2 janvier 1844. — Responsabilité des tribus à 1 égard 
des vols et erimcs commis sur leur territoire. 

28 janvier i844. — Sur l'importance et la nécessité 
des rapports de quinzaine présentant la situation des 
tribus, et le résumé de tous les faits et nouvelles de 
l'intérieur du pays. 

17 septembre 1844. — Renfermant des instructions 
générales dans les règles à suivre pour gouverner et 
administrer les Arabes. 

15 novembre 1844. — Sur la participation des tri- 
bus aux travaux d'utilité publique entrepris dans leur 
intérêt. 

5 juillet 1 845. — Instructions et conseils du gouver- 
neur-général aux Arabes et Kabyles, concernant leurs 
habitations, les plantations, l'agriculture et le com- 
merce. 

6 août. — Relative au commerce d'échange avec 
les tribus du Sahara, qui viennent s'approvisionner 
dans le Tell. 

24 avril 1846. — Indiquant les dispositions à pren- 
dre pour régler les approvisionnements annuels du 
Sahara et arrêter les accaparements. 

Liste lies principaux kalifas, harlie-aglias et aghas 
dans les trois provinces. 

PROVINCE d'aLGEK. 

Sui>ivision d'Alger. 

a 

Kiialifat DE Seuiiaou. — Comprenant: 1'' l'Aghalik 
des Aribs; 2" l'aghalik des Reni-Slimann; 5" le kaidat 
des lieni-Moussa (au S. -est d'Alger. ) 



AFFAIIŒS ARABES. . 457 

SI MOHAMMKD BKiNMAHI-ED-DIN, klialifa. 
SIDI-ALI EL-ALLOUCH, agha des Beni-Slimaii. 

Agalik des KKACiiENAS. — Comprenant les Krache- 
nas, les Ysseurs, les Zouathcnas, les Aribs de la Mai- 
son—Carrée. 

SI-ARBI-EL-KAIA, agha. 

Bache-Aghalik de Dellys. — comprenant : i^ Ta- 
ghalik de ïarougha; 2°raghalik des Amraouas ; 5" di- 
verses tribus kabyles, les Beni-Raten, les Beni-Fraous- 
sen, etc. (Sur ces dernières, l'autorité n'est guère que 
nominale. ) 

BEL-KASSEM-OUKASSI (I). baclie-agha. 
SID-EL MADANI, agha deïanougha. 
ALLEL-BEN-'AMEl), agha des Amrauuas. 

Agiialik des Flissas, comprenant 8 tribus kabyles. 

SI-ALI-BEN-ZAMOUN (2), agha. 

Khalifat des Hadjoutes, dépendant de Blidah,. et 
comprenant 10 tribus, dont les principales^ sont les 
Hadjoutes, les Beni-Salah, les Soumatba, les Beni- 
Menad, les Chenoua. 

SI-ALI-OULED SIDI-LEKAL (3), khalifa. 
ABD-EH-UHAMAX-BEN-ÏIFFOUK, agha. 



(1) Ou dimiiiulil" de Oulid. 

(2) L'agha actuel esl fds d'un marabout célèbre de la vallée des Ys- 
seurs, dont il esl souvent queslion dans les Annales de M. Pélissier. 

(3) De la îamille des Sidi M'Barech, dans la Métidj;^ i.e chef de 
cette larailh', connu sous le nom de Ben-Allal , fi.t pris et tué au 
combat de la Kracceba, en hS'i'.i, dans la province d'Oran. 



458 AFFAIKES ARABES. 

Cercle de Bougie. — Comprenant deux circons- 
criptions : 1° celle des Ouled-Âbd-el-Djebar, composée 
de treize tribus; 2° celle des Fenaya, composée de sept 
tribus. 

HAMED-OU-MENNA, kaid des kaïds (1) pour les Ouled- Abd- 
el -Djebar. 
OU-RABAH, son khalifa ( lieutenant). 
MOHAMMED-OIj-CHABAN, kaid des kaïds pour les Fonaya. 
BOUZID, son khalifa. ^ 

Subdivision de Médcali. 

Bache-Aciialik de Médéaii. — Comprenant : IM'A- 
gbalik de Médéab; 2" l'Agalik des Douairs; 5° le Kaïdat 
des Abids; 4° le Kaïdat du Rebaia. 

S1-AHMED-M0UEL-EL-0UA1), ba<-lie-agha . 
0MAK-BEN-EL-HADJ-EL-AKB1, agira de Médéah. 
KOUIDER-BEN-CHOURAR, agha des Douairs. 
EL-HADJ- MOUSSA, kaid des kaïds des Abids. 
KOUIDEK-BEN-ABD-ALLAH, id. des Rebaia. 

Agiialik dit du sud-est. — Comprenant : I" le Kaïdat 
des Ouled-Alar»e; 2" le Kaïdat des Ouled-Moktar-Chc- 
ragas (2) ; 5» l'Agbalik des Oulcd-Nayl-Cberagas. 

RKN-YAHFA , agha dos aghas. 
BEN-YAHIA-OIJ-ABBA , son khalifa. 



(1) Ces (rihuA sont des Kaliytcs />urj ; il riilliiil une orgaiiisalion un 
peu dilTùrcnlp ch» rcllti dos Irilms arabes. Le (ilrc aristocralique de 
klialifii, de baclio-a^iia n'étail plus .'i(hnis<it)lc. 

(2) C.heraKiis ou de l'est, «le (lliurk, roricnl ; (îharraUati nu <lo 
l'ouv»! ; de (iliaib, rocridont. 



AFFAIIIES AKAUES. At)0 

MOHAMMED-BEN-ATTIA , aglia des Ouled-Nayl-Cheragas. 
GUETTAF, son khalifa. 

Aghalik, dit du sud-ouest, comprenant 1° le kaïdat 
des Ouled-Moklar-Gharrabas; 2" l'aghalik des Ouled- 
Chaïbs ; 3" l'aghalik des Ouled-Nayl-Gharrahas. 

BEN-AOUADA , agha des aghas. 
DJEDID,son klialifa. 
TELLI , agha des Ouled-Nayl. 

Cercle d^Almale. — Comprenant G kaïdats : i^' du 
Dirah supérieur ; 2^ du Dirah inférieur ; 3' des Ouled- 
Si-Moussa ; 4° des Adaoura-Cheragas; 5° des Adaoura- 
Gharrabas; G** des Ouled-Mesellem. 

SI-AHMED-0UIJ)-EL.BEY-B0I1-MEZRAG , agha. 
LAKAL-BEN-EL-SUCIF, son khalita. 

Baciie acualik de l'Oued-Sarel (au sud de Bougie). 
— Comprenant: 1" l'aghalik des Beni-Djad; 2» les 
tribus kabyles de l'Oued-Nougha (au nombre de 12, 
mal soumises à vrai dire). 

Sr-OMAU-BEN-SALEM (I) bache-agîia. 
SI-ALLAL-EL-MEBCKKI , agha des Beni-Djad. 

Ceucle de Boghak. — Comprenant : 1" Taglialik de 
Boghar; 2« l'aghalik des Bou-Aich. 

KOUiDEH-BEN-MIMOUN , agha de Boghar. 
SELIMAN-BEN-TAHAR , agha des Bou-Aidu 

KiiALiGAT DE Laguou.at» s'éteudaut jusques vers le 



(I) C'esl le frère du Himeux lieulcnant d'Ahd-el-Kader, qui s'est 
soumis un dos derniers. 



460 AFFAIRES ARABES. 

désert et comprenant 10 tribus et 9 villes ou ksour ; 
savoir : Laghouat , Ain-el-Madhi , Tedjement , etc. 

SI-AHMED BEN-SÂLEM . khalifa. 
YAHIA, son frère. 

Subdivision de Milianah. 

Bache-aghalik de MiLiAWAH. — Comprenant : 1". la 
banlieue delà ville; 2" l'agbalik des Djendcls; 5" des 
Beni-Zougzoug ; 4" des Brazes. 

QpU-ALEM-BEN-CHERIFA , bache-agha. 
SI-(i)-BAGDADI-BEN-CHERIFA, agha des Djendels. 
SI-SMAEL-BEN-KASSEM, — des Beni-Zougzoug. 

EL-HADJ-KADDOIIR , — des Brazes. 

Cercle de Téniet-el-Haad , comprenant le bache- 
aghalik des Gubla , composé de 9 tribus , dont une 
partie dans l'Ouarensenis. 

AHMEURBEN FERRAHT, bache-agha. 

Cercle de Chercbel , comprenant: i" l'aghalik des 
Beni-Menasseurs; 2° des Zatima. 

SI-AB-EL-KAl)ER BEN-AMEllR , agha des Beni-Meuasseur. 
SI-MOHAMMED-SAID-OIÎLID-EL-GHOBRINI , agha deZalinia. 

Subdivisiuii dOi'lôanvillo. 

Cercle d'Orléanviile, conijircnant I" l';igliîdik de 
l'Esnani ; 2" de rOuarcnsonis ; 5" le kaïdal dos Hennis; 



(1) Si, su\ , W Mt'ÉKiiitii . Milii.i , iinlio «»t'ii;iM!(ir, nniikuluiiir. 



AFFAIRKS ARABES. 461 

¥ l'aghalik des Sbehhas ; 5* le kaidat de l'Ouaren- 
senis. 

MOHAMMED-OULID-EL-HADJ-AMAR, ;igha de l'Ouarensenis. 
MUSTAPHA-OULID-ALI-BOU-MADNI , agha des Sbehhas (1). 

Ck«cle de Téncs , comprenant: 1" le kaïdat des 
Beni-Hidjas; 2° le kaïdat des Beni-Menna. 

PROVINCE d'oRAN. 

Subdivision d'Oran. 

Cette subdivision comprend six aghaliks, savoir ; 1* 
des Douairs ; 2° des Zmelas, 5° des Gharrabbas ; 4^ des 
Beni-Ammer-Gharrabbas ; 5« des Ouled-Sliman ; 6^ du 
Fessala. 

SI-MOHAMMKD-BEL-HADHY, agha des Douairs. 
EL-HADJ-MAKLOIIF, agha des Zmelas. 
ESSEDIG-BOU-HALAM, agha des Gharrabbas. 
SI-ABD-EL-KADEll-OZlN, agha des Beni-Ammer. 
EL ARBI-BEN-OUENZAR, agha des Ouled-Sliman. 
KADDOUR-OULD-ADDA, kaid des kaidsdu Fessala. 

Subdivision de Mascara. 

Cette subdivision comprend 7 aghaliks placés sous 
l'autorité plus ou moins directe d'un khalifa. 

SI-BRAHIM-OULD-OTSMAN-BEY, khalifa. 
EL-HADJ-CHEDLY, agha des Beni-Chougran. 
KADDOUR-BEN-MORFI , agha d'El-Bordj. 
MOHAMMED-OllLD-DJBBOUR, agha des Hachems-Cheragas. 



(1) C'est dans le pays des Sbehhas qu'eut lieu cette lerribre affaire 
des grottes, dont il fut tant question en 18i5. 



4()2 AFFAlUtS AllABES. 

EL-HADJ-MOHAMMED-BE.\-MÇABIAH , agha des Hacheins- 

Gharrabbas. 
SI-AHMED-OULD-KADI , oglia des Hamas. 
MOHAMMED-BEN-KAFOI , agha de la Yakoubia. 

Cercle de Tiaret , comprenant 33 tribus ou fractions 
de tribus, parmi lesquelles se trouve la puissante tribu 
des Harrars. 

ABD-EL-KADEU-BEN-DAOL'D, agha. 

Aghalik du Djebel-Amour. 
DJELLOUL-BEN-TAIEB, agha. 

Ce chef jouit d'une influence immense dans toutes 
ces contrées que domine le Djebel-(l)-Amourj, et qui 
s'étendent jusque vers le désert. 

Les grandes tribus des Hamian-Cheragas et des Ou- 
lad-Sidi-Cheirk, qui appartiennent aux oasis du désert 
dans cette province , n'ont pas encore été organisées. 
Pour ces derniers , les chefs principaux sont : Si-Hamza- 
Ould-Bou-Beker et Si-Cheirk-Ould-Si-Cheirlv-Bou- 
ïaieb. 

Subdivision de Tieincen. 

Elle comprend trois aghaliks, savoir : 1^ de la mon- 
tagne du sud ; 2" des Beni-Amcr-Gharrabbas; 3' des 

llossels. — Les aghas sont en suivant le même ordre - 

Sl-MOIIAMMED-BEN-ABD-ALLAHBEN-ALI. 

SI-MOIIAMMEI)-BEN-GANA. 

AmMOSSELEM-OllEUHUAHIMBEN.LOriMl. 



[[\ DjrbrI on jral»' vcul dire monlaytir. 



AFFAIRES ARABES. 4()5 

Les Angad du Tell, ainsi que les tribus kabyles des 
Traras, sont commandées par des kaids,'de même que 
les populations du cercle de Nemours (Djemma-Gha- 
zaouat)et de Lella-Maghrnia. 

EL-HADJ-MOHAMMED-EL-NAKACHE , kaid de la petite vill« 
de Nedrouina. 

Subdivision de Mostaganem. 

Elle comprend cinq aghaliks. 

Mostaganem est placé sous les ordres directs du bu- 
reau arabe. 

SI-ABD-ALLAH-BEN-LZUEUGH, agha des Medjhers. 
EL-HADJEL-HABIB-BEN-CHERIF, aglia des Fliltas. 
SI-BEN- ABD-ALLAH-OULD-SIDI-LARIUBI, khalifa de la Mina 

VA du Chélif. 
SI-CHABAN, agha. 
MOHAMMED-BEL-HADJ, agha des Beni-Oura/.. 

PROVINCE DE CONSTANTINE. 

L'organisation do cette province n'est plus la même 
que celle des deux autres. L'autorité française s'y 
exerce d'une façon beaucoup plus directe : la raison 
en est fort simple, mais elle mérite quelques courtes 
explications. 

Tandis que, dans les provinces d'Alger et d'Oran, 
la dénomination turque s'était complètement effacée ; 
tandis qu'une fois la lutte avec l'émir terminée, nous 
avons trouvé une organisation forte et intelligente 
déjà établie, et à laquelle nous avons pu nous substi- 
tuer; au contraire, dans la province de Constantine, 



46^ AFFAIRKS AUAnKS. 

dès les premiers jours qui' ont suivi la prise de cette 
ville, nous nous sommes trouvés en mesure de main- 
tenir les relations politiques et administratives, sur 4e 
pied où elles existaient du temps des beys ; et c'est là 
une des circonstances heureuses qui ont préservé cette 
partie de l'Algérie des agitations qui ont bouleversé 
les autres. 

Nous n'avons donc pas eu à établir sur ce point 
les Khalifats, les Aghaliks, etc. L'autorité réside et 
est divisée dans les mains de Kaïds fort nombreux, 
et qui relèvent directement des commandants supé- 
rieurs des subdivisions, cordes, etc. Ces Kaids réunis- 
sent sous leur commandement un certain nombre de , 
tribus : il serait superflu et fastidieux pour le lecteur 
d'entrer à ce sujet dans des détails plus explicites. 
Voici seulement les chefs importants que nous devons 
faire connaître : 

FARRÂTH-BEN-AZEDDIN , khalifa des tribus du Zouagha, 

près de Sélif. 
BOU-AKAS-BEN-AZFDDIN, khalifa des nibus qui habiienl la 

partie orienlale du Gouaglia, ép^aleuieui près de Sélif. 
BOU-AZIZ-BEN-GANNAH, khalifa. 

Son autorité s'étend sur les tribus nomades et au- 
tres, dont le territoire confronte au désert. Il est en 
même temps le chef de la famille des nen-Gannah, 
l'une des plus considérables de celte paitie de l'Algérie. 

Sl-ALI-lJOU-ZlI) BEN-AniMED-BEI.-ï»Anj-EL-MOKl;ANI , ka- 
lifa de lu Medjaua. 

L'autorité confiée à ce klialifa,(|ui est à notre égai'd 
un véritalde vassal féodal, couïprend toutes les tiibus 



AFFAIRES ARABliS. 



465 



qui habitent cette plaine ; il a en outre une grande influence 
sur les montagnes kabyles, situées enlre Sétif et Bougie. 

Telle est donc l'organisation que nous avons commencé 
de donner au peuple arabe. Les montagnards de la 
grande Kabylie n'y sont encore compris que nominative- 
ment , et nous sommes placés dans cette situation singu- 
lière que , tandis que pour les Arabes nous avons été 
forcés d'adopter un système purement aristocratique , les 
principes à appliquer aux Kabyles seront nécessairement 
démocratiques. 

On comprend après cela que ces délimitations des 
kalifats, des agaliks, etc., sont encore peu précises: 
mais elles peuvent déjà servir de base pour établir des 
divisions régulières. 

Enfin l'administration des populations indigènes doit 
être l'objet de nos constantes préoccupations. Effacer 
peu à peu ces supériorités locales, avec lesquelles il a 
bien fallu d'abord transiger, rendre l'exercice de notre 
autorité de plus en plus direct, étudier le système d'im- 
pôts actuellement existant , pour le rendre à la fois plus 
productif et moins pesant pour les tribus , tel est le pro- 
gramme rationnel de notre politique en Algérie, pro- 
gramme qui doit être suivi avec les ménagements néces- 
saires, mais aussi avec une opiniâtre persévérance. 



Liste des principaux muphtis et cadis de l'Algérie. 



Si-Hustaphà-Gadiri . muphti d'Alger (maleki . 

Sid-Ambu-Bbn-Mohamed, muphti id. (lianaQ). 

Si-Kaduoi'r-Ben-Sisni . cadi maleki, id. 

Sid-Habsbn-Ben-Kubebl , cadi banaB , td. 

Sid-Mouambd-Kl-Argach , miiphli hanafi de 
Bône. 

Si-Mohamed-El-Argach. mnphti maleki (remplis- 
sant les fondions de cadi. 



Si-El-Hadj-Ben-Si-Ben-M'barck , muphti ma- 
leki de CuDstaiiline. 
Si-UouAMMsn-BEN-FATAB-ALI. mupbti haoaO, id. 
Sid-El-Merei-Ben-Talbi . cadi maleki, id. 
Si-Mustapha-Bbk-Djkli.oul . cadi hanatl , id. 
Si-Cbadli . cadi du bureau arabe , id. 
Si-UvsTAPHA-BEN-CaiD-OaAB , muphti d'Oran. 
Si-Mohamed-Bm«-Caii)-()mab , cidi, id. 



30 



SUPPLÉMENT. 



t" novembre <848. 

Cet ouvrage était imprimé et allait être publié lorsque la révolution de Février 
a éclaté. 

Ce grand événement qui devait avoir pour la France , pour l'Europe , pour le 
monde entier des conséquences infinies , ne pouvait manquer d'amener eu Algérie 
les plus graves changements. Nous avons cru devoir suspendre notre publication : 
nous la reprenons aujourd'hui, afin de ne rien négliger de ce qui est accompli, 
afin de pouvoir conduire cet inventaire des faits algériens jusqu'au vote de la con- 
stitution. 

Nous n'avons rien changé à notre premier travail. Nous avons pensé, en effet, 
que comme nous nous étions proposé tout d'abord de faire connaître les muta- 
tions et les développements successifs qu'a présentés l'Algérie depuis les premiers 
jours de la conquête, il pouvait être de quelque intérêt pour le public de retrou- 
ver dans un seul cadre l'ensemble des faits accomplis, et des résultats obtenus 
pendant cette première période. 

C'est, en un mot, le bilan de l'Algérie telle que la monarchie l'a faite, telle 
qu'elle la laisse à la République. 

La nouvelle de la révolution du 24 Février était parvenue le 27 à Alger; tou- 
tefois, ce ne fut que le 3 du mois de mars suivant, que l'on connut oiïiciellement 
l» l'organisation d'un Gouvernement provisoire et sa composition ; 20 la procla- 
mation de la République. 

Le même acte qui nommait les membres du Gouvernement provisoire désignait, 
pour gouverneur général de l'Algérie, M. le général Cavaignac, nommé en 
même temps général de division. 

M. le duc d'Aumale avait quitté Alger le 4 mars précédent, avec M. le prince 
de Joinville son frère. En partant, M. le duc d'Aumale avait adressé à l'armée 
d'Afrique une proclamation conçue en ces termes : 



« Au quartier général, à Alger, le 3 mars 1848. 



« Monsieur le général Changarnier remplira par intérim les fonctions du gou- 
verneur général, jusqu'à l'arrivée à Alger de M. le général Cavaignac, nommé 
gouverneur général de l'Algérie. 

« Eu me séparant d'une armée, modèle d'honneur et de courage, dans les rangs 
de {{iquelle j'ai passé les plus beaux jours de ma vie, je ne puis que lui souhaiter 
de nouvwiux succès. Une nouvelle carrière va s'ouvrir à sa valeur, elle la remplira 
glorieusement, j'en ai la ferme conviction. 

« Offlciers , sous-olDciers et soldats , j'avais espéré combattre encore avec vous 
pour la patrie!.. .. Cet honneur m'est refusé; mais, du fond de l'exil, mon 
cœur vous suivra partout où vous appellera la volonté nationale; il triomphera 
de vo» succès; tous ses vœux seront toujours pour la gloire et le bonheur de la 
France. « HKNni d'Ouléans. » 

Le nouveau gouverneur général, arrivé ^ Alger le 11 mars, entra immédlato- 
monl en fonctions. 

Quelques jours après, les courriers de France apportèrent les deux proclama- 
tion» suivantes, qui étalent adressées par lo Gouvernement provisoire, la première 
à la population do l'Algérie, la Kerx)ndo h. l'armée d'Afrique : 

u COLUKS DE i/AuiÉniK, 

a Le Gouvernement provisoire m préoccupe vivement de la position précaire où 
vous avez été laissé» pendant »1 longtemps, il sait (|u'unc partie de vos embarras 
provient de rincxirtltudo qui ju»(|u'lci a plané sur l'avenir do l'Algérie. La cou- 



SUPPLÉMENT. 407 

Ijable manie du gouTernement déchu, sa pusilluuimité peut-être, out empêché le 
développement de la colonie où vous n'avez pas craint de transporter , dès les pre- 
miers jours, vos familles et vos capitaux. 

« La République défendra l'Algérie comme le sol même de la France. Vos inté- 
rêts matériels et moraux seront étudiés et satisfaits. L'assimilation progressive dea 
institutions algériennes à celles de la métropole est dans la pensée du Gouvernement 
provisoire; elle sera l'objet des plus sérieuses délibérations de l'Assemblée nationale. 

« La France compte sur votre patriotisme pour seconder le gouverneur général 
investi de la confiance du Gouvernement provisoire. 

« Les membres du Gouvernement provisoire. » 

« Soldats de l'armée d'Afrique , 

« Le Gouvernement républicain que la France vient de se donner porta, il y a 
un demi-siècle, sur la terre d'iVfrique, les couleurs sous lesquelles vous avei com- 
battu depuis dix-huit ans. 

« Vos luttes héroïques, vos travaux, votre infatigable persévérance, ces vertus 
militaires, en un mot, dont vous avez donné tant de preuves, le Gouvernement 
républicain sait les apprécier, il saura les récompenser. 

« Soldats , la gloire que vous avez acquise en conquérant à la France la plus 
belle de ses propriétés nationales est un titre impérissable à la reconnaissance de 
la République. 

« Le digne chef que le Gouvernement provisoire a placé à votre tête a son en- 
tière confiance comme il a la vôtre. 

« C'est dans vos rangs qu'il s'est illustré; en le suivant sur le chemin de l'hon- 
neur et du devoir, vous vous montrerez fidèles à ce sentiment de la discipline qui 
n'a jamais abandonné le soldat français. 

« Paris , 2 mars 1848. 

« Les membres du Gouvernement provisoire. » 

Ainsi se manifestèrent, à l'égard de l'Algérie, les premières intentions du gou- 
vernement de la République, et la colonie put croire que désormais son avenir 
était assuré. » 

Il s'était formé à Paris une société dont toutes les démarches tendaient à obtenir 
l'assimilation de l'Algérie à la France. 

Cette société ftit reçue le 29 mars par le Gouvernement provisoire, au nom du- 
quel M. Crémieux, membre du gouvernement et ministre de la Justice, promit 
solennellement une prochaine mesure qui devait satisfaire aux vœux exprimés par 
la Société algérienne. 

Les événements ultérieurs, les préoccupations de la politique, les luttes électo- 
rales ont empêché le Gouvernement provisoire de réaliser sa promesse. 

Toutefois un pas immense fut fait dans la voie de l'assimilation. L'Algérie avait 
été dotée du droit de prendre part aux élections politiques. Par le suffrage uni- 
versel et la représentation nationale , elle était désormais mêlée à toutes les 
grandes questions de la politi()ue intérieure et extérieure de la République. 

Dans la répartition du nombre des représentants à l'Assemblée nationale, l'Al- 
gérie devait en élire quatre. 

Les élections ont eu lieu le 23 avril , c'est-à-dire le même jour et avec les mômes 
formalités que pour le reste de la France. Le dépouillement des scrutins qui a été 
fait à Alger, le 2 mai suivant, a eu pour résultat la nomination de MM. Didier 
(Henri), De Rancé, Ledru-Rollin, Leblanc de Prébois. 

Une nouvelle élection a eu lieu le 18 juin, par suite de l'option de M. Ledru- 
Rollin pour le département de la Seine. M. Ferdinand Barrot a été proclamé re- 
présentant de l'Algérie. 

Il n'était plus possible de reculer désormais dans la voie des améliorations. Un 
projet de décret pour l'assimilation immédiate fut déposé par les représentants de 
l'Algérie ;i l'une des premières séatjces de l'A^ssembléc nationale. Ce projet portait 



4b8 SUPPLÉiMENT. 

que l'Algérie faisait partie iatégrante du territoire français et qu'elle serait régie , 
sauf exception , par la Constitution française. 

Mais il ne fut pas sanctionné par l'Assemblée, qui se borna à déclarer de nou- 
veau que l'Algérie était une terre à jamais française, déclaration stérile si cette 
nationalité n'est pas couronnée et garantie par les institutions et les lois de la mé- 
tropole. 

Quoi qu'il en soit , les progrès de l'assimilation dans l'ordre pratique ont été 
considérables , comme on va le voir dans le résumé que nous allons présenter ci- 
après. 



ADMINISTRATION GÉNÉRALE. 

Justice. — Cultes. — Instruction publique. — La justice, les cultes et l'in- 
struction publique sont sorties des attributions du ministre de la Guerre pour ren- 
trer dans les départements ministériels qui en sont chargés en France. Deux arrê- 
tés de la commission du pouvoir exécutif, en date des 30 mai et 18 juin dernier, 
ont consacré ce retour au droit commun. 

Trois arrêtés des 10 et 20 août, émanés du Président du conseil, chargé du 
pouvoir exécutif, ont déterminé les questions de service intérieur que cette sépa- 
ration faisait uaiti'e. 

1". Tout ce qui concerne la justice en toute matière, relativement à la po- 
pulation civile, française et européenne des territoires civils, est du ressort ex- 
clusif du ministre de la Justice. 

Le service de la justice indigène reste placé dans les attributions du ministre de 
la Guerre. 

Dans les territoires mixtes, la justice continue d'être rendue d'après les règles 
établies par les ordonnances des 2() septembre 1812 et 15 avril 1843. 

Tout le personnel judiciaire, les notaires, les avoués, les huissiers, les com- 
missaires priseurs, les interprètes, sont désormais dans les attributions exclusives 
du ministre de la Justice. 

2°. La direction de l'instruction dans les écoles françaises et Israélites appartient 
au ministre de l'Instruction publique. 

Le service de l'instruction publique pour les écoles des indigènes musulmans 
reste placé dans les attributions du ministre de la Guerre. 

En territoire civil et mixte, le clief du service de l'Instruction publique corres- 
pond directement et exclusivement avec le ministre de l'Instruction publique. Tou- 
tefois, en territoire mixte les nominations doivent être concertées avec le ministre 
de la Guerre. 

Les bourses fondées au frais de l'EUit, dans le lycée d'Alger, seront la récom- 
pense de services rendus en Algérie, préférablemcnt à tous autres. La désignation 
des élèves boursiers appartient pour les deux tiers au ministre de la Guerre. 

3". L'administration des cultes rbrétiens, tant ratlu>li(iuc que réformé et du 
culte Israélite, est du ressort exclusif <lu ministre des Cultes. Les dépenses sont 
impiiL'ibles sur le budget des cultes en général. 

En territoire mixte, il doit y avoir concert avec le ministre de la Guerre pour 
toutes lus mesures telles que la création d'un étiblissement ecclésiasticpie ou l'in- 
trodurtir)n il'une communauté religieuse. 

Un des premiers actes du ministre de l'Instruction indilique a été la créiitioii 
«l'une ac^ulémle et d'un lycée en Algérie. L'académiturAlgir, par l'iniportince des 
trnifcrncnf» de ses fonrllonnaircs, tient, dans ce nouveau système, le jiremier rang 
api l'iris. l!n arrêté du chef du pouvoir «xérutif, en ilate du f» octobre, 

y ,. I insj(crU:ur et t\('»\ sous-inspcrfiMirs de rinstrtii'tion priniaire. 

II. . I I . r i ' -Tf iiHcurs ont été partagés entre la cour et les tribunaux dr 

pninirr. ml. i été» (le* 17 ut lU juillet IHIK, et , bientôt après, l'urdre 

/)(>•. ,.....■! . ■ I ...■, 

, I iiipti on rt|ipliquiiit i l'Algérie plusieurs parties importantes de la lé- 

giv li.C 



SUFFLÉMENT. 469 

PRESiiË. — Un arrêté du 13 mars rendait applicable;* a la colonie les lois et dé- 
crets qui régissent la presse en France. Un autie, du 25 mars, abolit le timbre sur 
les journaux , affiches , etc. 

Exposition publique. — Comme dans la métropole, la peine de l'exposition pu- 
blique était effacée de nos lois criminelles par un arrêté du 4 mai. 

Naturalisation. — Le 21 juillet, une décision ministérielle étendait à l'Algérie 
le bénéfice du décret du 28 mars précédent, qui avait rendu facilement accessibles, 
aux étrangers les bienfaits de la naturalisation. 

Milice. — La milice réorganisée, par arrêté du 11 mars, sur la base de l'élection, 
sortait, le 23 mars, de l'autorité du pouvoir militaire pour être soumise aux mêmes 
règles que la garde nationale eu France. 

Esclavage. — Le décret du 27 avril, relatif à l'esclavage, ftit appliqué à l'Algé- 
rie , et proclama l'émancipation immédiate de tous les esclaves qui foulaient ctj sol 
à jamais français. 

C0NCORDAT.S amiables. — L'Assemblée nationale , préoccupée désormais des droits 
et des intérêts de l'Algérie, lui appliquait, de son côté, diverses dispositions des lois 
qu'elle votait, notamment le décret relatif aux concordats amiables, lequel doit 
contribuer à soulager la crise effrayante qui , depuis plus de deux ans , ruine notre 
colonie africaine. 

Interdiction d'acquérir. — D'autre part l'interdiction d'acquérir des propriétés 
immobilières, imposée aux fonctionnaires publics, était levée par arrêté du 5 mai , 
et l'exercice légitime du droit commun qui dit qu'il faut fixer au sol, au lieu d'en 
éloigner par des prohibitions aussi impolitiques qu'injurieuses! 



ADMINISTRATION LOCALE. 

Direction générale des affaires civiles. — La direction générale des affaires 
civiles, ce rouage jusqu'alors inutile, sans action et sans initiative, a été reconsti- 
tuée par un arrêté en date du 5 mai dernier, qui a supprimé la direction de la 
Cmvince d'Alger, pour en réunir les attributions à celles de la direction générale, 
ne commission spéciale a été nommée le même jour pour surveiller l'expédition 
des affaires en cours d'instruction près la direction supprimée. 

Conseils municipaux algériens. — Administration civile indigène. — Deux au- 
tres mesures intéressantes ont été prises par le Gouvernement : l'une établit sur de 
nouvelles bases les conseils municipaux algériens; l'autre organise une adminis- 
tration civile indigène et institue pour la justice musulmane des principes qui la 
rapprochent de nos formes de procéder. 

L'arrêté du 16 août 1M8 relatif aux conseils municii>aux consacre, dès son dé- 
but, que tout le territoire civil de l'Algérie est érigé eu commune. 

Le corps municipal de chaque commune se compose d'un maire, d'un ou de plu- 
sieurs adjoints et d'un conseil municipal. 

La nomination des membres du conseil municipal se fait par voie d'élection ; ils 
sont nommés pour trois anj, renouvelés par tiers chaque année et toujours rééli- 
gibles. 

Sont électeurs tous citoyens français ou naturalisés français , âgés de vingt et un 
ans et domiciliés dans la commune depuis un an au moins. 

Tout étranger, âgé de vingt et un ans, autori.se par le pouvoir exécutif à jouir 
des droits civils en Algérie, ou propriétaire, ou concessionnaire dans la commune, 
ou y payant, depuis six mois au moins, un loyer annuel de plus de 600 fr. pour 
terres ou maisons, ou une patente ou licence de troisième classe au minimum, est 
admis à concourir à l'élection des membres du conseil municipal. 

Sont éligibles tous les Français domiciliés dans la commune ou propriétaires 
d'immeubles dans la commune depuis un an, et tous les étiangers électeurs dès 
l'Age de vingt-cinq ans; 

Les conditions imposées aux indigènes musulmans et Israélites pour être élec- 
teurs ou éligibles sont les mêmes que celles énoncées ci-dessus. 



470 SUPPLÉMENT. 

Le conseil uiunicipjU so compose, indépendamment du maire et de ses adjoints, 

1». De neuf membres dans les communes de moins de trois mille ;imes; 

2". De douze membres dans celles de trois mille âmes et au-dessus; 

3°. De quinze dans celles de dix mille âmes et au-dessus. 

A Alger le conseil sera, indépendamment du maire et des adjoints, de vingt- 
quatre membres. 

Les étrangers et les indigènes ne pourront excéder dans le conseil municipal le 
tiers du nombre total de ses membres. 

Le maire et les adjoints serontjnommés , parmi les citoyens éligibles, par le gou- 
verneur général dans les communes de moins de trois mille âmes , par le pou- 
voir exécutif dans les chefs-lieux d'arrondissement ou de province et dans les com- 
munes au-dessus de trois mille âmes. 

Les étrangers et indigènes ne peuvent être maires ni adjoints, ni les suppléer eu 
cas d'empêchement. 

Les conseils municipnux peuvent être suspendus par le gouverneur général , le 
conseil d'administration préalablement entendu, mais ils ne peuvent être dissous 
que par un acte du pouvoir exécutif. 

Nous avons exposé cette législation dans ses dispositions principales parce qu'elle 
est constitutive d'un droit nouveau et surtout en ce qu'elle fait concourir les élé- 
ments étrangers et indigènes à l'élection du corps municipal. 

De leur côté les indigènes recevaient une organisation administrative toute nou- 
velle qu'il importe de signaler. Deux arrêtés du l^r mai et du 29 juillet 1848 ont 
établi ce nouvtil ordre de choses , qui a été criticjué par plusieurs conmie créant 
pour les indigènes une puissance à part qui peut ne pas être sans dangers. 

Cette administration spéciale, qui a reçu le titre de Service de V administra- 
tion civile indigène d'Alger, est dirigée par un chef placé sous les ordres immé- 
diats du Gouverneur et travaillant directement avec lui. 

Il correspond avec les autres chefs de service pour les affaires confiées ;\ sa direc- 
tion , surveille les tribunaux musulmans et soumet au procureur-général des pro- 
positions pour les divers emplois de la justice indigène; il confère aux indigènes 
dépendants de son service les fonctions et emplois non rétribués, ainsi (jue ceux 
auxquels est attciché un traitement au-dessous de (MK) fr.; il rédige et soumet au 
gouverneur général les projets d'arrêtés ou de règlements spéciaux à son service; 
en ce qui concerne ceux de ces arrêtés qui se rattachent aux intérêts munici[iaux 
d'Alger, il se concerte pour leur rédaction avec le maire de cette ville; il prend 
les mesures nécessaires pour en assurer la publication et l'exécution ; il requiert la 
force publique toutes les fols que les btssoins du service l'exigent; il est chargé de 
la préparation du budget relatif aux dépenses particulières il son service. Enlln, 
il doiuie son avis sur tout arrêté ou règlement d'intérêt local dont les dispositions 
seraient applicables à la population musulmane d'Alger. 

Son autorité sur les indigènes comprend les attributions suivantes : 

Affaires gém'rales : Etude et rédaction des jirojets , d'arrêtés et de règlements 
>lt<Tiaux. — Stitisti(iuc. — Traductions et légalisations. 

(Julte : Surveillance et police des mosijuées, marabouts, zaouias et autres éta— 
l)lis*ements religieux. — Propositions pour les emplois sujM'Tieurs du culte. — No- 
minations aux emplois inférieurs. — Surveillance des bâtiments et du matériel 
consacrés au culte. — Kèglement et acquitliMuent de toutes les dépenses de person- 
nel et d'enln-tien des établissements religieux. 

Imtittction jnJjli(/ue : (Jrgani'<ation et surveillance d((s mdersa (corps d'ensel- 
gntïment «tup'-i" m i ••» di-s mVid (écoles primaires). — Propositions pour les em- 
ploji de wioiiil -ieurs) et de maîtres d't'icole. — Képartition et acquitte- 

meul des prim inations aux maîtres et aux élèves des éc^iles. — (lontr^Me 

de» métliudii» diiisUuitnin , composition (it distribution <i'ouvrages élémentaires en 
arabe. ~ Rons<lgiienients /i donner ]inur l'école maure- IVanyaise, l'institution 
dM Jeunet iUli'it niusulniunes et l'admisHion au collège d'Alger des élèves musul- 
mao*. 

Commerce : Etudes de toutes les (jueslions relatives u. l'industrie et tt>i com- 
merce du« Indigène». — Siirveillancti de» marrht'm, foudouks, cjiravansérails, etc. 



SUPPLÉMENT. ■ 471 

— Etudes des routes suivies par les caravanes et du commerce qui se fait par elles. 

Question de l'esclavage des nègres. 

Interprètes civils : Projet d'organisation du corps des interprètes civils. — Ren- 
seignements pour les emplois à leur conférer. 

Bit-el-rnàl : Surveillance. — Personnel. — Inhumations. — La partie adminis- 
tiative du bit-el-mâl relative aux successions continuera d'être confiée à l'admi- 
nistration des domaines. 

Cheiks du Fahs (banlieue d'Alger) : Surveillance de ces agents dans le concours 
qu'ils ont à donner aux maires des communes rurales. 

Etat civil : Tenue des registres de l'état civil pour les naissances et les décès des 
musulmans, soumis au visa du maire d'Alger. — Contrôle de ceux tenus par les 
cadis pour les mariages. 

Secours et établissements de bienfaisance : Répartition et distribution des au- 
mônes aux indigenta musulmans; des secours à d'anciens serviteurs et fonction- 
naires indigènes; des pensions aux ouiiils des établissements religieux supprimés; 
des salaires aux rbalebs, et des subsides aux mekkaouis, etc. — Salles d'asile pour 
les pauvres invalides. — Projet d'hospice. 

Cimetières : Police des cimetièi'cs musulmans. 

Corporations : Personnel des amins. — Administration, surveillance et police 
des Kabyles, Biskris, Mzabis, Mzitis, Laghouathis, Wègres libres, etc. — Déli- 
vrance à ces indigènes de ]»laques et livrets. -^ Perception et versement à qui do 
droit des rétributions qui leur sont imposées. — Organisation et surveillance des 
portefaix et bateliers indigènes, sans dérogation , en ce qui concerne ces derniers , 
à la surveillance du directeur du port. — Des corporations professionueUes telle» 
que semsars (courtiers), déliais (encanteurs), bouchers, etc. 

Amin el secca : Nomination de cet agent, surveillance de ses opérations, sans 
déroger aux droits du service des contributions diverses. 

Affaires diverses de police : Renseignements à fournir sur les indigènes. — 
Connaissance des plaintes, réclamations et contestations qui s'élèvent entre eux. — 
Délivrance des certificats pour l'obtention des passe-ports. — Délivrance des pas- 
sages gratuits avec l'approbation du Gouverneur-Ciéuéral. — Autorisations pour 
l'ouverture des cafés et pour les fêtes maures, sauf aj^probation du maire d'Alger. 

— Surveillance et police des Khouars (confréries), telles que Aissawas, etc. — Or- 
ganisation et surveillance des alia (musiciens) et des msama et meddahats (mu- 
siciennes), etc. 

Par arrêté du gouverneur général, en date du 1*' mai, M. Delaportb a été 
nommé chef de service de l'administration civile indigène. 

Cette organisation des indigènes n'est pas exempte de critiques. On peut obser- 
ver qu'elle crée pour l'élément musulman une véritable puissance indépendante; 
([uc par la distinction de leurs intérêts elle est, sous certains rapports, un obstacle 
à la fusion des races européennes et autochthone; qu'enfin il peut en naitre pour 
l'administration générale des complications et des embarras , sinon un antagonisme 
qu'il serait peut-être d'une bonne politiciue d'éviter. 

JusTicK INDIGÈNE : L'arrêté du 21) juillet, qui réorganise les tribunaux musul- 
mans, est, au contraire, un grand pas vers l'assimilation. 

Les mhahnas (tribunaux) des cadis sont composés, à Alger et à Constantine, 
d'un cadi, d'un bâche-adel et de six âdels ou assesseurs écrivains; pour les autres 
locahtés, d'un cadi et de trois ou quatre àdels, suivant les besoins du service. 

En cas d'empêchement, les cadis sont remplacés pai* des ndibs ou suppléants. 

Deux aôuns, chaouchs ou huissiers d'audience sont attachés aux diverses mhakmas. 

Le midjelés (tribunal supérieur) est composé du muphti maleki, président; du 
muphti hanafi ; du cadi maki et du cadi hauafi. 

Le midjelés extraordinaire qui, aux termes du droit musulman, peut être réuni 
sur la demande de toute partie , se compose du midjelés ordinaire et de quatre ulé- 
mas tirés au sort sur une liste de huit dressée par le procureur général. 

Les naibs et les bàche-àdels sont nommés par le gouverneur , sur la proposition 
<lu procureur général. Les âdels et lesàouns des caidis le sont par ce dernier fonc- 
tionnaire, sur la proposition des midjelés 



472 SUPPLÉMENT. 

Auprès des tribunaux musulmans sont institués des oukils ou agents d'affaires 
nommés par le procureur général ou par son délégué sur la proposition du midjé- 
lés ou du cadi. 

Les oukils ont seuls qualité pour plaider devant les tribunaux indigènes, sans 
préjudice du droit des parties de se défendre elles-mêmes. 

Les frais de procédure et les divers actes judiciaires faits devant ou par les 
mhakmas, sont taxés d'après un tarif établi par un autre arrêté du même jour, 
29 juillet. 

Cette organisation donnée à la justice indigène la rapproche des formes fran- 
çaises, elle habituera les musulmans à nos formalités juridiques et sera une tran- 
sition vers l'application générale de notre législation. 

ExTENSio.N DES TERRITOIRES CIVILS. — A mcsurc quc ccs tendances vers l'assimi- 
la'ion se manifestaient de toutes parts, l'administration civile étendait elle-même 
son influence en Algérie en conquérant de nouveaux territoires. 

Ainsi, par un arrêté du 9 juin. Bougie, ce point d'observation important de la 
Kabylie indépendante, a passé sous le régime civil, et un commissariat civil v a 
été créé. 

Un autre aiTÔté, du 25 avril, 'avait compris Tenez et son territoire dans le res- 
sort des tribunaux de première instance et de commerce d'Alger. 

Le 2 mai, la circonscription territoriale formant l'aghalick des Hadjoutes avait 
été réuni à la subdivision d'Alger. 

Le 5 juillet, deux arrêtés du gouverneur général ont déclaré que les territoires 
des villages de la Chifla et de Mouzaia seraient classés dans la catégorie des terri- 
toires civils et compris dans l'arrondissement civil et judiciaire de Blidah. 

Le 27 juillet, un arrêté du chef du pouvoir exécutif, conséq\jence de cdui du 
9 juin précédent, range Bougie et son territoire dans la classe des territoires civils, 
et les comprend dans l'arrondissement administratif et judiciaire de la ville d'Alger. 

Ainsi s'étend le pouvoir de l'administration civile, et on jieut déjà itrévou' le mo- 
menr où l'autorité militaire, (|ui a si noblement accomi>li en Algérie sa mission de 
protection et de conquête, pourra laisser à l'élément civil la tâche qui lui appar- 
tient désormais de coloniser ce fertile pays et de donner à ceux qui l'habitent les 
institutions et les libertés de la France. 



COLONISATION. 

Le décret du 19 septembre est l'effort le plus sérieux qui ait été fait jusqu'à 
ce jour pour la solution de la question algérienne. On peut dire (|u'il la résout 
au |)oiiilde vue de ravi^ninlcl'Alfïérie. 50 millioiisscront alTertés pendant trois ans 
à la colonisation de son territoire. Cette somme considérable, versée dans le pays , 
doit apporter un grand souliigement k la crise ftjneste qui , depuis plus de deux 
ans, ruine la colonie ; elle tlit ii tous <|ue l'Algérie : n'est plus seulement un camp 
militaire , mais bit n un foyer de production , un teiTitoire que nous n'abandonne- 
rons plus, et auquel nous demandons désormais la solution di) nos plus graves 
problèmes sociaux; enfin , en manifestant les intentions du gorivernement, elle 
rassure les esprits, ranime la conliance, et doit ramener vers l'Afrique les capi- 
taux et les hommes qui s'en sont éloignés. 

Un arrêté du ministre de la (îuerro en date du 27 septembre a déterminé les 
rondltions auxquelles seront soumis les colons émigrants. Nous croyons devoir 
|tnbllir en cnlicr ce rèfflenienl organique. 

"An. 1»'. — Les colonit;s agricoles ont pitiu- but la miso eu valeur, sotis la 
dire<liMii it r,i|i|)ul du (îonvernemenl et de l'administration, des terres (jui so- 
roiii ratuih'men( par l'KUit, en Algérie, aux familles ap]ielées à jouir 

du l> licreldft l'Assemblée natiimule du 19 septembre 18W. 

«Liii* «erMiii comiK)née< de ritoyeiin français chefs de Camille ou célibataires di- 
vUés en deux ealr'-gorieo , «avoir : 



SUPPLÉMENT. 473 

«Les citoyens cultivateurs, ou qui déclareront vouloir le devenir immédiate- 
meut , et les ouvriers d'art. 

« Art. 2. — L'admission des citoyens dans les colonies, soit comme cultivateurs, 
soit comme ouvriers d'art , sera prononcée par le ministre de la Guerre , sur la 
proposition de la conin)ission spéciale instituée par le chef du pouvoir exécutif, 
en exécution de l'art. 9 du décret de l'Assemblée nationale. 

«Art, 3. — Les citoyens qui désireront être admis dans l'une ou l'autre catégorie 
devront justifier, par la production de pièces authentiques, de leur nationalité, 
de leur âge, de leur profession, de leur moralité et de leur aptitude; fournir les 
mômes renseignements sur les divers membres de leur famille qu'ils auront l'in- 
tention d'emmener avec eux. Les certificats d'aptitude physique pourront être dé- 
livrés, et dans tous les cas seront revisés par les médecins attachés à la commission. 

« Nul chef de famille ou célibataire ne sera admissible au delà de 60 ans. 

«Art. 4. — Lorsque le cadre d'un détachement sera rempli, l'état nominatif de 
tous les citoyens qui en feront partie, comme cultivateurs ou comme ouvriers d'art, 
sera transmis par la commission au ministre de la Guerre. 

«Aussitôt que le ministre aura statué, la commission fera dresser des états de 
fdiation de tous les membres de ce détachement, pour régulariser le service des 
départs et des embarquements , et elle fera délivrer à chaque famille un livret con- 
statant le signalement et l'état civil des membres de la famille. 

« Art. 5. — Les colons seront transportés aux frais de l'Etat , eux et leurs effets 
mobiliers, depuis le lieu de leur résidence jusqu'à celui de leur destination. 

«La commission déterminera, pour chaque détachement, le poids total des effets 
mobiliers à transporter. 

« Chaque colon , homme ou femme , recevra par jour, pendant toute la durée du 
voyage , une ration de vivres. 

« Les enfants au-dessous de douze ans recevront une demi-ration. 

« Art. G. — Un membre délégué par la commission assistera au départ de chaque 
convoi , qui comprendra , autant que possible , les colons à grouper dans la même 
commune. s 

«Les convois seront accompagnés par un fonctionnaire civil ou militaire, qui 
aura mission d'assurer le bien-être des colons pendant toute la durée du voyage. 

«Ail. 7. — Immédiatement après leur arrivée en Algérie, les colons cultivateurs 
ou ouvriers d'art seront provisoirement installés sous la tente ou dans les bara- 
ques préparées pour les recevoir , et mis en mesure de commencer leurs travaux. 

« Art. 8. —Les colons cultivateurs, mariés ou célibataires , recevront gratuite- 
ment , 

« lo. Une habitation que l'État fera construire dans le plus bref délai possible , et 
qui satisfera strictement aux besoins de l'exploitation agricole ; 

«2°. Un lot de terre dont la contenance variera de 2 à 10 hectares, selon le 
nombre des membres de la famille , leur profession et la qualité de la terre ; 

« 3". Les semences, les instruments de culture et un cheptel en bestiaux, indis- 
pensable à la mise en valeur des terres, d'après les fixations qtii en seront faites par 
le gouverneur général, selon les nécessités de chaque exploitation; 

« 4». Enfin il leur sera alloué, pendant le temps qu'ils emploieront à la culture 
de leurs terres, jusqu'à ce qu'elles soient mises en valeur, des rations ^de vivres 
d^nt les quantités seront déterminées par le gouverneur général. 

«Art. 9. — Pendant la morte-saison, les colons cultivateurs seront employés 
aux travaux d'utdité publique, et recevront un salaire dans les conditions fixées 
dans l'article 10 ci-après. 

« Ils auront la faculté de toucher des rations de vivres en déduction de ce salaire. 

« Art. 10. — Les colons ouvriers d'art seront immédiatement employés à l'in- 
stallation définitive des cultivateurs et à l'établissement des centres , constructions 
d'habitations, enceintes, routes et autres de travaux publics. 

« Ils pourront entreprendre ces travaux soit individuellement, soit par association. 

« Leurs salaires, soit à la journée, soit à l'entreprise, seront payés au taux des 
prix courants du pays, ou d'après les clauses et conditions d'un caliier des charges 
piéalablemcnt accepté par eux. 



474 SUPPLÉMENT. 

«£a attendant que ces travaux leur produisent un salaire, ils recevi'out des 
rations de vivres. Dès qu'ils toucheront un salaire, les rations de vivres cesseront, 
à moins qu'ils ne demandent à les recevoir en déduction du salaire. 

M Art. 11. — Les colons qui, après avoir été classés dans la catégorie des ou- 
vriers d'art , voudraient se fixer comme concessionnaires dans un des centres des 
colonies agricoles en obtiendront l'autorisation, jusqu'à concurrence du nombre 
nécessaire à chaque industrie et des terres encore disponibles dans la localité. 

« Ils recevront , dans ce cas , les diverses allocations déterminées par l'art 8 ci- 
dessus. 

« Toutefois , cette faveur ne sera accordée qu'à ceux qui en auront fait la de- 
mande dans les trois ans de leur arrivée. 

. ,(( Art. 12. — Les prestations de toute nature délivi-ées soit aux colons cultiva- 
teurs, soit aux ouvriers d'art, seront successivement inscrites, par les soins du 
fonctionnaire civil ou militaire chargé de l'administration de la colonie , sur les 
^ivrets mentionnés dans l'art. 4 ci-dessus. 

« Art. 13. — Les colons concessionnaires recevront , au moment de leur mise 
en possession , un titre provisoire , signé par le fonctionnaire civil ou militaire 
charge de l'administration de la colonie, et indiquant les numéros correspondants 
au plan général du territoire , ainsi que la cortenance des lots concédés. 

« Art. 14. — En cas de décès d'un concessionnaire, chef de famille ou céliba- 
taire, le titre provisoire qui lui aura été délivré , conformément à l'article précé- 
dent, sera transmisslble à ses héritiers, conformément au droit commun, sous la 
réserve de l'accomplissement des obligations de culture. 

« Néanmoins la veuve d'un concessionnaire décédé sans enfants, et habitant de 
la colonie , aura toujours la faculté de continuer l'exploitation par elle-même , ou 
de proposer, dans les trois mois du décès de son mari , un remplaçant pour lui 
succéder à des conditions amiablement arrêtées entre eux, et dont il sera donné 
connaissance à l'administration. 

«Ce remplaçant, après avoir été agréé par le fonctionnaire civil ou militaire 
chargé de l'administration de la colonie , jouira des allocations accordées au con- 
cussionnaire primitif, jusqu'à l'expiration des trois années pendant lesquelles seu- 
lement ces allocations pourront être continuées. 

« Art. 15. — Sauf les exceptions mentionnées dans l'article 14, le titre provi- 
soire de concession ne pourra, sous peine de nullité, être l'objet d'aucune s.il)- 
stitution, ahénation ou hypotliè(iuc. 

« Art. 16. — A l'expiration d'un délai de trois ans à partir du jour de la mise 
en possession des concussionnaires, il sera procédé, par les soins d'un liéoniétre et 
d'un inspecteur do colonisation , à la vérification de l'état de culture des teri es 
concédées. 

« Le résultat de cette vérification sera constaté par un procè.s-verb;d dont la com- 
munication sera faite au concessionnaire , (lui aura le droit d'y faire consigner 
SCS dires et observations. 

« Ce procès-verbal sera transmis à l'appréciation du ministre de la Guerre , avec 
l'avis du conseil de direction de la province. 

« Art. 17. — Si les colons ont mis en valeur la tot;ilité des Urrcs arables com- 
prises dans leur roiiresHion , ou si, n'en ayant mis en valeur qu'une partie, ils 
justifient régulièrement d'empêchement de force majeure , tels que. maladies 
(fraves, décès du chef de la famille ou de (pnïlipies-uns de ses mend)res , le mi- 
niitre autorisera la conversion des titres provisoires en litres définitifs, et les co- 
lons deviendront alors propriétaires Incoinnmtables des habitations construites 
pour eu\ et des lots (pii leur ont été affectifs. 

« DauH tout autrt! nis, le ministre pourra prononcer la déchéance dos conccs— 
•lonnairoit et la repri»e di; poKS4;ssiiin, au nom de l'Ktat, des habitations et des terres. 

u Art. IK. ~ Les litres délinitifs de propriéti') , indiquant la date de l'approb^i- 
tion mini«tériellii , neront délivres et signet par les généraux coinman«lant les pro- 
vince», ou par leclmf de r.ulministration civile de, l.i province, suivant le teniloiro. 

« Lt! foncticmnaire civil ou militiire chargé de l'iulministration de la colonie 
prort'Hlera à la rcpriiu; des immeubles dont le^eoiieessiflnnairesain"iient été évincés. 



SLPPLÉMEM. 475 

« Art. 19. — Peudaut un délai de trois mois, à partir de la date de leur titre 
définitif de propriété , les concessionnaires ne poun-ont aliéner les immeubles 
compris dans leur concession qu'à la condition de rembourser préalablement à 
il l'Etat le montant des dépenses affectées pour leur installation , et dont le chiffre 
sera indiqué dans le titre lui-même. 

« Passé ce délai , ils disposeront, à leur gré, de la concession , sans être passibles 
d'aucune répétition de la part de l'État. 

« Art. 20. — Tant que les titres de concession définitive n'auront pas été déli- 
vrés, l'administration pouna disposer, sans indemnité, sauf le cas de récolte 
pendante, des parcelles de terrain dont elle aurait besoin par la construction des 
routes, rues, fontaines, canaux ou auti-es travaux d'utilité publique à effectuer 
sur le territoire des colonies. 

«Art. 21. — Préalablement à l'installation de chaque colonie , l'administration 
réservera, dans l'intérieur des villages , les emplacements nécessaires pour lesbe- . 
soins actuels et futurs de divers services publics, et, à l'extérieur, un cinquième 
du territoire par la commune et un dixième pour l'État. 

« En outre, quelques lots seront réservés, dans chaque village, pour des cou- 
cessions ultérieures non subventionnées. 

« Art. 22. — Les colonies jouiront , en ce qui concerne les besoins du cuite, do 
l'instruction et de la santé publiques, de la protection et de tous les avantages 
accordés aux autres centres de population établis en Algérie. » 
Paris , le 27 septembre 1848. 

La commission nommée en vertu de cet arrêté s'est immédiatement organisée et 
déjà plusieurs convois d'émij^rants ont été dirigés vers l'Algérie. 

L'essentiel est de les établir dans des localités qui ne laissent rien à désirer sous 
le triple rapport de la fertilité , de la sécurité et surtout de la salubrité. 

11 ne sera pas sans intérêt pour les émigrants de savoir d'avance quelles «)nt 
dans les trois provinces de l'Algérie les portions de territoire appartenant à l'Etat 
qui réunissent ces conditions indispensables. 

* PROVINCE d'àLUER. 

La plaine de la Mitidja, malgré son insalubrité, a déjà vu s'élever de nom- 
breux villages; elle est, en effet, par les trois cours d'eau qui la traversent et 
par sa pente vers la mer, susceptible d'un complet assainissement. Il sera bon, 
toutefois , de ne la coloniser (pi'au fur et à mesure des travaux de dessèchement 
qui s'exécutent chaque année; mais la plupart de ses alentours sont parfaitement 
salubres et colonisables. Citons: 

La Hassauta , cette magnifique propriété de 1,300 hectares arrosés , qui est reve- 
nue naguère entre les mains du domaine et que quelques travaux de peu d'im- 
portance assainiront complètement. 

Le terroir des Beni-Moussa, où le domaine possède de nombreux immeubles et 
où sont déjà établis quelqtfes grands pro[triétaires. 

Le territoire des Iladjoufes, dont, dans les derniers jours de son gouvernement, 
le duc d'Aumale a traité la cession de 18,000 hectares de terres labourables. 

Les terrains destinés au pénitencier agricole sur les Iwrds de Bou-Roiimi et sur 
Milianah, au milieu de forêts d'oliviers. 

Presque tout le versant nord de la chaine du petit Atlas, notamment sur le 
territoire des Ouled-Yaich, à l'est du Biidah : au pont de laCliifTah, au Mouzain, 
qu'arrosent la Chiffah et le Bou-Roumi. 

Des études complètes ont déjà eu lieu sur cette ligne où doivent être établis les 
villages du Fondouk, Maraboutin, le Palmier, l'Arba, Sidi-Moussa, Rovigo, 
Assenia, Souma, Bouinan et Dalmatie, reliés entre eux par une route parallèle à 
l'Atlas et joignant le Fondouk à Biidah. 

La vallée de l'Isser, qui , auprès des tribus amies , ne renferme pas moins de 
10,000 hectares de terrain avec des sources et des cours d'eau et dans une situation 
tout à fait salubre. 



470 SUPPLliMENT. 

La route de Cherchell à Milianah , où le génie militaire a fait déjà plusieurs 
propositions d'établissements de villages. 

Les environs de Milianah, la belle plaine qui s'étend entre Medeah etcetteville. 

Entre Goléah et Cherchell , le versant des Caresai. 

Non loin du tombeau de la Chrétienne et sur le bord de la mer, l'emplacement 
de Tefessad , ancienne ville romaine , sur le versant du Djebel-Chenouan , parfai- 
tement disposé pour une ville maritime. 

Enfin l'immense valle'e du Chélif, qui contient plus de 40,000 hectares et où des 
barrages, comme au Sig, répandraient la fertilité et l'abondance. La concession 
de cette riche vallée est aujourd'hui sollicitée par une compagnie qui la considère 
comme la plus fertile de l'Algérie et comme pouvant devenir le grenier de tout le 
centre de l'Afrique française '. 

Un grand système de communications entre ces divers points est déjà étudié et 
en voie d'exécution. Une grande route lie Alger à Blidah, Medeah , Milianah. Une 
autre s'avance dans la direction de Constantine par le Fondouk ; une troisième, par 
Sour-Ghozlan, se dirige vers le midi de la grande Kabylie , destinée à nous ouvrir 
bientôt les plaines fécondes du Haniza et à s'étendre vers Biscara et le sud. Une 
autre se dirige vers Koleali et Cherchell. Il sera facile de rattacher les divers points 
de ce grand triangle aux localités intermédiaires par des travaux peu dispendieux. 

PROVINCE d'OBAN. 

La partie réellement colonisable de cette province a été étudiée avec une remar- 
quable attention par M. le général Lamoricière . Nos propres travaux n'ont fait 
que corroborer les observations qu'il a faites. Il nous suffira de reuvoyor, pour les 
détails, à son projet de colonisation. Bornons-nous simplement à indiquer les points 
principaux où il place ses groupes de population. 

Territoire d'Oran , 25,000 hectares. 
La Senia (existant)- 
Sidi-Chamy {id.) 

Miserghiu (ancien et nouveau village). 
Le Figuier. 
Assi et Abiod. 
Aïn-Beida. 
Assi etGir. 
Sidi-Marouf. 

sur l'Oued-Sidi-Amadi. 

Ain-el-Anseur. 
Plaine d'Andalouso { Acoun-Turc. 

Ain-Sidi-Bou-Asfar. 

Ain-Sidi-Bou-Ameur. 
Jefry. 

Dar-Beida (existant). 
Commune d'Kmsila, S,U(K) hectares. 
Sidi-B<!n-Aissy. 
ha's-Mti-Ciedara. 
Aïii-He^'a<la. 
Aiu-Sesfef. 
Uvrliura. 

Serig-Oided-Bey-Brahim. 
Aln-Mta-Uey-Mi'ssabey. 
Commun* d'Aitsian-Toual, ."1,500 hectares». 
Village d'Asuian-Tiiual. 
d'A^tti-Amour. 
— d'Ai«l-Bou-Nir. 

I Pnijnl lU lolxiiituliiiii (U rAlv«ri«, pur M nii»>iii|'i<, M4S 



SUPPLÉMENT. 477 

Village d'Assi-Ben-Enda. 
— d'Assi-Beu-Ferreah. 
Commune de Sidi-Aly, 4,800 hectares. 

Sidi-Aly. 

Assi-Ben-Okba. 

Assl-El-Bechir, non loin duquel sont d'excellentes carrières de plâtre. 

Aïn-Franin. 

Azeleff. 
Commune de Tazoute , 2,5(X) hectares. 

Christel. 

Tazoute. 

AïuJrefla. 
Commune de Gudiel, 6,000 hectares. 

Gudiel. 

Assi-Mefessour. 
Commune de Guessibah , 4,500 hectares. 

Guessibah. 

Ab(l-ol-Uué(lia. 

Sidi-Beni-Jebka. 

Ouiukel. 
Commune d'Arzew, 3,600 hectares. 

Arzew. 

Village de Mule^-Maagoung, entre Arzew et Oran. 

Ël-Amia ou le Ravin. 
Commuue de Beteoua , 2,423 hectares. 

Village de Beteoua ( vieil Arzew ). 

Chabat-el-Ray ) source iutarissable). 

Tsemamid, entre les routes actuelles d'Oran h Arzew, et d'Oran à Beteoua. 
Commune d'Assi-el-Hamoud , 5,000 hectares. 

Village d'Assi-ol-Hamoud : tout près se trouve la forêt de Mulcf-Ismaël. 

Chefafra. 
Commune d'Hadja-Reira , 4,500 hectares. 

Hadja-Reira. 

Assian-Gyès. 
Commune d'Assi-Moussa-Touil , 4,000 hectares. 

Assi-Moussa-Touil ; terres immersibles par les eaux du Tletat. 
Commune de BouH'atis, 2 villages, 5,550 hectares. 
Commune du Tletat , 2 villages , 6,900 hectares. 
Territoire civil de Mostaganem, 4,028 hectares. 

La vallée des Jardins. 

Mazagran. 

Ain-Assi-Bou-Man , sur le ruisseau même de Mostaganem. 
Commune d'Assi-Tounin , 3 villages, 3,000 hectares. 
Commune d'Assi-Matnache , 2 villages, 3,000 hectares. 
Commune des Jardins, 4,000 hectares. 
Commuue de la Stidia, 3,000 hectares. 
Commune de la Miizerde, 2,8 !0 hectares. 
Commune de Saint-Denis du Sig (barrage) , 10,000 hectares. 
L'union agricole. 
Hameau du Barrage. 
— de rOugaze. 
Commune de Mascara (sa banlieue), 2 villages, 5,500 hectares. 
Commune de Sidi-Ben-Yeglef , 3,600 hectares. 
Commune de Sidi-Das , 2,500 hectares. 
Villages routiers de l'Oucd-Hamman , de Kseub. 
Commune de Sidi-Bel-Abbès. 
Commune d'Akbcil , 1,300 hertaros. 



478 SUPPLÉMENT. 

Cet immense triangle de 120,000 hectares , qui a pour base tout le territoire 
d'Oran et de Mostaganem et pour sommet Mascara, est coupé de routes nombreuses 
à la fois stratégiques et commerciales, savoir : d'Oran à Tlemcen, à Sidi-Bel-Abbés, 
à Mascara, à Mostaganem , à Arzew, à Akbeil, à Saint-Denis-du-Sig , à Christel, 
à Assi-el-Hamond ; de Mostaganem à Mascara, à Mechera-el-Hadjeur sur le Chélif; 
d'Arzew à Mostaganem , à Sajnt-Denis-du-Sig, au Tletat , à Guessiba ; de Guessiba 
à Gudiel; de Gudiel à Tazoute; de Tazoute à Christel; d'Hadja-Reira à Boufatis; 
de Beteoua au Tletat. 

Les travaux d'assainissement et de fertilisation comprendraient, dans ce système, 
les marais de la Macta , du Sig et de l'Habrah , de Bridia et d'Ain Beida ; les bar- 
rages du Sig, de l'Habrah, de la Mekerrah et du Tletat; divers puits et citernes. 

Par la route de Mostaganem et du Chélif, ce projet de colonisation se lie à celle 
de la province d'Alger, dont la vallée du Chélif forme un des plus importants foyers 
de production. 

PROVINCE DE CONSTANTINE. 

Ici le projet de M. le général Bedeau nous ofTre une suite d'études inflnimcnt 
intéressantes. 

Ce projet dévdoppe d'abord les villages déjà créés par, 1° l'accroissement de la 
calle; 2" la transformation des postes militaires entre Philippeville et Constantine 
en centres de population , surtout à El-Arrouch et au confluent de l'Oued-Zerga 
et du Safsaf, où l'on trouve de très-beaux oliviers; au camp de Smendou, pays 
irrigable , et à l'Oued-el-Hadjar. 

A Constantine, le village de Sidi-Mabrouk , le territoire de Hamma, le confluent 
du Bou-Merzoug et du Rummel appellent des populations nombreuses, ainsi que 
la vallée de l'Oued- Yacoub , à 8 kilomètres de la ville. 

Entre Constantine et Bone, le camp de Guelmah, devenu une ville, prend tous 
les jours une extension qu'il faut favoriser; la vallée de l'Oued-Berdali, entre cette 
ville et Bone est extrêmement fertile. 

Setif et ses environs sont appelés à la plus haute prospérité agricole. On sait que, 
de la Mauritanie césarienne, Setif ( Sitifensis colonia ) était la plus abondamment 
fertile. 

Dans ce vaste triangle , les points intermédiaires à créer seraient : 

1". A Constantine, les jardins militaires placés au confluent du 

Bou-Merzoug et du Uummel. 1,2(K> hect. 

2"*. L'Oued-Attememia sur le Uummel. 2,000 

3°. Au sud, à l'eutrée de la plaine des Smouls, Ain et Hadada. 2,000 
4"'. Toute la vallé»» du Bou-Merzoug, depuis ce point jusqu'à 

la banlieue de ConsUintine. 15,000 

5". Sur la route de Milah, Ouldjit-el-Kadi, sur le Bas-Rummel. 1,500 
6". Sur le territoire des Oulad-Bou-Azis, entre Guelmali et 

Bone, au confluent de l'Oued-Moya et de l'Oued-Bou-Enû'a. 950 

7". Ain-Morkha au nord-ouest du lac Fetzara. 500 
8". D'Ain-Morkha juwju'à l'Oued-Biidjotas et de là jusqu'à la 

vallée du Fendek, près des ruines romaines. 2,000 

9". Vallée de Safsaf. 12,000 

Le» routc« principales dc«»linéees à relier ces divers pointa sont celles entre Con- 
«tiintino et Setif qui attend de pouvoir ctimmunicjuer à Alger par celte Kabylle 
dont, au crtté opposé, le Koiidiiuck et Aumalf gardent l'entrée; relie de Bone à 
Guelmah. Lt^s travaux nCtressairrs seraient l'assainissement délinitif de la rive gau- 
rh»; de lu Sevbousi), de la vallé(! des Kîuvs.ls et de la plaine du lac. Fetzara ; l'éta- 
bliiMsmuul «l'une roule entre Bone et Aln-Mc»rklia, situé au centre des concessions 
de minci, rouUt qui atteindra plus tard l'OuMl-Radjetas et de là |WLHsunl par la val- 
lée du Funditk , ne bifurquera pour rejoindre, d'une part Pliilippevillu, et de l'autrr 
El-Arrouch. 



SUPPLÉMENT. 479 

Enfin, un archéologue distingué, qui a longtemps parcouru la province de Con- 
stantine, M. Texier, a étudié un système de peuplement de routes poui- rattacher 
Constantine à Bathnah, Bathnah à Alger, et Alger à Setif, par une suite de cen- 
tres de population contourarit la grande Kabylie de manière à amener à Alger, par 
Bathnah, Boussada et Sour-Ghozlan, le commerce des caravanes de Biscarali et de 
l'intérieur do l'Afrique. 

De Constantine a Bathnah, s'étendent de vastes plaleaux qu'arrosent des sour- 
ces abondantes. Les points les plus dignes de fixer l'attention sont : Ouargat, Aïn- 
Fourchi, Aïn-Melila; Ain-Yacouty; Medracem, Ouu-Esnam, Ksar-«1-Rhenuaia , 
Bathnah et Tezzout, en tout 100,t)00 hectares de terres libres et appartenant à l'E- 
tat. La température est fraîche , il y a de la neige à la lin de l'automne. 

Voilà donc un grand nombre de points saluhres et fertiles dont le domaine peut 
disposer pour rétal)lisscment de villages. 

On recherche en général les terrains voisins de la mer, ceux que nous indiquons 
dans les triangles principaux des trois provinces n'eu sont pas trës-éloignés. Mais 
il faut dire que les terres les plus fertiles ne sont pas sur le littoral. La plupart des 
terrains, surtout dans la province d'Alger, y sont presque entièrement calcaires. 
Ceux de la province de Constantine en générai , le vei-sant nord du petit Atlas, les 
plaines du Sig et de Mostaganem sont, au contraire , chargés d'humus à de gran- 
des profondeurs. 

Si l'on apporte un soin intelligent dans le choix de ces localités, dans les secours 
que l'on fournira aux colons et surtout dans la distribution de ces cinquante mil- 
lions que la France vient de donner à l'Algérie , nul doute que le succès de la co- 
lonisation ne soit assuré et que la pioduction ne réponde aux espérances des cul- 
tivateurs. 



DISPOSITIONS URGENTES. 

Douanes: Toutefois, pour que la production agricole puisse se développer lar- 
gement, il faut l'affranchir d'un obstacle aujourd'hui invincible : la concurrence 
étrangère. La plupart des produits exotiques entrent en franchise dans les ports al- 
gériens et se vendent sur le marché à des prix que l'industrie agricole ne saurait 
encore accepter. Ainsi, pour les céréales, les blés d'Egypte et de la mer Noire se 
donnent à Alger, rendus sur place, à 17 fr., en moyenne, le quintal métrique, tan- 
dis que les agriculteurs algériens le produisent a peine ii 18 fr. Cette différence tient 
à la cherté de la main-d'œuvre, à la difficulté des communications, etc. Tant que 
ces causes existeront , il y aurait folie , pour les propriétaires d'Afrique , à vouloir 
lutter contre les similaires étrangers. 11 faut donc trouver le moyen d'offrir aux 
colons producteurs un prix rémunératoire. Ce moyen consisi«rait à. frapper les si- 
milaires étrangers des mêmes droits de douane qu'ils payent à leur entrée en France, 
et à admettre en franchise dans la métropole les produits algériens qui trouveront 
ainsi un marché et un écoulement certains. La France elle-même gagnerait à ce 
système de l'affranchir du tribut qu'elle paye à l'étranger. 

Par un arrêté du chef du pouvoir exécutif, en date du 12 octobre, les douanes 
de l'Algérie ont été rattachées au ministère des Finances. 

Depuis près de deux ans, une crise sans exemple a épuisé en Algérie toutes les 
sources du crédit; des législations exceptionnelles ont effrayé la propriété. 11 faut 
venir au secours de toutes ces souffrances. Le retour au droit commun , les gai'an- 
ties de la loi française seraient le remède le plus naturel et peut-être le plus effi- 
cace à ce mal général. 

Mais il en est de plus immédiats encore. 

La création d'un comptoir de la Banque, "à Alger, ramènerait la confiance et 
les capitaux qui aujourd'hui fuient l'Algérie. Déjà, et dès l'année dernière, la 
Banque de France avait pris cette résolution. La presque totalité des fonds était 
même versée, lorsqu'à la suite des événements de Février on a déclaré le comptoir 
d'Alger en liquidation, et les fonds reçus ont été .restitués. On assure que, par suite 



480 SUPPLÉMENT. 

de l'impulsion donnée à la colonisation , le Gouvernement songe sérieusement à re- 
constituer le comptoir d'Alger, en lui annexant des sous-comptoirs à Oran , Bone 
et Constantine. 

Une mesure non moins importante serait la création de caisses de crédit agri- 
cole. Leur organisation en Algérie n'imposerait pas de grands sacriQces à l'Etat ; 
elle serait, pour les colons, une source de revenus. 

Indemnités d'expropriation. — Le Gouvernement comprend bien qu'enfin il 
faut qu'il guérisse les plaies ([ue de longues soulfrances ont faites aux colons al- 
gériens. Il est entré dans cette voie de justice par la liquidation des indemnités 
dues par suite d'expropriations pour cause d'utilité publique. Ces expropriations 
ont été une page funeste dans l'histoire de l'Algérie. Dès le principe, on a dépouillé 
sans garanties , sans examen , des propriétaires nombreux , dont jjlusieurs sont 
morts de misère et de chagrin. Il appartenait au nouveau gouvernement de répa- 
rer ces injustices; déjà une commission , présidée par M. Majorel , alors conseiller 
à la cour d'Alger, avait fait un remarquable travail de classification et de re- 
cherches, en 18*6. 

Le 5 mai 1848, une commission spéciale de liquidation a été nommée par le 
gouverneur général de l'Algérie, et, par suite de son travail, le ministre de la 
guerre a présenté à l'Assemblée nationale un projet de décret qui alloue , sur le 
budget de 1848, un crédit de 2,0(K),l)00 de francs destinés à, payer les deux premiers 
cinquièmes des indemnités dues pour expropriations antérieures à 1845. Ce projet 
a été adopté le 24 septembre par l'Assemblée nationale , et cette somme , versée en 
Algérie, va être pour les colons d'un utile secours. 

Ainsi, de tous côtés, la question algérienne grandit aux yeux du pouvoir et 
dans l'opinion. 

Un comité spécial de l'Assemblée nationale veille à la défense de ses intérêts 
et influe sur les décisions du pouvoir. Tous les ministères se préoccupent de cette 
seconde France dont les destinées importent tant à la métropole. 

En dehors de l'Assemblée nationale et du pouvoir, ses progrès dans la vole de 
l'assimilation sont hâtés par des travaux et des efforts sérieux. 

Dans chaque province de l'Algérie, et dès le l*"" juillet 1848 , se sont formés des 
congrès dont les membres ont reçu mission de défendre, auprès des diverses ad- 
ministrations, les droits, les intérêts et les vœux des populations algériennes. 
Ces congrès siègent et agissent avec un zèle remarquable. 

En même temps, et dès les (iremiei-s jours de la Révolution, il s'est formé, à 
Paris, une société qui , composée d'hommes dévoués , a pris à t;lcho d'élaborer, 
d'éclairer et de faire triompher toutes les (juestions vitiilcs qui intéressent l'Algérie. 
Des publications intéressiuites, de nombreux iuticles dans la presse quotidienne, 
ont signalé cetto société à l'attention publique. Les représentants de l'Algérie en 
font partie et lui apportent leur concours et leurs lumières * . Elle s'est mise en 
rapport avec les diverses associations île l'Algérie, afin de diriger dans dos vues 
conimuries leurs études et leurs démarches. 

Tout fait donc espérer que l'Algérie touche enfin au terme de ses maux et qu'elle 
va donner à la France les trésors qu'elle recèle, en compensation des millions 
impro<luctifs que l'on y a dépensés, et du sacrifice de cent mille Français qui y 
Mot morts en combattant pour la cause de la civilisation. 

(. La Sociélii lilgri'iriirin a ion •irgn rue N<!UTr-(Ius-Mul1iiiriii«, ). Les n'-iiiiioiii ont lieu ili'iix 
loli par MioaliM, le* luardlt i-t vriKlrniiit, i huit livurv» du soir. 



ADRESSES ET PROFESSIONS 

DES 
1>F. 

L'ALGÉRIE 

€la96f0 par ortirf alphabétique îir profreôioits 



AliGER GT »\ BilIVIilErE. 



Accordeurs depianos. 

Boyer, rue du Chêne, 15. 
Afllclieiirs. 

Pcrclinin, rue do la Marine, mai- 
son Bisary. 

Hcverlégal, rue de la Marine, 
maison Bisary. 

Thumin, rue de la Casbah. 

Agents d'alTalres. 

Aboucaya (Jacob), rue du Qua- 
torze Juin, 3. 

Bernard, rue Sainte. 

Brokwcl fils aîné, rue Jénina. 

Brunel, gradué en droit, rue 
Uénc-Caillé, 2. 

Uefrain, rue des Dalles. 

Delamarre et Meymac , rue Uéné- 
Caillé. 

fiimbcrt, crédits hypothécaires, 
rue d'Orléans. 

Jobert , rue Doria , 31. 



Maurin , rue de l'Arc. 
Tizon, rue Mi'.hon. 
Solal (Simon Cohen), rue Ma- 
caron, 18. 

AgrCeurs de navires. 

Béguet, rue d'Orléans. 

Darmani (Paul), rue delà Ma- 
rine. 

Darmani père, rue Mahon. 

Ilagesteinn, rue d'Orléans, 2. 

Lavabre fils, rue de la Marine , 
maison Bisary. 

Poitevin, rue du F.aurier. 

Prat, (Salvator), rue de la Ma- 
rine. 

Ucbière, rue Mahon. 
Architectes. 

Battu , rue Brueys. 

Blanc , rue Bab-Azoun , maison 

Al|)han. 
Bouzan aîné, rue d'Orléans, 24. 
TA , 



482 



ADRESSES. 



Bouzancadcl, rue d'Orléans, 24, 
Boycr. rue d'Orléans, 18. 
Chassériau , rue d'Isly, faubourg 

Bab-Azoun. 
Crestey, O. ^, rue Duqucsnc. 
Duhamel , rue Kéné-Caillé. 
Duval , rue Renaud, 4 cl 6. 
Uevillc, rue de Tanger, maison 

RiJTard. 
Deblinièrc, rue Bugcaud, 4. 
Etienne, rue du faubourg Bab-el- 

Oued. 
Flacheron , passage Mardnetli. 
(îaulhier, rue des Trois-Couleurs. 
Goullevin aîné, rue de l'Étal- 

IVIajor. 
(îuillauchain, rue delà Lyre, 52. 
Ilunoul, rue Bab-Azoun, maison 

llcriz el Calala. 
Laugier, rue d'Isly. 
Lecharlier, rue Jean-Barl, 8. 
Lcsueur, rue Jean Bart, 3. 
IVourrisson , rue des Lolophagcs 
Olivier, rue Bab-el-Oued. 
Pauriére, rue d'Orléans. 
Pclil, rue du Chône, 15, 
Punsard, rue Palma, 4, 
Hécy, rue Bab-Azoun. 
Kcdon (de), rue du Marché. 
Kivct , rue de la Casbah, 232. 
Bochet, rue du Laurier. 
Uoger, rue «le l'ï-llal -Major. 
Iloger, rue Bab-Azouii. 
Willeniont , rue Jean-Barl, 5. 
Weil (Barruck), ruedela Marine, 
Maison BiMry. 

AriiriileiirN it^oiuMrrs. 
Bouzan, rue d'Orléans, passage 

r.aillol. 
Dardé, rue .Vavarin. 



Arnialenrs. 

Lebrol, rue de Cliarlrcs. 
Saverio (Martin), syndic des 

pêcheurs, rue du Lézard, «2. 
Wals, rue Bab-cl-Oued, au fond 

de l'impasse. 

Ariiinrlers. 

Buisson, rue Neuve-du-Commer- 
cc. 

Chaperon, (Noël), faubourg Bab- 
Azoun. 

Château, rue Bab-cl-Oucd. 

Cisée, rue Bab-el-Oued, hôtel 
Lalour-du-Pin. 

Miguel , rue Bab-cl Oued. 

Mohamed bcn-Aïs3a,TueMédée. 

Olivier, rue des Consuls. 

Assurance» contre riiimidic. 

Aigle (r),Valensi fils, dirocltMir 
principal , rue Médée, 3. 

France (la), Lcchcsnc, dircclour 
principal, rue Uéné-Caillé. 

Lyonnaise, Camot , rue Bab-el- 
Oued. 

Palladium (le), Béraud, directeur 
principal, rue de la Révolution. 

Paternelle (la), Krenipfort, direc- 
teur principal , rue des Lol(»- 
phages. 

Providence (la), Bouin, directeur 
principal, impasse Mahon. 

Kouennaise, .Savary, rue des Trois- 
Coulcurs, 48. 

Union (!'), Schaller, rue Navarin. 

AHfiuranc<*(i uinrlUitirn, 

Alyêricnnc (T), Sénés , directeur, 
rue des Sauterelles. 



ADKFSSES. 



i85 



Atiftui'auccH sur la vie. 

Equitable (!'), NKard, ageni piin- 
cipjil rue Boulin, 55. 

IVoTA. Les opérations iXcV Union , 
eiiibrassenl cuiuulalivcnieiil les 
assurances conlrc l'incendie el 

les assurances sur la vie. 
ItaluH Fi'iiiiçuiii. 

Baraine, rue du Soudan. 

Berne (veuve), rue de Chartres. 

Chiérico (Nelson ), rue de la Ma- 
rine. 

Bains niaiires. 

Soiiinan-hen Omnr,ruc du Divan. 
Aly-ben-llaniond rue Bautin. 
N. rue de la Casbah. 
N, rue de .Xémours. 
N. rue Porte-Neuve. 
N. rue Sidi-Rhamdau. 
Balauciers. 

IVlorel , rue Bab-Azoun maison 
Kretrt. 

Banquiers. 

Ayrolles, rue Buutin. 
Cabanillas el comp. (veuve), rue 

Navarin. 
Citali, (Gaëta n) rue Citali 20, 
Cougol (Knyniond). rue Jean- 

Bart. 
Cimborl et comp. rue d'Orléans, 
(jugcnheim Ussiaub, cl comp. 

rue Boulin. 
Julienne (P), cl comp. rue Porte- 
Neuve 50. 
Laisné, rue de l'Arc, 17. 
Ijchllin et comp. , rue Porlc-Ncu- 

vo 120. 
Mékalski, (J.) rue Bab-Azoun. 
Ménager, rue de Chartres. 



Mustapha-bcn-Marabel , rue d»" 

l'Arc. 
Phélip, rue Sainte. 
Pihan, rue de la Taverne. 
Bourc (J.), rue d'Orléans, 25. 
Tiron (.4.) et comp., rue des Lo- 

tophages. 
Villiers , rue de Tourville. 

Bijoutierti horlogers. 

Pinard, rue Bab-Azoun. 
-Bavoux, rue Mahon, hôlel l.a- 
tourdu-Pin. 
Bochas, rue Mahon. 

Bijoutiers orf^vre«. 

Alton (Abraham) , rue Tiaver- 
sière 7. 

Bing (Bose), rue Bab-Azoun. 

Colombard; rue du Commerce. 

Coutaya, rue du Divan. 

Garol, rue Babel-Oued, luaisou 
Latour-du-Piii. 

Mimoun, rue Sainte. 

Moati (Kachmin), impasse (jaglia- 
tha. 

Morali (David), imp. Slaouëli, . 

Mouren (Raymond), rue Bab el- 
Oued, maison Parodi. 

Ott, rue Bab-el-Oucd, maison 
Mclchior. 

Bachmin, rue Bab-Azoun. 

Bobin, rue Médéc. 

Samuel, rues de la Marine el Bab- 
Azoun. 

Seror (Moïse), rue du Divan. 

Soussi, rue Juba. 

'l'ourniaire, impasse Jenné. 
Bijoux (faliriraul 4e). 

Varialle. rue Mahon. 



484 



Bijoux (rhabiilcui> «le). 

Boiinaure nie Mnhon. 
Nouvel rue Royale. 

Billards (rabricants de). 

Chaîne rue Philippe, 7. 
Trollin rue du Coq, faubourg 
Bab-Azoun. 

Badlgc^nnears. 

Arnoulel rue Boulin. 

(iall rue de la Marine. 

Géroniila à la Mur iiic 

Bai» deconstnicUon (niarcliaiids de 

Belloir, rue Mahoii. 

Cheviron à l'Agha. 

HeroufclAnsol rueBab-cl-Oued. 

Solhauneel Vidaillon, rued'lsly, 
faubourg Biib-Azoun 

Tassy fils, rue Mahou 

Warol el Semel, rue d'isly, fau- 
bourg Bab-Azoun 
BolH à brûler (marchand de). 

Jussc, rue Doria. 

Boiiucterlet (iiiarcbaiulH de). 

Dordaitie rue Bub-Azoun, maison 
Kécy. 

Jourdan, rue Bab-Azoun, maison 
Cutala. 

DuuclierH. 

Barde! . rue Mnhon. 

BtTchoii, place de Chartres. 

David, rue de Chartres. 

Dauvcrgne, rue de Tanger, fau- 
bourg Bab-Azoun. 

Davignoii, place de Charlres. 

I>()1 , bazar Salvaiidy. 

FiMilriy, place do (Hiarlres. 

(■uérin,ru(' d'I.sly faubourg Bah- 
.izouii. 



AnilESSES. 

Gro 



rue de la Casbah. 

Kakia, place He Charlres. 

Lombardi , rue Bab-el Oued. 

Marguet (syndic), rue de Char- 
tres. 

Mordrel (madame), place de 
Chartres. 

Picrlot, place de Charlres. 

Poulain, place de Charlres. 

Saffroy, place de Chartres. 

Weil place de Charlres. 

Bouchers (iiullg«>nes). 

Assim (L6vy), rue Sainte. 
Ben-Hammanou rue Sainte. 
Chemouille (Lévy) (chef) , rue 

Sainte. 
Cohen (Judas) rue Sainte. 
Kaou-ben-Amorue Sainte. 
Chalabi-Accoun, rue Sainte. 
Chalabi-Cohen rue Sainte. 
Maclouf, rue Sainle. 

Bottiers cordonniers. 

Azopardi, rue Bab-el-Oued. 
Béai ta, rue de la Casbah. 
Bonpain, rue de la Uévolution. 
Castaing, rue du Divan. 
Chauvin, rue d'Aininon. 
DcAvalg, rue Charles-Quinl. 
Dudacb, rue du Chùne. 
Dlculcfait, rue Bab-Azoun. 
Firmi, rue Doria. 
Flucha, rue de la Uévolution. 
Frace, rueSocgcniah, 
Fruch, rue du Ceiilaiirc. 
Ilaselnumn, ruo Bab-Azoun. 
Henry, rue de la Uévolution. 
Jirnii, rue Jean- Bar! , 1S. 
Lainbias, rue de la Uèvidulion. 
liaiilier, rue Doria. 



AimKSSES. 



485 



Mutne, rue de la Uévolulioii. 
Marini, rue Bab-el-Oued. 
Meycr, rue du Clièue. 
Miraillet, rue de l'Iulendance. 
Monnier, rue Bab-Azouu. 
Mourla , rue du Locdor. 
Quinlana, rue du Divan. 
Koscllo, rue Doria. 
Uouvière, à TAgha. 
Saloni, rue Bab-el-Oued. 
Salvalur, rue Casbah. 
Salvo, rue de Nemours. 
Tolza, rue deCbarlres. 
Tortiol , rue Socgemah. 
Zannnit, rue Bab-el-Oued. 

Bottes et soulier» confectionut!* 
(uiarcbauds de). 

Bourrageas , rue de la Marine. 

Gailcn, rue Mahon. 

Lecoq, rue Bab-Azoun, maison 

Duchassaiug. 
Morissol, rue Bah-cl-Oued. 
Valelle, rue Mahon. 

Bouclions (marchands d«]. 
Calderon, rue Bab-el-Oucd. 

Boulangers. 
Allés, rue Joiuville. 
Arnaud, rue du Lézard. 
Brockwel (farines indigènes), rue 

des Trois-Couleurs. 
Deibez , rue Traversière. 
Dépieds, rue de la Marine. 
Ducamp, au Dey, maison Trouin. 
Faudon (syndic adjoint), rue de 

Chartres. 
Flayol , rue Bruce. 
Falco, rue Bab-Azoun. 
Fouque, rue Bab-Azoun. 
daudraii (syndic), rue Bab-el- 
Oued. 



(jhillunne, rue Boulin. 
Jourdan, rue Socgemah. 
Léo, rue de Chartres. 
Lclalencl, rue Bab-Azoun. 
Orfila, rue de la Marine. 
Peiss aîné (trésorier), rue de 

Chartres, 
l'eiss jeune, rue Bab el-Oued. 
Pignol, rue Mahon. 
Bipperl , à l'Agha. 
Siulës, rue Bab-el-Oued. 
Sainlas (veuve), rue de Chartres. 
Teule (syndic adjoint), rue Porle- 

Neuve. 
Truc , rue de la Casbah. 
Uobert, rue de la Marine.. 

S'ag:aHln central de la réserve des 
rarlues, rue d'Isly. 

Coulel, agent responsable, dans 
rËtablissemenl. 

Bourreliers. 

Catala, Taubourg Bab-Azoun. 
Chauvct , rue Rovigo. 
Corvaisier, faubourg Bab-cl-Oued 
Escadafals, rue Uovigo. 

Brasseurs. 
Doer et Nagel, rue Bab-el-Oued, 

276. 
Klein, à Mustapha. 
Melz, liiubourg Bab-cl-Oued. 
Valker, faubourg Bab-Azoun. 

Cabinets de lecture. 

Bastide, place Royale, maison 

Warot et Scmel. 
Dubos frères el Maresl, rue Bab 

Azoun. 
Duchesue, rue de Chartres. 
Ficschi , rue Bruce. 



486 



ADRESSES. 



Philippe (madame), rue Bab- 
Azoïiii. 

Cadrrs (fabricants de). 

Alary, cadres dorés et clamage 

de glaces, rue Bruce. 
Browariiiouch (cadres de bois), 

impasse de rinlendaiice. 

Café». 

Algérie (de l"), Hugues, place de 

la Pêcherie. 
Amis (des), Gadusso, rue des Trois 

Couleurs. 
A}n)llon (d') , Bernard , place 

Uoyale. 
Bourse (de la), Aubcrl frères, 

place Uoyale, galerie Duclias- 

taing. 
Colonnes (des). Bourgeois (mada- 
me), rue Bab-Azoun. 
Commerce (du) , Leblanc (madame), 
Europe (del'), Vidal , rue Bab-el- 

Oued. 
France (de), Lamoureux, place de 

la Pùcherie. 
/•Vanfoia, Roman, rue Duqucsne. 
Isère (doV), Novel, rue BaL- 

Azoun. 
Jeune France (do la), Valenlii), 

placw de ta Pùcherie. 
Joinvillc, .Alix lils , place de Char- 
Ire». 
Musard, Porraiill ((1(m main , rue 

Bab-A/o(tn, maison Alplian. 
IS'nrd (du), l.cjeune, rue Bab-cl- 

Oued , ±21. 
Pari» (do), Brunul , rue Bab-cl- 

Oucd, maison Mulchior. 
Perle (de la), Kolh, Kalcric iMi 

<'hui>»uin^. 



RqicHce (de la), Mazères (Kcrdi 

nand), place Uoyale, hôtel La- 

lour-du-Pin. 
Siècle (du), Carelle, rue des Trois- 

Couleurs, bazar Salvaiidy. 
Temple (du), Bernières , rue de 

Chartres. 
Théâtre (du), Daudignac , rue de 

riutendance. 
Alirol , rue d'Isly. 
Artigues , rue de la Casbah, 
Benières rue de Chartres. 
Berard , rue de la Casbah. 
Casiain de Farol , roule de l'.Agha . 
Frache, rue Bab-Azoun. 
Georges , roule de l'Agha . 
Girard, rue Bab-Azoun. 
LalTerrière, rue de Tanger. 
Masson , rue du Commerce. 
Mêrcnlier, rue de la Marine. 
Meslrel , rue Casbah. 
Pons, rue des Trois Couleurs. 
Uossi, place de la Pêcherie. 
Sans , passage Manlout. 
Segur, rue Traversière. 
Soulignac, rue Bab-Azoun. 
Zammil, place de la Pêcherie. 

Carrossier». 

Brcsiy, rue Uovigo. 
Oslerlag, rue Bab-Azoun. 
Paris, rue d'Isly. 

Carreaux(iiiarcliMiMlM de). 

Gallula , descenle de la Pêcherie. 
Mazclla, rue de la Marine. 

riiaiHrH(ful>rlCMnlK de). 

Mailhac , rue de la Uêvolulion. 
Vornct , rue Piiilippo. 



ADIIKSSES. 



487 



Cliaiigoiirii. 

|{<ni(hara (Tsaac), impasse de la 

Lyre. 
liaiTuck ( Joscph-Bcn), rue de la 

Lyre, 58. 
noudiara (Joseph), rue Boulin. 
Braham, rue de Chartres. 
Caslcras, place Koyale, maison 

Warol el Scuicl. 
Colombard, escalier de la place de 

Charires. 
Jais (Tsmael), impiisse Lalahouin. 
Léonard (madame), rue de la 

Marine. 
Mardocha^ , rue Sainle. 
Moïse, rue Porle-Neuve. 
Slora (Ibrahim), rueDoria, ii. 
Slora (Moïse) rue Médée, U2. 

(lliapellprs. 
Artaud, rue de la Marine maison 

Bisarry 
Balossier, rue Mahon. 
Célini, rue Bab-el-Oued, 227. 
Charavel , rue Mahon. 
Dclcr, rue Babel-Oued, maison 

Gompers. 
Emmanuel, place de la Pêcherie, 
Clrimberg llerski, rue Bab-Azoun 

sous l'hôpilal civil, 
l/hcrilicr, rue de Tanger. 
Morin, rue Bab-Azoun. 
Oualid (Moïse), rue du Locdor, 35 
Peisson, rue Bab-Azoun maison 

Récy. 
Vidal, rue Bab-Azoun. 

Cliarbons de terre et de boiii (niar- 
cliaiids de). 

Bédel (charbon de terre), rue de 
la Flèche. 



Berlola (^charbon de bois), rue 

Renaud. 
Vidal et C'*". (charbon de terre), 

rue Bab-Azoun. 

Charcutiers. 

Baudoin, bazar Salvandy. 
Courtois, place de Chartres. 
Creck, rue du Divan. 
Ileurlicr, rue de Chartres. 
Micalef, rue de Chartres. 
Olivier (syndic), rue Bab-el- 
Oued, maison Parody. 
Roux, bazar Salvandy. 
Vero , place de Chartres. 
Villa, rue du Divan, 
/ammit, rue du Divan. 

(:iia»iubllerti. 

I.aroque (jeune), rue du Divan, 55 
Laurent (Gabriel), rue du Divan. 

Charrons. 

Bellée, rue d'Isly. 

Claille (aîné), rue d'Isly, maison 

Maximin. 
Clailte (jeune), rue Rovigo 
Delahayc, rue de Tanger. 

Chaudronniers. 

Ellias , rue de la Casbah. 

Pranle, rue Sainle. 

Roux, rue Lalahoum. 

Rollcl , rue d'Isly el de Chartres. 

Chaux et piatres. 
Calala, faubourg Bab-el-Oued. 
Trouin, rue Duquesne, lî. 
Simon, à l'Agha. 

CbifTons (marchand de). 
(lambini , rue de Tanger. 



488 



A DU ESSES. 



OhcvauT (iiiiirciiands tlf). 

Bonnelia. rue de Chartres. , 
Frank, rue Cilati. 
Joseph, rue d'Isly. 
Lévy, rue Réné-Caillé. 2. 
Marne , rue des Consuls. 
Manlout aîné, rue du Caflan. 
Manlout (Adolphe), rue Scipion. 
llobcrl, rue Rovigo. 
Simon, rue René-Caillé. 
Trcmol (Pérès), à l'Agha. 

Chocolatiers. 
Fabre et Dolphin , place de Char- 
tres. 
Marins, rue Citati. 

cirage (fabricant de). 
Philibert , rue de Chartres. 

Coiffeurs. 
Riron , rue de la Marine, maison 

Bisary. 
Bloch, rue Bab el-Oued. 
Borras rue Bab-el-Oued. 
Camiliéri bazar Mantoul. 
Cassard, rue Bab-cUOued. 
Chiarclla rue Bab-ol-Oued. 
Clavier, rue Philippe. 
Dclay fils rue de Tanger. 
Fourniol place du Collège. 
Frachct plarc Royale hôtel de 

Latour-du-Pin, 
Frémin, rue Bruce. 
I.amhias.rue de la Révolution. 
Martin, rue Bab-Azoun. 
Mich'jl , rue Bab-Azoun. 
Pailloux, rue de Tanger. 
Oueyvroy rue Mahon , maison 

ParodI. 
Killa, ru<* .Mahon. 



Rochot , rue de la Casbah. 

Truaud, rue Charlcs-Quinl , mai- 
son Saulclii. 

Vidal , rue des Trois-Coulcurs. 
Coinc8iU)Ies (inarcliands de). 

Bon , rue Bab-cl-Oued. 
Coquino, rue d'Orléans. 
Deschamps, rue de Joinville. 
Hercmpfort, place de Chartres, 

maison Choppin. 
Cruis , rue d'Orléans, 
lourde, place de Chartres. 
Martinez, rue Boulin. 
Poitevin, rue Bab-Az«un. 
Rayfort, place de Chartres. 
Tarravet, r. des Trois-Couleurs. 
Toucas, bazar Mantout. 

Commissionnaires cntreposltalre». 

Allègre Cl Chazcl , rue de la Ma- 
rine, caserne Lemcrcicr. 

A.struc, rue de la Marine, pavil- 
lon des Oflkicrs. 

Breraonl et d'Honoraly, rue do 
la Marine, pavillon des Oiïi- 

cievs. 
Choppin fcntrepôl), rue dTsIy. 
Johnson (Yvan), r. delà Marine. 
Lyon, rue de la Marine, caserne 

Lcniercier. 
Lalil cl Paul à la Marine. 
Porel , rue Sainte. 

Commlsf»alroH-i»rl«eiirs. 

Billelle rue Joan-Bart, 2. 
Blasscllc rue Boulin 7. 
Dcsmolins rue Sogi^cmah , 40. 
Dyvrande rue de la Marine, i 
CommlHHloniiuIres de roiilnge. 
.\my rue diN Cm^uls I. 



AflIU:SSES. 



48<J 



liiirdin, rue Duqwesne, '2. 
Colas, rue d'Orléans, l3. 
tiraïul et Martin, r. Bab-el-OueJ 
<}uaslalla, rue de la .Marine, 
î.amberl, rue d'Orléans. 
Raynaud fils, rue Bab-el-Oucd. 
Voliolini , rue de la Marine, eu 
face le tribunal de commerce. 

Confl8ear«-patl«6ier«. 

Brucl,rucMalion, maison Parodi. 
Qiarbonier frères, rue du Divan. 
Coulon, passage Mantoul. 
Dagan, rue Bâb-el-Oued. 
Lary et Salan , rue Bab-Azoun , 

maison Branlhommc. 
Lunn, rue Bab-cl-Oued. 
Molard, rue Bab-Azoun, maison 

llécy. 

Corail ( marchanils de ) 

Safar (Aron), rue Lalahoum , 51 . 
Safar (Mimoun), impasse Sidi- 
l.ecal , 30. 

Corroyeurs (maichnnJs d« cuirs). 

Brcuil, rue desTrois-Coulcurs. 
I>aporle, rue d'Isly. 
Fruchard , rue du Coq. 
Lecliène, rue llétié-Caillé, 11. 
Marcst, rue d'Aumale. 
Pruchon , rue d'Aumale. 
Vignolet, rue Philippe, 20. 

Corsets (fabiicants de), 

Bergcron (dame) , rue de l'IIydre . 
Gonet, rue Bab-Azoun. 
I^'dlcmand, rue Jénina. 
Toussaint, rue Jénina. 

<:ouIcurg rt vrruls (marchands de) 

Bérard, rue de Tanger, la. 



Dubos frères elMarest, rue Bab- 
Azoun. 
Faivre, rue de la Révolution. 
Final et Delahaye, rue du Chêne. 
Joly frères, rue Renaud. 
J«/urno (Jacob), rue de Chartres. 
Févrc, rue de la Révolutiou. 

Courtiers de commerce et maritime 

Aigon (en marchandises), place 
Royale. 

Bain (en marchandises), passage 
Gaillot, rue des Consuls. 

Béraud (en marchandises)) rue 
Porle-Neuve, 125. 

Bouroa (c<i marchandises), rue 
de Tourville, 16. 

Callamand (en marchandises), 
rucXavarin.S'j^. 

Canton (en marchandises et ma- 
ritime), rue du Sagittaire, 3. 

Chappuis (en marchandises), rue 
d'Orléans, 4. 

Chaudoin ^en marchandises], rue 
du Vinaigre, maison Mour- 
gues. 

Cherfils(en marchandises et ma- 
ritime), impasse Salluste. 

Deviller^ (en marchandises), rue 
Bab el-Oucd. 225. 

Desculis, (en marchandises cl 
maritime), raïupe de la ma- 
rine. 

Garrisson-Vienne ( en marchan- 
dises el maritime), rue delà 
Marine, pavillon des ollicicrs. 

Gentili (en mardiandises et lua- 
ritime), r. de la Uévolution, 2. 

Guyon-Vernicr (en marchandi- 
ses), rue d'Orléan.'j, 15. 
51. 



-400 ADRESSES. 

Jusscraud (en marchandises) , rue 
et impasse Doria, 40. 

Kulmann (en marckandises et 
maritime), rue Bleue, 5. 

Lubrano (maritime), rue de la 
Marine, 2. 

Martin (en marchandises et ma- 
rilirae), rue de la Marine. 

Meyier (en marchandises), rue 
Bab-el-Oued, 225. 

Mottet (en marchandises), rue du 
Vinaigre, 20. 

Olive (en marchandises et mari- 
lime), rue d'Orléans , 76. 

Oualid (Jacob), (en marchandises 
et maritime), rue Casbah, 44. 

Roustan (en marchandises), rue 
Rovigo, maison Picot. 

Trêves (maritime), rue de la Ma- 
rine, 117. 

Vernicr (maritime), rue de la Ma- 
rine, 117. 

C.oatellers. 

Burchall, rue Bab-el-Oued. 
Laomard, rue Bab-el-Oucd. 
Pendariès, rue Juba. 
Kibaud, rue Bal-jl-Oued, mai- 
son Compertz. 
Sylvcitre, rue Bab-el-Oued. 
Vialet, rue Jenné. 

CoatorlftreB. 



Berlon, rue de Chartres. 
Bergcron, ruo de Chartres. 
CarcBSsonnc, rucBab-A/.oun. 
Latrô, galerie Duchassaing. 
Jean (Sœors), rue de la Révolu- 
tion. 

DCRraimieurK. 
Bnugcnier, rue Doria. 



Camînade, rue de l'Êtat-Major. 
Clair, rue de la Révolution. 
Dépinoy, rue Médée. 
Douillon, rue Traversière. 
Gabert, rue Nenve-Jénina. 
Girard, rue de l'Intendance. 
Roslaing, rue de TÉtat-Major. 
Serva (Jean), rue Doria. 
Serva (Pierre), rue de Tanger. 

DentlBtes. 

Audibran, rue de la Marine, mai- 
son Bisary. 

Demolins, rue et impasse Philip- 
pe. 

Dessinateurs en broderies. 

Petit, rue Jénina. 
Ventre, rue de Chartres , maison 
des Bains. 

Doreurs miroitiers. 

Alary, rued'Isly. 

Draps. 

Voir tissus. 



Droguistes. 

Bourgoin, rue de Tourville. 
Durand, rue de, Tourville. 
Rougicr, rue de Chartres. 
Fassina (Eliaou), rue de Nemours, 

61. 
Fitoussi (Eliaou), impasse René- 

Caillé. 
Jonathan (Jonas-Cohcn), rue do 

la Flèche, 45. 
Scxor, rue du Laurier. 
Eaux gazeuses. 

Dcymo cl Dcnelie, rue du Lau- 
rier. 



ADRESSES. 



491 



Thomas (successeur de Dardoul), 
rue de la Charte. 

Eclairage. 

Bouffey, rue do la Giraffe. 
Koqucs , rue Bab-Azouu , maison 
Calala. 

EDtreprcneurs. 

Alata, rue des Dattes, 10. 

Arnoux (travaux publics), i TA- 
gha. 

Battu (de terrassements], rue 
disly. 

Bisch et Mâcher (de charpente), 
rue d'isly. 

Borel Vivier (travaux publics). 

Boulerand (travaux publics). 

Bourand (de) (de terrassements), 
rue de Nemours. 

Bourg, rue des Trois-Couleurs, 
bazar Salvandy. 

Denier, rue Navarin , 41. 

Dessoliers (menuiserie), rue 
d'Aumale. 

Duc (menuisier), rue de la Cas- 
bah, 44. 

Kak/.anouski (travaux publics). 

Lacoiiibe, rue des Trois-Cou- 
leurs, 25. 

Liegos et Lecharlier, rue Moga- 
dor, ancienne maison Rocas. 

Martinelli, rue Neuve-Jénina, 6. 

Mogeniez, rue d'Orléans , 6. 

Picon, rue d'Orléans, 80. 

Sardi ffrères), rue Lalahoum, 2. 

Solari, à Birraendraïs. 

Vauzaugcs, (de terrassements du 
génie), rue Bub-el-Oucd, 2;^5. 



Uulrepreneurs de transports. 

Couput et Sarlande, faubourg 

Bab-el-Oued. 
Carbonel, rue Philippe, 18. 
Crozet, rue llovigo. 
Sauliëres, rue de la Charte, 51. 

Epiciers. 

André, rue des Consuls. 

Astruc, rue de Chartres , maison 
Castclli. 

Aubert , rue d'isly. 

Bellon fils, rue de Chartres. 

Bon, rue Bab-el-Oued, maison 
Parodi. 

Bûche , rue Bab-Azouo, 62. 

Cormier, rue Bab-Azoun. 

Chanut , rue de Chartres , maison 
Qoenel. 

Carenténe, rue de Chartres, mai- 
son Castelli. 

Clément , rue de Tanger. 

Darmont. rue du Divan. 

Deschamps, rue du Laurier. 

Dussap, place de Chartres , mai- 
son Benhaim. 

IlcrempforI, place de Chartres,22. 

Ferrer, rue Boulin. 

Fidèle, rue des Trois-Couleurs. 

Gilles, rue Bab-Azoun. 

Girard, rue des Consuls. 

Guibcrt, rue du Lézard. 

Imbert , rue Bab-Azoun. 

Jauflrey (veuve), place de Char- 
tres , maison Pourriëre. 

Jaobert , rue Mahon. 

lourde, place de Chartres , mai- 
son Choppin. 

Lclellier, route de l'Agha. 

Marliriet , rue de la Marine. 



49-2 



ADRESSES. 



Mollef, rue Bab-el-Uued, maison 
Parodi. 

Mouton, rue Bab-Azonn. 

Niel , rue Bab-el-Oued. 

Prudhomme place de la Pêche- 
rie. 

ReyforI, rue de Chartres. 

lleynier, rue de Tanger, place 
du Carrefour. 

Villart, rue Médée. 

Vallcl, rue de l'Hydre. 

Equipement militaire 

Léonard (dame), rae de la Mari- 
ne, maison Carron. 

S6be et Viguicr rue Bab-el Oued, 
119. 

Lstampes (marchand d';. 

Calanca, rue Bab-Azoun, maison 
Choppin. 

Facteurs de pianos. 
PcDsolli, rue de l'Arc. 
Farines et grains. 

Canlini, rue du Lézard, 87. 

Couette, rue dlsly. 

Uurbec, rue Annibal. 

Finot, rue des Consuls. 

llouguel, rue Boulin. 

Médioui (Braham), impasse du 

Caftan, 12. 
Olivier nis aîné, rue du Cheval, 

18. 
Orlila, rue do Chartres. 
Tores ,. rue d'i^^.ézard. 
Zcnovardo, ruedu l^ézard 
/ygumala, rue de la Licorne. 
VaymcfP rt l»orceialneii. 

Renard, rnc Duqucsne. 
lU'huiinc, rue Bab-A/oun. 



Gaillard (veuve), rueNeuvc-Jéni" 
na. 

Greck, rue Porte-Neuve et place 
do la Pêcherie. 

Jouve, place de Chartres. 

Sabateau, place de Chartres, 
maison Choppin. 

Toc!\, (veuve), rue Bab-el-Oued.. 

Trevillac (entrepôt des porcelai- 
nes de Bordeaux), rue de Tan- 
ger, 11. 

Fers en gros. 

Fourchon frères, rue dTsly. 

lloskiœr (dépôt cl magasin), rue 
dOrléans. 

AYarol et Semel, rue d'Isly. 

Ferblantiers. 

Amies, rue de la Casbah. 

Bourgoin, rue Bab-Azoun. 

Bouyet, roule de TAgha. 

Lalil. rue Bab-Azoun, maison 
Alphan. 

Minor, rue Mahon, maison Pa- 
rodi. 

Mourct, faoLH)nrg Bab-A7«un. 

Nonasvcrt, rue Bab-Azoun. 

Robert, rue Bab-el-Oued. 

Scher, rue Charics-Oui'tt. i'- 

Sérail, rue Bab-cl-Oucd. 

Fondeurs de niiUnux. 

Casicibon, faub. Bab-el-Oued. 
Schiollins, faub. BabAzoun. 

Fondeurs de suif. 

Descamps, rue du Laurier, 11. 

FromnKCH ( marrliniMls de ) 

Bcllon, rue de Chartres, 27. 
I/aloiitan, rue de l'Aigle, :i:L 



Ai>Ki: 

Maillcl, rue Bab-el-Oued. 
Mercenaro, rue Ncuve-Jénina. 

Gaz liydro^i'ne. 
Bouffé fils, rue de la Giraffc. 
Uoberl, rue Bab-el-Oued. 

Glarlère. 
Sillercx, rue des Consuls, î>. 

Graveurs et opllciens. 
Lesucur, ruc\euvc-Jénina, 2. 
Pague, galerie Duchassaing. 
Pinard, rue Bab-Azoun. 
Bicot, rue Bab-el-tKied, maison 
Melchior. 

ilubilleiiien ts confectionnés. 

Dumns, rue Bab-el-0»ed. 

Daupliin, rue Bab-A/uun. 

Durand, rue Bab-Azoi)n. 

Gaudel, rucMabon. 

Lambert, rue Bab-Azoun. 

Larade, rue Cléopàlre, maison 
Lalour-du-Pin. 

Bondel, rue Cléopàtrc, sous l'hô- 
tel de la Régence. 

Vidal , rue Bab-Azoun. 

Ilorlogers, 

Allemand, rue Bab-Azoun. 
Buscarlcl, rue Duqivcsne, 1. 
Cacbol, rue Uovigo. 
Cliovin, rue Jénina. 
Frederick, place Royale, maison 

Latour-du-Pin. 
Tiunlhcr, roule de TAgha. 
Ilindenlang, rue Cléopàtrc. 
Homo, rue Bab-Azoun, maison 

Choppin. 
Morisot , rue du Soudan. 
Mouron, rue Kab el-Oued. 
Olivier, rue Bab-cI-Ouod. 



«SES. 



41)5 



Pinard, rue B;d)-Az(Mjn. 
Ravoux, rue Cléopàlre, maison 

I^atour-du-Pin. 
Ulisse (veuve), place de Cha^rluçs, 

maison Simon. 

Horticulteurs. 

Bouchon, rue Bab-.Azoun, G2. 
Téloup, rue Bab-Azoun. 

Hôtels principaux. 

Bains français (des), Barainc, rue 

du Soudan. 
Belvcder (du),Fieux cl Raspilaire, 

rue des Trois-Couleura. 
Belle-Italie (de la), Chaplain, rue 

du Lézartl. 
Charle (delà;, Salacho, rue de la 

Cbarle. 
Commerce (du), Croco (vcuyc), 

rue Bab-el-Oued. 
Colonie (de la). Lions, rue de 

Chartres. 
Couronne (de la), rueTravcrsicre. 
Duquesne, Perré, rue Duquesne 
France (de), Mourgues , rue du 

Soudan. 
Frères Provençaux (des), Sauvai- 

re, rue Philippe. 
Globe (du), Plaisant, rue de 

Chartres. 
Gouvernement (du), Guibard, 

(veuve), place Royale. 
Grand-Valel (du), SauvaiiQ et 

Alézard, rue Bab-el-Oued. 
Inlendance (de T), Aslriic, rue 

Bruce, 
llalic (d"), Berthillot, rue des 

Trois-Coulours. 
I.ion-d'Or (du^, Badani, rue Bal^- 

el Oued. 



494 



ADUESSES. 



Marine (de la), Giraud (Marius), 
rue Bab-el-Oued. 

Midi (du), Giraud (Victor), rue 
Mahon. 

Orient (d'), Genouvier et Grisol- 
le, rue de la Marine. 

Paris (grand hôtel de), Carbillet, 
rue de la Charte. 

Palais-Royal (du). Frison, rue de 
la Marine, maison Hachette. 

Pcrigord (du), Delormc, place de 
Pêcherie. 

Porte de France (de la), Musla- 
pha-blili-Kellil , ruo des Con- 
suls. 

Régence (de la), Mazèrc, place 

Royale. 

Richelieu (de). Chauvin, rue de 
la Flèche. 

Rouen (de), Lapicrrc, rue des 
Trois-Couleurs. 

Temple (du), Mouton, rue de 
Chartres. 

Imprlmcum-Typograpbes. 

Bastide, place Royale. 
Bourget, rue Sainte. 
Hestel , place du Soudan. 
LilbograplicH. 

Bastide, place Royale. 
Bouycr, rue de la Marine. 
Philippe (madame), ruo Bab- 

Azoun. 

InKtrumriitN <Ic niuHlqne. 
(înulard, rue Malioii, 21. 
Lulil, rue Buh-A/,i)un, maison 

Alpban. 

Joarnaui. 
ùihbar , Ilc8ii;n6 pour le» annon- 



ces légales de la province d'AN 
ger, paraissant les dimanche, 
mardi et jeudi de chaque 
semaine. M. Bourget, rue 
Sainte, maison Benhaim. 

Brûlot de la Méditerranée, parais- 
sant les dimanche et jeudi. — 
M. Perchain, directeur, ruede 
la Marine, maison Bisary. 

Moniteur algérien, à 1 imprimerie 
du Gouvernement, journal otli- 
ciel , paraissant tous les cinq 
jours, rue Jénina, 39. 

Mobacher, Direction centrale des 
affaires arabes, rue des Garam- 
tes, paraissant tous les 15 jours. 

Libraires. 

Bastide (éditeur) , place Royale, 

maison Warot et Scmel. 
Bernard, rue Bab-el-Oued, 119. 
Dubos frèrcset Marest (éditeurs). 

rue Bab-Azoun. 
Fieschi, rue Bruce. 
Hachette et C'«, (gérantM.Bestel), 

rue de la Marine, 117. 
Philippe (madame), rue Bab-- 

Azoun. 

Llnff^re*. 

Artaud, rue Traversière. 
Chainpoval , rue Philippe. 
Charme, rue de la Marine. 
I.avairc, rue Boutin. 
Morel , rue Philippe. 

LoffCurH. 

Borelly, ruede la Casbah. 
Kavignc, rue Sci|iion. 
Mcrcuiicr, rue de la Marine. 



ADUËSSES. 



49j 



l.utblers. 

Boycr, rue Cléopàtre. 
Gaulard, rue Mahon. 
Latil, rue Bab-Azoun, maison 
Alphan. 

Marbriers- Scupltcars. 

Arnaud, rue Navarin, 15. 
Brasqui, rue Philippe. 
Caffagi , rue du Lézard. 
Demorlière, rue Boulin , 55. 
Fulconis, rue d'Orléans, 20. 
Salomon, rue Bélisaire. 
Taraiel, rue d'isly. 
Ventura, rue Philippe. 

Médecins. 

Andréini, rue Bab-Azoun. 

Barbier, rue Jean-Barl, 10. 

Bodichon, rue de la Marine , mai- 
son Bisarry. 

Bosio , ruo Navarin , 15. 

Boucher, rue Bab-Azoun. 

Bureau, à Kouba. 

Cabrol, rue Bab-Azoun , maison 
Calala. 

Camps fWs , rue do Tourville, 20. 

Camps père, rue du Vinaigre, 20. 

Clapier, rue Boulin, 17. 

Dclachanlerie, rue Doria, 10. 

De Grand-Boulogne, rue Bab- 
Azoun, maison Calala. 

Dodelet, rue Bugeaud, 1. 

Dru , rue Scipion, 13. 

Ekell , rue de Charlrcs. 

Fave, rue Bab-Azoun, maison 
Simon. 

Foley, rue Mahon, maison La- 
tour-du-Pin. 

Granier, rue Cléopàtre, 4. 

Iluef, place du Carrefour, maison 



Pou lord. 

Léonard, rue de la Marine, 4 

Magail , rue Jénina , 2. 

Malle, rue Mahon, 51. 

Martin , rue Boulin , 55. 

Méardi , rue du 14 Juin. 

Melciond'Arc , rue des Sauterel- 
les. 

Mellet, rue du Soudan. 

Méquignon, rue de la Flèche, 
maison Meyer. 

Miguerès, rue de la Charte. 

Morin, rued'Ammon, 1. 

Moll , rue du Lézard. 

Négrin , rue Boulin. 

Paslori, rue Duquesne. 

Pastureau , rue du Cheval, 11. 

Semanas , rue Bab-el -Oued, 113. 

Trolliel (médecin en chef de Phô- 
pilal civil), galerie Duchassaing 

TroUiet neveu , galerie Duchas- 
saing. 

Wolters, rue Philippe, 47. 

Uenuisiers. 

Ansot, rue d'Orléans. 

Bisch et Mâcher, rue du Mulet. 

Bonhomme, rue du Vinaigre. 

Castenola, rue des Trois-Cou- 
leurs. 

Capdeville , rue de Tanger. 

Dehaye, rue del'Élat-Major. 

Dehaye, rue du Lézard. 

Doreillant, rue Soggemah, 20. 

Ferrand, rue Bovigo. 

Hérouf et C'«, rue Babel-Oued. 

Lamouroux, rue du Chêne. 

Millot et Trécat, rue de la Cas- 
bah. 

Malhcy, faub. Bab-Azoun. 



-i9() 



ADUESSES. 



Marlitic, rue Piiilippc». 
Marin, rue <lu Laurier. 
Pa ravis, rue Boulin. 
Revert, ruelîab-el-Oucd. 
llousel, rue de l'Intendance. 
Steiïer, rue Jénina. 
Salique, rue de la Charte. 
Horgues, rue Rovigo. 
Merciers. 

Bernard el compagnie, rue Bab- 
Azoun, maison Cataia. 

Daniel fils, rue du Chêne. 

Descheneau , rue de Chartres. 

Dufourc, rue Bab-Azoun, mai- 
son Simon. 

Fauveau , rue Bab-el-Oued. 

Giraud, rue Traversière, 4. 

Honoré, rue Jénina , 4. 

Julien, rue Mahon, maison du 
café de France. 

Jourdan , rue Bab-Azoun, mai- 
sou (Cataia. 

Marchis , place Cléopatre, mai- 
son Lalonr-du-Pin. 

Pclzol , rue Bab-Azoun, maison 
l^atour-du-Pin. 

Ventre, rue Bab-Bzoun, maison 
Calala. 

McssaRerles. 

Chazal, place Royale, sous Phor- 

logc. 
Roland (dépêches pour Blidah), 

place de la Pêcherie. 
ModiHtc». 
Biava, rue Bab-Azoun, prés l'ho- 

pilal civil. 
Berlhon, rue d'.Ammon. 
Cadaul, escalier île Cliarlrcs, 

maison Pourrière. 



Champcval, rue Philippe, 47. 
GiacomclH ( ilemoiselles) , rue 

Bab-Azoun. 
Kakzanowski, place Royale, sous 

l'hôtel du Gouvernement. 
Latrô (successeu r de mademoi- 
selle Dezavelle), galerie Du- 

chassaing. 
Pages (madame), rue d'Orléans, 

40. 
Paravis , rue Bab-el Oued, mgi- 

son Auger. 
Philibert, rue Bab-el-Oued. 
Victorine (mademoiselle) , rue 

Bab-Azoun. 

Nuliiralistos. 
Bouchon, rue Bab-Azoun, G2. 
Nôgocinnts. 

Adam, passage Marlinelli , < . ■ 

Airelles etC'" (entrepôt général), 
rue du Comnierce , < ï. 

Alphandcri aine el cadet , rue de 
la Licorne, 1 . 

Arjosse, rue Boutin, 7. 

Arnaud Long, rue d'Isly. 

Aubanel et Martin, rue des Nu- 
mides , 4.' 

Auguste (.Antoine), rue du Chê- 
ne, 28. 

Bal lard cl C'« , rue Bab-el-Oucd, 
21. 

Barroil , rue des Consuls , (i2. 

Barry, rue de la Révolu lion. 2. 

Barthélémy el C'", passage Mar 
liuetti , 1. 

Benslulaii, rue Porte Neuve, 12"). 

Berlholon, rue Rovigo, maison 
Targues. 



Al)Ui:SSK5. 



Vl>7 



Kiga pK'Jjarppiitier, rup du Qua- 
lor/.e-Juiii, 5.1. 

«illi, rue Chaiies-Ouint, '2. 

nissuel. Fort et conip», rue Bou- 
lin, 23. 

Boulangor, ruo de Tanger, 6. 

liourland, carrefour de Tanger, 
route de Mustapha. ' 

Bounevialle (Casimir) etcomp*^, 
rue des Consuls, 81. 

Hournichon, rue Philippe, 16. 

Bournat et Routnieu, rue et im- 
passe Navarin. 

Broyton (Bernard), rue desTrois- 
Couleurs, 45. 

Brun, rue Doria. 

Cohen (Joseph), place de Char- 
tres, bazar Manlout. 

Coin-Julien , rue Bab-el-Oued , 
maison Agaythan. 

Col (Louis), rue du Lézard, 87. 

Crozal et Fleury, rue d'Isly, mai- 
son Méarig. 

Croset frères, rue Kovigo, maison 
Picot. 

Curlet jeune et comp% ru« Jèni- 
na, 8. 

Doer et Nagel, rue Bab-eî-Oued , 
270. 

Darluc, rue d'Isly, maison Che- 
viron. 

Dauguet père et fils, r. Boulin, 22. 

Dazol et Nalin, rue du Chône, 15. 

Daigrc et Buvet, rue Joinville. 

Dclechamp, rue Mogador, maison 

Chevirou. 
Delsol, rue Bab-el-Oued, 217. 
Deruty, rue llovigo , café Mar- 
seillais. 



Desinoyers aîné, rue Kovi-^o, «•ah* 
Marseillais. 

Dubreuilet romp*', rue d'Orléans, 
55. 

Duvalet. rue de la Charte, 47. 

Duzaud, rue Jénina, (>. 

Durullé, rue Cilali, 16. 

D'Kguilleet Gallian.r. Duquesne. 

Eynaud (Louis), rue de la Licor- 
ne, 12. 

Eustachc, rue de Chartres, 121. 

Eygreet Krousscl.r. d'Orléan8,4, 

Fabre (Jean), rue des Consuls. 

Finaul cadet, rue d'Orléans. 

Florol, rue Mabon, 14. 

Forlin-dTvry, rue Hovigo, mai- 
son Torgue. 

Fourchon frères, rue Rovigo. 

Fubert (Théodore), rue Duques- 
ne, 1. 

Gauzin, rue de la Lyre, 78. 

riaubertaîné,r.Bab-el-Oued.22o. 

(ièraVd, rue Lalahoum, 2. 

(ieyier, faubourg Bab-el-Oued. 

(limbcrt. rue d'Orléans, 78. 

Ciurlando, ditCiiuseppe, rue Re- 
naud. 

Coffre fils, rue Boulin, 35. 

(lOnellc fils, rue de la Marine. 

Ciruis, rueÇuquesne, 67. 

Guliam, rue Boulin, 23. 

Holz, rue des Consuls, 43. 

Hoskiœr, passage Gaillot. rue des 
Consuls. 

Hall fils, rue Mahon. 51. 

Hément, rue Sainte, 4. 

Henriond, place de Chartres ,ba- 
zar Ma n ton t. 

Imbert (Jules), rue Bab-cl-Oued. 

:i2 



498 



ADRKSSKS. 



Jauberl, rue Mahon,21. 
Kobel. rue Jénina, 6. 
Kolb, rue des Consuls, 40. 
Lacîise, rue Rovigo. 
Laeroust, 0. ^, r. Porle-Neuvc. 
Laporle, rue d'Isly. , 
Laya, rue des Consuls, 5. 
Lazerges, rue de Tourville. 
Lebeau, rue du Commerce, 1. 
Lebrun (Gustave), rue Scipion, 2. 
Lécha!, rue Jénina, 7. 
Lejeune, rue Philippe, 1. 
Léo, rue de la Lyre. 
Lépine, rue Duquesne. i . 
Lechesne. rue Rovigo, maison Sa- 
voureux. 
Letellier, rue du Cafelan, bazar 

Narboni. 
Lyon (Joseph), rue du Cafelan, 

bazar Narboni. 
Lucc, rue Rovigo. 
Luxardo (veuve) , rue do Lala- 

houm, 27. 
Marron, rue Jaubert, 10. 
Malliotguy frères, rue Bab-el- 

Oued, 314. 
Manuel cl Ness, place de Char- 
tres, bazar Manlout. 
Maringuy, rue d'Orléans, GO. 
Mathieu (Félix), rue Jénina, 1. 
.Ménager, rue Ougoaud. 
Mcyer, place .Mahun , maison 

Warot et Sernel. 
Monjo, ruo de Lalahoum, 27. 
Morra (dépôt de gages), rue IJab- 

cl-0ucd,2ol. 
Morra, rue du Divan, oJ. 
MouhKeler, rue Kniilin, 22. 
Mulinar, rue Duqursue. 



.Vigin, rue d'I^ly à l'angle de la 

rue du Coq. 
Obizt, rue Brémontier, 2. 
Paganol, ruo Renaud, 8. 
Paul (Louis), rueCilati. 
Philippe, rue lîugeaud. 
Pic, rue des Consuls. 
Poitevin, rue du Laurier, 11. 
Pougel, rue d'Isly, maison Tali- 

chel. 
Poulharies, rue du Commerce. 
Poyet et Courly, r. Navarin , 3G. 
Ravaud,r.desïrois-Coulcurs,85. 
Rayssac et Sainigis, r. desTrois- 

Couleurs, 77. 
Reggio frères, r. do Tourville^ 7. 
Richeux, rueBab-el-Oued. 
Ricken, rue Jénina, 1. 
Roche, rue Mahon, 14. 
Saint-Jean (de) et compS rue Re- 
naud, 8. 
Sandraly, rue du Cafelan, maison 

Narboni. 
Sebenq, rue d'Orléans, 37. 
Sedille, rue Duquesne, ol. 
Seliman, rue du Lé/ard, 52. 
Solhaune, rue Bugeaud, maison 

Ronquetli. 
Sicard, rue la Bévolulion, G9. 
Suquel frères, rue d'Orléans, G, 
Suusinon, rue Bruce, 21. 
Sadia, rue Bruce, 21. 
Tonnellicr, rue de Tanger. 
Toubiana, rue des Consuls. 
Torcille, rue Boulin, 5!). 
I rollicr, r. de rtUat-Major, 50. 
Valcncin Sadia-Lévy et compag"^, 

rue Bruce. 
Vial, rue Jénina. I. 



A UK ESSES. 



499 



V'idiiilloii, rue de Tanger, 11. 
V'idjil, rue d'Orléans, 17. 
Vigoureux, rue Jénina, oH. 
Wals, ruel{al)-cl-Oucd. 
V^ols, rue Philippe, 45. 
Zigoinala , rue de la Licorne, 10. 

Nouveautés et Tissus. 

Ablair. place de Chartres. 

Ayasse, rue Boulin. 

André fils e( Pourlauhorde, rue 

Bab-Azoun, galerie Duchas- 

saing. 
Bêiard (Auguste) , rue Bab-el- 

Oued, maison Auger. 
Boiincl, place Uoyale. 
Bouchara frères, impasse de la 

Lyre. 
Callen, rue Médùe. 
Cazcs, rue Médée, i. 
Chapuis, rue Bab-Azoun, maison 

Simon. 
Charpenlior, rue Boulin, 55. 
Cohen (Elic), place de Chartres, 

maison Manlout. 
Collin, rue Bab-Azjaun, maison 

Viallard. 
Croizc, place de Chartres, 
(^hemouu (Aaron-ben), rue de la 

Taverne. 
Concile (Moïse), rue Bab-A/.oun, 

maison Chappuis. 
David, rue Joinville. 
Desarbres, rue Duchône, 54. 
Dufourc, rue Bab-A/oun. 
Dupuis, place de Chartres. 
Etienne, rue Bab-Azoun, mai- 
son Catala. 
Fourquemin, rue Médée. 



Gay, rue de Chartres, 
(iompcrtz, rue de la Licorne. 
<iranger et Joly. rue de la Ma- 
rine, maison Béci. 
Kesner (David), rue de Chartres, 

maison Choppin. 
Ivoulah (Asscn-ben), rue de la 
Casbah, 258. 

Lebrun, rue Bab-Azoun. 

Lévi, rue Bab-Azoun. 

Lcpinay. rue des Trois Cou- 
leurs, 41. 

Masson (dames), place Royale, 
hôtel Lalour-du-Pin. 

Moulier, place de Chartres. 

Moati ( Aaron Saloruon ) , rue 
Slaouëli, 25. 

Moali (Joseph), r. Soggemah, 31 . 

Oualid (Elie), rue Pompée, 6. 

Parraige frères, rue Bab-el- 
Oued, G. 

Pages, rue de la Charte. 

Bich, Mohammed, rue Sidney- 
Smitl, 9. 

Sadiai rue de la Bévolulion. 

Serpenlié, rue de la Marine, 
maison (joncllc. 

Sesporles, impasse Pomj)6e, 42. 

Solal, (Haïm Cohen), rue Jé- 
nina, 3. 

Slora (Abraham), r. Médée, IH. 

Timermann, place de Chartres. 

Trinquera frères, r. Porte-Neuve. 

Toubiana (Lazare), impasse Sidi- 
Legal, 14. 

Upticieiis. 

Bonnonze, rue Mahon. 
Paguc, gj'lcrie Duchassaing. 



500 



ADRESSES. 



Ricot, rue Bab-cl-Oued. 
Orucincnts dliKlisc 

Bernard, rue Bab-el-Oued. 
Laroque, rue du Divan. 
Laurent, rue du Divan. 

Papetiers. 

I^ouilet , rue de la Rcvolulion , 

41. 
liuuyer, rue de la Marine, maison 

Fidel, 
(luende, rue Philippe, 59. 
Legendre, rue de la Uévolulion. 

Parapluies cl Parasols (Marcli. de) 

Arles, rue de Chartres, maison 

Sl-Guillaunip. 
Belion, rue de Chartres. 
Hihaux, rue Bab-cl-Oued, mai.sui) 

Gomperlz. 

PaKocmcntirrs. 

Duchesne, rue Bruce. 
Thumerelle , place de Chartres , 

maison Choppin. 
Sebe et Viguier, rue Bab el-Oued. 
SoloI, bazar d'Orléans. 
Léonard (dame), rue la Marine. 

PdtlHsIerK. 

Rruel, rue Mahon, maison I^arodi. 
Lary et Salan, rue Bab-Azoun, 

maison Branlhomme. 
Motard, rue Bab-Azuun, nuisoi» 

Kéci. 
Orlila. rue Bab-c'-Oiird. 

Prliilrerl MarrliaiiiN ilr (Couleur*. 

Andrr. rue de Tan^^cr. 
Bcranl, rue dr l'an^iT, Ij. 



Bazzuri, rue Cilati. 

Bouzon, rue de Tanger, maison 

Ferrand. 
Bourgoin, rue de Tourville. 
Darme, rue la Révolution. 57. 
Final et Delahaie, r«ie Duchesne. 
Journo, rue de Chartres. 
Gouet, rue Sainte. 
Martinetli , rue des Trois-Cou- 

ieurs. 

Pensionnat de Jeunes Demoiselles. 

Armand, rue de la Révolution. 
Conqui, rue Boutin. 
Dasinière, rue Bab-el-Oued. 
Duparc (la vicomtesse), athénée 

des familles, rue de l'Ètal-Ma- 

jor. 
Foin, rue d'Isly, maison Cheu- 

dron. 
Ilartoch (demoiselles) , je;mcs lilles 

Israélites, rue Duquesne. 
Luce , jeunes lilles musulmanes, 

rue Regnard, 10. 
Martin, rue Renaud, 2. 
Rivière, rue des Consuls, 5. 
Wittcrsheim, rue des Lotophagcs. 

Pensionnat de Garçons. 

Abadie, rue Philippe. 
Augagnciix, rue du Quatorze-Juin, 

•22. 
Becat, rue Soggemah. 
Espa, rue du Chêne. 
Laurent, rue Bab-Azoun, maison 

Desjardin. 
Machuel, rue d'Orléans. 
Malin, rue de 'l'angrT. 
Simon, rue Boutin, 17. 
PeplnierlAlrHrlniai'<*liiiiiil<t<lrmMlii« 
riiéliMix, place du (iouvrrnrniciil. 



ADHKSSES. 



501 



PliariiiaciciiK 

Alcanlara, rue Bab-Azoun, 182. 

Bazire, rue Bab-Azoun, maison 
F^acassagne. 

Bordo, rue Babel-Oued. 

Deler, rue Bab-Azoun , maison 
Defrance. 

Desvignes (et profhnts chimiques), 
rue Bab-Azoun, maison Ai- 
phand. 

Duciiing, rue Bab-el-Oued. 

Dnpaillc, rue Bab-el-Oued. 

Freud, à lAgha. 

(lalaiigau. rue de Chartres. 

Guénet, rue d'Isly. 

Isnardi, rue Bab-Azoun, maison 
Récy. 

Lay, rue des Consuls, C2. 

Malapiata, rue Mahon. 

Marine, rue du Lézard, 

Marlel, place de Chartres, maison 
Fourrière. 

Marsan, rue Bab-el-Oued, maison 
Parodi. 

Sarrazin, place de Chartres, mai- 
son Queue). 

Simonnet frères, rue de la Ma- 
rine. 

Tizon, rue Bab-Azoun , maison 
l.épine. 

Vidol, rue Philippe. 

Pompe»* (Fabricant» de) 

De Mongodin, rue d'Jsly. 
Renaud, rue d'Isly. 

Porcelaines (Voir Fayeucc 
ProfeSM'urs de Muhiqnr 

Boyer, rue Bab-Azoun. 
Tuilury. 



Peintres 

Aubcrt (dame), portraits, rue <lc 
l'Arc. 

Delornie, portraits, mignatures. 
place de la Pêcherie, hùlel du 
Périgor»!. 

Liogier, histoire et portraits, rue 
Porlencuve. 

Pastureau, portraits, rue du che- 
val, 11. 

Vachcrot, histoire et portraits, rue 
de la Charte. 

Pbotograplie». 

Louis, épreuves miniatures colo- 
riées , rue d'Orléans , maison 
Gonnet. 

Dclleniolte, rue de i'Etal-Major. 

Quiucaillierii. 

Anglas et Sicard, rue Palma, 4. 
Berton et Vautier, rue Bab-Azoun, 

maison Bo^er. 
Caménich, rue Bab-Azoun, maison 

Keci. 
Chich , mayer , rue et impasse 

Blondel. 
Cœur de Boi, rue de la Marine. 
Dulour, Firmin, rue Bab-cl-Oued, 
Dufourc, rue Bab-Azoun, maison 

Simon. 
Faure, rue Bab-el-Oued, maison 

Parodi. 
Fevre cl Vallal, rue Bab-Azoun. 
(îabriel, rue de la Marine. 
Galas, rue de Chartres. 
Girondcl, rue d'Isly. 
(îroiidarl, nie du Chérie. 
l.flèvrf.Sryr il, Péchiiié clcomii'. 

rue de la Marine. 



502 



ADKESSKS. 



Lcoti ■Moïse), me B.ih-Azouii. 

Moali, S»loinoii, rueiles Dalles, 7. 

Olivier, rue «les Consuls. 

Philibert, nie Bab-Azoun, mai- 
son Desjardin. 

Robinol-Berlranil, rue Bab-Azoun, 
maison Desjardins. 

Rousseau-Perardel , rue Bab-el- 
Oiied, maison Melchior. 

Ralhionville, rue Bab-Azoun, G2. 

Bevest et Aubran, rue Bab-el- 
Oued, maison Parodi. 

Samat, rue de Chartres. 

Solal, bazar d'Orléans. 

Restaurateurs. 

Alezard el Sauvère. au Grand- 
Vatel, rue Bab-el-Oued. 

Berlliillol, rue des Trois-Coulcurs, 
43. 

Chauvel, rue <le la Bévolulion, 28. 

Giraud, rue de In Marine. 

RAtlH^enrii. 

Taravest, rue des Trois-Coulcurs. 

SaR(>8-Fcmuu*K 

Antoni, rue Mabon. 

Aziés, rue de (Chartres. 

Arnaud, rue d'Isly. 

<^.haunie, rue du Lézard. 

(>«)ck. 

Deroud, rue do la Marine, mai.^on 

Bisarry. 
Durieux, plare Bab-Azoun. 
<iiomcau, rue des Consuls. 
Jiervin, rue Malion, maison l,a- 

tour-du-Pin. 
Krll«Mi«T, rue dp Tanger. 
Larrui», faidiourg Bab-A/oun. 
La^rcnuclu', rue d'Isly. 



F.yon. rue du Divan. 
.\ury, rue de la Marine. 
Philibert, rue de Chartres. 
Houx, rue Bab-Azoun. 
Sage, rue Bruce. 
Sanitoyant, rue de Tourville. 
Tracol, rue Bosa. 

Sangftiues. 

Cazo, rue du Cafetati. 
Pastory, rue Bab-Azoun, escalier 
de Chartres. 

Sel (Marchands eu gros). 

B'^del, dépôt des Salines d'Arzew, 

nie du laurier. 
NVals, rue Bab-cl-Oucd. 

Selliers 

Banchelin. rue Bab-Azo>in, mai- 
son l.afon. 

Exameulin, rue Mahon. 

Forest et Boulanger, rue Bab-el- 
Oued. 

Mâcher, rue Bab-Azoun, sous 
l'hôpital civil. 

Osteerlac, rue Bab-Azoun. 

Wcys, rue Bab-.'\z(UHi, «>0. 
Serruriers, Jiecanldeus. 

Auguisieri, rue du I>ézard. 
Bi'zaudun, rue Duquesnc. 
ISorpes, rue des Mulets. 
Casicibon , niécaiiicicn-foeidcur, 

faubourp Bab-el-Oiied, maison 

Mcti. 
Dolliac, rue d'Isly. 
Dauma.s, rue de la Casbah, 
ralconnel, intpasse Kalahoum. 
Gonssol, rue d'Orléans. 
Gracias, impasse du Soudan. 
Ilaull'man, rue des Mulets. 



ADHESSI-S. 



503 



Joliin, linil). llnb-ol-UueiI. rouit' 

dp l:i S;il|)élrièro. 
.lourdin, rue Hovigo. 
Krausse, nie d'Orléans, 
f.alond, rue Plii lippe. 
I>p(ioyen; rue Rovigo. 
î,(>joiiriP. |)lîice d'isly. 
Martin, er^trepreneur des travaux 

•iu génie, rue de l'Hydre. 
Orlila, rue Desaix. 
Pradel, rue du Commerce. 
Pons, ni'^ des Consuls. 
Rivière, me de Chartres. 
Sausal, rue de Chartres, maison 

David. 
Sérail, rue du commerce. 
Vaillant, imp. Stc-lMiilomône. 
Vergue et Colas, rue d'isly. 
Vicini, rue de la Fonderie. 

Tabacs (Fabricants et \Iarchan(U) 

Aillaud, rue llruce. 
Baissa, rue de la Marine. 
Rasignano et Levilain, rue Bab- 

.Azoun, maison Catala. 
Brignoli, rue Bib-Azoun, maison 

(^hoppin. 
Bouvier, rue de la Marine. 
Bernard, rue Bab-.\zuun, maison 

Boyer. 
Brun, rue Bab-el-Oued, maison 

Melchior. 
Caro, rue Bab-Azoun, maison 

Choppin. 
Corvino, rue Bab-el-Oued. 
Couchies, rue Bab-el-Oued. 
Denina, rue Bab-Azoun. 
Fabrcgas, rue de Chartres. 
Crasson (et débit de poudre), rue 

Bab-el-Oued. 
(jhisolli, rue Cléopàlre. 



I.amelel, rue Bab-Azoun. en face 

l'église. 
Mogor, rue Bab-el Oued. 
Navaro, rue de la Marine, 
Odon et Mage, hôtel de La Tour- 

du-Pin. 
Oliva, rue Bab-Azoun. 
Oinar, me de la Marine. 
Pallais, rue de Chartres. 
Uavan, rue des Trois-Couleurs. 
Rosalia, rue de la Alarinc 
Samuel, rue de la Marine. 
Sifrédi, rue Bab-el-Oued. 
Sanlana. rue Bab-el-Oued, 314. 
Sylvestre, rue de Chartres. 
Tuché (fabricant de labais), rue 

d'isly. 
Villa, rue de la Casbah. 

Tabletierh 

Estève, rue Bab-Azoun. 

Seckel, rue Mahon, hôtel I.a Tour- 

du-Pin. 
Solal, bazar d'Orléans. 

Tailleur!» 

.\llayrac, maison LaTour-du-Pin. 
Armagnac , rue de la Marine , 

maison Bisarry. 
Bouchard, rue des Trois-Couleurs. 
Bouisson, rue Bab-el-Oued. 
Cassaigne, rue Philippe. 
Clairac, passage Mantout. 
Cluseaud, rue du Soudan. 
David, rue Narboni. 
Degnels, rue Palma, 2. 
Deruytset Curol, rue Bab-Azoun. 
Ernewein, rue Bab-.\zuun. 
Falcon. 

Ferrand, rue Médée. 
Feinigia, rue Mahon. 



50i 



ADRESSES. 



(ieay, rue Jenné. 
Hebrarfl, rue CU-opalre. 
Lambert, nie Uab-Azoun. 
Larade, rue Mahon, maison La 

Tour-du-Piii. 
Blataran, rueJénina. 
Montpellier, rue Bab-Azouri. 
Ney, rue Mahon. 
Noi, place de Chartres, maison 

Pourrière. 
Pobeau, rue des Trois-Coulcurs. 
Hondel, maison La Tour-du-Pin. 
Servan , rue Bab-Aroun , maison 

Cal a la. 
Schilling, galerie Duchassaing. 
Timolhée. rue de Chartres. 
Toulouse, rue Citati, 14. 
Toussaint , escalier de Chartres , 

maison Pourrière. 

Tourneurs. 

Bernard, rue du Divan. 
Latreil, rue des Consuls, 62. 
Seckel, rue Mahon. 

Tir au Pistolet. 

Marguet, rue des Mulets. 

Tradueteum asHcrinenK^s. 

Attard , langue arabe , rue d'Or- 
léans, 34. 

Aupird, langue arabe, rue Ma- 
hon. 

Boltiau, langue italienne, rue i\c 
l'Intendance. 

Dcbeaurepaire , langue anglaise , 
rue Bruce. 

Ilolxalbc, langue allemande , rue 
d«'.« Consuls. 

Kirwan, langue arabe, rue Tour- 
villc, 2. 



kulmann , langue suédoise , rue 

d'Orléans, 2. 
Sansaric , langue espagnole, rue 

Bab-el-Oued. 
Tania, langue hébraïque, rue et 

impasse Philip[)e, 32. 

Tapissiers. 

Brives, rue des Trois-Couleurs, 

n" 43. 
('heviron, rue Philippe. 
Curel , place de Chartres. 
Duchéne, rue de l'Èlal-Major, 24. 
Finet, rue de l'Élat-Major, 35. 
Souslz, rue Philippe, 20. 
Thoulel, rue de la Marine. 
Vernet, rue Philippe. 

Vétérinaires. 

Albertin , rue Kovigo , maison 

Boules. 
Bouzen, rue Rovigo. 
Bonnis, rue Uovigo. 
Bouvier, rue Kovigo. 
Laforgue , rue Rovigo , maison 

Picot. 
Bodier, rue Bab-.\zoun. 
Théron, rue du Carrefour, maison 

Burlaud. 

Vins (Uarcliands de). 

Aaron, rue de Chartres. 
Auguste, rue de Tanger. 
Auniant, rue Porte-Neuve. 
Attard, rue de Chartres. 
Bagout (Philippe], rue du Divan. 
Ballem, rue de Chartres. 
Bernard (Léon), rue Mahon. 
Bernard (.lean), rue Bab-Azouii. 
Borg, rue de la Fonderie. 
Bruiietio, rue .\niiibal. 



AiUJKSSKS. 



505 



(',al,iri, rue Bab-cl-Oiied. 

(lamclicri, rue Casbah. 

Caruel, rue d'Isly. 

Castel, père cl (ils, place de Char- 
tres, maison Choppin. 

Chabricr, rue Bab-cl-Oued, mai- 
son Agaylhan. 

Ciellc fils, rue de la Marine. 

Cordouan, rue du Chêne. 

Courbicre, rue de la Révolution, 
30. 

Daigre, rue Joinville. 

Danguet, rue Boulin. 

Dezègo, roule de l'Aglia. 

Dehône, rue de Chartres. 

Desgruartz, rue de l'Elal-Major. 

Ducros, hùtel I.a Tourdu-Pin. 

DurafTdct, rue Cilali. 

Dubois, rue de la Uévolution. 

Duprez, rue du Rempart. 

Eygrel (Théodore), rue d'Orléans. 

Estevan, rue Bab-cI-Oued. 

Favory, lue d'Isly. 

François, rue de Tanger. 

Favier, route de l'Agha, 

Frechon, rue Médée. 

Fouque, rue de l'Aigle, maison 
Boyer. 

Favre, rue de Consuls. 

Garibaldi, rue Bab-el-Oued. 

Garnicr, rue d'Aumale. 

Gensoul, rue des Consuls. 

Gonelle, rue de la Marine, iOl, 

Gondar, rue des Consuls, 16. 

Grenier, frères, rue des Consuls. 

Guillaume, rue d'Isly, Barraques 
de planches. 

Hermile, rue du Soudan. 

Henquel, rue Bab-el-Oued. 
Holz, rue des Consuls, 43. 

llumel, rue Mahon. 



Juolio, rue Dcsaix. 
Jaumont, place de Chartrc», bazar 
Manloul. 

Kerkout, rue de Charlrcs. 

I.escop, rue de la Marine. 

I.epelit, place de la Pêcherie. 

Lrnoble, place de Chartres. 

I.eiuaire, rue do Sagittaire, 1. 

MalTre frères, rue de la Révolu- 
tion. 13. 

Marsillon, passage Mantout. 

Meycr fils, place de la Pêcherie. 

Neuilly, rue Uoria. 

Olivier, rue Traversière. 

Osmond, rue d'Isly. 

Parer, rueCharles-QuinI, 13. 

Périaud, rue Bab-Azoun, maison 
Lafoii. 

Pomala, rue de la .M irine, 209. 

Ponlie, rue de l'Aigle, 16. 

Picrson, route de l'Agha, aux Ro- 
chers. 

Ricord, rue Soggemah. 

Rognes, rue du Laurier, 9. 

Roque, rue Boulabah. 

Royer, rue de la Casbah. 

Ravel, roule de l'Agha. 

Roux, rue Duquesne, 51. 

Sauvage, rue de la Gazelle. 

Schlosser, rue Jénina. 

Schfiell, rue des Consuls, 32. 

Sifrédi, rue Bub-el-Oued. 

Sibilas, rue des Consuls. 58. 

Sezari, impasse de la Marine. 

Taillon, rue d'Orléans- 

Vackncr, roule de l'Agha. 

Villa, ruede Charlrcs. 

VaunierH. 

BalossJer, rue Mahon. 
32. 



50G 



ADRESSKS 



Vinaigre (Marchand! s de). 



Frond, rue (iés Lolo|ihages. 
Pigal, rue du Soudan. 
Maiïre frères, rue de la Révolu- 
tion. 

Vermicelles (Marchands de) 

Anglade, rue du Chénf. 



Camps (Pascal), rue do Nrmours. 
Cantini, run du Lézard, 87. 
Fiilclio, rue des Trois-Coulours. 
Galli;i, riis Médée. 



vitres. 



Badoan, rue de Nemours. 
Dupérier, ruf de Nemours. 
Pastory, rue Bab-Azoun. 



PRII\C1PAIJX HABITA1\TS ET PROPRIÉTAIRES. 



Anron, de Lyon Moati, rue du 

Locdor, 13. 
.Abd-el-Rnchmin-bcn- Uadj-cl- 

Gild, rue Porlc-Neuvc, 122. 
Abraham Satiguiiielli, frères, rue 

Bisson, 21. 
Ali-ben-Tebib, r. Abderhamann, 2. 
Amzan-Cohen-Solal, imp. Philo- 

mène. 
Abmoud Bourkalb, rue Buulabab, 

46. 
Ange £>atm»n. rue Béiisaire, 18. 
Anliboul, rue Ihlédéc. 
Antoine, faub. Bab-,\zoun. 
Aiphand, rue Bnb-Azoun. 
Agaylhan, rue Bab-el-Ouod. 
Alcide (Louis), faub. Bab-el-Oiicd. 
Alfxis (vouvc), rue (\e$ Mulels, 

maison Touyicr. 
Aaron Amar, rue Sidi-Ferruch, 

29. 
Armand, de Paris, rue Philippe, 

20. 
Ascioni, roule de l'Hôpital du 

Dey. 
Aslruc, ru»5 Bruce, 17. 
Ali-bcn-lsniai'l, rue Porte-Ncuvo. 
Ali (Ben-Sisi). rue Porte-Neuve. 
Ailj-FIassan, rue C.nsbali. 
Abdeltir, rue Akcriniinouth. 
Ali-ben-Snadj, nii' tic la Lyre. 
AdjOsman, bazar CJiichc. 



Altaras, rue Bab-Azoun, maison 

Aiphand. 
Airollcs cl Cic (Entropùl général), 

rue du Comiuprco, 14. 
Ayasso, rue Pontin, 7. 
Avignon, rue do Chartres. 
Ayrillc, rue Soggcraah, 

Baccucl, rue de l'Aigle, maison 
Boyor. 

Bijard, rue d'Isly. 

Bal'.il, rue l>ui|uesne, 10. 

Balmunl , à Cl-Hiar. 

Parry, rue di' l'Arc. 

Baudicourt, rue d'Isly, 

Boauval, rue Navarin. 

Bollartl, rue de la nier Uougc. 

Bcn-Aïn, rue S.iitilc. 

Benazct, faub. Bab-el-Oued, mou- 
lin à vapotir. 

Bi-not, rue Cilati, 18. 

Bi'uard, imp. du Chêne. 

Bérard, rue Uuquosne. 

Bcuzard, gérant de la maison Dc- 
roist cl Ctirot, rue Bab-Azoun, 
maison Simon. 

Bcn-.VIIal, rue du Cheval. 

Bi'llrroche (de';, A Kl-Biar. 

Beriiasconi, imp. do Chartres. 

Bcn-Ni'gro, à Birniandraïs. 

Ben-Schaouan, rtie de la Lyre. 

Bosaudin, rue Dtiquosnc. 



ADRKSSKS. 



507 



Biîri-Zonaoïii, rue du Divan. 

Bedu. à Sl-Kii{,'(iie. 

BItiii), rue Buulin 

Boulcrand,' rue l'aima , G. 

Boulu, route de l'Afçlia, on face 
le Dépôt dos Colons. 

liotizan, passage (laillot. 

Bonnard-Ali (turc), rue Sallusle, 

Boutkaïd, à Mustapha et rue d'Or- 
icans. 

Braliain, rue Jéniiin, 39. 
Brascqui, route de l'Agha. 
Brénionticr, rue Bréniontier, 2. 

Brual, rue Bab-Azoun. 
Brouillartl, rue Kovigo. 
Bourgeois, rue Pompée. 
Belli, rue C.liarlcs-Quinl, 2. 
Bernard, rue Porlo-Neuve, 111, 
Béraud, rue l'orte-Neuvc, 125. 
Boissière, rue de la î.yrc, 24. 
Bertholon, rue Bugcaud, maison 

Torgucs. 
Brocardet , rue d'Isly, maison 

Maximin. 
Bon (I.auront), rue Bab-el-Oued, 

maison Parodi. 
Bornonville, rue Mahon, 51. 
Bûudet, rue la Uévolution, 28. 
Bcrtiilot, rue des Trois-Couleurs, 

46. 
Bardin, rue Duquesne, 2. 
Buscarlat, rue Duquesne, 1. 
Binard, rue Duquesne, G7. 
Bourdct, rue d'Orléans, 15. 
Bcrnanl, rue Bab-.\zoun, maison 

Gatala. 
Bûche, rue Bab-Azoun , 62. 
Bazzuri, rue Citali, 6. 
Bedei, rue de la Flèche, maison 
Boyer. 

Cappé, propriétaire, rue Porte- 
Neuve. 

Canut, propriétaire, rue Brémon- 
lier. 

Casielli, propriétaire, rue d'Am- 
mon, 4. 

Calala, propriétaire, faub. Bab-d- 
Oucd, Fours à chaux. 



Carron (ils, propriétaire, r. Doria. 
Carrel, faub. Bab-el-Oued. 
Challicr. propriétaire, faub. Bab- 

cl-Oucd. 
Chaulicr, propriétaire, impasse de 

la Marine. 
Chardon, propriétaire, r. Bleue, 5. 
Chevalier, propriétaire, rue de 

Tanger, maison Riflar. 
Chieuse, propriétaire, rue du Di- 
van, 55. 
Choppin, propriétaire, rue Join- 

ville 
Claitte aine, rue d'Isly, maison 

Maxime. 
Cordier, propriétaire, rue Bab- 
Azoun, maison Vialar. 
Couchon, propriétaire, faub. Bab- 

el-Oucd. 
Coulet, conservateur des farines, 
place du Marché , faub. Bab- 
Azoun. 
Cresley, ofïicier-supérieur en re- 
traite, rue Duquesne, n" 12. 
Curct (Mme veuve), directrice du 
théâtre d'Alger, rue de l'Etat- 
Major, 44. 
Croisdie (De), propriétaire, rue 

Renaud. 
Conqui, propriétaire, rue d'Or- 
léans. 
Camenich, objets de Paris, rue 

Bab-Azoun, maison Récy. 
Caro, marchand de tabacs , rue 

Bab-Azoun, maison Choppin. 
Collin, marchand de nouveautés, 
rue Bab-Azoun, maison Vialar. 
Crouzé, négociant, rue de Char- 
tres, 121. 
Chabrier et Boin, négociants, rue 
Bab-el-Oued, maison Agaytan. 
Camot, directeur de la compagnie 
Lyonnaise, rue Bab-el-Outd , 
maison Camot. 
Cisée, armurier, rue Royale, mai- 
son Lalour du-Pin. 
Charavel, chapelier, rue Mahon, 

maison Parodi. 
Cabanellas, secrétaire de la cham- 



508 



AlUîKSSKS. 



bre (le commerce, rue Je la Hc- 

volulioii, 2. 
Courbièrcs, dépôt do vin>, rue de 

la Rcvolulioii, 30. 
Cliauforl , avocat, rue Bab-el- 

Otied, 2. 
Craiiey, avocat, r. Dab-el-Oued, 4. 
Colla, commissionnaire, rue d'Or- 
léans, 13. 
Chevirori, propriétaire, impasse 

Philippe, 37. 
Carboitnel, propriétaire, rue Piii- 

fippe, 18. 
Cœur-de-lloy , propriétaire, rue 

de la Marine, près la place 

Malioii. 
Crozal cl Flciiry, propriétaires- 

négocionl?, rue d'Isiy, maison 

M;!rii^o, 
Couput, |)ropriélairc, faub. Hab- 

cl-Oncd, Fours à cliaux. 
Caslelbon , propriétaire foiKlcur, 

faub. Bab-clOiied. 
Glotte, payeur-adjoint, rue du 

Soudan, 'î. 
Cantini, fabricant do pâtes et pro- 

priélaiie, ru.? du Lézard, 74. 

D.iln)as, propriétaire, rue de la 

Marine, 2(5. 
Darras, propriétaire, luedeTan- 

Darligucs, propriétaire, rue de la 

Marine, 1 17. 
Dauvcrgne, prôpriélaire, rue Dab- 

ol-()ucd. 
Defraiii , propriétaire, rue des 

Dalles. 
Dcfratice, propriélaiie, rue Bab- 

Azoun. 
Desprrz, propriélairp, rue de l;i 

Marine, 1 17. 
Dcrricourl , onicier-compinblc à 

Dcly-Ibrahim. 
IVlIincourl, major de la Milice, 

idacc de (.'liarlrcs. 
Didier, capitaine adjudant-major 

de la milice, rue du Urgard, 12. 
Dogniol, commissaire de mnrine, 

rue Bug«'aud, 1. 



Dufarl, professeur de piano, rue 

d'Orléans, 74. 
Denivois, prôpriélaire, rue Hab- 

Azoun, maison Vialar. 
Ducousins, propriétaire, rue du 

Scorpion. 4. 
Dusseuil, rue d'Isly. 
Duzéat, employé aux vivres-vian- 
des, esplanade Bab-ol-Oued. 
Devaux, propriétaire, rue de Ro- 

vigo. 
Donnel, propriétaire à Hussein- 
Dey. 
Dorcillart, rue Soggemah, 20. 
Dègre ri Buvet, propriétaires, rue 

Joinville. 
Deville, propriétaire, archilecte, 

rue de Tanger, maison Itiffard. 
Descous, vice-consul de Suède, 

rue des Consuls, n° G4. 
Duc, cnlrcprencur, propriétaire, 

rue delà Caàbah, 44. 
De Laubépie, propriétaire, rue de 

la Révolution, 28. 
Dubreuii, rue d'Orléans, 55. 
Dru, médecin civil, rue Scipion, 

11). 
Delamnrre, propriétaire, agent 

d'affaires, rue René ('aillé, 11. 
Duliamel, propriétaire, arcliilecte, 

rue Rcnc-Caillé, < 1. 

Eymard, prôpriélaire, rue du 
Marché. 

Eliaou-Oualid propriétaire, pas- 
sage Salomon. 

Eguille (d'), propriétaire à l'Agha. 

Kiicime, propriétaire à Birkadem, 
faubourg Bab-el-Oued. 

Kynard, propriétaire, rue de la 
Maritic. 

Klia-Cohcn, propriétaire, place de 
Chartres, bazar Manloul. 

Kusiachc, propriétaire, rue de 
Chartres, 121. 

Kmmarnicl, propriétaire et cha- 
pelier, rue Mahun, maison La- 
lour du-l'in. 

IVVgrcI , prôpriélaire , lUc d'Or- 
léaii'*, 4, 



ADRESSKS. 



509 



Eslatl.ifals, propriétaire, rue Ho- 
vigo. 

Favory, propriétaire, rue d'Isly. 
FerraucJ, propriétaire, rue d'Isly. 
Fcrraudv, propriclaire, rue Bab- 

el-Ouéd, 115. 
Fon, |)ropriélaire, rue Bélisaire, 

9. 
Fourehers (de), propriétaire, rue 

Lalahv.uin. 27. 
Fourchori frères, rue Rovigo. 
Fortin d'Ivry, rue Uovigo, mai- 
son Torgue. 
Frond, fabri^^anl de vinaigre, rue 

des Lotoph.ig'is, 2. • 

Final, rue des Marseillais, 3. 
Frctleric , propriétaire , place 

lloyale, maison laTour-du-Pin. 
Fracher, placn l{«yalc , maison la 

Tour-du-Pin. 
Florot, propriétaire, rue Mahon , 

nmison Franceschi. 
Flaoheron , propiétaire , rue des 

Trois Couleurs, 2. 
Fidel, propriétaire, rue de l'Arc. 

14. 
Fuberl (Théodore), rue Duqaes- 

ne, 1. 
Fidelli, rue Duqucsne, 67. 
Finaud, ingénieur civil, rue d'Or- 
léans, 2. 
Fulconis, sculpteur, rue d'Orléans. 
Fcvre, propriétaire, rue Bab-A- 

zoun, près la rue Sainte. 
Fave, rue Bab-Azoun, niaison Si- 
mon. 
Fabre , propriétaire , place de 

Chartres, bazar Mnntout. 
Feutrail, rue de (>harlres, maison 

Rouquier. 
Faudon , propriétaire , rue de 

Chartres, 22. 
Fouqiic , propriétaire , rue de 

l'Aigle, 2. 
Finel, propriétaire, tapissier, rue 

de l'Elat-Major, 35. 

Cambini, propriétaire , rue d'Is- 
ly cl Tanger. 



Guiloard, propriétaire , rue des 
Mulets. 

Germali, propriétaire, rue d'Isly. 

Gargorcau, propriétaire, rue d'Or- 
léans. 

Galian, propriétaire, rue Boutin , 
23. 

Ganzin, rue de la Lyre, G8. 

Gillotte, rue Bab-Azoun, maison 
Alphan. 

Gérard, propriétaire, fabricant de 
chocolat, rueSeipion. 

Geoffroy, propriétaire , riie du 
Laurier, 1. 

Ganbort aîné , propriétaire, rue 
Bab-el-Oued, 225. 

Grasson, propriétaire, rue Bab-el- 
Oucd, 115. 

Grasson, rue Soggemah, 8^.r. 

Granior, propriétaire, médecin , 
rue Cléopatre, 4. 

Giorlando, propriétaire, rue Re- 
nard, 5, 

Gondjerl (de) propriétaire, hom- 
me d'Affaires, rue Renaud, 5. 

Gruis, propriétaire, rue Duques- 
ne, 67. 

Guyon-Vernier, propriétaire, rue 
d'Orléans, 15. 

Gérard, propriétaire, rue I.ala- 
houm, 2. 

Graillât, propriétaire, rue du Vi- 
naigre, 31. 

Gesta, comptable, rue Bugeaud , 
1. 

Gelissain, propriétaire, rue dTsly, 
niaison M.irigo. 

Gallian, projtriélaire , rue Join- 
ville. 

Gallian (veuve), propriétaire, rue 
Joinville. 

Gcyler, propriétaire , faubourg 
Bab-el-Oued. 

Gérard, propriétaire, greflier du 
canton nord, rue Jeaubcrt, 11. 

Gensoul, rue des Consuls, 51. 

Gonel . propriétaire, rue de la 
Marine, 101. 

(îenclla, propriétaire, <Ians le Ré- 
ni-Moussa. 



510 



ADRESSES. 



Hoskiœr, |)ropriélairc , rue des 
Consuls. 

llolz, propriélaire, rue des Con- 
suls, 43. 

Iluel, niédeciu en clu-l' do l'hô- 
pital de Mustapha , place du 
Camfour. 

Hertz, propriclairc, rue do Tan- 
ger. 

Ilœnor, ofTicicr-complable , rue 
Pompée, 23. 

ïlérouf, propri(?laire, rue Bab-cl- 

Oued, 185. 
lagelble'fin , propriétaire , rue 

d'Orléans, 2. 
loino, propriétaire, rue Dab-.V- 

zoun, maison Choppin. 
lernrwein, propriétaire ot mar- 
chand tailleur , rue Bal)-cl- 
Oucd, maison Caraol. 
lunout, propriélair*», architecte, 
rue Bab-Azoun, maison Calala. 
?cririoud, propriétaire , rue de 
Ciiarlres, Bazar Manlout. 
erniilte, propriclairc , rue du 
Soudan. 

ouquel, rue Bab-el-Oued. 
unïel, propriétaire et marchand 
devins, rue Mahon , maison 
Parodi. 

lollio, propriétaire, rue Dcsaix. 

ard, propriétaire, r. Boutin 28. 

nardi , pro[>riélaire, rue Bab- 
Azoun, maison Uécy. 

nbcrl (Jules) propriétaire, fau- 
bourg Bab-el-Oued. 

mmont, propriétaire , place de 
Chartres, Bazar Manlout. 
ourde, rue Bab-A/outi , maison 
Choppin. 

•bert, propriétaire , homme de 
loi, rue Doria, 33. 
dieu, propriétaire , artificier , 

tilace Mahon. 
tin, propriétaire, mécanicien , 
fanljourg Uab-cl-Oued. 
litnnc, propfiélaire , rue des 
(ioiisuls. &0 



Krrkout , propriétaire , rue ilo 
Chartres. 

Kolb, propriétaire, rue des Con- 
suls, 49^. 

Kirwan, interprète de langue ara- 
be, rue de Tourville, 2. 

Kulmann, propriétaire, rue d'Or- 
léans, 2. 

Kobel, propriétaire, rue Jenina , 

Laya, propriétaire, faubourg Bab- 
el-Oued, Moulin à vapeur. 

Laubepie, propriétaire, rue de la 
Kévolulion, 28. 

Laisant, propriétaire, rue de la 
Flèche, 2. 

Laroqiie, propriétaire, rue du Di- 
van, 55. 

l.cfèvre, propriétaire et commis- 
saire central, rive Houtin, (>. 

I.itchlin, pro|)riétaire, banquier, 
rue Porte-Neuve, 120. 

Lacroust, propriétaire, rue Porte- 
Neuve, 124. 

Lecoq, propriét., rue Bab-.\zoun, 
galerie Duchassaing. 

Levilain, propriétaire et marchand 
de tabacs, rue Bab-Az«un, mai- 
son Catala. 

I.aurent, propriétaire, instituteur, 
rue Bab- Azoun, maison des Jar- 
dins. 

Léo, propriétaire, rue de Chartres, 
77. 

I.echônc , propriétaire et maire 
d'Alger, rue Kené-Caillé, 11. 

Laiigier, frères, propriélaire.*!, rue 
Doria, 48. 

Lechartier, propriét. , archilecle, 
rue Doria, 8. 

Lesueur, propriétaire, architecte, 
rue Doria j 3. 

Lacoste, débit de timbre, rue Ma- 
hon, 45. 

I,arond)e, entrepreneur, rue des 
Trois-Coulcurs, 25. 

I.épinay , propriétaire , rue des 
iVois-Couleurs, i5. 

I. épine, j>ropriélaire, rue Duques- 
ne, 1. 



ADRESSES. 



511 



Le Jeune, |<ro|)riolairc, rue Phi- 
lippe, 1<i. 

Kcquin, rue de la [•'ondcrie, 24. 

Lafoutaiiie, rue Bngcaud, 1. 

F.aportc, propriétaire, rue d'Isly. 

Laforgue, propriélairr, rue Rovi- 
go, maison Picot. 

Leyden, veuve, propriétaire, jilare 
du carrefour, maison Ponsard 

Letellior, propriétaire, rue Kovi- 
go, maison Savoureux. 

Licntetislein, propriétaire, fau- 
bourg Bab-el-Oued. 

Lafond-Rilliet, rue des Lolopha- 
gos, 5. 

Latrcille, propriétaire, rue des 
Consuls, 02. 

Lacoureur, propriétaire, rue Ko- 

" vigo. 

Maison, propriétaire , rue Bab- 
.Azoun, maison Vialar. 

Mallia, propriétaire, rue des Lo- 
fophagcs, 9. 

Maniout , propriétaire, place de 
('t;artres, bazar Maniout. 

Marrel propriétaire, rue du Coq. 

Martin, pro|)riétairc, rue de Tan- 
ger, maison Kissnrd. 

Maxiiiùn, propriétaire, rue d'Isly. 

Milhol de Veriioux, propriétaire, 
rue Bib-cl-Oiied, 21i. 

Moignard, propriétaire, rue Phi- 
lippe, 47. 

Morel, propriétaire, rue René- 
Caillé, maison Morel. 

Margailland, propriétaire, passage 
G ni Ilot. 

Ménager, propriétaire, rue Bu- 
geaud. 

Metz, propriétaire, faubourg Bab- 
el-Oued. 

Moiijo, propriétaire, rue.Lala- 
houm, 20. 

Ma.'ise, proprict., rue Médéc, 20. 

Maron, propriét., rue Doria, 10. 

Morizot, rue Bab-ol-Oucd, 8. 

Marlineili, propriétaire, rue Nve- 
Génina. G. 

Molinard, propriétaire, rue Jean- 



bart, 13. 

Mirhel, rue Duquesiio, 51. 

Maringuip, rue d'Orléans, 60. 

Mogenier, propriétaire, rue d'Or- 
léans, 86. 

Mékalski, propriétaire, rue Bab- 
Azoun, maison Catala. 

Montagfjc père, propriétaire, rue 
Bab-Azoun. maison Catala. 

Magail, rtie Jenina, 2. 

M* jzy, propriétaire, dans le Beni- 
Moussa. 

Niers, propriétaire, rue Bab-el- 
Oued (faubourg). 

Novel , propriétaire , rue Bab- 
Azoun, maison Vialar. 

Not, propriétaire, place de Char- 
tres, maison Pourriére. 

Nigin, propriétaire, rue d'Isly , 
angle de celle du Coq. 

Negroni , propriétaire , rue des 
C;onsuls, 04. 

Narboni (Moïse), propriélaire, 
rue Pompée. 

Narboni (Chelama), id. 
rue Pompée. 

Nicolaï, propriélaire. rue de l'Arc. 

Oi)cric, propriétaire à St-Ku/réne. 

Odiot, propriélaire, rue d'Isly, 

Oward , propriétaire, rue .Nava- 
rin. 

Ollivier , propriétaire , rue du 
Cheval , 18. 

Olivier , propriélaire , rue des 
Consuls , 51. 

Oit (Emile), propriétaire, négo- 
ciant, rue Bab-el-Oued, mnison 
Mclchior. 

Olivier, propriétaire, rue Bab-el- 
Oued, maison Parodi. 

Odon de Mage , pro[»rirlaire , 
place Hoyule, maison La Tour- 
du-Pin. 

Olivier, propriétaire, rue d'Or- 
léans, 70. 

Olive, propriétaire, courtier, rue 
d'Orléan?, 70. 



;12 



ADRESSES. 



Pacifico , proprittaire , rue des 

Tanneurs, 1. 
Page, propriélaire, rue Biigeaud. 
Pradcl , propriétaire , faubourg 

Bab-cl-C")ued. 
Parodi , propriélaire , rue Cléo- 

pâlre, 3. 
Pantin , propriétaire , rue Bab- 

Azoun, maison Simon. 
Pernier, propriélaire, rue d'Isly. 
Felissier , propriélaire, rue de 

rÉlat-Major, 75. 
Rousseaux , propriélaire et inler- 

prèle principal , rue de i'Ètat- 

Major, 67. 
Ponsard, propriétaire, archilecle, 

rue Palma, 4. 
Poulhariés , propriétaire , rue 

d'Amnion. 1. 
Perchain , propriétaire, rue de la 

Marine, maison Bizarry. 
Perret, propriétaire, négociant, 

rue Sainte, 4. 
Poitevin, propriélaire, négociant, 

rue du Laurier, 11. 
Paravis, propriétaire, rue Bab-el- 

Oued, niaison Auger. 
<*orcellaga, rue Mahon, 14. 
Petit, propriélaire, rue de Tour- 

villr, 2. 
Pagano, propriélaire, rue Renaud, 

n° 8. 
Picoa , propriélaire , rue d'Or- 
léans, 80. 
Piauchat , propriétaire , rue do 

Tanger, 1 . 
Pougel , propriétaire , rue d'Isly, 

maison Talichel. 
Pavy, rue du marché. 
Parissc, propriétaire, rue d'Isly. 
Pasturenux, propriétaire, doclcur- 

médeein, rue du Cheval, 11. 

Quervoy, propriétaire, parfumeur, 
rue Million, maison Parodi. 

Quinqnin, propriélaire, rue d'Or- 
léan<i, bazar (îaillot. 

Konchelli, propriélaire, rue d'Is- 
ly, i. 



UilTart, propriétaire, rue de Tan- 
ger. 

Riekcn, propriélaire, rue Jéni- 
na, 1. 

Royer, propriétaire, architecte, 
rue de l'Etat-Major, 61. 

Roques, entrepreneur de l'éclai- 
rage, rue Bab-Azoun maison, 
Catala. 

Roger, propriétaire, archilecle, rue 
Bab-Azoun, maison Catala. 

Ralhieuville , propriétaire , rue 
Bab-Azoun, 62. 

Robinol (Bertrand), propriétaire, 
rue de Chartres, n)aison Rou- 
gier. 

Romana, propriélaire, médecin, 
place de Chartres. 

Rochel, propriétaire , archilecle, 
rue du Laurier, 2. 

Remberl , propriétaire , rue de 
l'Aigle, 25. 

Reggio, frères, propriétaires-négo- 
ciants, rue de Tourville, 7. 

Rayssac cl Saingris, propriétaire, 
rue des Trois-Couleurs, 77. 

Ravaud , propriétaire , rue des 
Trois-CouIeurs, 85. 

Rosolly, propriélaire, inlerprèle, 
rue du Scorpion, 22. 

Redon , propriétaire, archileole, 
rue (lu Marché. 

Rafard, propriélaire, rue de Tan- 
ger. 

Roumicux, propriélaire, droguis- 
te, rue Navarin, 27. 

Rayolles, propriétaire-négociant, 
rue des Loloidiagos, 30. 

Rouviorrc, caisse hypothécaire, 
passage (luillol. 

Roicas atné, propriélaire, rue du 
Rempart (Marine). 

Roccas jeune, propriétaire, rue 
des Consuls, 04. 

Ranc, |)ropriétaire, rue Jëninn. 

Ralli. pr()|)riclaire, rue Métléi-. 

Ramé (de), propriétaire, représen- 
tant du peuple, place d(> la llé- 
publiqiie ( hôtel La-Tour-du- 
Pin). 



AKRKSSKS. 



513 



FboMssiM f,Ic). proprit'Iain', liolol 

lio la Hégriicc. 
U.i>ital, prtipiiclairo, riio do In 

Alariiip. 
Hôry, [iroprioiairp, r. Baii-Azonii. 
Kigoilit, |iro[iri(Mairc, roulre-aini- 

lal, à Miist;!|)fia-Pa(|)a. 
i'<)Z"y, pr«)|»riélair«', à Oiled- 

Kaw'l. 
Itozj'v, propriiMairn, k Mustapha. 
Ri'Dfjiiier cl Ihtmi , i\gGi\\i (J'af- 

l'iiires, rue Hou tin. 

SaurnVr, nropri«'lair«', l'aub. Bib- 

ri Oned, maison Conpiit. 
Siiiiotrc, |)io|»ii<'iairf', rop d'Isly. 
Siliiy, PhlK'iiriMHMir i!e glaces, rue 

fi'^s Consuls, 5. 
Sailia l.evi (Nalcndn ), proprié- 
taire, rue liriicïs, 25. 
Spr poulie, ir-iiiriolaiioupporiant, 

rup <|p la Marine (tribunal de 

conunproc). 
Solhauiip, propriétaire, rue Bu- 

geaud, niaisson Homiictli. 
SpujpI. propprirlairi', rue d'Is'y. 
Schiaflino, propripiairp, fonileiir 

pn inélaux, faiibourg Bib-el- 

Oupd. 
Santelli, propnciairp, consorvT- 

Ipur dos bypolhèqups, rue du 

Coniniorop, 1. 
SaiiMi, pr()[iriélairp , rue Lala- 

hourn, 2. 
Sanli Irèros, pr(>!)riôtairp.«-pntrc- 

[irotieurs, riip I.alalioum, 3. 
Santara (Josp|)Ii), propriélairp, fa- 
brique do tabacs, rue Bab-cl- 

Oued, 314. 
Sid)e et Viguior, propriélaires, 

passementiers, rue Bab-el-Oued, 

119. 
Seckpl, propriélairp (objets rares 

d'Afrique), place de la Képubli- 

qup, maison l.atour-du-l'in. 
Sicard, |u uprielaire-nogociard, rue 

de la r>Pvoluli()n, (i'J. 
Scnès , directeur de l'assurance 

l'Algérienne , rue Duquesne, 

45. 



Sédille , proprielaire-banquior, rue 

Duquesne, 51. 
Si'bencq. propriétaire, rue d'Or- 
léans, 37. 
Ségard, pharmacien, rue Bab-A- 

zoiin, nta'sOfj Sinvifi. 
Sarnal, iiropriétaire. niarohan 

niéiaux . rue de Chartres, i 

son David. 
Sandraly , propriétaire, rue du 

Caftan. 
Schéer, propriétaire, lampiste, rue 

Charips Quint, 9. 
Sarrlin jputjp, propriétaire, rue du 

Divan, 55. 
Soliman, propriétaire, rue du Lé- 
zard, 52. 
Savfglio. syndic des pécheurs, rue 

du Lézard, 62. 
Sagoi de Nantilly, propriétaire, 

rue du Chat, (». 
Simon-Cohen-Solal. propriétaire, 

rue du Qualoize-Juin. 
Siipperviellp, propriétaire, rue de 

la Casbah. 
Solari, profiriétaire, rue Scipion. 

Tallichet, propriétaire, rue d'Isly. 
Triboulpl, propriétaire, faiibouig 

B d)-ol-Oued, maison Couput. 
Troiliet , propriétaire , rue de 

i'Etat-Major, 52. 
Tulin, propriétaire, vice-consul 

d'Angleterre, rue Salluste, 16. 
Torpille, propriétaire, négociant, 

rue Boutin, 59. 
Thomas, propriétaire, capitaine 

en retraite, rue B.d)-Azoun, ga- 
lerie Duchassaing. 
Trolliet, propriétaire, médecin en 

chef de l'hùpital civil, rue Bab- 

Azoun, galerie Duchassaing. 
Tioch , propriétaire, avocat, place 

de Chartres, bazar IVlantout. 
Thumerplle , propriétaire, rom- 

merçant, place de Chartres, 

maison Chopin. 
Tassy, propriétaire, marchand de 

bois, rue Mahon, 21. 
Trouin, pro[)riclaire, asphalleur, 

33 



il4 



ADRESSES. 



rue Diiqticsn»', 14. 

Tenips, propriétaire, rue l'orlo- 
NeHve, 215, 

Tonnelier, propriétaire, rue de 
Tanger. 

Trich, propriétaire, travaux hy- 
drauliques, faubourg I3ab-el- 
Oucd, maison Couput. 

Tama, propriétaire, interprète de 
langtjc hébraïque, rue Philippe, 
32. 

Tiron, propriétaire, banquier, rue 
des Lotopliages, 29. 

Thnulct, propriétaire, rue de la 
Warinf. 

Torrc, agent d'alTaircs, rue Bab- 
el-Oued, 227. 

Trolliel, propriétaire et cultiva- 
teur à Mustapha. 

l'Iisse (Veuve), propriétaire, 
horloger, rue de Chartres. 

Troussel, propriétaire. 

Vallier (Jules), propriétaire, rue 
du Cygne, 12. 

V'ial frères, propriétaires, ban- 
quiers, rue Jcnina, 1. 

Vigoureux (G.), propriétaire, né- 
gociant, rue Jcnina, 58. 



Voit, propriétaire, rue du Viua i- 
fîre, 2. 

Vaoherot, conservateur du mobi- 

, lier, rue Koulin, 22 

Vncherot, peintre, rue Boutin, 23. 

Vidal, propriétaire, rue Bab- 
Azoun. 

Vilniont, ingénieur civil, rue Do- 
ria, 5. 

Villel, rue de Tourville. 7. 

Vid;iilIon, propriétaire, rue de 
Tanger, 4. 

Warot, propriétaire, rue d'Isly. 

Willien, faubourg Bab-el-Oued. 

Wals, propriétaire, rue Philippe, 
45. 

Vollers, dortcur-médccin, rue Phi- 
lippe, 47. 

Vernier, rue de la Marine, ^^^. 

Voltolini, coiniiiissioniiaire de rou- 
lage, rue de la Marine. 

Vialar (de), propriétaire à Musta- 
pha. 

Zigomala . propriétaire , consul 
grec, rue de la l.icorne, 10. 

Zugasty; consul d'Es|>«gnc, rue de 
la Licorne, 14. 



VlliliE U ORitIV. 

(INTRA ET EXTRA-MUROS. ) 



Aaron H. Slrich, négociant, rue 

d« Vienne. 
Abraham Caroul>i, marchand de 

colon en gros, id. 
Abraham bcn Abdorrhaman, rue 

de Vienne. 
AbrahamCarscnli, négociaul, rue 

Napoléon. 
Alary, ni^goclanl, r.delaDouane. 
Alquicr, marchand de vins el 

«aux de-vie, eu gros, rucMera- 

cl Kébir. 



Archer, onircprcncur de rérlai- 
ragcd'Oran, rue do la Casbah. 

Archiveli, négociant, r. de Sue/.. 

Arrazat, propriétaire d'un mou- 
lin, au Ravin. 

Aymé, marchand de boissons en 
gros, rue de Cônes. 

Baleury, marchand de tissus en 

gros, rue Philippe. 
Hax, banquier, r. do la Mosquée. 
Binel, marchand de boissons en 



ADHKSSES. 



515 



tiros, place Klélior. 

lilaiic, pro[>riélairc de moulins à 
vtMi(, à la Mosquée. 

lionrorl, négociant, rue Mers-cl- 
Kébir. 

fionnaud, marchand de boissons 
en gros, rue d'Orléans. 

Borelli, marchand de liqueurs 
en gros, rue Napoléon. 

Bossen, négociani, rue de l'Ar- 
senal. 

Boyer, Antoine, id. r. d'Orléans. 

Bues, id. ru3 de l'Arscnul. 

Calmctz, marchand de vins en 
^ gros, id. 

Camiso, l'abricant de pâles ali- 
mentaires, rue d'Auslerlilz. 

Carie, marchand j de boissons en 
gros, rue l*hilip|)e. 

Cavalier, marchand de vins el 
eaux-de-vie en gros, rue d'Or- 
léans. 

Cavalier, fabricant de chaux na- 
turelle, au Uavin. 

Causanel, propriétaire de moulins 
à blé, iuii>asse iMiilippe. 

Chollet , marchand de vins en 
gros, rue de l'Arsenal. 

(Chollet, négociant, rue Philippe. 

Cose, tabricant de chaux natu- 
relle, au Uavin. 

Cose, fabricant de briques, a la 
iVlos(iuée. 

Cose (Navarre), id. 

Crou/.el, march. de vinseleaux- 
dc-vie en gros, rue de la Fon- 
taine. 

Crozcl, l'abricant de chandelles, 
à la Mosquée, 

David bon Soussen , boucher, 

boulevard Oiulinot. 
Demcdina, négociani, rue de la 

Mosquée. 
Dervieux (Edouard), négociani, 

rue d'Orléans. 
Dcrviou (ius-lavc;, id., id. 



DJijali, marchand de tannerie, 

rue de l'Aballoir 
Dorange, courtier de commerce, 

rue Philippe. 

Etano, rabricanl'de briques, à la 
Mosquée. 

Ferrer, fabricant de p;\les ali- 
mentaires, rue Ausierlilz. 

Fornara, négociant, r. Xapoléon. 

Freisre, négociant, idem. 

FromenI, march. de vins eii gros, 
fue Mers el-Kébir. 

Gasquet, l)rasseur, à la Mosquée. 
Garavini, négociant, rue de Lodi. 
Garcia, fabricant de chaux natu- 
relle, au Havin. 
Firaud, négociant, rue de Lodi. 

Golniith. négociant, r. Napoléon. 
Gonsalve, courtier maritime, rue 

de la Dour.ne. 
(ïos^in, marchand de vins en gr. , 

rue d'Orléans. 
Gruè>, courtier de navire», rue 

de (îénis. 
Guviaud, courtier de navires, rue 

d'Orléans 
Guy, marchand de vins en gros , 

rue de l'Arsenal. 

Ilabraham-de-ll.-Lassan, nigoc, 
rue de Vienne. 

Ilabraliam-de-Jouda, négociani , 
rue de Vienne. 

lIa<lj-Abd-el-Kader, marchand de 
lanneric, rue des Abattoirs. 

llirschesellh], négociant, rue Phi- 
lippe. 

Ilot, négociant, rue d'Orléans. 

Ichoa, meunier, carr^". St-Aiidré. 
Isaac el Jacob, négociants, rue de 
Vienne. 

Jon(|uicr, négociant, rue de l'Ar- 
senal. 



rilG A nu ESSES. 

Jonqiiier, négociant , liampe de Alonchi. niailrc de (aiiiicric m-. 

Madrid. des 4balloirs. ' " 

José, fahricanl do pâtes alimen ^^^ouieaii, nésjociaul. rue de l' Ar- 

laires, rue de Berlin. senal. ' - 
Josepli-Ben-Siii , marchand de 

lannerie. rue des AbaKoirs Njiori, néwcianl rue de Vienn.» 

Joseph-Colien-IIaly, marchand de \issim, fahriqui^de pâles alimen " 

«ISSUS, de colons, en gros, rue laires, rue d'Ausierlilz 

, ^**?'''I'P»- . ^'"«'-«xnlier de navires 'rue de 

Jouda. marchand de lannene.rue la Fontaine. 

des Abattoirs. 

Jourdan, négociant, r. dOrléans. Olivi, négociant, rue Sie-Marie. 

I.asalhe, négociant, r. d'Orléans. P''y«?i, négociant, rue d'Oriéans. 

I.arociie, négociant, r. dOrlôaus. ''t'vro, banquier, id. 

l.eclerc, fabricant de pâles ali- * ^'y"*^*"<^. coustier de navire-, rue 

menlaires. nie d'Ausierlilz. Jouberl. 

I.pduc. néyoeiaul, nie d'Orléans. »*o'iesla. négociant, rue l'iiilippi-. 
I.en/i, négociant, rue d'Orléans. 

Léoni. négociani, rue Uuquesne. Quitter, marchand de tissus en 

i.epperrier, courtier de navires, gros, rue d'Orléans. 

Mampe de Madrid. 

I.opoz, labrjc. de briques, Ravin. Uica, l'.;bri(jue de pâtes alinjonl- 

taires, rue Léoben. 

Maiilac, raarch. de vins en gros. Hit^ca, pierre de moulin, à la .Wos- 

injpasse Philippe. quée. 

.Maimberl, fiibricaiil de pâles ali- *^*>^'^' "«ii'chande de liqueurs en 

mentaires. rue d'Orléans. '^^us, rue Xapolcon. 
Makionf-Tcnsy, lannerie, rue des 

Abattoirs. Samanos, ni iichand de li.'sus e i 

.Makloul-Kairou,ejilreprcneur des gros, rue .Napoléon. 

Irans[)(nis militairts, rue d'Or- Schneider, marchand de vins 

léans. ^ <■*" gros, rue de la Alosiiuée. 

Manehat. i:éi:ocianl. r. d'Orléans. Solaiy, négocianl, rue d'O; léaiis. 

Mar. fabricant de briques, à la SorcI, marchand do cuir, ruedis 

A!os<|uéi'. Abattoirs. 

Manniny, courliorilcnnvire.'«,rue Stellan courlier de navire , rue 

dOrléans. «1 Oi léans. 
Mistral, négociât»!. rued'Orb'wiu.. 

•«îoinier. marchai. d de vinaigre, TcMas, iiéu«)cianl, rue «le Ireiile. 

ru« N'apoléoii. Chevenii!,niarcliaiidde cuirs, rue 

Af'Uilagnac, négociatil, rue d'Or- dOrléans. 

léllH<(. 

M'intiuny, marirliaiul devin en Iziel. nnirch. dr i..i..( ^ n ; >s, 

«ru» rue de l,i,>iii<tiitii-. rue de Vorrie. 
.Morel niarchatid du vin en ^rott, 

rue fliilippe. ►* ' > \ alin. lu'goi i.ml t n 

\lo*<«i». néjocianl r du Niiitriîfre. n.il. 



N'idal, niarcl);ui(l de vin* el li- 
queurs eu gros, rue de l'Arse- 
uai. 

Viguolc , iiégocianJ, rue Join- 
ville. 

Vives, propriélaire d'uu moulin 



ADRESSES. 

à blé, à la Mosquée. 



.M7 



Vayjï, fabricant de pâles alimeit- 

lailes, impasse de Naples. 
Vouloub, négociuul r. de Yittuue. 



VlLL.ft: de: RlOSTACiAAELtl. 



IJenolieil, négocianl. 

Uroun, niarcliaitd de tabacs en 

gros. 
Hrès, fabricant de briques. 
Chicaho, marchand de tabacs en 

«ros. 
Ta il la mol, négociant. 
Caktigiiols, i(l. 
David el Cosman, marchand de 

vins en uros. 
Deriiicux (lit*; et Cie), néifociants. 
D.iyme, fabricant de briques, 
(îromani, négociant, 
(joudard, courtier de commerce. 



Hirschfeld, négociant. 

Jullien, marchand de tabacs en 

gros, 
.yarencowich (frères), négociants. 
Martin, négociant. 
Alanl'redi, courtier de navirei). 
Morcau, meunier. 
Nessins, négociant.^ 
Peyri, id. 
Ranion, id. 
Kossi, n)ertnier. 
. Varier cl Schneider, brasseurs. 
Valence, marchand de tissu;:» eu 

gros. 



vaL&.i: de: sso.\e:. 



Azorpnrdi-Lingi, commissionnai- 
re en marchandises. 

Alib-Muslaplia-I{en-Zerlj,nu»rch. 
de tabacs en gros. 

.\rr.aud, négociant. 

Alilehrrl. négociant. 

Ilen-Sliman-Jacoi), id. 

Hraham-Guech, id. 

Hensaninoiii, iii. 

Hellon, id. 

Honici, id. 

Hourgoin, id. 

lirondc, id. 

('.iiciltiuin-Zarian, id. 

<>'iiltMi. id. 

iMa/ de I.éon. id. 

l>eî{io;il, courtier marilime. 



Dcvisme, marchaml de vins en gr. 
Doininici, idem. 

Fabre, fab.de pAles alimentaires, 
(iusrnan, marchand de tissus eu. 

demi-gros, 
(îalléa, négociant. 
(îailca-Uonnel, idem, 
(iislin, courtier de navires, 
(îanilrin, idem, 
(iarneville. négociant, 
(silli, idini. 

.Kin.selin . roii! tier de navires. 
Jaiilel, enlio|inMicur général de 

balaya:;!'. 
I.ouvel, maarii. de vins en gro>. 
I.eni, ni'.4(>ci,int. 
I.abaille, ideiik. 



518 



ADllESSES. 



Maycr, inarfliaiid de rioiivoinHés. 

Mallcl, néi,M)ciaiil. 

Michel, idem. 

Mouron, eulrepreneur de travaux 

publics. 
Pons^ marchand <le nouveautés. 
Palumba, négociant. 



Uehoul, marchand de iiouvcaiilés. 
Kaousl. mardi, de vin» en gros. 
Savona, négociant. 
Salenave, idem. 
Salomon-Ben-Zafraii, idem. 
Viterbibe, iden». 



'«ik.i.k: mi: PiiiLippKviiiLi:. 



Blanchel, (ahié), rue Marie-Amé- 
lie. G. 
Chirac, rue deSlora,8. 
Duruty, rue du Cirque, ^2. 
I)jlay, rue des Citernes. 
De Nobely, rue do Sinra. 
Ellui, rue de Stora, 22. 
Fourona, rue do Stora. 12. 
Gerold, rue de.s Xumides. 
Heris (lottlied. rue Uoyale, iï. 
Lassai^ne, rue Marie-Amélie, S. 
Luxardo, rue Uoyale. 
Martini, id. 

Merle, rue d'Auslerliîz, (». 
Musso, rue de Constanline. 
Pénal, rue de Siora. 
llivitire. rue des Xumides. 
Sconamiu'lit». rue du (il" do limie. 
Seués, rue «l'Au^terlitz, 8. 
Sicrel, rue V.iillai'l, 7. 
Tei-.>ier, rue Maiie -Vuiélio. 
\ ic, me (le Slitr.i. 



Bameau, rue des Citernes. 

Annely, propriétaire, entrepre- 
neur de diligences de iMiilip- 
peville à Constanline, rue Bu- 
yeaud. 

Bortiii, assBcié dudil. c Uoyale. 

Biconal, syndic des courtiers, rue 
Slora. 

Bituchay, courtier, id. 

Picardie , propriétaire , ancien 
négociant, id. 

Sidor, m.irchand de niHivcautés, 
rue Uoyale. 

De Fluoui, horloger, id. 

D'Aubiinard, liinoiiailier, rue de 
la Marine. 

Maneille , tenant le cercle du 
commerce. 

Pttisscni, cliapelier, rue Uoyalo. 

l.aT'.aide, s(^llier, id. 

Uudcau, id.. id. 



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L'Algérie en IQ/JS 



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